Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 22 heures
Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et Renaud Dély.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:03Musique
00:09Heureuse de vous retrouver, vous êtes dans les informés et nous allons ensemble décrypter l'actualité jusqu'à 9h30.
00:15Bonjour Renaud Delis.
00:16Bonjour Agathe.
00:17Deux questions à la une ce matin dans cette dernière ligne droite avant le second tour des municipales.
00:22Paris, laboratoire de l'union des droites.
00:25Et puis à gauche, le temps de la réconciliation avec LFI est-il venu ?
00:31La gauche peut-elle gagner sans les insoumis ?
00:34Pour nous éclairer ce matin, nos informés.
00:36Louis Halter, journaliste politique au Figaro, bonjour.
00:38Bonjour.
00:39Et Stéphanie Despierre, journaliste politique à LCP, bonjour Stéphanie.
00:42Bonjour.
00:42On commence donc Renaud avec la situation à Paris.
00:46Avec un nouveau rebondissement donc hier, la candidate reconquête, Sarah Knafo,
00:51qui s'est désistée en faveur de Rachidati à l'appel à battre la gauche à Paris.
00:55Rappelons qu'elle avait obtenu un peu plus de 10% des voix,
00:57donc elle aurait pu se maintenir pour le second tour des élections municipales.
01:02Voici donc Rachid Adati soutenu par la candidate extravente,
01:05comme d'ailleurs par Jordan Bardella, le patron du RN,
01:08qui hier a indiqué qu'à titre personnel, s'il votait à Paris, il voterait pour Rachid Adati.
01:12Le ralliement de Sarah Knafo a été salué par Bruno Retailleau,
01:16qui salue, je le cite, une décision sage et responsable.
01:19Même réaction d'ailleurs ce matin de Rachid Adati, qui se réjouit de ce geste fort.
01:23Alors, y a-t-il un accord, une alliance, une entente entre Rachid Adati et Sarah Knafo ?
01:28Voici ce qu'on disait ce matin sur l'antenne de France Info.
01:30Nelly Garnier, qui est la porte-parole de la campagne de Rachid Adati.
01:35Elle lui a proposé une alliance et Rachid Adati l'a refusée,
01:39comme elle avait d'ailleurs refusé, elle avait dit toute la campagne de premier tour,
01:42qu'il n'y aurait pas d'alliance avec le parti d'Éric Zemmour.
01:44Donc, nous, nous respectons tous les électeurs de premier tour
01:49qui ont marqué une volonté de changement à Paris.
01:51Et dans cette volonté de changement, mais que ce soit les électeurs de Pierre-Yves Bonazel et de Sarah Knafo,
01:56il y avait un certain nombre de points qui étaient très marqués.
01:59Alors, des points très marqués, des convergences qui abusent,
02:01ce qui est donc au désistement de Sarah Knafo en faveur de Rachid Adati.
02:04Alors, est-ce que ce ralliement change tout, change la donne ?
02:07On se souvient qu'elle avait une douzaine de points de retard au premier tour sur Emmanuel Grégoire.
02:11La voici maintenant, pour le second tour, la configuration idéale pour Rachid Adati,
02:15puisque d'une part, Sarah Knafo se retire.
02:17D'autre part, Sofia Chikirou, elle, la candidate insoumise, se maintient.
02:22Et puis, est-ce que ce qui se passe à Paris, en particulier entre la droite et l'extrême droite,
02:26pourrait préfigurer ce qui pourrait se passer ailleurs,
02:29notamment dans la perspective de 2027,
02:32cette fameuse union de la droite et de l'extrême droite,
02:35professée par certains, et notamment par Éric Zemmour et le parti Reconquête ?
02:38Vous pensez que ce désistement de Sarah Knafo, ça permet à Rachid Adati de l'emporter dimanche ?
02:44En tout cas, ça libère un électorat qui ne veut pas de la gauche à Paris, c'est très clair.
02:49Le problème, c'est que l'arithmétique ne suffit pas, évidemment, à prédire les résultats des second tours,
02:54sinon on les aurait déjà sous les yeux, on vous les communiquerait.
02:57Et heureusement, il y a la glorieuse incertitude de l'élection.
02:59Il y a une incertitude déjà sur le report des voix de Pierre-Yves Bournazel, 11% au premier tour.
