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Mardi 10 mars 2026, retrouvez Christophe Deldycke (Président, Turenne Groupe) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:10Le dernier quart d'heure de SmartBourg chaque soir, c'est le quart d'heure thématique.
00:13Le thème ce soir, c'est celui de l'actionnariat salarié, à travers la publication récente d'un manifeste,
00:19un petit livret qui a été produit par les équipes de Turin Group.
00:23Son président est à mes côtés en plateau, Christophe Deldic.
00:25Bonsoir Christophe, merci beaucoup d'être là.
00:28On va aux côtés d'Ecalis Capital, qui est un leader français de la gestion de fonds d'actionnariat salarié
00:33pour les sociétés non cotées,
00:34et en association également avec vous, Lamartine Conseil, qui est un cabinet de conseil d'avocats spécialisé dans les opérations
00:40sur capital,
00:41et notamment la transmission des entreprises françaises.
00:45Un mot, parce que je ne l'ai pas précisé, un mot de Turin Group, on est dans l'univers
00:49du capital investissement.
00:50Bien sûr, Christophe, qu'est-ce qui vous caractérise dans cette industrie ?
00:55Merci de m'avoir invité.
00:56Alors Turin, en quelques mots, Turin Group, on est le leader indépendant du capital investissement français dans la catégorie small
01:04cap.
01:04Alors small cap, dans notre jargon à nous, c'est leur entreprise inférieure à 100 millions d'euros.
01:08On gère aujourd'hui un peu plus de 2 milliards d'euros, donc c'est significatif dans notre métier.
01:14Et nous sommes actionnaires avec l'ensemble des fonds que nous gérons d'un peu plus de 300 entreprises en
01:18France, avec 90 collaborateurs.
01:21Et notre organisation, elle est assez originale dans le sens où on gère à la fois des fonds sectoriels sur
01:25des thématiques très précises,
01:27comme la santé, l'innovation, l'hôtellerie, avec des équipes dédiées basées à Paris.
01:31Et après, on s'est très présents dans les territoires, avec aujourd'hui 35 investisseurs présents dans 8 bureaux en
01:37France.
01:37Ce qui nous permet de marier à la fois la proximité géographique et culturelle avec les écosystèmes,
01:43et la proximité avec une expertise très pointue sur des secteurs en croissance.
01:48Bon, autant dire que la vie des entreprises vous réunit, tous les trois, Lamartine et Calice et Thurien Group, à
01:53travers,
01:54donc je le dis, ce petit manifeste des actions pour les braves, alors je le dis parce que c'est
02:00très facile à lire,
02:01c'est une soixantaine de pages, il y a une trentaine de pages sur les idées reçues que vous battez
02:05en brèche,
02:06pour soutenir évidemment l'actionnaire salarié, puis il y a une trentaine de pages de témoignages d'entreprises que vous
02:12accompagnez sans doute,
02:14dont les patrons témoignent du cercle vertueux que l'actionnariat permet de créer.
02:19Pourquoi se manifeste ? Alors publié aux éditions La Sirène aux yeux verts, pour être complet.
02:23Pourquoi se manifeste ? Qu'est-ce qui vous a amené à produire ce petit livret aujourd'hui,
02:29dans le contexte qu'on connaît, avec peut-être toujours un manque de fonds propres pour les entreprises françaises ?
02:35Oui, plusieurs raisons. La première, pourquoi ? Parce que, bon, donc avec les co-auteurs Jean-Philippe Debas et Olivier
02:41Renaud,
02:41on constate tous les jours encore, parce qu'on est des professionnels de la transmission d'entreprises,
02:46qu'il reste des idées reçues contre l'actionnariat salarié.
02:49Et nous trois, dans nos structures, on a les salariés au capital et on voit tous les jours le côté
02:54vertueux d'avoir mis en œuvre l'actionnariat salarié.
02:56Et donc on a voulu un peu battre en brèche ces idées reçues, en faisant un petit manifeste,
03:03et aussi un petit côté ludique, avec des illustrations faites par GAPS,
03:08un célèbre dessinateur, mais dans le côté comique, pour aussi décomplexifier le sujet
03:14de la transmission aux salariés ou de faire monter les salariés au capital.
03:19Donc ça, c'est le premier sujet. Un, c'est battre les idées reçues.
03:21Deux, c'est aussi de témoigner pour dire que ceux qui le font, ça marche, c'est positif.
