00:00La French Tech, aujourd'hui nous recevons Florian Fournier, fondateur et directeur général d'Orazio.
00:05Merci d'être avec nous, avec Anthony Morel, sur ce plateau de la French Tech,
00:09entreprise spécialisée dans l'analyse des flux vidéo.
00:12Dites-nous exactement ce que fait Orazio.
00:14On avait Vizia il y a quelques jours, est-ce que vous faites à peu près la même chose ?
00:17C'est quoi votre spécificité ?
00:19Bonjour Sandra, bonjour Anthony.
00:21Donc nous effectivement, qu'est-ce que nous faisons chez Orazio ?
00:23Nous développons des solutions d'intelligence artificielle appliquées à la vidéo,
00:27d'abord pour les forces de sécurité intérieure, les collectivités territoriales,
00:31les infrastructures critiques et les armées européennes.
00:34C'est-à-dire qu'Orazio, tout ce qu'on fait, c'est pour impacter la sécurité intérieure,
00:38la défense et la souveraineté européenne.
00:40Du coup, concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ?
00:43Nous, on vient, que ce soit dans une ville, que ce soit dans une infrastructure critique,
00:48on vient, on ne leur dit pas de remplacer leurs caméras,
00:50on se connecte à tout leur parc de caméras existants,
00:53et soit on leur permet d'alerter en temps réel sur les événements d'intérêt,
00:58soit de leur faire gagner du temps dans les investigations.
01:02Donc la majorité du temps, les investigations, qu'est-ce que ça veut dire ?
01:05Ça veut dire une enquête qui est lancée par la police nationale ou la gendarmerie
01:08avec une réquisition judiciaire,
01:10et on va aider à répondre à cette réquisition judiciaire rapidement.
01:14Et donc la partie analyse de flux, c'est ce qu'on appelle la surveillance algorithmique,
01:19c'est ce qui avait été déployé pendant les Jeux Olympiques notamment,
01:21c'est-à-dire qu'en fait, on est capable de détecter un comportement suspect, c'est ça globalement ?
01:26Exactement, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, technologiquement,
01:29on peut détecter tout ce qu'on demanderait à un humain de détecter.
01:33Donc, alerter pour une bagarre, alerter pour un port d'armes,
01:36alerter pour un départ de feu, alerter pour une chute de personnes,
01:39on peut faire toutes ces choses-là en live.
01:41Par contre, l'énorme différence qu'on voit d'un pays à l'autre en Europe,
01:45là où on est déployé, c'est qu'on a un cadre légal très différent.
01:49Par exemple, en France, sur la voie publique,
01:51même si technologiquement, on pourrait alerter,
01:54dès qu'il y a quelqu'un qui se balade avec une arme dans la rue,
01:56on n'a pas le droit de le faire légalement.
01:58Ah bon ? Donc la barrière, elle n'est pas technologique,
02:00la barrière, elle est légale aujourd'hui pour de nombreux cas.
02:02On comprend pourquoi il y a ces barrières.
02:04C'est-à-dire que faire évoluer le cadre légal pour permettre des choses en temps réel,
02:07ça prend du temps, ça va évoluer.
02:10Oui, parce que là, pour le coup, on ne parle pas de reconnaissance faciale,
02:13encore une fois, on parle de détecter une personne qui porte une arme,
02:16on peut voir l'intérêt que ça a.
02:17Ça, aujourd'hui, on n'a pas la possibilité de le faire légalement,
02:20ce n'est pas possible.
02:21Exactement, on n'a pas le cadre légal.
02:22Il y a un projet de loi qui est le renouvellement de la loi JO,
02:26qui sans doute va être confirmé ces prochaines semaines,
02:29qui va permettre ces nouveaux cas d'usage en temps réel,
02:32non pas en continu dans les villes,
02:33mais lorsqu'il y a des grandes manifestations sportives, culturelles,
02:37de faire typiquement la détection d'armes en temps réel,
02:39la détection de départs de feu, la détection de mouvements de foule,
02:42la détection de chutes de personnes, la détection d'objets abandonnés.
02:44Mais ce n'est pas en continu, ce n'est pas partout, ce n'est pas tout le temps.
02:47Je voudrais qu'on passe sur l'aspect militaire,
02:50parce que vous annoncez un partenariat avec l'agence ministérielle pour l'IA de défense,
02:54l'AMIAD,
02:56pour déployer vos solutions auprès des forces armées françaises.
02:59Dans quel type de situation ça va être utile, par exemple ?
03:05Ce partenariat avec l'AMIAD, ce n'est pas simplement un partenariat,
03:08c'est d'abord des commandes de nos solutions militaires et de nos solutions civiles.
03:12On était très heureux de voir l'AMIAD,
03:15qui a la responsabilité de déployer les meilleures solutions d'intelligence artificielle
03:20à l'ensemble des armées françaises.
03:22Ils ont vu nos solutions, ils ont testé nos solutions,
03:24ils ont acheté nos solutions.
03:25Ça, déjà, on est très contents.
03:27Par contre, ça s'inscrit dans un partenariat plus long terme.
03:29Un partenariat plus long terme qui va nous permettre
03:31de ne pas simplement toucher les unités spéciales
03:34avec lesquelles nous sommes déjà en contact,
03:35mais de toucher beaucoup plus de monde dans les armées françaises.