03:03Mais si des gens ont voté Bournazel au premier tour, c'est peut-être parce qu'ils ne voulaient pas,
03:07précisément, se porter sur Rachida Dati, qui a eu un effet repoussoir sur une partie de l'électorat centriste.
03:12Donc, il y a fort à parier que l'ensemble des 11% ne se reportera peut-être pas sur
03:15Dati.
03:16Donc, c'est pour ça que l'électorat Knafo est décisif,
03:20puisque c'est un électorat très à droite,
03:21qui, on imagine, ne veut pas que le règne de la gauche se poursuit à Paris
03:26après 25 ans de règne de l'Anneau et puis Hidalgo.
03:30Donc, il est stratégique.
03:31Et là aussi, la pression a joué.
03:32C'est-à-dire que Sarah Knafo, en se désistant,
03:35a pris la décision qui lui permet de sonner son image pour la suite.
03:39Imaginez si elle s'était maintenue,
03:41que Rachida Dati perdait dimanche prochain à quelques pourcentages,
03:44quelques points près.
03:46Évidemment qu'on aurait reproché à Sarah Knafo d'avoir divisé la droite pour la faire perdre,
03:51là où elle a promis l'inverse pendant toute la campagne.
03:55Donc, on verra.
03:56Ça dépend aussi, bien sûr, de cette campagne d'entre-deux-tours
03:58qui commence maintenant que les lits sont déposés,
04:00du débat organisé ce soir sur BFM et le Figaro TV.
04:03Et tout porte à croire que Rachida Dati adressera quand même quelque clin d'œil
04:07à cet électorat de Sarah Knafo qui, aujourd'hui, n'a plus de candidat.
04:09Au-delà de son image, ce que pointait Louis Osalter pour Sarah Knafo,
04:13c'était plus cohérent et plus responsable, je dirais, de se désister.
04:16Est-ce qu'elle a obtenu quelque chose, Stéphanie Despierre ?
04:19Ça, on verra un peu plus tard, parce que c'est un peu tôt pour le savoir.
04:23Mais même si elle a subi clairement une grosse pression,
04:26je suis d'accord avec Louis,
04:28elle ne pouvait pas s'exposer à ce qu'ensuite,
04:31elle soit en partie responsable de la défaite de Rachida Dati.
04:35Elle fait des énormes scores dans le 16e,
04:37dans le 7e arrondissement, surtout le 16e.
04:41Et du coup, c'est vraiment un électorat qui veut se débarrasser de la gauche.
04:44Donc, de toute façon, en jouant la suite,
04:47elle ne pouvait pas.
04:47C'était prendre un risque trop grand pour elle
04:49d'avoir ce reproche ensuite, d'avoir fait gagner la gauche.
04:54C'est l'union des droites qui était en train de se jouer à Paris ?
04:56Oui, je pense qu'elle pouvait se maintenir, évidemment,
04:58si jamais il y avait une différence idéologique,
05:00de fond, entre Rachida Dati et Sarah Knafo.
05:02Visiblement, ce n'est plus le cas.
05:03De fait, il y a une convergence idéologique,
05:05ce qui justifie le ralliement de reconquête
05:07et le soutien d'Éric Zemmour et de Sarah Knafo à Rachida Dati.
05:10C'est-à-dire qu'on pensait qu'au départ,
05:12il y avait une vraie différence entre une droite dite républicaine
05:14et puis l'extrême droite incarnée notamment par reconquête.
05:16Il faut rappeler qu'elle est vice-présidente Sarah Knafo
05:19du groupe le plus à droite du Parlement européen,
05:21bien plus à droite que le groupe dans lequel siègent les élus RN.
05:24Il y a dans ce groupe des élus polonais antisémites,
05:28il y a l'AFD, l'extrême droite allemande,
05:31il y a des bulgares très pro-russes, etc.
05:34Mais on parle des municipales, Renaud.
05:35Est-ce qu'on peut parler de différences idéologiques ?
05:37Justement.
05:38La convergence, c'est qu'on fusionne, ce n'est pas qu'on se dédite.
05:40Justement, c'est exactement la même question qui se pose
05:42lorsqu'on parle des socialistes qui pactisent avec des insoumis
05:45qui ne condamnent pas les propos antisémites de Jean-Luc Mélenchon.