03:25Et ça, moi, j'en suis un premier témoin, puisque nous, chez Turenne,
03:28on a racheté la société au fondateur en 2020, et on est en 2026,
03:33et depuis 2020, on a doublé en tout.
03:34On était 50 salariés quand on a racheté la société tous ensemble, on est 90 aujourd'hui,
03:38on gère 2 milliards d'eux, on gérait 800 millions.
03:40Et ça, c'est imputable à...
03:42Et bien sûr, si on n'avait pas fait cette transmission avec l'ensemble des salariés au capital,
03:45je suis convaincu que nous n'aurions pas aujourd'hui la taille que nous avons.
03:48Donc ça, c'est important.
03:50Et après, le troisième élément moteur sur la rédaction de cet ouvrage,
03:54c'est de dire aussi, c'est aussi une solution assez méconnue
03:58pour résoudre le problème du tsunami des transmissions d'entreprises qu'on a devant nous.
04:02C'est la grande transmission qui arrive.
04:03Voilà, toutes les études viennent de ressortir, là, en cette fin d'année 2025.
04:07Il y a 370 000 entreprises à transmettre dans les cinq prochaines années.
04:11Et les dirigeants, quand ils n'ont pas de successeurs familiaux,
04:14ce qui est quand même la majorité des cas en France,
04:16et qu'ils n'ont pas envie de vendre aux concurrents contre qui ils sont battus pendant 20 ans,
04:20ils ne pensent pas assez que les meilleurs repreneurs, c'est potentiellement leurs salariés.
04:24Des équipes de salariés.
04:25Et qu'ils connaissent la société et qu'ils se battent avec eux au quotidien sur les marchés.
04:27Il y a un moment un peu critique de ce point de vue-là qui valait le coup de remettre
04:30une bouche sur l'actionnation.
04:32Et ce qu'ils font, ça marche.
04:33Et on voit que ça marche d'abord sur plutôt les grandes sociétés et les sociétés cotées.
04:37Et nous, le sujet, c'est de mettre en avant le côté sur les PME.
04:40En disant, faites ça dans les PME aussi, avec des actions non cotées.
04:43Allons-y sur les idées reçues.
04:45Donc il y en a une demi-douzaine, je crois cinq ou six, c'est ça ?
04:48Les principales.
04:49Les principales.
04:51Opposition capital-travail, c'est l'actionnation salariale, c'est l'outil de réconciliation entre le capital et le travail.
04:56Exactement.
04:57Après, le deuxième sujet qu'on a beaucoup, c'est, mais si ça ne se passe pas bien, j'ai
05:00la double peine, je perds mon boulot et mon capital.
05:03Ce qui n'a pas toujours été faux dans l'histoire, des exemples de ce type-là, Enron, Vivendi ou
05:08d'autres, c'est arrivé.
05:09Exact, mais un, quand on parle d'actionnariat salarié, c'est un actionnariat collectif, donc avec l'ensemble des collaborateurs.
05:16Généralement, quand on met en place une opération de transmission avec la transmission des actions aux salariés, il y a
05:22des aides.
05:23On abonde, on utilise l'intéressement.
05:26Donc il y a un prix d'entrée aux collaborateurs qui est un prix normalement d'entrée plutôt sympathique, donc
05:31qui préserve de potentiel de moins-value.
05:34De manœuvre, oui.
05:34Exactement, et donc il y a beaucoup plus à gagner qu'à perdre.
05:38Et le gros avantage, c'est que surtout, ça met en alignement d'intérêts les salariés avec les actionnaires.
05:44Et ça, je pense que c'est l'élément clé aujourd'hui.
05:46C'est un moyen pour attirer notamment des jeunes qui cherchent du sens dans leur job au-delà de, je
05:51dirais, uniquement la rémunération.
05:52Ça permet de fidéliser et de garder les talents, puisque l'actionnariat, on est sur du temps long, et donc
05:56ça permet de garder les gens sur du temps long.
05:58Et puis d'aligner les intérêts en disant qu'on a amélioré la création de valeur actionnarale dans la durée.
06:05Eh bien, les salariés qui y contribuent tous les jours en bénéficient au même titre que les actionnaires, qui ne
06:10sont pas forcément tous les salariés.
06:11Donc ça, c'est important.
06:13Ça perturbe la gouvernance.
06:14Je suis chef d'entreprise, je suis actionnaire familial, je n'ai pas envie d'avoir les salariés à mon
06:19conseil.
