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Ce mercredi 18 février, le plan stratégique de Carrefour à horizon 2030, et la forte croissance d'Exail Technologies en 2025, ont été abordés par Alain du Brusle, directeur général délégué de Claresco Finance, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Beaucoup de résultats d'entreprise, avec notamment Euronext qui va publier ses résultats ce soir.
00:04Idem pour Orange, à noter d'ailleurs que Christelle Edman sera l'invité de leur closier vendredi matin.
00:09Accor va publier ses résultats demain matin, Sébastien Bazin sera également l'invité de la matinale.
00:13Demain matin à 7h45, en Airbus qui va publier ses résultats demain.
00:18Guillaume Fauri sera avec Jean-Baptiste Thuette vendredi à midi.
00:22Bref, tous les dirigeants d'entreprise du CAC 40 sont là pour parler de leurs résultats d'entreprise,
00:25y compris Alexandre Bompard qui sera l'invité d'Edwige Vrillon demain soir à 18h pour revenir sur ce plan
00:30stratégique.
00:31Un plan stratégique qui visiblement n'arrive pas à convaincre les investisseurs, en tout cas à court terme,
00:35puisque Carrefour occulte de 4%.
00:38Bonjour Alain Dubrul, merci de nous accompagner ce matin.
00:40Vous êtes directeur général délégué de Claresco Finance.
00:43Comment vous regardez ce plan stratégique de Carrefour 2030 ?
00:47Accélération sur la proximité et puis recentrage sur trois pays, la France, le Brésil et l'Espagne.
00:54Oui, bonjour Étienne.
00:56Concernant le plan stratégique, il y a évidemment des ambitions.
00:59Ça confirme le recentrage du groupe.
01:02On voit qu'il y a pas mal de pays dont ils sortent, tout récemment la Roumanie, mais aussi la
01:06Pologne.
01:08Finalement, les seuls pays vraiment au Carrefour, l'Italie aussi l'année dernière.
01:13Donc les seuls pays où il y a une vraie présence, c'est la France,
01:16où ils visent dans le plan stratégique une part de marché de 25%,
01:19tel que Leclerc est en passe d'atteindre,
01:21mais Carrefour, malgré l'achat de Cora, en est encore loin.
01:26Et on ne peut pas dire que la dynamique de part de marché est convaincante à ce stade.
01:29Il vise aussi 20% au Brésil.
01:31Et évidemment, il y a toujours une position numéro 2 en Espagne.
01:37Mais le problème de ce plan, c'est qu'il faut y croire, parce qu'il y a toujours beaucoup
01:41de travail.
01:41On comprend qu'il y a beaucoup de travail sur les coûts, beaucoup d'optimisation.
01:45Ils vont essayer d'optimiser les magasins.
01:46D'ailleurs, ils ont annoncé un accord majeur avec Fusion, un titre qui avait beaucoup baissé,
01:51mais pour lequel, visiblement, il y aura un très gros contrat avec Carrefour pour tous les hypermarchés français.
01:55Donc au passage, bonne nouvelle pour Fusion.
01:58Mais la difficulté chez Carrefour, c'est que finalement, les ventes sont toujours faibles.
02:03C'est difficile pour le format hypermarché de gagner de la part de marché.
02:06Et c'est ce qu'on voit dans les résultats qui ont été publiés hier.
02:08Ils sont encore en dessous des attentes, avec un résultat d'exploitation qui était à 2,158 millions.
02:13Le consensus était plutôt au-dessus de 2,2.
02:16Également, la génération de cash, 1,3 milliard.
02:19Le consensus était plutôt à 1,4 milliard.
02:23Alors qu'ils ont pourtant réduit pas mal leurs investissements l'année dernière.
02:26Il faut comprendre que depuis que Bompard est à la tête de Carrefour,
02:30la société est clairement gérée pour le cash.
02:33C'est-à-dire qu'on essaie de faire le gros dos en tenant à peu près ses positions, comme
02:37on peut.
02:38On baisse les coûts et on extrait du cash.
02:40Ils n'ont pas réussi à se vendre.
02:41Donc c'est le retour du cash aux actionnaires.