05:49Mais là, ils fusionnent. Ils ne désistent pas.
05:51Non, ce n'est pas la même chose.
05:52Personne n'est dupe. Personne n'est dupe.
05:54C'est plus habile.
05:54Rarchi Zadati n'a pas accepté l'offre d'alliance de Sarah Knafo.
05:57Ça veut bien dire qu'elle pense qu'il y a une différence entre les deux.
06:00Même si l'électorat pourrait converger à la fin, je suis d'accord là-dessus.
06:02Effectivement, vous avez raison.
06:03Mais personne n'est dupe sur le fait.
06:04Oui, parce qu'il n'y a pas de fusion.
06:04Elle se réjouit de ce soutien, évidemment.
06:06Il y a eu des pressions, vous l'avez dit vous-même, pendant des semaines dans ce sens-là.
06:09C'est plus habile, effectivement, je suis d'accord avec vous,
06:11que les socialistes qui ont pactisé un ensemble de villes dont on parlera tout à l'heure.
06:15Mais c'est exactement la même chose.
06:15C'est-à-dire, est-ce que...
06:16Pour vous, c'est l'union des droites.
06:17Est-ce que la question, par exemple, de la police municipale, de la voirie ou de la propreté des rues
06:24sont plus importantes qu'un certain nombre de différents idéologiques à l'échelle nationale ?
06:28C'est exactement la même question qui se pose, encore une fois, pour les socialistes
06:31qui, de fait, rallient Jean-Luc Mélenchon.
06:34Donc, on peut considérer qu'effectivement, ce sont des municipales et que tout ça n'a rien à voir.
06:37Ou on peut considérer, à l'inverse, que ça préfigure une autre architecture politique entre la droite et la droite.
06:43Et d'ailleurs, c'est très intéressant de noter ce matin que Bruno Retailleau,
06:46le patron de LR qui se réjouit du geste responsable de Sarah Knafo,
06:51retire son soutien à Christian Estrosi à Nice.
06:54Il indique ce matin qu'il ne souhaite plus soutenir Christian Estrosi,
06:57qui était jusqu'à présent le candidat à LR, Renaissance, etc.
07:01Et qu'il laisse les électeurs choisir entre Christian Estrosi et qui ?
07:03Et Eric Ciotti, qui est justement l'avant-garde, en quelque sorte, j'allais dire l'avant-garde éclairée,
07:07de cette fusion des droites et des extrêmes-droites.
07:09Mais vous pensez que c'est une contrepartie ?
07:10Comment ?
07:11Vous pensez que c'est quoi, une sorte de contrepartie, comme Sarah Knafo ?
07:14Non, ce que je veux dire, c'est que c'est une convergence idéologique qui continue.
07:18Vous y voyez ?
07:19Stratégiquement, c'est le patron de LR, Bruno Retailleau.
07:21Il soutenait jusque-là Christian Estrosi.
07:23Et désormais, il dit qu'il ne veut plus choisir entre Christian Estrosi et Eric Ciotti.
07:26Et Eric Ciotti, c'est celui qui, l'année dernière, enfin il y a deux ans,
07:28a claqué la porte des Républicains pour nous dire de fait un allié du Rassemblement national.
07:33Et donc, on voit bien que se met en place cette union des droites et de l'extrême-droite,
07:37notamment à travers le cas de Paris.
07:38Alors, lui, aux alters, vous n'êtes pas aussi catégorique que Renaud ?
07:41Non, je suis plutôt d'accord sur Nice, mais pas du tout sur Paris.
07:44Paris ne peut pas être un laboratoire national,
07:45parce que c'est un monde parallèle par rapport à la France électorale.
07:48Pourquoi ? Parce que le RN, ça n'existe pas à Paris.
07:50Thierry Mariani, alors certes, il ne s'est pas beaucoup investi dans sa campagne,
07:52c'était le candidat RN, il fait 1,6% des voix aux Européennes.
07:56Le RN en France entière, c'est plus de 30%.
07:59Alors certes, Sarah Knafo fait 10%, mais elle fait 10%.
08:02Ça n'a rien à voir avec les scores de l'Alice Bardella aux dernières Européennes,
08:06ni même avec les scores de Marine Le Pen à la dernière élection présidentielle.
