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  • il y a 1 jour
Ce lundi 6 juillet, Valentine Ainouz, responsable de la stratégie taux chez Amundi Institute, et Xavier Chapon, directeur de la gestion cotée et de la dette privée chez Arkéa Asset Management, se sont penchés sur la performance des marchés européens, le secteur de la défense, les taux de la BCE, les prix du pétrole et l'introduction en Bourse de SpaceX dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:04Les experts du club ce soir, Valentin Hénouz, donc en fil rouge à Mundi Institute.
00:07Bonsoir, Valentin.
00:08Bonsoir.
00:08Xavier Chapon, il nous rejoint, directeur de la gestion cotée de la dette privée d'Arkea AM.
00:12Bonsoir, Xavier.
00:13Bonsoir.
00:14On est ravis de vous accueillir l'un et l'autre.
00:16Comment vous les sentez, ces marchés-là, Xavier ?
00:19L'Europe, mine de rien, le CAC 40 n'est pas très très loin de ses records.
00:21On est à un peu moins de 2% actuellement du plus haut historique pour le CAC 40.
00:25Le stock 600 a battu il y a encore quelques heures un nouveau record.
00:28À Wall Street, c'est le Dow Jones.
00:29Enfin bref, c'est tout sauf le Nasdaq et le S&P qui bat des records.
00:33La rotation, vous sentez que pour le deuxième semestre, elle est partie pour durer ?
00:37Alors la rotation, oui.
00:38La rotation à la fois sectorielle et géographique.
00:41Je pense qu'aujourd'hui, sur l'Europe, on a des éléments, des facteurs favorables
00:45à une reprise des marchés de façon assez significative.
00:48C'est vrai qu'on est très très proche des points hauts de février.
00:52Et cela devrait normalement continuer.
00:54Et comme vous le citiez, vous avez des sociétés technologiques
00:58de défense qui sont aujourd'hui la proie, bonne proie de belles sociétés comme Thalès.
01:06Et vous avez des IPO qui sont à venir également pour KNDS.
01:10Donc on voit bien qu'il y a des sociétés qui sont prêtes à apparaître sur le marché.
01:16Nous avons une vraie rotation sectorielle.
01:18Nous avons des BOC qui se comportent très très bien, qui sont en très bonne santé.
01:24Et un secteur de la défense qui reprend de bonnes couleurs par rapport à ce qu'on a pu connaître
01:30en ce début d'année.
01:31D'accord. Mais alors juste, vous changez vos paris pour ce deuxième semestre ?
01:34Comment est-ce que vous voyez les opportunités sur les marchés ?
01:37Alors en termes géographiques d'abord peut-être, et puis ensuite on parlera secteur, on parlera aussi du marché obligataire
01:43bien sûr.
01:44Alors en ce qui concerne la géographie, oui, une préférence à l'Europe.
01:49Ça c'est une première chose.
01:51Aussi une préférence à l'Asie, et toujours au Japon, à la Corée du Sud.
01:56Nous avons des marchés qui sont extrêmement favorables en Asie,
02:01qui ont très très bien marché en 2025, mais qui devraient continuer de très bien fonctionner sur 2026.
02:06Et on est vraiment positionnés sur l'Asie, à la fois sur la partie obligataire et sur la partie action.
02:13Ça nous paraît vraiment, je dirais, le point à prendre cette année.
02:18Sur les États-Unis, on voit bien que les investissements dans le domaine de l'IA et les Mag7
02:27commencent à vraiment peser sur les valorisations des entreprises.
02:30Et on a une problématique de l'emploi, une inflation qui reste toujours présente.
02:37Et on voit bien que même si le PMI manufacturier reste dans un territoire positif, au-dessus de 53,
02:42on est néanmoins dans une zone de flou artistique, à la fois liée au mid-terme,
02:49mais aussi à la situation américaine intérieure.
02:52D'accord, donc plutôt l'Europe.
02:53Même si, alors je comprends le PMI manufacturier, mais on a l'ISM des services aujourd'hui,
02:57qui fléchit un peu, mais on reste au-dessus de 54 quand même pour cette ISM.
03:01Il y a les mid-termes, c'est vrai qu'ils peuvent mettre un peu d'incertitude.
03:04Bon, plutôt l'Europe.
03:05Valentine, comment vous regardez-vous le rapport de force entre Europe et États-Unis pour ce deuxième semestre ?
03:09Et donc à travers cette question, en filigrane, la question de la rotation,
03:13la rotation géographique, la rotation sectorielle, on parlera obligataire dans un instant,
03:16mais est-ce que vous sentez que les moteurs vont changer d'aile ?