06:19Moi, le témoignage que je voudrais faire, c'est que, et d'ailleurs, il y a un des témoins qui
06:23reprend un peu cette expression, c'est que la mise en œuvre de l'actionnaire à un salarié, ça change
06:26le dirigeant.
06:28Parce qu'il est responsable de l'épargne d'une partie de ses salariés, il n'est pas uniquement responsable
06:32de sa propre épargne.
06:33Donc ça change les dirigeants, ça change les salariés, parce qu'on constate que dans les sociétés dans lesquelles les
06:37salariés sont actionnaires, il y a une meilleure implication, il y a une meilleure transparence, il y a un meilleur
06:42engagement.
06:42Et donc ça change la société, au sens large.
06:45Et ce que je disais tout à l'heure, ce qui nous arrivait chez nous, chez Turenne, dans le doublement
06:49de notre activité en 5 ans, on constate que dans la très grande majorité des sociétés accompagnées, elles ont un
06:55parcours de croissance accéléré.
06:57Donc l'actionnaire à un salarié, c'est bon pour la performance des sociétés.
07:01Et le dernier point sur lequel je réinsiste, c'est aussi un bon outil pour préparer une transmission pour un
07:06fondateur qui est propriétaire, qui n'a pas d'enfant dans la société, qui n'a pas de succession familiale
07:12et qui n'a pas envie de vendre à un concurrent.
07:14Il peut, en préparant ça en amont avec des gens comme nous, c'est-à-dire les acteurs du capital
07:18d'investissement qui gèrent des fonds spécialisés dans l'investissement au capital des entreprises, faire monter ses salaires au capital
07:24qui n'ont pas les moyens de racheter tout de suite la société.
07:27Mais un dirigeant qui fait une opération mixte de transmission salarié accompagnée par un opérateur comme nous, actionnaire professionnel, on
07:35peut sécuriser une partie de son patrimoine, il accompagne, donc il a vendu une partie de ses actions, il continue
07:40un bout de chemin avec nous et les salariés, mais vraiment d'une logique de transmission.
07:45Et à horizon 3 à 5 ans, on réalise une nouvelle opération pour lui racheter le solde de ses titres,
07:50faire monter le bloc salarié au capital pour qu'il devienne...
07:54Et qu'il a visé compléter cette transmission.
07:55Exactement.
07:55Ça se fait en 2 temps.
07:57Donc il faut du temps long, c'est 5 à 7 ans, et donc c'est aussi un message aux
08:01dirigeants pour dire, faites-le maintenant en pensant à votre transmission finale dans les 5 à 10 prochaines années.
08:06Et ça, les dirigeants, il faut leur expliquer ?
08:08Il faut leur expliquer, il faut montrer que ça marche.
08:11Une des idées reçues, c'est aussi de dire, oui, c'est très bien pour les grands groupes et ça
08:13ne marche pas pour les petites boîtes.
08:15Ben, ce n'est pas vrai.
08:16À partir de quelle taille ça devient pertinent ?
08:17Mais ça marche pour une boîte de 5 salariés.
08:19Le sujet, il n'est pas une question de taille, c'est une question de volonté du dirigeant.
08:23Et l'autre sujet, un des éléments bloquants chez beaucoup de dirigeants, c'est cette notion un peu de transparence.
08:28C'est-à-dire, oui, mais je vais devoir donner tous mes résultats, tout ce qui se passe à l
08:32'ensemble de mes salariés, je n'ai pas forcément envie.
08:34Mais ça, oui, le boulot de la transparence, un, ça se travaille, deux, les gens, quand ils savent, ils sont
08:42meilleurs, ils sont plus impliqués, ils sont en confiance, ça donne du sens.
08:47Donnez confiance, faites confiance à vos collaborateurs, donnez du sens à leur travail, ils seront plus performants et plus responsables.
08:54Oui, il faut le dire aussi, c'est parfaitement adapté et il y a, j'imagine, toute la boîte à
08:58outils nécessaires pour que cet actionnaire salarié soit adapté au monde du non-coté également.
09:03C'est l'apanage des grands groupes, enfin en tout cas, j'imagine qu'il n'y a aucun grand
09:06groupe coté qui n'a pas de plan d'actionnaire salarié.
09:09Mais c'est aussi quelque chose qui s'adapte au monde du non-coté.