08:10C'est pour ça, je crois que Paris, c'est vraiment un monde parallèle,
08:12c'est une ville de gauche, il y a une sociologie de gauche qui est très ancrée.
08:16Sauf certains quartiers, 20% pour Sarah Knafo dans le 16e.
08:19C'est très segmenté entre l'Ouest et l'Est parisien.
08:22En revanche, le cas de Nice, il est plus intéressant, je suis d'accord avec Renaud,
08:24il y a peut-être là une préfiguration de ce qui se passe à droite.
08:28C'est-à-dire que la victoire ou non d'Éric Ciotti dimanche à Nice
08:32donnera évidemment un indicateur sur l'état de la droite
08:36et lui validera ou pas sa stratégie d'avoir claqué la porte de LR
08:40pour s'allier au Rassemblement National.
08:41Puisque Éric Ciotti, évidemment, qui cherche à préfigurer cette union des droites
08:44et qu'il place dans l'embarras le parti Les Républicains
08:48en vue des prochaines échéances et évidemment de l'élection présidentielle.
08:52Donc je pense que Nice est un laboratoire à observer de bien plus près pour la suite
08:56que Paris qui, à mon sens, est un monde parallèle électoral.
08:58Si Sarah Knafo réussit à faire élire HLATI, c'est son objectif, elle le dit,
09:01ça n'aura pas des conséquences qu'à Paris, évidemment.
09:03Si Reconquête et Éric Zemmour et Sarah Knafo font élire HLATI à la mairie de Paris,
09:07ça aura évidemment aussi un impact national sur la configuration politique des mois à venir.
09:11Alors le juge de paix, Stéphanie Despierre, qu'est-ce que vous en pensez, vous ?
09:14Moi, je pense que la configuration à Paris est assez particulière.
09:17Sarah Knafo a un électorat qui n'est pas évidemment celui du RN,
09:21que le RN n'a jamais réussi à percer.
09:22Un électorat qui est, à mon avis, un peu plus poreux entre désormais les Républicains.
09:27Elle a récupéré une partie de l'électorat les Républicains, très clairement.
09:30Des gens qui étaient sur une ligne plus libérale que ne l'est le RN, par exemple.
09:35Et des gens qui vont pouvoir rebasculer là, sur le vote d'HLATI,
09:38sans trop se poser de questions.
09:41Donc je pense que Paris, c'est quand même assez particulier.
09:43Je suis en effet aussi plus intéressée par Nice.
09:46Quand Éric Ciotti est parti, les Républicains l'ont exclu.
09:49Vous vous rappelez du psychodrame, de la clé du parti, etc.
09:53Les Républicains disaient, regardez, il arrivait avec la corbeille de la mariée,
09:57avec plein de députés, en fait il n'en a pas eu beaucoup.
09:59Et bien peut-être qu'au fur et à mesure, deux ans plus tard,
10:03là on va voir que la stratégie d'Éric Ciotti a fonctionné.
10:06Et on sent que Bruno Retailleau hésite, parce que quand il...
10:10Il n'hésite plus, oui.
10:11Enfin, il n'hésite plus.
10:12Non, il a hésité et il n'hésite plus.
10:13Quand il ne soutient pas Christian Estrosi, c'est quand même assez surprenant,
10:17après avoir dit pique-pendre d'Éric Ciotti à Nice.
10:20Et juste un petit élément aussi, c'est quand même la prise de position de Jordan Bardella.
10:23Le RN n'existe pas électoralement.
10:25Thierry Marini a fait un point ennemi,
10:26mais jusqu'à présent Marine Le Pen défendait une ligne droite ni gauche.
10:29Elle l'a dit et répétait.
10:30Jordan Bardella dit clairement qu'il voterait Racheddati.
10:33Et juste un dernier point quand même pour saluer la performance de Racheddati,
10:36parce qu'à l'heure où on se parle, elle est quand même soutenue simultanément
10:40par Emmanuel Macron, elle l'a dit et répété au premier tour,
10:43Gabriel Attal, donc Renaissance, Édouard Philippe,
10:45et puis de fait Éric Zemmour, qui en tout cas appelle à voter pour elle.
10:49Et donc c'est une espèce de grande alliance qui est assez étonnante.
10:52Et je trouve que c'est aussi significatif de l'évolution du macronisme en 10 ans.
