00:00Il faut aller vite, dit Emmanuel Macron, pour réindustrialiser la France.
00:05Pour autant, faut-il appliquer la méthode Notre-Dame de Paris, Emmanuel Lechypre ?
00:09Mais voilà enfin un discours frappé au saut du bon sens et de l'efficacité.
00:15Parce que le point de départ du raisonnement d'Emmanuel Macron, il est quand même implacable.
00:21Et c'est même révoltant, révoltant de pouvoir tenir les délais sur la reconstruction de Notre-Dame.
00:27Révoltant de voir comment on est capable d'organiser les Jeux olympiques les plus beaux de toute l'histoire.
00:34Et comment on empêche un pauvre fermier de construire un nouveau poulailler en moins de 5 à 7 ans.
00:42Voilà, il est là le constat.
00:44Alors, on voit bien que ce n'est pas un problème de compétence, que c'est un problème d'organisation.
00:49Donc la méthode Notre-Dame, c'est quoi ?
00:51C'est un, remettre de la responsabilité.
00:54On voit bien que si un nombre de projets, de dossiers s'enlisent considérablement en France,
01:00c'est parce que vous avez finalement une multitude de décideurs.
01:03Le moindre projet local, il faut qu'il y ait 6 ou 7 signatures de tous les différents services,
01:09régions, collectivités territoriales, départements, villes, etc.
01:16Je veux dire, ce n'est pas possible.
01:18Donc une chaîne de commandement claire avec quelqu'un qui est responsable et qui décide,
01:22ça, c'est effectivement une bonne idée.
01:25Et puis surtout, je voudrais insister, avant de laisser la parole à Jean-Marc,
01:28sur un point, ce qu'il dit Emmanuel Macron, il ne dit pas qu'il faut déréguler,
01:32il faut s'affranchir de toutes les contraintes.
01:34Il dit qu'il faut accélérer.
01:35Et accélérer et réguler, ce n'est pas la même chose.
01:38C'est-à-dire qu'on voit qu'on est dans un pays où, finalement,
01:42les possibilités de recours, les excès de réglementation aboutissent à des situations de blocage
01:46et ne sont utilisées que par ça.
01:48Ce n'est pas parce que vous allez commander trois fois la même étude
01:51sur l'impact de telle construction sur l'environnement
01:55que vous aurez contribué à la protection de l'environnement.
01:58Ça aboutira trois fois à la même conclusion et à des paperasses toujours plus élevées.
02:03Donc moi, je crois que c'est vraiment la bonne méthode.
02:06Après, le seul bémol, c'est est-ce que ce ne serait pas toute l'économie française
02:11qu'il faudrait faire fonctionner comme ça ?
02:13Jean-Marc Daniel.
02:14Oui, moi, je trouve ce discours d'Emmanuel Macron pathétique.
02:18Pathétique parce qu'il commence à dire qu'il faut protéger.
02:22Je rappelle quand même qu'il y a dix ans, quand il était candidat aux élections présidentielles,
02:26il nous disait « je n'ai aucune nostalgie des cheminées qui fument,
02:29je vais construire la Startup Nation,
02:31je n'ai aucune nostalgie d'un passé industriel qui est derrière nous. »
02:36On est dans des usines 4.0 maintenant, Jean-Marc.
02:38Ah ben oui, 4.0, sauf que...
02:40Alors, je vais vous faire une citation.
02:42Une citation pour compléter mon propos.
02:44Une pierre, deux maisons, trois ruines, quatre foussoyeurs,
02:47un jardin, des fleurs, un raton laveur, une douzaine d'huîtres,
02:51un citron, un pain, un rayon de soleil, une lame de fond,
02:55six musiciens, une porte avec son paillasson,
02:57un monsieur décoré de la Légion d'honneur.
02:59C'est quoi ?
03:00Vous avez tous reconnu le début de « Inventaire »,
03:02le poème de Jacques Prévert,
03:03qui est à l'origine de l'expression d'un inventaire à la Jacques Prévert.
03:07Et donc, c'est le symbole du ridicule,
03:09d'association d'un certain nombre de choses entre elles
03:11qui n'ont strictement rien à voir.
03:13Vous prenez les 150 projets qui ont été référencés par Emmanuel Macron,
03:17c'est un inventaire à la Prévert qui est encore plus grotesque
03:20que celui de Jacques Prévert.
03:21Vous avez des gens qui produisent de l'éthanol,
03:24des gens qui vont produire des tissus médicaux,
03:27vous avez des gens qui vont éventrer le massif central
03:29pour aller chercher du lithium.
03:32Vous avez des gens, Naval Group,
03:34une entreprise publique qui est dans la liste.