03:19On va passer de l'aile gauche, en tout cas des États-Unis, vers plutôt l'Europe,
03:22ou en tout cas des économies plus traditionnelles ?
03:24On est revenu, on partage la même avis, on est revenu sur les idées,
03:27les recommandations qu'on avait en ce début d'année,
03:30où notre métage, c'était, regardez, les niveaux de valorisation sur certains segments aux États-Unis,
03:36de la tech sont extrêmement élevés, niveau de concentration élevé.
03:40Donc nous, on va privilégier, on reste positif sur les actifs risqués,
03:43mais on va privilégier tout ce qui est hors ce segment,
03:46les niveaux de valorisation sont beaucoup trop tendus.
03:49On va favoriser les émergents, on va favoriser l'Europe.
03:53Ce qui est important de comprendre, c'est que cet environnement, aujourd'hui,
03:56est toujours positif pour les actifs risqués.
03:59Il y avait ce conflit au Moyen-Orient qui a quand même dominé les marchés sur ce premier semestre.
04:04Aujourd'hui, on a un prix du baril du Bren qui est revenu à 72 dollars.
04:08Donc notre scénario, c'est quand même ce conflit est quand même aujourd'hui derrière nous.
04:13Devraient se dessiner, aux États-Unis et en Europe, des pressions des inflationnistes.
04:17Et nous, on pense qu'il y aura peut-être une hausse de taux de la BCE,
04:20mais néanmoins, on va revenir après sur des baisses de taux.
04:24Donc il y a quand même un environnement, aujourd'hui, qui est favorable au risque,
04:30avec une croissance qui tient, un risque quand même qui est moindre sur l'inflation.
04:36Ce choc sur les prix de l'énergie, il est quand même derrière nous.
04:38Il faut quand même garder à l'esprit qu'en mars, on va avoir des effets de base très négatifs
04:41sur l'énergie.
04:42Donc c'est un environnement qui est favorable au risque.
04:45Mais quand même, attention au segment du marché où les niveaux de valorisation sont quand même très tendus
04:50et où on voit quand même toutes ces grandes entreprises de la tech sont en train de changer de modèle
04:54économique,
04:56même si les attentes sont extrêmement élevées en termes de profit pour les prochaines années.
05:01Et les modèles économiques ne sont plus les mêmes.
05:03Avant, on était sur des entreprises qui généraient du cash, qui avaient peu d'actifs,
05:07pas de besoin de financement.
05:08Aujourd'hui, c'est des entreprises qui utilisent leur cash flow pour investir,
05:12des investissements massifs, qui commencent à accumuler des actifs
05:16et qui ont des besoins de financement qui sont monstrueux sur le marché actions
05:20et sur les marchés obligataires.
05:22Donc on n'est absolument plus dans la même configuration.
05:27Oui, et est-ce que la tech est en train de devenir peut-être aussi plus cyclique qu'avant,
05:31plus dépendante des taux monétaires parce qu'elle a besoin de lever de l'argent ?
05:33Alors elle le fait aussi en levant des actions.
05:35On attend l'introduction en bourse d'entropique, mais aussi en levant de plus en plus de dettes.
05:39Vous vous attendez à une poursuite des annonces de levées obligataires de la part des acteurs de la tech ?
05:43Oui, ils vont devenir maintenant des acteurs structurels sur le marché obligataire.
05:47Alors sur le marché US, mais aussi ils émettent aussi en euros.
05:51Donc on voit encore beaucoup d'émissions euros de ces acteurs américains.
05:57Et pour l'instant, le marché les absorbe relativement bien.
06:02Il n'y a pas de sujet.
06:04Pour moi, c'est quand même plutôt un sujet de valorisation sur le marché actions.
06:07On voit que ces entreprises, elles n'ont plus du tout le même profil de risque qu'avant.
06:10Et je ne suis pas sûre que ce soit complètement pris en compte par le marché actions aujourd'hui.
06:14Oui, vous pensez qu'il y a une menace même en termes de valorisation,
06:18de décrochage de certaines valeurs tech justement qui entraînent l'ensemble du marché ?
06:21Ou au contraire, on verrait tout ce qui n'est pas tech ?
06:23Alors il y a de plus en plus de tech dans tout maintenant.
06:25Non, mais ce qui n'est pas pure tech, au contraire, tenir même si la tech baissait.
06:29Est-ce que vous voyez ça se profiler en l'occurrence, Xavier ?
06:31Je pense qu'il faut faire une dissociation, ça c'est sûr.
06:35Mais c'est vrai que les entreprises de la tech aujourd'hui ont fait d'énormes investissements.
06:39Ça commence à peser dans leurs résultats.
06:41Ça pèse évidemment dans leurs besoins de cash flow.
