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  • il y a 2 jours
Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et Paul Barcelonne.

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00:01Générique
00:06Bonjour à tous, bienvenue dans Les Informés.
00:09Ravi de vous retrouver pour votre rendez-vous de décryptage de l'actualité jusqu'à 9h30.
00:14Bonjour Paul Barcelone.
00:16Bonjour Agathe.
00:16A la une ce matin, d'abord les conséquences très concrètes de la guerre au Proche et Moyen-Orient pour
00:22les Français.
00:23Les prix à la pompe explosent.
00:25Contrôler les stations-service comme le propose le Premier ministre, est-ce la bonne réponse ?
00:29Et puis sur le front, diplomatique, Emmanuel Macron s'active, coup de fil au président iranien, à Donald Trump, déplacement
00:36à Chypre.
00:37Que pèse encore la diplomatie française ?
00:40Pour nous éclairer ce matin, nos informés, Raphaël Kahn, présentateur du 20h-22h et de l'émission Le Monde dans
00:46tous ses états sur France 24.
00:48Bonjour Raphaël.
00:48Bonjour Agathe.
00:49Et Aurélie Herbemont, chef adjointe du service politique de France Info.
00:52Bonjour Aurélie.
00:52Bonjour.
00:53On commence donc, Paul, avec notre premier débat.
00:56Au dixième jour de cette guerre, les conséquences se font sentir pour les Français.
01:01Avec quasiment des prix des carburants à 2 euros à la pompe ce matin qui frôlent ce prix-là.
01:06En tout cas, le prix du baril de pétrole, lui, s'envole 115 dollars.
01:09Il a quasiment atteint 120 dollars même au petit matin tout à l'heure.
01:12Le détroit d'Ormuz est toujours fermé, on va en reparler.
01:15Il est trop tôt pour parler d'aide, disait ce matin la porte-parole du gouvernement Maude Bréjon.
01:20Mais en revanche, l'idée d'aller piocher dans les réserves et stocks stratégiques pour endiguer cette hausse des prix
01:27des carburants est une option envisagée, confirme une source au sein de l'exécutif.
01:31Option qui va être discutée lors d'une réunion du G7 Énergie aujourd'hui.
01:36En parallèle, et vous le rappeliez à l'instant, Agathe, le gouvernement lance la chasse aux profiteurs de guerre.
01:42Hier soir, Sébastien Lecornu a annoncé 500 contrôles dans des stations-services menées par la DGCCRF, la répression des fraudes
01:50d'ici à mercredi.
01:52Détail donné donc ce matin par Maude Bréjon, la porte-parole du gouvernement, invité de nos confrères de RTL.
01:58Notre responsabilité, c'est de faire en sorte qu'il n'y ait pas d'abus.
02:01D'abord vis-à-vis des distributeurs et plus globalement de l'ensemble de la chaîne de valeur.
02:06Nous avons reçu les distributeurs la semaine dernière avec Roland Lescure.
02:09Le Premier ministre a annoncé 500 contrôles en trois jours pour s'assurer qu'il n'y ait pas d
02:15'abus d'ici à mercredi.
02:16Et je vous annonce ce matin que nous recevrons de nouveau les distributeurs en fin de semaine avec Roland Lescure
02:21pour faire un point, un état des lieux avec eux en fonction des résultats des trois jours à venir.
02:27Alors la France insoumise plaide toujours pour un blocage des prix, des prix complets de l'énergie, électricité, gaz et
02:34donc essence.
02:34Le Rassemblement national, de son côté, plaide pour une baisse de la TVA à 5,5% comme sur les
02:40produits de première nécessité.
02:42Écoutez, Jordan Bardella, le président du RN, invité tout à l'heure de nos confrères de BFM TV et RMC.
02:47Moi, je demande au gouvernement de ne pas s'enrichir sur le dos d'une crise, sur le dos de
02:52nos compatriotes,
02:53parce qu'évidemment que l'effet de base que vous allez taxer est beaucoup plus grand.
02:56Le prix du pétrole augmente, il a encore augmenté de manière significative ce matin.
