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  • il y a 2 jours
Ce mardi 24 février, Raphaël Legendre a reçu Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes, Stéphane Carcillo, responsable de la division revenu/travail de l'OCDE et professeur à Sciences Po, et Isabelle Job-Bazille, directrice des études économiques de Crédit Agricole SA, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:06BFM Business et La Tribune présente
00:09Les experts, Raphaël Legendre
00:13Bonjour à tous, il est 9h59, on a quelques secondes d'avance, vous êtes toujours en direct sur BFM Business,
00:19c'est les experts
00:20et on va se poser une question ensemble ce matin, c'est qui va payer ?
00:24Qui va payer pour les droits de douane après la décision de la Cour suprême américaine de revenir sur les
00:29décisions de Donald Trump ?
00:31L'accord USUE qui devait être voté en commission au Parlement européen aujourd'hui est suspendu.
00:40Les représentants des États membres se réunissent aujourd'hui à Bruxelles pour tenter d'y voir plus clair.
00:46Ce sera le premier thème des débats ce matin.
00:48Qui va payer ensuite pour la reconstruction de l'Ukraine ?
00:52On est 4 ans jour pour jour après l'invasion de l'Ukraine par la Russie
00:57et les évaluations, les dernières évaluations de la Banque mondiale, de la Commission européenne et des Nations unies
01:05estiment le coût de cette reconstruction à 500 milliards d'euros.
01:09Alors qui va payer pour la reconstruction de l'Ukraine ?
01:13Mais qui va payer aussi pour notre jeunesse, une jeunesse en situation de détresse ?
01:18Ça c'est le cri d'alerte du cercle des économistes.
01:21On va en discuter ce matin.
01:24Et puis qui va payer la facture de l'IA ?
01:26IBM a perdu 13% hier en cours de bourse.
01:30Des notes d'analystes anticipent d'ici 2028 des faillites en série,
01:34des champions de la tech au tapis, des emplois détruits.
01:38On en parlera avec mes experts ce matin.
01:41Voilà, il est 10h tout pile.
01:42Vous êtes sur BFM Business et vous y êtes bien.
01:46C'est les experts et c'est parti.
01:51Les experts, débats et controverses sur BFM Business.
01:58Et pour parler de tous ces sujets passionnants, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Isabelle Jobbazil.
02:04Bonjour Isabelle.
02:05Bonjour Raphaël.
02:06Directrice des études économiques de Crédit Agricole.
02:09S.A. à vos côtés, Stéphane Castillo.
02:12Bonjour Stéphane.
02:13Bonjour.
02:13Responsable de la division Revenu Travail de l'OCDE.
02:16On va beaucoup parler travail aujourd'hui.
02:18Et professeur associé à Sciences Po.
02:20Et face à vous, Jean-Hervé Lorenzi.
02:23Jean-Hervé, bonjour.
02:24Enfin, bonjour, mais avec eux, pas face.
02:27Face, physiquement.
02:29Physiquement, face.
02:30Effectivement, fondateur du cercle des économistes.
02:32Président des rencontres économiques d'Aix-en-Provence.
02:36Le thème des rencontres, rappelez-nous, cette année.
02:39Affronter un monde sans repère.
02:41Un monde sans repère.
02:43Naviguer, naviguer.
02:45Naviguer dans un monde sans repère.
02:47Naviguer, c'est mieux.
02:48C'était alors une face affrontée.
02:51Naviguer.
02:51Bon, un thème, naviguer dans un monde sans repère.
02:54Je veux dire, c'est parfait pour introduire le premier débat ce matin.
02:58Peut-être, vision, en réalité, peut-être très optimiste.
03:04L'avenir nous appartient.
03:05On a besoin d'optimisme, Jean-Hervé.
03:06Et la fin de ces deux jours et demi, ce sera découvrir le monde, un nouveau monde.
03:16Et la séance générale portera sur un monde en progrès.
03:22Donc, l'idée est quand même de se dire qu'on a une partie de son destin.
03:26On ne peut pas uniquement planicher sur le fait que tout est en train de bouger.
03:31Bon, c'est l'optimisme de la volonté.
03:33C'est de Belgique.
03:34On va le dire comme ça.
03:35C'est de Gramsci, évidemment, qui est très dans l'air du temps.
03:40On va commencer par les doigts de douane.
03:42Allez, Jean-Hervé, je commence avec vous.
03:44Qui va payer ?
03:44C'est un peu la question du jour.
03:46On n'y voit pas très clair, il faut dire, pour l'instant, sur ce qu'il se passe exactement
03:52du côté de Washington.
03:53On pensait que Donald Trump avait remis 15% de plus pour tout le monde.
03:58Aujourd'hui, on découvre que l'administration n'a fait passer qu'une hausse
04:00de 10%.
04:01Quelle est la lecture de ces derniers jours que vous faites ?
04:05C'est très compliqué parce que, d'abord, la fameuse remise en cause de la politique
04:12de Trump n'est que partielle.
04:15Donc, il y a toute une partie du secteur d'activité qui demeure toujours dans les droits de douane
04:20tels qu'ils avaient prévus.
04:21C'est le cas de l'aluminium.
04:23Enfin, il y a toute une partie de...
04:24Sur l'acier, sur l'automobile, ça, on garde effectivement les anciens droits.
04:27Et notamment vis-à-vis de la Chine.
04:29Parce qu'en réalité, si on essaye un instant de rationaliser sa position, elle est double.
04:34Elle est réindustrialisée le pays.
04:36Ça, à l'évidence, il n'est pas arrivé.
04:37Enfin, en tout cas, pas jusqu'à maintenant.
04:39Et deuxièmement, commencer une compétition forte avec la Chine.
04:43Et ça, en tout cas, il a mis le dossier sur le haut de la pile.
04:47Oui.
04:48Après...
04:49Il a réussi à baisser d'un tiers les importations chinoises, en l'occurrence.
04:51Voilà.
04:52Ça a plutôt fonctionné.
04:52Premier aspect, c'est...
04:54Quand on a présenté ça comme, au fond, j'allais dire, une remise en cause complète de ce qu'il
05:00avait fait,
05:01c'est pas tout à fait exact.
05:02Oui.
05:03Deuxième sujet, on n'a pas la cul...
05:04C'est les droits de douane réciproques qui ont été retoqués par le Conseil, par la Cour suprême.
05:09Deuxième sujet, l'idée, au fond, qu'on allait revenir, peut-être, rembourser ce qu'il aurait trop payé.
05:19J'attends de voir ce qui va se passer, j'y crois pas.
05:20175 milliards.
05:22Je crois pas.
05:23Pourquoi ?
05:24Parce qu'aucun pays, nous, c'est totalement une balle dans le pied, donc, avant que ceci ait lieu.
05:30Et troisième sujet, les mesures qui...
05:35À la fois, nous disons tous, enfin, les économistes, nous disons tous que la réalité de ce qui s'est
05:40passé
05:42sur les droits de douane, on pensait que ça allait avoir un impact incroyable, n'est pas tout à fait
05:47vrai.
05:47Et la chute de l'activité aux États-Unis est plutôt dû au shutdown qu'à des problèmes de droits
05:52de douane.
05:53Et à la fois, on peut pas dire maintenant qu'on revient en arrière, que ça va rechanger aussi beaucoup
05:58les choses.
05:58Je suis pas convaincu qu'il va payer, le paiement sera, est très très différencié.
06:06On en a parlé ce matin avec Stéphane et avec un centre de journalistes, mais je suis pas convaincu
06:11qu'on puisse aujourd'hui dire, sauf peut-être ceux qui sont un peu soulagés, point.
06:18– Stéphane Carcillo, effectivement, on a eu quasiment un an depuis le Liberation Day de guerre commerciale.
06:26Et les chiffres qui sont tombés en fin de semaine dernière, c'est que le déficit commercial américain
06:30n'a jamais été aussi élevé, 1240 milliards de dollars, et que le commerce mondial, lui, avait gagné 18%.
06:38Alors en valeur, bien sûr, mais même en volume, c'est plus 5%.
06:42Donc est-ce que ce changement de pied, cette surprise de la Cour suprême,
06:47va changer quelque chose radicalement dans la grande course du commerce mondial ?
06:52– Alors au niveau macroéconomique, on voit bien qu'en fait, les chaînes de valeur peuvent se réorganiser,
06:59on peut importer depuis différents pays, tout ça est quand même extrêmement complexe.
07:05– Le capitalisme s'adapte.
07:06– Le capitalisme s'adapte pour finalement devoir acheter ce qu'on doit acheter à l'étranger,
07:11parce qu'on est totalement incapable de produire chez soi,
07:14ne serait-ce que parce qu'on n'a pas les capacités,
07:16et que même si on avait les capacités, ça coûterait beaucoup plus cher,
07:18même avec les droits de douane qu'on importe.
07:20Donc ça, c'est quand même la grande limite de ces droits de douane, effectivement.
07:24Ensuite, je pense qu'au niveau des entreprises, au niveau macroéconomique,
07:29l'impact est quand même extrêmement incertain.
07:31On sait que les prix ont tendance à augmenter aux États-Unis,
07:34et que le consommateur final va finalement payer une partie du surcoût, ça c'est très clair.
07:41Maintenant, au niveau des entreprises, ça crée quand même beaucoup d'incertitudes,
07:43au niveau de la décision individuelle des entreprises dans tel secteur,
07:47ce n'est pas très propice au lancement de nouveaux projets,
07:49et c'est un peu ça le sujet, aujourd'hui pour les entreprises américaines,
07:54mais aussi pour les entreprises européennes,
07:56c'est qu'est-ce qui va se passer après les 150 jours à 10% ?
08:00Déjà, on pensait que c'était 15% et finalement, on apprend ce matin que ça n'est que 10%.
08:05Qu'est-ce qui va se passer après les 150 jours ?
08:08Le gouvernement américain a la capacité d'utiliser une autre loi
08:12pour faire des droits de douane différenciés en cas de concurrence déloyale,
08:18pays par pays, mais après enquête, comment est-ce que ça va se jouer, etc.
