00:00La French Tech, ce matin avec Anthony Morel, nous recevons Catherine Deproyard, cofondatrice et PDG de Vizia.
00:05Bonjour !
00:06Bonjour !
00:06Bienvenue sur ce plateau de la matinale de l'économie.
00:08On parle ici de surveillance.
00:11Expliquez-nous ce que font les solutions de Vizia.
00:14Merci de me recevoir.
00:15Donc, Vizia, c'est une solution française de vidéoprotection pour les collectivités territoriales
00:20avec deux objectifs, les rendre plus propres et les rendre plus sûrs.
00:25Concrètement, on développe un système de vidéoprotection de rupture.
00:28Comment ça marche ?
00:29Historiquement, on a des caméras fibrées qui envoient le flux sur un serveur physiquement installé dans la mairie.
00:35Chez Vizia, on propose une alternative.
00:37Des caméras 4G, 5G qui envoient les images sur un cloud souverain, second cloud.
00:43Deux avantages.
00:44Un, on déploie des parcs de vidéoprotection en moins d'une semaine.
00:47Là où, historiquement, ça peut prendre un à deux ans de génie civil.
00:53Et deux, comme on digitalise l'accès à la preuve, quand il y a une enquête qui est ouverte,
00:58la police peut y accéder directement au cloud sans devoir se déplacer.
01:02Donc, on accélère les enquêtes par un facteur de 10.
01:04Anthony.
01:05Alors, qu'est-ce que ces caméras sont capables de détecter concrètement ?
01:08Parce que l'un de vos objectifs, c'est de lutter contre les dépôts sauvages, typiquement.
01:11Donc, est-ce qu'elle va être capable de détecter, je ne sais pas, que quelqu'un a jeté un
01:14mégot par terre ?
01:15Comment ça fonctionne exactement ?
01:17Très bonne question.
01:19Dans le cadre de notre offre dépôt sauvage de déchets, on travaille dans un cadre réglementaire qui est très très
01:24précis.
01:25Donc, pour être très clair, toutes les solutions qui sont déployées aujourd'hui dans 250 collectivités.
01:31Déjà, on est déployé dans 250 collectivités, des collectivités de toutes les tailles.
01:34Ça va d'une ville de 65 habitants, comme le Plessis-Gasso, jusqu'à des villes comme Orléans, Avignon, Strasbourg.
01:41Et donc, dans ces collectivités-là, quand on parle du dépôt sauvage de déchets, on va déployer un capteur photographique
01:47qui va faire une comparaison d'images dans le temps pour identifier là où il y a eu un changement
01:51de pixels.
01:52Donc, c'est une solution qui est très simple par sa nature, parce qu'il y a un cadre réglementaire
01:57qui est très très précis.
01:58Et grâce à ça, on va accélérer la relecture de la police municipale et on va permettre la baisse, la
02:03détection,
02:05puis on va accélérer les procédures.
02:09Donc, ce n'est pas du temps réel, en fait.
02:10Il y a une comparaison qui se fait à intervalles de temps réguliers, mais ce n'est pas...
02:14On voit qu'une personne a laissé un déchet par terre et donc, la police va être immédiatement prévenue.
02:19Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne.
02:20Non, non, non.
02:22On détecte, par comparaison de pixels, un changement sur l'image.
02:25L'image est envoyée à la police municipale.
02:28Et les policiers municipaux peuvent constater eux-mêmes, de leurs propres yeux,
02:32si, oui ou non, il y a eu un dépôt sauvage de déchets et lancer une procédure.
02:35Et donc, par exemple, dans une ville comme Gex, frontalière à la Suisse,
02:40on a déployé 10 systèmes sur les 10 points les plus touchés par les dépôts sauvages de déchets dans la
02:45ville
02:45et on a baissé les dépôts sauvages de déchets de 95% dès la première année.
02:49Comment vous faites pour ce qui est de la mission de surveillance pour la protection, pour la sécurité ?
02:56Parce que là, justement, on a un problème de timing.
02:58Si on peut attendre quelques heures ou un jour ou deux qu'un dépôt sauvage soit là
03:03et qu'on revienne sur les images, comment vous gérez, pour le coup, des situations où la sécurité est en
03:08jeu ?
03:09Une question.
03:11Évidemment, je rappelle que je suis là pour annoncer une levée de fonds de 30 millions d'euros.
03:15Et cette levée de fonds de 30 millions d'euros a pour objectif de nous déployer fortement sur nos solutions
03:20de sûreté.
03:20Oui, donc notre premier objectif, ça va être de passer de 250 collectivités à 600 collectivités fin 2026,
03:27surtout en déployant notre offre de sûreté, sur laquelle je vais revenir.
03:31Deuxième objectif, partir à l'international, d'abord au Royaume-Uni puis en Italie.
03:34Troisième objectif, développer nos solutions techniques.