03:01À partir du moment où une grande partie de ce qui est vendu à la pompe relève de la fiscalité
03:06d'État,
03:06il faut évidemment que nous baissions les taxes sur le carburant pour que l'État ne s'enrichisse pas durant
03:12la crise
03:13et redonne ces gains qui sont des gains anormaux liés à un contexte de crise directement à nos compatriotes.
03:18Alors, l'État doit-il faire un geste, baisser la TVA ?
03:22Tout cela coûterait entre 17 et 20 milliards d'euros, avait chiffré la semaine dernière le gouvernement.
03:27Sébastien Lecornu briefera les chefs des partis politiques sur la situation au Moyen-Orient
03:31et évidemment sur les conséquences en France mercredi à l'occasion d'une rencontre évidemment très politique.
03:37Raphaël Kahn, quelle solution a choisi le gouvernement ?
03:40Pourquoi pas tout simplement baisser les taxes comme le propose le Rassemblement National ou bloquer les prix ?
03:44C'est une solution qui peut sembler effectivement la mieux désignée de prime abord.
03:49Le problème c'est que les taxes elles sont assises sur la valeur des cours du pétrole
03:52et les cours du pétrole ça on n'a pas de maîtrise dessus, ils flambent tout simplement parce que
03:56les investisseurs anticipent les hausses futures, les intègrent dans les prix aujourd'hui
04:00et donc les difficultés d'approvisionnement, en fait le phénomène de rareté qui se produit aujourd'hui
04:03avec les difficultés de trafic à travers le détroit d'Ormouz et la prime assurantielle qui augmente
04:08font que d'emblée les prix sont déjà en train d'augmenter aujourd'hui
04:12alors même qu'il n'y a pas de pénurie effective de pétrole.
04:15Conséquence, les taxes qui sont assises sur ces cours, elles augmentent mécaniquement.
04:21Le problème c'est qu'on cible dans l'opinion publique aujourd'hui spécifiquement les distributeurs.
04:25Les distributeurs c'est, en tout cas les prix à la pompe, 2 centimes au litre.
04:29C'est ce que prélèvent les stations-service sur ce que coûtent, c'est moins de 5% en fait
04:33du prix de l'essence.
04:34Donc vous voulez dire que c'est pas juste ? Parce que Dominique Schellscher, PDG de Coopérative U, jeudi sur
04:39France Info, disait
04:40c'est l'État qui profite, c'est l'État qui gagne de l'argent dans cette crise parce que
04:46les taxes rapportent de l'argent à l'État, ce ne sont pas les distributeurs.
04:49L'État profite mécaniquement, les taxes c'est 60% du prix, en gros pour qu'on comprenne bien, du
04:53prix à la pompe, 60% correspondent à des taxes prélevées par l'État.
04:57Mais ces taxes, elles sont assises en fait sur la valeur de la matière première. Si vous diminuez le pourcentage
05:01de taxes, mais que la matière première continue de flamber, comme ça a été le cas cette nuit,
05:05plus 30% jusqu'à 120 dollars le baril, les taxes elles vont continuer en fait d'arriver dans les
05:09caisses de l'État, j'ai envie de dire même à son corps défendant.
05:12Aurélie Hervement, que peut faire le gouvernement ? Parce que les contrôles dans les 500 stations-service, est-ce que
05:17c'est une réponse satisfaisante ça, notamment pour le reste de la classe politique ?
05:20En tout cas, le gouvernement est obligé de montrer qu'il se soucie de ce sujet, c'est un sujet
05:25du quotidien.
05:26On sait que le carburant, c'est un sujet explosif en France, je ne veux pas vous refaire l'histoire
05:30des gilets jaunes.
05:31On sait que le prix à la pompe, c'est un irritant pour l'opinion publique.
05:35Donc le gouvernement n'a pas forcément envie de baisser les taxes, n'a pas très envie non plus de
05:41faire des chèques carburants.
05:43Ça aussi, on l'a déjà fait parce qu'on a des gros problèmes budgétaires en France, on en a
05:46beaucoup parlé ces derniers mois.
05:48Donc là, effectivement, le gouvernement se dit puisé dans les stocks stratégiques.
05:52Alors on l'avait fait de mémoire la dernière fois, c'est en 2022 quand il y avait une longue
05:56grève dans les raffineries,
05:58en se disant ça va permettre peut-être de faire baisser le prix à la pompe parce que les autres
06:01sujets sont coûteux pour l'État.
