00:00BFM Bourse, c'est aussi l'émission où on bat en brèche, où on tord le coup aux idées reçues.
00:06C'est ce qu'on appelle le bullshitomètre.
00:08Et pour ce bullshitomètre, nous accueillons Stéphane Von Uffel.
00:11Bonjour Antoine.
00:12Stéphane Von Uffel de SVH Conseil et directeur de la performance d'un GFI par place.
00:15Tout à fait, je les salue au passage.
00:17Nous les saluons.
00:19Alors évidemment, en ce début d'année 2026, on se dit sur quel pays il faut miser,
00:24qui a les meilleures dynamiques de croissance.
00:27Évidemment, on va aller chercher à l'international.
00:30Aux Etats-Unis.
00:31Et vous, vous dites bullshit.
00:35Vous foudroyez cette idée que tout passe par les Etats-Unis.
00:38Non, finalement.
00:39Alors, je vais apporter de l'eau à votre moulin.
00:42C'est qui qui bat des records en ce moment ?
00:44C'est nous.
00:45Le CAC 40.
00:46Ah, mais ça va dans mon sens.
00:47Voilà.
00:48Apparemment, il faut s'intéresser à la Corée du Sud aussi.
00:50Je n'ai pas pensé à l'intégrer dans le raisonnement.
00:53Si on s'intéresse à l'IA, c'est vrai que c'est un cas particulier assez phénoménal.
00:57Dès qu'on rentre dans les hautes technologies,
00:59de toute façon, on va très vite dans ces zones géographiques-là,
01:01que ce soit le Japon ou la Corée,
01:03et la Chine demain,
01:04puisque le plus grand acteur demain est indéniablement la Chine.
01:10Non, alors, juste pour temporiser mon propos,
01:12vous savez que je suis un garçon de conviction,
01:14mais non pas buté.
01:15Absolument.
01:15Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas y aller.
01:16Mon budget-hommette va être quand même un peu mitigé,
01:18encore, pardon pour ceux qui sont déçus.
01:21Mais je ne parierai pas sur les États-Unis,
01:24je ne parierai pas même sur l'international,
01:26sans être chauvin européen,
01:28je ne parierai pas sur l'international,
01:29mais en particulier sur les US,
01:31parce que d'abord, il y a un consensus qui est trop fort sur les US.
01:33C'est-à-dire que là, tout le monde s'est mis d'accord
01:35que 2026, et ça fait déjà un trimestre,
01:37serait une super année boursière aux États-Unis.
01:39Alors, moi, j'adore ça,
01:40mais vous savez qu'historiquement,
01:42et j'aime bien l'histoire financière,
01:44dès qu'on commence à être tous d'accord
01:46et que tout le monde ne regarde que dans un sens,
01:48c'est en général là qu'on se prend un immense bouillon.
01:51Donc, je suis assez mitigé.
01:53Ça ne veut pas dire que dans les allocations de nos clients
01:55ou dans les portefeuilles de nos auditeurs et téléspectateurs,
01:57il ne faut pas mettre les bonnes valeurs,
02:00évidemment, américaines, chinoises, etc.,
02:01mais il faut être prudent.
02:03Voilà, ça, c'est mon point de vue, déjà, pour commencer.
02:05Alors, pourquoi ?
02:06Parce qu'en fait, les États-Unis, ce consensus,
02:07il est tellement fort qu'aujourd'hui, moi,
02:10je trouve qu'on surpaye les actions américaines très clairement.
02:13Alors, on est, on va dire,
02:15un moyen de coût par action entre 25 et 30,
02:17c'est-à-dire le nombre d'années que vous avez besoin en dividende
02:20pour pouvoir payer votre action.
02:21À titre comparaison, l'Asie, la Chine,
02:24les grands acteurs asiatiques ou l'Europe,
02:25on est à 14, c'est-à-dire quasiment deux fois moins cher.
02:28Alors, historiquement, les États-Unis sont plus chers,
02:30évidemment, que le reste de la planète, on le sait,
02:32mais là, je trouve que ça atteint quand même son paroxysme.
02:34Alors, vous parliez d'NVIDIA juste avant mon arrivée,
02:36pour certaines valeurs, dont NVIDIA,
02:38auxquelles je peux croire, parce que je continue à penser
02:40qu'il n'y a pas de discussion,
02:42malheureusement, le marché, il est entraîné.
