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  • il y a 2 minutes
Simon Calonne, cofondateur et directeur général d'Egide, était l'invité de Laure Closier dans French Tech, ce vendredi 3 avril. Il est revenu sur la technologie de sa startup, qui met au point des intercepteurs de drones à destination des armées occidentales pour abattre les drones kamikazes, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:008h21 et sur BFM Business et RMC Live, on va parler interception de drones.
00:04Notre invité c'est Simon Callon, bonjour, vous êtes le cofondateur et directeur général d'Egide.
00:09Ce que vous faites vous, c'est pas du drone, c'est pas du missile, c'est entre les deux,
00:12vous interceptez des drones ou des missiles, je sais pas si ça marche pour les missiles aussi,
00:17qui arrivent et vous les détruisez, c'est ça votre technologie, vous levez 8 millions d'euros en amorçage,
00:23donc c'est le début de l'aventure.
00:26Votre technologie ne peut être utilisée que par l'armée ?
00:29Oui, aujourd'hui on vise principalement l'armée, on a d'autres cas d'usage sur de la sécurité civile,
00:34mais à un peu plus long terme. L'objectif c'est de fournir aux armées occidentales les moyens de se
00:38défendre
00:38contre ces menaces que représentent notamment les drones de suicide et les chahettes que vous voyez en ce moment au
00:42Moyen-Orient.
00:43Donc concrètement, c'est pas un drone, donc c'est quoi ? Essayez de nous expliquer ce que c'est.
00:48Alors nous on parle d'intercepteur, c'est-à-dire que c'est à mi-chemin entre un drone et
00:51un missile,
00:51c'est à toute l'intelligence d'un missile, mais avec le prix et les matériaux d'un drone.
00:55Donc on arrive à une sorte d'hybride qui est dix fois plus cher qu'un drone, dix fois moins
01:00cher qu'un missile,
01:01mais qui a un niveau de performance comparable à ceux des missiles.
01:03Ça fait quelle taille, quel poids, et ça ressemble à quoi en fait ?
01:06Ça ressemble à un petit missile à propulsion électrique, ça fait un mètre de haut,
01:09dix kilos et ça vole entre 400 et 600 km heure.
01:12Et en fait tout l'intérêt c'est une question de modèle économique en fait en réalité,
01:16parce que les drones chahed dont on parle beaucoup en ce moment,
01:19ça coûte, de mémoire, je parle sous votre contrôle, mais c'est 50 000 euros,
01:23quelque chose comme ça, à construire, donc ce qui n'est rien en budget militaire.
01:26Et aujourd'hui pour les intercepter, on utilise des missiles embarqués dans des rafales
01:30qui coûtent, c'est quoi ? C'est 500 000 euros pièce pour le coup ?
01:32Oui c'est ça, on utilise des missiles MIGA qui sont embarqués sur les rafales.
01:36Et justement notre objectif c'est d'arriver à être à peu près au même prix qu'un chahed
01:40pour que les métriques économiques de la guerre soient comparables
01:45et que les forces armées n'utilisent plus des missiles hautement stratégiques
01:48pour détruire du chahed.
01:49Avec une production en masse du coup ?
01:52Tout à fait, la grande difficulté de ce genre de sujet c'est d'arriver à un passage
01:56à l'échelle industrielle, c'est-à-dire produire un prototype, intercepter un chahed,
01:59c'est quelque chose qui est faisable relativement rapidement,
02:01mais le vrai enjeu c'est d'être capable de passer à une échelle industrielle,
02:04d'en produire 100 000, 10 000 dans les prochaines années.
02:06Mais là vous vous êtes entraîné du coup sur des chaheds directement ?
02:10Aujourd'hui pas encore, notre objectif c'est d'intercepter un chahed d'ici la fin de l'année
02:14et d'être capable de passer à l'échelle industrielle en début de l'année prochaine.
02:17Là vous avez fait le prototype ?
02:18Aujourd'hui on a fait le prototype, on a quelque chose qui va voler cet été
02:21et l'objectif c'est d'être capable d'avoir un système complètement autonome
02:24sur une démonstration à peu près maîtrisée d'ici la fin de l'année.
02:27Mais alors intercepter un chahed c'est bien, mais il faut en intercepter des dizaines et des dizaines
02:30parce que si je comprends bien, les chaheds, l'une de leurs particularités c'est qu'ils sont utilisés en
02:34essaim,
02:34donc vous allez le retrouver face à peut-être 50 drones et il va falloir intercepter les 50 drones en
02:38même temps.
02:39C'est ça vous allez être capable de le faire ?
02:40C'est également notre ambition, l'objectif c'est effectivement de contraire ce qu'on appelle les attaques saturantes,
02:45donc les chaheds qui arrivent en masse par vagues de 20, 30, 40, 50
02:48et d'être capable d'avoir un maillage d'intercepteurs au sol qui est capable d'aller intercepter ce type
02:53de menace.
02:54Et qui pilote ? Ça se pilote tout seul ?