06:44Et aujourd'hui, en termes de valorisation, oui, elles sont extrêmement élevées.
06:49Je pense qu'elles sont en train de rentrer en fait dans, je dirais, un système plus classique des bourses.
06:56Et donc oui, les valorisations devraient rebaisser.
07:00Moi, je ne suis pas du tout favorable au fait d'aller remettre de l'argent sur ces valeurs.
07:06Il y a énormément de dettes émises.
07:10Il y a énormément d'argent positionné pour avoir acheté un certain nombre de sociétés.
07:17Beaucoup de cash engagé.
07:20Aujourd'hui, il va falloir trouver les dividendes de ces investissements et on n'y est pas du tout.
07:24Et on le voit bien avec SpaceX, avec son introduction en bourse.
07:28Oui, ça s'est très très bien passé, mais ça a perdu quand même 30% depuis les plus hauts.
07:33On parlera dans un instant de l'intégration de main de SpaceX dans le Nasdaq.
07:37Mais plus globalement, quand on regarde les publications, parce qu'on va rentrer dans la saison de publication, que ce
07:41soit en Europe ou aux États-Unis,
07:42les grandes banques américaines commencent à publier la semaine prochaine.
07:45Les anticipations sont très positives encore, même sans la tech.
07:49Alors c'est vrai, grâce à la tech aussi, en moyenne, on attend aux États-Unis une hausse des bénéfices
07:53de 25% pour les entreprises du S&P 500.
07:56Et ici, en Europe aussi, on attend une accélération des hausses bénéficiaires par rapport au premier trimestre.
08:00Comment vous regardez ces anticipations ? Est-ce qu'on est trop optimiste ?
08:03Est-ce qu'au contraire, il va falloir les réviser à la hausse, parce que les taux finiront peut-être
08:06par baisser aussi au fur et à mesure de la suite de l'année,
08:09avec cette moindre inflation attendue ?
08:11Alors tout dépendra, c'est vrai, aussi des impacts de l'inflation qu'on a connus sur le premier semestre.
08:17Aujourd'hui, c'est vrai, le pétrole est redescendu à 72, c'est très bien.
08:22On revient sur les niveaux d'origine, mais on a quand même un effet retardateur de toute cette hausse de
08:28l'inflation qu'on a pu avoir pendant plusieurs mois.
08:30Donc ça va se retrouver quand même dans les entreprises.
08:32Donc il y a quand même ce point-là qui est à prendre en compte et qui a pesé sur
08:36beaucoup de petites et moyennes entreprises.
08:38Oui, les grosses sociétés n'ont pas eu véritablement de problème.
08:41Elles avaient du stock, elles ont pu aussi négocier à leur avantage un certain nombre de choses.
08:48Mais les petites et moyennes entreprises, elles n'ont pas été dans cette configuration-là.
08:52Donc c'est quand même là qu'il va falloir faire quand même attention et bien s'assurer que cette
08:57baisse de l'énergie va véritablement leur rapporter dans les prochains mois.
09:04Et on peut le voir, il y a beaucoup d'introductions en bourse de petites et moyennes entreprises qui ont
09:10vraiment besoin de cash, qui ont besoin de se positionner.
09:13On a le CIP français, c'est un exemple comme un autre, mais c'est vrai que c'est important
09:17de le voir.
09:18Ça veut dire que quoi qu'il en soit, ils ont besoin d'arriver sur le marché pour capter du
09:23cash, pour continuer d'investir.
09:24Ils ont revu complètement leur modèle et avec un modèle beaucoup moins utilisateur de coûts.
09:32Mais cela signifie aussi qu'ils ont besoin de se revisiter.
09:36Et se revisiter, c'est le cas du style français, c'est le cas de beaucoup d'entreprises françaises et
09:40européennes aujourd'hui.
09:42Et il faudra faire attention à ces valorisations-là, pas pour les grands marchés, pas pour le CAC 40, mais
09:49très clairement pour les petites et moyennes entreprises,
09:52où là, il y a un véritable effet retardateur sur les coûts.
09:56Vous partagez ça, Valentine, en l'occurrence, cette distinction entre grande et petite ?
09:59Je la trouve extrêmement importante et pour moi, la question bulle, pas bulle, la réponse, elle n'est franchement pas
10:05évidente.
10:06On débat beaucoup de ce sujet.
10:07Pour moi, ce qui est évident, c'est qu'il y a des déséquilibres importants et que ce n'est
10:11pas juste un sujet action maintenant.
10:15Cette bulle action, elle est devenue un sujet macro, un sujet pour les investis sur taux.
10:21On le regarde tous.
10:23Et pour moi, ce qui est important, c'est est-ce que la Fed, pour ça que je trouve cette
10:26dynamique sur l'inflation, elle est clé,
10:28est-ce que la Fed va être capable de baisser ses taux ?
