- il y a 9 mois
Ce mardi 23 décembre, Clémence de Rothiacob, gérante chez Richelieu, Antoine Larigaudrie, journaliste BFM Business, et Gilles Santacreu, trader algorithmique et administrateur du site Boursikoter.com, ont débriefé la séance du jour, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Paul. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Je salue Clémence Derothiacop qui est avec nous. Bonsoir Clémence, bienvenue gérante chez Richelieu Gestion.
00:04Un petit mot d'abord très rapide quand même sur ce chiffre qui nous a tous un petit peu ébriefé,
00:08cette croissance américaine troisième trimestre 4,3% d'un mot, comment est-ce que vous l'avez regardé ce chiffre ?
00:13Alors c'est le premier chiffre de la croissance du troisième trimestre, première estimation,
00:18qui effectivement est meilleure qu'attendue, on voit la résilience vraiment du marché américain
00:23et ça c'est très positif. Alors le marché peut voir aussi le verre à moitié vide en disant
00:27la Fed, du coup la Banque Centrale aura moins d'urgence à baisser davantage les taux en début d'année.
00:35Néanmoins n'oublions pas que le quatrième trimestre on aura l'impact du shutdown américain
00:40qui ne se voit pas là dans ces chiffres de la lutte étroit.
00:42Donc c'est vraiment quelque chose à suivre de près mais saluons quand même la solidité de ce marché américain.
00:48C'est la première estimation, vous avez raison de le rappeler.
00:51Néanmoins Antoine c'est la meilleure perf trimestrielle depuis deux ans aux Etats-Unis quand même ce chiffre.
00:55Il ne faut pas oublier que le premier trimestre la croissance baissait.
00:59Donc il y a une volatilité extraordinaire qui est exacerbée par le fait qu'on est resté sans visibilité
01:05pendant toute la durée du shutdown, donc il y a des chiffres qui arrivent un petit peu en retard, etc.
01:10Et on l'a vu avec Gilles Mouac tout à l'heure, c'est vrai que ça va être compliqué maintenant
01:13de soutenir la moindre politique accommodante parce qu'on voit que la croissance est en pleine santé.
01:20Maintenant le chénon en camp, ça peut continuer à être le marché de l'emploi.
01:24Ce sera la gauche qui sera la plus regardée, aussi bien les chiffres ADP que le NFP une fois que
01:29tous les chiffres se seront un petit peu stabilisés post-shutdown.
01:32Attention en parlant de ça, il en est à nouveau question du shutdown pour fin janvier.
01:37Si les parlementaires américains n'arrivent pas à régler leurs affaires,
01:40on risque encore d'avoir cette hypothèque sur l'économie américaine,
01:43pas tant de l'avoir calée mais juste de ne plus pouvoir l'observer clairement
01:46pour pouvoir adapter la politique monétaire en fonction.
01:49Et ça, ça risque d'être très très compliqué à gérer,
01:53d'autant plus qu'il est question de nommer un nouveau patron de la Fed.
01:56Effectivement, il y aura plein de temps forts de choses à gérer.
01:59Peut-être un nouveau shutdown, effectivement, un nouveau patron de la Fed.
02:02Puis il y a aussi ce qui va se jouer autour de la Cour suprême
02:05et des droits de douane américains en janvier, en février.
02:08Là, pareil, question sans réponse, que dira la Cour suprême ?
02:11Dans un cas ou dans un autre, qu'est-ce qu'on peut attendre pour vous Clémence ?
02:14Parce que ça sera quand même un des temps forts de ce début d'année.
02:16Oui, il y a des enjeux très importants.
02:18Effectivement, l'idée, c'est qu'il y a deux juridictions inférieures à la Cour suprême
02:21qui ont déjà acté sur la non-légalité de ce qu'a fait l'administration Trump
02:27de mettre des droits de douane.
02:28Normalement, c'est du Congrès de mettre en place ce genre de choses.
02:33Maintenant, la Cour suprême va trancher.
02:35L'enjeu est colossal pour l'économie américaine déjà.
