00:00Face à le chiffre, c'est Raphaël Lejambre. Si vous venez de vous réveiller, je vous rappelle l'information de
00:04la matinée, c'est que le pétrole est autour des 115 dollars le baril sur le WTI ou sur le
00:09Bren.
00:09Si vous êtes couché autour des 90, on a donc pris 25% dans la nuit. Du coup, les prix
00:15à la pompe vont augmenter, c'est sûr.
00:18Emmanuel Lechypre, est-ce que vous pensez qu'il faut les bloquer ? Le gouvernement annonce des contrôles déjà.
00:23Non mais les bloquer, non, mais les contrôles, oui. Les contrôles, oui, parce que de toute façon, sur n'importe
00:30quel marché, laisser jouer l'offre et la demande, laisser jouer les prix, ça n'est en aucun cas laisser
00:36faire n'importe quoi.
00:37Sur tous les marchés, vous avez quand même un cadre qui est défini et donc le libéralisme à tout craint,
00:44ce n'est pas la loi de la jungle absolue.
00:47En plus, vous êtes sur un marché, sur le marché des carburants, qui n'est pas un marché libre classique.
00:53D'abord parce que le consommateur, en fait, il n'a quasiment pas de pouvoir de négociation quand il achète
00:59son carburant.
01:00Vous en achetez parce que vous avez besoin, vous en achetez, vous ne pouvez pas faire des dizaines de kilomètres
01:04pour aller comparer les prix.
01:06Et puis, vous êtes captif, vous êtes en zone rurale, vous êtes sur autoroute.
01:11Si vous avez besoin d'essence, vous avez besoin d'essence.
01:13On a quand même des exemples d'abus multiples sur ces marchés, puisque toutes les stations n'augmentent pas leurs
01:20prix au même rythme.
01:21Donc, contrôler, pour moi, ça me paraît essentiel.
01:24Vous êtes en plus sur un bien qui est un bien essentiel.
01:29Donc, contrôler, oui, et aller contrôler, surtout là où justement la concurrence ne fait pas son boulot.
01:35Oui, c'est-à-dire, évidemment, quand vous allez dans un endroit, dans une zone commerciale,
01:39où vous avez cinq hypermarchés qui vont vous proposer de l'essence, non, ce n'est pas la peine d
01:43'aller vérifier.
01:43Quand vous allez aller dans les petites stations de campagne où il n'y a pas beaucoup de concurrence,
01:48là, oui, je pense que ça vaut le coup.
01:50Mais c'est une pression au moins psychologique nécessaire qu'il faut mettre sur les distributeurs d'essence.
01:57Raphaël ?
01:57Moi, je n'y crois pas du tout.
01:58Je pense que c'est simplement une forme de simulation et de dissimulation du pouvoir,
02:02comme le fait souvent un État qui n'a absolument pas les moyens de contrôler quoi que ce soit.
02:07Donc, on met en scène un peu une sorte de contrôle.
02:10Attention, on va faire du contrôle administratif dans les stations-service pour dire
02:14« L'État nounou va s'occuper de vous, ne craignez rien, c'est n'importe quoi ».
02:18Évidemment, la seule chose à faire, c'est de laisser jouer la pleine concurrence
02:23entre les stations d'essence, entre les distributeurs.
02:27Le conducteur, l'automobiliste a le choix des pompes dans lesquelles il peut aller.
02:33Et c'est quand même la grande leçon.
02:35Ben si, bien sûr que si.
02:36Et puis, dans toutes les stations d'essence des supermarchés aujourd'hui,
02:39on est sur l'essence à prix comptant.
02:41En réalité, la concurrence est le premier moteur, évidemment, des gains de pouvoir d'achat.
02:46Il se trouve que quand on a un baril qui monte à 115, et il montera au-delà,
02:50si le détroit d'Hormuz est fermé, il montera à 120 dollars.
02:53Tout le monde le prévoit.
02:55C'est la seule concurrence qui pourra faire jouer les prix.
02:59C'est la grande leçon d'Adam Smith, quand même,
03:02qui, je tiens à souligner, un anniversaire aujourd'hui
03:05qui va passer complètement inaperçu au lieu de l'actualité.
03:09Ce sont les 250 ans de la publication de la richesse des nations d'Adam Smith
03:17et de la fameuse main invisible, même s'il n'en parle quasiment pas dans ce livre en réalité.
03:21Et une des grandes leçons d'Adam Smith, il y a 250 ans, le 9 mars 1776, à Londres,
03:30c'est que, bon, un, d'abord, il faut bosser plus, c'est de la productivité pour être plus riche.