06:04Et puis là, le vrai risque, c'est le coût politique.
06:06On est en campagne pour les élections municipales.
06:09Alors les macronistes n'ont pas grand-chose à perdre ou à gagner puisqu'ils ont très peu de maires
06:13sortants
06:14et ne jouent pas les premiers rôles pour les municipales, mais ça peut faire, sans mauvais jeu de mots,
06:17du carburant électoral pour le Rassemblement National, pour la France Insoumise,
06:22puisque Paul le rappelait, effectivement, la France Insoumise dit qu'il faut bloquer les prix,
06:25le Rassemblement National qu'il faut baisser les taxes.
06:27Donc le gouvernement est un petit peu piégé et donc à se pisaler, de dire déjà on va contrôler,
06:34voir concrètement ce qui se passe autour des prix à la pompe,
06:37est-ce qu'il y a des abus de la part des distributeurs ?
06:40Et on fait ces contrôles. En fin de semaine, on revoit les distributeurs.
06:43Roland Lescure, la semaine dernière, effectivement, sur France Insoumise disait
06:46« S'ils abusent, ils entendront parler de moi ».
06:48Le gouvernement, donc, veut se rappeler aux bons souvenirs des distributeurs pour qu'il n'y ait pas d'abus.
06:54Mais c'est vrai que pour faire un effort financier pour aider les Français,
06:57là, c'est vraiment pas l'option privilégiée parce que les caisses sont vides.
07:00Et aller piocher dans les stocks stratégiques, c'est une solution ça, Paul ?
07:03Alors en tout cas, c'est une option envisagée, c'est ce qu'a confirmé auprès de France Insoumise,
07:06une source au sein de l'exécutif ce matin.
07:09Pour être très clair, cette mesure-là va d'abord être discutée dans le cadre du G7,
07:14les 7 pays les plus puissants.
07:16G7 déministre de l'énergie qui va avoir lieu aujourd'hui,
07:19donc dans le cadre de cette réunion stratégique.
07:22Vous parliez des stocks et des réserves, ce serait évidemment un geste.
07:26On se faisait la réflexion juste avant l'émission avec Aurélie.
07:30Normalement, il y a de la marge avant d'aller piocher dans les stocks et les réserves.
07:33On est sur trois mois de réserve, ce qui peut-être pose la question de savoir à quel point le
07:39gouvernement ne va pas céder au vent de panique.
07:41On a vu dès la semaine dernière des files d'attente auprès des stations-service, une ruée des Français.
07:46Et Aurélie expliquait bien que par ailleurs, on est en semaine électorale et que tout cela peut aussi donner du
07:51carburant aux uns.
07:52Ça changerait quoi d'aller piocher dans ces stocks ?
07:54L'idée, c'est quand même de faire baisser les prix, ce qui est la priorité du gouvernement.
07:59Les distributeurs seront à nouveau convoqués à Bercy.
08:02C'est ce que disait Maud Bréjon ce matin sur RTL.
08:05L'idée, c'est vraiment de maintenir des prix les plus attractifs possibles,
08:08que l'envolée ne dépasse pas les compteurs et que tout cela ne devienne pas incontrôlable pour le gouvernement.
08:13On sent bien qu'il y a la volonté pour l'exécutif de chercher à réguler tout cela.
08:17Pour rebondir sur ce que disait Raphaël à l'instant,
08:19en se battant les distributeurs qui sont accusés de se gaver,
08:23que les pétroliers aussi, Total pour ne citer que lui, en fait partie.
08:27C'est le cas d'autres également.
08:29La marge, elle est là-dessus.
08:30Et je pense que la vigilance et les contrôles qui vont être menés par le gouvernement,
08:34les 500 contrôles décrétés d'ici à mercredi,
08:36ont pour objet de veiller à cela.
08:38Et pour répondre à votre question, l'idée, c'est vraiment d'endiguer la hausse,
08:42de la maîtriser le plus possible.
08:43Raphaël Kahn, est-ce qu'il y a des profiteurs de guerre ?
08:46C'est la question, évidemment, aujourd'hui.