08:23Quel est l'avenir de l'accord avec l'Union européenne
08:27qui était en cours de validation par le Parlement ?
08:30On devait voter aujourd'hui même en commission.
08:32Qui prévoyait 15% mais des dérogations pour certains secteurs,
08:38le médicament, l'aéronautique, la chimie, etc.
08:42Qu'est-ce qui va se passer ?
08:43Qui de coup se retrouvent taxés là.
08:44Je ne suis pas sûre qu'il n'y ait pas des dérogations aussi dans le...
08:47Pardon, je ne suis pas sûre qu'il n'y ait pas non plus des dérogations,
08:50même dans ce secteur.
08:50Non mais je laisse terminer puis je reprendrai après.
08:53Non mais voilà, je veux simplement dire qu'au niveau individuel des entreprises,
08:57ce n'est évidemment pas du tout propice au lancement de long terme.
09:03Isabelle ?
09:04Non, j'aimerais revenir sur le fait que vous avez souligné
09:08que le déficit commercial a atteint des niveaux records.
09:13C'est délirant, 1241 milliards sur l'année.
09:16Ça veut dire qu'il ne s'est pas résorbé.
09:17Donc ça veut dire que, en fait, les droits de douane ne sont pas le bon remède
09:23pour réduire ce déficit commercial,
09:26puisque ça ne s'attaque pas à un problème de fond,
09:28qui est que, en fait, les États-Unis dépensent trop,
09:32les agents dépensent trop,
09:33par rapport à leur capacité de production.
09:36Autrement dit, on a une insuffisance d'épargne,
09:39notamment aux États-Unis.
09:41Donc il y a déjà une insuffisance d'épargne du côté des ménages,
09:44puisque les ménages dépensent beaucoup et épargnent peu.
09:47On a un taux d'épargne qui est de l'ordre de 5% du revenu disponible,
09:50là où il est à peu près à 15% en moyenne en Europe.
09:55Et puis aussi, on a un autre acteur qui a une épargne négative,
09:59qui s'appelle l'État, qui désépargne, qui a un déficit.
10:04Un double déficit.
10:05Voilà, le déficit qui est de l'ordre,
10:07enfin, qui était en 2024 à 6,4%.
10:09On devrait peut-être enjanter les 7%.
10:11Si on n'a pas les recettes dans le futur,
10:14il pourrait même encore se creuser.
10:16Si bien que si on regarde bien,
10:19et bien finalement,
10:20comme s'il n'y a pas une réduction du déficit
10:22ou il n'y a pas une réduction de la dépense des ménages
10:25qui entraînerait probablement l'économie en récession,
10:28il y a de fortes chances que ce déficit commercial
10:30ne se résorbe pas.
10:32Alors, on voit des choses en bilatéral,
10:34vous l'avez dit, sur la Chine.
10:36Maintenant, je suis sûre qu'il y a une bonne partie du commerce
10:38qui transite par des proxys,
10:40que ce soit par le Vietnam, le Mexique, etc.
10:43Donc, on est dans la capacité de dire exactement
10:46quel est le déficit vis-à-vis de la Chine.
10:50Mais en tout cas,
10:53l'analyse tendrait à dire
10:55qu'il y a peu de chances que ce déficit se résorbe
10:58malgré les droits de douane.
10:59Quant à l'incertitude, je rejoins totalement ce qui a été dit.
11:03Aujourd'hui, on voit bien qu'il y a suspension de l'accord
11:05qui avait été négocié à Turnberry par les Européens
11:07en attente de clarification.
11:10Est-ce que les 10 %,
11:11alors puisque c'est 10 %, c'est plus 15,
11:14est-ce que ça vient en surplomb de ce qui a été négocié
11:17ou est-ce que c'est annulé remplace ?
11:20Et à ce moment-là, ça voudrait dire...
11:21Annulé remplace, je pense.
11:22C'est pas clair.
11:23J'entends les deux voix.
11:26Mais si ça annule et remplace,
11:29si on avait eu 15 %,
11:30c'était globalement à peu près ce qui avait été négocié.
11:35On a la carte qui s'affiche,
11:37pour ceux qui nous regardent,
11:38des gagnants et des perdants.
11:40Et puis ceux qui ont un taux identique,
11:42effectivement, la carte de l'Europe,
11:43là, est à un niveau identique.
11:46C'est une carte qui est tirée des données américaines.
11:51Et on s'était basé sur 15 % en eau,
11:53avant d'apprendre ce matin, effectivement,
11:55que c'est à 10.
11:56Donc finalement, est-ce qu'on n'est pas gagnant
11:59si les taux sont encore plus bas que prévus ?
12:02Est-ce qu'on ne ressort pas gagnant
12:04de cette décision de la Cour suprême ?
12:05Jean-Marc Valerrandi.
12:06– Oui, enfin, bon,
12:09on est tous en train de séparer
12:12l'aspect macroéconomique,
12:14ce que Stéphane a dit,
12:15ce que tu as dit aussi,
12:16ça me paraît très juste,
12:18où l'impact est quand même nettement plus,
12:22j'allais dire, moins important
12:24que ce qu'on imagine,
12:25et puis le comportement général.
12:27L'affaire des taux eux-mêmes,
12:32est-ce qu'on est gagnant ?
12:32Non, parce que cette espèce d'incertitude,
12:35je ne vais pas répéter.
12:35– L'incertitude pèse plus lourd
12:37que le fait d'être passé de 15 à 10, quoi.
12:39– Alors, ce matin, on avait une discussion
12:43qui portait sur le travail et sur la jeunesse,
12:47et une discussion, grâce à nos petites camarades,
12:52sur l'évolution des relations
12:55entre l'Europe et la Chine.
12:56Là, je trouve que c'est sans qu'une mesure
13:01comme problème avec les sujets
13:04qu'on est en train d'évoquer.
13:05– Oui.
13:06– Ce matin…
13:07– Vous nous dites qu'il y a des sujets
13:07plus importants que les variations
13:09des droits de douane américains.
13:10– On l'a un peu balayé rapidement.
13:12On a envoyé les gens qui travaillent à Roubaix,
13:14ou Belfort, on les a envoyés en Soaki.
13:17Je ne suis pas sûr que les gens soient
13:19tout à fait d'accord.
13:20C'est quand même compliqué,
13:22les transformations que ça peut entraîner.
13:24la chimie me semble être en péril important.
13:29L'Allemagne me paraît être dans cette difficulté
13:32sur l'automobile qui est quand même au cœur de ça.
13:35Je veux dire, au-delà même des problèmes purement économiques,
13:38de ce qui est sa structure psychologique,
13:41et cette fausse…
13:42– Bien sûr, l'alle de croissance remet en cause.
13:43– La trajique corps politique.
13:44Donc on est sur des sujets qui sont plus importants.
13:46On a le Trump tous les jours qui s'agite,
13:49mais au fond, c'est pour nous en Europe,
13:53alors un peu moins, c'est un peu moins vrai en France,
13:56il y a eu cette phrase terrible disant,
13:57nous on est moins concernés puisqu'on n'a plus l'industrie.
14:00Donc c'est assez simple de régler le sujet.
14:03On est moins concernés que les Allemands.
14:05Mais politiquement, économiquement, psychologiquement,
14:09c'est vraisemblablement le sujet beaucoup plus important.
14:12– Je voulais revenir sur le sujet budgétaire,
14:13Isabelle-Jacques-Basile,
14:14parce qu'effectivement, a priori,
14:16c'est des recettes moindres pour résorber le déficit américain.
14:20Et pourtant, les taux baissent.
14:22Les taux américains baissent ce matin.
14:24Les taux français baissent aussi.
14:25D'ailleurs, un plus bas, on est à 3,26 ou 3,27.
14:29L'OAT a 10 ans.
14:32Comment on explique cette baisse ?
14:32– Je ne sais pas quelle est l'interprétation des marchés,
14:36puisque dans l'absolu, effectivement, le risque,
14:39alors je suis un peu d'accord sur les remboursements,
14:41il y a un point d'interrogation.
14:43– Oui, certains l'ont commencé.
14:45FedEx a commencé à poser des dossiers déjà.
14:47Il va falloir oser aller contre l'administration Trump,
14:50qui n'hésitera pas à avoir des rétorsions,
14:52je pense, commerciales sur ça, l'américain.
14:55– Après, il y a la question de savoir,
14:57effectivement, dans la durée,
14:59quel sera le niveau des droits de douane,
15:00puisque ça va conditionner les recettes dans le futur ?
15:03Est-ce qu'on sera à 10, à 15 ?
15:05Bien évidemment, on se demande sur les 10 %,
15:07puisque ces 10 %, au-delà des 150 jours,
15:10qu'est-ce qui se passe ?
15:12Est-ce qu'il renouvelle, en fait,
15:16pour un certain temps, pour encore 150 jours,
15:19une fois que ça a expiré, ses droits de douane ?
15:22Est-ce qu'il fait appel à d'autres sections,
15:24puisqu'il a invoqué aussi la section 301,
15:28où là, il faut des enquêtes sur les pratiques déloyales
15:32au niveau du commerce, qui devraient être prouvées,
15:34ce qui avait été invoqué pour la Chine lors de son premier mandat,
15:38ce qui ramènerait aussi à se dire,
15:40ça peut être des droits de douane encore plus importants
15:42et différenciés, suivant les pays.
15:45Donc, effectivement, je crois qu'il y a un manque de...
15:48Alors, on parlait d'incertitude,
15:50mais il y a aussi un manque de lisibilité
15:51sur les futures recettes douanières
15:54qui couvriraient en partie,
15:55sachant que, je crois que le CBO,
15:57qui avait fait un certain nombre d'estimations sur...
16:00Le comité budgétaire au Congrès américain.
16:02Voilà, du Congrès américain,
16:03qui avait fait des estimations en prenant en compte
16:06les recettes douanières, on a l'impression
16:07que c'était à peu près stabilisé.
16:09Donc, il avait comptabilisé les recettes douanières.
16:11Oui, c'est 300 milliards quand même, c'est pas une taille.