03:38Tout ça est absolument ni fait ni à faire,
03:40avec un objectif, effectivement,
03:43c'est de contourner la loi.
03:45Alors, deux choses.
03:46L'une, là où je rejoins Emmanuel,
03:47c'est s'il y a besoin de simplifier,
03:49et ce que je pense, et ce qui est d'ailleurs en cours,
03:52puisqu'on n'arrête pas de mobiliser le Parlement
03:54pour faire des lois de simplification administrative,
03:57faisons-le,
03:58et donc simplifions la vie quotidienne
03:59de tous les gens qui créent une entreprise,
04:01de tous les gens qui créent de la richesse,
04:03et non pas de quelques groupes
04:04qui ont eu l'heure de plaire à sa majesté,
04:07le président de la République.
04:08Mais où allons-nous ?
04:09Dans quel pays sommes-nous ?
04:10Où on a quelqu'un qui nous défend le protectionnisme
04:12et qui porte atteinte à la concurrence,
04:15ou non simplement de l'efficacité,
04:17mais la vraie efficacité,
04:19c'est que tout le monde soit traité de la même façon,
04:21qu'il n'y ait pas 150 projets
04:22qui soient mis en avant.
04:23Mais ça, Jean-Marc,
04:24c'est-à-dire que ça peut être vu autrement,
04:25c'est-à-dire que ça peut être vu
04:26comme le pied dans la porte
04:27qu'on met justement
04:29pour enrayer ce processus
04:31d'étouffement progressif
04:33de notre économie
04:34par les réglementations,
04:35les codes, etc.
04:37C'est-à-dire que là,
04:37vous avez la preuve par l'expérience
04:39que quand on libère,
04:41que quand on allège,
04:42quand on assouplit,
04:43ça fonctionne.
04:43Donc moi, je pense que ça peut marcher.
04:45Je trouve que vous êtes un peu
04:48dédaigneux vis-à-vis quand même
04:49de ces 150 projets.
04:50C'est quand même plus de 70 milliards d'euros.
04:52C'est des projets sur tout le territoire.
04:54Ça va irriguer partout
04:55sur tout le territoire.
04:57Ce n'est pas des projets anecdotiques,
04:59encore une fois.
05:00Et moi, je sais qu'on ne partage pas
05:02du tout la même vision
05:02sur ce que doit être
05:03la place de l'industrie
05:04dans notre pays.
05:06Et puis, l'autre point,
05:07c'est quand même,
05:08effectivement,
05:09par rapport à cette idée
05:11des recours,
05:12où là, on peut dire,
05:13bah oui, mais si,
05:14on se fiche des recours,
05:15des associations, etc.
05:16Mais là encore,
05:18il ne s'agit pas
05:20d'abolir le contentieux.
05:22C'est d'aller sur le bon tribunal.
05:24Oui, en fait,
05:26en gros,
05:26on voit bien à quel point
05:28l'empilement des recours
05:29sur tout un tas de chantiers
05:31a bloqué tous ces chantiers.
05:32On ne revient pas
05:33sur Notre-Dame-des-Landes,
05:34etc.
05:35Donc, l'idée,
05:36c'est qu'on centralise.
05:37On centralise ces recours
05:38pour aller plus vite.
05:39Il ne s'agit pas
05:40de les évacuer.
05:42Il s'agit de juste
05:43de les rendre plus efficaces.
05:45Pour finir, Jean-Marc.
05:46Oui, encore une fois,
05:47à ce moment-là,
05:47on traite tout le monde
05:48de la même façon.
05:48Il y a une loi simplification
05:49qui est en train
05:50d'être débattue au Parlement.
05:51C'est là que ça doit se passer
05:53et non pas dans les discours
05:55du Président de la République.
05:57Et dernière remarque
05:57que je ferai,
05:58c'est que la plupart
05:59des entreprises disent
06:00le véritable enjeu,
06:01c'est quand même
06:02les impôts que l'on subit,
06:03les 70 milliards
06:05d'impôts de production.
06:06C'est là qu'il faut porter
06:07l'effort
06:08et non pas dans
06:08de la communication,
06:09encore une fois,
06:10qui est totalement arbitraire
06:11et totalement auto-centrée.
06:13On ne peut pas reprocher
06:14au Président de la République
06:15de vouloir mener
06:17une approche
06:17qui est plutôt
06:18une approche bottom-up,
06:20c'est-à-dire du terrain
06:21vers le haut,
06:22quand toutes les approches
06:23top-down,
06:24c'est-à-dire toutes les règles,
06:25les soi-disant simplifications
06:26qui tombent d'en haut
06:27n'ont pas fonctionné
06:28depuis plus d'un siècle.
06:29Merci beaucoup, messieurs !
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