Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 semaine
Tous les jours, les informés débattent de l’actualité autour de Agathe Lambret et Renaud Dély.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Générique
00:00...
00:01Bienvenue dans Les Informés, votre rendez-vous de décryptage de l'actualité.
00:11Bonjour Renaud Delis.
00:12Bonjour Agathe.
00:13Deux sujets à la une ce matin.
00:14Jusqu'où ira le bras de fer entre Donald Trump et les Européens ?
00:18L'Europe a-t-elle les moyens de résister ?
00:21Et puis, primes d'activité, repas à 1 euro,
00:24combien vont coûter les nouvelles dépenses du budget ?
00:27Pour nous éclairer ce matin, nos informés, Gilles Bernstein,
00:30présentateur des 4 vérités, tous les matins à 8h10 sur France 2.
00:34Bonjour Gilles.
00:35Bonjour Agathe, bonjour à tous.
00:36Et Alexandra Saviana, grand reporter à l'Express.
00:38Bonjour Alexandra.
00:39Bonjour Agathe.
00:40On commence par notre premier débat, Renaud.
00:42Trump contre l'Union Européenne, jusqu'où ira l'escalade ?
00:45Le président américain qui va débarquer dans quelques heures au sommet de Davos,
00:48où il doit s'exprimer dans l'après-midi, il doit prononcer un discours.
00:50Il a également annoncé son intention d'organiser des réunions à propos du sort du Groenland.
00:55On ne sait pas encore bien d'ailleurs avec qui.
00:57En l'occurrence, Emmanuel Macron est d'ores et déjà reparti.
01:00Il a quitté Davos après son discours hier.
01:02Le premier ministre britannique, Kirsten Amer, ne fait pas non plus le déplacement.
01:05Et puis on le sait, Donald Trump menace l'Europe d'une nouvelle salve de droits de douane supplémentaires
01:09de 10% dès le 1er février, qui pourrait grimper à 25% au 1er juin,
01:14tant qu'il n'a pas justement réussi à prendre possession du Groenland.
01:19Il a même menacé la France d'imposer des droits de douane de 200% sur les vins et champagnes,
01:22parce qu'Emmanuel Macron refuse à ce stade de rejoindre le fameux Conseil de l'APEC
01:27que le président américain essaye de mettre en place.
01:30Et hier, à Davos, le chef de l'État a répliqué à Donald Trump.
01:35Les États-Unis exigent des concessions maximales,
01:39des concessions qui s'ajoutent à une accumulation sans fin de nouveaux droits de douane
01:43fondamentalement inacceptables,
01:44d'autant plus lorsqu'ils sont utilisés comme moyen de pression contre la souveraineté territoriale.
01:49Et le Parlement européen a lui décidé hier de geler la ratification de l'accord commercial
01:55qui a été conclu l'été dernier entre Bruxelles et Washington.
01:57Alors jusqu'où peut aller ce bras de fer entre les États-Unis et l'Union européenne ?
02:01Jusqu'où Donald Trump peut d'ailleurs surenchérir ?
02:03Peut-être dès aujourd'hui à l'occasion de son discours à Davos.
02:06Et l'Union européenne a-t-elle les moyens de répliquer aux assauts de Donald Trump ?
02:10Comment Donald Trump peut réagir à la décision de geler la ratification de l'accord commercial
02:18conclu entre l'Union européenne et les États-Unis ?
02:21Alexandra Savena, est-ce qu'il voit qu'il a du répondant en face ?
02:25Que ça pourrait aussi être difficile pour lui ?
02:27Alors c'est la grosse question.
02:29C'est très difficile de prévoir ce que va faire Donald Trump.
02:32Et honnêtement, je ne m'y risquerai pas.
02:33Ce qu'on voit là dernièrement dans son discours de cette nuit aux médias américains,
02:39c'est qu'il parle de discussions, notamment à Davos, avec les partenaires européens.
02:43Bon, il continue de traiter l'Europe un peu en enfant dissipé.
02:48Il a encore dit hier, quand je ne suis pas là, il se comporte mal.
02:51Quand je suis là, il se comporte bien.
