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Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.
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00:00BFM Business et la Tribune présentent le 18-19 d'Edwis Chevrillon.
00:10Bonsoir à tous, bienvenue dans le 18-19.
00:12On va essayer de tirer un peu les conséquences de tout ce qui se passe pour voir.
00:15On attire notamment sur un secteur évidemment très touché par cette guerre au Moyen-Orient,
00:19le secteur du luxe et de la beauté.
00:21C'est Philippe Dornano qui est le président de Cislet qui sera mon invité dans quelques instants.
00:26Il est aussi le coprésident du métier, donc on verra l'impact pour les entreprises.
00:29Quelles craintes elles ont aujourd'hui ? Est-ce que c'est l'absence de croissance ?
00:32Est-ce que c'est l'inflation ? Qu'est-ce qu'elles attendent du gouvernement ?
00:35Et ensuite justement c'est l'occasion de faire un débat autour de Christian Saint-Etienne, économiste, professeur au CNAB,
00:40Mathieu Plannes, directeur adjoint du département à analyser prévision de l'OFCE,
00:44et Guillaume Paul de BFM Business.
00:45On verra avec eux quels sont les pires scénarii pour l'économie mondiale.
00:50Mais tout de suite le journal de Stéphanie Collot.
00:55Il est 18h, bonsoir Stéphanie.
00:57Bonsoir Edwige.
00:57Et donc c'est historique, les pays membres de l'agence internationale de l'énergie
01:01vont remettre sur le marché 400 millions de barils issus de leurs réserves stratégiques.
01:05Oui, ça représente le tiers des réserves des 32 Etats membres,
01:10et c'est plus de deux fois le volume mobilisé en 2022 avec la guerre en Ukraine.
01:15L'objectif est de détendre les cours du pétrole,
01:17mais pour l'instant le prix du baril avoisine toujours les 90 dollars.
01:20Les gardiens iraniens de la révolution menacent d'une guerre d'usure contre Israël et les Etats-Unis.
01:25L'armée iranienne dit aussi vouloir maintenant cibler les centres économiques et les banques dans la région.
01:31Dans la foulée, la banque américaine Citi a évacué ses locaux à Dubaï.
01:35Même mesure prise par la société de conseil Deloitte.
01:39Le cabinet de conseil Price, PWC, ferme lui par précaution ses bureaux en Arabie Saoudite,
01:46au Qatar, aux Émirats et au Koweït pour le reste de la semaine.
01:49Dans le détroit d'Hormuz, la situation ne s'améliore pas.
01:53Loin de là, les gardiens de la révolution veulent désormais que les navires obtiennent la permission de traverser le détroit.
01:59Et en plus de vouloir stopper le trafic,
02:00Téhéran aurait commencé à poser des mines navales dans le détroit,
02:03selon des sources proches du renseignement américain.
02:06Ce qui verrouillerait pour longtemps le passage dans la zone.
02:08Mais Emmanuel Macron assure qu'il n'en a pas la confirmation.
02:11À ce stade, 50 à 55 navires sous pavillons français ou appartenant à des entreprises françaises sont bloqués dans le
02:19golfe Persique.
02:20De son côté, l'armateur Maersk s'inquiète de l'approvisionnement de ses navires en carburant au Moyen-Orient et
02:26en Asie,
02:26où les stocks diminuent.
02:28Il y a un risque d'être à court de fioul, selon le directeur général Vincent Clerc, dans le monde.
02:34Et puis, 2025 a été une année catastrophique pour Porsche.
02:37Le constructeur annonce un bénéfice opérationnel en chute de plus de 90% à 413 millions d'euros.
02:44Sa marge a fondu comme neige au soleil à 1,1%.
02:47En cause, la guerre commerciale et un radical rétro-pédalage sur l'électrique.
02:52Porsche envisage une transformation en profondeur.
02:5618h presque 2 sur BFM Business, les marchés.
03:01Avec Antoine Larigauderie. Bonsoir Antoine.
03:03Bonsoir Stéphanie. Bonsoir Edwige.
03:04Bonsoir Antoine.
03:05Et le CAC termine en baisse ce soir.
03:07Une séance normale. Ça faisait longtemps.
03:09Moins 0,19% pour le CAC.
03:118041 points.
03:12Puis alors surtout, des volumes d'échanges dignes d'une journée tout à fait moyenne.
03:163,9 milliards.
03:17Donc, aucun excès.
03:19A noter que, malgré les mauvaises nouvelles dans l'automobile,
03:21et vous en parliez de Porsche,
03:23où vraiment la baisse des performances reste extrêmement impressionnante.
03:26Et demain, c'est BMW.
03:27Ça va être intéressant de voir.
03:29Absolument.
03:30Deux constructeurs qui avaient l'habitude d'avoir des marges à deux chiffres,
03:33qui là se retrouvent avec des marges au tapis.
03:35Mais BMW a l'air d'un peu mieux réussir.
03:38Renault gagne 2,6%, en tout cas à 28,90€.
03:42Alors que Stellantis recule d'1,57% à 5,97€.
03:45Les autres bonnes performances du jour.
03:48Total Energy qui gagne 1,8% à 70€.
03:50Parce qu'il n'y a pas d'accalmy sur les cours du brut.
03:52On est reparti à la hausse sur le Brent.
03:53On repasse les 92$.
03:57Euronext signe la plus forte baisse du CAC à moins 2,5% à 136,10€.
04:01Sinon, à signaler Soitec, qui signe la meilleure performance du SBF 120,
04:05avec un envol de 16%, 51,30€.
04:08Il n'est pas question d'IA.
04:09Il n'est pas question de bataille.
04:10Il n'est pas question de big tech.
04:12Il est question de notre bon vieux réseau Télécom.
04:15Alors Soitec va travailler avec un important sous-traitant américain
04:19pour les puces 5G.
04:21On parle de l'investissement dans les infrastructures.
04:24On est au cœur du truc aussi.
04:25Et Soitec, il trouve des relais de croissance.
04:27Donc là, c'est intéressant.
04:28Le titre gagne donc un petit peu plus de 16% en clôture.
04:31Moins 0,19 pour le CAC, 8041 points.
04:33Et encore, des volumes calmes à 3,9 milliards.
04:36Merci beaucoup Antoine.
04:37Merci Stéphanie.
04:38On vous retrouve 19h, 19h30, tout de suite le 18-19,
04:42avec tout d'abord Philippe Dornano, le président Sisley,
04:45co-président du Métis, qui sera avec nous.
04:47BFM Business et la Tribune présentent
04:52le 18-19 d'Edwis Chevrillon.
04:59Personne ne doit profiter de cette crise.
05:01C'est ce qu'a dit tout à l'heure le Premier ministre Sébastien Lecornu.
05:03La question c'est qui profite de cette crise
05:05à part les pétroliers, les raffineurs,
05:08en tous les cas pas les entreprises.
05:09Bonsoir Philippe Dornano.
05:10Bonsoir.
05:11Merci d'être là.
05:11Vous êtes président de Sisley
05:13et vous êtes aussi co-président du Métis,
05:15du mouvement des entreprises de taille intermédiaire.
05:17Donc vous avez deux casquettes un peu ce soir
05:19parce que d'abord, je voudrais essayer de comprendre un peu
05:22comment est-ce que vous allez pouvoir
05:24retrouver des moteurs de croissance
05:25parce que pour vous, pour le luxe, la beauté,
05:28les cosmétiques, ce que fait Sisley,
05:30vraiment de la cosmétique haut de gamme,
05:33il est clair que ce soit Dubaï, Doha,
05:35c'était des territoires de croissance,
05:38de richesse, de luxe.
05:39Or aujourd'hui, ça va être quand même assez difficile.
05:42Où est-ce que vous pouvez vous diriger ?
05:43Regardez de quel côté ?
05:44Du côté de l'Inde, du côté éventuellement du Brésil.
05:47Pas sûr.
05:48Et puis ensuite, on regardera pour les entreprises
05:49de taille intermédiaire
05:50parce que vous vous prenez des successions de chocs,
05:53que ce soit sur le plan de l'absence de croissance,
05:57inflation, fiscalité.
05:58Donc, c'est pour dire que la situation, j'imagine, n'est pas simple.
06:01D'abord, pour vous, ce qui se passe actuellement au Moyen-Orient,
06:03est-ce que c'est un sacré coup dur ?
06:06Je pense d'abord surtout à nos équipes,
06:08parce qu'on a une filiale, nous, dans les Émirats.
06:11On a des équipes dans tous les pays de la zone.
06:14On travaille avec des distributeurs dont on est proche
06:17et qui eux-mêmes emploient des équipes ciselées.
06:21Donc, c'est effectivement, d'abord, à nos équipes,
06:26que je pense dans cette situation.
06:27Ils voient, comme vous le savez,
06:29dans une situation sécuritaire qui est...
06:31Vous les avez évacués ?
06:33On n'évacue pas les gens qui habitent dans les pays.
06:35Et au contraire, notre directeur de Dubaï,
06:39qui était en Angleterre,
06:39s'est débrouillé pour revenir sur zone,
06:42pour être avec ses équipes.
06:43Et c'est vrai que ça représente pour eux un danger.
06:46La deuxième chose, c'est que nous sommes une entreprise internationale.
06:49On travaille dans 120 pays.
06:50Ça, c'est un peu l'avantage que nous pouvons avoir,
06:52c'est que nous travaillons dans le monde entier.
06:54Donc, bien sûr, c'est une zone qui est très dynamique,
06:56qui se développe, qui est une zone formidable.
06:58Mais nous travaillons en Amérique, en Asie...
07:02Oui, c'est clair, mais c'était vraiment le moteur de croissance,
07:05alors qu'aux Etats-Unis, c'est un peu plus difficile,
07:06en Europe aussi, même en Chine.
07:09Certes, l'Inde est en train de devenir aussi un hub
07:11pour le luxe et la cosmétique.
07:14Mais là, on était, quoi ?