02:44Mais, si on regarde bien ce qui se passe depuis 24 mois,
02:47le marché, il est entraîné par de moins en moins de valeurs,
02:50c'est-à-dire la hausse, elle ne repose finalement que sur un petit...
02:53À la fameuse concentration.
02:54Voilà, on n'est plus sur les 7 magnifiques,
02:55on est sur une vingtaine, 25 grandes valeurs,
03:00et puis des secteurs.
03:01Mais ça, je trouve que ça se resserre.
03:04Alors, je lui ai un peu d'accord,
03:05je lui fais confiance en mémoire vive et telle que...
03:08Non, non, mais si vous regardez la performance 7 magnifique,
03:10vous en avez peut-être deux qui sont dans le vert,
03:11parce que quand j'ai regardé la semaine dernière,
03:13tout le monde était dans le rouge,
03:14là, NVIDIA est repassé dans le vert.
03:16Légèrement, oui.
03:17Très légèrement, on doit être à plus 3, à tout casser.
03:20Par ailleurs, il y a un élargissement quand même qui se fait,
03:22parce que vous regardez, les small caps aux Etats-Unis,
03:23elles ont tendance à surperformer.
03:24Et puis, on parlait du halo la semaine dernière
03:27avec M. Fédéric Rosier.
03:29On commence à avoir des caterpillars, des cocas,
03:31des trucs bien lourds, des classiques,
03:33qui commencent à revenir.
03:34C'est pour ça qu'en fait, vous avez raison sur les tendances
03:37de moyen terme, quand on regarde dans le rétroviseur
03:39sur les dernières semaines, c'est un peu moins vrai.
03:40Et puis, Julien, on en a parlé sur ce plateau,
03:42moi, j'adore, parce que justement,
03:43les vieilles valeurs américaines,
03:44on y fait un bullshit omet sur ça,
03:46sur coca, j'avais parlé,
03:47West Fargo, etc.
03:49Justement, alors, on va parler là-dessus,
03:51mais le consensus, il n'est pas sur ça.
03:53Donc, c'est très bien.
03:54Les small and mid-cap, il n'est d'ailleurs nulle part,
03:56même en Europe, il n'y est pas.
03:57Alors que sans doute, les performances et les leviers,
03:59ils seront là.
04:00D'où l'intérêt d'aller voir quelqu'un qui s'y connaît,
04:02mais ça, je ne vais pas défendre trop ma crèmerie là-dessus.
04:04Donc, les États-Unis, je ne dis pas non,
04:06je dis, voilà, justement,
04:07et suivez évidemment BFM, BFM Bourse pour ça,
04:10il faut ouvrir ses chakras sur les États-Unis
04:12et ne pas suivre toute cette espèce de naïveté naturelle,
04:16parce que ça reste un pays qui est compliqué.
04:18Les allocations des Américains sont très investies en bourse,
04:21donc il n'y aura pas énormément de flux qui vont arriver.
04:23Les taux, on ne sait pas trop ce qui va se passer,
04:25mais ce n'est pas encore sûr que ça va faciliter les choses.
04:29Bon, la Cour suprême a quand même désavoué
04:31un peu une décision présidentielle,
04:33donc il y a quand même pas mal de trucs
04:34qui se compliquent un peu aux États-Unis.
04:36Donc, j'en laisserai dans mes portes à feuilles,
04:38mais j'irai un peu plus doucement.
04:39Alors, le truc, ça pourrait être justement
04:43de revenir sur l'Europe,
04:45sur la France en particulier,
04:46mais ça, c'est quelque chose que je trouve très, très consensuel
04:50et peut-être même un petit peu trop ces derniers temps,
04:52vous ne trouvez pas ?
04:53Sur la France ?
04:54Sur la France et sur l'Europe,
04:56sur la rotation géographique.
04:57Alors, je suis moins d'accord,
04:59parce que justement, si vous regardez les flux,
05:01les flux ces derniers temps,
05:01ils ont été quand même pas mal aux États-Unis.
05:03Si, en revanche...
05:04On est sur des flux historiques...
05:05Non, là, depuis six semaines, grosso modo.
05:09D'accord, ok.
