- il y a 2 jours
Ce vendredi 20 février, le modèle économique agricole français, ainsi que le bilan du tourisme en France en 2025, avec un nombre record de visiteurs, ont été abordés par Nicolas Bouzou, fondateur du cabinet d'analyse économique et de conseil Asterès, Mathieu Jolivet, journaliste chez BFM Business, et Philippe Trainar, professeur honoraire au Cnam, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00On est de retour pour la seconde partie de l'émission avec toujours autour de la table
00:03Philippe Trenard, Mathieu Jolivet et Nicolas Bouzou.
00:06Nicolas Bouzou qui publie un nouvel ouvrage aux collections XO,
00:11L'éternel sursaut.
00:14Quel est le thème de ce nouvel ouvrage Nicolas ?
00:15En fait c'est une histoire de France que je vais commencer même avant la France, à la Gaule.
00:20Et en fait, ce que je montre c'est que,
00:23alors ça n'est pas qu'un livre économique mais dans le domaine économique,
00:25la France est toujours un pays qui a été en avance en matière d'innovation, toujours.
00:31Les Gaulois étaient en avance en matière d'innovation, c'était les principaux...
00:35Le génie français.
00:36Ben absolument, c'était les principaux producteurs et exportateurs d'armes, de véhicules,
00:41d'enrées alimentaires, on va en parler dans quelques instants,
00:44mais la France du Moyen-Âge, la France des cathédrales, la France des foires de Champagne
00:48était le pays le plus en avance en matière d'innovation.
00:51Après les guerres de religion dans le domaine agricole,
00:53la France était le pays le plus en avance au monde.
00:5630 ans après la débâcle de Sedan, la France a inventé le cinéma.
01:01Elle est devenue, Raphaël, leader mondial de l'industrie automobile
01:05jusqu'à l'arrivée de la Ford T.
01:07Et elle est devenue, absolument,
01:09et elle est devenue leader mondial de l'industrie aéronautique.
01:12Vous voyez ?
01:13Et 25 ans après la débâcle de 1940,
01:19la France a connu la deuxième partie des tranglorieuses
01:21les plus brillantes de tout l'Occident.
01:22Donc ce que je veux vraiment montrer dans ce livre,
01:24c'est que quand la France n'est pas en avance en matière de science et d'innovation,
01:29en réalité, elle trahit son histoire.
01:31Le général de Gaulle explique très bien ça dans ses Mémoires d'espoir,
01:34dans le troisième chapitre qui porte sur l'économie.
01:36Il dit, moi je m'intéressais beaucoup à l'économie,
01:38contrairement à ce que disait la presse,
01:39je consacrais en tant que président la moitié de mes journées à l'économie,
01:42et je recevais les plus grands scientifiques et les plus grands innovateurs du pays,
01:45parce que j'avais toujours en tête le fait que le destin de la France,
01:48c'était d'être dans le domaine scientifique et dans le domaine technologique en avance.
01:54Et donc je me dis au fond,
01:56si aujourd'hui on le voit,
01:58la France c'est une usine à entrepreneurs et une usine à ingénieurs,
02:01et une usine à start-up,
02:02sauf qu'on les retrouve rapidement à l'étranger.
02:04Mais si on libérait ce fantastique potentiel,
02:07un peu comme De Gaulle l'a fait en 1958,
02:09c'est pas très compliqué,
02:09on remet de l'ordre dans nos finances publiques
02:11et on libéralise l'économie comme l'ont fait De Gaulle et REF.
02:17Mais ce potentiel français,
02:19à l'horizon 2030-2035,
02:21mais il peut s'exprimer d'une façon absolument extraordinaire.
02:24Donc je termine le livre en disant,
02:26restez en France quand j'entends ce petit discours,
02:28là sur il faut quitter la France, etc.
02:30La France c'est comme en bourse,
02:32historiquement ça s'achète à la baisse,
02:34donc partir en ce moment,
02:36c'est être loin de la France,
02:38quand ça ira mieux dans quelques années.
02:40Donc restons.
02:41Une valeur de croissance, la France.
02:43Voilà un message positif et optimiste.
02:45Je sais pas si vous donnez les voies et moyens
02:46pour réussir à libérer ces potentiels économiques,
02:50on en parle tous les jours dans cette émission.
02:51Ils ont des menhirs dans le sursaut français,
02:53ça fera venir des touristes.
02:54Ben voilà, exactement.
02:56Est-ce que vous parlez du monde agricole
02:58dans le sursaut français ?
02:59Oui, bien sûr, parce que la France,
03:00vous voyez, c'est très lié,
03:03à tous nos débats aujourd'hui,
03:04justement, sur l'agriculture.
03:08La France, depuis le début, en fait,
03:10est un très grand pays d'agriculture.
03:12Et c'est un pays qui s'est construit
03:13sur la science agricole
03:15et en réalité, dans la plus grande partie de son histoire,
03:18sur le libre-échange,
03:19contrairement à ce qu'on a pu souvent dire.
03:22Et prenez le cas d'Henri IV, par exemple.
03:24Henri IV lisait le grand traité d'agronomie de l'époque,
03:28qui avait été fait par Olivier de Serres.