02:54Donc pour l'instant, on n'a pas non plus l'impression que la réponse de l'Union européenne
02:58a été suffisamment forte pour l'impressionner.
03:01La grosse question, c'est est-ce que les Européens vont réussir à s'entendre
03:04et à avoir une réelle réponse ferme et parler d'une même voix ?
03:09Là, pour l'instant, on a l'impression que l'Allemagne et la France
03:12sont en train de s'aligner sur la réponse.
03:15L'Allemagne est en train de changer un peu, d'évoluer.
03:18De fil d'épaule et de se dire peut-être que finalement,
03:20ce fameux instrument anti-coercition, ce fameux bazooka,
03:25pourrait peut-être être utilisé.
03:26Ce sont nos confrères de Politico qui en parlaient hier.
03:29Maintenant, il reste toute la question de l'Italie, de la Pologne,
03:33qui eux ne sont pas non plus extrêmement très...
03:37qui ne sont pas pro cet instrument de coercition.
03:42Donc la question, c'est est-ce qu'on va réussir ?
03:44Parce qu'il faut un vote de...
03:45Il faut une majorité qualifiée.
03:46Une majorité qualifiée de 15 personnes au Conseil de l'Europe pour pouvoir le passer.
03:50Et est-ce que l'Europe va réussir à parler d'une même voix ou pas ?
03:53Et la grosse question aussi qui se pose, pour terminer,
03:56c'est la question de l'OTAN.
03:57C'est très important parce que là, à Davos, on a toujours eu quelqu'un.
04:01C'est Marc Routte, le chef de l'OTAN, qui, lui, est toujours un peu coincé
04:04entre son côté obsécu à Donald Trump et sa volonté d'être du côté des Européens.
04:10Donc, si jamais Marc Routte continue dans sa démarche d'être très proche de Donald Trump,
04:16de toujours vouloir le flatter,
04:17est-ce qu'on va avoir cette crédibilité que les Européens veulent avoir désormais
04:21alors qu'on tente d'adopter un ton beaucoup plus ferme avec Trump ?
04:25C'est ça le problème, Gilles Bornstein.
04:28Certains pays ont envie d'être très fermes,
04:30mais il faut être plusieurs pour peser, pour être ferme.
04:33C'est quoi la solution aujourd'hui ?
04:35Est-ce que cet instrument anti-coercition, c'est une arme crédible face à Trump ?
04:39En tout cas, c'est une arme, oui, c'est une arme crédible
04:41et c'est une arme extrêmement forte et violente.
04:45L'activer nous ferait rentrer vraiment dans une zone d'incertitude,
04:50si tant est qu'on ait besoin d'incertitude.
04:52On est déjà dans une incertitude, on ne sait jamais comment Trump
04:55va réagir.
04:57Alexandra disait qu'il y a un doute sur l'Italie.
05:00Je crois qu'il n'y a pas tellement de doute sur l'Italie.
05:02Je sais qu'à Paris, on a peu d'espoir que l'Italie accepte d'utiliser ce bazooka.
05:07On sait que la France le veut.
05:09On sait que, comme souvent, c'est l'Allemagne qui va faire la différence.
05:12Est-ce que l'Allemagne va être plutôt à l'Anne ?
05:14On sait que l'Allemagne et Ursula von der Leyen, qui est allemande,
05:18et le chancelier étaient plutôt pour, à chaque fois, essayer d'accommoder les choses
05:23parce qu'ils ont des enjeux importants.
05:25Que va faire l'Allemagne ? On ne le sait pas.
05:29Cette clause, c'est extrêmement violent.
05:31Ça veut dire que, sur simple décision, la Commission peut décider, par exemple,
05:34de couper X en France.
05:35C'est à l'importation.
05:37On peut décider qu'un certain nombre de produits américains
05:39ne rentrent plus en France instantanément,
05:42ou que des produits européens ne peuvent plus aller aux États-Unis.
05:46Il y a par exemple...
05:46Et donc, ça ferait des dégâts énormes.
05:47C'est peut-être pour ça que ça n'a jamais été activé encore depuis la création.
05:49Ça ferait des dégâts.
05:51Ça peut avoir une importance considérable.
05:53Donc, c'est une arme très...