08:48Il y a en fait des mécanismes de marché à partir du moment
08:51où l'économie et le marché des matières premières sont régulés
08:55par la loi de l'offre et de la demande.
08:56Il y a mécaniquement en fait des anticipations de la part des acteurs.
09:00Est-ce qu'on peut parler de profiteurs de guerre ?
09:02Disons qu'aujourd'hui, on anticipe des difficultés d'approvisionnement
09:05qui vont de toute manière se matérialiser.
09:07C'est-à-dire que même si aujourd'hui,
09:09les stations-services continuent de vendre du pétrole,
09:11acheter du temps de l'abondance,
09:13on le sait, les assureurs exigent davantage pour transporter du pétrole aujourd'hui.
09:17Et ça va forcément se répercuter sur les coûts du pétrole acheté demain
09:20et vendu après-demain en station-service.
09:23Aurélie Herbement ?
09:23Et puis il y a toujours ce problème, ce nœud du problème pétrolier
09:27qui est le détroit d'Ormouz où transitent 20% des stocks mondiaux de carburant.
09:34Et sauf que ce détroit, il est toujours impraticable à cause des frappes.
09:38Donc c'est pour ça qu'il y a ce volet très devant les Français.
09:42On dit qu'on peut envisager les stocks stratégiques,
09:45qu'on contrôle les distributeurs.
09:47Et puis il y a le volet aussi diplomatique sur lequel s'active Emmanuel Macron.
09:51Il a dit hier, puisqu'il a parlé au président iranien,
09:55il faut permettre à la navigation maritime de reprendre dans le détroit d'Ormouz.
09:59Bon, c'est vrai que pour le carburant, ça permettrait d'être une soupape de sécurité
10:04qui s'ouvrirait.
10:05Sauf que pour l'instant, on n'y est pas.
10:07Le détroit d'Ormouz reste toujours impraticable.
10:09Donc forcément, ça crée une tension sur les prix
10:11et qui peut durer.
10:12Et bien malin qu'il peut le dire.
10:14Dans un instant, que pèse la voix de la France dans cette guerre ?
10:18Mais tout de suite, il est 9h16 et c'est l'Info en une minute avec Philippine Thibaudot.
10:23Sept vols supplémentaires dans les prochains jours
10:25pour rapatrier des Français du Moyen-Orient.
10:27C'est ce qu'indique ce matin le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barraud.
10:3115 000 déjà rapatriés par des vols commerciaux.
10:34Et 900 ressortissants les plus vulnérables rapatriés par le gouvernement.
10:38Face au risque de pénurie de pétrole due à la guerre,
10:41le recours aux réserves stratégiques est une option envisagée par le gouvernement.
10:46Il est trop tôt en revanche pour parler de nouvelles aides à l'achat de carburant,
10:50a déclaré la porte-parole du gouvernement.
10:52Emmanuel Macron est à Chypre aujourd'hui pour montrer le soutien de la France
10:56aux pays de l'Union européenne.
10:57Touché par des drones la semaine dernière,
10:59la Turquie annonce y déployer six avions de chasse F-16
11:03au nord du pays pour renforcer sa sécurité.
11:06En Belgique, une explosion dans la nuit devant une synagogue à Liège.
11:09Aucun blessé, seul des dégâts matériels.
11:11La raison est encore indéterminée, indique la police.
11:14Et puis déjà le troisième jour, des Jeux paralympiques d'hiver.
11:17Et après les trois médailles françaises décrochées ce week-end,
11:20de nouveaux podiums en vue notamment en Paris-Squielpin.
11:23Les Français ont ouvert le bal il y a 15 minutes.
11:27France Info
11:30Les informés
11:32Paul Barcelone
11:33Agathe Lambret
11:36Les informés avec Raphaël Kahn de France 24
11:39et Aurélie Herbemont
11:40pour France Info.
11:42Paul, sur le plan diplomatique, en tout cas,
11:44Emmanuel Macron s'active sur tous les fronts.
11:46Oui, dans son rôle de médiateur.
11:47Alors du moins, l'espère-t-il ?
11:49Emmanuel Macron s'est entretenu hier soir
11:51avec le président iranien Massoud Pézechkian.
11:53C'est la première fois qu'un dirigeant occidental
11:55l'a au téléphone depuis le début du conflit.