10:56C'est-à-dire que le macronisme qui est arrivé au pouvoir un peu sur...
11:00plutôt porté par un électorat de centre-gauche en 2017,
11:02et qui prônait un nouveau monde, etc.
11:05Il y a eu de nombreuses étapes depuis 10 ans,
11:08mais finit de fait aux côtés de reconquête à soutenir Racheddati.
11:12Dans ce qui n'est pas une alliance.
11:13Dans ce qui n'est pas une alliance, mais ce qui est un soutien.
11:15Non, mais ce qui est intéressant, c'est qu'il y a des personnalités macronistes,
11:18je pense par exemple à un ancien ministre,
11:19qui envoient des messages off pour l'instant,
11:21en disant qu'ils ne peuvent aucunement cautionner cette alliance,
11:24et que justement ils voteront Emmanuel Grégoire.
11:26Mais pour l'instant, les macronistes sont silencieux,
11:28donc le fait est qu'ils appuient en tout cas ce qui est en train de se passer à Paris.
11:32Dans un instant, on va s'interroger sur ce qui se passe à gauche aussi.
11:36Est-ce que toutes ces alliances et ces non-alliances,
11:38on s'y perd un peu, sont en train de préfigurer 2027 ?
11:42La présidentielle, mais tout de suite, il est 9h17,
11:44et c'est Maureen Siniar pour l'Info en une minute.
11:47De nouvelles attaques israéliennes au Liban ces dernières heures,
11:50dans le sud du pays et aussi en plaqueur de la capitale,
11:53au moins 6 personnes tuées.
11:54L'armée israélienne affirme viser les membres du Hezbollah,
11:57milice pro-iranienne.
11:58Le chef du parti, les Républicains Bruno Retailleau,
12:01refuse d'apporter son soutien à Christian Estrosi
12:03pour le second tour des élections municipales dimanche.
12:06Le maire sortant de Nice faisait partie des Républicains
12:08avant de rejoindre Horizon.
12:10Au premier tour, Christian Estrosi a été devancé par son rival,
12:14Éric Ciotti, candidat d'extrême droite.
12:16Et à propos des alliances entre le Parti Socialiste et la France Insoumise,
12:19l'ancien ministre des Affaires étrangères et ancien socialiste,
12:22Jean-Yves Le Drian,
12:23affirme sur France Info ce matin qu'il s'agit d'un naufrage politique et moral
12:27pour le Parti Socialiste.
12:29Le détenu de Nanterre, qui s'était évadé lors d'une sortie culturelle au Louvre,
12:34à Paris, vendredi dernier, a été arrêté hier soir.
12:36Arrestation au Sénégal, où il avait fui.
12:38Ce détenu de 25 ans a été condamné en début d'année,
12:42connu de la justice pour vol avec effraction et trafic de stupéfiants.
12:46Et puis, direction les quarts de finale de la Ligue des champions de football,
12:49le PSG a battu Chelsea 3-0 hier soir.
12:52Les Parisiens joueront contre Liverpool,
12:54ou bien le club turc de Galatasaray.
13:03Les informés, Renaud Dely, Agathe Lambret.
13:09Les informés, Clouz Alter, journaliste politique au Figaro,
13:12Stéphanie Despierre, journaliste politique à LCP.
13:15Renaud, notre deuxième question du jour.
13:17A gauche, est-ce le temps de la réconciliation ?
13:19On parlait à l'instant des conséquences éventuelles de ce scrutin
13:21sur la configuration à droite et à l'extrême droite.
13:24Et à gauche, maintenant, quelles seront les conséquences des élections municipales ?
13:26Avec deux attitudes de la part des socialistes.
13:29Il y a ceux qui refusent de s'entendre avec les Insoumis.
13:32Par exemple, Emmanuel Grégoire à Paris.
13:34Résultat, Sophia Chikirou se maintient au deuxième tour de ses municipales.
13:38Ou Benoît Payan à Marseille.
13:40Et puis, il y en a d'autres, beaucoup d'autres,
13:41qui, eux, ont choisi de pactiser avec la France insoumise.
13:44Renuant, d'ailleurs, l'engagement qui était celui d'Olivier Faure et de la direction du PS.
13:48À Marseille, donc, le maire sortant, Benoît Payan, a réussi à faire plier les Insoumis.
