Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 13 heures
Ce jeudi 23 avril, l'idée d'Emmanuel Macron d'adopter la "méthode Notre-Dame-de-Paris" pour accélérer 150 projets industriels a été débattue par Jean-Marc Daniel et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Il faut aller vite, dit Emmanuel Macron, pour réindustrialiser la France.
00:05Pour autant, faut-il appliquer la méthode Notre-Dame de Paris, Emmanuel Lechypre ?
00:09Mais voilà enfin un discours frappé au saut du bon sens et de l'efficacité.
00:15Parce que le point de départ du raisonnement d'Emmanuel Macron, il est quand même implacable.
00:21Et c'est même révoltant, révoltant de pouvoir tenir les délais sur la reconstruction de Notre-Dame.
00:27Révoltant de voir comment on est capable d'organiser les Jeux olympiques les plus beaux de toute l'histoire.
00:34Et comment on empêche un pauvre fermier de construire un nouveau poulailler en moins de 5 à 7 ans.
00:42Voilà, il est là le constat.
00:44Alors, on voit bien que ce n'est pas un problème de compétence, que c'est un problème d'organisation.
00:49Donc la méthode Notre-Dame, c'est quoi ?
00:51C'est un, remettre de la responsabilité.
00:54On voit bien que si un nombre de projets, de dossiers s'enlisent considérablement en France,
01:00c'est parce que vous avez finalement une multitude de décideurs.
01:03Le moindre projet local, il faut qu'il y ait 6 ou 7 signatures de tous les différents services,
01:09régions, collectivités territoriales, départements, villes, etc.
01:16Je veux dire, ce n'est pas possible.
01:18Donc une chaîne de commandement claire avec quelqu'un qui est responsable et qui décide,
01:22ça, c'est effectivement une bonne idée.
01:25Et puis surtout, je voudrais insister, avant de laisser la parole à Jean-Marc,
01:28sur un point, ce qu'il dit Emmanuel Macron, il ne dit pas qu'il faut déréguler,
01:32il faut s'affranchir de toutes les contraintes.
01:34Il dit qu'il faut accélérer.
01:35Et accélérer et réguler, ce n'est pas la même chose.
01:38C'est-à-dire qu'on voit qu'on est dans un pays où, finalement,
01:42les possibilités de recours, les excès de réglementation aboutissent à des situations de blocage
01:46et ne sont utilisées que par ça.
01:48Ce n'est pas parce que vous allez commander trois fois la même étude
01:51sur l'impact de telle construction sur l'environnement
01:55que vous aurez contribué à la protection de l'environnement.
01:58Ça aboutira trois fois à la même conclusion et à des paperasses toujours plus élevées.
02:03Donc moi, je crois que c'est vraiment la bonne méthode.
02:06Après, le seul bémol, c'est est-ce que ce ne serait pas toute l'économie française
02:11qu'il faudrait faire fonctionner comme ça ?
02:13Jean-Marc Daniel.
02:14Oui, moi, je trouve ce discours d'Emmanuel Macron pathétique.
02:18Pathétique parce qu'il commence à dire qu'il faut protéger.
02:22Je rappelle quand même qu'il y a dix ans, quand il était candidat aux élections présidentielles,
02:26il nous disait « je n'ai aucune nostalgie des cheminées qui fument,
02:29je vais construire la Startup Nation,
02:31je n'ai aucune nostalgie d'un passé industriel qui est derrière nous. »
02:36On est dans des usines 4.0 maintenant, Jean-Marc.
02:38Ah ben oui, 4.0, sauf que...
02:40Alors, je vais vous faire une citation.
02:42Une citation pour compléter mon propos.
02:44Une pierre, deux maisons, trois ruines, quatre foussoyeurs,
02:47un jardin, des fleurs, un raton laveur, une douzaine d'huîtres,
02:51un citron, un pain, un rayon de soleil, une lame de fond,
02:55six musiciens, une porte avec son paillasson,
02:57un monsieur décoré de la Légion d'honneur.
02:59C'est quoi ?
03:00Vous avez tous reconnu le début de « Inventaire »,
03:02le poème de Jacques Prévert,
03:03qui est à l'origine de l'expression d'un inventaire à la Jacques Prévert.
03:07Et donc, c'est le symbole du ridicule,
03:09d'association d'un certain nombre de choses entre elles
03:11qui n'ont strictement rien à voir.
03:13Vous prenez les 150 projets qui ont été référencés par Emmanuel Macron,
03:17c'est un inventaire à la Prévert qui est encore plus grotesque
03:20que celui de Jacques Prévert.
03:21Vous avez des gens qui produisent de l'éthanol,
03:24des gens qui vont produire des tissus médicaux,
03:27vous avez des gens qui vont éventrer le massif central
03:29pour aller chercher du lithium.