07:15Ça représentait grosso modo, je ne sais pas,
07:17entre 8 et 10 % de chiffre d'affaires
07:20pour beaucoup d'entreprises comme la vôtre.
07:23C'était le cas pour Sisley ?
07:24Pour nous, on a plusieurs zones qui restent des moteurs de croissance.
07:26Notamment, les Amériques restent...
07:28Oui, non, mais si on parle de ça, de là...
07:29Le Moyen-Orient, oui, c'est 4 à 5 % de notre chiffre d'affaires.
07:33Je dirais que c'est effectivement un impact.
07:35On continue de vendre.
07:36Il risque d'y avoir à terme des problèmes d'approvisionnement
07:40si on a du mal à livrer les pays.
07:42Mais les magasins sont ouverts.
07:44Nos équipes travaillent.
07:46Et en tout cas, dans presque toutes les zones du Moyen-Orient,
07:50mais avec un risque qui nous inquiète.
07:53Et c'est surtout plutôt vis-à-vis de nos équipes,
07:55pour le moment, que ma préoccupation va.
07:57Bien sûr, mais en même temps, vous êtes obligés un peu de regarder
08:00un peu à moyen terme.
08:01Est-ce que, pour vous, est-ce que ça veut dire
08:03que ces zones-là, en tous les cas,
08:05elle est durablement touchée ?
08:08Ça, je pense qu'à ce jour, on n'en sait rien.
08:12C'est une zone qui a très souvent été touchée
08:15par des événements géopolitiques.
08:17Et c'est une zone qui est très résiliente.
08:20On travaille au Liban, on travaille en Irak,
08:22on travaille en Israël,
08:24on travaille dans...
08:27On travaille pas en Iran,
08:28mais on travaille dans une grande partie du Moyen-Orient.
08:30Et c'est une zone qui, comme vous l'avez dit,
08:31est très dynamique
08:34et qui, on l'espère,
08:36est économiquement résiliente.
08:37Comment les choses vont évoluer ?
08:39On n'en sait rien.
08:39Et à ce jour, je ne peux pas vraiment dire
08:42si ça va être un impact durable
08:44ou si ça va être un impact momentané.
08:46On espère, bien sûr, que ce soit un impact momentané.
08:47Oui, pour vous, les relais de croissance sont où,
08:50justement, quand on est une entreprise comme Sisley ?
08:53Nous, on prend chaque pays comme un relais de croissance,
08:57petit pays ou grand pays.
08:58Et on a, à notre sens, pour la cosmétique haut de gamme,
09:01des possibilités de croissance dans tous les pays du monde.
09:04Pour autant qu'on nous laisse commercer librement,
09:06qu'on n'ait pas de concurrence déloyale.
09:08Et puis, qui est de l'argent ?
09:09Parce que, comme vous l'avez dit,
09:11c'est de la cosmétique haut de gamme, Sisley.
09:13Vous l'avez dit, et c'est un des impacts aussi de cette crise.
09:15C'est le risque que cette crise,
09:17au-delà de ce que nous vendons au Moyen-Orient,
09:20ait un impact sur la consommation mondiale
09:23ou la consommation de plusieurs zones du monde
09:24qui sont économiquement dynamiques pour nous,
09:27c'est le risque aussi d'avoir une augmentation des coûts
09:32par l'inflation, une augmentation d'un certain nombre
09:34de matières premières qui rentrent dans la fabrication de nos produits.
09:38C'est les risques aussi d'avoir des problèmes de circulation commerciale
09:42puisque nous vendons dans le monde entier,
09:44souvent en livrant par bateau,
09:45parce que c'est plus écologique
09:46et que ça peut poser un certain nombre de problèmes
09:49de voir ces routes commerciales impactées.
09:51Donc, il y a un certain nombre...
09:52C'est déjà le cas ou pas ?
09:53C'est le cas, mais ça ne l'est pas encore de manière grave.
09:56Pour le moment, les bateaux qu'on tourne passent par le Cap.
09:59Mais ça peut devenir effectivement un problème.
10:02Et puis, comme vous l'avez dit, surtout,
10:03ça peut impacter la croissance mondiale.
10:05Et si ça impacte la croissance mondiale et les consommateurs,
10:08ça nous impactera, nous, bien sûr, directement.
10:11Vous, en tant que chef d'entreprise, quel est le scénario le pire ?
10:13Est-ce que c'est cette guerre d'usure dont on nous menace les Iraniens ?
10:17Est-ce que c'est, au contraire, une guerre, non pas éclair,
10:22parce que ça fait déjà 11 jours, 12 jours qu'elle dure,
10:24mais une guerre rapide, comme, pour le coup, le dit Donald Trump ?
10:29Moi, je pense que pour l'économie mondiale, c'est une guerre d'usure.
10:32Mais je vous répondrai aussi, ce qui est, pour nous, les entreprises,
10:35et surtout inquiétant, c'est l'accumulation de ces crises.
10:38Parce qu'on a, que ce soit des crises commerciales,
10:41les droits de douane aux États-Unis, la guerre Ukraine-Russie,
10:46ou des sujets de concurrence commerciale ou de contrôle,
10:49comme l'arrivée de massifs de petits colis non contrôlés dans l'Union européenne.
10:53On est face à toute une série de chocs, à répétition,
10:57la crise de l'énergie qu'on a eue pendant la...
10:59On va y revenir, monsieur.
11:01...en 21-22, qui a été une crise très grave,
11:03puisque les entreprises, je le rappelle, pendant 2 à 3 ans,
11:06elles ont payé entre 4 et 10 fois le prix de leur énergie,
11:10sans justification réelle, puisqu'en réalité, à la production,
11:13l'énergie coûtait... pour l'électricité, l'énergie coûtait le même prix.
11:16Et cette accumulation de crises,
11:18elle commence à vraiment fragiliser le tissu européen,
11:21et plus encore le tissu français,
11:23puisque nous sommes...
11:24Malheureusement, nous avons fait jusqu'à présent
11:26le choix d'un environnement en France
11:27qui est moins compétitif pour les entreprises
11:29que l'environnement européen,
11:31mais c'est les entreprises encore plus en situation en France,
11:34en situation de fragilité.
11:36Oui. Alors là, vous êtes patron de Sisley,
11:38aussi patron, parce que vous représentez,
11:40vous êtes la quintessence, si j'ose dire,
11:42des entreprises de taille intermédiaire,
11:43des entreprises familiales.
11:45Et donc, vous êtes co-président du métier,
11:47Philippe Dordano.
11:48Donc là, en fait, j'ai envie de dire,
11:50c'est pas que vous tirez la sonnette d'alarme
11:51parce que ça sert pas à grand-chose,
11:53parce que c'est comme ça.
11:54En revanche, vous êtes quand même assez inquiet,
11:56et on sent presque un peu une lassitude chez vous,
11:59ce qui est assez rare,
12:00parce que vous êtes plutôt quelqu'un de très dynamique.
12:03Mais là, on sent que c'est vraiment un coup dur,
12:06ce qui se passe.
12:06Oui, alors, il y a des événements
12:09sur lesquels on n'a pas prise,
12:10et vous l'avez dit, qu'est-ce qui va se passer ?
12:12Mais il y a des événements
12:15où il y a une situation sur laquelle
12:16on pourrait avoir une prise.
12:18Et la lassitude, non pas la mienne,
12:20mais celle des dirigeants d'entreprises
12:23de taille intermédiaire,
12:24et plus largement des entrepreneurs français,
12:26parce que que ce soit les grandes entreprises,
12:27les dirigeants de grandes entreprises,
12:29ou de TI ou de PME,
12:31on entend...
12:31Je n'ai jamais vu, moi, en 30 ans d'engagement
12:34pour défendre les entreprises,
12:36un tel climat d'inquiétude,
12:38pour certains de colère,
12:40pour certains de découragement,
12:41voire d'abandon.
12:43Et je pense que face à ça,
12:46il faut agir, en tout cas,
12:49sur ce sur quoi on peut agir,
12:50c'est-à-dire notre environnement économique européen
12:53et notre environnement économique en France.
12:55Et c'est pas ce qui est...
12:57On commence à avoir un premier redressement
12:59au niveau européen,
13:00mais ce n'est pas encore le cas en France.
13:01Oui, mais enfin, quand vous dites
13:02que je n'ai jamais vu, en 30 ans,
13:05un tel climat d'inquiétude,
13:07quand même des paroles assez fortes,
13:09c'est quoi ?
13:12C'est l'accumulation ?
13:13C'est le fait que vous ne voyez pas très bien
13:15où est la sortie ?
13:16C'est quoi ?
13:16C'est très simple pour une entreprise.
13:18Vous êtes en économie ouverte.
13:20Si vous voulez produire, vous développer,
13:22et nous pensons,
13:22parce que je ne suis pas du tout pessimiste,
13:24je pense qu'on a les moyens,
13:25assez rapidement en France,
13:27de redresser notre économie.
13:29Et ça, ce serait au bénéfice,
13:30qui n'ont pas des chefs d'entreprise
13:31ou des investisseurs,
13:33mais de tous les Français,
13:34parce que c'est l'emploi.
13:36Les entreprises, c'est l'emploi.
13:37Les entreprises, c'est la création de richesses
13:39et donc la recette fiscale.
13:41Mais pour ça,
13:42il faut faire une chose qui est très simple
13:43et comprendre un mécanisme économique très simple.
13:46si on est en économie ouverte,
13:48il faut être raisonnablement aligné
13:50sur son environnement.
13:51Notre environnement, c'est l'Europe.
13:5360% de nos échanges sont avec l'Europe.
13:55Et aujourd'hui, je dois dire
13:57que ce processus budgétaire de l'année dernière,
14:01il a été absolument mortifère et dramatique
14:04sur la confiance,
14:06sur l'état d'esprit des chefs d'entreprise en France
14:08et d'une partie d'ailleurs de leurs salariés
14:10qui ne comprennent pas
14:11comment dans notre pays,
14:13qui est un pays magnifique,
14:14qui est un pays plein de potentiel,
14:15plein d'inventivité,
14:17avec des jeunes et des moins jeunes travailleurs.
