00:00La French Tech, on reçoit Lucas Lefebvre, cofondateur et directeur général de La Fourche.
00:04Bonjour.
00:04Bonjour.
00:05La Fourche créée il y a 7 ans, vous avez aujourd'hui 350 salariés, c'est le supermarché bio en ligne.
00:11Est-ce que vous allez bien atteindre la rentabilité l'année prochaine ?
00:15C'est le pari que vous vous étiez fixé.
00:17Tout à fait, c'est pour ça qu'on a fait une levée de fonds récemment de 31 millions d'euros.
00:22Pour atteindre cette rentabilité, on devrait y arriver sur un mois glissant en fin d'année,
00:26mais on va confirmer ça l'année prochaine.
00:27Vous nous rappelez quand même ce que c'est le concept de La Fourche ?
00:30Tout à fait. La Fourche est un magasin bio en ligne qui se bat pour rendre accessible au plus grand nombre des produits bio et écologiques
00:37et qui a la particularité de fonctionner avec un système d'adhésion.
00:40Il faut payer 59 euros par an, donc moins de 5 euros par mois pour pouvoir acheter sur le site
00:45et se faire livrer nos 5000 produits partout en France.
00:48C'est vraiment cette adhésion-là qui nous permet de proposer des tarifs qui sont inférieurs à ceux que vous allez trouver dans le commerce.
00:53Donc en moyenne, on est 25% moins cher que les produits équivalents dans le commerce.
00:58Et en fait, on échange un petit peu de la fidélité contre du pouvoir d'achat.
01:01Il faut bien comprendre que quand vous achetez un produit sur Internet, environ 20% du prix que vous payez va tomber dans les mains des GAFAM
01:08parce que c'est le coût de la publicité sur Internet.
01:11C'est un petit peu le coût de la zone de chalandise digitale pour exister, faire venir les utilisateurs sur leur site
01:16et surtout les faire revenir.
01:18Nous, on va payer 3-4% de ces 20%, enfin on va payer 3-4% du total pour faire venir une fois les gens sur notre site.
01:27Ensuite, ils prennent leur adhésion et donc ils reviennent naturellement.
01:29Et donc ces 15% d'économies sur le prix, on va les reverser à nos adhérents sous forme d'économies.
01:34– D'ailleurs, on vous présente souvent comme le costco du bio, c'est-à-dire avec le système d'abonnement.
01:39Mais alors, est-ce que ça fonctionne aujourd'hui ?
01:42On sait qu'il y a une sorte de désamour pour le bio, ou en tout cas, le bio a commis des années compliquées.
01:47Je crois que les derniers chiffres sont un petit peu meilleurs.
01:49Mais comment est-ce que vous arrivez à vous en sortir dans un monde où effectivement,
01:52il y a de plus en plus de défiances à cause de l'inflation aussi,
01:55où il y a de plus en plus d'agriculteurs, on voit des phénomènes de déconversion,
01:58on appelle ça comme ça, c'est-à-dire des agriculteurs qui faisaient du bio et qui disent
02:02« en fait, on ne peut plus faire de bio », comment vous arrivez à vous en sortir dans cette situation-là ?
02:06– Il faut savoir que nous, la baisse des prix qu'on propose,
02:09elle n'est pas basée sur une baisse de coût d'achat aux agriculteurs.
02:14C'est-à-dire qu'on paye les agriculteurs mieux que des distributeurs classiques.
02:19Donc on n'est pas du tout en train de mettre la pression sur les producteurs,
02:21au contraire, on aide les producteurs à s'installer en bio.
02:24Alors c'est vrai que cette année, pour la première fois, il y a eu une baisse des installations en bio.
02:28Après deux années qui ont été difficiles, donc en 2022-2023, c'est revenu à peu près à la normale en 2024.
02:35Donc là, il y a une croissance à nouveau, il y a eu plus de centaines d'ouvertures de magasins bio en France cette année.
02:42Donc la croissance est de nouveau là.
02:44Il faut savoir que nous, notre modèle, en fait, il est un peu contre-cyclique.
02:47Étant donné qu'on est le magasin bio le moins cher de France,
02:48on est élu tous les ans par une étude indépendante de distribuerie « magasin bio le moins cher de France »,
02:53eh bien, même en période d'inflation, les consommateurs se tournent vers nous,
02:58puisqu'on est l'alternative la moins chère.
03:01Et ça fonctionne aussi en période normale, comme en ce moment,
03:04parce qu'on a aussi une offre qui est très pratique, on livre partout en France,
03:10et il y a une notion d'accessibilité prix, mais il y a aussi une notion d'accessibilité géographique.
03:13Ça veut dire qu'on va pouvoir s'adresser à des consommateurs qui sont loin d'une offre de bio de qualité.