10:31Parce que les conditions de financement ne sont pas les mêmes pour l'ensemble de l'économie américaine
10:35ou plus largement l'ensemble de l'économie mondiale.
10:38Il y a quand même des conditions de financement ultra accommodantes pour les grandes entreprises,
10:41beaucoup moins pour les petites entreprises.
10:43Et si on veut que cette histoire de l'IA, qu'il y ait des gains de productivité à l
10:50'échelle de l'économie américaine,
10:51il faut qu'on ait un élargissement de ce cycle de CAPEX.
10:54Aujourd'hui, si on regarde les CAPEX, c'est vraiment l'histoire des hyperscalers,
10:59des utilities qui ont besoin de l'électricité.
11:01C'est vraiment l'histoire de certaines grandes entreprises.
11:04Après, on voit aussi aux États-Unis, c'est l'histoire de certaines industries
11:07qui relocalisent une partie de leur production à cause de la hausse des droits de douane.
11:11Mais ça, c'est quand même moins important.
11:14Mais si on veut vraiment voir une histoire positive sur l'IA, des gains de productivité,
11:19il faut que l'ensemble de l'économie américaine investisse.
11:22Et pour ça, il faut que les conditions de financement soient accommodantes
11:24pour toute l'économie américaine.
11:26Ce qui n'est pas franchement, je trouve, le cas vraiment aujourd'hui.
11:30Pour l'Europe, qu'est-ce qu'on attend des publications ?
11:32On se dit que ça va justement apporter.
11:34Parce que je sens plus d'inquiétude quand même sur les États-Unis.
11:38Vous craignez peut-être un peu plus des ruptures,
11:39même si l'IA apporte du potentiel, qu'en Europe, où c'est un peu mou.
11:43Mais vous la sentez moins venir, la rupture ici en Europe, Valentine ?
11:47Il y a moins de risques sur l'économie européenne.
11:50Déjà, les attentes sont beaucoup moins élevées.
11:54Après, on a le soutien budgétaire de l'Allemagne.
11:56On s'attend à une croissance.
11:58Voilà, cette année qui tourne autour de 0,5-0,8.
12:01L'année prochaine, une croissance qui revient à 1.
12:03Bon, je ne pense pas qu'on puisse être franchement déçus par ces attentes.
12:07Et puis, on a toujours le soutien budgétaire allemand
12:09qui devrait être important et qui devrait permettre de maintenir
12:13une dynamique positive sur certains secteurs,
12:15les infrastructures, la défense.
12:16Donc, voilà, moins d'inquiétude pour l'Europe.
12:20La défense, vous y croyez toujours, justement.
12:21On attend toujours, effectivement, ce grand cycle de dépenses allemand.
12:25Demain, d'ailleurs, les membres de l'OTAN se réunissent.
12:27Aussi, en Turquie, les 32 pays membres, pour deux jours.
12:30C'est lors de ce genre de sommet.
12:31La dernière fois que les membres de l'OTAN s'étaient réunis,
12:33qu'une annonce avait été faite, celle d'effectivement accepter
12:36d'augmenter les dépenses consacrées à la défense
12:38à hauteur de 5% du PIB de chaque pays.
12:40Voilà, donc, ces réunions-là sont importantes.
12:42Est-ce que vous pensez que le secteur de la défense
12:44a encore la hausse devant lui
12:45ou qu'elle ait passée la phase haussière de ce secteur ?
12:50En ce qui me concerne, je pense qu'il est très important
12:52de se dire que les besoins en termes de défense sont grandissants,
12:57que ce soit par les investissements des États dans le domaine
13:02comme le besoin général que l'on peut avoir
13:04à travers toutes les technologies qui servent à la défense
13:08mais qui ne sont pas que pour la défense.
13:10Donc, oui, ce secteur, pour moi, est particulièrement important
13:14et est un secteur qui va continuer d'évoluer favorablement.
13:18On a de plus en plus de petites entreprises
13:20qui sont en train d'émerger, évidemment, dans le domaine des drones,
13:23mais pas que. On parle d'Excel, bien sûr, mais il n'y a pas que Excel.
13:26Il y a énormément d'entreprises qui sont en train de sortir de la forêt
13:32et il y a vraiment de la valeur parce qu'il y a de la technologie,
13:36il y a une disruption, en fait, dans le domaine de la défense
13:39qui est très, très fort depuis 2022
13:41et cela va évidemment amener des valorisations bien supérieures
13:47à celles que l'on peut connaître aujourd'hui.
13:49Défense, donc, c'est un pari que vous prendriez à nouveau pour la suite,
13:51même si elles déçoivent un petit peu depuis le début de l'année.