14:19Vous allez toujours parler de ces discussions
14:19de budgétaires sans fin.
14:20Oui, mais qui reviendront,
14:22qui vont revenir.
14:23Et c'est un peu une confiance qui est rompue
14:25et qui est rompue alors même,
14:26et c'est là où les chefs d'entreprise
14:28se sentent d'une certaine manière abandonnés,
14:30alors même qu'on voit un environnement géopolitique
14:33qui se dégrade de plus en plus
14:35et avec des crises qui s'accumulent.
14:37On n'a pas cité le Covid,
14:39on n'a pas cité l'impact aussi
14:41qu'avait eu sur l'économie à l'époque
14:42les Gilets jaunes.
14:43On a ensuite la crise de l'énergie,
14:46on a les droits de douane américains.
14:47Alors là, on dirait justement
14:48à propos de crise de l'énergie,
14:49là qu'on voit bien que les mouvements
14:51très erratiques du pétrole,
14:54un peu comme des montagnes russes,
14:56la question qu'on voit,
14:57donc ça augmente à la pompe,
14:59parce que certains se sont précipités
15:00tout de suite pour faire augmenter
15:03le prix à la pompe.
15:05Est-ce que pour vous,
15:06en tant que chef d'entreprise
15:07et puis chef encore,
15:08chef des entreprises familiales,
15:11les entreprises intermédiaires,
15:12est-ce que vous dites au gouvernement
15:14qu'il faut faire quelque chose,
15:15qu'il faut baisser la fiscalité
15:16ou pas sur l'énergie,
15:18notamment sur le pétrole,
15:19sur l'essence, sur le gaz d'oil ?
15:22Nous, ce que nous souhaitons,
15:23c'est notre moto,
15:25c'est le raisonnement qu'il faut avoir
15:27pour permettre à la France
15:28de développer des savoir-faire,
15:30développer des entreprises
15:30et développer de la recette fiscale,
15:32c'est d'avoir une énergie
15:33qui soit raisonnablement alignée
15:34sur son environnement.
15:35Si ça augmente
15:36dans l'ensemble de l'Europe,
15:39pour le particulier,
15:40c'est un autre sujet
15:40dont on peut discuter aussi,
15:42mais pour les entreprises,
15:43le sujet, c'est la compétitivité.
15:44Donc nous, ce que nous avons besoin,
15:46c'est d'avoir une énergie
15:47par rapport au bloc américain
15:49et par rapport au bloc asiatique
15:51qui soit alignée.
15:52Là, quand vous avez une crise
15:53comme celle-là,
15:54c'est une crise qui touche
15:54tous les pays.
15:55Donc ça peut avoir un impact
15:57sur vos coûts,
15:58mais ça n'a pas un impact
15:59sur votre compétitivité.
16:00Ce qui a par contre
16:01un impact sur votre compétitivité,
16:03c'est la hausse
16:03des taxes de production,
16:04parce qu'il faut le dire,
16:05les taxes de production
16:06recommencent à augmenter
16:07ou la hausse du coût
16:09du travail qualifié.
16:10Juste, Philippe Bernardo,
16:11restons juste un instant
16:12sur ce qui se passe là.
16:14Vous, vous ne demandez pas
16:16un allégement de la fiscalité,
16:18un allégement de la fiscalité
16:19sur le pétrole
16:21et sur l'électricité
16:23comme l'ont demandé
16:25notamment le commissaire européen
16:29en charge justement de l'énergie
16:30qui hier a dit
16:31qu'il faut baisser les taxes
16:32et qu'il faut que les pays
16:33qui le peuvent
16:34baissent les taxes
16:35sur l'électricité.
16:36Moi, je demande
16:37d'avoir une politique,
16:39un prix de l'énergie
16:40qui permette
16:41à la production en Europe
16:42et à la production en France
16:43d'être compétitif.
16:44Je note que la France
16:46a a priori,
16:47grâce à l'investissement
16:48et aux impôts des Français,
16:51devrait avoir une position
16:52qui devrait même
16:53lui donner un avantage compétitif.
16:54Je note aussi
16:55que sur l'électricité,
16:56on est un des pays
16:57qui taxent le plus.
16:59Et la question est
17:00si les prix augmentent
17:01et que vous êtes taxés
17:02en pourcentage,
17:03bien évidemment,
17:04à ce moment-là,
17:05l'État ne va pas taxer autant,
17:06il va taxer plus en valeur.
17:08Et là,
17:08sur la question du gaz d'oil
17:10qui aujourd'hui nous préoccupe ?
17:12On est moins impactés
17:13nous par les sujets
17:14du gaz d'oil.
17:14Pour les entreprises,
17:16ça peut être
17:17quand vous devez justement
17:18en livrer.
17:18On est impactés sur le gaz
17:19mais souvent les entreprises
17:20ont des contrats,
17:21vous savez,
17:21donc elles sont protégées
17:23en tout cas
17:24sur un temps court,
17:25sur les prix.
17:26On est aussi nous
17:27en cosmétique pour le coup,
17:28je reprends ma casquette
17:29ciseler des entreprises
17:31qui sont assez décarbonées,
17:33donc on est plutôt électrique
17:34que gaz
17:35et sur le gaz,
17:36en général,
17:36vous avez des contrats.
17:37Je dirais que ce n'est pas ça
17:38qui va immédiatement
17:39être la chose
17:39qui va le plus nous impacter.
17:41Bien sûr,
17:41par contre,
17:42si la crise dure,
17:43ça aura un impact
17:44de plus en plus grave
17:45sur l'économie
17:46et si ça n'a un impact
17:48que sur l'économie européenne,
17:49ce sera un problème
17:50par rapport aux autres zones du monde
17:51qui ne rencontrent pas
17:52ces difficultés.
17:53En impact sur la croissance,
17:54vous par exemple,
17:55on est au début 2026,
17:56vous avez fait évidemment
17:57un plan stratégique,
17:58je ne sais pas comment
17:59vous avez réussi à le faire
18:00si vous l'avez fait,
18:01c'est sûr que c'est très compliqué
18:02dans cet environnement,
18:03mais est-ce que là,
18:05vous êtes en train de vous dire
18:05tiens,
18:06je vais modifier peut-être
18:07mon plan stratégique
18:08avec ce qui s'est passé
18:09parce qu'évidemment,
18:09vous ne pouviez pas l'anticiper ?
18:11Alors,
18:11d'une manière générale,
18:12et ça ne date pas
18:13de la crise iranienne,
18:14c'est la succession des crises,
18:16on constate qu'il y a
18:17un report
18:18de toute une série
18:18d'investissements,
18:20l'épisode budgétaire
18:21aussi joué
18:22à une grande part
18:23dans ce sujet,
18:25il y a à peu près
18:26un projet sur trois
18:27qui est reporté,
18:29c'est lié
18:30à la fois
18:31à une perte de confiance
18:32et à la fois aussi
18:33au baisse de chiffre d'affaires
18:34ou au baisse de rentabilité
18:35des ETI françaises,
18:37mais on voit
18:37qu'il y a un ralentissement,
18:38les ETI qui étaient
18:39très dynamiques
18:41en termes de recrutement,
18:42même en période de crise,
18:43pour la première fois,
18:44sont quasiment à l'arrêt,
18:46ajouté à ça qu'on a,
18:47moi je le dirais
18:48un peu durement
18:49saboté
18:51le mécanisme d'apprentissage
18:52et que c'est en train
18:53d'impacter énormément
18:54le chômage,
18:55l'emploi des jeunes,
18:56ce qui est dramatique,
18:57en France,
18:57quand on a un système
18:58qui marche,
18:59on le détruit.
18:59Il a été finalement
19:00un peu moins impacté,
19:01mais ça coûtait très cher,
19:02on n'a plus d'argent
19:02pour reprendre l'expression
19:04ce matin du gouverneur
19:05de la Banque de France.
19:05Je ne pense pas
19:06que ça coûtait très cher,
19:07je pense que c'est
19:07une profonde erreur.
19:08D'abord,
19:08les entreprises,
19:09je pense que tout le monde
19:10ne le sait pas,
19:11mais les entreprises
19:11payent 10 milliards et demi
19:12de taxes d'apprentissage.
19:13Oui, aussi,
19:14mais la deuxième chose,
19:17c'est que quand vous employez
19:18des apprentis
19:18que vous formez,
19:19pour lesquelles
19:20vous remplissez
19:20une mission de formation,
19:22pendant ce temps-là,
19:22les apprentis ne sont pas
19:23au chômage.
19:24Et on ne chiffre pas du tout
19:25le coût qu'ils ont
19:27quand ils sont au chômage.
19:28On n'a pas du tout
19:28supprimé l'apprentissage,
19:29c'est juste qu'à partir
19:30de certains niveaux.
19:31Il est en train
19:32de baisser fortement,
19:33on est en train
19:34de le retirer
19:35pour les jeunes qualifiés,
19:38les jeunes diplômés,
19:38c'est-à-dire que tous les jeunes
19:42diplômés d'un milieu modeste
19:43qui se servaient
19:44de l'apprentissage
19:44pour financer leurs études
19:45ne peuvent plus le faire.
19:46Moi, j'ai eu des témoignages
19:47directs et c'est une honte,
19:48il faut le dire
19:49très franchement,
19:50c'est une honte
19:51de ne pas comprendre
19:52à quel point
19:52ce dispositif était vertueux
19:54et alors qu'on a
19:55un dispositif qui marche,
19:56qu'on a fait baisser
19:57le chômage des jeunes
19:57en post-Covid,
19:58alors que c'était
19:59une période assez difficile
20:00pour les jeunes
20:00de manière très nette
20:02et pour la première fois...
20:02besoin d'aide de l'État
20:03pour embaucher
20:04un jeune qualifié,
20:05Philippe Dornanon.
20:06Je n'embauche pas
20:06un jeune qualifié.
20:07L'apprentissage,
20:07ce n'est pas une embauche.