05:55Imaginez-vous que ça a été conçu, réfléchi pendant longtemps,
05:59pour lutter contre la Chine et les pratiques anticoncurrentielles de la Chine.
06:03Alors, le fait que l'Union envisage de l'utiliser contre les États-Unis,
06:08avant de l'utiliser contre la Chine,
06:10dit beaucoup du contexte dans lequel on est.
06:13Mais c'est vous dire la dureté de la chose.
06:16Et puis, si c'est activé,
06:18c'est vrai que même à Paris,
06:19où je pense qu'on est pour l'activation,
06:21on ne cache pas que ça nous fait rentrer dans une zone d'incertitude
06:24où déjà Trump est difficilement prévisible
06:27pour ses réponses aux choses auxquelles il s'attend.
06:30Comment réagirait-il à cette arme extrêmement massive ?
06:35Personne ne le sait.
06:36Renan ?
06:36À ce stade, il ne faut pas se tromper, c'est une arme de dissuasion.
06:38Le fait qu'Emmanuel Macron l'évoque,
06:40que l'Allemagne éventuellement soit susceptible de s'y rallier,
06:43même si on n'a pas forcément déjà une majorité qualifiée,
06:45l'outil anti-coercition, c'est une arme de dissuasion,
06:48puisque Donald Trump n'est pas encore repassé aux actes, en quelque sorte.
06:51C'est-à-dire qu'il annonce de nouvelles safes de droits de douane
06:54de 10%, voire 25% supplémentaires.
06:58Évidemment, la France a même un traitement de faveur,
07:00si j'ose dire, sur les vins, les champagnes, etc.
07:02Pour l'instant, on est au stade des menaces.
07:03Donc l'idée, c'est là de montrer que l'Union européenne a des instruments
07:06pour répondre et d'essayer de le dissuader.
07:09En fait, peut-être que les Européens sont en train de prendre conscience
07:12qu'il y a un divorce en cours.
07:13Le fait qu'il y a un divorce en cours entre les États-Unis et l'Europe,
07:18le problème d'un divorce, c'est que lorsque c'est par consentement mutuel,
07:21ça peut se passer correctement et de façon apaisée.
07:24Là, ce n'est pas le cas.
07:24Ce ne sont pas les Européens qui veulent ce divorce.
07:26De toute évidence, c'est Donald Trump,
07:28pour de multiples raisons, commerciales, territoriales aussi,
07:31avec ses visées sur le Groenland, les deux étant liés d'ailleurs.
07:35Et donc, il s'agit pour les Européens de montrer que s'il veut
07:38et s'il y a effectivement divorce, ça va lui coûter cher, si j'ose dire.
07:41Il y a cet outil anti-coercition.
07:43Il y a aussi une liste de droits de contre-sanction
07:46qui cible 93 milliards d'euros de produits américains.
07:49Cette liste, elle a été élaborée l'an dernier.
07:51Elle a été suspendue, puisqu'il y a un accord commercial qui a été conclu,
07:54même s'il est gelé, alors qu'il est sur décision du Parlement européen hier.
07:57Mais elle peut tout à fait être activée et dégainée très rapidement d'ailleurs,
08:01dès le début du mois de février, si de son côté, Donald Trump passe à l'acte.
08:05Donc là, il y a une espèce de rapport de force qui se met en place
08:08avec, autour de ce rapport de force et des visées en particulier commerciales
08:12ou stratégiques de Donald Trump, tout ce qui relève de la mousse,
08:15c'est-à-dire les commentaires, les provocations de Donald Trump.
08:20Notamment sur Emmanuel.
08:21Emmanuel, c'est un copain, c'est un bon gars, il est sympa,
08:23mais il n'est plus là pour longtemps.
08:24Jusqu'où êtes-vous prêts à aller sur le Groenland ?
08:28Lui, on demandait des gens à l'est-américain hier lors d'une conférence de presse.
08:30Il a dit, vous verrez bien.
08:31Bon voilà, tout ça, c'est la mousse, c'est l'entertainment en quelque sorte.
08:34C'est le show Trump habituel.
08:36Mais il faut évidemment regarder le fond, il ne faut pas regarder le doigt.
08:39Il faut regarder la lune, je ne sais pas.