11:58Coup de fil aussi à Donald Trump, le président américain.
12:01Bref, en dix jours, le président français
12:03aura eu la quasi-totalité des protagonistes du conflit au téléphone.
12:07On va se poser la question dans un instant
12:09de savoir si ces protagonistes-là l'écoutent vraiment.
12:12Le président sera en déplacement aujourd'hui à Chypre,
12:15pays de l'Union Européenne, faut-il le rappeler.
12:17C'est visé par des drones et des tirs de missiles la semaine dernière.
12:20C'est l'honneur de la France que de s'y rendre en solidarité,
12:24disait ce matin Jean-Noël Barraud,
12:25le ministre des Affaires étrangères,
12:27chef de la diplomatie française,
12:28invité de nos confrères de France Inter.
12:30Je crois qu'aujourd'hui, c'est la France
12:32qui sauve l'honneur de l'Europe
12:34en étant présente aux côtés de nos partenaires,
12:37y compris des pays européens,
12:38comme Chypre, où le président de la République
12:39se rendra aujourd'hui,
12:40mais aussi aux côtés des pays du Golfe,
12:43aux Émirats, au Qatar,
12:45où on est très reconnaissant pour l'action de la France
12:48en soutien à la défense de ces pays injustement attaqués par l'Iran
12:52alors qu'ils n'y étaient pour rien.
12:53Je rappelle qu'au large de Chypre,
12:55dès la semaine dernière, Emmanuel Macron avait annoncé
12:57l'envoi d'une frégate, un bateau militaire,
12:58le Languedoc,
12:59le porte-avions Charles de Gaulle
13:01est aussi arrivé en mer Méditerranée ce week-end.
13:04Et l'un des objectifs du jour,
13:06on a commencé à en parler,
13:07ce sera d'évoquer la sécurisation du détroit d'Hormuz
13:09par lequel passe 20% du commerce mondial.
13:13Chypre visait donc la semaine dernière par des drones
13:15et par des tirs de missiles.
13:17Emmanuel Macron, sur place à la mi-journée,
13:19s'exprimera vers 14h.
13:20C'est quoi l'objectif du président Aurélie Herbemont hier ?
13:23Dominique de Villepin a eu des mots durs
13:24contre Emmanuel Macron sur BFM
13:26disant que le président faisait du cinéma,
13:28qu'il voulait endosser un costume
13:30mais qu'il n'était pas à la tâche.
13:32Est-ce que c'est justifié ?
13:33Dominique de Villepin est régulièrement très virulent
13:36à l'égard de la diplomatie telle qu'elle est conduite
13:39par Emmanuel Macron.
13:40Bon, il y a un petit jeu politicien presque derrière.
13:43Dominique de Villepin a été Premier ministre,
13:45ministre des Affaires étrangères
13:46au moment de la guerre en Irak.
13:48Il avait dit au nom de la France
13:51non à cette guerre en Irak.
13:52Donc voilà, Dominique de Villepin
13:54considère que la diplomatie, c'était mieux
13:56sous son magistère Emmanuel Macron.
13:58Va à Chypre parce que c'est un pays de l'Union Européenne,
14:01c'est un pays qui a été visé la semaine dernière.
14:03La Méditerranée orientale se retrouve de fait
14:06complètement imbriquée dans ce conflit.
14:11Donc il y va pour témoigner de la solidarité,
14:13il y va aussi pour discuter avec les acteurs locaux
14:16et puis faire repasser un message
14:18en étant au plus près du terrain.
14:20Il ne sera pas dans la zone de conflit
14:22mais déjà Chypre sait se rapprocher
14:23du cœur des hostilités.
14:27Emmanuel Macron, il a un avantage
14:29sur la scène internationale,
14:31c'est qu'il est là depuis 2017.
14:32Donc il connaît quasiment tous les dirigeants.
14:35Ça lui donne une force
14:36par rapport à des premiers ministres britanniques,
14:40à des chanceliers allemands
14:41ou des dirigeants italiens,
14:43Giorgia Meloni.
14:44Eux, ils ont moins cette antériorité
14:46sur la scène internationale.
14:47Donc il arrive à parler à tout le monde.
14:48Hier, le président iranien, Paul le rappelait,
14:51Emmanuel Macron est le premier dirigeant occidental
14:52à lui parler.
