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  • il y a 2 jours
Ce vendredi 27 février, les chiffres de la croissance du quatrième trimestre de l'année 2025 publiés par l'lnsee, le pouvoir d'achat des Français, ainsi que le bilan des résultats annuels 2025 du CAC 40, ont été abordés par Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode, Philippe Mutricy, directeur des études de Bpifrance, et Thomas Grjebine, responsable du programme Macroéconomie et finance internationales au CEPII, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Et pour évoquer ces nombreux sujets, j'ai le plaisir d'accueillir autour de la table Anthony Morlaire-Lavidali.
00:06Bonjour Anthony.
00:07Bonjour.
00:08Économiste chez Rex et Côte face à vous, Philippe Mutrici.
00:10Bonjour Philippe.
00:11Bonjour Raphaël.
00:12Directeur des études de BPI France et Thomas Grébine.
00:14Bonjour Thomas.
00:15Bonjour.
00:15Responsable du programme Macroéconomie et Finance Internationale au CEPI.
00:20Allez, on va commencer tout de suite par les derniers chiffres tout chauds de l'INSEE, tombés à 8h45 ce
00:26matin.
00:27Vous voyez, j'ai bien travaillé, c'est tout surligné.
00:29J'ai les meilleurs économistes autour de la table qui ont potassé tout ça, rien que pour vous.
00:34C'est les chiffres de la croissance du quatrième trimestre, plus 0,2.
00:39On est sur ce qui était attendu en 2025, c'est-à-dire mieux que prévu, 0,9 de croissance
00:46plutôt que 0,7.
00:47Qu'est-ce que vous tirez de ces résultats, si on rentre un tout petit peu plus dans le détail
00:51?
00:52Anthony Morlaire-Lavidali, je commence avec vous.
00:54Que ce n'est pas si mal. Alors c'est sûr qu'on avait des attentes qui étaient très faibles.
00:57Donc on est en train de se réjouir d'un chiffre qui, dans l'absolu, on est quand même en
01:00régime de croissance faible.
01:01On ne va pas commencer à dire que l'économie française tourne à plein régime.
01:04Mais ce 0,9, il est plutôt sur le haut de fourchette de ce qu'on pouvait prévoir en cours
01:08d'année.
01:08Donc plutôt une bonne nouvelle.
01:09Et ce qui est assez marquant dans ce que nous dit l'INSEE ce matin, c'est que le taux
01:12d'épargne des ménages, il a quasiment baissé d'un point.
01:14Et oui, 17,9.
01:16Et le milieu d'année, donc on commence à voir quand même ce qu'on attendait depuis longtemps, c'est
01:20-à-dire une timide redescente du taux d'épargne qui est à des niveaux historiquement hauts.
01:24Une consommation qui a été plutôt dynamique sur le dernier trimestre.
01:26Du coup, qui bénéficie à la consommation, j'imagine.
01:28Exactement.
01:29Il ne faut peut-être pas tirer trop vite le trait sur le début d'année.
01:32Il est possible que ça ralentisse un peu, mais on est probablement quand même entré dans un moment où le
01:36taux d'épargne est en train de se normaliser.
01:38Alors il ne reviendra peut-être pas sur les normes qu'on avait après Covid, mais il devrait continuer de
01:43baisser.
01:43Et ça, c'est à la faveur d'un petit peu moins de revenus du patrimoine, un petit peu plus
01:46de revenus salariaux.
01:47On a des salaires désormais qui augmentent plus vite que l'inflation.
01:49Qui progressent aussi.
01:50Voilà, donc des gains de pouvoir d'achat du salaire.
01:52Et ça, c'est favorable à la fois à un petit peu moins d'épargne et un peu plus de
01:55consommation.
01:55Et pourtant, un revenu disponible brut, bref, le pouvoir d'achat, comme on dit de manière commune, qui est en
02:02baisse.
02:03Comment on explique à la fois des revenus salariés en hausse et un pouvoir d'achat qui baisse, Philippe ?
02:08Alors ça est difficile à expliquer, mais moi je voudrais rebondir sur ce que vient de dire Anthony juste avant,
02:14qui est, on parle souvent aujourd'hui de crise économique.
02:21Oui.
02:21Ou de récession rarement, mais en tout cas, même dans le discours politique, on entend des mots qui sont assez
02:27proches de récession, de politique restrictive, etc.
02:30Et en réalité, ce n'est pas du tout la situation de l'économie française.
02:33La situation de l'économie française, elle est globalement dans une croissance molle.
02:38Anthony dit qu'on se réjouit d'une bonne nouvelle et que ce n'est pas terrible, on n'est
02:40quand même pas très loin à la croissance potentielle.
02:42Oui, c'est ça. On est autour de 1% et c'est incapable de produire la France aujourd'hui.
02:47Oui, on est à 1,2% je crois sur la croissance potentielle. Donc on est à 0,3%
02:50d'être en surchauffe, si je puis dire.
02:53Donc c'est vraiment cette situation-là qui est frappante et que confirme l'INSEE dans son analyse ce matin.
02:57C'est une croissance molle, mais surtout, si on regarde un peu ce qui se cache derrière les chiffres, pardon,
03:02c'est une croissance très contrastée en fait.
03:04Et notamment si on se met du côté du secteur productif, du côté de l'industrie, l'INSEE l'a
03:09signé, elle est aussi dans une publication précédente.
03:12On a une partie de l'industrie qui ne se porte pas si mal, notamment l'aéronautique qui arrive de
03:16nouveau à cadencer ses sorties d'avions.