02:56Il n'y a pas de pilote, c'est pour ça qu'on se rapproche plutôt d'un mode de
02:59fonctionnement missile,
03:00c'est un système qui est complètement autonome, c'est un système de défense antiaérienne
03:03avec un moyen de détection au sol, un radar et une nuée d'intercepteurs.
03:07Donc ils se déclenchent tout seuls ?
03:09Non, il y a quand même un opérateur qui est dans la boucle,
03:11on garde toujours quelqu'un dans la boucle pour engager le système,
03:14mais une fois que l'intercepteur est parti, il est complètement autonome.
03:17Et ça arrive à être très précis ?
03:18L'objectif c'est être quasiment aussi précis qu'un missile, un niveau de performance comparable,
03:22donc nous on parle de SSKP, c'est-à-dire c'est une métrique pour l'interception
03:26et on veut tuer dans plus de 80% des cas nos chaheds.
03:30Est-ce que votre modèle n'est pas déjà dépassé ?
03:33Je m'explique, quand on voit sur le front ukrainien aujourd'hui,
03:37il y a aussi des chaheds sur le front ukrainien,
03:40aujourd'hui les Ukrainiens, de briquet de broc de manière totalement artisanale,
03:44ils ont créé aussi des intercepteurs en utilisant des imprimantes 3D,
03:48en utilisant des pièces de drones de course qu'ils ont récupérées, etc.
03:51Et ils arrivent en fait à avoir des intercepteurs,
03:53mais qui pour le coup coûtent 1000, 2000 dollars,
03:56donc encore bien bien moins chers que les vôtres et qui sont déjà fonctionnels.
04:00Donc est-ce que finalement votre modèle n'est pas déjà disrupté avant d'avoir même existé ?
04:03Tout à fait, et aujourd'hui les Ukrainiens sont très en avance sur le côté drone intercepteur,
04:09mais ces drones nécessitent à chaque fois un pilote,
04:10et aujourd'hui on n'a pas les moyens en France de former toute l'armée française en pilote,
04:14donc l'objectif c'est d'avoir un système autonome
04:16et d'avoir un seul opérateur qui est capable de détruire des centaines de chaheds,
04:19et pas d'avoir une centaine d'opérateurs qui vont chacun piloter un drone.
04:22Parce que les Ukrainiens ils utilisent ce qu'on appelle les FPV, c'est ça ?
04:25En fait on a un casque de réalité virtuelle,
04:27on voit par les yeux du drone ou de l'intercepteur et on va s'attaquer au chahed.
04:32Donc là vous, ce sera un système totalement autonome.
04:34Complètement autonome, et en ça on se rapproche des systèmes de défense antirène classiques
04:37que sont les missiles, avec le système santé par exemple,
04:40qui est utilisé par la France contre les missiles balistiques.
04:42Pendant des années on a dit qu'on était en retard sur l'industrie du drone en Europe,
04:45là il commence à y avoir, et alors il y a vous, il y a d'autres start-up,
04:47il y a Armattan notamment, qui déploient tous des solutions.
04:53Le marché est assez concurrentiel.
04:55Vous, vous avez bossé chez MBDA, vous n'auriez pas pu développer la même technologie chez eux ?
04:59C'est-à-dire que ça doit être un milieu parallèle de start-up qui travaillent sur ces technologies ?
05:04Effectivement, c'est notre conviction.
05:06C'est-à-dire que MBDA aujourd'hui a un modèle où il fabrique des solutions hautement technologiques
05:10pour intercepter par exemple des missiles balistiques.
05:13Et ce modèle-là, il est extrêmement complexe.
05:15Vous ne pouvez pas demander à quelqu'un qui fabrique des Formule 1
05:17de se mettre à fabriquer 10 000 Dacia du jour au lendemain.
05:20Et notre objectif à nous, c'est de fabriquer ces Dacia.
05:22Et c'est pour ça qu'on a décidé d'adopter une structure plus agile
05:25et de pouvoir aller plus vite sur ce modèle industriel-là.
05:28Votre objectif, c'est d'arriver à une usine de production quand ?
05:31En 2027. L'objectif, c'est d'avoir une première usine à la mi-2027
05:35et une première capacité industrielle de quelques centaines d'intercepteurs par an.
05:39Et 8 millions, ça va suffire ?
05:41Non, ce ne sera pas suffisant.
05:42Aujourd'hui, on cherche, une fois qu'on aura démontré le concept technologique,
05:46à lever entre 30 et 50 millions d'euros au cours de l'année 2027.
05:49Et là, vous êtes déjà en discussion avec l'armée,
05:52je ne sais pas, peut-être avec l'AMIAD, on parle beaucoup,
05:54on les a eues d'ailleurs sur ce plateau,
05:56la division maintenant intelligence artificielle de l'armée
05:59qui s'intéresse beaucoup à toutes les start-up de la défense.
06:02Ça les intéresse, votre technologie, là, concrètement ?
06:04Aujourd'hui, on est en discussion avec ce qu'on appelle au sens large
06:06l'administration, les armées,
06:08mais je ne peux pas beaucoup vous en dire plus pour le moment.
06:10C'est confidentiel.
06:11Oui, j'imagine.
06:12Merci.
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