03:39Eux, c'est un signal fort.
03:41Pourquoi c'est un signal fort ?
03:42Parce qu'au sein de l'AMIAD,
03:44ils ont des équipes de près de 200 ingénieurs
03:46qui peuvent développer des solutions elles-mêmes.
03:49Ils ont accès notamment à des données classifiées,
03:51donc ils ont un certain avantage par rapport à des sociétés privées.
03:53Ça a la valeur d'avoir une entité comme l'AMIAD en France
03:55pour proposer ces solutions aux armées françaises,
03:58mais sur chacune des technologies,
03:59ils vont avoir le choix soit de développer en interne,
04:02soit de prendre des solutions côté privé,
04:04si elles sont performantes et qu'elles répondent aux besoins de nos armées.
04:07Vous ne répondez pas à la question,
04:08qu'est-ce qu'ils vont faire avec vos technologies ?
04:09C'est ça qui nous intéresse.
04:10Est-ce qu'on a le droit de le dire ?
04:12Je vais répondre de manière générale,
04:13parce qu'on a notamment un produit militaire,
04:15aujourd'hui on ne peut pas être très précis sur les cas d'usage.
04:19C'est une demande de nos utilisateurs.
04:21Par contre, de manière générale,
04:22ce qu'on peut dire, c'est que nos technologies utilisées côté armée,
04:25elles peuvent faire énormément de choses,
04:27comme ce qui s'est passé par exemple ces derniers jours à Téhéran.
04:30C'est-à-dire que Téhéran, les Israéliens,
04:32ils ont réussi à rentrer dans le système,
04:35dans le réseau de vidéoprotection de la ville de Téhéran,
04:37et ça leur a permis de quoi ?
04:39Ça leur a permis des choses qu'on est capable de faire avec notre technologie.
04:41Une fois qu'on est connecté à ces caméras,
04:42on peut définir des habitudes.
04:45Ça veut dire, une habitude ça va être
04:47quel véhicule vient, à quelle fréquence reste tant de temps,
04:51qui sont les personnes qui viennent régulièrement à tel ou tel endroit,
04:54quels sont les trajets habituellement utilisés
04:56pour aller d'un endroit à un autre endroit,
04:59alerter en temps réel sur la présence d'un drone,
05:02d'un drone aérien, d'un drone terrestre,
05:06être capable de faire ça pas simplement sur des caméras jour,
05:09mais être capable de faire ça sur des caméras thermiques,
05:11être capable de détecter pas simplement des véhicules civils,
05:14détecter des véhicules militaires,
05:15être capable de détecter des positions,
05:17que ce soit des tranchées, que ce soit des radios.
05:19Aujourd'hui, la technologie, elle peut faire ces différentes choses.
05:21Avec un gain de temps qui est absolument considérable,
05:23évidemment, par rapport au fait d'analyser le flux vidéo avec des humains.
05:27Oui, dernière question, il y a un investisseur,
05:29parmi d'autres, j'imagine, dans votre entreprise,
05:31mais qui nous a un peu tapé dans l'oeil,
05:32c'est Yann Lequin.
05:32Forcément.
05:33Yann Lequin, bon forcément, tout le monde le connaît sur BFM Business, évidemment.
05:36Qu'est-ce qu'il vient faire dans cette aventure ?
05:37Je sais qu'il s'intéresse beaucoup à l'IA vidéo
05:39pour inventer ce qu'il appelle les World Models.
05:41Est-ce que c'est un lien avec la nouvelle entreprise
05:43qu'il est en train de lancer en France, qui s'appelle AmiLabs ?
05:46Yann Lequin, on a eu beaucoup de chance de le rencontrer.
05:49Il a été séduit par le projet, l'ambition, effectivement,
05:51aujourd'hui, contribuer à la sécurité intérieure,
05:53la défense, la souveraineté européenne.
05:54Il faut des talents.
05:56Il n'a investi que quand on lui a partagé notre roadmap technique,
05:59donc il a été convaincu par la manière dont on fait les choses.
06:01Aujourd'hui, c'est un domaine qui évolue énormément.
06:02Et la manière dont on fait les choses, elle est assez originale.
06:05Elle est assez innovante et c'est ça qui la séduit.
06:07Maintenant, il faut avoir conscience que pour un marché
06:09avec des cycles de vente aussi longs, côté armé, côté sécurité intérieure,
06:12heureusement qu'on n'a pas simplement Yann Lequin.
06:14On a l'ancien numéro 1 d'Interpol,
06:16Jurgen Stock, un profil allemand qui nous a rejoints en tant que senior advisor.
06:19On a l'ancien directeur de la police danoise,
06:21qui était numéro 2 d'Europol, qui nous a rejoints en tant que senior advisor.
06:24On a l'ancien directeur de la sécurité intérieure polonaise
06:26qui nous a rejoints, et un député européen français.
06:29Ces profils-là, ils sont nécessaires,
06:30pour l'ambition qu'on a de proposer une alternative européenne
06:33compétitive technologiquement et commercialement.
06:34On vous reçoit tous les 4 mois, et à chaque fois, vous faites des pas de géant.
06:37On adore entendre ça dans la French Tech.
06:39Merci beaucoup Florian Fournier, fondateur et directeur général d'Oradio,
06:42d'être venu ce matin.
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