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  • il y a 17 heures
Ce lundi 19 octobre, Claire Dissaux, responsable des études macroéconomiques du Groupe AXA, a abordé la remontée du taux à 10 ans après les émeutes en France, ainsi que le verdict de Moody's concernant la dette française, attendu ce vendredi, dans l’émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:01BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04On revient à notre thématique française et aux impacts des violences du week-end.
00:07Claire Dissot nous rejoint, responsable des études macroéconomiques du groupe AXA.
00:10Bonjour Claire.
00:11Bonjour.
00:12Bon d'abord, le CAC 40 recule d'un et demi pour cent,
00:14mais il s'inscrit dans une baisse globale des marchés européens.
00:17Ça, on le répète quand même, même s'il y a un impact propre à la France, c'est vrai,
00:21à ce qui s'est passé ce week-end, qui lui se traduit dans le marché obligataire.
00:24Le 10 ans français, en effet, là c'est vrai, ce temps, un peu plus que les autres,
00:28ce 10 ans français aujourd'hui est à 4,91.
00:30Il est en train d'accélérer à la hausse, même cet après-midi, se rapprochant des 5%.
00:33Ça, c'est vraiment très franco-français.
00:35Alors que le CAC recule comme les autres indices,
00:36le 10 ans français, lui, se tend plus que les autres.
00:39C'est quoi la réflexion d'un investisseur aujourd'hui face à ce qui s'est passé
00:41et la réflexion d'un économiste ?
00:43Vous êtes économiste sur les impacts potentiels pour la France.
00:47Oui, alors d'un point de vue purement macro,
00:49ce qu'on regarde, c'est l'impact potentiel sur la croissance de ces manifestations.
00:55Et on a des exemples dans le passé.
00:58Donc par exemple, on a un exemple qui a été beaucoup plus long,
01:00beaucoup plus persistant, qui était l'exemple des Gilets jaunes.
01:03Et à l'époque, l'impact sur la croissance trimestrielle a été de 0,1 point.
01:07Donc un impact encore mesuré,
01:09mais pour une économie française qui est en croissance faible,
01:12ça peut effectivement faire dérailler la machine.
01:15Donc juste à titre de comparaison,
01:17notre prévision pour le quatrième trimestre de la croissance en France
01:21est de 0,1%, justement, en glissement trimestriel.
01:25Donc une croissance faible.
01:27Et si jamais les manifestations venaient à durer et les émeutes aussi,
01:32bien sûr, l'impact serait persistant et serait d'autant plus comparable
01:36à celui des Gilets jaunes.
01:37Pour l'instant, on en est très loin.
01:39Donc ce qu'on va regarder, c'est vraiment l'impact sur la confiance,
01:41d'abord des consommateurs, mais aussi des entreprises.
01:44Et on aura beaucoup de données cette semaine pour octobre.
01:47Alors ce sera peut-être un peu tôt pour regarder l'impact dans les PMI,
01:50parce que l'enquête s'est terminée en fin de mois.
01:52Mais on peut peut-être déjà le voir, d'autant plus qu'en septembre,
01:56le PMI avait été de manière surprenante très bon pour les services en France.
02:00Donc on pourrait sans doute avoir un repli.
02:02Et l'enquête qu'on regarde le plus, c'est celle de l'INSEE,
02:05parce qu'elle a une plus grosse couverture en termes d'entreprise et de secteur.
02:09Et là aussi, la conclusion, c'est que sans doute la France continue de sous-performer
02:13en termes de croissance et de confiance, à la fois des consommateurs et des entreprises.
02:18Mais là encore, l'impact lui-même de la journée de samedi
02:21devrait être très limité en termes économiques, s'il n'est pas durable.
02:25Voilà, s'il y en en reste là, effectivement, ce qu'on souhaite tous,
02:28mais qui n'est pas gagné d'avance dans le contexte social, politique du pays.
02:31Il se trouve que ça tombe mal.
02:32Moody's doit actualiser pour le coup cette semaine la note de la France,
02:35dans le contexte, après ce qu'on vient de vivre ce week-end,
02:38où on voit que la rue est plus que sous tension.
02:40Il y a des émeutes, des saccages et des pillages.
02:43Sans limite, on peut aussi le dire.
02:45Alors que la France n'a pas véritablement entamé une véritable,
02:48on va dire, cure d'austérité.
02:50Loin de là même, on n'a pas encore véritablement entamé
02:52un processus d'assainissement profond de nos finances.
02:55Et pourtant, on en est là.
02:56Que va dire Moody's, d'après vous, dans l'actualisation de la note vendredi ?
03:00Donc, ce qui se passe, c'est que Moody's note la France mieux que Fitch et S&P.
03:06Donc, en quelque sorte, le fait qu'il soit probable que Moody's dégrade la note de la France
03:10aura moins d'impact sur le marché,
03:12puisque ce sera juste une convergence vers les deux autres agences
03:15qui notent déjà la France à ce niveau-là.
03:18Donc, ça, c'est pour l'impact marché.
03:20Quand on regarde le spread OAT par rapport au Bund,
03:23on price déjà dans le marché plusieurs baisses de la notation.
03:27Donc, ce ne sera pas une surprise.
03:28Mais effectivement, ce que va noter Moody's, et elle a déjà prévenu,
03:32c'est la capacité à mettre en œuvre un programme de consolidation budgétaire,
03:36qui normalement est dans le budget qui est en discussion au Parlement.
03:40Donc, ce qui est important pour le marché, c'est simplement la confiance,
03:43la capacité politique à l'exécuter.
03:45Mais la surprise sera certainement assez faible s'il y a une dégradation de la note Moody's,
03:50étant donné le niveau actuel des spread.
03:52C'est ça. Et Moody's est la dernière grande agence à noter la France,
03:56triple A3, double A3 en l'occurrence.
03:59Double A3, oui.
04:00Double A3, c'est ça.
04:01Et il est possible que Moody's rejoigne la note des autres agences de la vie de notre pays.
04:06Et le marché note déjà la France sous ce que nous propose Moody's actuellement.
04:10Bon, écoutez, pour l'instant, le 10 ans français poursuit sa tension, sa remontée.
04:15On est à 4,91 en ce moment sur ce 10 ans français,
04:17avec en plus des détenteurs de la dette française qui ressemblent de plus en plus à des hedge funds.
04:20On a de plus en plus d'indicateurs qui nous montrent, en l'occurrence,
04:23que dans les dernières adjudications, les hedge funds étaient assez prépondérants
04:26parmi les acheteurs de dette française,
04:28qui risquent de cette dette la rendre peut-être à nouveau plus volatile
04:31et réactive à toute actualité, Claire ?
04:35Alors, tout investisseur, qu'il soit étranger ou domestique, peut réagir aux fondamentaux.
04:40Donc, il ne faudrait pas surestimer ce facteur.
04:42Mais il est vrai que sur le passé, sur les deux, trois dernières années,
04:46on a eu une progression des investissements étrangers dans la dette française.
04:51Donc, ce qui est aussi attesté de notre crédibilité.
04:54Et ça, évidemment, ça a été un facteur qui a été important
04:57dans l'accélération de l'écartement des spreads.
04:59Donc, ce segment plus volatile d'investisseurs a été responsable, sans doute,
05:05de l'accélération qu'on avait vue en fin de mois de septembre.
05:08Merci beaucoup.
05:08Pour l'instant, c'est tout ce que je veux dire.
05:11Claire Dissot, responsable des études macroéconomiques du groupe Accès.

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