02:38Et d'ailleurs, le conseiller spécial de la Maison Blanche économique a indiqué
02:43que les remboursements seraient-ils, ce sera important, ce sera un tel impact
02:47pour l'économie américaine que la Cour suprême ne devrait pas aller dans ce sens-là
02:50justement parce que ce serait compliqué.
02:54Réduction des revenus fédéraux à venir, retour des craintes sur le déficit américain.
02:59Évidemment, pour Trump, c'est un camouflet.
03:02Et puis, ça empêcherait aussi certaines mesures qui veulent faire notamment des chèques
03:06pour les ménages avant les mi-termes, avant les élections de mi-mandat
03:10qui seraient quand même assez positives pour la consommation américaine.
03:13Évidemment, ce serait très positif pour toutes les autres économies,
03:16l'Europe, la Chine, etc.
03:18Mais c'est vrai que pour les États-Unis, ce serait compliqué.
03:21À l'inverse, si la Cour suprême validait cette mise en place de droits de douane,
03:26ça donnerait davantage de puissance sur la scène internationale
03:29pour les négociations commerciales, à l'administration.
03:33Donc, beaucoup davantage de pression à attendre pour la Chine, pour le Mexique, pour le Canada, etc.
03:38Là, c'est le sort des droits de douane additionnels qui est en jeu.
03:42C'est ça, c'est ça.
03:43Une partie seulement des droits de mise en place par l'administration.
03:44C'est ça, exactement. Ceux pour le Canada, pour la Chine et pour le Mexique.
03:47On en est là. Oui, Antoine ?
03:48Je voulais réclamer les lumières de Gilles Santacreux avec les indications techniques du moment.
03:53C'est vrai que ça fait quand même pas mal d'hypothèques autour des marchés.
03:55Et malgré tout, on a des indicateurs de volatilité
03:57qui restent quand même très bas.
03:59Le VIX, écoutez, il était à 14 tout à l'heure.
04:02Il recolle encore à 13 points, 13,60.
04:06Gilles, on sait qu'il y a un dicton qui dit
04:08« on répare jamais son toit quand il pleut,
04:10on répare son toit quand il fait beau ».
04:12Est-ce qu'il n'est pas temps de regarder un petit peu,
04:14de vérifier quand on est investisseur,
04:15ses couvertures contre la volatilité ?
04:18Alors justement, c'est un très bon point d'entrée.
04:21En général, idéalement, lorsque l'on a un rallye de Noël,
04:25par exemple, et une volatilité qui baisse,
04:27on a souvent au mois de décembre justement un VIX qui baisse fortement.
04:31Et surtout dans des configurations comme ça,
04:34où le S&P 500 est proche de ses records,
04:37ça fait effectivement une couverture que l'on peut acheter pour pas très cher.
04:41Et on avait eu le cas, par exemple, c'était en décembre 2017,
04:43où le VIX a atteint une valeur que je n'avais jamais vue auparavant,
04:48c'est-à-dire il était descendu en dessous des 10 points.
04:51Et effectivement, il avait explosé au début de l'année 2018.
04:55Et bien là, on est dans une configuration qui s'y prête aussi,
04:58puisqu'on a un S&P 500 qui est proche de ses records.
05:01On a une volatilité qui baisse et un VIX qui baisse fortement depuis quelques jours.
05:06Donc clairement, pour ceux qui ont envie de s'investir et qui n'ont pas de protection,
05:11c'est peut-être le moment justement de profiter de cette forte baisse de volatilité
05:14que nous avons habituellement en fin d'année pour penser justement à prendre ce type de produit effectivement.
05:20– Merci Gilles, merci Gilles Santacreux d'avoir été avec nous ce soir,
05:23trader algorithmique et administrateur du site boursicoté.com.
05:26Merci Gilles, à très vite, très bon Noël et à très vite, avec plaisir évidemment sur BFM Business.
05:31On va parler un petit peu allocation, Clémence, avec vous,
05:33parce que c'est la question qu'on pose évidemment à ce stade de l'année.
05:36Est-ce qu'il y a des secteurs, des valeurs sur lesquelles on peut être en retard,
05:39on peut avoir envie de se renforcer en 2026 ?