02:43De ce point de vue, là aussi, on pouvait s'attendre à un dividende exceptionnel
02:47lié à la vente de la Roumanie.
02:48Il y en aura un, mais il est là aussi un peu plus bas qu'attendu.
02:51Donc le dividende va être de 1,18, donc 0,97 ordinaire et 0,21 exceptionnel.
02:57Bon, c'est un rendement de 8,3.
02:58Ça semble élevé, mais par rapport aux attentes, ce n'était pas extraordinaire.
03:01Et puis pour 2026, pas vraiment de prévision non plus.
03:04Donc certes, il y a des ambitions pour 2030, mais la réalité du quotidien n'est guère facile.
03:09Alors évidemment, la valorisation est très faible.
03:12On a 9 fois les résultats 26, 5 fois l'EBITDA.
03:15Le seul support, c'est ce qu'on peut appeler le free cash flow yield,
03:17c'est-à-dire la génération de trésorerie par rapport à la valeur du cours.
03:20On est au-dessus de 20%.
03:22Donc en théorie, les actionnaires ne doivent pas se faire trouver,
03:27mais ça manque tellement de traction au niveau des opérations et des ventes
03:31que le marché conserve le titre en deep value.
03:34Il y en baisse de 4,5 à 14,5%.
03:36Depuis son arrivée en 2017, aujourd'hui, Alexandre Montpard n'arrive pas à faire décoller ce titre en bourse.
03:41Alors certes, dividendes inclus, on est bien au-delà des 15 euros,
03:45mais on est toujours dans la même zone aujourd'hui à l'un du brûle,
03:48parce que c'est un secteur dans lequel il n'y a pas de croissance.
03:50Les marches sont quand même relativement faibles.
03:52C'est vrai que quand on regarde sur 10 ans,
03:54ça fait à peu près 1 milliard de résultats nets par an et 2 milliards de résultats opérationnels.
03:58C'est un métier très compliqué, ne serait-ce que parce que Carrefour,
04:01malgré leur position relativement bonne dans la proximité,
04:04le format hypermarché est structurellement menacé depuis 25 ans.
04:11On le voit même au champ maintenant, il est gravement touché.
04:14La raison, c'est qu'on peut, comme Leclerc le fait,
04:17faire des hypermarchés plutôt de petite taille,
04:20centrés sur l'alimentaire sur 4, 5 000 m²,
04:22mais les grands formats à 10, 15, voire 20 000 m² du passé,
04:26qui fonctionnaient beaucoup avec un non-alimentaire à prix très attractif,
04:30où les gens étaient prêts à faire 40 km pour venir, c'est fini.
04:34Parce qu'il y a Internet, parce qu'il y a les grandes surfaces spécialisées,
04:37parce qu'en plus la taille des ménages a baissé.
04:39Donc les hypermarchés sont structurellement compliqués.
04:43Les gens ont perdu de l'argent en hypermarché en France,
04:45ce qui leur est cru il y a 20 ans.
04:46Il faut rappeler que dans les années 2000,
04:48Bernard Arnault avait investi à 60 euros dans Carrefour,
04:52et en fait, in fine, si on prend de sa compte des dividendes,
04:55des distributions de la partie d'IA, etc.,
04:57ils sont sortis à 30, et comme ils avaient mis la moitié de dette,
05:00en fait, ils sont sortis à zéro en écoutie.
05:02Ça, c'était au-dessus, ce n'était pas dans le marché,
05:03mais si vous voulez, le déclin structurel de Carrefour,
05:06malheureusement, ne date pas d'hier.
05:08Et il reste quand même très fort dans ce format,
05:10et ça reste un obstacle évident.
05:123,5% de marge opérationnelle, c'est l'objectif d'ici à 2030,
05:15un objectif inténiable.
05:17Est-ce que pour vous, Carrefour peut retrouver des couleurs en bourse,
05:19ou non ? Malheureusement, la difficulté du marché français
05:22va encore peser sur le titre.
05:25Il se trouve qu'en plus, en France, de les intégrer comme Carrefour,
05:28on fait face à des gens comme Leclerc, des indépendants,
05:33qui se sont avérés structurellement plus dynamiques.
