00:00Amandine Gérard nous rejoint pour la financière de l'arc. Bonjour Amandine.
00:04Bonjour Guillaume.
00:04Face au marché, vous allez rendre votre verdict, ce verdict que vous allez rendre, ce moment qu'on va vivre
00:08ensemble.
00:09Est-ce que vous l'assumez ?
00:10Je l'assume, Guillaume.
00:12On vous écoute.
00:13Alors, en retour du prix du baril à 81 dollars, des salvateurs pour la zone euro, mais ce n'est
00:19pas suffisant.
00:20Ah, on en veut toujours plus ça.
00:22C'est salvateur, oui, la baisse du pétrole, elle fait du bien, et notamment pour nous en zone euro.
00:25Mais vous dites, il faudrait que la baisse aille beaucoup plus loin, on est à 83 dollars là sur le
00:29Brent.
00:30Oui, on va probablement revenir sur les niveaux des 80 dollars, mais pour autant, on est loin des niveaux précédents
00:36de 60 dollars avant le début du conflit.
00:39Et je dirais que le sujet est plus global sur la zone euro, on l'a vu avec l'intervention
00:44de Mme Lagarde jeudi dernier.
00:46Donc, il est vrai que ça laisse un peu d'air à la BCE pour la prochaine réunion qui se
00:51tient dans six semaines.
00:52En revanche, ça ne règle pas notre sujet économique global et surtout notre dépendance énergétique au niveau du gaz et
01:00du pétrole.
01:01Oui, et ça ne se résoudra pas d'un coup de baguette magique.
01:03Alors, le G7 démarre aujourd'hui à Evian.
01:05Emmanuel Macron a déclaré il y a quelques minutes, nous allons faire en sorte de réduire drastiquement notre dépendance à
01:09ce détroit.
01:10Voilà ce qu'il a dit, parce qu'on craint en plus que même s'il rouvre, il y ait
01:13un péage iranien dessus.
01:18Voilà, c'est pas fait exprès pour le coup.
01:20Décalasse.
01:20C'est pas ce que c'est ça ?
01:22Non mais oui, mais tout à fait. Le sujet, de toute façon, il est lié à notre dépendance énergétique et
01:28à notre dépendance à ce détroit.
01:29Ça c'est bizarre, oui.
01:30Qui pour le coup n'est pas nouvelle, notre dépendance et ce n'est pas simplement notre dépendance de fait
01:37au détroit d'Hormuz.
01:37C'est la dépendance des échanges mondiaux de fret via ce détroit.
01:41Donc il est urgent de trouver d'autres points de passage.
01:47On sait que le fret maritime c'est quelque chose de compliqué, notamment au niveau de la sécurité du transport.
01:52Donc ce n'est pas quelque chose qui va se résoudre non plus en un mois ou en une semaine.
01:59Et en revanche, oui, il charge à nous, économie de la zone euro, de prendre conscience une bonne fois pour
02:05toutes,
02:05de gérer de ce niveau de dépendance et de trouver d'autres solutions.
02:08Ce qui est assez paradoxal, puisqu'on voit parallèlement à ça, de grandes entreprises mondiales s'installer en France,
02:15et notamment des hyperscalers, puisque nous avons un mix énergétique favorable.
02:19Donc des solutions, il y en a, après c'est le coup de ces solutions.
02:22Voilà, aller plus vite, plus loin dans la transition énergétique, pour moins dépendre de ce pétrole,
02:26tirer des leçons de ce qui est en train de se passer, donc et de notre dépendance au détroit d
02:29'Hormuz.
02:30Est-ce que néanmoins, le pétrole qui baisse et qui pourrait, on verra, continuer de baisser, ça vous pousse à
02:34renforcer l'Europe ?
02:37Alors, il est vrai, nous on est quand même des gérants européens, nous avons des Etats-Unis,
02:41mais notre corps compétent, c'est l'Europe, donc nous avons une pondération certaine sur l'Europe.
02:47Et vous êtes contente donc ?
02:48Oui, alors oui.
02:49Non, pas plus que je ne sens pas du tout flammé par la baisse des cours du pétrole.
02:52Ça ne change rien, franchement, sur l'attrait des marchés européens ?
02:54En fait, cet accord cadre, on l'attendait, la question c'était quand, c'était pas, y a-t-il
03:01en avoir un ?
03:02C'était dans les cours.
03:02Donc ça ne va pas modifier drastiquement nos allocations, en revanche, oui, il y a un mouvement un peu tactique
03:07sur l'Europe,
03:09mais dans le cadre de la France, ça ne règle pas notre échéance présidentielle,
03:13et je me mets à la place d'un investisseur institutionnel international.