20:08L'apprentissage,
20:09c'est une formation.
20:10C'est un début, oui.
20:10C'est une formation.
20:12Il est à l'école,
20:13on le forme,
20:14on l'intègre dans l'entreprise,
20:16on lui apprend
20:16un certain nombre de choses
20:17et il peut ne pas travailler
20:18pour vous après.
20:18Il peut repartir.
20:20D'ailleurs,
20:20deux tiers des jeunes
20:21partent travailler
20:22soit dans d'autres entreprises
20:23mais par contre,
20:24c'est un système
20:24de formation très vertueux
20:26qui améliore la qualité
20:27de la formation
20:28et surtout,
20:29ça marchait.
20:29C'est en train
20:30de se développer.
20:31Pour la première fois,
20:31la France,
20:32elle arrivait à mettre en place
20:33un système d'apprentissage
20:34un peu équivalent
20:39typique malheureusement
20:39de l'approche française.
20:41Est-ce qu'il y a
20:41beaucoup d'entreprises ?
20:43On arrive à un moment clé,
20:44je vous pose régulièrement
20:44la question
20:45mais c'est puisque vous êtes
20:46à nouveau sur ce plateau,
20:48Philippe Dornano,
20:48c'est l'occasion
20:49de faire un point.
20:50Est-ce qu'on est
20:52à un passage de témoins
20:53au niveau
20:54à la tête des entreprises
20:55en ce moment ?
20:56Est-ce qu'il y a pas mal
20:57de...
20:57Je ne sais pas
20:58combien d'entreprises
20:59dans les derniers mois
21:00sont passées
21:00sous pavillons étrangers ?
21:02C'est une très bonne question.
21:03Il y a un certain nombre
21:04d'entreprises qui se vendent,
21:05il y a un certain nombre
21:05d'entreprises qui passent
21:06sous pavillons étrangers.
21:07Combien, vous avez une idée,
21:08une estimation au niveau du métier ?
21:09Je n'ai pas de chiffre en tête,
21:11on a des chiffres métiers
21:12qu'on peut communiquer
21:13et surtout,
21:14il va y avoir un énorme enjeu,
21:15c'est que dans les sept prochaines années,
21:16une ETI sur deux
21:17va se transmettre.
21:18Donc, de notre capacité
21:21et face à ça,
21:22que voit-on ?
21:23Les dispositifs
21:24qui permettaient de faciliter
21:25la transfusion de l'entreprise
21:26sont remis en cause.
21:27Avouez que...
21:28Ah, vous les...
21:28Non, non, non,
21:29vous ne pouvez pas dire ça,
21:30attendez.
21:30Vous pensez au dispositif du trail ?
21:33Oui, mais il n'est pas remis en cause,
21:34c'est juste que...
21:35Remis en cause,
21:35Non, mais attendez,
21:37c'est quand il y avait
21:37l'immobilier d'entreprise
21:39qui allait jusqu'à un chalet
21:39à la montagne,
21:40c'est quand il y avait des excès
21:41et c'est remis en cause.
21:43Remis en cause,
21:43c'est-à-dire qu'un certain nombre
21:45de forces politiques
21:47disent que le pacte
21:48des pactes de transmission
21:49d'entreprise
21:50ne sont pas souhaitables,
21:51que ce sujet,
21:52il est maintenant
21:54à un intervalle régulier
21:54alors qu'il y avait
21:55consensus politique
21:56entre la droite et la gauche
21:56pour soutenir ce dispositif
21:58qui était très vertueux
21:59et qui permettaient
22:00les transmissions d'entreprise.
22:00Mais parce qu'il y a eu des avis
22:01et que finalement,
22:02ça coûte plus cher que prévu,
22:03même s'il est essentiel.
22:04Là aussi,
22:05ce n'est pas tout à fait exact.
22:06En réalité,
22:07les chiffres qui ont été donnés
22:08sont des chiffres...
22:08Par la Cour des comptes, oui.
22:09Oui,
22:09qui sont des chiffres
22:10qui sont tronqués
22:10puisque la Cour des comptes
22:11a pris une seule année
22:12de valorisation des pactes
22:15qui était une année
22:16où il y avait eu
22:16deux transmissions
22:17de très grandes entreprises
22:18et ensuite a extrapolé
22:20ce fait générateur
22:21qui était anormal
22:22sur plusieurs années.
22:23En réalité,
22:25on a pris l'année
22:26où il y avait eu
22:27des très fortes transmissions d'entreprise
22:28et on devrait s'en féliciter d'ailleurs
22:29parce que quand on paye une année,
22:32quand le pacte du travail fonctionne,
22:34c'est des grandes entreprises françaises
22:35qui sont transmises,
22:36qui restent françaises,
22:37qui continuent à payer
22:38des impôts en France,
22:39qui continuent à avoir
22:39des dirigeants français,
22:41qui continuent à avoir
22:41des centres de décision en France.
22:43Ce dispositif,
22:44il est extrêmement vertueux.
22:46Et de nouveau,
22:46un peu comme pour l'apprentissage,
22:48on ne calcule pas
22:49les retours sur investissement,
22:50on fait un procès
22:51à charge des dispositifs.
22:52Le résultat de ça,
22:54c'est qu'on risque d'avoir
22:55ce qu'on a connu
22:56entre 1981 et 2000,
22:58c'est-à-dire la disparition
22:59entre 1980 et 2000,
23:00la moitié des ETI françaises
23:02ont disparu,
23:02elles ont été vendues.
23:03Elles ont été vendues
23:04à des capitaux étrangers.
23:06Et ça,
23:07notre pays met encore,
23:08mais maintenant,
23:09énormément de temps
23:09à se remettre.
23:10Et à partir du moment
23:10où les pâques d'utreil
23:11sont apparus en France,
23:13le nombre d'ETI
23:14a réaugmenté de 50%.
23:15Donc quand la Cour des comptes
23:17dit qu'elle ne voit pas
23:17le retour sur investissement,
23:19avouez que c'est quand même
23:20assez étrange
23:21et que ça nous paraît
23:22être un procès à charge.
23:23Aujourd'hui,
23:24on a en France 7000,
23:26donc je rappelle
23:26que les ETI,
23:27c'est 50 millions
23:28et demi de chiffre d'affaires.
23:30En 2008,
23:32il y avait 4600 ETI.
23:34Et en Allemagne,
23:34il y en a 12500.
23:36Si on avait en France
23:38autant d'ETI
23:38qu'on a en Allemagne,
23:40ce qui était tout à fait
23:41à notre portée,
23:42notre économie n'aurait
23:43aucun des problèmes
23:43qu'elle a aujourd'hui.
23:44Elle serait exportatrice,
23:46elle serait dynamique,
23:46elle maîtriserait
23:47beaucoup plus de savoir-faire.
23:48On a fait une profonde erreur
23:49et on s'apprête
23:50alors qu'on l'a déjà faite.
23:52On revient sur ces sujets
23:54et ça,
23:55ça crée une vraie incompréhension
23:57parmi les chefs d'entreprise
23:58qui se disent
23:59mais ça n'a pas marché,
24:00on l'a vu,
24:01on a essayé de le corriger
24:02et maintenant,
24:02on va recommencer.
24:03Et ça,
24:04au pire moment,
24:05c'est-à-dire un moment,
24:05comme on l'a dit,
24:07qui est un moment géopolitique
24:08très difficile.
24:09Oui,
24:10juste une dernière question,
24:11parce que ça revient
24:12un peu comme une retournelle
24:13à chaque fois qu'il y a
24:14un changement de ministre,
24:16il faut réindustrialiser
24:17la France,
24:17etc.
24:18Vous y croyez ?
24:19Vous qui êtes un chef
24:20d'entreprise industrielle,
24:21est-ce que c'est possible ?
24:22J'y crois absolument.
24:24Oui ?
24:24On pourrait atteindre 12%,
24:2513% ?
24:26C'est un objectif européen ?
24:28Non mais j'y crois absolument.
24:29C'est encore possible.
24:31Non seulement c'est possible,
24:33mais ça a commencé
24:34à être fait
24:34à la fin du mandat
24:35de François Hollande
24:36et pendant le premier mandat
24:37d'Emmanuel Macron,
24:38c'est en réalignant compétitivement
24:40la France
24:41sur son environnement européen,
24:42c'est-à-dire en ayant
24:42la même fiscalité
24:43que l'environnement européen,
24:44on avait fait 20% de l'écart,
24:46on peut, dans une période très brève,
24:48réindustrialiser notre pays.
24:49Et réindustrialiser notre pays,
24:50ça ne veut pas juste dire
24:51avoir des industries,
24:53ça veut dire des emplois,
24:54ça veut dire de l'activité,
24:55ça veut dire de la recette fiscale.
24:57Merci beaucoup.
24:58J'ai envie de vous souhaiter
24:59le courage.
24:59Merci beaucoup,
25:00Philippe Dordano,
25:01d'avoir été avec nous,
25:01le patron de Sisley
25:02et coprésident du métier.
25:04On a bien compris
25:05que ça commence à faire beaucoup,
25:06en tous les cas,
25:07sur votre tête.
25:08Dans un instant,
25:09on reviendra justement
25:10sur ces scénarios,
25:11le pire des scénarios
25:12pour l'économie mondiale.
25:13On reviendra aussi sur
25:14« Est-ce qu'il faut replonger
25:16dans quoi qu'il en coûte ? »
25:17avec Christian Saint-Etienne,
25:18économiste,
25:18professeur Ocknam,
25:20Mathieu Plante,
25:20qui est directeur adjoint
25:21des départements
25:21analyse et prévision de l'OFCE,
25:23et Guillaume Paul,
25:24de BFM Business.
25:25A tout de suite.
25:26BFM Business et la Tribune
25:28présentent
25:31le 18-19
25:32d'Edvie Chevrillon.
25:36Vous êtes bien dans le 18-19.
25:39On va essayer de voir
25:40quels sont les scénarios
25:42les plus difficiles,
25:43les pires pour l'économie mondiale.