13:53Il a refusé toute concession.
13:55Et donc, arrivé en quatrième position,
13:57Sébastien Delegu, le candidat insoumis, a fini par se retirer hier.
14:01Voici comment il l'a annoncé.
14:04La décision de retirer notre liste et de ne pas participer au pari inconséquent de Benoît Payan.
14:11L'orgueil et l'ego d'un homme ne doivent pas précipiter notre ville dans l'abîme.
14:16Alors, évidemment, c'était difficile, quand on se veut le barrage antifasciste,
14:20selon la terminologie des Insoumis,
14:21de maintenir cette candidature au risque de faire passer le candidat RN, Franck Alizio.
14:25Mais c'est un cas de figure qui est extrêmement intéressant.
14:27On regarde ce qui se passe dans le pays.
14:28Est-ce qu'il vaut mieux pour les socialistes être inflexibles vis-à-vis des Insoumis,
14:33donc ne pas pactiser en espérant l'emporter ?
14:36Peut-être Benoît Payan à Marseille, voire Emmanuel Grégoire à Paris.
14:40Ou est-ce qu'à l'inverse ?
14:41Eh bien, pour des raisons électoralistes,
14:43il faut s'allier, comme c'est le cas à Limoges, Toulouse, Avignon, Brest et j'en passe.
14:51Là aussi, ce scrutin sera un test peut-être aussi de la stratégie
14:55et du positionnement du Parti Socialiste.
14:58Pour Jean-Yves Le Drian, ancien ministre et ancien socialiste,
15:01ces alliances sont un naufrage.
15:03Stéphanie Despierres, est-ce que c'est un naufrage ou est-ce que c'est stratégique ?
15:07En tout cas, la position de Benoît Payan à Marseille
15:09cache la forêt des accords entre les socialistes et les Insoumis
15:13dans plein de villes de France.
15:15À Toulouse, à Avignon, à Limoges et même à Nantes,
15:17où Johanna Roland a accepté finalement de s'allier avec la France insoumise.
15:21Donc c'est vrai que...
15:23Tout est pardonné.
15:24On a l'impression que tout est pardonné.
15:26Après, à gauche, c'est souvent comme ça.
15:28Quand il y a des problématiques locales qui rentrent en jeu,
15:30les listes expliquent qu'ils ont souvent gouverné ensemble,
15:33qu'il y a une certaine logique de s'allier.
15:36À Lyon, par exemple, où là, c'est le maire écologiste
15:39qui est quasiment à égalité avec Jean-Michel Aulas.
15:41Et bien sur sa liste, il y a des socialistes.
15:43Et désormais, il y a une dizaine d'Insoumis.
15:45Et les socialistes ne parlent pas, n'emploient pas le mot fusion.
15:50Ils parlent de rassemblement, parce qu'on a bien compris
15:52que le mot fusion, c'était un gros mot.
15:53Mais finalement, dans cette ville qui a vu le meurtre
15:57du jeune militant nationaliste Quentin Doré,
15:59où les socialistes, là, sont quand même restés sur la liste
16:01et n'y trouvent rien à redire.
16:03Donc la stratégie est assez difficile à comprendre.
16:08Après, les municipales, il faut faire attention.
16:10C'est toujours des logiques locales qui jouent.
16:11Il y a une stratégie, évidemment, politique,
16:13mais il y a aussi des éléments personnels.
16:15Benoît Payan, par exemple, à Marcel,
16:17il le dit, la main qui était tendue par Sébastien Nologus,
16:21c'est la main qui m'a donné les coups de poing
16:23durant toute la campagne.
16:23Il y a aussi parfois une équation qui joue
16:26où il y a des endroits.
16:27Et bien la réunion des Insoumis et du PS
16:30n'est pas possible pour des raisons personnelles,
16:32mais on voit que c'est assez rare,
16:33que c'est plutôt dans l'autre sens que ça marche.
16:35Peut-être que Benoît Payan, il essaie aussi de justifier
16:36auprès des électeurs qui ne comprennent pas
16:38pourquoi il n'a pas saisi la main tendue de LFI.
16:41Il y a un décalage, Louis, entre les consignes des partis
16:45et aussi un certain électorat à gauche.
16:47Pas tous, mais certains veulent cette union.