03:17Allez-vous réinvestir durablement sur les actions françaises d'ici juin 2027 ?
03:22Je ne pense pas, d'autant plus que c'est un peu passé inaperçu,
03:25mais Donald Trump a par ailleurs émis une nouvelle menace sur nos vins et champagnes
03:31au niveau des droits de douane ce week-end également.
03:33Donc non, il n'y a pas, je dirais, de changement drastique des allocations à avoir.
03:38En revanche, un investisseur international qui était totalement sorti de la zone euro du fait de ce conflit,
03:42lui va tactiquement revenir à la marge.
03:45D'accord, et quand vous voyez les secteurs qui étaient les plus exposés à cette guerre en Iran bien remontés,
03:49aujourd'hui, il y a France-Calem qui gagne 4%, il y a Accor dans les hôtels qui gagne aussi
03:533%,
03:54le secteur du luxe aussi remonte bien.
03:56Vous vous dites que ce mouvement, c'est un petit feu de paille d'aujourd'hui,
03:59qui n'est pas très spectaculaire d'ailleurs, ou vous dites non, il y a un nouveau train à jouer
04:02?
04:03Non, il n'y a pas de nouveau train, effectivement.
04:05En revanche, comme vous le savez, il y a ce qu'on appelle des baskets,
04:07donc des paniers sectoriels et thématiques qui sont faits par les banques d'investissement,
04:11et notamment américaines, et c'est vrai que ce basket-là risque pendant quelques jours
04:14de monter et de surperformer.
04:17En revanche, non, le sujet n'est pas réellement réglé,
04:21et encore une fois, on préfère encore l'IA aujourd'hui.
04:26Si on regarde Micron et l'ouverture, ça progresse plus que ne rebondit le luxe en France.
04:34Donc je pense qu'il n'y a pas de...
04:36Mais c'est terrible parce que vous nous dites qu'on a vraiment une impétence, un biais européen,
04:39mais c'est quand même aux Etats-Unis et dans l'IA et dans Micron,
04:42vous avez vu Micron aujourd'hui bien progresser,
04:43qu'on trouve aujourd'hui des poches de potentiel.
04:45Pour faire la différence positivement, c'est toujours sur Wall Street qu'on mise plus que sur l'Europe,
04:49même si c'est le fond de vos portefeuilles.
04:51Et même si Wall Street est déjà sur des plus hauts,
04:53là le Dow Jones est sur un nouveau record historique aujourd'hui.
04:54Oui, puisque finalement, on en revient toujours à la croissance des bénéfices
04:57et la croissance espérée sur ces secteurs-là,
05:00elle est colossale et on voit que la demande est très très forte
05:03et c'est valable aussi pour quelques sociétés françaises,
05:06notamment STM,
05:07où encore la semaine dernière,
05:09je visitais un site de production d'une société qui s'appelle Semco Technologies,
05:12qui a été introduite en bourse il y a moins d'un an.
05:14Donc on a aussi des champions européens,
05:17mais pour autant,
05:18la demande, la traction,
05:21elle est clairement sur l'IA.
05:22Alors maintenant, ce qu'il faut regarder,
05:25effectivement,
05:25et Nvidia vient d'annoncer une très grosse levée de fonds via l'obligataire,
05:29c'est la partie bilancielle
05:31et les ratios d'endretement qui sont en train de remonter sur ce secteur-là.
05:36Mais sur la croissance des bénéfices et les marges,
05:38oui, c'est inévitable.
05:39Lorsqu'on regarde les chiffres,
05:41on ne peut pas ne pas investir.
05:43Nvidia gagne 2%,
05:44Micron que vous citiez gagne 9% aujourd'hui.
05:47Et SpaceX, alors ils font quoi ?
05:49Ils ont gagné 19% en vendredi,
05:50c'est bon quoi ?
05:51Ils ont fait, non, ça continue, ça continue.
05:53On gagne 9% à l'instant sur SpaceX.
05:55C'est pas mal.
05:56Oui, c'est un autre sujet.
05:58C'est un autre sujet.
05:59C'est pas de l'IA SpaceX.
06:00Selon moi, on a levé 75 milliards de dollars.
06:04Et je vous le rappelle,
06:05en général, une IPO,
06:07c'est accessible aux investisseurs institutionnels seulement.
06:10M. Musk a, de fait,
06:14à part l'historique de Tesla,
06:15a choisi également de l'ouvrir aux investisseurs particuliers.
06:19Et très probablement qu'une partie de cette hausse
06:22est liée à l'investisseur retail européen et américain.
06:27Il y a eu 100 milliards de dollars de demandes,
06:28100 milliards de dollars de demandes des seuls particuliers.