08:40Et c'est aussi une arme psychologique, en fait, de la part de Donald Trump
08:44de déstabiliser le président français,
08:45de le décrédibiliser sur la scène internationale
08:48au moment où il est en plein bras de fer avec les Européens.
08:51Oui, c'est sa technique habituelle.
08:55Et en fait, pour revenir sur ce que Renaud disait sur le divorce,
09:00en fait, c'est très frappant, c'est que les Européens n'ont pas envie de ce divorce.
09:04Donc, ils ont tous, malgré tout, encore tendance à croire
09:08que les États-Unis vont revenir à la raison, entre guillemets.
09:11Tout le monde attend les élections de mi-mandat qui vont arriver dans l'année
09:15en se disant que Trump va perdre, effectivement.
09:17Donc, peut-être que là, le Congrès pourra faire un contrepoids.
09:20Je signale qu'en ce moment, à Davos, il y a une délégation parlementaire
09:24de Républicains et de Démocrates qui passe entre les diplomates européens
09:27et qui leur dit « rassurez-vous, on va y arriver ».
09:29Mais le problème, c'est qu'aujourd'hui, il y a une incertitude sur les Républicains au Congrès
09:34qui, même s'ils s'opposent à Donald Trump,
09:36certes, si certains s'opposent à Donald Trump sur le Groenland,
09:39beaucoup, aujourd'hui, ont tendance à vouloir s'aligner, malgré tout, avec le président
09:44parce qu'encore une fois, il y a les élections de mi-mandat qui arrivent
09:47et qu'il vaut mieux avoir le soutien du président si on veut gagner une énexion
09:50et pas la perdre.
09:52Et je conclurai ça par un exemple.
09:55C'est le sénateur du Texas, Ted Cruz,
09:57qui, encore ce week-end, a dit à la télé américaine
10:00que finalement, le Groenland, c'était nécessaire pour les États-Unis
10:03et que Donald Trump avait raison.
10:05Et lui, en primaire, pendant la primaire républicaine de 2016,
10:09il avait eu une parole assez prophétique.
10:10Il avait dit « Donald Trump est fou, attention, il ne faudrait pas qu'il envisage d'envahir le Danemark ».
10:17Donc, c'est-à-dire que les républicains ont complètement changé de visage.
10:20En 2016, une telle annexion était inenvisageable
10:24et aujourd'hui, ils sont là « bon, pourquoi pas ? »
10:26On va continuer.
10:28Jill Bernstein, pardon.
10:29Juste un mot, il y a un éléphant dans la pièce, c'est l'Ukraine.
10:31C'est-à-dire qu'il y a aussi l'idée que, en Europe,
10:35on a peur que si on met des bâtons dans les roues,
10:37enfin, que le fait de mettre des bâtons dans les roues à Donald Trump
10:40sur le Groenland, s'il a vraiment envie du Groenland,
10:43eh bien, qu'il ait quand même de rétorsion de dire
10:45« si vous ne me laissez pas tranquille sur le Groenland,
10:47j'abandonne, je vous abandonne vis-à-vis de l'Ukraine ».
10:51Et on sait que, quoi qu'on en dise,
10:53c'est compliqué pour les Européens de conserver leurs ambitions de défense de l'Ukraine
10:57si les États-Unis s'en vont.
11:00Dans un instant, on va se pencher sur le budget
11:03et les nouvelles mesures pour le pouvoir d'achat,
11:06notamment combien ça va coûter tout ça.
11:08Mais tout de suite, il est 9h17 et c'est l'Info en une minute avec Maureen Suignard.
11:12Le gestionnaire du réseau Ferroviaire affirme que les conditions météo sont en cause.
11:17En Espagne, un train de banlieue qui rejoignait Barcelone
11:19a percuté des débris de murs qui venaient de s'effondrer.
11:22L'accident a fait un mort et cinq blessés graves.
11:25Dimanche, deux trains sont entrés en collision en Andalousie.
11:28Au moins 42 personnes ont été tuées.
11:30Le bilan s'est alourdi.
11:31Les Européens devraient éviter un réflexe de colère au sujet du Groenland.
11:35Déclaration de Scott Bessend, le secrétaire américain au Trésor.