16:50Oui, mais Benoît Payan bénéficie quelque part
16:52d'une situation particulière
16:53qui est la présence d'un candidat RN
16:55qui est arrivé à seulement quelques points derrière lui.
16:57Donc, lui peut activer l'accord anti-RN à dessein
17:02et ça a marché, ça a forcé le retrait de Sébastien Nologus
17:05et Benoît Payan, comme ça, peut apparaître droit dans ses bottes
17:08en disant qu'il n'a pas voulu cette alliance
17:10et qu'il ne la conclurait pas.
17:12Or, cette logique antifasciste, je reprends les guillemets
17:15et l'expression brandie par les insoumis
17:17et un peu partout à gauche pour justifier ces alliances,
17:19ça ne marche qu'à Marseille, en fait,
17:20si on regarde les grandes villes.
17:21Parce que l'antifascisme, pour succéder à Jean-Luc Mouninck à Toulouse
17:24ou à Émile Lamberti à Limoges, pardon,
17:26mais on n'a pas affaire à des nazis, quoi.
17:29Vous voyez, c'est-à-dire que c'est joué sur les mots.
17:32Je crois d'ailleurs que c'est extrêmement grave.
17:32Il parle de pseudo-front antifasciste.
17:34Mais bien sûr, parce que jouer sur les mots comme ça,
17:36les détourner de leur sens,
17:37je pense que la gauche en paiera les conséquences à terme.
17:39Et d'ailleurs, c'est ça, je pense,
17:40qui est en train de se passer en ce moment.
17:41Le PS fait un pari du court terme pour conserver ses villes,
17:44mais le paiera sur le long terme.
17:47Il le paiera parce qu'en fait,
17:49il risque de devenir encore plus qu'aujourd'hui
17:51une simple force d'un point local,
17:54une sorte de nouveau parti radical de gauche.
17:55Vous voyez qu'il y a des élus encore un petit peu partout
17:57qui contrôlent des villes,
17:58mais qui n'existent quasiment plus sur le plan national.
18:00Parce que le piège de Jean-Luc Mélenchon a parfaitement fonctionné.
18:03Il a parfaitement fonctionné dans le sens que les socialistes,
18:06dès les résultats du premier tour reconnu,
18:08se sont jetés dans les bras des insoumis
18:10pour conserver leur ville.
18:12Donc, ils préfèrent la victoire, disons, à l'honneur.
18:15Mais par contre, ils vont se faire supplanter
18:18par la dynamique Mélenchon au niveau national.
18:21Et même au niveau local d'ailleurs,
18:22puisque dans des villes comme Toulouse,
18:24les insoumis sont arrivés devant les socialistes au municipal.
18:27Donc, en jouant les marches au pied,
18:29en n'établissant pas de cordon sanitaire
18:31et en faisant quelque part,
18:32en les intégrant dans la vie politique,
18:34en faisant le marche-pied des insoumis,
18:35le parti socialiste risque de se faire supplanter,
18:37à la fois dans les villes,
18:38mais surtout au niveau national.
18:39Le candidat de gauche le plus,
18:41qui aura le plus de dynamique,
18:43et on le voit dans les sondages aujourd'hui,
18:44pour l'emporter à la présidentielle,
18:45ça reste Jean-Luc Mélenchon.
18:46Et la gauche non-mélenchoniste
18:47pâtira de toutes les divisions qu'on a vues cette semaine
18:50et n'arrivera sans doute pas
18:51à se mettre d'accord sur un candidat.
18:52C'est absolument suicidaire ce réuniment pour les socialistes.
18:54Je rejoins tout à fait ce qu'il y a à vous de Salter.
18:56Mais ça illustre ce que disait d'ailleurs Jean-Yves Le Drillon tout à l'heure.
18:58C'était assez juste la comparaison pour les plus anciens d'entre nous
19:00avec Guy Mollet, c'est-à-dire un parti...
19:01Alors expliquez-nous !
19:02Avec Guy Mollet, donc, dans les années 60,
19:04je ne vais pas vous refaire toute l'histoire de la SFIO,
19:06mais c'est un discours extrêmement ouvrieriste
19:08et très à gauche dans les mots.
19:09Et ce, c'est des combinaisons locales sur le terrain.
19:11C'est exactement ce que reproduit Olivier Faure aujourd'hui.