16:13Et malgré tout, il y avait une augmentation,
16:15me semble-t-il, de déficit et de la dette
16:17à horizon de 10 ans, de 1 400 milliards.
16:19Donc, on est bien dans l'idée
16:21d'une future dégradation des finances publiques
16:23sur une trajectoire.
16:25Je n'aurais pas tendance à dire qu'elle est insoutenable,
16:26mais en tout cas, elle pourrait potentiellement
16:28commencer à inquiéter.
16:30En revanche, le fait qu'il y ait beaucoup d'incertitudes,
16:33ce que l'on peut observer,
16:34et c'est peut-être ce que se disent les marchés,
16:37dans cet univers de grande incertitude,
16:39on va vers les actifs refuges.
16:41À savoir le dollar et les actifs dollars,
16:44qui sont les deux piliers du système monétaire international.
16:47Et c'est donc peut-être ce que jouent aujourd'hui les marchés,
16:49dans ce contexte d'incertitude,
16:51c'est de se réfugier vers ces actifs.
16:55Parce qu'on avait vu l'inverse à certains moments,
16:57où on avait commencé à avoir un peu un désamour
16:58vis-à-vis de ces actifs dollars.
17:00Après, on est plutôt sur une dé-dollarisation
17:02des marchés financiers,
17:05structurellement, depuis quelques années.
17:06Alors, c'est essentiellement les officiels,
17:08les banques centrales, etc.
17:10En revanche, les investisseurs privés,
17:13même si aujourd'hui, il y a une recherche de diversification,
17:15en dehors des actifs dollars,
17:17pour autant, les alternatives,
17:19il n'y en a pas énormément.
17:20Et donc, on a quand même...
17:21On a une appétence assez mécanique
17:24pour ces actifs, comme je disais,
17:25qui sont les deux piliers.
17:27Le dollar et les bons du trésor américain,
17:29ce sont les deux piliers du système monétaire international.
17:32Ce qui permet d'ailleurs aux États-Unis
17:34de se financer de manière relativement aisée,
17:37compte tenu de leur situation budgétaire.
17:39– D'accord, ces résultats sur les taux d'intérêt
17:42de long terme sont, je vais dire,
17:44très transitoires.
17:45– Oui, en plus.
17:46– Simplement, la question que vous nous posiez
17:50était, et la France aussi.
17:52– Ah oui.
17:52– À mon avis, la raison est très simple,
17:54c'est que ça met un tout petit peu
17:56de rationalité dans un monde.
17:59Politiquement, ce qui est le plus important,
18:01c'est que, me semble-t-il,
18:03c'est qu'au fond, la décision porte sur aussi le fait
18:08qu'on redonne au rôle au Congrès américain
18:11qu'il avait tendance à perdre.
18:14Plus exactement, on rappelle que les droits de douane
18:17sont de plus sable de la rationalité.
18:20Et je trouve que c'est vraisemblablement ça,
18:22le coup de bonne humeur généralisé.
18:25– Le rappel de l'État de droit.
18:27– En quelques heures, ils n'ont pas pensé
18:28à l'avenir du dollar.
18:29À mon avis, les marchés sont très intelligents,
18:31mais vache point là !
18:32– Bon, un dernier chiffre d'une experte,
18:34j'ai malheureusement oublié son nom,
18:36mais qui est passée ce matin dans la matinale
18:37de BFM Business, 60 changements de tarifs douaniers
18:40par Donald Trump en un an.
18:42Elle a repris toutes les déclarations,
18:4460 changements en moins d'un an.
18:46C'était début avril.
18:47Donc l'instabilité risque de perdurer encore pendant…
18:53– Mais ça veut dire que si on a ce déficit commercial
18:56qui se maintient et qui se translate d'ailleurs
18:59en déficit courant américain,
19:01donc ça veut dire que les Américains vont rester
19:04durablement sous contrainte des financements externes,
19:07de continuer à faire appel à l'épargne extérieure.
19:10Et donc c'est le bon vouloir aussi,
19:11à un moment donné, des créanciers,
19:12de vouloir financer à bon compte les États-Unis.
19:16Et de ce point de vue-là,
19:17on peut avoir quand même un peu de volatilité,
19:19comme je disais, des moments où on va avoir des craintes,
19:22notamment sur la trajectoire budgétaire,
19:23qui pourraient pousser,
19:24il va falloir attirer des capitaux,
19:26qui pourraient pousser les taux d'intérêt longs vers le haut,
19:30et mettre encore plus sous pression le budget de l'État américain.
19:34– Bon, affaire à suivre, on verra dans les prochaines semaines
19:36et les prochains mois, on aura l'occasion évidemment
19:38de suivre tout ça de manière très pointue dans les experts.
19:41aujourd'hui, il nous reste, allez, une petite dizaine de minutes
19:43avant la coupure pub qu'on parle de l'Ukraine.
19:46C'est les quatre ans de l'invasion aujourd'hui de l'Ukraine par la Russie.
19:51La cinquième évaluation de la Banque mondiale,
19:52de la Commission européenne et des Nations unies,
19:56sur le coût de reconstruction de l'Ukraine,
20:00le chiffre est désormais à 500 milliards d'euros,
20:03près de 600 milliards de dollars.
20:05C'est le coût de la reconstruction et du redressement du pays
20:09sur les dix prochaines années.
20:12C'est près de trois fois le PIB ukrainien aujourd'hui.
20:18La question est très simple, qui va payer pour tout ça ?
20:20Jean-Hervé Loindy ?
20:21– Oui, ce qui est très particulier, c'est que d'habitude dans une guerre,
20:26ça a été le cas par exemple pour les conflits qu'on a eus en Europe
20:29et la France et l'Allemagne,
20:32c'est le pays qui a perdu, qui est censé rembourser.
20:36Vous vous souvenez du traité de Versailles
20:38et de son caractère un peu excessif sur ce point-là.
20:40Dans le cas précis, je vois mal que ce soit la Russie qui rembourse.
20:46Alors, 500 milliards, bah oui, c'est géant.
20:50Personne, à mon avis, n'a que l'idée de la manière dont on pourrait le financer.
20:55J'adore ces expertises des Nations Unies ou de la Banque mondiale, je sais,
21:01mais la vraie question, c'est que ce soit 500 milliards, 400 milliards ou 300 milliards,
21:06qui va payer dans cette opération ?
21:08Je suis absolument incapable de répondre à cette question.
21:11– L'Europe, Stéphane Carcillo vient de débloquer un prêt de 90 milliards de soutien à l'Ukraine.
21:18Les États-Unis n'aident plus financièrement, ni d'ailleurs militairement,
21:22vraiment l'Ukraine, si ce n'est par les systèmes de renseignement.
21:26Est-ce qu'on sait, sur ces 90 milliards d'euros prêtés par l'Union européenne,
21:31si on va être remboursé ou pas, au final ?
21:34La question qui va payer, c'est est-ce que nous, contribuables, allons être mis à contribution ?
21:39– À ce stade, je pense qu'on n'en sait absolument rien.
21:42Il me semble que pour des efforts de reconstruction,
21:44il faut faire appel à des institutions multilatérales,
21:48type Banque mondiale ou Fonds monétaire,
21:50parce que c'est eux qui ont une capacité de débloquer des fonds aussi importants,
21:54et surtout à des taux bonifiés, avec un accompagnement.
21:58Donc je pense que ce n'est pas du tout le fait d'un État en particulier,
22:03ou même de l'Union européenne.
22:04– On a aussi des institutions européennes,
22:06on a la Banque européenne de reconstruction et de développement.
22:10– Bien sûr, on a la Berde,
22:13qui va jouer un rôle,
22:16mais probablement sur des montants aussi importants.
22:18Il faudra s'appuyer aussi sur les institutions de Bretton Woods
22:23pour aider l'Ukraine à se reconstruire.
22:26Mais c'est quelque chose qui…
22:27Évidemment, le montant est totalement considérable,
22:30tel qu'on le voit aujourd'hui.
22:31Des efforts de reconstruction sont des choses qui portent sur 10 ou 20 ans.
22:34– Oui.
22:35– On parle d'un montant à 10 ans.
22:37– Sur 10 ans, oui.
22:38– Voilà, donc c'est évidemment…
22:40– Voilà, ce sont des montants qui sont finançables sur une très longue période.
22:44– Oui.
22:44– Bon, après, voilà, la question c'est, est-ce qu'on va s'arrêter là ?
22:47Essayez d'être au sujet.
22:48– Oui, oui, oui, je pense que ça sera un mélange de financements,
22:54de dons, de financements bilatéraux ou multilatéraux.
22:58Il y aura aussi des investissements privés.
23:00On voit bien l'appétit des Américains pour des minerais métacritiques
23:05que resserraient les sols ukrainiens.
23:08Donc voilà, ça va être un ensemble,
23:13sachant qu'on ne connaît pas encore l'ampleur de la facture,
23:15puisque la guerre, comme vous le savez, n'est pas encore terminée.
23:20D'ailleurs, à cet égard, on aura des investissements privés
23:23qu'à partir du moment où, bien évidemment, la situation sera stabilisée.
23:27Pour ce qui concerne les 90 milliards,
23:30les 90 milliards, enfin maintenant, on est quasiment les seuls
23:33à financer l'Ukraine, puisque les États-Unis ne versent plus leurs tribus
23:39pour aider les Ukrainiens.
23:41Donc 90 milliards, je crois qu'il y a 60 milliards pour le militaire.
23:46Le reste, c'est plutôt de l'aide budgétaire,
23:51sachant que les besoins à estimer, puisque c'est sur 2026-2027,
23:54donc 90 milliards, c'est à peu près les deux tiers
23:57de ce qui avait été estimé des 135 milliards
23:59dont ils auraient besoin les deux prochaines années.
24:01Et donc on n'y est pas encore.
24:02Donc qu'est-ce que fait l'UE ?
24:04L'empreinte sur le marché.
24:07Et puis, à terme, il y aurait la volonté
24:10qu'il y ait un remboursement ou d'utiliser
24:14potentiellement des réparations de la part de la Russie,
24:16même si, point d'interrogation, effectivement...