03:19Et puis on a une partie de l'industrie qui souffre énormément, notamment sous concurrence chinoise,
03:22et ça Thomas pourrait le dire mieux que moi, mais pas seulement pour des raisons de transition difficiles,
03:28notamment dans le secteur de l'automobile.
03:29Et donc là, je pense que c'est ça qu'il faut avoir en tête aujourd'hui.
03:31C'est-à-dire qu'on est dans un pays qui est plein de contrastes, avec une surinformation un peu
03:37négative,
03:37dans un contexte de morosité, etc.
03:39Vous trouvez qu'on noircit la copie ?
03:40Oui, franchement, oui.
03:42C'est quoi ? C'est l'effet politique ? C'est le blocage politique, alors que finalement l'économie
03:47continue de tourner ?
03:48Exactement, ça a certainement joué.
03:49D'ailleurs, on en parlera tout à l'heure, mais nous on mesure l'impact de cette incertitude politique sur
03:53les décisions des TPE-PME.
03:54Donc on ne peut pas dire que ça n'existe pas, mais je dirais aussi que c'est peut-être
03:57un peu aussi très français,
03:58c'est-à-dire toujours avoir un discours...
04:01On noircit un peu la copie.
04:02Voilà, le verre est à moitié vide, et lorsqu'on part, on se console.
04:05Voilà, c'est ça, le verre est en fait à moitié plein.
04:06Bon, je salue votre optimisme matinal, cher Philippe.
04:09Thomas Grébine, votre analyse ?
04:11Non, je suis d'accord, mais c'est quand même une économie diesel.
04:14On voit tous les moteurs...
04:16Oui, on y retourne tout de suite.
04:18On a essayé, non ?
04:19J'ai essayé, Philippe !
04:20Non, mais soyons lucides aussi, c'est effectivement un pourcent de croissance, c'est pas très loin.
04:25Quand on regarde... Enfin, tout tient, mais tout est très faible, que ce soit la consommation, l'investissement.
04:33Bon, évidemment, c'est pas mauvais, mais on voit bien que c'est porté...
04:38Ça ralentit nettement, nous voulons que c'est quand même au quatrième trimestre, on passe à... On tombe à plus
04:420,3, après plus 0,8 au troisième trimestre.
04:45Et donc, quand on regarde l'investissement, c'est surtout tiré par l'investissement des ménages, c'est-à-dire
04:50par la construction qui redémarre très légèrement.
04:53Quand on regarde notre commerce extérieur, donc il y a une contribution positive du commerce extérieur, mais en fait, ça
05:00vient surtout d'une baisse très forte des importations.
05:03Et parce qu'on a beaucoup moins importé de biens manufacturés, donc là, je sais pas non plus si on
05:07peut...
05:08Les exportations ralentissent aussi, on était à plus 3 au troisième trimestre, on tombe à plus 1%.
05:12La consommation est faible, enfin, tous les moteurs, quand même, de la croissance sont relativement... Enfin, fonctionnent vraiment au diesel.
05:22En même temps, Thomas, c'est ce que dit Philippe Mutrici, c'est-à-dire que c'est la croissance
05:25potentielle du pays, c'est-à-dire qu'on a à peu près... Voilà, c'est notre rythme de croissance.
05:29Il y a quelques jours, on commentait les chiffres américains en disant que c'est la catastrophe aux États-Unis.
05:34Juste, nous, on est à 0,2% de croissance au quatrième trimestre.
05:39Les États-Unis, c'était 1,4%.
05:41Donc même des très mauvaises performances américaines, elles sont bien meilleures que les performances françaises ou européennes.
05:49Mais c'est vrai que c'est révélateur de la très faible croissance européenne, où on souffre d'une demande
05:56qui est à tonnes et de difficultés très fortes de l'industrie.
06:00Bon, ça, c'est un vrai sujet, parce que je trouve que ce qui ressort du débat, c'est de
06:03dire qu'on a un problème de croissance potentielle.
06:05Ce n'est pas tellement qu'on est dans un cycle bas de la conjoncture, c'est qu'on a
06:08un sujet de rythme moyen de croissance à long terme.
06:11Et on ne va pas pouvoir financer tout ce qu'on a devant nous si on ne fait pas des
06:14réformes structurelles importantes.
06:16Et on est en train de se rendre compte qu'avec 1% de croissance lent, ça va être compliqué.
06:19Enfin, la taille du gâteau à se partager, elle n'est pas immense.
06:21Et ça va baisser, puisque la démographie n'est quand même pas au mieux.
06:26Je rappelle que le Trésor a abaissé les hypothèses de croissance potentielle de 1,2,1,3 à 1%
06:31seulement l'année dernière.
06:33Nous sommes à 1% en 2030, donc c'est sûr que ce n'est quand même pas mirobolant.
06:37Et d'ailleurs, il y a une autre publication récente cette semaine de l'OFC, on en parlera peut-être
06:40aussi,
06:41qui fait l'analyse du budget qui a été voté, et en ultra-résumé, avant d'y revenir peut-être
06:48plus longuement.
06:48Oui, on en parlera dans la seconde partie de l'émission.
06:50C'est le sacrifice des dépenses d'avenir au profit du présent, et ces dépenses d'avenir, notamment France 2030
06:59ou d'autres,
07:00c'est ce qui devait relever la croissance potentielle.
07:02Donc ça ne va pas s'améliorer pour la croissance potentielle.
07:04Bon, optimisme mesuré.
07:07Je me mets dans le fond de l'émission.
07:08Anthony, je voulais quand même revenir sur les questions de pouvoir d'achat qui sont absolument essentielles.
07:13Première préoccupation des Français.