13:53Tout à fait.
13:54Ok, en termes sectoriels, toujours, vous voyez quoi d'autre ?
13:56Les banques.
13:57Ah, les banques.
13:57Les banques européennes.
13:59Aujourd'hui, elles sont dans une configuration
14:02où elles peuvent continuer de prêter.
14:06Il y a une hausse du crédit,
14:07à la fois du crédit aux entreprises et du crédit aux ménages.
14:10Donc ça, c'est un point qui est quand même assez important.
14:12Ça signifie que la transformation est favorable pour les banques européennes
14:16et il y a toujours un véritable potentiel en termes d'investissement
14:22de la part des ménages européens en termes de consommation
14:29parce qu'il y a énormément d'argent de côté de la part des uns et des autres.
14:35Donc, en fait, pour les banques, je pense que c'est quelque chose d'extrêmement favorable.
14:39Et donc, il va y avoir un besoin de consommation supérieure,
14:42des prêts à la fois dans la conso,
14:45à la fois de nouveau pour l'immobilier, je l'espère.
14:48Ça va être peut-être compliqué parce que le marché reste quand même assez morose,
14:52mais néanmoins, il y a un besoin de transformation sur l'immobilier,
14:55en particulier en France,
14:57et surtout avec l'évolution en termes de climat
15:04qui vont demander de plus en plus d'investissement d'infrastructures.
15:08Avec les canicules à répétition, Valentine ?
15:09Et surtout, si on regarde sur les banques,
15:11nous, on partage cette recommandation.
15:13Si on regarde la courbe des taux, elle devrait pour nous se repentifier.
15:16Parce que qu'est-ce qu'on a ?
15:17On va continuer d'avoir un soutien budgétaire important
15:21de la part des États, notamment pour le secteur de la défense.
15:23Et ce n'est pas un soutien budgétaire de six mois,
15:25c'est un soutien budgétaire pour les prochaines années.
15:28Donc ça, pour nous, on reste assez prudents sur les parties longues des courbes
15:31parce qu'aujourd'hui, on a les investisseurs obligataires
15:33qui sont très, très sensibles à ce risque budgétaire
15:37et il faut absorber tous ces montants d'investissement.
15:40À l'échelle mondiale, il y a quand même des besoins de financement
15:43aujourd'hui qui sont monstrueux.
15:45Donc, être prudent sur les parties longues des courbes
15:48parce qu'il y a quand même des potentiels de taux plus élevés.
15:51Et par contre, en 2027, on ne voit plus trop de risques
15:55sur l'inflation en zone euro et on voit la BCE à nouveau baisser ses taux
15:58et cette configuration, elle est extrêmement positive pour les financiers.
16:02Oui, la BCE qui baisserait ses taux l'an prochain.
16:05Donc voilà, c'est le scénario.
16:06C'est le scénario avec...
16:08Avec des effets de base sur le pétrole spectaculairement favorables.
16:10Des effets de base et surtout pas d'effet de second tour
16:12de cette hausse des prix de l'énergie qui se...
16:15Le risque de diffusion au reste de l'économie,
16:17le risque d'avoir une inflation qui soit de façon soutenable, élevée,
16:21on le trouve assez faible.
16:23On a quand même un marché de l'emploi aujourd'hui en zone euro
16:25qui reste assez fragile.
16:27Bon, on poursuit nos échanges dans un instant.
16:2917h20, on est à un quart d'heure de la clôture.
16:31On entre dans la dernière ligne droite de cette séance.
16:33Le CAC 40 recule aujourd'hui, moins 0,49%.
16:36ArcelorMittal et Pernod Ricard sur lanterne rouge.
16:38Moins de 8, ArcelorMittal.
16:39Moins de 2,5, Pernod Ricard.
16:41Et puis à la hausse, on a Stellantis qui récupère 1,7%.
16:44Airbus aussi en hausse d'1,8%.
16:46Un mot d'Excel et Thalès, toutes deux progressent.
16:48Mais enfin, les actionnaires ne s'alignent pas sur l'offre de Thalès.
16:51Thalès propose 134 euros par action pour le rachat d'Excel.
16:54Là, on n'est pas à 134 sur Excel.
16:55Même si le titre progresse, il n'est qu'à 125,50 euros.
16:58Une hausse de 2,5.
16:59Thalès aussi progresse d'1,4%.
17:02Parce que beaucoup de synergies sont attendues de ce rapprochement avec Excel.
17:06On en parle ce soir avec Xavier Chapon et Valentine Hennouz.
17:09Sur les publications, on risque d'avoir un effet favorable en plus quand même aux Etats-Unis.
