00:01BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Scott Bessen qui s'exprime sur ce disant américain qui monte en raison du contexte, dit-il.
00:08Oui, bien sûr, à cause du contexte, il a raison, toujours à cause du contexte.
00:12Il précise aussi que les cours du pétrole y sont pour beaucoup.
00:15Alors on va demander à Sylvain Bersinger ce qu'il en pense, BSI Economics.
00:17Bonjour Sylvain.
00:18C'est vrai que les cours du pétrole ont beaucoup progressé, on est à 108 dollars sur le baril de
00:22Brent.
00:22À partir de quel niveau les cours du pétrole deviendront-ils un vrai frein, un frein significatif à la croissance
00:27?
00:29Je pense que déjà à ces niveaux-là, ils sont un frein à la croissance.
00:33Alors c'est vrai que la croissance mondiale a plutôt bien résisté depuis le début de la guerre en Iran,
00:36depuis à peu près six mois maintenant.
00:37Mais il y avait aussi le boom de l'IA qui apportait un soutien.
00:40Puis il y avait eu des reflux du prix du pétrole par moment.
00:45Mais bon, on l'a vu avec les derniers chiffres, par exemple sur la croissance française.
00:48Mais à ces prix-là, 100, 110 dollars, la plupart des pays importateurs,
00:53qui représentent quand même le gros du pays mondial, sont impactés.
00:56Donc je pense qu'on est à des niveaux, si on restait à un taux de 110 dollars,
01:00ça commencera à peser significativement sur la croissance mondiale dans les prochains trimestres.
01:05Alors on voit que la BCE a remonté ses taux, que la Fed va sans doute faire de même demain
01:10soir.
01:11Mais est-ce que dans les deux cas, on est parti pour une forme de cycle haussier ?
01:17Alors je pense que ça dépend beaucoup de Hormuz, du Moyen-Orient et du pétrole évidemment.
01:22Donc il y a une part d'incertitude sur l'évolution de l'inflation future.
01:26Et je pense qu'il y a une double incertitude dans le cas américain,
01:29qui est qu'est-ce que veut vraiment Kevin Walsh à la Fed ?
01:33Je crois que c'est son gros problème, c'est qu'il n'a pas réussi à faire comprendre aux
01:37investisseurs,
01:38aux marchés, à tous ceux qui suivent ses discours, quelle est vraiment la direction qu'il veut prendre.
01:42Alors est-ce qu'il est aussi sous influence de Donald Trump ?
01:45On ne sait pas, c'est un problème en soi.
01:47Mais voilà, est-ce qu'il est plutôt Faucon ou Colombe ?
01:50Est-ce qu'il veut vraiment s'attaquer à l'inflation ?
01:52Est-ce qu'il considère que c'est moins un problème ?
01:53Je pense qu'au-delà de savoir s'il va augmenter les taux ou pas et avec quelle fréquence,
01:59le principal, le point le plus important pour lui,
02:03c'est vraiment de montrer une direction, de dire quelle est sa position,
02:06ce en quoi il croit et de s'y tenir.
02:09Parce que pour l'instant, on navigue toujours un petit peu à vue.
02:12Et je pense que ça, c'est un vrai problème pour un banquier central.
02:14Mais du coup, Sylvain, est-ce que paradoxalement, on peut se dire que s'il a fait relève ces taux
02:18-là
02:18et montre qu'elle veut combattre cette inflation,
02:19si elle les relève ces taux, ça pourrait, d'une certaine façon, soulager le marché ?
02:25Alors, je comprends un peu votre argument.
02:28On peut dire que si elle relève ces taux, c'est qu'elle s'attaque durablement à l'inflation
02:31et que donc ça apporte une détente.
02:35Je pense que ce n'est pas juste une hausse de taux qui pourrait aller dans ce sens-là.
02:38Il faudrait voir aussi comment réagit Donald Trump à l'approche d'élection de mi-mandat,
02:41puisque lui, poussé à une baisse de taux, c'est impossible actuellement de baisser les taux.
02:45Mais on sait qu'il est coutumier de sorties assez virulentes sur les réseaux sociaux,
02:50d'autant plus en période électorale.
02:52Donc je pense que ce n'est pas tant une hausse de taux ou pas qui compte.
02:55Je pense que c'est une dynamique et un message.
02:58Et l'explication de ce choix est quelle est la stratégie de la durée.
03:03Parce qu'on ne regarde pas seulement la hausse de taux là de ces jours prochains.