07:17L'INSEE nous dit ce matin que le pouvoir d'achat recule de nouveau au quatrième trimestre,
07:22moins 0,3, après moins 0,4 au troisième trimestre.
07:27Au troisième trimestre, c'était le poids des prélèvements obligatoires
07:30qui avaient pesé sur le pouvoir d'achat des Français.
07:33Là, qu'est-ce qui explique à nouveau cette baisse quand on voit que l'emploi tient plus ou moins
07:38et que les salaires augmentent ?
07:40Oui, mais alors on a un marché du travail quand même qui montre des signaux de refroidissement assez marqués.
07:46Alors on n'est pas du tout dans un moment où il y a un effondrement,
07:48mais le taux de chômage est quand même remonté à 7,9% fin d'année.
07:52C'est vrai.
07:52On a beaucoup moins de créations d'emplois, notamment dans le secteur privé.
07:55Alors il y a un bout qui vient de l'alternance, mais pas que.
07:57Dans l'industrie, malheureusement, on détruit désormais des emplois.
08:00Alors pas énormément, mais chaque trimestre, on est en négatif.
08:02Donc c'est vrai que quand on prend le pouvoir d'achat agrégé de la nation,
08:05si on a des salaires qui ne sont quand même pas très dynamiques,
08:08rappelons qu'en France, on tourne aujourd'hui autour de 2% l'an de croissance des salaires.
08:13On est à 4% en zone euro, mais c'est aussi parce qu'on a une inflation beaucoup plus
08:15faible.
08:16Et avec un marché du travail peu dynamique, quand vous combinez les deux,
08:19ça vous fait peu de gains de pouvoir d'achat.
08:21La progression des salaires en France est moitié moindre que la progression moyenne des salaires en Europe.
08:26Oui, parce que l'inflation, elle est deux fois moindre aussi.
08:27L'inflation est aussi bien intérieure.
08:28Cette affaire, a priori, elle est partie pour durer au moins 2026-2027.
08:33Qu'est-ce qui explique ce décalage ?
08:35C'est des effets de boucle prix-salaire.
08:37Une fois que vous êtes entré, il ne faut pas oublier qu'on a surcompensé massivement
08:40le choc inflationniste qu'on a eu avec tous nos boucliers.
08:42Donc on est monté beaucoup moins haut sur les niveaux d'inflation,
08:45ce qui fait qu'on a eu derrière des rattrapages salariaux bien moindres
08:48que ce que les autres pays européens ont eu.
08:50Et comme les services, qui est la composante la plus lourde de l'inflation,
08:52elle est tirée par les salaires, quand vous avez moins de salaire,
08:54vous avez moins d'inflation et ça s'auto-entretient.
08:55– Mais donc ça veut dire qu'on gagne en compétitivité, ça c'est une bonne nouvelle pour l'avenir.
09:00– Exactement, et d'ailleurs j'ai vu, je ne me souviens plus dans quel organisme
09:05ou quel économiste qui parlait de ce petit gain de compétitivité qu'on voit à l'inflation.
09:10– Je pense que c'est Terec, c'est Cod.
09:12– C'est ça, alors c'est léger, mais on parle de très bas aussi au niveau de la compétitivité,
09:16donc on a un déficit sur les biens qui est absolument colossal,
09:21mais pour autant, c'est vrai que cet effort français de dépense publique massif en 2022
09:29pour diminuer l'impact, par exemple, le bouclier énergétique,
09:35a permis d'avoir un taux d'inflation réel par rapport à nos pays européens,
09:40peut-être pas deux fois moindre, mais en tout cas bien moindre que la moyenne européenne,
09:45et donc du coup, effectivement, rattrapage salarial moins élevé et petit gain de compétitivité.
09:51– On ne l'a pas raconté ça, c'est marrant politiquement.
09:53– Je me souviens de l'avoir dit ici, il y a deux ans.
09:56– Par les pouvoirs, trois ans même.
09:57– J'avais dit, peut-être que cet effort français,
10:01parce qu'à l'époque c'était facile de critiquer,
10:03bouclier énergétique, etc., très large, très cher et tout,
10:06mais on récupère ce dividende-là.
10:09– Économiquement, c'est plutôt malin, davantage que les Allemands qui ont fait des chèques
10:12distribués directement aux ménages.
10:13– Disons que l'inflation aujourd'hui, elle est à 0,3, c'est juste incroyable.
10:17– Oui, alors je crois qu'elle remonte un peu au début d'année.
10:20– Elle remonte un peu au début d'année.
10:22– Un niveau très très raisonnable. Thomas puis Anthony.
10:25– C'est sûr qu'on regagne en compétitivité par rapport aux Allemands et aux Espagnols,
10:30et c'est en partie ce qu'avaient fait les Allemands dans les années 2000.
10:35– Oui, absolument, avec l'État en mars.
10:36– Donc c'est une bonne nouvelle potentiellement pour les années qui viennent,
10:39d'un point de vue de notre compétitivité extérieure.
10:41Après, la différence avec les années 2000, c'est que quand l'Allemagne faisait de la modération salariale,
10:47il y avait des pays à l'extérieur qui avaient une croissance plus forte,
10:50notamment la France, et donc qui assuraient des débouchés.
10:54– Mais est-ce que ce n'est pas le cas de l'Allemagne aujourd'hui,
10:55qui a quand même très nettement augmenté les salaires ?
10:57– Certes, mais la croissance allemande est relativement faible,
11:01et la croissance européenne est à tonnes.
11:03Donc nos débouchés extérieurs sont aussi relativement faibles.