03:30Et Henri IV, il a libéré le commerce de grains
03:32à l'intérieur du pays.
03:34Et donc, quand je vois les difficultés aujourd'hui
03:37de l'agriculture française,
03:39le fait que parfois,
03:41certains syndicats agricoles
03:44tournent le dos à la science et à l'innovation.
03:46Aussi, Raphaël, permettez-moi de vous le dire,
03:48alors sur ce plateau, ça a fait exception,
03:50mais les débats que je trouve absolument lunaire
03:52qu'on a eus sur le Mercosur,
03:54où 99% des gens qui s'exprimaient
03:57sur ce sujet en public,
03:58l'ensemble de la classe politique.
03:59On considérait que l'agriculture française
04:00était une toute petite chose,
04:02toute fragile,
04:03à bien mettre derrière des grandes barrières,
04:05parce que, vraiment, voilà.
04:07Je trouve que tout ça n'est pas digne
04:10de l'histoire de l'agriculture
04:11et de l'idée qu'on peut s'en faire à l'avenir.
04:12Bon, on a un modèle agricole qui souffre,
04:14quand même, en France.
04:15On a des agriculteurs en colère.
04:17Demain, je le rappelle,
04:18s'ouvre le Salon international de l'agriculture.
04:21On a, évidemment, le Mercosur en toile de fond.
04:24On a aussi une inflation d'énormes,
04:27un sentiment d'abandon.
04:30La question qui se pose derrière tout ça,
04:33Philippe Trenard,
04:34c'est est-ce qu'on a un modèle économique agricole
04:37qui est encore viable dans le monde d'aujourd'hui ?
04:41Non, mais parce qu'on a un modèle économique
04:43qui n'est lui-même pas viable.
04:45C'est-à-dire, tous les pays doivent s'adapter.
04:48On voit bien qu'il y a du changement,
04:50qu'on le trouve bien ou pas bien,
04:52peu importe, il y a des changements
04:53et vous devez vous adapter,
04:55la technologie, la question de l'automobile,
04:58la question agricole,
05:00et j'en passe, la question pharmaceutique,
05:03et j'en passe.
05:04Or, notre modèle d'adaptation
05:06est un modèle qui se révèle parfaitement terroné.
05:08Ce modèle d'adaptation
05:10est fondé sur deux principes.
05:13Le premier, c'est,
05:14il ne faut surtout pas de choc,
05:16et il faut étaler dans le temps,
05:18étaler dans le temps,
05:19la réforme du marché du travail.
05:21Souvenez-vous, François Hollande,
05:22disant, les libéraux ont raison,
05:24mais c'est une réforme qui doit prendre 50 ans,
05:26bien qu'entre-temps,
05:27vous avez tout le chômage qu'il faut.
05:30L'automobile, nous avons fait cela
05:32pendant les années 90,
05:36avec le succès que vous pouvez constater aujourd'hui.
05:38L'agriculture, nous avons fait de même.
05:41Le deuxième point,
05:42c'est qu'en plus, nous mettons en place
05:44des politiques qui déterminent aussi
05:46des choix, des investissements des personnes.
05:49Les personnes investissent
05:51en fonction des politiques qui sont faites.
05:53Et bien évidemment,
05:54quand on commence à dire
05:56qu'il va falloir changer
05:57parce qu'on poursuit la stratégie,
05:59les gens disent,
06:00mais attendez, moi j'ai investi dans ceci,
06:02j'ai investi dans cela,
06:04j'ai fait des paris.
06:05Et donc, en réalité,
06:07cette stratégie est erronée.
06:08Il faut des transitions,
06:10mais les transitions doivent être rapides.
06:12Et pour l'agriculture,
06:13je crois que c'est ce qu'il faudrait finalement faire,
06:17parce qu'in fine,
06:17à quoi avons-nous abouti ?
06:19C'est que nous avons deux agricultures.
06:21L'essentiel de l'emploi agricole
06:23est dans des agricultures
06:25qui sont incapables de payer les agriculteurs
06:28et de leur permettre de survivre,
06:29même pas de vivre,
06:30mais de survivre.
06:32Et puis, vous avez à côté
06:33un tout petit secteur en termes d'emploi,
06:36gros secteur en termes économiques
06:38de valeur et de chiffre d'affaires,
06:40céréalier, etc.,
06:41qui, lui, est totalement moderne.
06:44Or, il aurait fallu moderniser
06:46toute l'agriculture.
06:47Et donc, je crois que,
06:48comme le disait Nicolas,
06:49il faut dire oui au Mercosur,
06:52il faut dire oui à l'ouverture des marchés,
06:55il faut aider l'agriculteur
06:56à se reconvertir
06:58ou à se retirer du marché,
06:59mais je crois qu'on ne peut plus tenir,
07:02n'est-ce pas, cette stratégie.
07:03Alors, le problème,
07:04c'est que cette stratégie...
07:05C'est pas l'ambiance politique en France.
07:07Oui, oui, grâce aux néoruraux,
07:09c'est-à-dire le bourgeois parisien
07:11du 6e arrondissement
07:12qui part en Bretagne
07:14et qui demande naturellement
07:15le droit à toutes les subventions
07:17sociales, non sociales,
07:19agricoles, etc.