05:41Qu'est-ce que vous nous conseilleriez aujourd'hui finalement, Clémence ?
05:44– Il y a effectivement un certain nombre de secteurs qui sont en retard.
05:47Évidemment, on pense d'abord à l'automobile, qui est sur des niveaux de valorisation qui interpellent.
05:52Alors à tous les niveaux, même dans l'ultralux, Ferrari qui a déçu sur ses attentes à moyen terme.
05:57Mais pour nous, c'est des niveaux qui interpellent,
06:00et vu la croissance à venir de ce groupe-là.
06:02Et puis les constructeurs en général.
06:04Alors cette année, c'est étonnant, en 2025, ce sont plutôt les équipementiers automobiles
06:07qui ont plutôt performé en bourse, et moins les constructeurs.
06:10Nous, on regarde davantage les constructeurs depuis quelques temps en se disant
06:14que la plupart des plans d'économie de coût, d'optimisation, vont commencer à apporter leurs effets.
06:21On devrait avoir un environnement monétaire plutôt favorable, notamment aux Etats-Unis.
06:25Ce qui pourrait être positif pour un Stellantis notamment, qui a une gamme intéressante.
06:29– Qui fait le gros de son chiffre d'affaires aux Etats-Unis, bien sûr.
06:30– Exactement, et avec des produits, des lancements qui sont intéressants.
06:34Et puis, on peut être une poursuite de la détente des coûts aussi de matière,
06:40qui est un point important pour ce marché-là.
06:43Le marché des semi-conducteurs également est très en retard.
06:46Si on regarde à SML Holding, même à SM International,
06:51on pourrait avoir, vu tout le boom des CAPEX de l'IA,
06:54il devrait y avoir déjà une répercussion en 2026,
06:58notamment sur la partie mémoire, sur lesquelles les groupes européens sont fortement investis.
07:02Et après, on continue de se laisser porter aussi sur des secteurs qui ont bien fonctionné,
07:05je pense notamment au marché bancaire,
07:07qui est le grand performeur quand même des deux dernières années.
07:09Mais à notre sens, le marché…
07:10– Alors, c'est pas bon sur la Société Générale,
07:11l'exemple de Société Générale qui gagne, je crois qu'on est à 150%, quelque chose de cet endroit-là.
07:15– C'était une des plus en retard en termes de valorisation aussi.
07:17Donc, il y a eu un effet de rattrapage des multiples.
07:21Mais c'est vrai qu'on continue d'être intéressé par ce secteur-là,
07:24qui a quand même maintenant, alors au-delà,
07:26maintenant tout le monde sait que le retour aux actionnaires s'est accéléré,
07:28c'est une partie dans les cours,
07:30mais les valorisations sont toujours attractives à notre sens
07:32et surtout le marché va maintenant se focaliser sur la croissance des bénéfices par action
07:35qui est solide, qui est là.
07:37On aime bien des titres notamment italiens avec BPR Banca
07:42qui fait une acquisition intéressante avec Banco Popular et Descendrillo,
07:45des synergies à venir.
07:46Le marché espagnol aussi toujours intéressant avec Santander
07:49ou même Sabadell puisque le RAID BBVA n'a pas eu lieu.
07:55Voilà, on va plutôt pays périphérique pour les bancaires.
07:58Voilà pour les secteurs que vous voulez jouer.
08:00Côté valeurs, vous nous avez indiqué deux valeurs dont vous vouliez dire un mot.
08:04Il y a Alstom parce que vous dites qu'il y a eu beaucoup de contrats ces dernières semaines pour Alstom.
08:08Il serait bien de regarder ça de plus près peut-être.
08:10Oui, c'est ça.
08:11Le groupe a engrangé de très nombreux contrats au cours des deux derniers mois.
08:16Modernisation là.
08:16Hier, il a annoncé la modernisation du transport ferroviaire en Grèce.
08:19à peu près 400 millions d'euros.
08:22On avait un contrat important d'un milliard annoncé marché australien pour la partie métro cette fois-ci.
08:27Un contrat historique de plus d'un milliard six en Pologne annoncé il y a trois semaines.