11:09Donc d'un point de vue de la croissance économique,
11:11si on a des salaires qui stagnent, ça va être quand même compliqué pour ce qui est notre…
11:17– Pour la consommation intérieure aussi, et le pouvoir d'achat des Français.
11:20– Il y a un vrai sujet déterminant de la croissance aujourd'hui en France.
11:22– Il y a un sujet économique et politique, évidemment.
11:25– Et puis le gros caliou dans la chaussure de cette compétitivité prix qui s'améliore,
11:28moi je suis complètement d'accord, c'est à la fois une très bonne nouvelle.
11:30Alors les gains de ce type de compétitivité, on devrait les avoir sur les prochains trimestres,
11:35prochaines années, mais en revanche ça a coûté excessivement cher aux finances publiques.
11:38Et donc si derrière, on perd cet avantage compétitif parce qu'on vient augmenter la fiscalité,
11:42notamment sur les entreprises, avec une surtaxe, pas pérenne aujourd'hui,
11:47mais bon qui en prend doucement et gentiment le sentier,
11:50finalement tous les effets positifs on va les perdre par des hausses de fiscalité.
11:53Donc ça, ça serait quand même le grand drame.
11:54C'est au fond perdre d'un côté ce qu'on avait gagné de l'autre.
11:56Il y avait une tribune récente de Denis Ferrand, comme on parle beaucoup de Rex et Code,
12:04qui montrait que depuis 2019, la moitié de la croissance française s'expliquait par la hausse des dépenses publiques.
12:11Et donc c'est là aussi, c'est une bonne nouvelle à court terme,
12:16parce que ça permet de nourrir la croissance, mais je pense qu'il y a quelque chose qui grève aussi.
12:20Une croissance dopée à crédit, évidemment, puisqu'on a aussi le plus grand déficit de la zone euro.
12:26Oui, et d'ailleurs à propos de déficit, je vais quand même rappeler une évidence,
12:29mais on est dans un pays où pour augmenter les salaires, ça coûte cher,
12:32parce que les salaires, ils sont très, très chargés.
12:35Oui, c'est eux qui financent le modèle social.
12:38Au niveau du SMIC, il est plein d'exonération,
12:39mais assez rapidement, on se rend compte qu'augmenter les salaires en France,
12:42ça va essentiellement dans les poches de la sécurité sociale et de l'État.
12:46Oui, exactement. Je voudrais qu'on avance et qu'on passe à votre baromètre, Philippe.
12:50Baromètre BPI France, Le Lab et Rexécode sur la trésorerie,
12:56l'investissement et la croissance des PME-TPE au premier trimestre 2026.
13:02Vous nous dites que les intentions d'investissement rebondissent, ça c'est plutôt pas mal ?
13:06C'est plutôt pas mal, mais même tonalité que sur le sujet précédent.
13:10C'est-à-dire qu'on se réjouit d'une amélioration après une année 2025,
13:14sous le contrôle d'Anthony avec qui on partage la réalisation de ce baromètre.
13:19Après une année 2025, quand même assez catastrophique.
13:22Rappelez-nous.
13:22Les chiffres de ce baromètre en 2025 ont été descendus à 39% des TPE-PME
13:27qui comptaient investir en fin d'année.
13:29Oui, à niveau historiquement bas.
13:31Alors que la moyenne, c'est 53-55.
13:34Normalement, c'est plus d'une sur deux.
13:35Alors que c'est des TPE-PME, je rappelle, TPE-PME,
13:38on va jusqu'à 250 salariés, on commence à un salarié.
13:41Mais sur les TPE, on peut comprendre qu'une TPE n'investisse pas chaque année.
13:44Donc c'est pour ça qu'avoir 50%, une sur deux, qui investissent, c'est assez logique.
13:49Mais historiquement, la moyenne, c'est 55.
13:51Là, on était descendu à 39 et on regagne 5 points ou 6 points.
13:54On est à 45 sous ton contrôle.
13:56Donc ça veut dire quoi ?
13:57Qu'on a touché le fond et qu'on remonte doucement,
14:00mais qu'on n'est pas encore revenu au niveau précédent ?
14:03Exact.
14:03Un, ça veut dire ça.
14:04Et deux, il faut corriger ce qu'on ne fait pas parce qu'on donne les chiffres bruts,
14:08mais on pourrait corriger la saisonnalité.
14:11Puisqu'on interroge nos chefs d'entreprise quatre fois par an,
14:13c'est un baromètre trimestriel,
14:14et que traditionnellement, en début d'année,
14:17quand on leur demande est-ce que vous comptez investir dans l'année,
14:19ils sont un peu plus nombreux à dire
14:21« Oui, cette année, il faut que j'investisse, je ne l'ai pas fait l'année dernière,
14:23donc cette année, je vais le faire. »
14:25Donc il y a cet effet aussi.
14:27Normalement, on devrait être, encore une fois, pour une deuxième raison,
14:29au-dessus de 50 en début d'année,
14:30et on n'est qu'à 45.
14:32Donc là, on va quand même prendre de la bonne nouvelle.
14:35Donc il y a un petit rebond
14:36par rapport à une situation qui était très dégradée en 2025.
14:39Et il y a une autre donnée dans ce baromètre qui est assez intéressante,
14:41qui est l'impact de l'incertitude politique.
14:44Et donc cet impact, il est toujours aussi fort,
14:45je vous redonne le chiffre.
14:47On a 95% des TPE-PME
14:49qui redoutent
14:51sur leur activité,
14:52un effet sur leur activité de cette instabilité politique.
14:5595, dont 58%,
14:57un impact fort.
14:5958%.