24:18Il y a des avoirs gelés quand même, hein ?
24:20Il y a une grande question pour l'utilisation des avoirs gelés.
24:22S'il y a une décision politique ou une décision judiciaire
24:25qui amènerait la Russie à avoir des dédommagements
24:29vis-à-vis de l'Ukraine, et qu'il ne s'y conforme pas,
24:32il y aurait toujours à ce moment-là, je ne sais pas, juridiquement...
24:34Il y a des recours possibles ?
24:35Comment on peut utiliser ces avoirs qui sont quand même,
24:39rappelons, de 300 à 350 milliards d'euros,
24:43qui sont, dont une bonne partie en Europe,
24:46qui pourraient être mobilisés pour la reconstruction ?
24:50J'ai un peu d'introits sur, dans l'équilibre final,
24:53que ce soit comme ça.
24:55Ce qui me frappe beaucoup, c'est le fait
24:58qu'une très légère majorité,
25:01je crois que c'est tout à l'heure,
25:03sur BFM Business que je l'ai entendu,
25:04une très faible majorité de Français considèrent
25:07qu'au fond, l'aide à l'Ukraine,
25:09il faudrait en tout cas au moins la ralentir.
25:12Donc là, on touche sur des sujets
25:15qui sont très compliqués, je trouve.
25:18Évidemment, il ne faut pas ralentir,
25:19évidemment, il faut soutenir l'Ukraine,
25:21mais il faut aussi avoir le soutien
25:23de l'opinion publique,
25:26et en tout cas en France,
25:27c'est un sujet qui est en train d'évoluer.
25:31Après, si on regarde les 90 milliards,
25:34je ne parlais que des 90 milliards,
25:36pas des 500 milliards,
25:3890 milliards, je crois que c'est à peu près 0,5%
25:41du PIB de l'Europe.
25:44Donc, si on considère que l'Ukraine,
25:46c'est peut-être ce qu'il faut faire comprendre
25:48à nos compatriotes,
25:50si on considère que l'Ukraine se bat
25:52un petit peu plus que pour elle-même,
25:54mais aussi un peu pour l'Europe entière,
25:56ce n'est pas un coût énorme à supporter
25:59pour l'ensemble de l'Union,
26:01mais effectivement, il faut bien sensibiliser
26:04les opinions publiques.
26:05Bien, merci beaucoup.
26:07C'est la fin de cette première partie.
26:09Il est 10 heures passées de 25 minutes.
26:11On va revenir pour parler jeunesse française.
26:14Un sujet absolument majeur.
26:16En vue de la prévision de la présidentielle 2027,
26:20quelle politique pour notre jeunesse ?
26:21C'est le cercle des économistes
26:23qui tire la sonnette d'alarme.
26:24Et puis, on reviendra sur ces mouvements
26:28un peu violents
26:29dus à l'intelligence artificielle sur les marchés.
26:31IBM a perdu 13% hier.
26:33Est-ce la fin d'un modèle ?
26:35Ne quittez pas, on revient tout de suite.
26:43BFM Business et La Tribune
26:45présente
26:46Les experts
26:47Raphaël Legendre
26:49Allez, on est de retour
26:51pour la seconde partie de l'émission.
26:52Ça discute toujours beaucoup
26:53pendant la coupure publicitaire.
26:55On est avec Isabelle Jobbazile,
26:57directrice des études économiques
26:58du Crédit Agricole SA,
27:00Stéphane Carcillot,
27:01responsable de la division
27:02revenu-travail
27:02de l'OCDE,
27:03professeur à Sciences Po
27:04et Jean-Hervé Lohanzi,
27:05fondateur du Cercle des économistes,
27:07président des rencontres économiques
27:09d'Aix-en-Provence.
27:10Le Cercle des économistes,
27:11Jean-Hervé,
27:12qui a publié
27:13une étude absolument passionnante
27:15sur la jeunesse.
27:16La jeunesse qui
27:17est un sujet absolument
27:19majeur
27:19et trop peu porté
27:20en France.
27:22Est-ce que vous pouvez nous présenter
27:23en quelques mots
27:24les résultats de cette étude ?
27:25D'abord,
27:27j'allais dire
27:27la manière
27:29dont ça a été fait.
27:30C'est un vrai sondage
27:31qui a été fait
27:32par une très sympathique
27:34entreprise de sondeurs
27:36dirigée par un homme
27:37tout à fait sympathique
27:38qui s'appelle Salonès.
27:39C'est Elab
27:41sur 5000 personnes
27:42qui couvrent
27:43à peu près
27:44vraiment l'ensemble
27:45de la population
27:46de la jeunesse française.
27:48On verra tout à l'heure
27:48et tout à l'heure,
27:50Stéphane explique
27:51à quel point
27:51sur le marché du travail
27:52les choses sont différentes
27:53sur les différentes jeunesses.
27:56Deuxième sujet,
27:57il y avait une cinquantaine
27:58de questions.
27:59C'est passionnant
28:01parce que
28:02ça révèle
28:03plusieurs choses,
28:04je ne vais pas
28:06tout détailler,
28:07mais au moins
28:07quatre choses
28:08qui m'ont beaucoup
28:10frappé.
28:10La première,
28:11c'est qu'une majorité
28:13de jeunes
28:14en ont absolument
28:15ras-le-bol
28:15par l'expression
28:17des discussions
28:18sur les retraites.
28:20On peut les comprendre.
28:23On a l'impression
28:24que le monde s'arrête
28:25parce que l'abattement
28:26des 10%
28:27remettrait en cause.
28:28au passage,
28:29le scandale
28:30de ce budget,
28:32c'est le fait
28:33qu'on n'a pas
28:33touché l'abattement
28:35qui devait
28:35me toucher
28:36à titre personnel
28:37par vous,
28:37parce qu'il faut
28:38être trop jeune
28:39et qu'on a diminué
28:40l'apprentissage
28:41des enfants.
28:42C'est tout un symbole.
28:44Certains ont parlé
28:44d'un budget
28:45de gérontocratie.
28:47Exactement.
28:48De manière un peu violente.
28:49Je ne suis pas
28:50pour qu'on oppose
28:50les générations,
28:52mais il y a quand même
28:52des arbitrages
28:54budgétaires
28:54et de politiques publiques
28:55qui posent question.
28:57Deuxième aspect,
28:58alors ça couvre plus
28:59et là je suis déjà
29:00un tout petit peu
29:01sur le terrain
29:01de Stéphane,
29:02mais un mot
29:03sur les NITS,
29:04on s'aperçoit
29:05que parmi d'autres,
29:08mais que
29:09la recherche d'emploi
29:11est quand même
29:11très forte.
29:12Cette idée
29:13que le million
29:14quatre de NITS
29:16considère comme
29:16des jeunes
29:17exclus,
29:19désocialisés,
29:19etc.
29:19ben non,
29:20ils n'en ont pas envie.
29:22Troisième sujet,
29:25ils sont,
29:25cette partie de la jeunesse,
29:27il faut préciser,
29:28c'est de 15 à 29 ans,
29:30est très attaché
29:32au territoire
29:32et notamment
29:34très attaché
29:34à leur pays.