11:39Donald Trump veut toujours s'emparer du territoire danois.
11:42Les Européens refusent.
11:43Le président américain menace d'instaurer des droits de douane.
11:46Le sujet sera au cœur de discussions à Davos.
11:49Donald Trump doit arriver cet après-midi au Forum économique mondial.
11:52Les ZFE, les zones à faible émission, vont-elles être supprimées ?
11:56Ces zones où les voitures les plus polluantes sont interdites.
11:59En commission mixte, des députés et des sénateurs se sont mis d'accord pour proposer leur suppression.
12:04Mesures soumises au vote la semaine prochaine à l'Assemblée nationale et au Sénat.
12:08Et puis 10% de visiteurs en moins au marché de Noël de Strasbourg.
12:11Un peu plus de 3 millions de personnes sont tout de même venues le visiter.
12:15Une baisse après une édition 2024 record.
12:17Les informés avec Alexandra Saviana, grand reporter à l'Express,
12:33et Gilles Bornstein, présentateur des 4 vérités sur France 2.
12:36Renon passe à notre second débat.
12:39Il y a beaucoup de mesures qui ont fait plaisir au parti socialiste
12:43et qui vont coûter peut-être un certain prix dans ce budget 2026.
12:46Dans ce budget, ce marathon budgétaire qui touche à son terme.
12:49On approche de la fin de ce marathon budgétaire.
12:52On n'a pas encore l'issue, mais ça fait des mois et des mois qu'on est en débat.
12:56On sait que Sébastien Lecornu a décidé de déclencher l'article 49.3
13:00pour mettre un terme à ce marathon.
13:02Il l'a fait hier déjà sur la partie recette du budget.
13:05Il devra le faire sur la partie dépense et sur l'adoption globale et définitive du budget.
13:12Et vous l'avez dit, en tout dernier lieu, pour justement obtenir l'indulgence du groupe socialiste
13:18qui a déjà annoncé qu'il ne voterait pas les motions de censure présentées par le Rassemblement National et les Insoumis.
13:23Il a fait de nouvelles concessions socialistes, notamment en matière de soutien au pouvoir d'achat,
13:28de généralisation des repas étudiants à 1 euro, un coup de pouce aussi au logement qui est assez coûteux.
13:34Et puis, une hausse de la prime d'activité qui concerne les plus faibles revenus.
13:39Alors, qui est concerné ? Combien ça va coûter ?
13:42La réponse, il y a quelques minutes, de celui qui était votre invité ici sur ce plateau,
13:45Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail et des Solidarités.
13:49C'est quand même 3 millions de foyers, de travailleurs modestes, le SMIC au légèrement au-dessus du SMIC,
13:54qui vont recevoir en moyenne 50 euros de plus par mois, ce qui fait 600 euros par an.
13:58Voilà, donc déjà, il faut se rejouir, c'est une mesure de pouvoir d'achat sur les travailleurs
14:01qui se lèvent tous les matins pour aller travailler, modestes dans leurs revenus.
14:05Alors, est-ce que Sébastien Lecornu a raison de dire dans une lettre que ce budget,
14:13il est du côté des travailleurs, Gilles Bornstein ?
14:16C'est vraiment ça qui est en retard ? Notamment à travers cette prime d'activité ?
14:20Oui, enfin, on dit du côté du pouvoir que ce budget ne heurte pas les fondamentaux du macronisme,
14:25dans le sens où, effectivement, on veut favoriser le travail et que la prime d'activité, c'est un moyen.
14:29Comme l'a dit Jean-Pierre Farando avec ton micro, c'est un moyen de récompenser la France qui se lève tôt,
14:35aurait dit Nicolas Sarkozy, est un moyen de récompenser les gens qui vont travailler
14:38et que le travail ne rémunère pas assez.
14:40Sauf que théoriquement, dans l'idée macroniste à l'origine, c'était les entreprises qui devaient rémunérer suffisamment le travail
14:47et pas l'État qui devait faire la soudure entre le réel et le souhaitable.
14:53Exactement, on ne parle pas d'augmentation de salaire, là on parle d'augmentation de la prime d'activité
14:57pour ceux, justement, qui ne sont pas assez payés.