15:00Alors c'était 66%
15:02en décembre,
15:03au moment où il n'y avait pas de budget.
15:04Donc certes, ça s'améliore aussi,
15:06mais cet impact de l'incertitude,
15:08ça va directement
15:10mettre en cause les investissements.
15:11C'est-à-dire qu'ils nous disent
15:12« oui, normalement j'investis,
15:13mais en fait, je ne suis pas si sûr.
15:15En tout cas, si j'investis,
15:16j'investirais un petit peu moins que prévu. »
15:17Évidemment.
15:18En même temps,
15:18est-ce qu'il n'y a pas un discours à déconstruire
15:20et des craintes à déconstruire à ce niveau-là ?
15:22Ces craintes sur l'investissement,
15:24sur l'économie,
15:25on en a parlé toute l'année 2025
15:27et depuis la dissolution ratée en réalité
15:29de l'été 2024,
15:31en pensant que ça allait coûter une fortune.
15:33L'OFCE avait chiffré à 12 milliards
15:35le coût pour l'économie française.
15:37Et on voit que l'économie
15:38a fait mieux que prévu quand même en 2025.
15:40Alors c'est vrai qu'on prend
15:42l'économie dans son ensemble.
15:43C'est pas une décorrélation
15:44de plus en plus
15:45entre le politique et l'économique ?
15:46Alors ça, c'est vrai.
15:47Mais ce que Philippe a dit,
15:48moi je suis parfaitement d'accord.
15:49C'est-à-dire qu'on voit un rebond cyclique
15:51quand même plutôt bon augure.
15:52Enfin, on ne le boue pas ce rebond,
15:53mais on part de niveaux très bas.
15:55Ça, c'est quand même très clair.
15:56Et dans notre baromètre,
15:57on pose la question quand même
15:59de comment ont évolué
16:00les résultats d'exploitation en 2025
16:02par rapport à ce que vous anticipiez.
16:04Et là, du côté des TPE, PME,
16:05elles ont plus souffert
16:06que notamment les grandes entreprises.
16:08On avait posé à peu près la même question,
16:10nous, dans le baromètre
16:10qu'on fait avec la FTE et le Métis,
16:12près des ETI et grandes entreprises.
16:17Pourquoi ? Parce qu'elles ont le débouche à l'export.
16:18Le Métis, on rappelle,
16:19c'est le mouvement des entreprises
16:20de taille intermédiaire.
16:21C'est donc le niveau au-dessus.
16:22Tout à fait.
16:23Taille au-dessus des PME.
16:25Et donc, c'est frappant de voir
16:26qu'il y a eu quand même,
16:26même au sein des entreprises,
16:27une économie à deux vitesses.
16:29Donc, en moyenne, ça a tenu.
16:30Mais attention quand même
16:31à cette hétérogénéité.
16:32Et là, je casse le bras,
16:34en quelque sorte, à une idée reçue
16:35qui consiste à dire
16:35mais dans ce cas-là,
16:36on pourrait s'attaquer
16:37aux grandes entreprises.
16:38Il n'y a rien de pire
16:38dans une situation
16:39où les TPE, PME
16:40ne vont pas de manière très bien
16:43vouloir s'attaquer
16:44aux grands groupes
16:45parce que c'est quand même
16:45les grands donneurs d'ordre.
16:46Donc, il faut être très prudent.
16:48On voit bien la petite musique
16:49qui est en train de monter
16:50consistant à dire
16:50c'est peut-être sur les multinationales
16:52qu'il faudrait faire porter l'effort.
16:53Je pense qu'il y a un risque là majeur
16:55que derrière,
16:55ça soit des carnets de commandes en moins
16:57pour le tissu productif
16:58qui est plutôt le sous-traitant.
17:01Juste un mot, si vous permettez.
17:03Dans une autre enquête
17:04qu'on a publiée,
17:05cette fois sans Rex & Code,
17:06mais que BPI France,
17:07le Lab,
17:08en janvier,
17:09qui faisait le bilan
17:10de l'année 2025,
17:11on avait un cut à 100 salariés.
17:14Alors, vous allez voir,
17:15c'est incroyable.
17:16Donc de zéro à 100 salariés.
17:17Alors, jusqu'à 100 salariés,
17:19le chiffre d'affaires
17:20a baissé en 2025.
17:22Au-delà de 100 salariés,
17:23le chiffre d'affaires a augmenté.
17:24Ça rejoint exactement,
17:25c'est une illustration
17:26de ce que vient dire Anthony,
17:28une économie à deux vitesses
17:30où les ETI,
17:31enfin les grosses PME,
17:32les ETI, les grands groupes,
17:33ont réussi à faire face.
17:35Big is beautiful.
17:37Voilà, en revanche.
17:37En période de crise,
17:38il vaut mieux être un peu solide.
17:39sur les PME moins de 100 salariés.
17:41L'année 2025 a été très compliquée.
17:43Bon, alors,
17:44c'est une transition parfaite
17:45vers nos grands groupes,
17:46très grands groupes.
17:47On a la quasi-totalité
17:49des résultats du CAC 40
17:51qui sont désormais publics.
17:54Quel bilan vous tirez
17:56de ces résultats,
17:56Thomas Grémin ?
17:58Que c'est des résultats
17:59qui sont plombés par l'automobile
18:03et qui sont plombés
18:04plus particulièrement
18:05par Stellantis
18:08qui a des très mauvais résultats.
18:15Dans une moindre mesure,
18:16Renault,
18:17mais ça,
18:17ça s'explique un peu différemment.
18:19Mais vraiment,
18:20là, on paye,
18:21enfin Stellantis paye
18:22sa stratégie du tout électrique.