06:31Voilà.
06:31Donc là, on ne parle pas de valorisation.
06:34Mais ça peut, du coup, continuer de monter.
06:36Oui, ça peut continuer.
06:37C'est ce que vous vous dites.
06:39D'accord.
06:39Mais vous vous dites que quand on voit ce genre d'introduction en bourse,
06:42même si elle marche bien,
06:43depuis l'introduction vendredi, ça progresse,
06:44donc c'est réussi.
06:45Mais vous vous dites que c'est un symptôme de bulles sur le marché ?
06:48Pas forcément.
06:49Et il faut laisser sa chance au produit.
06:50Parce que si la thématique spatiale parvient à converger
06:54avec tout le potentiel IA aussi que recèle SpaceX,
06:57on a une forme peut-être de, je ne sais pas,
06:59d'activité un peu exponentielle à venir.
07:00C'est le fantasme du marché.
07:02Vous laissez une chance à cette idée, à ce scénario-là ?
07:04Ou non, c'est trop cher ?
07:05Alors, SpaceX, à date, c'est trop cher.
07:08En revanche, ce qui est plus général comme raisonnement,
07:10et je pense que c'est ce qu'il faut se mettre en tête
07:13en tant qu'épargnant ou investisseur français,
07:16c'est qu'on a un vrai changement de paradigme
07:19avec une nouvelle génération qui, elle, est bien consciente
07:22qu'elle n'aura pas de retraite par distribution
07:24et qui va commencer très tôt à faire sa retraite par capitalisation
07:27via les différentes classes d'actifs.
07:29Et donc, plus d'intérêt pour les actions,
07:31ce qui, pour le coup, est très favorable.
07:34Et du coup, on voit qu'il y a quand même
07:36beaucoup de liquidités dans le marché.
07:37On a placé 75 milliards de dollars vendredi.
07:41OpenAI a demandé l'agrément aux autorités de régulation.
07:47Derrière, on attend Tropique.
07:49Donc, il y a de l'argent.
07:51Cet argent, il est réalloué à la fois par les institutionnels
07:53et par les particuliers.
07:55Oui, il y a 70 000 milliards de dollars prêts à s'investir.
07:58C'est un chiffre qu'on voit passer assez régulièrement.
08:00SpaceX, on demande 75.
08:01C'est vrai que quand on compare par rapport aux liquidités disponibles,
08:03ça reste relativement modeste.
08:05Mais la valorisation, elle, continue de poser question.
08:07Alors, sur cette valorisation, je vois un argumentaire assez positif
08:11pro-SpaceX de Brivel Lepogam.
08:13Je vous le lis rapidement, Amandine.
08:15Les analystes valorisent SpaceX comme une entreprise
08:17de lancement de fusées de Starlink, de satellites.
08:21C'est comme valoriser Internet en 1995
08:24sur le prix du marché du fax.
08:26C'est la même erreur.
08:26Starship ne réduit pas le coût du kilo en orbite de 20%.
08:29Il le divise par 100.
08:31Et chaque fois dans l'histoire qu'un coût d'infrastructure
08:33a été divisé par 100,
08:34ce n'est pas le marché existant qui grossit.
08:36Ce sont des industries entières qui naissent.
08:39Le coût du calcul divisé par 100 a donné Internet,
08:42le smartphone, l'IA.
08:43Le coût de l'orbite divisé par 100
08:45va donner une économie spatiale complète
08:47avec un droit d'entrée, celui de SpaceX.
08:50Alors, ce qui est vrai de manière générale,
08:52pas que pour SpaceX,
08:54mais également pour le développement de l'IA,
08:56c'est qu'on a vu dans toutes les révolutions
08:57qu'effectivement, ça donnait lieu au développement,
09:01tous ces gains de productivité-là,
09:03au développement de toute une industrie parallèle
09:04et qui crée du coup forcément de la croissance.
09:09Donc, je dirais que je ne suis pas en désaccord avec cet avis.
09:13Après, on en revient à la durée d'investissement.
09:16Combien de temps sont prêts à conserver les actions SpaceX,
09:19les investisseurs qui entrent aujourd'hui ?
09:21C'est ça la clé.
09:23Amandine Gérard, avec nous pour la financière de l'ARC.
09:27Merci beaucoup Amandine.
09:28Et vous le dites, c'est votre message au marché,
09:29il faudrait que le pétrole baisse encore davantage
09:31pour rendre les marchés européens beaucoup plus attrayants.
09:34Et le marché français sera encore plus dur
09:35à l'approche de la présidentielle.
09:36Merci Amandine de nous avoir accompagnés.
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