14:59Et donc, c'est un demi-succès, comme ils l'ont dit.
15:02C'est vrai que ça récompense le travail, mais ça prouve l'échec de cette politique
15:07à ce que le monde économique, le libéralisme suffisent à rémunérer suffisamment ceux qui travaillent.
15:15Parce que c'est vrai que les entreprises ne le font pas.
15:17Alors, vous avez demandé tout à l'heure au ministre du Travail
15:19pourquoi ce n'était pas des augmentations de salaire ?
15:22Il vous a répondu, nous, on ne décide pas pour les entreprises.
15:26Mais c'est vrai que, par exemple, ils pourraient augmenter le SMIC, ce qu'ils ne font pas.
15:29Parce que l'augmentation du SMIC, oui, c'est une décision de l'État
15:31à laquelle les entreprises doivent se soumettre.
15:37Après, la question, c'est est-ce que les 8 milliards d'impôts,
15:40de surprimes d'impôts sur les bénéfices des grandes entreprises,
15:45est-ce que ça va nuire à l'activité économique et, in fine,
15:48est-ce que ça va nuire aux salaires et aux salariés ?
15:51Au gouvernement, on dit, de toute façon, les entreprises s'y attendaient,
15:54elles l'ont toutes provisionnées, ce qui est certainement vrai.
15:56Vous êtes directeur financier d'une des 300 plus grandes entreprises françaises,
15:59vous lisez le journal et vous savez que vous risquez d'avoir cette taxe
16:01et vous l'avez provisionnée.
16:03Maintenant, est-ce que ça fera des investissements en moins
16:05qui, à la fin, feront des emplois en moins ?
16:08C'est le pari du gouvernement, on verra.
16:10Pourquoi le gouvernement n'a pas augmenté le SMIC
16:12ou mis la pression sur les entreprises pour qu'elles augmentent les salaires
16:14plutôt que de se contenter d'augmenter la prime d'activité, Alexandra Saviana ?
16:18Le SMIC est indexé sur l'inflation, l'inflation a considérablement ralenti,
16:22donc ça devient difficile, effectivement, de demander cette augmentation-là.
16:26Et concernant les entreprises, on peut se douter que,
16:29étant donné que c'est Patrick Martin, le patron du MEDEF,
16:33qui parle notamment de la CVAE,
16:36un impôt de production, qui devait être levé, finalement, non, finalement, oui.
16:41Les multiples changements de pied du gouvernement font que ça crée l'incertitude,
16:44donc on peut se douter que Sébastien Lecornu a préféré passer par la prime d'activité
16:49pour éviter, justement, d'encore plus froisser les entreprises et le MEDEF.
16:55Parce que les patrons sont extrêmement en colère après ce budget, Renan ?
16:58Parce que, quoi qu'on dise le Premier ministre, c'est un budget qui est très politique, en fait.
17:01Ce n'est pas un budget vraiment économique avec une trajectoire extrêmement claire.
17:04C'est-à-dire un budget très politique, on l'a dit déjà,
17:06pour obtenir la non-censure au Parlement de la part des socialistes,
17:10d'où un certain nombre de concessions majeures qui ont été faites aux socialistes,
17:13dans le cadre de cette quête d'un compromis politiquement très difficile à bâtir.
17:17Et puis, c'est un budget aussi, entre guillemets, très politique.
17:20Et c'est la raison pour laquelle il joue sur la prime d'activité,
17:24plutôt que sur une augmentation du SMIC, par exemple,
17:26un coût de ce SMIC ou autre.
17:27C'est pour ne pas fâcher davantage les chefs d'entreprise,
17:30qui sont d'ores et déjà fâchés par un certain nombre de contributions
17:33que le gouvernement leur demande depuis l'année dernière,
17:36mais qui sont perpétuées, notamment avec cette surtaxe sur les grandes entreprises.
17:39Parce qu'en fait, il y a quand même, il y a évidemment une inflexion
17:42qui est liée à la situation politique, à l'absence de majorité,
17:44à la faiblesse du pouvoir actuel d'un point de vue politique.