07:20Et donc, on a un problème majeur
07:22puisqu'on l'aide à s'installer
07:24pour faire une agriculture non productive.
07:27Oui, Mathieu, Olivier.
07:27Vous parliez du Mercosur
07:28et Nicolas parlait de science.
07:30Moi, il y a une agence
07:31que j'ai découverte cette année
07:32que je ne connaissais pas.
07:33Je ne sais pas si vous connaissez,
07:34vous connaissez au Brésil,
07:35Embraer, le géant de l'aéronautique
07:37Embraer, qui avait été à l'origine
07:39impulsé par des pouvoirs publics.
07:40Vous avez aussi au Brésil
07:41une agence qui s'appelle Embrapa.
07:44Et en fait, Embrapa,
07:45ça a été créé dans les années 70
07:47par les militaires.
07:48Et ce qui s'est passé,
07:50c'est que c'était focalisé
07:51sur l'agriculture en disant
07:53qu'il faut qu'on devienne
07:54une grande puissance agricole.
07:55Et pour ça, ils ont fait venir
07:57des centaines d'ingénieurs agronomes,
07:59notamment du MIT.
08:00Ils les ont fait plancher
08:01et ils leur ont donné
08:04comme mission
08:06d'essayer de rendre exploitable
08:08les terres des plateaux
08:09du Cerrado au Brésil,
08:11qui sont quasiment un quart
08:12de la surface
08:15au nord-est du Brésil,
08:17je crois,
08:17et essayer de rendre
08:18ces terres acides exploitables.
08:20Et là, ils ont réussi
08:21à développer et à inventer
08:22des techniques révolutionnaires.
08:24Et aujourd'hui,
08:26vous avez,
08:27je crois que c'est les trois quarts
08:29de la production de soja au Brésil
08:31qui viennent de ces plaines du Cerrado,
08:32qui étaient inexploitables.
08:34Et derrière,
08:34vous avez cette agence d'innovation.
08:35Et vous avez la plupart des cheptels
08:37qui sont aussi là-bas, bovins.
08:39Voilà.
08:40Tout ça pour revenir aussi
08:41à notre sujet.
08:43Peut-être qu'aujourd'hui,
08:44effectivement,
08:45que ça plaise ou que ça ne plaise pas,
08:46il y a une nécessité impérieuse
08:49de changer d'échelle
08:50et peut-être réfléchir
08:51à comment se doter
08:54d'un M-Brapa européen.
08:57Bref, aujourd'hui,
08:59on voit bien,
09:00l'alimentaire,
09:02ça doit être traité
09:02comme l'énergie ou la défense.
09:04L'échelle,
09:05c'est absolument clé.
09:07Le modèle de la petite ferme française
09:08qui nous fait tous fantasmer
09:10en France
09:10est un peu orthogonal
09:12avec la Grande Marche du Monde.
09:13Oui, il nous fait fantasmer
09:14et on ne sait pas trop pourquoi,
09:16en fait,
09:16parce qu'il n'apporte rien
09:18véritablement de tangible
09:19aux consommateurs.
09:21En réalité,
09:21il faut bien comprendre
09:22qu'on est dans un secteur
09:23qui est en transition
09:24pour des raisons technologiques
09:25mais aussi pour des raisons
09:26environnementales
09:27parce que le réchauffement climatique,
09:29il a des conséquences
09:30d'ores et déjà négatives
09:32sur les rendements agricoles.
09:33Le réchauffement climatique,
09:34il génère des phénomènes,
09:36pas seulement du réchauffement,
09:37mais des phénomènes climatiques extrêmes.
09:39Par exemple,
09:40beaucoup de précipitations
09:40et trop de précipitations.
09:42C'est ce qu'on voit en ce moment.
09:43C'est très exactement
09:43ce qu'on voit en ce moment.
09:45Et puis,
09:46à d'autres moments,
09:47pas suffisamment
09:47de précipitations.
09:49Donc,
09:49les rendements,
09:50dans la baisse des rendements,
09:51par exemple,
09:51dans le domaine du blé,
09:52vous avez quand même,
09:53pas que,
09:53mais vous avez une composante
09:55qui est liée
09:55au dérèglement climatique.
09:56Donc,
09:56ce n'est pas quelque chose
09:57qu'on peut ignorer.
09:59Et donc,
09:59on a besoin justement
10:00d'une agriculture
10:01plus forte.
10:04Les besoins d'investissement
10:05sont colossaux en réalité.
10:07Une exploitation agricole,
10:08aujourd'hui,
10:08c'est quelque chose
10:09de très capitalistique.
10:10Donc oui,
10:11la question de la taille
10:12est quelque chose
10:13qui est absolument fondamental.
10:14Et une exploitation
10:15de 200 ou 300 hectares,
10:17elle peut investir.
10:18Une exploitation de 20 hectares,
10:19elle ne peut pas investir.
10:20Et donc,
10:21non seulement
10:21elle va être soumise,
10:22par exemple,
10:23au réchauffement climatique,
10:23mais elle ne va même pas permettre,
10:24contrairement à ce que disent
10:26les écologistes radicaux,
10:27elle ne va apporter
10:28aucune solution,
10:29en réalité,
10:30en matière de lutte
10:31contre les désordres,
10:32contre l'appauvrissement des sols,
10:33contre le réchauffement climatique.