03:18Mais juste, ce phénomène de désamour pour le bio, il est juste lié au phénomène prix,
03:23ou est-ce que c'est plus compliqué que ça ?
03:25Il y a aussi, je voyais, par exemple, la multiplication des labels,
03:28qui fait que les gens sont un peu perdus.
03:29Il y a le label AB, il y a le label zéro résidu de pesticides,
03:33le label HVE, haute valeur environnementale,
03:35et en fait, on ne sait plus trop où on est.
03:37Alors, il y a une dimension prix.
03:39Je dirais que si on devait mettre des chiffres là-dessus,
03:41je dirais que c'est 80% de l'évolution de la consommation bio,
03:45c'est vraiment une notion de prix.
03:46Quand on voit les études qui sont faites par différents instituts,
03:50c'est vraiment le prix, le bloqueur principal.
03:52C'est vrai qu'il y a aussi une dimension de multiplication des labels
03:56qui apporte un peu de confusion,
03:58et qui diminue l'intérêt du label bio aux yeux de certains consommateurs
04:03qui n'ont pas vraiment connaissance des détails.
04:07Ces labels sont très critiqués,
04:08le label haute valeur environnementale,
04:10le label zéro pesticide,
04:11beaucoup moins d'engagement,
04:12le cas des charges est beaucoup moins sérieux et exigeant que le label bio.
04:15Et donc, nous, on fait énormément de pédagogie sur ce sujet-là,
04:18mais dès que l'inflation diminue
04:20et dès que les consommateurs ont un petit peu plus de pouvoir d'achat,
04:23on voit que la consommation bio remonte.
04:25Donc, c'est vraiment la preuve
04:27qu'en fait, c'est une question principalement de pouvoir d'achat.
04:30Le succès d'une supermarché en ligne,
04:33ça repose beaucoup sur la logistique,
04:35sur ce qui se passe dans les entrepôts,
04:36ils sont mécanisés, vos entrepôts,
04:38vous allez encore accélérer là-dedans,
04:39grâce à la levée de temps dont vous avez parlé tout à l'heure.
04:41Qu'est-ce que vous allez mettre en place ?
04:43Tout à fait.
04:43Alors, c'est vrai que c'est vraiment un métier de logisticien
04:46dans lequel on est.
04:47Donc, on a un gros entrepôt
04:48et on a automatisé.
04:50donc, on fait les commandes pour nos adhérents.
04:55Donc, il y a une partie d'aller chercher les produits,
04:57il y a une partie de mettre les produits dans des bacs.
05:00Et donc, on a automatisé une partie, peut-être 80% du picking,
05:03donc la récupération des produits.
05:06Et on est très contents parce qu'on a amélioré la qualité de travail dans nos entrepôts,
05:10parce que c'était, en fait, nos opérateurs se balader,
05:14réaliser beaucoup de distance avec des caddies, en fait,
05:17pour remplir les différentes commandes.
05:19Aujourd'hui, c'est des robots qui leur amènent directement
05:21les produits qui sont déjà mis dans des bacs.
05:25Et donc là, il y a une deuxième étape,
05:27une deuxième étape où, en fait, on va mettre des convoyeurs
05:29pour qu'il y ait encore moins de déplacements
05:30et donc améliorer la productivité.
05:32L'idée, c'est de pouvoir faire plus de volume dans le même espace
05:34et d'aller plus vite.
05:36Vous n'êtes pas très éloigné d'Amazon, finalement ?
05:38Alors, on considère qu'on est très opposé à Amazon,
05:43puisque...
05:44Dans les valeurs, c'est vraiment ça que vous posez la question.
05:46Non, mais même dans les conditions de travail,
05:48parce que...
05:49C'est-à-dire qu'il y a...
05:51Nous, aujourd'hui,
05:52les conditions de travail sont très excellentes à l'entrepôt.
05:55On a un taux de turnover qui est très faible.
05:57Et tous les gens qui viennent travailler dans notre entrepôt le disent.
05:59Ils sont très contents de rester à la fourche.
06:02Et on voit que ça s'oppose complètement
06:05aux conditions de travail chez Amazon.
06:07Et ce n'est pas parce qu'on a automatisé une partie
06:10qu'il n'y a pas encore une dimension de...
06:15Nos opérateurs ne peuvent pas aussi choisir une partie de leur travail,
06:18optimiser les processus eux-mêmes.
06:19Donc, on laisse beaucoup de liberté aux opérateurs.
06:21Et ils ne sont pas en train de suivre en permanence
06:23un process qui est prédéfini.
06:25Merci beaucoup, Lucas Lefebvre,
06:27d'être venu nous voir ce matin dans la French Tech,
06:29cofondateur et directeur général de la fourche.
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