25:45On va essayer de comprendre aussi
25:46si cette guerre d'usure
25:47nous menace les Iraniens,
25:49est-ce que c'est peut-être
25:50justement le pire des scénarios ?
25:51Et puis l'impact
25:52de ces 400 millions de barils
25:55débloqués,
25:55en tous les cas,
25:56c'est l'annonce d'Emmanuel Macron
25:57tout à l'heure,
25:58400 millions de barils de pétrole,
26:00évidemment.
26:00Et puis est-ce qu'il faut replonger
26:01dans le quoi qu'il en coûte ?
26:02On en parle avec mes invités.
26:04Christian Saint-Etienne,
26:04économiste, professeur Ocknam.
26:06Bonsoir Christian.
26:06Bonsoir.
26:07Merci d'être là.
26:08Mathieu Plan,
26:09directeur adjoint
26:09du département analyse et prévision,
26:11ça c'est important,
26:12de l'OFCE.
26:13Bonsoir Mathieu.
26:14Et puis Guillaume Paul
26:14de BFM Business.
26:16Peut-être commencer par vous Guillaume.
26:17Là, on en est où ?
26:18Sur le plan du pétrole ?
26:20Où est-ce qu'on en est ?
26:21On a pris du baril
26:22qui n'a pas bougé
26:23quasiment depuis ce matin,
26:24malgré la confirmation
26:25de cette bonne nouvelle.
26:26Donc l'AE qui pioche
26:27dans ses socs stratégiques,
26:28on rappelle,
26:32stock stratégique
26:33en cumulé à l'AE,
26:34on va piocher
26:35400 millions de barils,
26:36ce qui est énorme.
26:37Rappelez-vous que même
26:38au début de l'invasion russe
26:39en Ukraine,
26:40alors que le prix du baril
26:41l'a été monté pour le coup
26:42à 130 dollars,
26:43on n'avait pioché
26:43que 200 millions.
26:45Donc là,
26:46on sort le grand bazooka,
26:47ce qui ne change rien
26:48parce que ça faisait
26:48quelques jours
26:49que l'info circulait
26:50donc ça ne change absolument rien
26:51sur le prix du pétrole.
26:53Ça ne fait pas bouger
26:54le prix du pétrole
26:55parce que tout ça
26:56est contrebalancé
26:56par le risque géopolitique
26:57qui reste très présent.
26:58L'Iran a confirmé
26:59à avoir frappé
27:01trois bateaux aujourd'hui
27:01qui détransitaient
27:02dans le détroit d'Hormuz
27:03et la question reste centrale
27:06de savoir
27:06quand le détroit d'Hormuz
27:07sera de nouveau opérationnel.
27:08Puis il faut rappeler une chose,
27:09c'est qu'historiquement,
27:10les stocks stratégiques
27:10ont piange dedans
27:11quand il y a un problème
27:12d'approvisionnement,
27:13ce qui n'est pas du tout
27:14le cas aujourd'hui
27:14en France et en Europe.
27:16Donc il y a toujours
27:16des inquiétudes qui surnagent
27:17et ça se fait sentir aussi
27:18sur l'obligataire,
27:20ça se voit encore
27:20avec les craintes
27:21de regain d'inflation.
27:22Attention,
27:22parce que le 10 ans français
27:23qui était à 3,44
27:24est remontée
27:24à 3,56% ce soir
27:26et vous avez un 10 ans américain
27:28qui est à 4,2%
27:29désormais avec la question
27:30de ce que feront
27:31les banques centrales.
27:32Oui, ça c'est un point
27:33qui est très mauvais
27:33pour Donald Trump
27:34parce qu'on sait
27:35qu'il y a toujours
27:35un peu de tension.
27:37Qui veut commencer ?
27:38Est-ce que,
27:39Christian Saint-Etienne,
27:40sur le prix du pétrole,
27:41est-ce qu'il faut ?
27:41C'est la question de la fiscalité,
27:42c'est un débat très français.
27:44C'est qu'est-ce qu'il faut faire
27:45pour faire baisser
27:46le prix du pétrole ?
27:46Et faut-il le faire ?
27:47Ou faut-il juste ?
27:48On est dans une économie ouverte
27:54à laisser faire,
27:54entre guillemets.
27:56Je pense qu'il ne faut pas
27:57recommencer ce qu'on a fait
27:58en 2022.
28:00Ça a coûté
28:00des dizaines de milliards d'euros.
28:03Selon les durées
28:05qu'on prend,
28:06sur l'ensemble,
28:08à peu près 60 milliards.
28:09Donc, c'est un coût considérable.
28:11Je rappelle que nous empruntons
28:13150 milliards tous les ans.
28:15Donc, si vous faites
28:1610 ou 15 ou 20 milliards
28:18de cadeaux,
28:18ça veut dire qu'en réalité,
28:20vous allez emprunter
28:21170 milliards
28:22alors que les taux montent.
28:24Donc, ça, c'est un premier point.
28:25Le deuxième, c'est qu'il y a
28:27une action qui est possible
28:28sur les marges
28:29parce que, pour l'instant,
28:31ce qu'on semble voir
28:32dans la distribution
28:33d'essence et de fuel
28:36au niveau national,
28:37on n'a pas de hausse massive
28:39dans les stations.
28:41Il y a quelques stations,
28:43peut-être 5 à 10 %
28:44où les gens en profitent.
28:46Donc, il faut...
28:47Le Premier ministre propose
28:49de limiter les marges.
28:50C'est probablement
28:51la bonne approche
28:52si la situation dure
28:54pas trop longtemps.
28:54Parce que, pour l'instant,
28:55les prix sont libres.
28:56Oui, on ne peut pas.
28:56On ne peut pas ?
28:57Ils peuvent juste,
28:58ils fraudent, en fait,
28:59s'ils n'appliquent pas
29:00le tarif qu'ils appliquent
29:01à la pompe.
29:02Les marges sont libres
29:02et donc, il y a juste
29:03la concurrence qui peut jouer.
29:04La concurrence qui joue,
29:05mais néanmoins,
29:07sur les marges,
29:08c'est un moyen
29:09de faire peur
29:09aux distributeurs indépendants
29:11qui voudraient jouer
29:13contre l'évolution du marché.
29:15Il y a combien de distributeurs
29:16indépendants ?
29:17Vous avez le chiffre ?
29:18Quelques milliers,
29:18quelques milliers,
29:19aux alentours de 4 000
29:20sur quelques 11 000 stations-services
29:21au total,
29:22vous avez environ 4 000 indépendants.
29:23Qui sont les moins à même
29:24de dégager de la marge.
29:25De toute façon,
29:25quand on vend de l'essence,
29:26c'est difficile de dégager
29:27de la marge.
29:28Ça, ça saurait, oui.
29:29Ce n'est pas une activité
29:30très profitable.
29:31Alors, sur la mesure
29:32qui est annoncée par Macron,
29:33mais ce n'est pas une décision
29:34de Macron,
29:34c'est les 400 millions
29:35de l'Agence internationale
29:37de l'énergie.
29:38C'est une mesure
29:39qui est proposée
29:40par le directeur général
29:41de cette institution
29:42qui s'appelle Birol.
29:43Donc, il faut avoir
29:46quelques chiffres en tête.
29:47La consommation mondiale,
29:48c'est 100 millions de barils.
29:50Donc, 400 millions,
29:51c'est 4 jours.
29:52Alors, vous avez le pétrole
29:55qui passe au détroit d'Hormuz,
29:56c'est 20 millions par jour.
29:58Donc, ça fait 20 jours
30:00de pétrole à Hormuz.
30:02Et les Saoudiens
30:06pourraient augmenter
30:07la production.
30:08Oui, c'est ce qu'ils ont dit,
30:08notamment de réouvrir justement...
30:11Ils ont des pipelines
30:12qui permettent d'aller
30:13de l'autre côté,
30:14c'est-à-dire pas de servir
30:15le golfe du Persique,
30:17mais d'aller dans la mer Rouge.
30:18Mais enfin,
30:19ça reste relativement marginal.
30:21Donc, les Russes relancent
30:24aussi leurs exportations
30:25parce que les Américains
30:27ont dit aux Indiens
30:28qu'ils fermeraient les yeux
30:29s'ils achetaient un peu plus
30:31de pétrole russe.
30:32Voilà, donc on a une situation
30:34pour l'instant
30:35qui n'est pas au bord de la rupture.
30:37La question,
30:38ce que nous savons tous,
30:39c'est ce que nous allons dire,
30:40c'est la durée de l'exercice.
30:42C'est-à-dire,
30:43si le détroit d'Hormuz
30:45est bloqué 10 jours,
30:46c'est une chose.
30:47Il ne faut pas intervenir
30:49sur les marchés
30:51et la distribution en France,
30:52sauf à faire
30:53des mesures ponctuelles.
30:55si ça dure trois mois,
30:57c'est un autre exercice.
30:58Mathieu Pernes,
30:58pour vous,
30:59est-ce que c'est vraiment...
31:00Est-ce que c'est le...
31:02Comment dire ?
31:03Est-ce que c'est le point
31:04à regarder ?
31:05C'est le point crucial
31:06ou le point qui est au cœur,
31:07justement,
31:08de l'arythmie économique ?
31:12Oui.
31:13L'arythmétique économique.
31:14Oui.
31:14Aussi l'arythmie, pardon.
31:15L'arythmie, c'est vrai que...
31:16Si on peut dire.
31:17C'est quelque part, oui.
31:18Mais non,
31:19c'est un sujet,
31:20on le sait,
31:20qui est très sensible.
31:21Très sensible
31:22pour plusieurs raisons.
31:25La première,
31:26c'est qu'on voit
31:26que ça reflète
31:27l'incertitude
31:28et le risque géopolitique.
31:30Et que, du coup,
31:31c'est très difficile
31:31d'anticiper l'avenir.
31:33Donc, c'est très difficile
31:34de se projeter.
31:35Comme disait Christian
31:36à l'instant,
31:36ce n'est pas la même chose
31:37si elle dure quelques jours
31:38ou plusieurs mois.
31:39et y compris le choc économique
31:41sera différent.
31:42Donc, l'intervention
31:43des pouvoirs publics,
31:44elle est double.
31:44C'est d'abord,
31:45il y a un historique
31:45sur les questions de l'énergie
31:46et notamment les gilets jaunes.
31:48On voit que ça avait été
31:49quand même un mouvement
31:50initialement lié
31:50à la hausse du prix de l'essence
31:52mais qui était lié
31:52à la hausse des taxes,
31:53qui n'était pas lié
31:54à la hausse des prix
31:54des matières premières.
31:55Ce qui est quand même
31:56très différent.
31:57Les gens se sentaient
31:59visibilitiquement.
31:59Donc, je pense que les gens
32:00distinguent bien
32:02ce qui peut relever de la taxe
32:03de ce qui peut relever
32:04de la matière première.
32:05Ce n'est pas la responsabilité
32:06du gouvernement
32:07d'émener le Macron
32:08si aujourd'hui
32:08les prix du pétrole
32:10augmentent.
32:10Deuxième point,
32:11on a l'expérience
32:13des bouclés tarifaires
32:14de l'épisode
32:15du choc énergie 2022
32:17qui était pour le coup
32:18extrêmement fort
32:19parce que beaucoup
32:19sur le gaz aussi,
32:21ce qui est un peu moins
32:21le cas quand même
32:23aujourd'hui.
32:24Et troisième point,
32:26et donc ça a coûté
32:26très cher
32:27avec des questions
32:28d'efficacité qui se posent.
32:30Et puis, troisième point,
32:30il y a le coût budgétaire.
32:31C'est-à-dire qu'aujourd'hui
32:32les caisses quand même
32:33sont vides,
32:33que la question elle est
32:35comment on a atteint
32:35nos objectifs
32:36de réduction de déficit
32:37et que ça serait
32:39un peu vite
32:39et un peu s'emballer
32:40que d'aller réduire
32:41la fiscalité
32:42sur l'énergie
32:42tout de suite
32:43sans savoir exactement
32:44comment les choses
32:45vont aller.
32:45Sachant que juste
32:46je donne un petit point,
32:48un centime de taxe
32:49en moins,
32:50le TICPE,
32:51si on le fait
32:51sur une année,
32:52c'est 500 millions.
32:54Donc si vous faites
32:5410 centimes,
32:56vous êtes à 5 milliards.
32:58Donc moi je dis
32:59là il faut quand même
33:00être un peu vigilant,
33:01attendre un peu
33:01de voir ce qui se passe
33:02avant d'agir.
33:03Effectivement,
33:03il vaut mieux
33:04peut-être prendre
33:05les choses à la racine
33:06que commencer à agiter
33:08des mesures fiscales,
33:09des mesures de soutien.
33:10On ne sait pas trop
33:10où on va,
33:11c'est un peu rapide
33:12peut-être,
33:12même si ça inquiète
33:13les Français bien sûr.
33:14Alors sur ce point,
33:15si vous perdez une seconde,
33:16c'est juste pour continuer
33:17ce que dit Mathieu,
33:19il se trouve que
33:20pour des raisons structurelles
33:22et en partie,
33:24il y a quand même eu
33:25un bénéfice
33:25de ce qu'on a fait
33:26en 22-23,
33:27l'inflation en France
33:28est plus basse
33:29que dans le reste
33:29de l'Europe.
33:31Et donc,
33:32d'une certaine façon,
33:33on est potentiellement
33:35moins sensible
33:35à une petite hausse
33:36de l'inflation
33:37que l'Allemagne
33:38ou d'autres pays.
33:39Et ça,
33:40c'est important
33:41parce que
33:41les taux d'intérêt
33:43sont quand même
33:43déjà très élevés
33:45pour nous
33:45puisque l'inflation
33:46en France
33:46est deux fois moindre
33:47qu'en Allemagne.
33:48Donc,
33:50pour l'instant,
33:51on n'est pas
33:51en risque macro.
33:52Il y a plutôt
33:53un risque micro
33:54en France.
33:55Sur le dossier
33:55de la fiscalité,
33:56Sébastien Pornu
33:57a semblé ce matin
33:58écarté les pistes
33:59remises sur le devant
34:00de la scène
34:00depuis lundi
34:01et par le Rassemblement
34:03National et LFI.
34:04C'est-à-dire,
34:04le Rassemblement National
34:04ressort l'hypothèse
34:06de baisser la TVA
34:07sur les produits pétroliers
34:08de 20% aujourd'hui
34:09à 5,5%.
34:10Vous avez une estimation
34:11de Bercy
34:11qui date de 2024
34:12qui dit
34:12si on fait ça,
34:13en année pleine,
34:14c'est 10 milliards.
34:1510 milliards d'euros
34:16en moins pour les caisses
34:17de l'État.
34:17Sachant qu'en plus,
34:18il faut demander
34:19le feu vert de Bruxelles
34:20puisque le pétrole
34:21fait partie des produits
34:22sur lesquels
34:22on ne peut pas baisser
34:23sans avis de l'Europe.
34:26C'est un coût
34:27déjà très important.
34:28Quant au blocage des prix,
34:29effectivement,
34:30là aussi,
34:30c'est la France insoumise
34:32qui a fait cette proposition,
34:33qui a ressorti cette proposition.
34:35La dernière fois
34:35qu'on l'a fait,
34:36en fait,
34:36c'était le 8 août 1990.
34:38C'était quelques jours
34:39seulement après l'éclatement
34:40de la guerre du Golfe
34:41et depuis,
34:42on ne l'a pas refait
34:43parce que si vous bloquez
34:44les coûts...
34:44Ça a donné quoi
34:45comme impact ?
34:45Très marginal.
34:47Vous pouvez,
34:47dans l'absolu,
34:48le code du commerce
34:48vous permet de bloquer
34:50temporairement les prix,
34:50de plafonner les prix
34:51pendant quelques mois.
34:53Mais le problème,
34:53c'est qu'en parallèle,
34:54vous êtes l'État,
34:55vous devez indemniser
34:56les fournisseurs
34:57et les industriels.
34:57Donc malheureusement,
34:58aussi,
34:58ça aussi,
34:58c'est un coût.
34:59Vous avez une estimation,
35:00du coup ?
35:00Non,
35:00on n'a pas l'estimation.
35:01En fait,
35:02ça pourrait être fait...
35:03D'abord,
35:04c'est où est-ce qu'on fixe
35:05le prix.
35:06C'est quand même important.
35:07Et effectivement,
35:08après,
35:08c'est la compensation.
35:10Il n'y a pas de recette miracle.
35:11On est un portateur net
35:13de pétrole
35:13de façon massive
35:14et donc quand le prix du pétrole...
35:16Voilà.
35:17Et qu'effectivement,
35:18ce qu'on appelle l'élasticité,
35:19le fait que la demande
35:19réagisse au prix,
35:20en fait,
35:20elle est assez faible
35:21à court terme.
35:22Et donc,
35:22le premier impact,
35:25c'est que ça coûte plus cher
35:26aux consommateurs
35:27et aux entreprises
35:28qui utilisent de l'énergie.
35:30Et donc,
35:30ça se répercute
35:31comme ça sur l'inflation,
35:32sur les effets de poids d'achat.
35:34Là,
35:35pour le moment,
35:35on est sur un épisode
35:36quand même
35:36qui est d'assez court terme,
35:38même s'il est violent.
35:39Et c'est pour ça
35:40qu'aujourd'hui,
35:41on est incapable de dire
35:42si les 90,
35:4392 représentent
35:45quelque chose
35:45dans les prochains mois.
35:46Est-ce qu'il y a un seuil
35:47de déclenchement
35:48où là,
35:48on est vraiment dans la crise ?
35:49Est-ce que notre économie,
35:51elle tient
35:51si on a un baril,
35:53je ne sais pas,
35:53moi je dis à 75, 80 ?
35:55Et puis si on franchit,
35:56certains disent
35:56si on franchit les 100,
35:58là ça devient...
35:58Si on franchit les 100,
36:00durables,
36:00150.
36:01Oui,
36:01on a eu...
36:01Non mais voilà,
36:02mais ça c'est des pics.
36:03Voilà.
36:04Mais durablement.
36:05Non mais...
36:05On a une économie
36:06qui ne tient pas là.
36:07Non mais après...
36:10Allez-y, Mathieu.
36:11La sensibilité au pétrole
36:12d'une unité supplémentaire
36:14de PIB
36:15a été divisée par deux
36:17en une quinzaine d'années.
36:18Donc on est moins sensibles
36:20au pétrole qu'avant.
36:22Contrairement à 22-23,
36:23les centrales nucléaires marchent.
36:24Oui.
36:25La moitié du parc
36:26était à l'arrêt à l'époque.
36:27Et on arrive au printemps.
36:29Donc ce n'est pas
36:30la panique absolue.
36:31On n'est pas au mois de novembre.
36:32Mais pour vous donner
36:32un ordre de grandeur
36:33qui était un choc
36:34énergie important en 2022,
36:37mais qui était pétrole et gaz.
36:39Je rappelle,
36:39le gaz TTF
36:40était passé de 20 euros
36:42le mégawatt-heure
36:43à plus de 300.
36:44350.
36:45Alors c'est là où il y a
36:45le prix du spot gaz TTF
36:48à Rotterdam
36:49était passé de 20 à plus de 60.
36:51Plus les risques d'approvisionnement.
36:52Là, on n'est pas sur
36:53des risques d'approvisionnement.
36:53C'est plutôt des effets prix.
36:55Mais la facture énergétique
36:57en 2022,
36:57qui aujourd'hui est autour
36:58de 60 milliards,
37:00en 2022,
37:00elle était à 115 milliards.
37:02Donc en gros,
37:03vous avez quasiment
37:03trois points de PIB
37:04de choc supplémentaire
37:06qu'il faut absorber.
37:07Alors là,
37:07c'était un choc massif.
37:08On n'est pas dans ces ordres
37:09de grandeur
37:10pour le moment
37:10dans nos prévisions.
37:11On parle éventuellement
37:12de quelques dixièmes
37:13de points de PIB
37:14sur lesquels c'est pour jouer.
37:15Parce que personne aujourd'hui
37:16a un scénario
37:17effectivement
37:18style guerre en Ukraine
37:19et dérive énorme
37:21des prix des hydrocarbures
37:22avec des risques
37:22d'approvisionnements.
37:23Tout le monde pense
37:24qu'à un moment donné,
37:25les choses vont se normaliser.
37:26Alors la question,
37:27c'est à quelle vitesse ?
37:28Attention,
37:29puisqu'on parle beaucoup
37:30du pétrole,
37:30c'est vrai,
37:30mais attention sur le gaz
37:32qui va être le vrai sujet
37:33des prochains mois
37:33car effectivement,
37:34là, on sort de l'hiver.
37:35Les stocks français,
37:36je crois,
37:36ne sont plus ou plus
37:37qu'à 20% à peu près
37:39et on est déjà
37:40dans la période
37:41où il va falloir
37:42reconstituer les stocks
37:42avec peut-être
37:44moins d'apports
37:44du gaz de Moyen-Orient,
37:46notamment du Qatar.
37:47Sauf qu'autant
37:48on a su diversifier
37:49nos sources d'approvisionnement
37:49sur le pétrole,
37:50autant sur le gaz.
37:51Vous n'avez pas
37:51beaucoup d'autres sources
37:53d'approvisionnement.
37:53Il y a les Etats-Unis
37:55mais le GNL,
37:56là aussi,
37:57a un effet
37:57un peu d'embouteillage.
37:58Vous avez la Russie
37:59à laquelle on achète
38:00encore du gaz naturel
38:02liquéfié aujourd'hui.
38:03Vous avez vu au passage
38:03que Vladimir Poutine
38:04a fait des offres de services
38:05à toutes celles et ceux
38:07qui seraient prêts
38:08à acheter son gaz
38:08Mais vous avez vu au passage
38:10que quand même,
38:10l'Union européenne
38:11a clairement rejeté
38:13la main tendue
38:14entre guillemets
38:15de Vladimir Poutine.
38:16Jusqu'à quand ?
38:17Jusqu'à quand ?
38:18Oui, jusqu'à quand ?
38:20Donc, en résumé,
38:21l'impact sur la croissance.
38:22Vous avez fait des nouvelles
38:25prévisions à l'OFCE ?
38:26Ce qu'il faut avoir en tête...
38:26Parce que vous l'avez fait
38:27sur l'effet
38:28sur la crise politique.
38:29Oui, oui.
38:29Non mais là, justement,
38:30en fait,
38:30on travaille sur des scénarios
38:32ce qu'on appelle variantiels
38:33avec les différentes possibilités.
38:35Ce qu'il faut avoir
38:35à peu près
38:36dans les ordres de grandeur,
38:37c'est que 10 dollars de plus
38:40sur une année,
38:41sur une année,
38:41du baril,
38:43ça fait en gros
38:440,1 point de PIB
38:45en moins la première année,
38:460,2 la seconde année.
38:48Donc, si vous avez
38:4930 dollars de plus...
38:490,1, 0,2 ?
38:51Oui, 0,1, 0,2.
38:52C'est progressif, en fait.
38:53La diffusion se fait progressivement.
38:54Voilà.
38:55C'est à peu près
38:55les ordres de grandeur.
38:56Donc, si vous avez 30 dollars,
38:58vous multipliez le choc par 3
39:01et vous avez des effets d'inflation
39:02qui sont...
39:02Mais vous partez d'où ?
39:04Eh bien, voilà.
39:04C'est quoi votre...
39:05Notre scénario de référence ?
39:06Notre scénario de référence,
39:07jusqu'à présent,
39:08il était entre 60 et...
39:09Non, on était entre 60
39:10et 65 dollars
39:11sur le prix du baril.
39:13Et le scénario de croissance
39:14était autour de 1%
39:15pour 2026.
39:16Donc, vous regardez...
39:17Passait de 1% à 0,8.
39:18Voilà.
39:19En gros,
39:20et ça va dépendre de...
39:21D'abord, bien sûr,
39:22ce qu'on disait,
39:22l'intensité du choc
39:23et surtout sa durabilité.
39:24Oui.
39:25Et donc, c'est quel est
39:25le prix moyen
39:26du baril de pétrole
39:27sur l'année 2026
39:29par rapport à un scénario référentiel
39:30qui était plutôt
39:31autour de 60 dollars,
39:3260-65 dollars.
39:33Si on est à 90,
39:34effectivement,
39:35vous avez quasiment
39:3530 dollars de plus
39:36sur l'année.
39:37Et là, donc,
39:37c'est un choc
39:38qui est quand même
39:38très significatif.
39:39D'accord.
39:40Christian Saint-Etienne,
39:41vous ?
39:42Le risque principal,
39:44c'est que l'Europe
39:46est à 1% de croissance
39:47depuis 20 ans.
39:49On a tout essayé.
39:50On avait un petit espoir
39:52que ça s'accélère
39:53en 26-27.
39:55Donc, ça pourrait
39:56à nouveau nous ramener
39:57à la stagnation relative
40:00qui frappe l'Europe
40:02depuis trop longtemps.
40:02Le mot-clé.
40:05Stagflation ?
40:06Stagnation ?
40:07Non, stagnation
40:08ou stagflation ?
40:09Oui, pour l'instant,
40:10j'ai parlé de stagnation.
40:11Oui, vous l'avez bien noté.
40:12Je n'ai pas d'inquiétude
40:14sur la stagflation
40:15pour l'instant.
40:16D'accord.
40:16Notamment à cause
40:18de cet avantage structurel
40:21presque, malgré nous,
40:22de la faible inflation
40:23en France.
40:25Également parce que
40:27la Chine,
40:28elle est touchée,
40:30bien sûr,
40:30plus que l'Europe
40:31pour l'instant.
40:32Oui.
40:32La Chine importe
40:3310 millions de barils
40:34par jour,
40:35dont au moins
40:3740% vient du Moyen-Orient.
40:39Le Japon,
40:40c'est 70%
40:41qui vient du Moyen-Orient.
40:42Donc l'Asie
40:43va être touchée.
40:44Néanmoins,
40:45la Chine
40:46a fait une concurrence
40:47sur les prix
40:48tels
40:48qu'il n'y a pas
40:49de marge
40:50pour les Européens
40:51pour augmenter
40:52les prix
40:52de manière massive.
40:54Donc l'équilibre
40:56offre demande
40:57au plan mondial.
40:59Alors,
40:59ce qu'a dit Mathieu
41:00tout à l'heure
41:01est très important.
41:02C'est la différence
41:03entre un choc quantité
41:04et un choc-prix.
41:06Tant qu'il y a
41:06de la quantité,
41:07les Chinois,
41:08ils ont un excédent extérieur
41:09de 1 000 milliards de dollars,
41:10ils peuvent payer.
41:11Donc tant qu'ils ont
41:12du pétrole,
41:14ils peuvent produire
41:14et mettre
41:16de la pression
41:17sur les prix
41:18en Europe.
41:19S'il y avait
41:19un problème
41:20de quantité,
41:21à ce moment-là,
41:22ça freinerait
41:22la production en Asie.
41:23Mais pour l'instant,
41:24on n'est pas du tout
41:25dans ces scénarios.
41:26D'accord.
41:27Oui, Mathieu Plarnet.
41:28Oui, non, c'est...
41:29Vous voulez qu'ajouter
41:29à le fait,
41:30puis sur vos différents scénarios,
41:31c'est quoi
41:32les autres scénarios ?
41:33Alors, il y a quand même
41:35cette histoire
41:35de stagflation
41:36qui tourne.
41:38Oui.
41:38Je rappelle qu'en fait,
41:40ça avait été déjà
41:41ce que craignaient
41:43notamment les pays européens
41:44en 2022-2023,
41:46suite au choc énergétique
41:49et la crise inflationniste
41:51qu'on a connue.
41:52Il se trouve qu'en fait,
41:53ça a été un épisode
41:55inflationniste.
41:55On n'a pas été...
41:56Pour qu'il y ait
41:57une stagflation,
41:57il faut qu'il y ait
41:58une spirale inflationniste.
41:59Et pour plein de raisons,
42:00on ne va pas la voir
42:01parce qu'effectivement,
42:02les salaires ne sont plus
42:03indexés comme avant.
42:05On a une ouverture
42:06au commerce
42:06qui est très différente.
42:07Et puis,
42:08il y a la question
42:08des banques centrales.
42:08Donc, je pense qu'il y a aussi
42:09ce qu'il faudra suivre,
42:10c'est comment,
42:11si jamais le choc est durable,
42:12c'est effectivement
42:13combien ça nous coûte
42:14en termes de dixième
42:15de point de PIB,
42:15donc en milliards.
42:16Ce qui veut dire aussi
42:17des déficits publics en plus,
42:18quand même.
42:19Ce qui n'est pas inégligeable.
42:20Et puis,
42:21si la trajectoire d'inflation est...
42:22Parce que nous,
42:23effectivement,
42:23comme on l'a rappelé Christian,
42:24on a l'inflation
42:25quasiment la plus faible,
42:26voire la plus faible
42:26de la zone euro.
42:27Mais ce n'est pas le cas
42:28au niveau de la moyenne
42:28de la zone euro
42:29qui doit être autour de 2.
42:30Ça veut dire que
42:31si on a vraiment
42:3110, 20, 30 dollars de plus
42:33de façon permanente sur le...
42:34On va avoir une inflation
42:36qui sera significativement
42:38au-dessus de 2%.
42:39Et donc,
42:39c'est est-ce que la BCE
42:40réagit ou pas ?
42:41Parce qu'elle avait réagi
42:42l'année dernière fois.