14:54Sauf que, est-ce que derrière,
14:56ça se traduit forcément
14:57par des résultats concrets ?
14:58Emmanuel Macron appelle à la désescalade
15:01depuis le début du conflit.
15:03Pour l'instant, ça ne fonctionne pas vraiment.
15:05L'exemple le plus criant,
15:06c'est qu'en mercredi,
15:07il a Benyamin Netanyahou,
15:08le premier ministre israélien au téléphone.
15:10Il lui dit d'arrêter de taper sur le Liban
15:12pour faire simple.
15:13Bon, et là, je vois encore à l'instant
15:14une dépêche de l'agence France Presse
15:16qui dit que l'armée israélienne
15:17vient de frapper à nouveau
15:18la banlieue sud de Beyrouth.
15:20Donc ça n'a pas forcément d'effet.
15:21Il peut parler à tout le monde,
15:22mais ça n'est pas forcément suivi des faits.
15:24Raphaël Kahn, cet activisme diplomatique
15:29du président,
15:29qui a notamment le président iranien au téléphone,
15:31est-ce que ça sert à quelque chose ?
15:33Ça sert quand les belligérants, en fait,
15:34cherchent une sortie au conflit.
15:35Or, en ce moment,
15:36ils en sont encore à chercher une victoire.
15:38Alors, évidemment, pas du côté du Liban, bien sûr,
15:40mais Israël, les États-Unis,
15:41n'entendent pas aujourd'hui
15:42aller à la table des négociations.
15:44L'Iran non plus, d'ailleurs.
15:46Et c'est peut-être là, d'ailleurs,
15:47toute la surprise.
15:47Il y a une espèce de fuite en avant
15:48du côté du pouvoir iranien
15:49qui vient d'ailleurs de nommer
15:51Moshtaba Ramenei, le fils du guide suprême,
15:53pour lui succéder,
15:55ce qui est un geste de défiance évident
15:56envers Donald Trump,
15:57qu'il avait qualifié de poids plume
15:58la semaine dernière
15:59et indiquait que lui-même,
16:00le président américain,
16:01entendait avoir son mot à dire
16:02dans la succession.
16:03Donc, c'est plus un signe de durcissement
16:05qu'autre chose, cette nomination ?
16:06Très clairement,
16:07il y a une volonté,
16:08en tout cas du pouvoir iranien
16:09et des gardiens de la révolution
16:10parce que ce sont eux
16:11qui sont derrière la nomination
16:13de Moshtaba Ramenei
16:14qui, d'ailleurs,
16:15faut-il le rappeler,
16:16n'est pas lui-même
16:17un grand ayatollah.
16:17Il tire sa légitimité essentiellement
16:20de ces faits d'armes
16:21lors de la guerre Iran-Irak
16:22durant laquelle il avait noué
16:23des liens avec les gardiens
16:24de la révolution,
16:25des dirigeants éminents à l'époque,
16:2680-88.
16:28Et donc, aujourd'hui,
16:30il y a clairement
16:30dans l'annonce iranienne
16:32quelques jours
16:33après que Donald Trump
16:34ait posé cette désignation
16:36comme un Cassius Belli,
16:37la volonté de dire
16:38nous n'entendons pas négocier.
16:39Face à cela,
16:40que peut faire la France ?
16:40Finalement, pas grand-chose.
16:42Elle est face à des acteurs
16:43qui sont dans une forme
16:44de raidissement.
16:45Elle ne peut pas peser
16:46sur le cours de la guerre.
16:47Elle peut éventuellement peser
16:48sur celui de la sécurité maritime.
16:50On en revient notamment
16:50au détroit d'Hormuz.
16:52Et puis aussi,
16:53de ses partenaires,
16:54parce que,
16:54faut-il le rappeler,
16:55la France est liée
16:56par des accords
16:56de défense mutuelle
16:57avec Chypre,
16:59pays de l'Union européenne.
16:59On en parle moins
17:00que de l'OTAN,
17:01l'article 5,
17:02mais il y a un article 42
17:02au sein de l'Union européenne
17:03qui prévoit
17:04des accords de défense mutuelle.