03:32Vous avez des gens, Naval Group,
03:34une entreprise publique qui est dans la liste.
03:38Tout ça est absolument ni fait ni à faire,
03:40avec un objectif, effectivement,
03:43c'est de contourner la loi.
03:45Alors, deux choses.
03:46L'une, là où je rejoins Emmanuel,
03:47c'est s'il y a besoin de simplifier,
03:49et ce que je pense, et ce qui est d'ailleurs en cours,
03:52puisqu'on n'arrête pas de mobiliser le Parlement
03:54pour faire des lois de simplification administrative,
03:57faisons-le,
03:58et donc simplifions la vie quotidienne
03:59de tous les gens qui créent une entreprise,
04:01de tous les gens qui créent de la richesse,
04:03et non pas de quelques groupes
04:04qui ont eu l'heure de plaire à sa majesté,
04:07le président de la République.
04:08Mais où allons-nous ?
04:09Dans quel pays sommes-nous ?
04:10Où on a quelqu'un qui nous défend le protectionnisme
04:12et qui porte atteinte à la concurrence,
04:15ou non simplement de l'efficacité,
04:17mais la vraie efficacité,
04:19c'est que tout le monde soit traité de la même façon,
04:21qu'il n'y ait pas 150 projets
04:22qui soient mis en avant.
04:23Mais ça, Jean-Marc,
04:24c'est-à-dire que ça peut être vu autrement,
04:25c'est-à-dire que ça peut être vu
04:26comme le pied dans la porte
04:27qu'on met justement
04:29pour enrayer ce processus
04:31d'étouffement progressif
04:33de notre économie
04:34par les réglementations,
04:35les codes, etc.
04:37C'est-à-dire que là,
04:37vous avez la preuve par l'expérience
04:39que quand on libère,
04:41que quand on allège,
04:42quand on assouplit,
04:43ça fonctionne.
04:43Donc moi, je pense que ça peut marcher.
04:45Je trouve que vous êtes un peu
04:48dédaigneux vis-à-vis quand même
04:49de ces 150 projets.
04:50C'est quand même plus de 70 milliards d'euros.
04:52C'est des projets sur tout le territoire.
04:54Ça va irriguer partout
04:55sur tout le territoire.
04:57Ce n'est pas des projets anecdotiques,
04:59encore une fois.
05:00Et moi, je sais qu'on ne partage pas
05:02du tout la même vision
05:02sur ce que doit être
05:03la place de l'industrie
05:04dans notre pays.
05:06Et puis, l'autre point,
05:07c'est quand même,
05:08effectivement,
05:09par rapport à cette idée
05:11des recours,
05:12où là, on peut dire,
05:13bah oui, mais si,
05:14on se fiche des recours,
05:15des associations, etc.
05:16Mais là encore,
05:18il ne s'agit pas
05:20d'abolir le contentieux.
05:22C'est d'aller sur le bon tribunal.
05:24Oui, en fait,
05:26en gros,
05:26on voit bien à quel point
05:28l'empilement des recours
05:29sur tout un tas de chantiers
05:31a bloqué tous ces chantiers.
05:32On ne revient pas
05:33sur Notre-Dame-des-Landes,
05:34etc.
05:35Donc, l'idée,
05:36c'est qu'on centralise.
05:37On centralise ces recours
05:38pour aller plus vite.
05:39Il ne s'agit pas
05:40de les évacuer.
05:42Il s'agit de juste
05:43de les rendre plus efficaces.
05:45Pour finir, Jean-Marc.
05:46Oui, encore une fois,
05:47à ce moment-là,
05:47on traite tout le monde
05:48de la même façon.
05:48Il y a une loi simplification
05:49qui est en train
05:50d'être débattue au Parlement.
05:51C'est là que ça doit se passer
05:53et non pas dans les discours
05:55du Président de la République.
05:57Et dernière remarque
05:57que je ferai,
05:58c'est que la plupart
05:59des entreprises disent
06:00le véritable enjeu,
06:01c'est quand même
06:02les impôts que l'on subit,
06:03les 70 milliards
06:05d'impôts de production.
06:06C'est là qu'il faut porter
06:07l'effort
06:08et non pas dans
06:08de la communication,
06:09encore une fois,
06:10qui est totalement arbitraire
06:11et totalement auto-centrée.
06:13On ne peut pas reprocher
06:14au Président de la République
06:15de vouloir mener
06:17une approche
06:17qui est plutôt
06:18une approche bottom-up,
06:20c'est-à-dire du terrain
06:21vers le haut,
06:22quand toutes les approches
06:23top-down,
06:24c'est-à-dire toutes les règles,
06:25les soi-disant simplifications
06:26qui tombent d'en haut
06:27n'ont pas fonctionné
06:28depuis plus d'un siècle.
06:29Merci beaucoup, messieurs !
Commentaires

Recommandations