05:09C'est ça que je vous dis.
05:10Si on fait la moyenne, on est sur six semaines.
05:12Ça veut dire que tant mieux,
05:13je ne suis pas complètement débile
05:14et que je connais un petit peu mon métier,
05:15et que je suis mal seul.
05:16Mais on n'a jamais dit qu'en frère.
05:18Tout va bien.
05:19À le penser, mais je vous remercie de l'enmarquer.
05:20Après toutes ces années,
05:21bonjour Antoine, ça me voit là rassuré.
05:23Non, évidemment, attention,
05:25je redis la même chose que j'ai dit pour les États-Unis.
05:27Il ne faut pas foncer sur l'Europe
05:30ou sur les actions françaises,
05:31parce qu'on est ravis.
05:33Ceci est une histoire de consensus.
05:34On l'a eu longtemps sur le luxe.
05:35Tout à fait.
05:35Qui a été chahuté.
05:37Finalement, comme on l'a douce dit,
05:39il faut avoir une vision long-termiste,
05:40ça reviendra,
05:41parce que tout le monde aura toujours besoin.
05:42Et finalement, ça s'est plus ou moins récupéré.
05:44C'est juste une question de temps d'entrée,
05:46de temps de sortie.
05:47Le market timing, le fameux mot,
05:48est très important.
05:49Surtout pour moi,
05:50qui suis conseiller en gestion de patrimoine,
05:51qui est donc des échéances
05:52beaucoup plus longues
05:53que le trader quotidien
05:54qui, lui, doit faire de la perf en intraday.
05:56Donc, l'Europe,
05:58qu'est-ce qui m'intéresse dans l'Europe ?
05:59C'est que très clairement,
06:02je vous le dis,
06:02les actions sont encore, pour moi,
06:04en dessous de leur valeur.
06:05Globales, c'est des moyennes, évidemment.
06:07Il y a des plans d'investissement
06:09très importants.
06:10Évidemment, on cite beaucoup le plan allemand.
06:12Mais il va avoir des impacts.
06:14Pour l'instant, c'est lent.
06:14On nous dit, c'est pas assez rapide.
06:15Mais oui, mais c'est des plans d'investissement lourds.
06:17Pour l'instant, c'est l'Europe.
06:18C'est culturel, industriel,
06:21réglementé.
06:21Vous l'avez dit.
06:22Donc, forcément, c'est pas simple.
06:24Mais il y a quand même une prise de conscience.
06:25Moi, j'observe beaucoup de gérants
06:27qui vont voir beaucoup d'entreprises.
06:28Et il y a une vraie prise de conscience,
06:30évidemment, dans la sécurité,
06:31dans l'armement,
06:32dans la transition écologique.
06:34L'Europe a son coup à jouer.
06:36Et j'ai la sensation
06:37que ça ouvre des perspectives.
06:38Alors, peut-être pas sur les 6 prochains mois.
06:41Mais peut-être dans les 24 prochains.
06:42Donc, 2026 sera une année
06:44où forcément, il y a un intérêt.
06:46Et puis, il y a des flux
06:46qu'il va falloir rapporter
06:48si jamais, aux États-Unis,
06:49ça ne satisfait pas
06:50ou s'il y a le moindre accident.
06:52Et puis, mon dernier souhait, pardon Julien,
06:54c'est...
06:56On n'est pas très nombreux.
06:57Mes camarades d'ingéphi soutiennent ce sujet également.
07:00Moi, je pense qu'à un moment donné,
07:01il va y avoir quand même
07:02un sujet désinflationniste, quand même,
07:04un petit peu,
07:04avec l'arrivée en masse
07:06du commerce chinois.
07:08Les autres chaînes.
07:09Il y a quand même,
07:10les résultats des entreprises sont positifs.
07:11On attend des bons résultats
07:13pour l'euro stock 600.
07:14Mais, est-ce que ça va durer
07:15dans les prochains mois ?
07:16La géopolitique, elle est compliquée.
07:17Donc, je continue à dire
07:18qu'on n'est pas à l'abri cet été
07:20qu'il y ait une baisse de taux,
07:21directeur,
07:22à la Banque Centrale Européenne.
07:23Qui, forcément,
07:24est toujours une bonne nouvelle
07:25pour l'equity,
07:26pour l'action.