18:25Donc, il y a eu,
18:27d'une part,
18:27je pense,
18:29une mauvaise,
18:30des mauvaises projections
18:31de la montée en puissance
18:32de l'électrique,
18:34que ce soit sur le marché américain
18:35et sur le marché européen.
18:39Pas de chance aussi
18:40parce que si Biden
18:43ou si un d'un des démocrates
18:44avait été réélu,
18:45probablement que
18:46l'Inflation Reduction Act
18:48et toutes les aides
18:49aux véhicules électriques
18:51et les réglementations favorables
18:52aux véhicules électriques
18:53auraient été prolongées.
18:54Là, en fait,
18:55il y a d'une part
18:56le marché de l'électrique
18:57ne redémarre pas
18:59comme prévu
19:00et d'autre part,
19:01aux États-Unis,
19:03il y a eu ces changements
19:04de politique économique
19:05qui plombent complètement
19:07Stellantis.
19:08Donc, il y a
19:08ces difficultés spécifiques
19:10du secteur automobile
19:12puisque ce qu'on a dit
19:13tout à l'heure
19:13sur une demande à tonnes
19:14et tout.
19:15Et puis après,
19:16vous avez les autres
19:18grosses entreprises
19:19du 440
19:19qui, eux,
19:20s'en tirent mieux.
19:21Donc, c'est un bilan mitigé
19:24qui, de nouveau,
19:24est plombé par ces résultats
19:26particulièrement négatifs
19:28de Stellantis.
19:30Ensuite, voilà,
19:31on voit que les autres
19:32grandes entreprises,
19:33ça tient.
19:34Il y a eu aussi
19:34la surtaxe.
19:35La surtaxe d'IES
19:36qui n'a pas aidé non plus.
19:38Les 8 milliards
19:39qui n'ont pas aidé
19:41dans ces résultats.
19:43On prend les chiffres
19:44l'année dernière,
19:45en 2024,
19:46pardon,
19:47c'était 132 milliards
19:48de résultats nets
19:49pour nos champions.
19:51Du CAC 40,
19:52c'est tombé
19:53à 93 milliards
19:56seulement en 2025.
19:57Mais effectivement,
19:58si on met
19:58les 20 milliards
20:00de paires
20:00de Stellantis,
20:01les 10 milliards
20:01de Renault,
20:02ça nous fait à peu près
20:03la maille
20:03et le reste
20:04va finalement
20:05plutôt pas mal.
20:06Ces 8 milliards
20:07de surtaxe d'impôt
20:08sur les sociétés,
20:09ça n'aide pas quand même,
20:09Anthony.
20:10Ah non, ça n'aide pas.
20:11Il y a plusieurs points.
20:12Il y a d'une part
20:12l'hétérogénéité,
20:13Thomas en a très bien parlé.
20:14Deuxièmement,
20:15ce qui compte pour les marchés,
20:16c'est le réaliser
20:16par rapport au consensus.
20:17Il n'y a pas de mauvaise surprise
20:18quand on prend la moyenne.
20:20Donc c'est vrai que les marchés...
20:21Oui, sinon les autres,
20:21c'est plutôt pas mal
20:22les résultats.
20:23Ce qui compte,
20:23c'est par rapport
20:24à ce que les entreprises
20:24avaient annoncé.
20:25Et en ce sens,
20:26elles sont plutôt
20:27la majorité a publié au-dessus.
20:28Donc ça,
20:29c'est plutôt le bon point,
20:29c'est qu'il y a de la résistance.
20:30Et le dernier point,
20:31et ça on en reparlera,
20:32qui me semble très frappant
20:33et qui est un vrai frein
20:34pour l'économie française européenne,
20:35c'est le niveau de l'euro.
20:37Alors on regarde beaucoup
20:37l'euro par rapport au dollar,
20:38mais quand vous regardez
20:39le taux de change
20:41effectif de l'euro
20:41par rapport à la moyenne pondérée
20:43des devises avec lesquelles
20:44on commerce,
20:44on est au plus haut historique.
20:46Donc forcément,
20:46quand vous rapatriez du revenu
20:48que vous avez généré à l'extérieur,
20:49quand vous avez un euro aussi fort,
20:50ça vous fait à la fin
20:51moins de résultats
20:53et de bénéfices.
20:55Donc ça, c'est quand même
20:55un vrai sujet.
20:55On va peut-être trop cher aussi,
20:57il y a un véritable sujet,
20:58non ?
21:00Moi, je vois les choses
21:01un tout petit peu différemment.
21:02Parce qu'en fait,
21:04ça veut dire quoi
21:04ces énormes résultats
21:06du CAC 40 ?
21:08Ça veut dire qu'on a
21:09une économie française,
21:11composée de champions
21:12industriels mondiaux.
21:13Je pense qu'il faut quand même
21:15ne jamais se priver
21:17de rappeler que
21:18ce n'est pas parce qu'on a
21:1910% d'industrie en France
21:20qu'on n'a pas de champions
21:21industriels.
21:22On a des leaders mondiaux.
21:23Et ces leaders mondiaux,
21:24ils font des résultats
21:25là où se trouve la croissance.
21:26Et notamment,
21:27tous ceux qui exportent
21:29et ceux qui produisent
21:30en dehors.
21:31Et d'ailleurs,
21:31c'est ça le sujet,
21:32c'est qu'on en est peut-être
21:34arrivé à un point
21:35où pour faire des très bons
21:36résultats,
21:36il ne faut pas produire en France.
21:37En tout cas,
21:37c'était la politique
21:38de ces grands groupes.