17:05Alors, ça peut aller
17:06de la simple intervention diplomatique
17:08si l'intégrité territoriale
17:09d'un des États
17:10de l'Union européenne
17:11est menacée,
17:11mais pour autant,
17:12cela nous engage.
17:17possède une base.
17:17Et c'est ça qui est difficile
17:18à comprendre, Paul,
17:19c'est cette espèce d'équilibre.
17:21Emmanuel Macron insiste,
17:22il l'a dit dans un vocal
17:23sur Instagram,
17:24la France n'est pas partie
17:25à cette guerre.
17:26Et en même temps,
17:27la France déploie
17:28ses plus importants
17:29moyens militaires
17:30dans la région.
17:31Emmanuel Macron se rend à Chypre,
17:32il appelle le président iranien.
17:34Il faut tenir les deux bouts.
17:36C'est le en même temps
17:37diplomatique du président.
17:39Il y a effectivement
17:39cette position d'équilibriste.
17:41D'autant que,
17:42si on revient aussi
17:43à la genèse
17:44de ce qui s'est passé
17:44il y a tout juste 10 jours,
17:46Emmanuel Macron,
17:47il n'avait pas été prévenu
17:48des frappes par Donald Trump
17:50et Benyamin Netanyahou.
17:51Pourtant,
17:52il met en scène régulièrement
17:53sa proximité
17:54avec le président américain
17:55qui le sait aussi
17:56à un an de quitter le pouvoir
17:57qui le tourne régulièrement
17:58en dérision.
17:59Les relations
18:00avec Benyamin Netanyahou
18:01eu égard à ce que racontait
18:03Aurélie à l'instant
18:04sont notoirement difficiles
18:08pour faire simple,
18:10surtout depuis que la France
18:11a reconnu l'État de Palestine
18:13en réalité.
18:14La difficulté,
18:15la question qui se pose
18:16pour Emmanuel Macron
18:17c'est de savoir effectivement
18:18à quel point il est écouté.
18:19On voit bien
18:20qu'il essaye de montrer
18:21que la France a une voix,
18:22reste une puissance,
18:23qu'elle a un lien
18:24affectif particulier
18:25avec le Liban,
18:26avec cette région du monde,
18:27qu'elle peut encore
18:28exercer son influence.
18:30Mais le procès en impuissance
18:32guette toujours
18:33le président de la République
18:34dans ces cas-là.
18:36Évidemment,
18:36c'est très difficile
18:37d'être médiateur
18:37dans ce type de conflit.
18:39Ça oblige
18:39à une position d'équilibriste
18:41qui était extrêmement délicate
18:43et la chute est forcément facile.
18:45Est-ce que Donald Trump
18:46est condamné à l'enlisement,
18:48Raphaël Kahn ?
18:48Et est-ce que,
18:49on a vu que des soldats américains
18:52ont été tués,
18:53sept soldats américains tués,
18:55ça peut avoir des conséquences
18:56dans sa base MAGA ?
18:57Alors,
18:58d'autant plus,
18:58ça gâte qu'il n'a pas
18:59le soutien au-delà même
19:00de sa base,
19:01de son opinion publique.
19:02Parce que c'est ça
19:02toute la difficulté aujourd'hui
19:04pour Donald Trump,
19:04c'est qu'il a engagé
19:05les États-Unis
19:06dans une guerre
19:07sans l'aval du Congrès.
19:09Il n'est pas passé par le Congrès,
19:10il a 60 jours pour,
19:12pour l'instant,
19:13pouvoir continuer les manœuvres,
19:14mais il faudra bien,
19:14un jour ou l'autre,
19:15qu'il aille devant
19:17les représentants
19:17du peuple américain.
19:19Et puis surtout,
19:20sans l'aval de l'opinion publique,
19:21or on l'a vu dans le passé,
19:22le soutien à ce type
19:24d'intervention
19:24a tendance à s'amenuiser
19:26avec le temps.
19:27Il part déjà
19:27avec une base minoritaire
19:29dans l'opinion publique.
19:30On est à six mois
19:31des élections de mi-mandat,
19:33les mid-terms
19:33qui pourraient redessiner
19:35la carte politique
19:36aux États-Unis.