03:35C'est toujours vrai aujourd'hui.
03:37Et deux, c'est la concurrence qui permet des gains de pouvoir d'achat pour le consommateur.
03:44Méfiance vis-à-vis des politiques qui prétendent corriger le marché.
03:49Ils ne font que des effets pervers.
03:51Mais vous savez ce qu'il va se passer, c'est des échecs.
03:53Ça, c'est très bien.
03:54Mais encore une fois, je veux dire, Adam Smith, comme tu nous le rappelles,
03:58comme vous nous le rappelez, Raphaël a 250 ans,
04:01qu'entre-temps, il y a eu quand même énormément de travaux
04:03qui ont été consacrés à l'imperfection des marchés
04:06et aux dissymétries d'informations, etc.
04:08Donc, nous ne sommes pas sur des marchés parfaits.
04:10Mais il n'a jamais dit que les marchés étaient parfaits, Adam Smith.
04:12En revanche, il y a un point sur lequel il ne faut pas se dérober.
04:17C'est sur la façon dont on va contrôler.
04:19Et moi, je pense que le bon contrôle, ce n'est pas le contrôle,
04:22effectivement, je suis d'accord, d'aller dans les stations,
04:24de faire un peu la brigade qui descend pour voir si les prix...
04:27Et puis, on juge sur quoi ?
04:30Si les prix sont trop élevés ou pas ?
04:32C'est ça la question.
04:33Moi, je pense que c'est a posteriori qu'il faudra sanctionner
04:37ceux qui font des marges abusives.
04:38Parce que la réalité qu'il faut bien rappeler,
04:40c'est que quand vous voyez le prix à la pompe,
04:43le prix à la pompe ne reflète pas le prix auquel
04:47votre station a acheté son carburant.
04:50Il reflète le prix de réapprovisionnement.
04:53Il va acheter, il va acheter, bien sûr.
04:54Ce n'est pas le coup passé du carburant
04:56qu'il y a dans ses cuves qui compte.
04:58C'est à combien il pense qu'il va racheter
05:00parce qu'il s'adapte à ça pour avoir les moyens d'acheter.
05:04Donc, c'est le prix de remplacement, en fait, le prix qui est affiché.
05:06Ce n'est pas le prix d'acquisition.
05:07Et donc, face à ça, face à ça, parce que là,
05:11on va avoir des prix qui vont augmenter de 20, 30, 30, etc.
05:14C'est à posteriori, est-ce que vous avez fait des profits abusifs ?
05:19Je ne pensais pas dire un peu.
05:20Mais comment on définit ça ?
05:22Mais si on veut faire des profits abusifs, on les fait.
05:24Et il n'y a aucun problème à ça.
05:26Le seul problème, ce sont les cartels.
05:28Vous ne vous mettez pas d'accord
05:30pour augmenter les prix entre vous tous ensemble.
05:33C'est ça la seule règle.
05:34Après, la libre concurrence fait le reste.
05:37Il me reste une minute, là.
05:37J'ai juste une petite question.
05:39Ça va être le retour des chèques
05:41pour aider les consommateurs face au prix de la durée.
05:43La pression sur les distributeurs,
05:45Total a plafonné à 1,99.
05:48Le danger, c'est que nous sommes dans une configuration politique
05:51qui ouvre la porte à toutes les folies.
05:53Toutes les démagogies.
05:54À toutes les folies.
05:55C'est-à-dire que, imaginez, à quelques mois des municipales
05:59et encore à un peu plus d'un an de la présidentielle,
06:03toutes les propositions démagogiques.
06:06Et sachez qu'encore une fois, la configuration de l'Assemblée
06:09fait que quand on s'accorde, en général,
06:11le plus petit dénominateur commun qu'on trouve
06:13entre des partis très différents,
06:15c'est pour dépenser de l'argent.
06:17Donc oui, il va y avoir une pression très forte.
06:20On connaissait le chèque à Bruno.
06:24Oui, ça c'était l'époque Bruno Le Maire.
06:26Ça c'était l'époque Bruno Le Maire.
06:27Eh bien, est-ce qu'on aura un nouveau chèque ?
06:30À Roland ?
06:30La prime à Roland.
06:31Est-ce qu'on aura la prime à Roland ?
06:33Eh bien ça, on verra.
06:35Effectivement, il y a un énorme risque.
06:36Merci beaucoup à tous les deux.
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