17:13C'est le fait que des entreprises pourraient imiter Nike.
17:15À savoir, vous savez, il y a eu des remboursements par l'administration Trump des droits de douane
17:20qui avaient été jugés illégaux, pas constitutionnels par la Cour suprême.
17:24Donc, des remboursements aux entreprises.
17:25On va faire passer ça dans les bénéfices.
17:27C'est à peu près ce qu'a fait Nike.
17:29Est-ce qu'on peut imaginer que beaucoup d'entreprises jouent à ça
17:31pour gonfler un peu les bénéfices aussi et que le marché sera dupe ?
17:34Xavier ?
17:35Non.
17:36Non ?
17:36Non, je ne pense pas qu'il soit dupe du truc.
17:38Non ?
17:39Vous, vous ne seriez pas dupe du truc ?
17:40On partage le même point de vue ?
17:42Oui, oui.
17:42Non.
17:43Il regarde un peu plus long terme quand même.
17:46Oui, d'accord.
17:46Tout ça passe à la moulinette sans aucun problème.
17:49Bon, du coup, le pétrole, 72 dollars.
17:53Est-ce que le marché, on est toujours sur les cours d'avant-guerre ?
17:55Sur le pétrole, ça tient.
17:57Il n'y a pas de reprise des discussions attendues entre Washington et Tehran avant jeudi
18:00parce que là, l'Iran est en pleine phase de funérailles de l'Ali Khamenei
18:03et donc les États-Unis ont lancé une pause dans les discussions jusqu'à jeudi.
18:07De l'Ayatollah, Ali Khamenei, c'est mieux comme ça.
18:09Est-ce que le pétrole, le fait qu'il reste sous ses cours de début de la guerre,
18:13est en train de nous envoyer un message, à savoir,
18:15on sort d'une phase où on craignait une pénurie,
18:17et on va entrer dans une nouvelle phase où on va anticiper une abondance,
18:19voire une surabondance de pétrole.
18:21Est-ce que c'est à ça qu'il faut s'attendre sur ce marché-là, Xavier ?
18:24Alors, une surabondance déjà aux États-Unis.
18:27La production est très élevée, les exportations également.
18:32On a le détroit d'Hormuz qui est en train de s'ouvrir un petit peu,
18:35donc nous avons de nouveau des flux.
18:39Maintenant, je pense que ce qu'il est important de regarder aujourd'hui,
18:42c'est la demande,
18:43savoir si la demande ne s'est pas un petit peu corrigée sur ces derniers mois.
18:47C'est adapté à la situation élevée du pétrole,
18:49et que donc on a aussi un effet retardateur du prix lié à cette demande qui est moins importante.
18:57Et puis en plus, il y a des stocks.
18:59Les stocks sont importants, un peu partout,
19:02que ce soit des stocks stratégiques comme les stocks des entreprises.
19:08Et donc, on le disait il y a quelques mois,
19:11si on arrivait à revoir un prix du pétrole revenir sur les niveaux d'avant-guerre avant la fin juin,
19:19ça allait, en gros, ça avait un effet, évidemment, de court terme, important, très important,
19:26mais qui ne se retrouvait pas dans les besoins des entreprises.
19:29Donc on est dans cette configuration.
19:31– Valentine, là-dessus ?
19:33– Moi, je suis très, très étonnée du peu de volatilité du prix du pétrole pendant ce conflit.
19:39On nous avait quand même annoncé 20% de la production de pétrole mondiale
19:44qui va être retirée du marché.
19:46pour moi, dans cette configuration,
19:48voir des prix du pétrole partir à 150, voire au-dessus du dollar de baril,
19:52ne m'auraient pas étonnée, il faut quand même que j'avoue.
19:55Et j'ai quand même été très surprise de cette peu de volatilité sur le prix du pétrole
20:01et à quelle vitesse le prix du pétrole est revenu.
20:04Donc je pense qu'on est vraiment dans un environnement où il y a une offre qui est abondante
20:08et il y a surtout une structure de la demande qui est en train d'évoluer.
20:12Et je pense qu'il faut vraiment surveiller du côté chinois.
20:15Il y a l'électrification de l'économie chinoise qui est aujourd'hui en train de s'accélérer.
20:19Et une des conséquences, parce que certains maintiennent un prix du pétrole un peu plus élevé
20:23par rapport à ce que le marché valorise aujourd'hui,
20:27en disant qu'il y a toujours une prime de risque dans la zone.
20:30Mais pour moi, cette prime de risque dans la zone va plutôt se traduire par un pétrole
20:34qui peut être peut-être plus bas, parce que si la Chine veut ne plus vraiment dépendre
20:38de cette zone à risque du Moyen-Orient en accélérant son électrification.