05:36D'une part, parce qu'ils ont toujours été très consistants
05:39à offrir les meilleurs prix, ce qui n'a pas été le cas de Carrefour,
05:43il y a eu parfois des allers-retours,
05:44donc l'image prix est quand même plutôt en faveur de Leclerc.
05:47Et d'autre part, ce groupement d'indépendants,
05:49en fait, chaque patron d'hypermarché, c'est son d'hypermarché,
05:53ce sont des entrepreneurs, et donc ils travaillent plus.
05:55Les groupes intégrés avec des salariés,
05:58des sièges plus lourds que les indépendants,
06:02et puis les patrons de magasins qui ne sont pas...
06:04Ce n'est pas leur magasin, ce ne sont pas les actionnaires.
06:06Donc c'est un métier très dur,
06:07et du coup, des réseaux comme Leclerc,
06:10où chaque patron, chaque directeur d'hypermarché
06:13et son propre patron directement intéressé aux résultats,
06:15ça a évidemment un impact sur la performance opérationnelle,
06:18et c'est très dur pour Carrefour de lutter
06:20dans leur modèle intégré contre ça.
06:21Moins 4,5% à l'instant pour ce titre Carrefour,
06:2414,71 euros.
06:25En ce moment, si on cherche des secteurs à forte croissance,
06:28il faut regarder le secteur de la défense,
06:30ça se confirme une nouvelle fois avec Exail.
06:33Résultat en très forte hausse,
06:34notamment du chiffre d'affaires,
06:36croissance de plus de 20% au quatrième trimestre.
06:38Un groupe qui se dit confiant pour cette année,
06:40c'est salué en bourse, plus 3%,
06:41119 euros pour Exail Technologies.
06:45Oui, mais Exail, c'est un groupe qui s'est révélé l'année dernière,
06:47donc c'est un groupe français,
06:49anciennement s'appelait Groupe Gorgé,
06:51qui est spécialiste de fourniture de produits pour la défense.
06:55Alors ils font des centrales à inertie,
06:57mais c'est quelque chose qui est pas mal utilisé
06:59dans les drones maritimes,
07:01qui est une de leurs spécialités.
07:02Et là-dessus, ils avaient déjà eu dans le passé
07:04des grands contrats avec les marines,
07:05notamment de Belgique.
07:07Et aujourd'hui, ce segment,
07:09ils sont pas l'idée en mondial, mais pas loin en fait.
07:12Et aujourd'hui, ça apparaît un segment particulièrement attractif,
07:15acheter des drones autonomes maritimes
07:17qui coûtent quelques millions
07:18pour faire de la surveillance côtière,
07:20pour faire même éventuellement l'attaque de la reconnaissance
07:23par rapport à des frégates qui coûtent un milliard.
07:25Ça peut être très complémentaire,
07:27voire en partie substituable.
07:29Donc aujourd'hui, ils ont une explosion de leur carnet de commande.
07:31L'environnement est assez porteur, évidemment.
07:33Et il y a eu une forte accélération du chiffre d'affaires l'année dernière,
07:36confirmée par le chiffre d'affaires publié aujourd'hui.
07:38Ça se traduit aussi par de bonnes marges.
07:41Il y a un carnet de commande qui est à plus d'un milliard d'euros,
07:44donc en hausse de 50% sur l'année,
07:46avec encore beaucoup de pipelines devant nous.
07:49Donc le titre a évidemment beaucoup, beaucoup monté.
07:51Il est optique, d'un point de vue spot,
07:53valorisé de manière très élevée.
07:55Mais les perspectives de croissance restent très importantes.
07:57Et c'est ce qui explique le fait qu'il performe bien ce matin.
08:00Et puis un dernier mot de Emeis,
08:02l'ex-RPA qui a publié ce matin
08:03un résultat d'exploitation avant le loyer de plus de 17% en 2025.
08:07Bon, ça va beaucoup mieux.
08:09Il faut dire que le groupe vient de très bas quand même.
08:11Il a frôlé la faillite.