21:38C'est la question qui agite
21:39beaucoup de banques
21:40du CAC 40.
21:41Évidemment.
21:42Et dans le contexte actuel,
21:43sur Taxi,
21:44etc.,
21:45ça ne peut contretenir
21:46ce phénomène catastrophique
21:47qui est d'avoir
21:49des résultats fantastiques
21:50mais qui en fait
21:50ne bénéficient pas
21:51aux salariés français
21:52parce que les emplois
21:53sont ailleurs.
21:53Juste rappeler un chiffre
21:54de ce point de vue.
21:55Pour un euro
21:56de chiffre d'affaires
21:58produit en Allemagne,
22:00l'industrie allemande
22:01en produit un euro
22:02à l'extérieur.
22:03Un pour un.
22:04C'est des chiffres
22:04d'avant Covid.
22:05Peut-être que ça a été
22:06actualisé depuis
22:07mais je pense que
22:07l'ordre de grandeur
22:08reste bon.
22:08Un pour un.
22:09En France,
22:10c'est un pour trois.
22:12Un euro produit en France,
22:13trois en dehors.
22:14On est déjà dans cette situation.
22:16Il ne faudrait pas
22:16que ça devienne
22:16un pour quatre
22:17ou un pour cinq
22:18parce que dans ces cas-là,
22:19l'emploi industriel,
22:19effectivement,
22:20c'est ce que disait Anthony
22:20tout à l'heure,
22:21il baisse régulièrement
22:22en France
22:23mais on va quand même
22:24gagner des parts
22:25de marché ailleurs
22:26et faire des bons résultats.
22:27Il y a très brièvement
22:29une deuxième bonne nouvelle
22:30dans ces résultats,
22:31c'est que pour le moment,
22:32il n'y a pas d'effet Trump.
22:33On aurait pu redouter
22:34que ces grands groupes
22:35soient exposés
22:36à un effet Trump massif.
22:37Absolument.
22:37Alors probablement
22:38qu'ils l'ont été individuellement
22:39et que leurs résultats
22:40ne sont pas à la hauteur
22:40de leurs espérances
22:41mais globalement,
22:42ce n'est pas un effondrement.
22:44Comme on a vu
22:44le commerce international
22:45finalement progressé
22:46de 12 ou 18%,
22:47je ne sais plus en valeur
22:48en 2025.
22:49Thomas Grébine.
22:50Beaucoup de ces groupes,
22:50ils ont quand même
22:52leurs coûts.
22:53Oui, ces résultats
22:55sont aussi dus
22:55à des politiques
22:57assez rigoureuses
22:59sur les coûts.
23:00Donc il y a sûrement
23:01des gains en efficacité
23:02mais c'est quand même,
23:03on peut s'interroger
23:04à moyen terme
23:05parce qu'à un moment,
23:05il y a des limites
23:06à ce type de politique
23:07et notamment
23:07sur l'investissement.
23:10Vous avez besoin
23:11d'investir aussi
23:12pour préparer l'avenir.
23:14Donc c'est là aussi
23:14où je...
23:16Alors c'est évidemment
23:17le cas dans l'automobile
23:18mais dans les autres secteurs aussi,
23:20il y a eu des compressions
23:21de coûts
23:21qui ont été assez importantes
23:24pour...
23:25Qui étaient nécessaires
23:25ou pas ?
23:26C'est difficile
23:27de parler
23:27de façon générale
23:29mais c'est sûr
23:30qu'il y a eu
23:30un problème
23:31de compétitivité
23:33qui est lié
23:34en particulier
23:34à la force de l'euro
23:35et puis par ailleurs
23:36on parlera peut-être
23:37tout à l'heure
23:37à la concurrence chinoise
23:39pour toutes les entreprises
23:41industrielles.
23:42Évidemment.
23:43Moi je pense
23:43que c'était nécessaire
23:44et ça je vais m'appuyer
23:46sur une étude
23:47qu'on a publiée
23:47il y a six mois maintenant
23:49sur les industries de défense
23:50et qui nous a conduits
23:52à rencontrer
23:53beaucoup d'acteurs
23:53du secteur.
23:54Et en fait
23:55ce que nous disent
23:56les acteurs du secteur
23:56de la défense
23:57et je pense que c'est vrai
23:58dans de nombreux secteurs
23:59industriels
23:59c'est que l'effet combiné
24:02guerre en Ukraine,
24:03inflation,
24:04rupture d'approvisionnement,
24:05désorganisation,
24:06la chaîne de production mondiale
24:07ont fait qu'il y a eu
24:08pas mal de hausses de prix
24:09passées dans les niveaux
24:10intermédiaires
24:11et qu'il faut les recomprimer
24:12aujourd'hui.
24:13Donc je pense que
24:15la restructuration économique
24:16en tout cas
24:17c'est un élément
24:18pardon
24:19la lutte contre
24:20la hausse des charges
24:21si je puis dire
24:22c'est un élément
24:23de compétitivité important
24:24et c'est toujours
24:24un moment nécessaire
24:25à faire dans l'industrie.
24:26Il ne faut pas que ce soit
24:27au détriment d'investissement
24:27on est d'accord
24:28mais serrer un peu
24:29les boulons de temps en temps
24:30c'est plutôt pas.
24:30Oui c'est ce qui permet
24:31de repartir aussi
24:32et d'être plus compétitif.
24:34Je reviens juste
24:35sur un point de Philippe
24:36quand il mentionne
24:37le côté très international
24:38de nos multinationales.
