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  • il y a 5 minutes
Ce vendredi 13 mars, une troisième élection escamotée en six ans a été abordée par Jean-Marc Daniel et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00On va parler des élections municipales, vous avez peut-être oublié, mais c'est dimanche qu'il faudra voter pour
00:04le premier tour.
00:05Élections à nouveau enjambées par l'actualité internationale après le Covid et l'Ukraine, c'est la troisième élection escamotée
00:10en six ans.
00:10Est-ce que c'est grave sur le plan démocratique selon vous Emmanuel ?
00:13Alors c'est grave sur le plan démocratique, mais c'est surtout catastrophique tout court, parce qu'il faut resituer
00:20l'enjeu.
00:20Ces élections municipales, ce sont les plus importantes de toute la Ve République.
00:25Ah bon ?
00:25Les plus importantes. Pourquoi ?
00:26D'abord parce que c'est la dernière bouée de sauvetage à laquelle peut se raccrocher aujourd'hui la crédibilité
00:34de la politique en général et des personnalités politiques en particulier.
00:38Les dernières personnes dans lesquelles les Français ont encore un peu de confiance pour changer leur vie quotidienne, ce sont
00:45les élus locaux.
00:47C'est le dernier petit fil qui nous retient encore finalement à la démocratie.
00:52Les vrais sujets de préoccupation des Français aujourd'hui, ce sont les sujets locaux.
00:57Et moi j'étais assez intéressé par tous les travaux qui sont sortis récemment, les sondages, les travaux de l
01:02'Institut Montaigne qui vous disent en fait, il y a une municipalisation des débats nationaux.
01:06C'est-à-dire que ce qui intéresse les Français, c'est la sécurité, c'est le logement, c'est
01:10le transport, c'est la propreté, c'est la santé, les déserts médicaux.
01:14Grosso modo, aujourd'hui c'est simple, on juge l'État à partir de ce qui se passe dans sa
01:20rue.
01:20Et on attend des élus locaux une réponse à ces problèmes, on ne l'attend plus des élus nationaux.
01:25Et puis, ce qui est enthousiasmant, et ça, ça a commencé, il y a deux mandats à peu près, il
01:30y a deux élections municipales,
01:31où il y a eu un renouvellement majeur aussi des générations de maires.
01:35C'est qu'on s'est rendu compte en fait qu'il n'y avait pas de fatalité au déclin
01:40de certaines zones géographiques.
01:42Il y a des villes qui, aujourd'hui, sont de taille comparable, ont des caractéristiques économiques, sociodémographiques, géographiques comparables,
01:50qui s'en sortent bien, alors que d'autres ne s'en sortent pas.
01:53Et ça, ça montre aussi que le maire et les élus locaux, avec le tissu qu'on est capable de
01:58créer avec les chefs d'entreprise, etc.,
02:00et bien ça peut créer des dynamiques locales qui sont...
02:03Que la politique peut agir.
02:04Mais c'est un peu ce que montre Trump aussi, il dit, on peut faire des choses, on peut changer
02:08le monde, il agit, il se passe des trucs.
02:10Oui, sauf que Trump, il est président des Etats-Unis et qu'un maire n'a plus aucun pouvoir en
02:13France.
02:14C'est quand même ça le problème.
02:16Donc on a un petit souci, effectivement, de démocratie locale, et c'est vrai qu'on enjambe les élections depuis
02:21quelques années,
02:21depuis le Covid, grosso modo maintenant, du fait de la permacrise,
02:26mais la réalité, c'est qu'on pourrait revoir très profondément le système des élections municipales.
02:31Alors c'est vrai que ça reste les lieux à portée de baffe, que les Français sont très attachés à
02:35leur maire, que c'est la proximité,
02:36mais la réalité des faits, dans les faits, c'est que les maires n'ont quasiment plus aucun pouvoir,
02:41ils s'occupent de la culture, du sport, des loisirs, un peu d'action sociale et d'entretien des espaces
02:46verts,
02:47et de la voirie, mais pour le reste, c'est pas là où ça se passe en réalité.