08:14Oui, parce qu'au moment du scandale Orpéa,
08:17on s'était rendu compte que les comptes étaient un petit peu flattés,
08:21que la dette était plus élevée que ce qu'on pensait,
08:23et surtout que la valorisation de l'immobilier
08:25avait été faite sur des projections excessives,
08:29ce qui fait que tout d'un coup,
08:29le groupe se retrouvait beaucoup trop endetté.
08:31Donc il y a eu un problème d'image aussi
08:33qui avait pesé sur le remplissage des EHPAD.
08:35Donc tout ça, c'est une traversée du désert,
08:38une restructuration qui s'est traduite par un cours,
08:40évidemment, qui est passé proche de zéro.
08:42Depuis maintenant deux ans, deux ans et demi,
08:45on est en phase de recovery.
08:47C'est-à-dire que progressivement,
08:48le groupe coche un certain nombre de cases
08:50pour redevenir un groupe normal.
08:52Et à ce titre, la publication de ce matin
08:55continue de montrer que le groupe remonte la pente progressivement.
08:59La croissance organique a été de 5% au quatrième trimestre,
09:036-4 sur 9 mois, 3% pour les prix,
09:06et 2% lié au taux d'utilisation,
09:08puisqu'ils remontent la pente aussi en termes de taux d'occupation,
09:12ils ne sont pas encore au maximum.
09:16Alors c'était que le chiffre d'affaires,
09:17mais ils ont quand même donné quelques éléments de résultats.
09:20Et le résultat brut d'exploitation avant le loyer
09:22progrès de 18% à 872 millions,
09:25on attendait 847, donc ça c'est plutôt pas mal.
09:27La dette, parce qu'évidemment on regarde beaucoup la réduction de dette,
09:30elle est un peu en dessous de 4,5 milliards contre 4,8 milliards fin 2024.
09:35Le free cash flow est positif, ce qui est important.
09:39Et l'EBIDA, si on prend après loyer, à 376 millions, progresse également.
09:43Donc ce qu'on peut dire, c'est que la recovery opérationnelle avance.
09:47On a une marge d'EBIDA qui est plutôt proche de 15.
09:50Il y a même 15,8 au S2,
09:52je pense que l'objectif c'est de tendre progressivement vers 17,18,
09:55comme dans la profession,
09:56mais c'est en bonne voie.
09:58Le groupe se désendette,
10:00il continue de mener un certain nombre de sessions immobilières
10:03pour se désendetter, ça se passe bien.
10:06Et aussi la valeur de l'estimation du portefeuille
10:09ne se détériore plus,
10:10donc ça c'est important aussi,
10:12sachant que les taux de capitalisation à 6,38 sont assez élevés.
10:15Donc globalement, du côté du bilan, ça se stabilise,
10:19du côté des opérations, ça se passe bien.
10:21Alors le titre baisse ce matin,
10:23peut-être parce que les attentes étaient un petit peu élevées
10:25ou qu'il n'y a pas de surprises particulières,
10:27mais je dirais que c'est quand même une histoire
10:29qui se normalise progressivement.
10:31Alors les prochaines étapes,
10:32ça serait arriver à des ordonnements plus importants,
10:36pour devenir encore plus safe,
10:38et puis poursuivre la remontée des taux d'occupation,
10:40mais je pense que le groupe est plutôt dans une bonne dynamique.
10:42Merci beaucoup Alain Dubreuil qui nous a raccompagné ce matin,
10:44directeur général délégué de Claresco Finance,
10:46pour faire donc un point sur Carrefour,
10:47qui perd 4% à 14,74 euros.
10:5114,74 euros également pour Emeis,
10:54heureux hasard,
10:54moins 3% pour l'Exorpea,
10:56qui a ouvert en hausse,
10:57mais qui finalement se retourne à la baisse.
11:00Un dernier mot de Veralia,
11:02qui perd un peu plus de 5%,
11:03c'est de loin la plus forte baisse du SBF 120,
11:06avec notamment le groupe qui engage une revue stratégique
11:09de ses implantations en Europe,
11:10avec notamment des difficultés dans le marché des vins et dix spiritueux,
11:14qui va les contraindre de restructurer ses activités en France,
11:17en Allemagne,
11:18mais aussi au Royaume-Uni,
11:19des perspectives qui inquiètent 21 euros pour ce titre Veralia.
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