07:26Je ne sais pas,
07:27pour la dette.
07:28Mais en tout cas,
07:29pour les marchés,
07:30c'est une bonne nouvelle
07:31pour se projeter un peu
07:32dans le second semestre 2026.
07:34Oui, Julien ?
07:35Non, mais je ne suis pas
07:37toujours contre vous.
07:38Je ne sais pas,
07:38au contraire.
07:39Parce que là,
07:39j'ai envie d'aller dans votre sens.
07:40C'est pour dire que Goldman Sachs
07:42avait publié une étude
07:43fin l'année dernière
07:43où il se projetait
07:44sur les dix prochaines années.
07:46Et en fait,
07:46la performance totale,
07:47vous prenez le cours boursier
07:48plus le retour à l'actionnaire.
07:50Il faut additionner les deux
07:50pour avoir le total share order return
07:53comme on dit en anglais.
07:54Et eux,
07:54ils voyaient les Etats-Unis
07:55derrière l'Europe
07:56et derrière l'Asie.
07:57Les émergents
07:58et le Japon, en fait.
07:59Pour une raison simple,
07:59c'est que les multiples boursiers
08:02sont trop élevés.
08:02Trop élevés ?
08:03Et donc,
08:03ils anticipaient
08:03une toute petite contraction.
08:04Mais aussi parce que le dividende
08:06est beaucoup plus faible
08:07qu'en Europe, en fait.
08:08Julien, historiquement,
08:09sur les 50 dernières années,
08:11l'étude ne va que sur 50 ans,
08:13on n'a jamais atteint
08:14un tel niveau de prix
08:16pour acheter les marchés américains.
08:17Ça n'a jamais atteint.
08:18En général,
08:18on était entre 18 et 20.
08:20Là, on est à 26.
08:21C'est-à-dire qu'on est quand même
08:22quasiment 30 % au-dessus
08:24d'un prix moyen.
08:25Alors évidemment,
08:26est-ce que l'économie
08:26a été aussi puissante ?
08:27Est-ce que les Etats-Unis
08:28ont eu une telle hégémonie ?
08:29Je ne sais pas.
08:30Dans un monde très concurrentiel,
08:31avec d'autres pôles
08:32très puissants qui arrivent,
08:34ça ne veut pas dire
08:34que c'est trop haut.
08:35Ça veut dire
08:35qu'il y a un rééquilibrage
08:37nécessaire ailleurs.
08:38Mon cher Guillaume,
08:39le risque,
08:40mon cher Guillaume,
08:41mon cher Montal,
08:41le risque,
08:42il est toujours...
08:42Oui, voilà.
08:43C'est ça,
08:44c'est la méchante.
08:45Après,
08:46vous achetez l'hégémonie
08:46américaine.
08:47Il y a ça aussi.
08:48Parce que là,
08:49avant,
08:49on parlait de la bourse
08:50de Séoul.
08:51C'est 3 600,
08:53700 milliards de dollars
08:54de capitalisation.
08:58Paris est dixième.
08:58Les Etats-Unis,
08:59c'est 70 000 milliards de dollars.
09:01C'est juste impossible.
09:02C'est juste impossible.
09:03Non, mais il faut faire
09:03juste attention
09:03à ces consensus.
09:05Même risque sur l'or,
09:06mais il faut faire
09:07très attention.
09:07Et je le redis,
09:08moi, je suis très 2026
09:10pro-européen.
09:11Franco-français,
09:12évidemment.
09:13Mais ce cas qui ne fait
09:14qu'exploser,
09:15je le garde à l'œil
09:16quand même un petit peu.
09:17C'est formidable.
09:18On a les mêmes raisons.
09:18Formidable.
09:19Merci beaucoup Stéphane
09:21Vanuffel.
09:21Merci d'avoir participé
09:22à ce conseil de famille
09:24qui se termine.
09:25Merci Jean-Luc.
09:26BFMbusiness.com
09:27Vous pouvez retrouver
09:28tous les papiers
09:30qui sont sur le site internet,
09:31notamment ceux sur Diageo
09:33qui expliquent cette forte baisse
09:34du secteur des vrais spiritueux
09:35qui s'est vraiment matérialisé.
09:37En fin de séance.
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