03:37Sur l'offre sûreté, l'avantage premier, c'est le fait qu'on va déployer très très vite, comme je
03:41l'ai dit,
03:41donc on va démocratiser l'accès à la vidéoprotection.
03:44Et le deuxième avantage, c'est qu'on va digitaliser l'accès à la preuve.
03:46Le fait de passer sur un serveur cloud souverain nous permet, dans le cadre d'une enquête,
03:54la police peut y accéder en instantané au lieu de se déplacer physiquement jusqu'au serveur.
03:58Donc ça, c'est très important.
03:59Et un exemple concret, par exemple, on vient de déployer la ville de Muret,
04:0225 000 habitants entre Toulouse et l'Espagne.
04:05C'est sur un axe très passant.
04:07Donc on a déployé 30 systèmes en moins d'une semaine,
04:11surtout sur les entrées et les sorties de ville.
04:12Et l'objectif de la police là-bas, ça va être de détecter les véhicules qui seraient suspects,
04:17par exemple, dans des cambriolages, dans des vagues de cambriolages ou dans des vagues de trafic,
04:20puisqu'on est sur un axe passant.
04:22Mais ça, c'est quoi la différence avec une caméra de vidéoprotection classique ?
04:25Parce qu'on a déjà des caméras de vidéoprotection qui filment en flux
04:27et on va pouvoir retrouver l'image d'un véhicule qui est suspect, par exemple.
04:31Là, qu'est-ce que va faire votre caméra ?
04:33Qu'est-ce qu'elle détecte qu'une caméra normale ne détecte pas ?
04:35Dans le cadre de la vidéoprotection police municipale,
04:39on ne va pas encore pouvoir déployer des systèmes d'intelligence artificielle.
04:43Donc il n'y aura pas de détection à proprement parler.
04:45L'innovation va se faire plutôt au niveau de l'hébergement cloud, d'une part,
04:49et d'autre part, surtout ce qui est digitalisation des procédures autour de toutes ces enquêtes.
04:59Donc par exemple, la police nationale, les forces de l'ordre,
05:02vont pouvoir accéder au système de la ville de Muret dans le cadre d'une réquisition à distance.
05:06En fait, vous êtes bridé par la réglementation, c'est ça la réalité.
05:10Parce que technologiquement, on pourrait potentiellement,
05:13même si on pousse le curseur très très loin, mais là c'est complètement interdit en France,
05:16on pourrait aller jusqu'à identifier une personne qui a commis un délit
05:20et remonter jusqu'à elle très facilement.
05:22Simplement, on est tellement limité en France que là, ce que vous pouvez faire,
05:25c'est finalement juste du stockage numérique de manière un peu plus sécurisée et souveraine,
05:30mais vous ne pouvez pas aller jusqu'où vous pourriez potentiellement technologiquement aller.
05:35Je ne dirais pas forcément qu'on est bridé,
05:38parce que l'objectif de VIA, d'abord, il faut aussi que je précise ça,
05:41c'est d'être une solution souveraine.
05:43Donc solution souveraine française, solution souveraine européenne.
05:45Et comme on est au service des maires et de leurs demandes,
05:49si vous voulez, le niveau de la réglementation,
05:52c'est quelque chose d'extrêmement important pour nous.
05:53C'est-à-dire que la réglementation reflète un peu là où les citoyens,
05:58là où les maires veulent aller.
05:59Et donc notre objectif, c'est de proposer la solution la plus innovante
06:02dans le cadre réglementaire tel qu'il est aujourd'hui.
06:04Mais ça permet d'arrêter des gens concrètement ?
06:05Par exemple, sur les dépôts sauvages, est-ce qu'à partir de vos caméras,
06:08on a pu remonter jusqu'à des gens qui, effectivement,
06:10laissaient traîner des déchets dans la ville ?
06:12Évidemment, parce que les plus gros dépôts de déchets sauvages
06:14vont être faits grâce à des véhicules, souvent des véhicules professionnels
06:18qui vont balancer pas mal de déchets.
06:20Et la loi au Code de l'environnement prévoit de relier la plaque d'immatriculation
06:23à son hauteur de dépôts sauvages de déchets.
06:25Et encore une fois, on est dans un cadre très précis
06:27qui nous permet de proposer des solutions souveraines
06:30comme demandées par nos villes partenaires.
06:32L'efficacité, vous avez pu la mesurer sur les villes dans lesquelles vous êtes installés ?
06:36Bien sûr. Deux mesures principales.
06:40En moyenne, on baisse les dépôts sauvages de déchets de 85%
06:42dès la première année d'installation.
06:44Ça, c'est la première chose.
06:45Et sur les sujets de sûreté, on arrive à accélérer l'enquête par un facteur de 10
06:49rien que parce qu'on digitalise, un, l'accès à la preuve
06:52et deux, les procédures derrière.
06:54Merci beaucoup, Catherine Deproyard, d'être venue sur ce plateau
06:57cofondatrice et PDG de Vizia dans la French Tech.
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