20:42Et ça, c'est ce qu'on aura peut-être pour moi dans les trimestres à venir
20:45avec un prix du pétrole qui pourrait baisser.
20:47Oui, et la Chine est restée relativement excédentaire en pétrole.
20:50Elle s'est même permise à plein cœur du conflit d'exporter une partie de son pétrole vers l'Australie,
20:53par exemple.
20:54Et c'est ce qui a vraiment évité cette volatilité sur les prix du pétrole.
20:57Et là, je pense qu'une des volontés très fortes de la Chine, ça va être
20:59qu'on veut dépendre de moins en moins de cette zone qui est à risque.
21:04On veut être plus indépendant.
21:05Et ça va être...
21:07Bon, ce n'est pas quelque chose de très court terme, mais pour moi,
21:09c'est quelque chose qui va être à prendre en compte par les investisseurs sur les prochaines années.
21:14On va vraiment être, pour moi, encore dans un environnement
21:16où l'offre de pétrole va rester assez abondante.
21:19Donc, pas de risque inflationniste lié à ces matières premières-là, en tout cas.
21:21Ça va dans ce sens de cette idée que la BCE, l'année prochaine, va pouvoir baisser ses taux,
21:26que la Fed a un peu plus de marge de manœuvre,
21:29malgré ses pressions inflationnistes à cause de ce site d'investissement.
21:32Voilà, il y aura plus de marge de manœuvre.
21:34Est-ce que le signe noir sera japonais, pour le coup ?
21:37On n'a pas parlé du Japon, mais les taux japonais sont élevés.
21:39Le Yen est au plus bas depuis 40 ans, lui, face au dollar, quand même.
21:42Et bon, voilà, ça arrive alors qu'on entre dans l'été.
21:45Généralement, l'été, le Japon, ça ne se passe pas très bien sur les margés financiers.
21:48Comment vous regardez ce mouvement ?
21:49Il va y avoir forcément un mouvement monétaire, Valentin ?
21:51C'est un point extrêmement important.
21:54Et pour moi, il y a quand même un risque aujourd'hui sur les taux longs.
21:58Les investisseurs japonais, c'est des grands acheteurs de dettes,
22:01notamment de dettes françaises.
22:03Il faut quand même garder à l'esprit que la dette française, pour un quart,
22:06est détenue par des investisseurs étrangers non résidents de la zone euro.
22:10Et qu'aujourd'hui, pour ces investisseurs,
22:12les taux sur leur marché domestique deviennent beaucoup plus attractifs.
22:16Donc, tous ces investisseurs japonais aujourd'hui
22:20qui se positionnaient hors de leur marché domestique.
22:23Eh bien, ces mouvements, ça va prendre un peu de temps
22:25parce qu'ils ont des réunions annuelles pour leurs allocations.
22:29Mais pour moi, il y a quand même des changements structurels
22:31qui vont sûrement se mettre en place
22:32et qui vont amener des pressions haussières
22:34sur les taux longs, notamment en zone euro.
22:37– Oui, mais pour l'instant, est-ce que ça se traduit vraiment ?
22:40– Non, c'est long.
22:41– Le 10 ans français, t'as 3,6, le 10 ans le moins, 2,9.
22:43– Non, non, pour l'instant, ça resterait contenu.
22:44Pour moi, c'est plutôt…
22:45Ils mettent du temps avant de changer leur allocation d'actifs,
22:48mais c'est plutôt des mouvements de long terme
22:51qui vont quand même… ça reste un vrai risque.
22:53– Oui, Japon, vous regardez.
22:55C'est le signe noir, là, pour le coup possible, le Japon ?
22:57– Pour les taux, oui.
22:58Pour les taux, oui.
22:59Après, en termes d'économie, je trouve que c'est une économie
23:02qui reste résiliente et qui est quand même dans la même configuration,
23:05un petit peu différente, mais de celle de la Corée du Sud.
23:08En revanche, il est clair, pour les taux,
23:11on a une politique de banque centrale qui est beaucoup plus restrictive,
23:14ils remontent les taux, on a des taux longs qui vont augmenter.
23:17Donc, cela veut dire, de toute façon, des investisseurs japonais
23:20qui, petit à petit, vont se poser la question
23:22de revenir sur leur marché domestique
23:25et de sortir des États-Unis ou de l'Europe.
23:27Le différentiel de taux, aujourd'hui, n'est pas encore suffisamment favorable,
23:31mais on connaît la capacité des investisseurs japonais
23:39à changer leur fusil d'épaule, soit de zone géographique,
23:42soit à revenir chez eux.
23:43Et le caritrade reste quelque chose de très à la mode encore aux japonais.