03:06On regarde la tendance et la politique qui sera menée par la Fed dans les semaines, les mois, les années
03:11à venir.
03:12– Ça rappelle un mythe grec qu'on détaillera, ce sera dans le Club tout à l'heure,
03:16entre 17h et 17h30.
03:17Donald Trump, il incarne bien un grand personnage d'un mythe grec,
03:20parce qu'il voulait absolument que la Fed baisse ses taux,
03:23sauf qu'il a créé les conditions pour que la Fed ne les baisse pas.
03:26C'est un mythe grec.
03:27– Exactement.
03:28– Et puis il y a un facteur aggravant, c'est que les hedge funds, en plus,
03:31détiennent une part croissante de la dette américaine.
03:33Je voyais, d'après le Trésor américain, les hedge funds détiennent désormais 2 000 milliards de dollars de bons du
03:37Trésor américain.
03:38C'est plus du double d'il y a 5 ans.
03:40Ça, ça rend cette dette américaine peut-être encore moins contrôlable, Sylvain ?
03:45– Oui, alors, je pense que, est-ce que c'est les hedge funds ou d'autres qui détiennent la
03:49dette ?
03:51Le sujet, je veux dire qu'il n'est pas important, mais il est peut-être un petit peu secondaire
03:54sur les dynamiques macroéconomiques plus fondamentales, sur le déficit.
03:58Est-ce que Trump veut enfin s'attaquer au déficit américain ou continuer à faire des cadeaux fiscaux ?
04:04Sur la dynamique de l'inflation ?
04:05Je pense que ce qui compte avant tout pour la dette publique,
04:09c'est les dynamiques de long terme, de la croissance et des finances publiques.
04:14Après, qui détient la dette, c'est important,
04:15mais je pense que c'est quand même un sujet qui vient en deuxième position par ordre d'importance.
04:20– Oui, le 10 ans américain, donc, campe au-delà des 5 %,
04:22il va peut-être falloir s'y faire à 5,01, les 10 ans français pile à 4,5.
04:26Là aussi, il va peut-être falloir s'y faire, c'est un peu comme l'été qu'on vient
04:28de vivre, super chaud,
04:29ben oui, mais peut-être que dans 50 ans, l'été qu'on vient de vivre sera considéré comme un
04:32été frais.
04:33Est-ce que c'est pareil pour les taux français à 4,5 ?
04:35Oui, c'est haut, mais dans quelques années, on dira que 4,5, c'est bas.
04:39– Alors, je pense que dans le cas français, alors tous les taux augmentent,
04:43donc grosso modo dans tous les pays du monde, un peu plus quand même en France,
04:46on voit que le spread avec l'Allemagne s'est un petit peu creusé.
04:49Donc je pense que dans le cas français, il y a quand même une spécificité liée au blocage politique
04:52et à la perspective de la présidentielle.
04:55Donc bien sûr que la dynamique de taux, elle est commune à l'ensemble du monde
04:59et sur cette tendance haussière, mais je crois que le cas français est spécifique
05:03parce qu'on a une incertitude politique qui est quand même très forte.
05:05Qu'est-ce qui se passe sur les taux français si Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon est élu
05:08?
05:09C'est quand même un cas qui est strictement français.
05:11Donc voilà, je pense que le cas français, il doit aussi s'analyser
05:15au vu de l'aspiration politique qui nous est propre.
05:18Merci beaucoup.
05:19Sylvain Versinger, on est à 95 points, le spread entre la France et l'Allemagne, 95 points.
05:22On était à 98 ce matin sur un peu haut de 2012.
05:25Merci de nous avoir accompagné cet après-midi.
05:26Le CAC est en petite baisse, toujours, moins 0,3%.
05:29Les valeurs de la tech tentent un maigre rebond, vraiment maigre après la baisse d'hier.
05:33Le doute est là, le doute est instillé.
05:35Va-t-il y avoir à un moment une baisse des investissements à court, moyen terme ?
05:38On voit par exemple la SML encore perdre à Amsterdam 0,7% cet après-midi.
05:43Et puis des valeurs qui montent, qui montent aujourd'hui et qui pourraient continuer.
05:47Il y a AXA par exemple qui a présenté son plan stratégique.
05:49On en parlait tout à l'heure avec nos experts.
05:51C'était à 16h précisément avec les experts de Kepler-Chevreux.
05:54Ils y croient au titre AXA.
05:55Ils nous ont dit pourquoi leur argumentaire est à retrouver dans le replay sur l'application BFM Business.
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