10:34permettent de nourrir les Français.
10:34Et de toute façon,
10:35bien sûr,
10:36elle ne permet pas,
10:36et pas les agriculteurs eux-mêmes.
10:37Et les agriculteurs,
10:38même pas les agriculteurs.
10:40On a parlé de la ferme
10:42des Mille Vaches,
10:42qui avait fait scandale,
10:43souvenez-vous,
10:45dans Cantal,
10:46je crois que c'était,
10:46ou en Auvergne.
10:48j'ai découvert l'existence,
10:50en Algérie,
10:52financée par des fonds
10:53du Moyen-Orient,
10:54d'une ferme de,
10:55je ne sais plus si c'est
10:56100 000 ou 200 000 vaches,
10:58qui va produire
10:59la moitié de la production
11:00laitière pour l'Algérie.
11:02On en est à ce niveau-là,
11:04maintenant,
11:04de production.
11:05Pas forcément dans des conditions
11:06de vie, d'ailleurs,
11:07qui soient bien pires
11:08qu'une petite exploitation
11:09en réalité.
11:10Alors, je vous confirme
11:11qu'on peut vraiment maltraiter
11:13des cochons
11:14dans un tout petit élevage,
11:16et on peut traiter
11:17correctement les cochons
11:18dans un très grand élevage.
11:20Donc, vous avez parfaitement raison.
11:23Mais regardez
11:23ce qui s'est passé
11:24au début de la guerre
11:26en Ukraine,
11:27quand on a ouvert
11:28le marché européen
11:29aux productions ukrainiennes,
11:31ce qui a beaucoup déstabilisé
11:32nos agriculteurs.
11:34On a beaucoup parlé
11:34du fait que
11:36les Ukrainiens
11:37n'avaient pas
11:37les mêmes contraintes,
11:38etc.,
11:39ce qui est en partie vrai.
11:40Mais l'un des éléments
11:42très importants,
11:43c'est que la taille
11:43des exploitations ukrainiennes
11:45et donc leur capacité
11:46à amortir
11:46à des investissements
11:47est beaucoup plus importante
11:48que la taille
11:49des exploitations françaises.
11:51Et ce que je dis
11:52est vrai pour l'élevage,
11:53mais c'est vrai aussi
11:54pour les céréales.
11:55Alors que nous
11:57sommes censés avoir
11:58des céréaliers
11:59ultra-modères.
11:59Exactement,
12:00c'est ça.
12:00Et d'ailleurs,
12:01nos plus gros céréaliers,
12:03il m'arrive d'aller parler
12:05dans des coopératives agricoles,
12:06et nos plus gros céréaliers,
12:08en réalité,
12:09ils s'en sortent
12:10aujourd'hui très bien,
12:11et eux,
12:12ils ne vous le diront pas
12:13pour des raisons
12:14de pression syndicale,
12:15mais je vous promets
12:16que c'est vrai,
12:16ils sont pour le Mercosur.
12:17Mais oui,
12:18évidemment,
12:18mais comme la filière viticole
12:19qui n'ose pas le dire
12:20par solidarité,
12:22et comme les débouchés
12:24possibles.
12:24Les deux clés
12:25sont l'ouverture,
12:26et comme vous le disiez,
12:27accompagner la reconversion
12:28à l'étrole
12:29par des innovations
12:30technologiques.
12:31Sur ce point,
12:32d'ailleurs,
12:32la France a toujours
12:33été en pointe
12:35et il faut une espèce
12:38de planification,
12:42c'est-à-dire
12:42de planification indicative,
12:44de coordination en réalité,
12:45et ce sont les institutions
12:47extraordinaires
12:47qu'on a construites
12:48en France
12:49après la guerre,
12:50en réalité.
12:51Vous avez l'INRA,
12:52qui s'appelle maintenant
12:53l'INRAE,
12:54l'équivalent du CNRS
12:56dans le domaine agricole,
12:57qui justement
12:58fait travailler
12:59des centaines
13:00de chercheurs
13:01extrêmement compétents
13:03sur ces sujets,
13:04et donc,
13:05comme le disait
13:06Philippe Renard,
13:07il faut accompagner
13:08les agriculteurs.
13:09C'est-à-dire qu'il faut
13:10sans doute
13:12faire de la simplification
13:13dans le secteur,
13:13parce qu'il y a une accumulation
13:14de normes
13:15sur tous les sujets
13:16qui leur rend la vie
13:17absolument impossible,
13:18et donc cette demande
13:19de simplification
13:20des agriculteurs,
13:21elle est parfaitement légitime
13:22et il faut l'écouter,
13:23et au passage,
13:24c'est plus la France
13:25que l'Europe en réalité,
13:26quand on regarde
13:26les choses attentivement,
13:27mais en même temps,
13:28c'est vrai qu'il faut
13:29des mécanismes
13:30de coordination
13:31et d'accompagnement
13:33vers une agriculture
13:34qui consomme moins d'eau,
13:36qui diminue
13:38son empreinte environnementale,
13:40qui favorise
13:41la biodiversité
13:42dans les sols,
13:42mais vous voyez,
13:43tout ça est parfaitement
13:44complémentaire en réalité.
13:45– Être aussi assuré,
13:46l'ensemble de l'agriculture
13:48française refuse
13:48de s'assurer,
13:50soit peut-être
13:50que le risque
13:51pourrait être payé
13:51par l'assurance publique.
13:52– C'est un gros sujet
13:52d'assurance aussi effectivement.
13:54– Non, mais c'est un vrai sujet,
13:54montrant,
13:55non point,
13:56parce que ça ferait
13:57des revenus aux assureurs,
13:58mais tout simplement,
13:59ça montre l'irrationalité
14:01du schéma
14:03agricole
14:03que nous avons.
14:04– Enfin, économiquement, oui.
14:05J'ai retrouvé la ferme en Algérie,
14:06elle s'ouvre en 2027,
14:08c'est pas encore que,
14:09elle n'est pas encore ouverte,
14:10c'est la ferme de Baladna
14:12qui devra compter
14:14270 000 vaches,
14:16270 000 vaches
14:17pour un investissement total
14:19de 3 milliards et demi
14:20de dollars.
14:22– Une population encore jeune.
14:23– Exactement,
14:24et ça va couvrir 50%
14:25des besoins locaux
14:26de poudre en lait,
14:28ce qui va permettre
14:29de réduire
14:29les importations
14:30de poudre de lait,
14:31donc je pense que
14:32ça va peser
14:32sur la filière française.
14:34– Vous n'êtes pas sûr
14:34que 200 000,
14:36la taille,
14:37il y a un côté soviétique
14:38en Algérie.
14:39– 270 000 vaches
14:40– Je ne suis pas sûr
14:41de pouvoir pas un peu
14:41de folie,
14:42mais il est certain
14:44qu'on peut concevoir
14:45des choses plus modernes
14:46avec des tailles différentes,
14:47etc.
14:48Sans aller peut-être
14:49vers le gigantisme
14:50nécessairement,
14:51et surtout faire dépendre
14:52l'Algérie
14:52d'une seule entreprise,
14:54ça ne me paraît pas
14:54être une très bonne idée.
14:55– Allez,
14:56il est 10h46,
14:57un direct sur BFM Business,
14:58temps passé à notre
14:59dernier sujet,
15:00autour du tourisme,
15:00on a eu les derniers résultats
15:02pour 2025,
15:03102 millions visiteurs
15:04en France
15:05en 2025,
15:07Cocorico,
15:07on est la première
15:11destination européenne
15:11pour le tourisme,
15:12en tout cas,
15:13c'est ce que nous dit
15:14le discours officiel,
15:16parce qu'en réalité,
15:17niveau création de valeur,
15:19ce n'est pas tout à fait ça,
15:20l'Espagne fait mieux,
15:22évidemment,
15:22on est même les premiers
15:23au monde,
15:23et les Etats-Unis
15:24font mieux aussi,
15:26les recettes,
15:27c'est 77,5 milliards d'euros,
15:30qu'est-ce qui explique
15:31cette décorrélation
15:33entre le nombre
15:34de touristes
15:35qui viennent nous voir
15:36dans ce beau pays
15:37en France
15:38et la faiblesse
15:38des revenus,
15:39Nicolas Bouzou ?
15:40– Alors,
15:40le fait que
15:40il y ait beaucoup de touristes
15:42qui viennent en France,
15:42parce que la France,
15:43c'est la France,
15:43et de toute façon,
15:44où que vous alliez dans le monde,
15:45quand vous dites
15:46que vous êtes français,
15:47ça évoque quelque chose
15:49de romantique,
15:50de beau,
15:51etc.
15:51Donc,
15:52la marque France
15:53du point de vue touristique
15:54allait être absolument
15:55exceptionnelle,
15:56et elle nous assure une rente.
15:58Et comme elle nous assure
15:58une rente,
15:59justement,
15:59on a sous-investi
16:00dans un certain nombre
16:01d'infrastructures touristiques
16:03ces dernières années.
16:05c'est-à-dire qu'on a pas encore
16:06le parc hôtelier,
16:07alors on a un excellent
16:08réseau de transport,
16:09mais on n'a pas encore
16:10le parc hôtelier
16:11qui correspond,
16:12vous avez beaucoup
16:12de villes
16:13qui sont en sous-capacité
16:15d'hébergement
16:16dans le domaine
16:17de l'hôtellerie,
16:17et c'est d'ailleurs
16:18le cas de Paris,
16:19d'où d'ailleurs
16:19le développement
16:21dont on peut discuter,
16:22mais des solutions
16:23du type Airbnb,
16:24excusez-moi pour la marque,
16:25mais comme c'est devenu
16:25un sujet,
16:26un objet politique
16:27en soi,
16:29donc on a ça,
16:30et puis même
16:30de façon plus générale,
16:31on a eu
16:32du sous-investissement.
16:33Je vais vous donner
16:34un exemple très concret
16:35parce qu'il a été
16:35dans l'actualité,
16:36l'exemple du musée
16:37du Louvre.
16:38C'est fascinant
16:38parce que là,
16:39vous avez vraiment
16:39un exemple presque
16:40d'application
16:42de la théorie économique
16:43pure d'une rente
16:46dans laquelle du coup
16:47on n'investit pas
16:48suffisamment
16:49et qui finit
16:50par devenir un problème.
16:51Parce qu'aujourd'hui,
16:52le musée du Louvre,
16:53en matière de circulation,
16:55c'est absolument
16:56mais très honnêtement
16:57cosmardesque.
16:58Au-delà des...
16:59Quelques travaux à venir.
17:01Oui, oui,
17:01au-delà des problèmes
17:02de sécurité,
17:03etc.
17:04Donc,
17:04c'est toujours comme ça
17:05en France.
17:05Maintenant,
17:05on va le faire.
17:06De la même façon
17:07que Notre-Dame a brûlé
17:08et du coup,
17:09on a reconstruit Notre-Dame
17:10qui est aujourd'hui
17:12fantastique.
17:12C'est belle que jamais.
17:13Il va se passer
17:14la même chose
17:14avec le Louvre.
17:16Voilà,
17:16donc c'est un peu
17:17notre façon
17:18de voir,
17:20de le faire
17:20en France.
17:21Mais c'est vrai
17:21qu'on a un vrai sujet
17:23stratégique
17:24sur le tourisme
17:24en France.
17:25Et puis de monter en gamme,
17:25non ?
17:26On a favorisé
17:27un tourisme de volume
17:28plutôt que de valeur.
17:29Nous avons un tourisme de volume
17:59un pays qui a plus de capacité
18:01à offrir des produits maraîchers,
18:03n'est-ce pas ?
18:04Et pourtant,
18:06ces personnes préfèrent revenir
18:07avec leur propre nourriture
18:09qu'ils aillent dans un camping
18:11ou dans des petits hôtels
18:13ou dans des petits véhicules.
18:14Or,
18:15en Espagne,
18:16ce n'est pas le cas.
18:17Donc là,
18:18nous avons un vrai problème
18:19et on retrouve le défi,
18:20c'est-à-dire le défi
18:21de coûts trop élevés
18:22en France.
18:23On aboutit
18:24que ce soit
18:25par le biais
18:25du droit du travail,
18:27par le biais
18:28du droit social,
18:30que ce soit
18:30par le biais
18:31des réglementations
18:32à des coûts
18:32très élevés,
18:33n'est-ce pas ?
18:34Qui ne sont pas
18:35ceux que sont prêts
18:36à payer
18:39les touristes.
18:40Et bien évidemment,
18:41on développe par derrière
18:42une idée
18:43du confort français
18:46etc.
18:47À part que le confort
18:48et le luxe,
18:49c'est pour un petit
18:50nombre de personnes.
18:51Tout le monde n'a pas
18:52non plus les moyens.
18:53Le poids de masse,
18:54il veut un petit hôtel
18:55correct,
18:57propre,
18:57il ne veut pas
18:58quelque chose
18:59qui réponde
18:59à des critères
19:00de grandes pièces,
19:01de volumes,
19:02etc.
19:03Donc je crois
19:03qu'on a quelque part
19:04là aussi à repenser
19:06la réglementation
19:07et c'est un peu
19:07le mal français,
19:08la réglementation
19:10mal pensée.
19:11Vous pouvez réagir
19:12sur mon compte Twitter
19:13comme le fait alternance
19:15qui nous dit
19:15que les gens
19:15viennent de parler
19:16partout en Europe
19:16pour une journée
19:17avec des avions
19:18low cost.
19:19Voilà,
19:19ils arrivent le matin,
19:20ils se payent un cup
19:21sandwich à midi
19:21et ils repartent le soir.
19:22C'est exactement
19:23ce que vous dites Raphaël,
19:24à mon avis,
19:25ce qu'il faut,
19:25je ne sais pas comment,
19:26mais il faut réussir
19:27à casser cette espèce
19:29d'imaginaire collectif
19:30qui consiste à se dire
19:31qu'une fois dans ma vie,
19:33j'irai en France,
19:34donc j'irai à Paris.
19:35Une fois dans ma vie,
19:36j'irai à Paris
19:37et donc je arrive à Paris,
19:38je me prends en selfie
19:39et je retourne chez moi.
19:41Ça,
19:41c'est pas possible
19:42et donc ça pose la question
19:43de la mise en valeur
19:45de notre potentiel.
19:46On n'a pas su,
19:47enfin,
19:47on n'a pas su mettre en valeur
19:48tout le potentiel
19:49justement de nos montagnes,
19:52de nos arrières-pays.
19:54La France,
19:55ce n'est pas Paris
19:56et la Côte d'Azur
19:56et donc l'idée,
19:57ce n'est pas forcément
19:58de capter plus
19:59de touristes aujourd'hui
20:00mais de mettre en valeur
20:01un patrimoine
20:02avec des circuits
20:04un peu plus
20:05dans l'arrière-pays
20:06et de capter
20:08des clientèles.
20:09On sait que ceux,
20:10par exemple,
20:11qui dépensent le plus,
20:13c'est notamment
20:14les Américains
20:16qui reviennent.
20:17Ça,
20:17c'est la bonne nouvelle.
20:17En tout cas,
20:18à Paris,
20:18on dit que les Américains
20:19reviennent en masse.
20:20La clientèle du Moyen-Orient
20:21et trouver cette...
20:22Mais en fait,
20:23il faut trouver
20:25ces circuits
20:25pour que les touristes
20:27qui viennent chez nous
20:28restent plus longtemps
20:29et dépensent plus.
20:30Aujourd'hui,
20:31on sait par exemple,
20:32sans se poser de questions,
20:33vous savez que
20:34si vous partez
20:35en Thaïlande,
20:36aux États-Unis
20:37ou au Maroc,
20:38on casse la tirelire.
20:39Chacun à son niveau
20:40mais c'est des endroits
20:41où on y va,
20:41on casse la tirelire.
20:44Pourquoi est-ce que
20:45ce ne serait pas
20:45la même chose en France ?
20:47Donc,
20:47c'est des questions
20:48de valorisation
20:48des territoires.
20:49C'est un appel
20:50aux offices du tourisme
20:51de France et de Navarre
20:53à se mobiliser
20:55pour faire des campagnes.
20:57Je sais que dans les notations,
20:59les aéroports,
21:00la fluidité dans les aéroports,
21:01ce n'est pas ce qu'il y a
21:02de mieux non plus.
21:03Il y a peut-être aussi
21:04une culture de l'accueil.
21:06Je pense quand même,
21:07par rapport à ce que vous dites,
21:08la question du coup
21:09est importante.
21:09Regardez l'Italie.
21:10l'Italie arrive
21:12à offrir
21:13avec probablement
21:14des conditions
21:15initialement
21:16de valorisation
21:18du patrimoine
21:19d'accueil touristique
21:20qui est moins bonne
21:21qu'en France
21:21et qu'ils ont su développer
21:23et vous avez
21:24toute la gamme de prix.
21:25C'est-à-dire,
21:25vous avez le sommet,
21:26vous avez le ritz
21:27et puis vous avez
21:28la petite chambre
21:29chez l'habitant,
21:30etc.
21:31Et il y a des prix
21:31qui sont beaucoup plus accessibles.
21:32Mais ça n'existe pas ça,
21:33Philippe Trénard en France.
21:35Mais on l'a,
21:36mais pour des raisons
21:37que j'ignore,
21:38nous sommes sur des prix
21:39plus élevés.
21:39Et bien sûr,
21:40quand vous avez systématiquement
21:41des prix plus élevés,
21:43je pense que
21:43toute bonne économie
21:44se retourne vers les coûts
21:46obligatoirement
21:46à un moment donné.
21:47Parce que je ne vois pas
21:48les Français,
21:49ils ne veulent pas
21:50des prix plus élevés
21:51par nature.
21:51Ce n'est pas dans la nature
21:52du français
21:53de faire des prix plus élevés,
21:55voyez-vous.
21:55Donc il doit y avoir
21:56une cause objective.
21:58outre ce que vous dites
21:59qui est très vrai
22:00de...
22:01Un modèle plus populaire.
22:02Je pense que Philippe Trénard
22:03a parfaitement raison.
22:04De toute façon,
22:05quand on voit qu'on a
22:06un problème dans un secteur,
22:07la première chose à faire,
22:08c'est d'arriver à évaluer
22:10ce qu'on appelle
22:11dans le langage courant
22:11le rapport qualité-prix,
22:13c'est-à-dire la qualité
22:14qu'on peut proposer
22:16sur les coûts.
22:18Donc en France,
22:19on sait très bien
22:20que le pays,
22:20il est formidable,
22:21il est fantastique,
22:21qu'on mange bien,
22:22que c'est sympa, etc.
22:23On a quelques atouts
22:24à défendre, quand même.
22:25En fait, ils sont gigantesques.
22:27C'est gigantesque.
22:28Non, ils sont gigantesques.
22:29On a des plages,
22:30on a des montagnes,
22:31on a des rivières,
22:31on a une gastronomie.
22:33Comment dire ?
22:34On est capable de faire
22:36dans le domaine du tourisme,
22:38de l'événementiel,
22:38regarder ce qui s'est passé
22:39avec les Jeux Olympiques.
22:40Quand on s'y met,
22:41quand on a une stratégie,
22:42quand on sait où on va,
22:43quand on a un projet,
22:45quand on a la capacité
22:46à mobiliser de l'argent,
22:47en fait, ce qu'on fait en France
22:48est absolument inégalé.
22:50Je veux dire, les Américains,
22:51la cérémonie d'ouverture sur la scène,
22:53ils ne s'en sont toujours pas remis.
22:54Non, non, mais je ne veux pas en témoigner.
22:57Ils pensaient qu'ils allaient
22:58mettre Beyoncé dans un stade
22:59et qu'on adore par ailleurs,
23:02mais que ça allait suffire.
23:04Et en fait, non.
23:05Parce qu'il n'y a que la France
23:06qui est capable de faire,
23:07qui a été capable de faire ça en plein air.
23:09Donc, on voit que ce potentiel,
23:10vraiment, il existe.
23:12Mais je suis entièrement d'accord
23:13avec Philippe Tréard.