23:49– Oui, les négociations salariales annuelles au Japon,
23:50c'est quand même spectaculaire, on vous donne le chiffre,
23:52ont abouti à une hausse des salaires moyennes
23:54dépassant les 5% pour la troisième année consécutive.
23:57Ça met quand même en avant aussi la résilience de cette économie japonaise
24:00et ça va conforter la Banque du Japon dans sa volonté, sans doute,
24:03de continuer à relever les taux.
24:04– Et puis la devise, elle ne remonte pas.
24:05Il ne faut pas oublier qu'une partie de leur alimentation est importée,
24:08une grande partie des produits consommés au Japon sont importés.
24:11Donc, cette faible baisse de la devise,
24:13c'est un vrai sujet pour les acteurs économiques japonais.
24:17– Oui, ça fera partie des éléments à suivre cet été.
24:20– Vraiment, je suis vraiment d'accord avec ce point de vue.
24:22– C'est technique, mais c'est important.
24:24– C'est très très important.
24:24– Et puis SpaceX, demain SpaceX, c'est moins important sans doute.
24:29Enfin, c'est important ou pas que SpaceX intègre le Nasdaq 100 demain ?
24:33Après 25 jours seulement, depuis 25 jours, le titre est coté,
24:36ils intègrent déjà le Nasdaq 100, ce qui va du coup sans doute lui bénéficier.
24:40Il y a plein d'ETF qui vont devoir acheter ce titre SpaceX.
24:44Est-ce que c'est important, Xavier ?
24:46– Important, non, en fait. Je ne trouve pas, pas pour nous.
24:50En revanche, la période de publication fait que, oui, c'est un bon moment pour eux
24:58d'apparaître sur le Nasdaq parce que, justement, comme vous le disiez,
25:01les ETF vont investir de façon naturelle.
25:04Donc, les 30% qu'on a perdus, on va peut-être pouvoir les revoir dans l'autre sens.
25:09Mais est-ce que c'est important ? Je dirais que c'est un épiphénomène.
25:13– SpaceX, c'est un épiphénomène ?
25:15– Oui, d'accord. J'exagère, je pousse le trait.
25:19– Moi, je suis une fille, je regarde les taux, moi.
25:23Mais je regarde vraiment SpaceX, pour moi, c'est vraiment un indicateur
25:26sur ce côté un peu d'exubérance du cycle,
25:30de cette confiance des investisseurs dans ce cycle de l'IA.
25:37Pour moi, je regarde ça comme un indicateur de confiance.
25:40SpaceX, je trouve qu'il est très, très bon.
25:42– D'après Odo-BHF, les fonds indiciels, donc les ETF,
25:45pourraient absorber 80% des actions qui seront remises sur le marché,
25:49des actions SpaceX qui seront remises sur le marché au prochain lock-up.
25:52Vous savez, il y a des fenêtres de vente pour les investisseurs historiques,
25:54les actionnaires historiques qui vont arriver.
25:5680% de ces actions qui seront rendues seront absorbées par les achats des ETF Nasdaq.
26:02Voilà. Et puis, pour l'intérêt, l'intégration dans le S&P 500,
26:05il faudra rester patient, c'est dans un an.
26:07Le S&P n'a pas craqué là-dessus.
26:10Ils n'ont pas changé, le S&P, leurs règles pour accélérer l'introduction de SpaceX dans l'indice.
26:15Contrairement au Nasdaq 100.
26:16– Je parie, ils n'ont pas dû avoir de coup de téléphone de Trump.
26:19– Ah, vous croyez ?
26:21– Oui.
26:21– La remarque de Donald Trump, il appelle le patron de la FIFA
26:23pour demander le retrait d'un carton rouge,
26:25et il y a un retrait de carton rouge pendant le mondial.
26:26– C'est vrai.
26:27– Oui, tout ça continue.
26:29La parole américaine, elle est vraiment abîmée en ce moment.
26:33Le dollar a bien remonté quand même depuis le début de l'année.
26:36C'est pour ça que je me dis, bien sûr, on peut se dire que la crédibilité est écorchée,
26:43mais en réalité, sur le marché, est-ce que ça se voit tant que ça, Valentin ?
26:46– Si on regarde Kevin Walsh, il a réussi son pari,
26:49il a renforcé la crédibilité de la Fed,
26:52le premier discours à son entrée en fonction a été plutôt réussi.
26:57Donc non, dans ce sens-là, la crédibilité américaine n'a pas été entachée.
27:01Elle était à risque, mais il y a quand même des institutions qui restent solides.
27:06– Avec plaisir, rocket of Cooking Walsh.
27:07– Merci beaucoup.
27:07– Oui, aussi souvent souvent, vu qu'il est là,
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