29:35Donc c'est,
29:36contrairement à ce qu'on pense,
29:37beaucoup moins mondialisé
29:38que ce qu'on imagine,
29:40sauf ceux qui sortent
29:41des plus grandes écoles
29:42et qui sautent directement
29:43dans l'avion
29:43pour la Californie,
29:45mais le reste
29:46est moins sensible
29:48et enfin,
29:49mais là je me tourne
29:51vers quelqu'un
29:52qui est beaucoup
29:52plus compétent que moi,
29:54ils sont quand même
29:54très attachés
29:55dans un cadre
29:56d'un mode de vie
29:57qui n'est plus
29:58le même
29:59que celui
29:59de ma génération
30:00mais non plus
30:01c'est les générations
30:02qui viennent,
30:03les générations en dessous
30:05non plus évidemment
30:07mais très attachés
30:08à leur travail
30:09donc c'est l'idée
30:11de la grande flemme
30:12qui a été développée
30:12Oui on est très loin de ça
30:13telle ou telle est vraiment
30:15une aimable plaisanterie
30:16Bon,
30:18c'est SOS,
30:18une génération,
30:19une jeunesse en danger
30:20quand même le titre
30:20de cette étude
30:22et effectivement
30:23ça montre aussi
30:24une jeunesse
30:25extrêmement angoissée
30:26si on reprend
30:27les premiers résultats
30:29de l'étude
30:30c'est une santé mentale
30:31préoccupante
30:31pour 30%
30:32une solitude forte
30:33à 64%
30:35violence et insécurité
30:3744%
30:38ont été victimes
30:38de harcèlement
30:39précarité financière
30:40et logement critique
30:41Bon,
30:43ça pose
30:43un peu la big picture
30:45Oui,
30:45tout à l'heure
30:46on va parler
30:46de ce qu'il faudrait faire
30:47Oui,
30:48on va apporter
30:48des solutions
30:50effectivement
30:51pardon,
30:52c'est non-assistance
30:52à jeunesse en danger
30:53le titre exact
30:54de l'étude
30:55du cercle des économistes
30:56que je vous conseille
30:57d'aller voir
30:58sur votre site
30:59j'ai été très exaspéré
31:01par l'histoire
31:01de l'abattement
31:02des 10%
31:02pour les frais professionnels
31:04que le monde sait
31:05que c'est très important
31:06chez les 70 ans
31:08Oui,
31:09Stéphane Carcillo
31:10vous êtes un grand spécialiste
31:11des questions de travail
31:12on a en France
31:121,3 million de NITS
31:14corrigez-moi
31:15si le chiffre
31:17n'est pas bon
31:17les NITS
31:18on le rappelle
31:19cet acronyme anglais
31:20Noreen Employment
31:23Educational Training
31:24donc des jeunes
31:25qui ont quitté le système
31:26sans diplôme
31:28qui n'ont aucune formation
31:29et qui sont au chômage
31:30des abandonnés
31:31de la République
31:33c'est un chiffre
31:34qui augmente
31:35depuis 2020
31:362019
31:38quel est le constat
31:40que l'on fait aujourd'hui
31:40et surtout
31:41quelles sont les solutions
31:42à adresser
31:43pour traiter
31:44ce problème majeur
31:45Alors
31:46du côté des solutions
31:47je crois qu'il y a
31:47deux enjeux
31:48très importants
31:49le premier
31:49c'est l'adéquation
31:50de la formation
31:51avec les besoins
31:52des entreprises
31:54c'était tout l'enjeu
31:55de l'apprentissage
31:58avec le modulo
31:59que l'énorme explosion
32:01de l'apprentissage
32:01en France
32:02qui a un grand succès
32:04c'est 300 000
32:05à 1 million
32:05d'apprentis en France
32:06énorme
32:07on a changé de modèle
32:07on a changé d'échelle
32:09on s'est très clairement
32:10rapproché en volume
32:13à un coût très élevé
32:14quand même
32:14pour les finances publiques
32:15ça a coûté 10 milliards
32:16on a passé de 6 à 16 milliards
32:18de subventions publiques
32:19sur l'apprentissage
32:20on s'est rapproché
32:21du modèle allemand
32:22suisse etc
32:23qui ne sont pas
32:24des modèles subventionnés
32:24mais bon
32:25on s'est dit
32:26on va changer de culture
32:27il faut pour ça investir
32:28investir dans les CFA
32:29bon d'accord
32:29mais ça a assez peu bénéficié
32:32aux jeunes
32:32qui en auraient le plus besoin
32:33qui potentiellement
32:34auraient le plus besoin
32:34c'est les jeunes
32:35qui ne vont pas dépasser le bac
32:38les formations infrabac
32:39et là
32:40le constat est beaucoup moins positif
32:42c'est-à-dire qu'on n'arrive pas
32:42à les faire
32:43entrer
32:44dans ce dispositif
32:45d'apprentissage
32:46pardon ça veut dire
32:47qu'il est parti où cet argent
32:48ces 10 milliards d'euros
32:49sont partis
32:49et bien
32:50il a bénéficié d'abord
32:52à tous ceux qui de toute façon
32:54seraient rentrés en apprentissage
32:55donc effet d'aubaine
32:57et ensuite il a bénéficié
32:58à de nouveaux jeunes
32:59qui sont rentrés en apprentissage
33:01en formation
33:01bac plus 2
33:02et bac plus 4
33:04bac plus 5
33:04donc bac plus 2
33:05c'est bien
33:06parce que
33:06ça renforce quand même
33:08le lien avec l'entreprise
33:09ça facilite la transition
33:10fin de la formation
33:11vers l'entreprise
33:11c'est beaucoup plus rapide
33:12pardon
33:12c'est un des avantages
33:14de l'apprentissage
33:14c'est beaucoup plus rapide
33:16bac plus 4
33:17l'effet net
33:18en fait
33:19n'est pas très très clair
33:20donc
33:22c'est pour ça
33:22qu'on rabote là
33:23de 200 millions
33:24l'apprentissage cette année
33:26et 700 millions
33:26l'année prochaine
33:27voilà
33:27c'est pour ça qu'on rabote
33:28exactement
33:29sachant que
33:30on a un peu trop tendance
33:31en France
33:31à changer le modèle
33:32absolument tout le temps
33:33donc ça
33:34il faut quand même
33:35faire attention
33:35au coup de rabot
33:36il faut qu'on ait un système
33:37avec des règles stables
33:38éventuellement
33:39qu'on fasse des ajustements
33:41sur des curseurs
33:42mais qu'on ne change pas
33:42le système en permanence
33:43parce que les acteurs
33:44les entreprises
33:45ne peuvent pas s'y retrouver
33:46donc formation
33:47apprentissage
33:48lycée professionnel
33:49la réforme c'est super important
33:50parce qu'on a quand même
33:51700 000 jeunes
33:52en lycée professionnel
33:53donc si eux
33:54ne rentrent pas
33:55dans un système
33:55qui se rapproche
33:56de l'apprentissage
33:57ou ne se rapproche pas
33:57de l'entreprise
33:58ça ne marche pas
33:59il faut faire le nettoyage
34:01dans les formations
34:01dans les lycées professionnels
34:02alors ça on en parle
34:03quand même depuis des années
34:04où en est-on
34:05de la réforme
34:06des lycées professionnels
34:07c'est un projet politique
34:08porté au plus haut
34:09de l'état
34:10depuis je ne sais pas
34:11bien 5 ans
34:12oui on progresse
34:13c'est simplement très long
34:14parce que c'est des réformes
34:15structurelles
34:16le fait de mettre en place
34:17une dernière année
34:17avec une différenciation
34:21de filière
34:22entre ceux qui veulent
34:23faire un BTS
34:23post-bac professionnel
34:25ou qui veulent
34:26tout de suite
34:27entrer sur le marché
34:27du travail
34:28et eux il faut les accompagner
34:29ça ça demande
34:30une réorganisation complète
34:32mais au-delà de ça
34:34il faut aussi
34:35mieux orienter
34:36les formations
34:38dans les lycées professionnels
34:38avec les besoins
34:39des entreprises locaux
34:40et pour ça il faudrait savoir
34:41ça semble du bon sens
34:42pardon
34:42mais on a du mal
34:44à comprendre
34:44que ça n'a pas été fait
34:45le problème là
34:46c'est les profs
34:47il y a 60%
34:4870% des profs
34:50qui sont en charge
34:51de filières
34:52qui sont des filières
34:53dont tout le monde sait
34:54qu'elles ne sont pas
34:55en croissance
34:55dans le meilleur des cas
34:57et que c'est quand même
34:58très compliqué à gérer
34:59donc quoi c'est un frein
35:00culturel
35:01et corporatiste
35:02au changement
35:02oui corporatiste
35:03mais tout le monde
35:04est corporatiste
35:05voilà
35:05après à la sortie
35:08il faut vraiment
35:08accompagner les jeunes
35:09donc un rapprochement
35:10du service public de l'emploi
35:11de France Travail
35:12avec les lycées
35:13il ne faut pas attendre
35:14que les jeunes
35:14attendent 6 mois de galère
35:15pour aller s'inscrire
35:16à France Travail
35:17donc ce rapprochement
35:18il est hyper important
35:20il y a une expérience
35:21qui ne coûte pas très cher
35:21une expérience
35:21qui a été mise en place
35:22qui s'appelle Avenir Pro
35:23qui montre que
35:24l'effet sur
35:26la durée du travail
35:28post sortie
35:29du bac professionnel
35:30est hyper importante
35:31donc c'est très très rentable
35:33donc en gros
35:34il faut décloisonner
35:35il faut rapprocher
35:36le monde de l'entreprise
35:38de ces lycées
35:38il faut rapprocher
35:39le service du travail
35:40de ces lycées
35:41il faut décloisonner
35:43et l'autre aspect
35:44c'est vraiment une fois
35:44qu'on est sur le marché
35:45du travail
35:46et pour ça
35:46il faut essayer
35:48d'inciter les entreprises
35:49à embaucher en CDI
35:50peut-être en renvoyant
35:52les modalités du CDI
35:53c'était la proposition
35:54du Medef
35:54pourquoi pas essayer
35:55et tester
35:56mais en tous les cas
35:57l'accumulation de CDD
35:59et cette précarité
36:00hyper néfaste
36:01hyper néfaste
36:02pour les jeunes
36:03ça retarde
36:04l'accumulation de CDD
36:05en permanence
36:06pendant 5 voire 10 ans
36:07pour certains jeunes
36:08retarde la formation
36:10d'une famille
36:11ils ne peuvent pas
36:12trouver de logement
36:13et ça nourrit le chômage
36:15parce qu'à chaque fin
36:16de CDD
36:17on va au chômage
36:18on cause la cage
36:19et on consomme les droits
36:20et donc ça nourrit aussi
36:21le chômage structurel
36:23des jeunes
36:23de manière très importante
36:24si vous prenez
36:24les autres pays
36:25qui ont un dualisme
36:27très fort du marché
36:27du travail
36:28entre CDD et CDI
36:29prenez l'Espagne
36:30par exemple
36:31le taux de chômage
36:32des jeunes
36:32est aussi extrêmement élevé
36:33donc c'est pas
36:34un bon système
36:34et il faut arriver
36:36à poursuivre
36:36les réformes
36:37du marché du travail
36:37pour faire rentrer
36:39le CDD
36:39dans ses gonds
36:40c'est-à-dire
36:41qu'on l'utilise vraiment
36:42pour ce pourquoi
36:42il est fait
36:43c'est-à-dire
36:44faire face
36:45à des besoins temporaires
36:46remplacer des salariés
36:47absents
36:47etc.
36:47mais pas pour recruter
36:48de manière permanente
36:50des jeunes
36:51en essayant
36:52de contourner les règles
36:53ça c'est vraiment
36:54un élément très important
36:55et dernier volet
36:56la mobilité des jeunes
36:58elle est faible
37:00et pourtant
37:00il y a des jeunes
37:01c'est pas le plus simple
37:01comme volet
37:02il y a beaucoup
37:03c'est un super compliqué
37:04mais la mobilité
37:05il faut que les jeunes
37:07arrivent à bouger
37:08là où il y a
37:08des opportunités d'emploi
37:09pourquoi ?