02:51Ça se passe où alors ?
02:51On pourrait revoir tout le système.
02:54D'abord, vous avez les deux tiers de nos 35 000 communes qui comptent moins de 2 000 habitants.
03:00Sous les 2 000 habitants, on peut quand même rien faire, on n'a juste pas les moyens,
03:03d'autant plus que l'État a supprimé le pouvoir de fiscalité locale en supprimant la taxe d'habitation.
03:08Ils n'ont plus de ressources, ils n'ont plus quasiment plus aucune autonomie fiscale.
03:13Là où ça peut se passer, pour répondre à votre question, c'est entre les intercommunalités qu'on n'a
03:17absolument pas développées.
03:18Vous avez 1 250 interco en France pour 35 000 communes.
03:24Il faut absolument regrouper tout ça, simplifier les gestelons, leur donner peut-être davantage de pouvoir au niveau local
03:31et faire une articulation avec la région beaucoup plus forte qui est la région en charge du développement économique local.
03:40Alors local au sens large, puisque maintenant les régions sont quand même très très grandes.
03:43Mais la réalité, c'est que c'est l'État qui garde tout le pouvoir, le préfet.
03:48Et qu'il y a une vraie crise d'évocation des élus locaux et on comprend pourquoi.
03:53Par exemple, au niveau local, qui s'occupe de l'implantation des commerces ?
03:56C'est le maire qui s'occupe de la politique touristique, du développement économique, de la fiscalité, des infrastructures.
04:02Je suis désolé.
04:02Mais de la fiscalité, rien du tout. Il n'y a plus d'autonomie fiscale, des communes.
04:06Vous avez la taxe foncière, un peu, il y a un tout petit taux.
04:09Et puis c'est tout.
04:1020% des dépenses publiques, ce sont les mairies, ce sont les municipalités.
04:13À l'heure où l'État n'a plus rien, à l'heure où l'État n'est plus capable
04:17de dépenser.
04:18Quand vous avez entre vos mains 20% des dépenses publiques, non, votre pouvoir, il est réel.
04:24Et je suis désolé.
04:25Pardon, mais il dépend des dotations.
04:26Un maire, il a un pouvoir de nuisance.
04:28Un maire, il va chasser la dotation départementale régionale.
04:31Donc non, ce n'est pas vrai. Un maire, il a du pouvoir.
04:35Si vous me dites qu'il a du pouvoir en pouvant juste bloquer les décisions, c'est un peu triste
04:38quand même.
04:39Non mais de les bloquer ou de les débloquer.
04:41Excusez-moi, la crise du logement, elle est imputable à qui aujourd'hui ?
04:44Qui ne veut pas construire aujourd'hui ?
04:46Mais aux lois iniques et aux décisions prises à Paris sur l'ensemble du territoire.
04:50Les maires bloquent en partie aujourd'hui une grande partie.
04:54Ah, maire bâtisseur, maire battue.
04:55Qui décide de faire venir des entreprises ou pas avec des incitations autres que la fiscalité ?
05:00C'est les maires.
05:0135 000 communes, Emmanuel Lechypre, 35 000 communes.
05:05On ne parle pas des grandes métropholes.
05:07Moi, ce qui m'effraie, c'est l'éloge que Raphaël fait des intercommunalités
05:10qui ne sont devenues que des machines à gaspiller de l'argent public
05:14et pas beaucoup à prendre des décisions.
05:16Alors, on n'a pas rationalisé.
05:17C'est sûr qu'on a rajouté une couche sans nettoyer en dessous.
05:20Là, je suis bien d'accord.
05:21Celui qui est encore le plus visible et donc le plus lisible et le plus important, c'est le maire.
05:28Supprimons quelques échelons intermédiaires.
05:29N'oubliez pas d'aller voter dimanche pour le premier tour.
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