09:13On a aujourd'hui suffisamment d'outils disponibles pour accompagner les PME non-cotés dans la mise en oeuvre de
09:18l'actionnaire salarié, avec soit achat des actions en direct,
09:22des paquets d'actions gratuites parfois, comme ça peut se faire, notamment pour les plus jeunes sociétés, et aussi la
09:27constitution de FCPE, ça existe, qui sont dédiés à la transmission, les FCPE de reprise.
09:33Aujourd'hui, on a toute une batterie d'outils et les professionnels qui savent les gérer, avec qui j'ai
09:37écrit ce livre notamment,
09:39qui savent accompagner un dirigeant qui a envie d'eux.
09:43Donc le but de ce manifeste, c'est de dire, vous avez plein d'idées préconçues qui sont souvent fausses,
09:47pensez à, étudiez.
09:49Et puis vous verrez, il faut du temps, je ne dis pas que c'est une opération qui se boucle
09:54en un mois ou deux, il faut du temps,
09:55mais tous les dirigeants qui l'ont fait et qui témoignent dans ce livre disent, j'aurais pu faire plus.
10:00Un des dirigeants qu'on accompagne, c'était Rousseau dans l'Ouest, qui dit, je regrette d'avoir ouvert que
10:053% à mes salariés, j'aurais dû faire tout de suite 5%.
10:08Alors qu'au début, il était un peu craintif, aujourd'hui, je ne suis pas allé assez vite, assez loin.
10:12Donc beaucoup de sociétés, je pense que c'était batté dans le Nord, qui rénove des monuments historiques et qui
10:16a besoin de fidéliser ses compagnons.
10:19Et le fait de les avoir mis au capital, finalement, il a sécurisé son avenir pour prendre des chantiers en
10:26disant à ses gars,
10:27vous avez une vision transparente des résultats de la société et ça rassure les collaborateurs.
10:32Dans l'accompagnement opérationnel que vous conduisez auprès des sociétés que vous avez en portefeuille, Christophe,
10:38c'est une recommandation obligatoire, par exemple, que vous faites ?
10:43Oui, je dis, on ne pense pas assez à impliquer les salariés au capital.
10:48Nous, on le fait dans notre métier au niveau des cadres dirigeants, c'est à peu près dans toutes nos
10:52opérations.
10:53Mais de créer des systèmes d'actionnariat plus collectifs, nous ne le faisons pas assez au sens large en France.
10:59Et c'est une bonne solution aussi pour, je pense, contribuer à un meilleur bien-être au travail pour les
11:06salariés
11:07et une meilleure reconnaissance, améliorer leur pouvoir d'achat aussi, et c'est un moyen qui est quand même utile.
11:12La création de valeur actionnariale, quand vous vendez vos actions et qu'il y a de la plus-value,
11:17les gens considèrent qu'elle est méritée, qu'ils y ont contribué, et c'est utile.
11:21Pour compléter l'épargne-retraite, notamment.
11:23On n'a pas parlé de l'environnement réglementaire ou public, mais finalement, en lisant ce livre,
11:29c'est d'abord un effort de pédagogie, d'évangélisation permanente, pas besoin de dispositifs supplémentaires.
11:36On peut toujours faire mieux, mais on a déjà ce qu'il faut sur la table pour pouvoir en faire
11:40plus.
11:41Ce n'est pas le sujet de ce livre de dire qu'il manque des choses, mais il peut en
11:45manquer toujours.
11:45Non, mais je pense qu'il faut en parler, comme on le fait aujourd'hui ensemble,
11:49pour que des dirigeants se disent, tiens, je vais regarder le sujet.
11:52Je vais regarder le sujet, parce que finalement, ils sont capables, ils ont peut-être envie,
11:56mais moi, je pense qu'ils n'ont pas la capacité financière.
11:58Je répète, nous sommes, nous les acteurs du capital investissement,
12:01en capacité d'accompagner les salariés à racheter à côté du dirigeant de la société.
12:06Merci beaucoup, Christophe.
12:07Merci d'être venu nous parler de ce manifeste que vous avez co-écrit,
12:10donc avec Jean-Philippe Debas et Olivier Renaud, paru aux éditions La Sirène aux yeux verts.
12:17Je ne sais pas où ça se trouve, ça se trouve un peu partout, j'imagine.
12:19En tout cas, il suffit de taper le nom sur Internet.
12:22Des actions pour les braves, avec les illustrations de GAPS en prime.
12:26Merci beaucoup, Christophe.
12:27Président de Turen Group, qui était l'invité de ce dernier quart d'heure de Smart Bourse ce soir.
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