37:10parce qu'en fait
37:10pour les jeunes
37:11qu'est-ce qui est déprimant
37:12c'est pas de commencer
37:13son emploi proche du SMIC
37:14c'est d'y rester
37:15pendant 10 ans
37:15ça c'est totalement déprimant
37:17pour n'importe qui
37:17et particulièrement
37:18pour les jeunes
37:19et on comprend
37:20que dans ces conditions
37:21ils se replient
37:21sur eux-mêmes
37:23il faut pour ça
37:24favoriser
37:25la mobilité
37:27parce qu'un jeune
37:28fait sa carrière
37:29en changeant
37:30d'entreprise
37:31il faut aller vers les entreprises
37:33en croissance
37:33vers les entreprises productives
37:34vers les entreprises
37:35qui offrent des salaires
37:36plus élevés
37:36et pour ça
37:37c'est souvent
37:38ça veut dire souvent
37:39changer d'endroit
37:41changer de lieu de vie
37:42parce qu'ils sont prêts à le faire
37:44c'est compliqué
37:45les français sont assez peu mobiles
37:46en réalité
37:48alors pour les jeunes
37:49en général
37:49ils ne sont pas propriétaires
37:50donc ils n'ont pas ce problème là
37:51parce que pour les autres
37:52la propriété
37:53c'est un frein
37:54mais pour les jeunes
37:54ils n'ont pas ce problème là
37:55je crois qu'ils sont prêts à le faire
37:57mais la grosse difficulté
37:58c'est comment le faire
37:59les coûts semblent énormes
38:00et surtout
38:01la difficulté de se loger
38:03est vraiment extrêmement importante
38:05ça Isabelle
38:06Job-Basile
38:06c'est un des sujets majeurs
38:08pour le marché de l'emploi
38:09en France
38:09de manière générale
38:10cette question du logement
38:12certes
38:12mais en particulier
38:13effectivement
38:14pour les jeunes
38:15c'est surtout
38:16dans les zones urbaines
38:18là où se concentrent
38:19les opportunités
38:21professionnelles
38:22et bien c'est très difficile
38:23pour un jeune
38:24qui n'a pas un CDI
38:26de pouvoir trouver
38:27un logement
38:27et un logement
38:28qui soit abordable
38:29donc il y a vraiment
38:30une politique de logement
38:32envers les jeunes
38:33qui doit être mise en place
38:34avec
38:34je ne sais pas
38:35un bail d'un an
38:36lorsqu'on n'est pas
38:37en CDI
38:38des garanties
38:40publiques
38:41etc
38:42non non
38:43mais c'est vraiment
38:43la jeunesse aujourd'hui
38:44c'est le parent pauvre
38:45de toutes ces politiques
38:46de ces politiques publiques
38:48et lorsqu'on ne regarde plus
38:49la jeunesse
38:50ça veut dire qu'on ne pense plus
38:51notre avenir
38:51et donc il faut vraiment
38:53repenser notre avenir
38:54et tout ce qui a été dit
38:55est vrai
38:55je pense qu'il ne faut pas
38:56être dogmatique
38:59sur ce qu'on peut faire
39:00et ce qu'on doit faire
39:01il faut tenter
39:02je pense qu'il faut
39:03sanctuariser
39:04effectivement
39:04tout ce qui concerne
39:05l'apprentissage
39:06alors modulo le fait
39:07qu'on a vu
39:08qu'effectivement
39:08ça profitait beaucoup
39:09sur les bacs plus 3
39:10bacs plus 5
39:11voilà
39:11mais peut-être qu'on peut
39:12moduler l'aide
39:13ces aides pour être concentrés
39:14sur ceux qui en ont plus besoin
39:16effectivement
39:16du coup on peut peut-être
39:17pas changer totalement les règles
39:19mais on peut peut-être moduler
39:20les aides
39:21en fonction du niveau
39:23de diplôme
39:23on peut aussi peut-être
39:24moduler les aides
39:25en fonction
39:26du niveau de chômage
39:28des jeunes
39:30donc
39:30et après
39:31pour ce qui concerne
39:32ceux qui sont
39:33les NITS
39:33dont on parle
39:35alors on a des dérogations
39:37au SMIC
39:37que ce soit
39:38avec l'apprentissage
39:39ou que ce soit
39:40avec les stages
39:41le problème
39:42c'est que ces jeunes
39:43qui sont
39:44très loin
39:45du marché du travail
39:46ils ne peuvent pas
39:46bénéficier de ces dispositifs
39:48donc il faut peut-être
39:49imaginer
39:49alors c'est vrai que
39:51ça a été tabou
39:52c'est vraiment tabou
39:53de parler de ce SMIC
39:54jeune
39:56mais en même temps
39:58on se dit
39:59si c'est sur une période
40:00temporaire
40:01mais leur permettre
40:01de rentrer
40:02et d'avoir une première expérience
40:04parce que c'est là
40:04où on acquiert
40:05un certain nombre
40:06de savoir-faire
40:06qui va déterminer
40:07sa carrière future
40:09on peut peut-être
40:10se dire
40:10sur une période temporaire
40:11se dire pendant un an
40:12qu'il soit rémunéré
40:13un peu en deçà
40:14du SMIC
40:15de manière
40:16à ce qu'il puisse
40:17commencer à s'insérer
40:18ou alors
40:19on peut un peu
40:19comme la garantie jeune
40:20on peut se dire
40:21qu'on a un contrat
40:23un genre de contrat
40:24d'apprentissage spécial
40:26pour ces NITS
40:26puisqu'ils ne sont pas
40:27en formation
40:28mais de se dire
40:29on signe un contrat
40:30avec le travail
40:31on les forme
40:32et en même temps
40:33ils sont aussi
40:33en entreprise
40:35et ils ont une allocation
40:37de même type
40:38que l'apprentissage
40:40aujourd'hui
40:40enfin
40:40il faut imaginer
40:41des solutions
40:42il ne faut pas être dogmatique
40:43il faut essayer
40:44un certain nombre de choses
40:45parce qu'on ne peut pas
40:47laisser
40:48un million trois
40:49de nos jeunes
40:50en dehors du marché
40:51du travail
40:52et ce
40:52de manière durable
40:53ça veut dire
40:54que ça va conditionner
40:55pour beaucoup d'entre eux
40:57le reste de leur vie
40:58le début de leur vie
40:58évidemment
40:59des solutions
41:00Patrick Martin
41:00président du MEDEF
41:01en a posé
41:02sur la table
41:02alors c'est sorti
41:03de manière
41:03c'était dans une réunion
41:05avec les numéros
41:05un des partenaires sociaux
41:06ça devait rester
41:07au sein de la réunion
41:08ça a été éventé
41:10par un syndicat
41:11mais les propositions
41:12c'est un CDI
41:14où on ne serait
41:15en durée indéterminée
41:17qu'au bout de trois ans
41:18des droits rechargeables
41:19à la manière
41:19de ce qui s'est fait
41:20en Italie
41:21avec le Jobs Act
41:22de Matteo Renzi
41:23et effectivement
41:24peut-être un SMIC
41:26inférieur au niveau de SMIC
41:27pour les NITS
41:28des mesures uniquement
41:29concentrées
41:30ça a mal été compris
41:31mais concentrées
41:32sur les jeunes
41:32sans formation
41:33sans diplôme
41:34sans emploi
41:36on a des exemples
41:37à l'international
41:38Stéphane Carcillo
41:39de mesures
41:41qui ressemblent à ça
41:42je parlais du Jobs Act
41:43notamment italien
41:44est-ce que ça a fonctionné
41:46est-ce que ces mesures
41:47concentrées
41:47sur les plus énonnés
41:49de l'emploi
41:50sont audibles
41:51ça a fait scandale
41:52est-ce qu'on ne peut pas
41:53y réfléchir ?
41:53Moi je pense qu'il faut
41:54tout à fait y réfléchir
41:55objectivement
41:56il ne faut pas être dogmatique
41:58sur ce sujet-là
41:59par exemple
42:00sur le SMIC
42:02en particulier
42:03moi je suis très attaché
42:04au fait qu'il y ait
42:04un SMIC
42:06uniforme
42:06pour tout le monde
42:07et je préside
42:08le groupe d'experts
42:08sur le SMIC
42:09donc c'est un sujet
42:10sur lequel
42:11je connais très bien
42:13cela étant
42:14prévoir
42:15qu'on puisse avoir
42:16une rémunération
42:16un peu inférieure du SMIC
42:17à condition
42:18qu'on s'adresse
42:19à un public
42:20qui n'a pas de formation
42:21et qu'on offre
42:22une formation qualifiante
42:23mais la contrepartie
42:24est une obligation
42:25de formation
42:27quelque part
42:28j'ai envie de dire
42:28en fait on le fait déjà
42:29c'est le contrat
42:29de professionnalisation
42:30sauf que
42:31on pourrait très probablement
42:33le flexibiliser
42:34le simplifier
42:35et étendre son usage
42:37donc
42:37c'est pas
42:38une forme d'apprentissage aussi
42:39ça n'est pas une idée nouvelle
42:40c'est pas la peine
42:41de hurler
42:42à la fin du SMIC
42:43simplement on peut se dire
42:44qu'est-ce qu'on peut faire
42:45pour que ce qui existe déjà
42:46dans le contrat d'apprentissage
42:47soit beaucoup plus démocratisé
42:49et simplifié
42:49pour les entreprises
42:50sans être dévoyé
42:52c'est-à-dire
42:52qu'on ait vraiment
42:53une formation à la clé
42:54sur le CDD
42:56versus CDI
42:57là aussi je pense que
42:58ça mérite
42:59une expérimentation
43:00un test
43:01est-ce qu'il vaut mieux
43:03avoir un CDI
43:04dont la protection
43:05est progressive
43:06mais dès le premier jour
43:08on signe un CDI
43:09et au bout d'un an
43:10on commence à gagner
43:11un peu de protection
43:12si le contrat se termine
43:13au bout de deux ans
43:14une indemnisation plus importante
43:15au bout de trois ans
43:16on rentre pratiquement
43:17dans le CDI de droit
43:18plutôt que d'avoir
43:19des CDD
43:20qui vont durer trois mois
43:22ou six mois
43:22qui vont être renouvelés
43:23et qui vont s'interrompre
43:24à un moment donné
43:25et on va faire la cache chômage
43:26là aussi on a le droit
43:27de se poser la question
43:28et il faut ouvrir le débat
43:30et surtout je pense
43:31qu'il faut évaluer tout ça
43:32il ne faut pas être dogmatique
43:34il faut se dire
43:34est-ce que ça a marché
43:35ou est-ce que ça n'a pas marché
43:36qu'est-ce que ça a fait
43:37en termes de substitution
43:38et dès lors qu'on se pose
43:40dans un cadre d'évaluation
43:41moi je pense que ça vaut la peine
43:43de tester
43:43pourquoi ?