17:47Il y a une inflexion, c'est-à-dire que les chefs d'entreprise
17:49ont été mal habitués ou bien habitués,
17:52ça dépend de quel point de vue on se place,
17:54depuis de nombreuses années,
17:55à être les interlocuteurs privilégiés du gouvernement
17:58pour justement cette politique dite de l'offre,
18:00basée sur des allègements de charges massifs,
18:04justement supposés produire de l'activité, de la croissance et de l'emploi.
18:07– Qui ne sont pas remis en cause.
18:08– Voilà, qui ne sont pas remis en cause pour l'essentiel,
18:11mais, et c'est ce dont se félicite en particulier Renaissance,
18:14– Exactement.
18:15– Mais qui sont quand même écornés justement
18:17par un certain nombre de contributions fiscales,
18:19par des hausses d'impôts, et puis…
18:21– Et par des promesses non tenues aussi.
18:23– Ou par l'abandon de suppression d'impôts,
18:24la fameuse cotisation sur la valeur ajoutée,
18:27effectivement, la CVAE,
18:29qu'Emmanuel Macron leur avait promis déjà,
18:31depuis plusieurs années d'ailleurs,
18:32de supprimer et qu'il a abandonné.
18:34– Ce n'est pas une rupture avec le macronisme,
18:36ça pour vous, Yves Bernstein ?
18:37– Moi, je trouve que si.
18:39– Avec la promesse.
18:40– Moi, je trouve que si.
18:41Il y a une certaine rupture avec le macronisme,
18:43parce que c'est vrai,
18:43on n'est plus dans une économie de l'offre pure.
18:45On est dans un budget, comme l'a dit Renaud,
18:47totalement politique.
18:47D'ailleurs, Sébastien Lecornus,
18:49qui m'a fait rigoler, l'a dit,
18:50c'est-à-dire dans sa conférence de presse,
18:51il a égrené.
18:52Laurent Wauquiez voulait ceci, il l'a eu.
18:55Marc Fénaud voulait le statut de bailleur privé,
18:57il l'a eu.
18:58Gabriel Attal voulait qu'on ne rongue pas
19:00sur les cotisations, il l'a eu.
19:02– C'est un budget coopératif, en fait.
19:04– C'est un budget politique,
19:05en disant, vous aviez chacun votre liste de course,
19:08je vous ai fait plaisir,
19:08vous aviez chacun un vœu,
19:10vous aviez une vie, comme disent les enfants.
19:13Je vous ai donné à chacun votre truc,
19:15et maintenant, chacun vous a vu
19:16le petit truc que vous m'avez demandé,
19:17donc ne m'embêtez pas et ne me censurez pas.
19:20Donc, c'est vrai qu'il est relativement transparent,
19:22Sébastien Lecornu, là-dessus,
19:23il dit, ben voilà, c'est un budget politique,
19:25je ne pouvais pas faire mieux,
19:25j'ai fait le moins mal que je pouvais,
19:28en vous donnant à chacun ce que vous exigiez.
19:33Après, si, oui, c'est une rupture avec le macronisme,
19:35parce qu'un budget, ça doit avoir une cohérence économique.
19:38On est keynésien,
19:39on pense que c'est par la relance économique
19:40que ça va fonctionner,
19:42on est plutôt un adepte de l'économie de l'offre,
19:44et on pense qu'il faut, effectivement,
19:46une économie de l'offre, et on fait.
19:48Là, c'est vraiment un budget qu'on a appelé Frankenstein à une époque.
19:51Ou un budget écrit par Olivier Faure,
19:53qui serait le nouveau premier ministre,
19:54c'est ce que certains disent aussi.
19:56Disons qu'on sent davantage le style d'Olivier Faure
19:58que le style de Laurent Wauquiez dans le budget,
20:00ça c'est certain.
20:00Alexandra Saviana,
20:01vous qui avez l'habitude de suivre l'actualité à l'étranger,
20:04ailleurs en Europe,
20:05ce qui s'est passé en France,
20:07c'est, on ne peut plus,
20:08banal dans certains pays européens,
20:10le fait de discuter,
20:11de reprendre un peu de tel parti,
20:13un peu de tel parti.
20:14Oui, mais le problème,
20:15c'est que la France se trouve face à une situation un peu particulière.
