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  • il y a 6 mois
Ce mercredi 11 mars, François Cabau, économiste senior, chez Groupe AXA, a abordé les pressions sur Bruxelles face à la hausse des prix de l'énergie, et l'allégement des quotas d'émissions de CO2 de l'Italie, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00On va en parler tout de suite, il est avec nous, François Cabot, économiste senior pour Group AXA.
00:03Bonjour François.
00:05Les cours du pétrole restent tendus, même si l'Agence Internationale de l'Énergie, donc c'est officielle,
00:10libère une partie de ses stocks stratégiques.
00:12400 millions de barils libérés, c'est un record, jamais.
00:15Autant de barils de pétrole n'avaient été libérés dans l'histoire,
00:18même il y a 4 ans maintenant, la guerre en Ukraine, 2022,
00:22c'est deux fois plus que ce qui avait été libéré à l'époque.
00:24C'est énorme, et pourtant les cours du pétrole ne réagissent pas.
00:27Comment vous regardez cette situation, l'absence de réaction des marchés pétroliers aujourd'hui ?
00:32Oui, effectivement, c'est plus de deux fois plus ce qui avait été envisagé en 2022.
00:37On avait déjà eu une annonce d'un accord de principe ce matin,
00:42d'un déploiement de ces réserves stratégiques,
00:45et dès lors ce matin, on avait vu effectivement le Brent qui remontait.
00:48Donc là-dessus, effectivement, on n'a pas plus de nouvelles finalement
00:51que cet accord ancré dans le marbre annoncé cet après-midi,
00:55notamment lié au fait, je pense qu'on n'a pas vraiment de détails
00:59sur la vitesse à laquelle ces réserves vont être effectivement distribuées.
01:02Là, on a un problème de flux, manifestement, avec le détroit d'Hormuz qui est bloqué.
01:06Donc je pense que le marché a du mal à se rendre compte à quel point
01:08est-ce que ces réserves stratégiques qui vont arriver sur le marché
01:10vont effectivement être capables d'approvisionner les différentes économies
01:15et d'empêcher quelque part justement ce manque d'approvisionnement
01:18qui fait rager les prix aujourd'hui.
01:21Alors justement, les prix qui réagissent,
01:22une hausse des cours du gaz et du pétrole qui se confirme encore aujourd'hui.
01:25La Commission européenne réfléchit-elle à des solutions
01:29pour éviter justement que ces prix de l'énergie ici en Europe
01:31continuent de progresser, avec aussi la facture électrique
01:33qui risque d'être emportée, entraînée à la hausse par les cours du gaz ?
01:37Alors effectivement, Ursula von der Leyen mentionnait ce matin d'ailleurs
01:41des réflexions autour du KP, les prix du gaz,
01:45parce qu'il faut bien se le rappeler, et vous avez raison de le mentionner,
01:48pour l'Europe, le sujet est presque plus gaz-électricité que Brent.
01:53Finalement, quand vous regardez le poids dans l'indice d'inflation de la zone euro,
01:57ces indicateurs de la composante gaz et électricité,
02:02il est en fait supérieur à la composante pétrole.
02:06Donc là-dessus, il y a quand même un gros sujet,
02:08et effectivement, c'est des éléments qui sont importants et clés pour la suite
02:12et la transmission de ce choc-là, d'autant plus que l'augmentation des prix
02:15est effectivement sur celle du gaz.
02:17Vous avez plus, quasi en 60% aujourd'hui, des prix du gaz
02:20par rapport aux anticipations de la BCE en décembre dernier,
02:24alors que sur le Brent, on est simplement à 30%.
02:26Donc on va voir ce que ces mesures, et si elles d'aventure devaient être décidées,
02:29vont prendre comme forme, mais je pense qu'il y a effectivement un vrai sujet
02:31au-delà du pétrole pour l'Europe.
02:34– Alors tout ça, évidemment, à suivre de très près,
02:37et on voit les réactions des différents pays,
02:39les intérêts disparates aussi des différents pays européens.
02:41Là, on apprend que l'Italie compte demander à l'Europe,
02:44François, compte demander à l'Europe l'allègement des quotas d'émissions de CO2,
02:47justement pour sauver l'industrie, en tout cas aider l'industrie,
02:49face à la hausse des coûts et peut-être de la facture électrique.
02:52Donc, essayer de s'en sortir en étant un peu moins vertuant
02:55en matière d'émissions de CO2, en allégeant les quotas d'émissions de CO2.
02:58Comment vous regardez ça ?
03:00– Alors effectivement, vision pragmatique de l'affaire de la part de Giorgio Meloni,
03:04même s'il faut quand même rappeler qu'il y a un besoin,
03:06enfin il y a une nécessité d'avoir un accord au niveau européen,
03:08un accord des partenaires, ça ne peut pas se faire de manière totalement unilatérale,
03:11cette histoire-là.
03:12Et il faut se rappeler, l'Italie, comme d'autres pays, et la France y comprise,
03:16on est dans une situation de finances publiques excessivement contrainte.
03:19Donc, il y a très très peu de marge de manœuvre.
03:20Donc là-dessus, effectivement, il y a un sujet de trouver,
03:23de les diminuer, améliorer la compatibilité, diminuer les coûts, enfin les prix,
03:27et tout sans forcément vraiment toucher aux finances publiques.
03:30Donc là-dessus, il y a quand même eu des mauvaises nouvelles du côté de l'Italie
03:33ces dernières semaines, avec un déficit en 2025 qui a priori tournerait autour de 3,1%
03:37et pas en dessous des 3%.
03:39Et donc là, effectivement, Giorgio Meloni qui est peut-être un peu plus contrainte
03:43qu'est-ce qu'elle ne l'aurait été il y a encore quelques mois.
03:45Et puis, il faut se le rappeler, depuis le début du conflit,
03:48voire même un petit peu avant, un comportement d'esprit d'Italien
03:51qui partait à la hausse, notamment vis-à-vis de l'Allemagne,
03:53la France qui est passée en dessous.
03:55Donc, on se rend bien compte qu'il y a des histoires de finances publiques
03:57qui sont totalement clés et sur lesquelles, effectivement,
03:59le gouvernement italien, comme d'autres, sont totalement contraints.
04:02François Cabot avec nous pour Groupe AXA.
04:04Merci beaucoup, François.
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