19:37Donc il se sait
19:38sous pression
19:38Donald Trump
19:39et il ne pourra pas
19:40durer longtemps
19:41dans le cadre
19:42de cette guerre
19:42sans avoir
19:43un moment ou un autre
19:44à rendre des comptes,
19:45qui plus est,
19:45sans préciser clairement
19:46les buts de guerre
19:47qui changent chaque matin.
19:48En tout cas,
19:49la France se prépare
19:50à un enlisement,
19:51potentiellement à une guerre
19:52qui dure, Aurélie ?
19:53Personne n'est capable
19:54de dire aujourd'hui
19:55combien de temps
19:55ça va durer,
19:56d'où les interrogations
19:57sur les prix du carburant
19:58puisque plus ça dure,
19:59plus ça va devenir problématique.
20:01Personne ne sait en réalité.
20:02Donald Trump,
20:03au premier jour du conflit,
20:04disait, allez,
20:04quatre à six semaines
20:05à peu près.
20:06Là, maintenant,
20:07c'est le temps
20:08qu'il faudra.
20:09En fait,
20:09Donald Trump,
20:10là, c'est l'archétype
20:11du président
20:11qui fait l'inverse
20:12de ce qu'il avait promis
20:13en campagne électorale
20:14puisque c'était
20:14on ne va pas aller
20:15dans des guerres
20:15au bout du monde
20:16dans des pays
20:17dont vous ne connaissez
20:17même pas le nom.
20:18C'est ce qu'il disait
20:18aux Américains.
20:19Bon, ben là,
20:20il a déclenché une guerre.
20:22Les buts de guerre
20:22sont effectivement très flous.
20:25Et puis,
20:25avec son allié Israël,
20:27Israël, on sait
20:27que le but de guerre
20:28est très clair.
20:29C'est un changement
20:29du régime à Téhéran.
20:30Donald Trump,
20:31on ne sait pas vraiment
20:32quel est le but de guerre.
20:33Donc, quand est-ce que
20:33vous considérez
20:34que vous pouvez terminer
20:35une guerre ?
20:35Normalement,
20:36quand vous avez atteint
20:37vos objectifs,
20:38mais quand les objectifs
20:38ne sont pas définis.
20:40Mystère et boule de chou.
20:40Juste pour répondre
20:41à votre question,
20:42essayez, Agathe,
20:43le conflit va durer.
20:44Oui, en tout cas,
20:44on pense l'exécutif.
20:46En croire, par exemple,
20:46Alice Ruffeau,
20:47la ministre déléguée
20:48auprès de la ministre
20:49des Armées
20:49qui s'exprimait hier
20:50chez nos confrères
20:51de la tribune dimanche,
20:52c'est aussi le sens
20:54et l'interprétation
20:55qu'on peut faire
20:55de l'envoi, par exemple,
20:56du porte-avions Charles de Gaulle
20:58qui est arrivé ce week-end
21:00dans Mer Méditerranée.
21:01On se doute bien
21:01que si la France pensait
21:03que le conflit ne durerait pas,
21:04elle n'aurait pas forcément
21:04envoyé son fleuron
21:06de l'arsenal militaire,
21:08que la mobilisation est décrétée,
21:10on le voit bien,
21:10autour du prix des carburants,
21:11qu'Emmanuel Macron
21:12adapte sans cesse son agenda,
21:14multiplie les coups de fil
21:15et cela rejoint
21:16ce qu'on se disait à l'instant
21:17sur la position d'équilibriste
21:19après son allocution
21:20de la semaine dernière.
21:21La multiplication des conseils
21:23de défense,
21:23il y en aura d'autres
21:24certainement dans les prochaines heures.
21:26Oui, il y a quand même
21:26une tendance à penser
21:27que ce conflit va durer.
21:28Merci beaucoup les informés.
21:30On en reparlera sur ce plateau.
21:32Merci Raphaël Kahn,
21:33présentateur du 20h-22h
21:35et de l'émission Le Monde
21:36dans tous ses états
21:36sur France 24.
21:37Merci Aurélie Herbemont,
21:39chef adjointe du service politique
21:40de France Info.
21:41Et merci Paul.
21:42C'est un plaisir.
21:43Vous retrouvez les informés
21:44ce soir à 20h
21:46avec Victor Mathé.
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