24:39C'est à la fois
24:40une chance
24:41et un risque
24:41parce qu'à mesure
24:42qu'on n'est plus
24:43une terre de production
24:43attractive
24:45et qu'en plus
24:45on a des entreprises
24:46de plus en plus détenues
24:47par des non-résidents
24:48comment on peut reprocher
24:49à une entreprise
24:50de ne pas faire le choix
24:50de la France ?
24:51Mais forcément
24:51si vous êtes déjà détenu
24:52que votre capital
24:53il est massivement étranger
24:54et qu'en plus
24:55la France ne vous donne pas
24:56les conditions compétitives
24:58pour être précisément
24:59exportées depuis
25:00le territoire français
25:01mais à la fin
25:01vous arbitrez négativement
25:02la France
25:03et c'est ce qui nous pend
25:03au nez quand même.
25:04Et à un moment donné
25:05il va falloir comprendre
25:05que si on ne fait pas d'efforts
25:06sur notre compétitivité interne
25:08on va avoir vraiment
25:09des vrais sujets à l'avenir.
25:10Il y a beaucoup de réflexions
25:10dans les bords du CAC 40
25:12comme ça
25:13autour des conseils
25:14d'administration
25:14pour partir Thomas Grébide ?
25:16Je pense qu'on l'entend
25:17beaucoup
25:17cette idée de partir
25:18de l'Europe
25:20en fait
25:20de façon plus générale
25:22c'était un chiffre
25:23on parlait beaucoup
25:24ces dernières années
25:25des prix de l'énergie
25:26là les prix de l'énergie
25:28ont baissé
25:29significativement
25:30et ce qu'on voit
25:31c'est que
25:31les grands groupes industriels
25:33ne se précipitent pas
25:34pour signer
25:35des contrats de long terme
25:36c'est-à-dire que
25:37les projections
25:38sur la croissance européenne
25:39dans les années qui viennent
25:41ne sont pas très bonnes
25:43et donc
25:43ils se projettent plutôt
25:44hors de l'Union Européenne
25:47et donc c'est là
25:47où en effet
25:48on a des difficultés françaises
25:50où en effet
25:50plus on se désindustrialise
25:52plus les grands groupes
25:53s'internationalisent
25:54et moins
25:54il y a de complémentarités
25:56en fait
25:56entre le tissu productif
25:57français
25:58et ces grands groupes
25:59parce que les Allemands
26:00ont longtemps réussi
26:01à maintenir
26:01Il n'y a pas un peu
26:01de patriotisme quand même
26:02dans nos états-majors
26:03du CAC 40
26:04sur les entreprises françaises
26:05quand même
26:06Oui c'est clairement
26:07d'ailleurs
26:08certains notamment
26:09dans le luxe
26:09ne s'en sont pas privés
26:10pour rappeler
26:11quelle était leur contribution
26:12à l'économie du pays
26:13et c'est à juste titre
26:14d'ailleurs
26:15je suis un tout petit peu
26:16plus nuancé
26:17que Thomas
26:18RTE nous fait des prévisions
26:20de redémarrage
26:21de la consommation électrique
26:22c'est sorti cette semaine
26:23bon ça ne s'appuie
26:25pas sur l'ensemble
26:25de l'économie
26:26mais il y a pas mal
26:28de demandes
26:28de connexion
26:29au réseau électrique
26:30pour des gros projets
26:30parce que là
26:31ce qu'on entend
26:31c'est qu'on ne consomme plus
26:33que la demande baisse
26:35et donc pourquoi
26:36produire davantage
26:37c'est long
26:37parce qu'on ne crée pas
26:38une usine
26:40enfin on n'électrifie pas
26:41une usine en 3 jours
26:42on ne crée pas
26:43un data center
26:43il y a les data centers
26:44également
26:45voilà
26:45mais donc
26:47ça revient
26:48en revanche
26:49pour aller dans le même sens
26:50que Thomas
26:50et du vôtre
26:51il y a eu
26:52je crois
26:52la semaine dernière
26:53une enquête
26:54auprès des patrons
26:56américains
26:57de l'AMSAM
26:59voilà
26:59de filiales françaises
27:00et où on voit
27:01de la chambre de commerce
27:02franco-américaine
27:03c'est ça
27:03merci
27:03c'est extraordinaire Raphaël
27:05de précision
27:06et donc
27:07que 17 enquêtes
27:08c'est à dire
27:09qu'il y a eu
27:10une très forte
27:11embellie
27:11de la cote française
27:13enfin du territoire France
27:14auprès de ses dirigeants
27:15entre 2017
27:16et 2024
27:17qu'on était monté
27:18à 60%
27:19d'opinion favorable
27:20je ne sais plus
27:20quel est l'indicateur exact
27:21et on partait de 30
27:23et on est redescendu
27:24et voilà
27:24la désaffection
27:26effectivement
27:26la question qu'on doit se poser
27:28c'est qu'est-ce qu'on a à offrir
27:29en fait à nos entreprises
27:30sur le territoire
27:30on avait quand même
27:31des niveaux de formation
27:32très élevés
27:32on produisait des ingénieurs
27:33de haut niveau
27:34aujourd'hui on voit bien
27:35qu'on est malheureusement
27:36dépassé sur un grand nombre
27:37de sujets
27:38c'est à dire à la fois
27:38on est cher
27:39et en plus on n'offre plus
27:40la main d'oeuvre
27:40la plus qualifiée du monde
27:42donc c'est des vrais sujets
27:43on offre la plus importante
27:46fiscalité du monde
27:48avec un IES
27:48à plus de 34%
27:49maintenant pour nos grands groupes
27:50quand tout le monde
27:51est en train de le baisser
27:52entre 15 et 20%
27:53bienvenue en France
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