43:44parce qu'en fait
43:44on n'a pas les moyens
43:45de ne pas tester
43:46je veux dire
43:46la France a un déficit
43:48de taux d'emploi
43:49la France a un déficit
43:50d'heures de travail
43:51on a deux gros gisements
43:53en France
43:55les jeunes
43:55et les seniors
43:56et en France
43:57les jeunes
43:57c'est important
43:58donc si on veut garder
43:59notre richesse par habitant
44:01et sa croissance
44:02dans les années qui viennent
44:02il faut y aller
44:03il faut y aller
44:04on ne peut plus se permettre
44:05d'avoir un million trois
44:06de jeunes
44:07en dehors du marché du travail
44:08il faut les faire rentrer
44:10rapidement sur le marché du travail
44:12avec des bonnes conditions
44:13je rappelle que le CDI
44:14c'est une énorme amélioration
44:16des conditions de travail
44:17parce que ça a aussi des effets
44:18sur l'accès au logement
44:19oui
44:19donc voilà
44:21je pense que c'est important
44:23et il faut souligner
44:23que le fait que
44:26le MEDEF
44:27propose un accès
44:28au CDI
44:29plutôt que de demander
44:30la flexibilisation
44:31à nouveau du CDD
44:32qui est une mauvaise solution
44:34on le sait
44:34c'est une mauvaise solution
44:35la flexibilisation du CDD
44:36est plutôt quelque chose
44:37de positif
44:38à mon avis
44:38bon
44:39moi je trouve que
44:40on rentre dans un domaine
44:42qui est de nature
44:43profondément politique
44:44la réalité
44:45on est à 12 mois
44:47la présidentielle
44:47j'ai admiré
44:49cette bienveillance
44:49sur le fait
44:50qu'il n'y ait pas
44:51de conflit intergénérationnel
44:52il y en a un
44:53il est clair
44:54que les 14%
44:55que les gens
44:56à partir de 63 ans
45:00et un mois
45:01prennent
45:01c'est sûr
45:03que
45:04comme chacun sait
45:04ça ne va faire qu'augmenter
45:06de manière très significative
45:07tout ça
45:08pose un problème
45:10majeur
45:10qui
45:11n'est pas uniquement
45:12l'idée que les gens
45:13ne veulent pas travailler
45:14ni rien
45:14c'est que les vieux
45:16s'accrochent
45:17à leurs avantages
45:18et qu'on a un véritable problème
45:20par rapport à ça
45:20deuxième remarque
45:22je suis mille fois d'accord
45:24on a un déficit
45:25d'heures de travail
45:27c'est quand même le sujet
45:28macroéconomique
45:29on a deux problèmes macroéconomiques
45:30dans le pays
45:31le premier
45:32c'est le nombre d'heures de travail
45:33donc les jeunes
45:34et les plus de 60 ans
45:35chacun le sait
45:37oui mais ça c'est
45:38on vient de raboter l'apprentissage
45:39et on vient de revenir
45:40sur la réforme des retraites
45:41j'aimerais bien que le MEDEF
45:43soit aussi très imaginatif
45:44autrement que de dire
45:45à partir de 60 ans
45:47il faut un contrat particulier
45:49le contrat particulier
45:51c'est la spécialité
45:52des propositions
45:53qui ne servent à rien
45:54troisième sujet
45:56sur l'apprentissage
45:57moi j'ai été
45:58à l'époque
45:59dans des cabinets
46:00émissériels
46:00où on avait
46:01250 000 apprentis
46:02qui étaient d'ailleurs
46:03les mêmes
46:04que tu l'as dit
46:06tout à l'heure
46:07qui étaient plutôt
46:08des apprentis
46:09sortis de grandes écoles
46:10et qu'on considérait
46:12et on regardait l'Allemagne
46:13en disant
46:15quel pays magnifique
46:16soit un million
46:16on a lancé une procédure
46:18c'est un des trucs
46:19qui a vraiment bien marché
46:20c'est vrai qu'il y a eu
46:21un effet d'aubaine
46:22mais quelle est la politique
46:23économique
46:24qui n'a pas d'effet d'aubaine
46:25peut-être qu'il faut
46:26il fallait le modifier
46:27mais diminuer
46:29de
46:31n centaines de millions
46:32parce que finalement
46:32c'est pas très clair
46:33dans le budget
46:35l'apprentissage
46:36c'est la mesure
46:37la plus stupide
46:38de ce budget
46:39avec évidemment
46:40le fait que les moins
46:41de 200 ou 300 millions
46:43d'euros
46:43vont évidemment
46:44pas inciter
46:45à embaucher
46:46en apprentissage
46:47des jeunes non qualifiés
46:48je veux dire
46:49on pouvait trouver
46:50un truc intelligent
46:51par rapport à ça
46:52mais surtout
46:53ne pas toucher au montant
46:54peut-être
46:55comme ça a été évoqué
46:57le
46:57le concentrer
46:58sur ceux qui ont
46:59le plus besoin
46:59sur le SMIC
47:00moi je pense
47:01que là aussi
47:02il faut être habile
47:03c'est exactement
47:04comme
47:06l'âge du départ
47:07à la retraite
47:07il se trouve
47:08les français sont
47:08on va pas tous
47:09les fusillés
47:10ils sont comme ils sont
47:11ils ont des qualités
47:12des défauts
47:12il y a des aspects
47:13qui sont symboliquement
47:15très importants
47:16j'ai bien aimé
47:17ce que Stéphane a dit
47:18mais il était
47:19un peu bisé
47:20puisqu'il préside
47:21l'organisme
47:22qui s'occupe du SMIC
47:23donc je veux dire
47:25sur ce point là
47:27on peut
47:27on pouvait dire
47:28qu'il n'est pas
47:28totalement objectif
47:29mais
47:29je dirais
47:31que l'idée
47:32de sortir
47:33massivement
47:34le CDI
47:35de dire
47:36que le CDI
47:37est évidemment
47:38la manière
47:38de rassurer
47:39une partie
47:40de la jeunesse
47:41après de pousser
47:42ce qui avait été
47:43lancé par Mme Borne
47:44un jeune
47:45une aide
47:46ou un emploi
47:47un jeune
47:48des dispositifs
47:49qui n'avaient été évoqués
47:51que pour
47:51le tiers
47:52ou la moitié
47:52des jeunes
47:53il faut évidemment
47:55passer la vitesse au-dessus
47:56c'est le problème
47:57majeur
47:58de la société française
47:59on ne fera
47:59ni gain en productivité
48:01on ne reviendra
48:02jamais à nos équipes
48:03financières
48:04tant qu'en réalité
48:06on consacre
48:06l'essentiel
48:08de nos ressources
48:08et de la protection sociale
48:09nous nous avons fait
48:10le calcul
48:11assez simplement
48:12en 1932
48:13en 2032
48:14pardon
48:15ça coûtera
48:16par an
48:18à la fois
48:19la dépendance
48:19et les retraites
48:2050 milliards
48:21par an
48:22donc je veux dire
48:23évidemment
48:24qu'on n'y arrivera pas
48:24donc il faut
48:25absolument
48:27modifier
48:28donc on est sur
48:28un problème politique
48:30majeur
48:31et
48:32ce n'est pas facile
48:33et donc il faut
48:34appeler les jeunes
48:34à voter
48:34bien plus
48:35et en plus
48:36je pense que ce problème
48:37politique
48:37il risque de s'aggraver
48:39dans les années à venir
48:41puisqu'on dit que
48:42l'intelligence artificielle
48:44va percuter
48:46notamment
48:46l'emploi
48:47des très jeunes
48:49parce que
48:50ils arrivent
48:51sur des tâches
48:52qui sont à plus faible
48:53valeur ajoutée
48:54assez répétitive
48:55mais ils apprennent
48:55le métier comme ça
48:56et qu'aujourd'hui
48:57ça pourrait être remplacé
48:59par des phénomènes
49:00par l'automatisation
49:02liée à l'intelligence
49:03artificielle
49:04donc c'est un problème
49:04qui est là pour durer
49:07d'où le besoin
49:08politiquement
49:08qu'on commence
49:09dès aujourd'hui
49:10à s'interroger
49:11et à s'intéresser
49:12au sujet
49:13et je pense que ça devrait
49:14être au cœur
49:15de la campagne électorale
49:17presque début
49:18mais il faut absolument
49:22que ça soit
49:22parce que j'ai l'impression
49:24que ce qu'on va nous ressasser
49:25c'est sur cette réforme
49:27des retraites
49:27qu'est-ce qu'il faut faire après
49:28puisqu'elle n'est que suspendue
49:30et qu'est-ce qui se passe après
49:31donc j'ai l'impression
49:31que le débat
49:33va se focaliser
49:34sur la réforme
49:35des retraites
49:37et sur les retraites
49:38certes
49:38mais il faut aussi
49:40qu'on ait un vrai débat
49:42sur l'avenir
49:43de notre jeunesse
49:43oui
49:44Lya
49:44allez il nous reste
49:45quelques minutes
49:45simplement un mot
49:46sur cette chute
49:47incroyable d'IBM
49:48moins 13%
49:49en boursière
49:50c'est 30 milliards d'euros
49:51sur une boîte
49:52qui est valorisée
49:52380 milliards
49:53pourquoi ?