42:43Et là,
42:43ça change quand même aussi
42:44la donne.
42:45Je trouve que ça serait
42:45assez mal venu
42:46aujourd'hui d'augmenter
42:47les taux dans ces circonstances.
42:49Mais on ne sait jamais...
42:50La BCE prendrait un risque politique.
42:53A priori,
42:54ça n'a pas l'air du tout
42:55d'être dans les tuyaux.
42:56Parce qu'ils ont toujours été
42:57plutôt...
42:58Ils ont plutôt assez bien gérés,
42:59non ?
42:59Vous avez l'air de vous douter.
43:00Non, mais c'est-à-dire
43:01qu'ils ont un mandat.
43:02Et que si,
43:03comme je disais,
43:04voilà,
43:04je vais donner des chiffres,
43:05mais 10 dollars aussi,
43:07de plus durablement,
43:08c'est 0,3 point
43:09d'inflation en plus.
43:10Donc imaginez 30 dollars,
43:11vous avez un point d'inflation
43:12de plus la première année.
43:14Donc ça veut dire
43:14que vous êtes quand même,
43:15potentiellement,
43:16être assez éloigné
43:17des 2%.
43:18Sachant qu'en plus,
43:19même si vous n'avez pas
43:20inspiré à l'inflationniste,
43:20il y aura des négociations
43:21salariales qui veulent compenser
43:22quand même cet épisode inflationnique.
43:25Et là,
43:25dans ce cas-là,
43:26la Banque centrale,
43:27elle ne peut pas rester
43:28totalement les bras croisés.
43:29Ça peut être assez compliqué
43:30pour elle.
43:31C'est-à-dire que pour elle,
43:32elle considère que pour le moment,
43:33il n'y a pas un choc durable.
43:34Enfin, en tout cas,
43:35il n'y a pas de raison
43:35de s'affoler
43:36et d'augmenter les taux.
43:38La question,
43:38c'est une fois de plus,
43:39c'est vraiment
43:40est-ce que ça dure
43:41ou ça ne dure pas ?
43:42La quiétude,
43:43elle est du côté
43:43de la Banque centrale européenne
43:44mais surtout du côté
43:45de la Fed,
43:45il faut voir les chiffres
43:46d'anticipation désormais
43:47des acteurs de marché
43:48qui, il y a encore
43:48une dizaine de jours,
43:49vous voyez,
43:49la Fed encore baissait ses taux
43:51et qui, là,
43:51commence de plus en plus
43:52son nombre à parier
43:53sur une voire deux
43:55hausses de taux,
43:55pas tout de suite
43:56mais d'ici la fin de l'année
43:57pour indiquer un possible
43:58retour de l'inflation.
43:59Ils sont à combien
43:59les taux, là,
44:00les américains ?
44:01Au, de mémoire.
44:023,5.
44:033,5.
44:033,5 aujourd'hui.
44:05Parce qu'il y a une tension
44:05quand même.
44:06Est-ce qu'il y a un risque
44:07d'un choc obligataire ?
44:08Bon, c'est toujours
44:10le danger avec Donald Trump.
44:11Il y a un risque, oui.
44:12Il y a deux risques.
44:12Il y a le risque obligataire.
44:14Donc, Guillaume rappelait
44:15une petite hausse
44:16sur les taux d'intérêt
44:17déjà aux Etats-Unis.
44:18Il faut rappeler
44:19que les Etats-Unis,
44:20nous, on a une dette
44:21de 3 500 milliards.
44:22Les Etats-Unis,
44:23c'est 30 000 milliards.
44:26Donc, si les taux
44:27montent de manière significative,
44:29ça augmente le déficit.
44:31De mémoire,
44:32le déficit est à 6
44:33aux Etats-Unis ?
44:34Plus, même,
44:35le déficit public global,
44:36il n'y a plus de 7.
44:37C'est fédéral.
44:38Donc, il y a un moment,
44:39on va se poser la question
44:40de la stabilité macroéconomique
44:42des Etats-Unis.
44:43D'autant plus que,
44:45on ne va pas refaire le scénario,
44:46mais les Etats-Unis
44:47étaient les garants
44:48de l'ordre mondial.
44:49Donc, le dollar
44:50a été acheté par tout le monde.
44:51Trump est en train
44:52de casser ça.
44:53Et donc, le dollar
44:56semble moins souhaitable.
44:58Alors, néanmoins,
45:02essayons d'imaginer,
45:03en étant en Iran.
45:06Ils sont sous les bombes,
45:08mais ils sont obligés
45:08de penser à plusieurs années.
45:10Alors, ils ont plusieurs problèmes.
45:12Il y a 200 000 gardiens
45:14de la révolution,
45:15il y a une armée
45:15de 300 000,
45:16dans laquelle il y a
45:17pas mal de chefs
45:18qui viennent des gardiens
45:19de la révolution.
45:21Ils ont observé
45:22tous les épisodes
45:23de chute du régime politique,
45:26Irak et autres,
45:27dans les dernières années.
45:28les types se disent
45:30si on perd le contrôle,
45:31on va être massacrés
45:33et ça va être
45:34extrêmement désagréable.
45:36Donc, la question centrale,
45:38c'est,
45:39et je pense qu'en face,
45:41le Pentagone le sait,
45:42donc la question,
45:43c'est comment le Pentagone
45:45arrive à changer
45:47l'équilibre
45:48des anticipations
45:49du régime iranien
45:50pour le conduire
45:53à un moment donné
45:54à dire,
45:55vouloir développer
45:56de façon colossale
45:58la production de missiles
45:59et trouver la bombe,
46:01ça risque de nous faire
46:03disparaître
46:04plutôt que si on renonce.
46:06Voilà,
46:06donc il y a des éléments
46:07psychologiques
46:08qui sont considérables.
46:09Juste rapidement,
46:11parce qu'il ne nous reste
46:12plus qu'une minute.
46:14Alors,
46:14dernier point,
46:15il va être pour vous.
46:16Non,
46:17je recevais tout à l'heure
46:18Philippe Dornano
46:18qui est le co-président
46:20du Métis,
46:21donc lui,
46:21il disait,
46:21les entreprises
46:22intermédiaires,
46:23ils éclinent,
46:23il n'y a plus un projet
46:24sur trois d'investissement
46:26qui est arrêté,
46:27il n'y a plus de recrutement,
46:28on est dans une situation
46:29quand même très difficile.
46:31Ça,
46:31ça peut jouer en fait
46:33le moral sur les anticipations,
46:35vous en parliez à l'instant,
46:36Christian et Guillaume,
46:37les anticipations,
46:38elles peuvent être...
46:38Ça peut être un peu
46:39la cerise sur le gâteau,
46:40mais dans le mauvais sens.
46:42Oui,
46:42non,
46:42alors,
46:43il faut rappeler,
46:43c'est qu'on a été
46:44plutôt surpris
46:45par la résilience
46:46de l'économie française
46:47jusqu'à présent,
46:48qui ne fait pas
46:50des performances extraordinaires,
46:51mais qui est loin
46:52d'être catastrophique.
46:53Par contre,
46:54on est embourbé
46:55dans une question budgétaire
46:56qui va être très délicate
46:57et qui continue à l'être,
46:58et je pense,
46:59ça va revenir très vite
47:00avec le projet
47:01de loi de finances de 2027,
47:02parce que nous,
47:02on a sorti une note
47:03qui montrait
47:03qu'il fallait faire
47:04pratiquement 40 milliards
47:05d'ajustements budgétaires
47:06pour 2027
47:07pour obtenir nos engagements
47:08européens.
47:09Si vous rajoutez
47:09le choc négatif du pétrole,
47:12ça devient quand même
47:13très compliqué
47:14dans une situation politique
47:17incertaine.
47:17Il n'y aura pas de budget
47:18en 2027.
47:19Même si on n'a pas de budget,
47:20ça se frappe pour les matières.
47:21Oui,
47:22mais on ne peut pas mettre
47:22la poussière sous le tapis
47:23comme ça.
47:24On travaille déjà
47:25sur le budget 2027.
47:26Voilà,
47:26on recommence.
47:27Et c'est vrai
47:28que les entreprises
47:30ont commencé à s'habituer
47:31à vivre dans un environnement
47:32assez incertain,
47:33mais c'est vrai
47:34qu'on rajoute
47:34des couches
47:35et des couches,
47:36sachant que,
47:36et ce qu'on a dit,
47:37c'est que le gouvernement
47:38n'a plus vraiment
47:39de moyens d'agir.
47:40Et donc,
47:41elles sont laissées
47:41un peu pour compte
47:42et c'est vrai que,
47:43même s'il n'y a pas encore
47:44un grand choc Macron,
47:45on a des chocs sectoriels
47:46qui peuvent être
47:46très problématiques.
47:47Oui,
47:48je crois que c'est la phrase clé,
47:49c'est que le gouvernement
47:50n'a plus de moyens d'agir.
47:51C'est ce qu'a dit ce matin
47:53le gouverneur de la Banque de France
47:54en disant,
47:55voilà,
47:55on n'a plus de moyens,
47:56aujourd'hui,
47:56on voit où est-ce que ça nous conduit.
47:58Merci,
47:58messieurs,
47:59de clôturer sur cette note optimiste.
48:02Merci,
48:02Mathieu Plannes.
48:03Merci,
48:03Christian Saint-Déthienne.
48:04Pour l'instant,
48:05ce qu'on dit tous les deux
48:06et avec Guillaume,
48:07c'est qu'il n'y a pas d'effondrement.
48:09Non,
48:09ça tient.
48:10Pas de panique.
48:10Pas de panique.
48:11Merci beaucoup.
48:12Voilà,
48:13c'est la fin de ce 18-19.
48:14On se retrouve demain
48:15et Stéphanie Collot
48:16pour son grand journal de l'écho
48:1819h,
48:1819h30.
48:19Bonne soirée.
48:22Le 18-19
48:23d'Edwish Chevrillon
48:24sur BFM Business.
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