23:14Je pense qu'on a vraiment
23:14un problème en matière
23:16de structure de coût.
23:17Ceci dit, au passage,
23:18pour faire le lien
23:19entre les deux sujets,
23:20on n'en parle jamais,
23:21mais c'est aussi un sujet
23:22que l'on connaît avec l'agriculture.
23:24C'est-à-dire que quand vous regardez
23:25des pertes de compétitivité
23:27de l'agriculture française,
23:28vous voyez qu'en réalité,
23:29c'est beaucoup auprès d'Européens,
23:33notamment l'Allemagne,
23:34sur certains produits
23:35comme l'asperge, etc.
23:36Et on a des données d'Eurostat
23:38sur le coût du travail chargé
23:40dans l'agriculture.
23:40Et on voit qu'en France,
23:41on est très élevé,
23:42par exemple, par rapport à l'Allemagne.
23:44Donc, c'est une question
23:44de compétitivité.
23:46En fait, on oublie souvent
23:47le plus simple, le basique.
23:49On oublie l'essentiel,
23:50c'est pour ça que je suis sensible
23:51à ce qu'il y a dit.
23:52Et les questions de coût,
23:53il y a un moment où il faut quand même
23:54C'est aussi un positionnement,
23:55évidemment.
23:56Comme le dit Nicolas,
23:56ce qui est très important,
23:57ce sont des positionnements pris.
23:58Sectoriels aussi.
23:59On peut regarder globalement
24:00au niveau France,
24:01mais sans tirer aucune leçon
24:03de politique et économie.
24:04Il faut regarder secteur par secteur,
24:06après, pour savoir exactement
24:08d'où vient le problème de coût.
24:10Ce chiffre, en fait,
24:12les touristes qui viennent en France,
24:13en moyenne,
24:14c'était 760 euros
24:16de recettes par touriste.
24:17Et ce qui place la France,
24:20ça dépend des années,
24:21mais entre la 20e et 30e place.
24:23Ah oui !
24:23C'est juste les farons.
24:24Non, mais la 20e et la 30e place,
24:26c'est assez loin.
24:27On a quand même des lits
24:27à leur offrir
24:28et des restaurants
24:29à leur faire découvrir.
24:30Oui, et puis la concurrence
24:31est de plus en plus forte
24:31parce que vous avez des pays
24:32qui ont une stratégie touristique
24:35extrêmement ambitieuse.
24:36Prenez les Émirats,
24:38l'Arabie Saoudite,
24:38par exemple.
24:39Vraiment, voilà,
24:41vous avez des...
24:41Oui, Dubaï.
24:42Et avec des stratégies...
24:43Dont on parle beaucoup.
24:44Oui, alors que Dubaï
24:45est un endroit très intéressant
24:47à voir,
24:48mais enfin, bon...
24:48Voilà, c'est Disneyland.
24:49On est sur le même plan
24:50que Paris, oui.
24:51C'est Disneyland.
24:52Mais, oui, oui,
24:53et puis ils ont des stratégies
24:54de filière,
24:55c'est-à-dire que ça commence,
24:55comme le disait Mathieu Jolivet,
24:57avec l'aéroport,
24:59le transport aérien,
25:01jusqu'à l'hôtel, etc.
25:02Donc, on a une vision
25:03d'ensemble,
25:05véritablement,
25:07de la filière touristique.
25:08Bon.
25:09On a encore du boulot,
25:10pour nos politiques publiques,
25:13le sursaut,
25:14l'éternel sursaut.
25:15C'est vraiment à notre portée.
25:16L'exemple du tourisme,
25:17non, mais le tourisme
25:18est un très bon exemple.
25:19C'est vraiment à notre portée.
25:20Non, puis on se gargarise
25:21comme étant la première
25:22destination touristique,
25:23on voit qu'il y a du boulot.
25:24Les méthodes, notamment,
25:25les méthodes de l'ex-plan, etc.,
25:27ne sont pas les bonnes.
25:29C'est-à-dire qu'il faut vraiment
25:30passer au crible
25:31toutes les dimensions
25:32et ne pas se fermer les yeux
25:35sur des dimensions
25:36où habituellement,
25:37les Français ont tendance
25:38à dire,
25:38ben non,
25:39le coût,
25:40le coût de la qualité,
25:41tout le monde est prêt
25:41à mettre un tel prix
25:42pour la qualité.
25:43Oui, on le voit,
25:45ça s'y paye à nos dépens.
25:46Bon, j'espère que chaque jour,
25:48dans les experts,
25:49on vous aide à gagner
25:49une dose de lucidité
25:50sur tous ces problèmes
25:52dont on ne parle pas toujours.
25:54Merci à tous les trois
25:55pour cette émission passionnante.
25:57Philippe Trenard,
25:58professeur en horaire au PNAM,
26:00membre du Cercle des Économistes,
26:01Mathieu Jolivet,
26:03journaliste à BFM Business
26:04et Nicolas Bouzou,
26:06dont on représente le livre
26:07L'éternel sursaut,
26:10collection XO,
26:11une histoire confiante
26:13de la France.
26:14On en a besoin
26:16terriblement en ce moment.
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