19:13Résultat, ça avait fait de la SFIO un parti
19:15qui avait abandonné tout espoir, toute ambition,
19:18toute propension à reconquérir le pouvoir national,
19:20mais qui, en revanche, essayait de consolider ces bastions locaux.
19:23Ça devenait un parti de petite baronnie.
19:24C'est ce qui est en train de devenir, effectivement,
19:25le Parti Socialiste avec cette stratégie.
19:27Et donc, c'est pour ça que ce scrutin va être très intéressant
19:29entre des élus, des candidats socialistes,
19:32pas seulement à Paris et Marseille d'ailleurs.
19:33Il y en a d'autres, heureusement.
19:34On peut penser par exemple à Montpellier,
19:36on peut penser à Rouen,
19:37c'est-à-dire des élus socialistes ou des candidats socialistes
19:39qui, eux, refusent de transiger sur leurs valeurs
19:42et de s'entendre avec les insoumis pour essayer de l'emporter.
19:44Et tous ceux, on les a cités,
19:46de Toulouse à Avignon,
19:48en passant par Limoges, Nantes,
19:51Brest et ailleurs,
19:52qui, eux, pensent qu'en pactisant avec les insoumis,
19:55contrairement à l'engagement qu'avait pris Olivier Faure,
19:57parce qu'il n'y a évidemment pas de danger fasciste dans toutes ces villes,
19:59songeait que même à Strasbourg,
20:01Olivier Faure a sanctionné Catherine Trottemal
20:03parce qu'elle s'entendait avec un candidat horizon
20:05et que donc elle ne rejoignait pas, elle, l'alliance écologiste LFI.
20:09Alors, si jamais Catherine Trottemal était un danger fasciste,
20:12voilà, juste un tout petit point.
20:14Je rappelle quand même que les députés socialistes
20:15ont négocié tout l'automne sur le budget
20:17avec le gouvernement.
20:18Bien sûr, bien sûr, bien sûr, avec horizon, bien sûr.
20:20Avec horizon, il est parti, mais c'est pour ça que cet exemple de Strasbourg,
20:23il est très fort, parce que,
20:24est-ce que ça signifie qu'il y a un PS qui a vocation
20:27à se diriger vers le centre droit
20:29et un PS qui a vocation à rester à l'égard d'insoumis ?
20:31Il n'y a plus ni de ligne ni de direction,
20:33il n'y a pas de direction.
20:34Quand on ne dit pas d'accord national,
20:35mais tout le monde fait ce qu'il veut dans son coin.
20:36Mais j'aurais juste de vous faire écouter,
20:37parce que Louis Salter disait très justement
20:39que tout ça renforçait la dynamique de Jean-Luc Mélenchon
20:42en vue de la présidentielle.
20:43Il avait pressenti tout ça, Jean-Luc Mélenchon.
20:45C'était le 4 mars dernier, ce n'est pas vieux.
20:47Le 4 mars, pendant la campagne municipale,
20:49lors de ce meeting à Bondy,
20:50voici ce qu'il disait de ses nouveaux alliés
20:52et donc amis socialistes.
20:54En tout cas, ils disent,
20:56au deuxième tour, non plus, il n'y aura pas d'accord.
20:58Vous savez ce que c'est, c'est des gros combinards.
21:00Ils ne vont pas nous coûter trop cher, je pense,
21:02à acheter pour le deuxième tour.
21:03C'est pas mal, Louis.
21:05C'est le mot de la fin.
21:06On voit qu'en génie politique,
21:08Jean-Luc Mélenchon surclasse le Parti Socialiste
21:11et tous ses cassiques, ses éléphants.
21:14Et ça risque d'être le cas aussi à l'élection présidentielle.
21:17Nous, Salter, merci beaucoup.
21:18Journaliste politique au Figaro,
21:19vous nous donnez la une de votre journal.
21:21Rachida Dati à Paris, seul contre la gauche.
21:24Précipitez-vous dans les meilleurs kiosques.
21:25Stéphanie Despierre, merci beaucoup.
21:27Journaliste politique à LCP, merci Renan.
21:29Merci Agathe.
21:29Et ce soir, les informés reviennent à 20h avec Victor Metté.
21:34Merci.
21:36Merci.
Commentaires

Recommandations