49:54parce que
49:55Anthropik
49:56l'entreprise
49:57qui produit
49:58le modèle
49:59de langage
49:59Claude
50:00bien connu
50:00de tout le monde
50:02et bien
50:03est désormais
50:04capable
50:04de modéliser
50:07un des programmes
50:07phares d'IBM
50:08le COBOL
50:09le COBOL
50:09qui fait tourner
50:10l'essentiel
50:11des systèmes critiques
50:12américains
50:12des distributeurs automatiques
50:14dans les banques
50:14des compagnies aériennes
50:15bref
50:16une annonce
50:17qui vient percuter
50:18complètement
50:18un modèle industriel
50:19vieux de plusieurs décennies
50:22une réflexion
50:23sur cet épisode
50:24qui secoue tout le monde
50:26jusqu'à Scope Bessent
50:27ou Jamie Dimon
50:27aux Etats-Unis
50:28Stéphane Carcillo
50:29oui enfin c'est pas une nouvelle
50:30le fait que les langages
50:31les modèles de langage
50:34disruptent
50:34ils disruptent
50:35notamment
50:36mais là la violence
50:36avec laquelle tout ça arrive
50:38la rapidité
50:39est spectaculaire
50:40tout le codage
50:41il y a bien une profession
50:42qui est très affectée
50:44c'est les jeunes
50:46qui font du code
50:47alors qu'on les avait mis
50:49dans cette voie-là
50:49en disant que c'était
50:50une voie d'avenir
50:50voilà parce qu'aujourd'hui
50:52moi je fais
50:54des codes
50:55parce que
50:55je analyse
50:56des données
50:57c'est phénoménal
50:58ce que vous pouvez demander
51:00à Claude
51:01ou à ChatGPT
51:02en termes de code
51:03c'est absolument incroyable
51:04la vitesse
51:05à laquelle
51:05les gains de productivité
51:06dans ce domaine
51:07donc que
51:08Claude
51:09sache coder
51:10en COBOL
51:11plutôt qu'en Python
51:13ou en R
51:13ne m'étonne pas
51:14il peut coder
51:15dans n'importe quelle langue
51:16il n'y a à mon avis
51:17aucun problème
51:18donc ce n'est pas
51:18tout à fait nouveau
51:19et j'ai envie de dire
51:20les entreprises
51:21doivent s'abatter
51:22ou disparaître
51:23il n'y a pas
51:24d'autres règles
51:26et si IBM
51:27veut survivre
51:27il faut qu'elle change
51:28son modèle
51:29c'est-à-dire
51:29qu'elle intègre l'IA
51:31dans son modèle
51:32et qu'elle cherche
51:33la valeur ajoutée
51:34ailleurs
51:35et elle l'a déjà fait
51:37elle l'a déjà fait
51:38IBM faisait des ordinateurs
51:39ils ont arrêté
51:40de faire des ordinateurs
51:42et donc
51:42elle l'a déjà fait
51:43il faut
51:44et sinon
51:44alors je pense que
51:46l'IA va être
51:47très disruptif
51:47sur certains métiers
51:48après
51:49les projections
51:50qu'on a globalement
51:51au niveau macroéconomique
51:52pour l'instant
51:53ce n'est pas la fin du travail
51:54c'est l'augmentation
51:56du travail
51:56c'est la grande question
51:57derrière
51:57c'est peut-être
51:59la fin du travail
52:00dans certains métiers
52:01très spécialisés
52:02une grande transformation
52:04du travail
52:04pour d'autres
52:05c'est-à-dire qu'en gros
52:06la valeur ajoutée
52:07ce qu'on va vous demander
52:08c'est d'être
52:08beaucoup plus créatif
52:10ou quand vous faisiez
52:11des tâches très administratives
52:12d'être beaucoup plus
52:14en contact
52:14avec le client
52:16et donc
52:16les tâches vont évoluer
52:18on va être très augmenté
52:19par l'IA
52:20sur toutes sortes de choses
52:20d'ailleurs qui sont particulièrement
52:21parfois très ennuyeuses à faire
52:23donc c'est tant mieux
52:24ou très fatigantes
52:26dans des métiers
52:27parfois industriels
52:28très fatigantes
52:29qui vont être facilitées
52:30par l'IA
52:30mais l'IA va nous augmenter
52:32et je pense qu'il y a
52:33un énorme potentiel
52:34de productivité
52:35et pas uniquement
52:37de destruction d'emplois
52:39il y a un effet
52:40dans ces grandes transformations
52:42qui est
52:43une substitution
52:44de certaines tâches
52:45ou certains emplois
52:46avec les nouvelles technologies
52:48mais une fois que la productivité augmente
52:50il y a aussi
52:51un énorme potentiel
52:52de croissance
52:53de ces entreprises
52:54qui ont adopté
52:54et donc de croissance
52:55de l'emploi
52:56et ça
52:57c'est là-dessus
52:58qu'il faut miser
52:58l'IA
52:59l'effet
53:00va dépendre
53:01de ce qu'on en fait
53:02et si on l'adopte bien
53:03on peut à mon avis
53:04gagner des emplois
53:05une destruction créatrice
53:07très positive et optimiste
53:09on est dans une ère
53:10choumpétérienne
53:11optimiste
53:11Isabelle
53:11c'est très choumpétérien
53:13effectivement
53:14d'importants gains
53:15de productivité
53:16à la clé
53:17en revanche
53:18il y a beaucoup de débats
53:18sur ce que ça veut dire
53:19pour les entreprises
53:21pour chacune des entreprises
53:23qui vont utiliser l'IA
53:24effectivement
53:25dans une idée
53:26de complémentarité
53:27et de rechercher
53:29la survaleur
53:31en termes de tâches
53:33en revanche
53:34au niveau macroscopique
53:36il y a quand même
53:36un débat
53:38sur les gains
53:39de productivité
53:40globaux
53:42dans la mesure
53:43où il y a la question
53:43des effets de diffusion
53:45et suivant
53:46la vitesse de diffusion
53:47et bien oui
53:48on aura des gains
53:49de productivité ou pas
53:50et puis ensuite
53:50c'est où on redéploie
53:52parce que certes
53:52il y a quand même
53:53des emplois
53:53qui vont disparaître
53:54et on va les redéployer
53:56dans des secteurs
53:57où là
53:57on a des gains
53:58de productivité
53:59en tendance plus faible
54:00donc on n'est pas sûr
54:01qu'au niveau macroscopique
54:02on ait autant
54:03de gains de productivité
54:05que la promesse
54:06que l'on a aujourd'hui
54:07en termes de croissance
54:08ce qu'on le voit d'ailleurs
54:09dans les valorisations
54:10même si ça se dégonfle un peu
54:11mais la valorisation
54:13de ces grands acteurs
54:14de l'intelligence artificielle
54:15Est-ce que vous craignez
54:15une bulle de l'IA
54:16du côté de Crédit Agricole
54:17et ça ?
54:18Alors la bulle
54:18vous voyez qu'elle est déjà
54:19un peu en train
54:19de se dégonfler
54:20enfin tout ce qui est
54:21lorsque vous avez eu
54:22des grandes technologies
54:23qui sont très transformatrices
54:24disruptives etc
54:26il y a toujours eu
54:27des excès
54:27il y a un excès d'optimisme
54:29par rapport aux promesses
54:30de rentabilité
54:31aux promesses
54:32de gains de productivité
54:33et de croissance
54:35donc oui
54:35il y a la question
54:36de se dire
54:37est-ce qu'on va réussir
54:38à délivrer
54:39sur un horizon court
54:40sur un horizon moyen terme
54:41ou long terme
54:41on est quasi certain
54:42mais à quel horizon
54:43est-ce que c'est un horizon court
54:44donc on a peut-être
54:46une surpromesse
54:47sur le court terme
54:48donc aujourd'hui
54:48des valorisations
54:49qui sont en train
54:50de se dégonfler
54:52parce qu'en plus
54:52on ne sait pas
54:52qui seront vraiment
54:53les gagnants et les perdants
54:54de cette révolution technologique
54:56après la vraie question
54:57qu'il faut se poser derrière
54:58c'est qui finance
54:59cet essor
55:00de l'intelligence artificielle
55:02de tous ces gigas investissements
55:03dans les différents métiers
55:04c'est beaucoup de participations croisées
55:05et là pour le coup
55:07enfin voilà
55:07on peut se
55:08c'est un sujet très important
55:09le financement
55:10parce qu'en fait
55:10une des grosses barrières
55:11à l'adoption de l'IA
55:13c'est l'investissement
55:14en gros
55:14pour adopter l'IA
55:15il faut avoir
55:16la capacité
55:18de le faire
55:18c'est-à-dire
55:19pour les entreprises
55:20c'est pas à Tchadji Piti le sujet
55:22c'est l'utilisation
55:23de ces données
55:23et l'exploitation
55:24de ces données
55:25et de l'intégration
55:26de l'IA
55:26dans toute la chaîne
55:27de production
55:28à partir de données
55:29et pour ça
55:29il faut pouvoir
55:32stocker
55:32c'est d'abord
55:32stocker ces données
55:33dans un endroit sûr
55:34beaucoup d'entreprises
55:34ne veulent pas le faire
55:35si c'est aux Etats-Unis
55:36d'ailleurs
55:36l'histoire montre
55:38qu'il y a des risques
55:40et donc
55:41est-ce qu'on a la capacité
55:42à stocker les données
55:43chez nous
55:44en Europe
55:45ça coûte
55:46cher
55:46l'adoption de l'IA
55:48dans les entreprises
55:49assez cher
55:50et donc
55:51les entreprises
55:52veulent savoir
55:52s'il y a vraiment
55:53un rendement derrière
55:54et quel est le modèle
55:55donc
55:55oui ça va vite
55:57mais en même temps
55:57il y a des barrières
55:58à l'adoption
55:59qui vont peut-être
56:00potentiellement
56:00comme vous le disiez
56:02limiter
56:02l'impact
56:03en matière de productivité
56:04de cette IA
56:06Bon
56:06comment démocratiser l'IA
56:08ce sera le mot de la fin
56:09merci beaucoup
56:09à tous les trois
56:10Isabelle-Jacques Basile
56:11Stéphane Carcillo
56:12et Jean-Hervé Lorenzi
56:13pour cette émission
56:14passionnante
56:14disponible en podcast
56:15et replay
56:16sur l'application
56:17BFM Business
56:18et sur toutes les
56:19plateformes de podcast
56:20tout de suite
56:21c'est tout.investir
56:22animé par Antoine Larigauderie
56:23quant à moi
56:24je vous retrouve demain
56:25même heure
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