08:32Ce qui est intéressant, c'est qu'au-delà de ces contrats-là,
08:35la plupart c'est la livraison de matériel roulant,
08:37mais à chaque fois c'est adossé à des contrats de maintes temps sur au moins une décennie.
08:41Donc c'est de la croissance embarquée très rentable pour le groupe,
08:44donc de la visibilité certaine.
08:45Et surtout pour nous, le cas d'investissement de 2026 de Halseum,
08:48ça va être la rentabilité qui revient.
08:50On a la fin des contrats moins rentables de Bombardier.
08:53Ils ont intégré Bombardier en 2021.
08:54Beaucoup de contrats très peu rentables, notamment dans les RER.
08:57Donc ça, on va vraiment avoir cette partie-là qui va faire mécaniquement reluer les marges.
09:02Et puis pour nous, c'est le retour à une génération de trésorerie positive d'un point de vue annuel.
09:09Et c'est vraiment un cas d'investissement à suivre à notre sens,
09:11avec beaucoup de news flow, d'appels d'offres à venir.
09:13Vous considérez que le marché n'a peut-être pas encore suffisamment intégré ?
09:17Tous ces facteurs dont vous parlez aujourd'hui, finalement, sur Halseum, pour vous, il y a du...
09:20Ah oui, oui, oui, pour nous, vu le niveau de valorisation, c'est loin d'être intégré.
09:23On va avoir un changement de management aussi, un changement de CIO, en début, au premier début de l'année.
09:30Donc oui, oui, le marché, on a une valorisation à 12 fois en PER pour l'année prochaine.
09:36Pour nous, c'est vraiment une valorisation intéressante.
09:38C'est un titre qui n'a pas fait grand-chose, il a sous-performé le marché cette année.
09:43Voilà, pour Halseum, il nous reste 30 secondes pour parler d'une valeur à potentiel, c'est Virbac.
09:46On a 30 secondes, pardon, mais on va en dire un mot quand même.
09:49Oui, c'est le sixième, donc c'est une plus petite capitalisation, un peu moins de 3 milliards.
09:53C'est le sixième laboratoire vétérinaire au monde, qui est détenu par une famille à plus de 50%,
09:58qui est très bien gérée à notre sens.
10:00C'est un marché, déjà, ça évolue sur un marché en croissance, croissance en volume et en prix, intéressante.
10:04Et le groupe a un certain nombre d'éléments intrinsèques pour 2026, très intéressant.
10:09Accélération de l'expansion du marché américain, qui est un marché colossal,
10:12mais qui est encore petit pour Virbac, c'est 15% de chanchisse d'affaires.
10:16Au fur et à mesure où il se déploie davantage, il absorbera davantage ses coûts fixes,
10:20donc ce sera plus rentable.
10:22Et puis, beaucoup de nouveaux produits et de la croissance externe.
10:24Ils ont les moyens de faire beaucoup d'acquisitions et ça va créer de la valeur.
10:27Voilà, Virbac, 354,50 euros dans ce moment, on progresse d'un petit pourcent aujourd'hui sur la valeur.
10:32Voilà les secteurs, les valeurs sur lesquelles vous vouliez attirer notre attention.
10:35Merci beaucoup Clémence, merci de passer de nous voir ce soir.
10:37Merci, je vous en prie.
10:38Clémence de Roth-Yacob, gérant de chez Richelieu Gestion.
10:41Merci beaucoup, merci Antoine.
10:44C'est la dernière séance pleine de cette semaine, parce que demain ça se termine à 14h.
10:49Demain, la séance, oui, effectivement.
10:51La boutique à midi, d'ailleurs c'est moi qui la fermerai.
10:55Fort honoré, après tout pour investir.
10:57Et la Bourse ouvrira ses portes après lundi prochain, effectivement pour une semaine un petit peu émiettée.
11:02Voilà, petite baisse ce soir pour terminer.
11:03Très bonne soirée à tous.
11:04Dans un instant, le journal de Stéphane Nicolo et puis Elvige Chevroyon pour vous accompagner, bien sûr, jusqu'à 19h.
11:09Bonne soirée.
11:09BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.