20:19Donc, bon, certes,
20:20on a toujours l'ancienne de,
20:22effectivement,
20:22il faudrait qu'on prenne un exemple sur les Allemands,
20:24où on aurait un budget de consensus,
20:27où un Parlement enfin s'entendrait.
20:29Le problème, là,
20:30c'est que ce qui vient de se passer,
20:31c'est que,
20:33on parlait de budget politique,
20:34c'est impossible de ne pas penser aux municipales.
20:36On est à trois mois du scrutin,
20:37on se doute bien que si le budget a été adopté,
20:39c'est aussi parce qu'il fallait l'adopter
20:42avant que ces élections arrivent.
20:44Et finalement,
20:45est-ce que ce n'est pas les municipales
20:46les plus chères de l'histoire,
20:47quelque part,
20:48j'ai envie de vous dire ?
20:50On a parlé de la...
20:50Ce n'est pas un consensus des intéressés
20:52comme il peut y avoir en Allemagne.
20:54Là, c'est un accord,
20:55le couteau sous la gorge,
20:57parce qu'on n'a pas le choix.
20:59Moi, c'est un peu le sentiment que ça me donne.
21:01Et puis,
21:02si on fait une comparaison européenne,
21:04par exemple,
21:05je vous rappelle que,
21:05bon, là,
21:06ce n'est pas vraiment ce qu'on pourrait appeler
21:07un budget de responsabilité,
21:08dans la mesure où
21:09on n'a pas regardé sérieusement
21:11les dépenses sociales,
21:12comme on avait dit,
21:13comme Sébastien Lecornu
21:15et comme Renaissance
21:15voulaient le faire au départ.
21:17Et finalement,
21:18aujourd'hui,
21:19on se retrouve au niveau européen
21:21avec...
21:21On est un pays
21:22avec le taux d'intérêt,
21:23les taux d'intérêt longs,
21:24les plus importants de l'Union européenne,
21:26avec Malte
21:27et avec la Lettonie.
21:28Donc,
21:29si on fait cette comparaison-là,
21:31ce n'est pas franchement une riche.
21:32Juste un tout petit mot,
21:32il y a une vraie différence,
21:33quand même,
21:33avec le fonctionnement en Allemagne.
21:34C'est qu'en Allemagne,
21:35quand il y a un compromis
21:36qui est forcément imparfait,
21:37c'est normal pour un compromis,
21:38à la fin,
21:39les membres de la coalition l'assument.
21:40La personne ne veut l'assumer.
21:42D'où le 49-3.
21:43Sébastien Lecornu
21:44est obligé de gagner le 49-3
21:45parce que
21:46les socialistes sont ravis,
21:48ils disent qu'ils ont gagné surtout,
21:49mais comme il y a des mesures
21:49quand même qui ne leur plaisent pas,
21:50ils ne veulent pas les assumer
21:51en votant le budget.
21:52Les Républicains, c'est pareil.
21:53Une partie du box central, c'est pareil.
21:55Donc, il y a quand même
21:55un concours d'irresponsabilité
21:56qui a conduit
21:57Sébastien Lecornu
21:59à engager
21:59celle,
22:00la responsabilité
22:01de son gouvernement.
22:01Merci beaucoup,
22:02les informés du jour.
22:03Merci Alexandra Saviena,
22:04grand reporter à l'Express.
22:05Vous avez la une
22:06de votre journal ?
22:08Oui, c'est la une de demain.
22:09Pologne,
22:09le décollage fou,
22:11c'était la queue de comète,
22:12justement la lanterne rouge
22:13de l'Union Européenne.
22:14Et aujourd'hui,
22:15c'est un pays
22:16qui investit.
22:18C'est à l'occasion
22:19du lancement
22:19de notre nouveau site
22:21européen,
22:22en anglais
22:22et en polonais.
22:23Merci beaucoup,
22:24Gilbert Einstein,
22:25présentateur des 4 vérités
22:26tous les matins,
22:278h10 sur France 2.
22:28Et merci, Renaud.
22:29Merci, Gilles.
22:29A demain.
22:30Les informés reviennent
22:31ce soir à 20h.
22:32avec Victor Mathais.
22:33Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations