- il y a 10 heures
Ce lundi 16 février, Didier Borowski, responsable de la recherche sur les politiques macroéconomiques chez Amundi Investment Institute, et Gérald Grant, directeur délégué chargé de l’allocation d’actifs chez Fundesys, ont échangé leurs points de vue sur le retour en force de l’Europe sur les marchés et sur le bilan du sommet informel européen, dans l’émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:019h39 c'est l'heure du face à face, vous avez l'habitude de ce rendez-vous deux acteurs de
00:05marché avec ce matin Didier Borowski responsable de la recherche sur les politiques macroéconomiques
00:10chez Amundi Investment Institute. Bonjour Didier. Bonjour Etienne. Merci de nous accompagner ce
00:14matin en compagnie de Gérald Grande qui est directeur délégué en charge de l'allocation
00:18d'affiché Fundesys. Bonjour Gérald. Bonjour Etienne, bonjour Didier. Bonjour à tous. Beaucoup de résultats
00:23d'entreprises avec notamment encore cette semaine je le disais en préambule neuf sociétés du CAC 40
00:28qui vont publier. La semaine dernière on en a eu 11. Quand on regarde du côté des Etats-Unis Gérald,
00:3374% des entreprises du S&P 500 ont déjà publié. Comme toujours les Etats-Unis ont un coup d
00:38'avance
00:39et ils ont aussi malheureusement un coup d'avance pour nous Européens sur la croissance des profits.
00:44Quand je regarde les données de Fac 7 vendredi, en moyenne les entreprises du S&P 500 ont vu croître
00:50leur profit de 12% au quatrième trimestre. On est sur le cinquième trimestre consécutif à croissance
00:56à deux chiffres. C'est impressionnant.
00:58Oui c'est impressionnant et puis et en même temps c'est logique parce que lorsque l'on voit la
01:02composition sectorielle de la croissance bénéficiaire des entreprises du S&P 500 on voit que c'est
01:07quand même globalement toujours tiré par les mêmes valeurs notamment les valeurs cycliques que ce soit
01:12dans les matériaux de base, les financières, la technologie, les industries. Bref des secteurs qui
01:19pèsent aussi assez lourd dans le S&P 500 et qui du coup de facto tirent l'ensemble de l
01:24'indice.
01:24On y viendra peut-être d'ailleurs sur... Avec les GAFAM bien sûr. Oui oui. Sans les GAFAM on serait
01:28pas...
01:28Entre autres et d'ailleurs on parlera peut-être d'IA comme vous le disiez en préambule plus tard mais
01:34cette semaine il y a quand même des résultats importants qui sont un peu tous toujours scrutés. C'est Nvidia
01:39qui tombe le sauf erreur de ma part le 19 donc on aura quand même quelque chose à suivre d
01:46'important pour le secteur.
01:48C'est intéressant de voir aujourd'hui Didier Borowski que la consommation discrétionnaire fait une pause. Ça c'est quand
01:55même bien le reflet de la normalisation de cette période Covid où on avait notamment une période de consommation qui
02:01était très forte aujourd'hui notamment dans ce secteur.
02:05Donc c'est tout ce qui est bien et services non essentiels. Ça se normalise mais du côté des États
02:10-Unis on a une croissance dans les secteurs des services qui est toujours là. C'est un petit peu paradoxal.
02:14Oui enfin je crois qu'il faut avoir en tête du côté de la consommation des ménages américains qu'elle
02:19est tirée par les ménages les plus riches et qui ont des revenus réels qui augmentent parce qu'il y
02:23a quand même une reprise en cas qui a été notée par la plupart des observateurs.
02:26C'est en gros ce qu'on observe c'est que les capital gains, la valorisation des actifs aux États
02:33-Unis et l'effet richesse induit génèrent de la consommation du côté des ménages les plus riches.
02:37En revanche les ménages qui sont les moins formés, qui n'arrivent pas à négocier des hausses de salaire réel,
02:42qui n'ont pas de patrimoine, quant à eux ont leur consommation qui est sous pression.
02:46Et donc ça donne des signaux qui peuvent être parfois contradictoires sur la consommation agrégée.
02:50Il faut avoir en tête qu'on a quand même une économie assez duale aux États-Unis et cette dualité
02:54s'est renforcée au cours des deux dernières années.
02:56Quand vous écoutez les entreprises d'un point de vue macroéconomique, puisque vous suivez la macro chez Amundi Investment Institute,
03:03quels sont les messages que vous retenez de la part des entreprises, qu'elles soient européennes mais aussi américaines ?
03:08C'est qu'il y a du mieux du côté de l'Europe, il y a du mieux à venir
03:11du côté de l'Europe.
03:12Nous ce qu'on observe et ce qu'on attend c'est une lente convergence des profits européens et on
03:16voit qu'on a un rattrapage des profits du reste du monde vis-à-vis des profits des États-Unis
03:20qui devraient finir par sécréter.
03:22Et d'ailleurs on le voit déjà dans les allocations d'actifs, je veux dire depuis l'année dernière, le
03:27thème central c'est le grand rééquilibrage des portefeuilles.
03:29C'est-à-dire que même si la dynamique des profits n'est pas aussi porteuse, les valorisations étaient beaucoup
03:34moins élevées, le risque de concentration est moins présent en Europe
03:37et il y a devant nous une phase graduelle de reprise économique tirée pour partie pour l'Allemagne mais aussi
03:43par le fait qu'on est encore en deçà du potentiel de croissance du côté de nombreux pays de la
03:49zone euro.
03:49Donc je crois qu'il y a quelque chose d'assez constructif à avoir à l'esprit pour les deux
03:53prochaines années du côté de la zone euro.
03:55C'était déjà le cas il y a un an avec notamment le plan de relance allemand, avec notamment il
03:59y a un an beaucoup d'investisseurs avaient dit il faut pivoter les marchés, les portefeuilles vers l'Europe,
04:06c'est en Europe que la croissance va se faire. Bon là on le voit malheureusement les BPA au quatrième
04:11trimestre en Europe c'est zéro mais vous nous dites...
04:15Oui mais ça n'a pas empêché les marchés européens de plutôt bien performer dans certains segments, on a vu
04:19les financières, on a vu l'euro stock 600 qui n'est pas loin de son plus haut historique,
04:23enfin je veux dire on a quand même des éléments qui nous font penser qu'il y a des éléments
04:27de diversification vers l'Europe, vers d'ailleurs les pays émergents
04:30et quand vous regardez l'année dernière par exemple en dépit de la dynamique des profits aux Etats-Unis, vous
04:34avez des marchés émergents et des marchés européens qui ont fait mieux que les Max 7.
04:38Et donc je crois que ce n'est pas assez dit aujourd'hui, c'est de dire qu'il y
04:40a un grand rééquilibrage des portefeuilles qui a commencé l'an dernier et qui est amené à se poursuivre
04:44parce que les investisseurs estiment qu'ils sont surexposés au dollar, aux actifs américains.
04:49Avec notamment, on le disait il y a quelques minutes, les ETF là sur les premières séances du mois de
04:53février ont connu des séances historiques.
04:55Il faut revenir à 2022 pour voir de tels flux, Gérald Grant, il y a un an, je suis désolé,
05:00mais les allocataires disaient il faut revenir sur l'Europe,
05:03il y a un plan de relance qui va se mettre en place, c'est l'arrivée du chancelier MERS,
05:06l'Europe va se réarmer, etc.
05:08C'est un thème qui continue de se propager mais qui était déjà là auparavant.
05:12C'est vrai, il était là il y a un an, mais souvenez-vous aussi qu'il y a un
05:14an, en tout cas début 2025, on attendait des résultats, des croissances des bénéfices en Europe de l'ordre de
05:1910 à 15%
05:20et on a fini tout juste à l'équilibre ou même un peu négatif.
05:23Donc la révision continue des bénéfices des sociétés européennes a quand même été peut-être un frein dans les réallocations,
05:30même si effectivement le marché européen a très bien marché, dans l'ensemble on a fait une vingtaine de pourcents
05:35en Europe,
05:35mais les Etats-Unis ne sont pas en reste, les Etats-Unis en gros ont sous-performé de décembre 2024
05:42à Liberation Day,
05:44mais à partir de là c'est de nouveau les Etats-Unis qui en devise locale ont surperformé,
05:49et c'est le point important, c'est qu'il y a l'aspect effectivement euro-dollar qui a été
05:52néfaste pour l'investisseur européen
05:54qui n'avait pas la possibilité éventuellement de couvrir son allocation américaine.
05:57Mais grosso modo les Etats-Unis ne sont pas loin de la performance en devise locale de ce qu'a
06:02fait l'Europe,
06:02et après quand on parlait de réallocation, il faut faire attention à une chose,
06:05c'est que se diversifier sur l'Europe c'est évidemment important parce que tout portefeuille mérite d'être diversifié,
06:10mais il n'empêche que c'est posé aussi un acte de foi fort sur une reprise,
06:15un minimum de reprise cyclique en Europe, ne serait-ce qu'encore une fois par la composition des indices européens
06:20qui sont beaucoup plus cycliques que les Etats-Unis.
06:23Preuve en est, c'est que sur trois ans, la value aux Etats-Unis fait moins bien que la croissance,
06:28et largement, alors que c'est l'inverse en Europe.
06:30Les valeurs value font beaucoup mieux que les valeurs de croissance.
06:33Pourquoi ? Parce qu'aux Etats-Unis il y a la tech, et parce qu'en Europe il y a
06:37eu, comme l'a dit Didier,
06:38les financières, qui l'année dernière, en faisant quasiment 70% de performance,
06:42représente à peu près la moitié de la contribution à la hausse d'un stock 600.
06:47Et ça c'est important de le noter, parce qu'entre industriel et notamment défense et financière,
06:51il n'est pas resté grand grand chose dans la hausse européenne, ce qui ne veut pas dire qu'il
06:55ne faut pas y aller.
06:56Et dernier point, et après je m'arrête, sur les émergents, il ne faut pas oublier là aussi,
07:00Didier a raison qu'il y a eu des très bonnes performances, parfois supérieures au Max-7 dans les émergents,
07:04mais sur quoi ? Là aussi, en Asie du Sud-Est notamment, sur des indices comme la Corée et Taïwan,
07:09qui continuent en ce début d'année, qui sont de facto ultra pondérés en valeurs technologiques,
07:14et notamment les semi-conducteurs. Donc autrement dit, vous êtes investisseur européen,
07:17vous vous dites, allez je vais me diversifier dans les émergents, parce que j'ai trop de tech américaine,
07:23et bien c'est la même chose, vous avez aussi des techs.
07:26Alors différentes, parce qu'il y a les semis qui marchent très bien, mais vous avez aussi de la tech.
07:30Donc diversification certes, mais peut-être pas autant qu'on ne pense.
07:32– La semaine dernière, s'est tenu le sommet européen, Didier Borowski,
07:37est-ce qu'aujourd'hui, les réformes, ça y est, vont s'accélérer ?
07:41L'union des marchés de capitaux, on voit notamment Emmanuel Macron,
07:44alors c'est pas gagné, qui souhaite mettre en place des eurobonds,
07:47est-ce que tout ça, c'est des facteurs, des éléments qui peuvent rendre un petit peu optimistes
07:52sur la croissance, sur la dynamique de l'Europe,
07:54ou est-ce que non, on est sur des sujets qui vont encore prendre des années ?
07:58– Je crois que la crise du Groenland a vraiment accéléré la donne,
08:01puisque ce sommet qui a eu lieu la semaine dernière
08:02est un sommet qui a été convoqué dans l'urgence,
08:04suite à la crise du Groenland,
08:06et les chefs d'État européens sont convenus d'accélérer, en effet,
08:12plusieurs réformes importantes.
08:13Alors on parle de l'union des marchés des capitaux,
08:15on parle également de tout ce qui a trait au 28e régime,
08:17pour les entreprises, donc ça, ça va venir très rapidement,
08:20ce qui permettra quand même d'avoir un même statut juridique,
08:23et pouvoir s'enregistrer en ligne très rapidement pour les entreprises européennes
08:27dans n'importe quel État européen,
08:29ça fait partie des éléments qui sont assez importants,
08:31et puis il y a l'idée de mettre sur le devant de la scène,
08:35évidemment, toutes les réformes du marché,
08:37toutes les préconisations du rapport Draghi sur la compétitivité.
08:42Alors, évidemment, il n'y a rien de nouveau suite à ce sommet,
08:46en revanche, il y a un engagement à ce que le sommet du mois de mars,
08:49à l'issue du sommet du mois de mars,
08:51il y a un agenda très clair sur la mise en œuvre des réformes.
08:54Donc je crois qu'on va avoir, au mois de mars, lors du Conseil européen,
08:57c'est en tout cas ce qui est annoncé,
08:59des dates butoirs extrêmement claires,
09:01ce qui était attendu sur un certain nombre de réformes qui sont attendues.
09:04Il y a aussi tout ce qui est les réformes,
09:05les packages omnibus de simplification des réglementations,
09:09là je crois qu'il y a unanimité au sein des Européens,
09:10pour aller plus vite en la matière.
09:12Ça va dans le bon sens, on n'a pas encore de date,
09:15et je pense qu'on aura des dates très claires
09:16sur les engagements des chefs d'État européens au mois de mars,
09:18et que ce peut être un accélérateur assez important
09:22pour l'Europe dans les années qui viennent.
09:24Il ne faut pas s'attendre évidemment à un effet macroéconomique
09:26en 2026 ou 2027.
09:28Il s'agit de changer de modèle
09:29et d'avoir quelque chose qui tient la route
09:31à l'horizon fin des années 2020, début des années 2030.
09:34Vous le soulignais tout à l'heure,
09:35depuis le début de l'année, c'est le retour des valeurs cycliques,
09:37enfin pas que depuis le début de l'année,
09:38c'était déjà le cas en partie l'an passé.
09:41Est-ce qu'aujourd'hui,
09:43quand vous regardez les niveaux de valorisation
09:44de ces valeurs cycliques,
09:46certes on est toujours sur des niveaux bas,
09:47mais est-ce que toutes ces nouvelles
09:48n'ont pas été déjà intégrées ?
09:50Est-ce que ce n'est pas déjà dans les cours ?
09:52Le marché est toujours dans l'anticipation.
09:53Quand on voit certaines valeurs minières
09:56ou des valeurs industrielles
09:57qui ont repris 30-40% en l'espace de six mois,
10:01il y a déjà beaucoup de nouvelles
10:02qui sont dans les cours.
10:04Il paraît clair qu'il faut être extrêmement sélectif,
10:05mais de notre point de vue,
10:06la croissance qui reste résiliente,
10:08cette légère reprise cyclique
10:10qu'on observe dans un certain nombre de pays
10:11de la zone euro,
10:13la désinflation qui va se poursuivre
10:15et qui est à notre avis sous-estimée
10:16du côté de la zone euro,
10:18ça appelle généralement des allocations
10:20qui sont toujours des allocations
10:22vers des actifs risqués.
10:23Ceci dit, compte tenu des performances
10:25qu'on a enregistrées,
10:26de la dynamique des profits,
10:26il faut être prudent,
10:27il faut être extrêmement sélectif, etc.
10:28Ça va de soi.
10:29Mais de notre point de vue,
10:30ça ne remet pas en cause la thèse
10:31que nous avions déjà l'an dernier,
10:33qui est celle d'un grand rééquilibrage
10:34des portefeuilles
10:35qui va continuer de bénéficier.
10:37Il y a des valeurs décotées encore en Europe.
10:39Regardez les petites et moyennes capitalisations.
10:40Donc les petites et moyennes capitalisations
10:42sont moins sensibles au commerce,
10:43elles sont moins sensibles à l'euro
10:44qui peut s'apprécier dans cette dynamique,
10:46elles sont relativement décotées
10:47et elles peuvent bénéficier
10:48d'une reprise cyclique.
10:49Et qui plus est,
10:50s'il y avait des baisses de taux
10:51de la Banque Centrale Européenne,
10:52ce qu'en mon avis,
10:52on ne peut pas exclure cette année,
10:54ce serait un élément de soutien assez net.
10:56Donc je crois que tout n'est pas joué,
10:57même s'il faut être particulièrement sélectif.
10:59Elles peuvent même profiter
10:59de ce dollar faible.
11:01Aujourd'hui, une PME qui importe,
11:03l'euro dollar à 20,
11:04ça n'est plus profitable.
11:05Naturellement, naturellement.
11:06Donc ça donne des éléments
11:07ou des segments de marché
11:08qui peuvent bénéficier
11:09de la reprise en cours.
11:11Mais il faut être extrêmement vigilant.
11:12En effet, comme vous l'avez mentionné,
11:13il y a des entreprises
11:14qui ont déjà beaucoup bien performé.
11:16Preuve que le marché est également méfiant
11:18sur l'intelligence artificielle.
11:20Quand on regarde la performance
11:20Gérard Grande
11:21de les S&P 500 équipondérés,
11:24on a un écart qui est historique
11:26avec le S&P 500.
11:28C'est bien la preuve, là aussi,
11:29qu'en plus de se diversifier vers l'Europe,
11:32on a des investisseurs
11:33qui se diversifient
11:34et qui mettent moins de grandes tech
11:36dans leur portefeuille.
11:37Oui, c'est complètement vrai.
11:38Quand on regarde les grands indices
11:40européens et américains,
11:41mais là, on parle des États-Unis,
11:42on est finalement assez proche
11:44des plus hauts.
11:45Alors, dès qu'il y a une correction
11:46de 1,5-2,
11:47il y a une amplification,
11:49notamment médiatique,
11:50des médias financiers
11:51qui disent « Oh là là, ça y est,
11:52ça se retourne, etc. »
11:53Ce que l'on note surtout,
11:55c'est effectivement d'abord
11:56une dispersion,
11:57ou plutôt une propagation
11:58de l'élargissement de la performance.
12:00Le S&P est coupé pondéré,
12:02donc grosso modo 0,2%
12:03sur chacun des titres du S&P.
12:07Cet indice est en avance
12:09de 4,2-4,5%
12:11depuis le début d'année
12:12par rapport au S&P classique.
12:14C'est historique depuis 1992,
12:16où on avait à cette époque
12:17à peu près le même écart.
12:18Donc ça signifie que
12:19dans le S&P 500,
12:21il y a d'autres titres,
12:22effectivement,
12:23qui participent à la hausse.
12:24Et ça, on le voit aussi
12:25dans la dispersion.
12:26La dispersion,
12:27c'est effectivement
12:27le nombre de titres,
12:28plutôt la variation des titres
12:30au sein même de l'indice
12:31qui est revenu sur des plus hauts.
12:33Et ça, c'est hyper important
12:33parce qu'on a l'impression
12:34qu'on a un calme plat
12:36sur le lac en surface,
12:38alors qu'en dessous,
12:38il se passe beaucoup de choses.
12:39Et ce « beaucoup de choses »,
12:40c'est le signe aussi
12:42qu'effectivement,
12:43les investisseurs commencent
12:44à faire tourner leur portefeuille.
12:46C'est le signe aussi
12:47que les grosses capitalisations
12:49dont on parle sans arrêt,
12:50donc les Mac7 notamment,
12:51font un peu du surplace,
12:53voire baissent,
12:53alors qu'en dessous,
12:54il se passe quand même des choses.
12:55Il y a des valeurs
12:56qui en profitent.
12:57Et ça, c'est très important,
12:59notamment dans le régime de marché,
13:02mais aussi dans la façon de gérer.
13:04Parce qu'effectivement,
13:05vous parliez des ETF
13:06qui continuent d'avoir
13:06beaucoup de flux.
13:07Il n'empêche qu'on rentre
13:08plutôt depuis quelques semaines
13:09dans un marché de sélectivité,
13:11de sélection de gérants
13:13pour ce qui est de notre activité,
13:14où on va aller chercher
13:15les gérants capables
13:16effectivement de se positionner
13:17non pas que sur de l'indiciel
13:19tiré par les 60%
13:22des valeurs les plus grosses,
13:23ou 70%,
13:24peu importe,
13:24mais justement
13:25par les valeurs
13:27qui peuvent avoir été en retard
13:29et qui en ont encore sous le pied.
13:33Moins 0,3%
13:34depuis le début de l'année
13:35pour le S&P 500,
13:36quand le S&P 500 équipondéré
13:38est à plus 5.
13:39Un gap,
13:40un écart tel de performance
13:42entre ces deux indices,
13:44c'est historique aujourd'hui,
13:45Gérald Grand.
13:45Dans vos analyses de recherche.
13:47Ça fait plus de 30 ans
13:48effectivement que ça ne s'était pas produit,
13:49mais parce qu'effectivement
13:50le haut du baffet,
13:51la tech,
13:52ne fait pas grand chose,
13:53Didier, pardon.
13:54Pour aller dans le même sens,
13:55il a encore progressé
13:56la semaine passée,
13:57en dépit des corrections
13:58sur les valeurs de la tech,
13:59ce qui nous dit quelque chose
14:00sur l'appétit pour le risque
14:01qui demeure dans le système.
14:02Je crois qu'il y a une résilience
14:04de l'économie mondiale
14:04qui est actée
14:05par tous les investisseurs,
14:06mais il y a une volonté
14:07de se désensibiliser
14:08au secteur de la tech américaine.
14:10Pour revenir à ce qu'on a dit
14:11préalablement,
14:12je pense qu'il y a des volontés
14:12d'être toujours exposés
14:13au secteur de la tech
14:14et on le voit du côté
14:15de certains marchés asiatiques
14:16en Corée,
14:17Taïwan, etc.
14:18Donc attention à cet élément,
14:19il y a en effet
14:19de la diversification
14:21qui est valable
14:22du côté de la cote américaine.
14:23Puisque personne en fait
14:24ne peut ignorer
14:25ce qui se passe
14:25sur l'intelligence artificielle,
14:27Gérald Grand,
14:28vos clients,
14:29quand ils viennent vous voir
14:29en me disant
14:30je ne suis pas très à l'aise
14:31avec les valorisations
14:32de Microsoft,
14:33de Nvidia,
14:33enfin bref,
14:34toutes les Manifect 7,
14:35comment aujourd'hui
14:36je peux me diversifier ?
14:38On a parlé de l'Europe,
14:39on a parlé du S&P 500
14:40et qui est pondéré.
14:41Comment aujourd'hui
14:42être présent dans le marché
14:43tout en limitant
14:44sa prime de risque ?
14:45Déjà,
14:46je pense qu'il ne faut pas
14:46jeter le bébé
14:48avec l'eau du bain.
14:49Dans la tech
14:49et dans l'IA,
14:50tout n'est pas à jeter.
14:51On a eu un narratif
14:52pendant deux ans
14:53où on achetait l'IA
14:55sur n'importe quelle information.
14:57On est passé dans un régime
14:59où maintenant
14:59on regarde effectivement
15:00est-ce que l'IA
15:01va créer
15:02de la bottom line
15:04ou pas ?
15:05Est-ce qu'il y aura
15:05des résultats
15:06sur les entreprises
15:07qui investissent autant ?
15:08Et on est de nouveau
15:09passé dans un autre
15:10narratif
15:10qui rejoint aussi
15:11le précédent,
15:11c'est quelles vont être
15:12les boîtes
15:13qui vont mourir
15:14à cause de l'IA ?
15:14C'est ce qui a en gros
15:15occupé le marché
15:16il y a 15 jours.
15:17C'est à peu près ça.
15:18Donc aujourd'hui
15:18quand on a un client
15:19qui nous dit
15:20qu'est-ce que je peux faire
15:21en dehors de la tech américaine,
15:22d'abord on lui dit
15:23c'est pas que la tech américaine
15:25qui est vendue.
15:26Ce sont certaines
15:29typologies de valeurs
15:29de la tech
15:30qui ont des problématiques
15:33plus conjoncturelles
15:33voire structurelles
15:34par rapport à l'IA
15:35qui arrive.
15:36Donc on peut continuer
15:37d'investir dans la tech
15:38en étant plus sélectif.
15:39Nous nous poussons
15:40auprès de nos clients
15:40depuis longtemps
15:41les semi-conducteurs
15:42et nous continuons.
15:43Grand bien nous en fait
15:44pour le moment
15:44en espérant que ça dure
15:45encore un peu.
15:46L'important c'est
15:47la croissance des bénéfices
15:48et ce que l'on voit
15:48c'est que la croissance
15:49des bénéfices
15:50dans les semi-conducteurs
15:51elle est énorme.
15:52On attend,
15:53le consensus
15:53s'attend encore
15:54à 40 à 60%
15:56selon les zones
15:57dans les semi-conducteurs.
15:59et en dehors de la tech
16:00il y a plein d'autres choses
16:01effectivement en Europe
16:02je suis d'accord
16:02il faut regarder
16:03le réveil cyclique
16:05et pourquoi pas
16:05continuer d'aller
16:06sur des valeurs financières
16:08qui peuvent bénéficier
16:09notamment de résultats
16:11qui sont finalement
16:11toujours les meilleurs
16:13dans le stock 600.
16:15On peut regarder
16:16dans les thèmes
16:16les métaux.
16:17Alors oui
16:18il y a eu un coup de saumon
16:18il y a 15 jours
16:20dans les métaux
16:20au sens large
16:21mais que ce soit
16:21les métaux précieux
16:22ou les métaux industriels
16:23il y a des choses à faire
16:25parce que c'est évidemment
16:26et on ne va pas faire
16:27là-dessus des heures
16:28mais il y a toute une demande
16:29liée à l'électrification
16:31de l'économie
16:32liée à l'IA
16:33liée aux véhicules électriques
16:35qu'on y croit ou qu'on n'y croit pas
16:36il y a une demande qui est forte
16:37même si ce n'est pas
16:38l'unique demande
16:39donc tout ça
16:39sont des thèmes
16:40qui peuvent être intéressants
16:42à jouer dans une allocation
16:44et les émergents
16:45on peut peut-être aller
16:45en dehors de l'Asie
16:46il y a des choses à faire
16:47depuis le début d'année
16:48on parlait de l'Amérique latine
16:50à nos clients
16:50parce qu'il se passait
16:51des choses aussi politiquement
16:52il se trouve que l'Amérique latine
16:53est un des meilleurs marchés émergents
16:54on parle toujours
16:55de la Corée de Taïwan
16:56l'Amérique latine
16:56c'est plus ou moins
16:57entre 15 et 20%
16:58depuis le début d'année
16:58et puis l'Inde peut-être
16:59on verra ce qui retombe
17:00du déplacement d'Emmanuel Macron
17:02du côté de l'Inde
17:03il y aura peut-être
17:04des contrats également
17:04pour les entreprises européennes
17:06il nous reste à peine
17:07deux minutes
17:07Didier Borowski
17:08pour parler d'un sujet
17:09qui est un grand sujet
17:10en début d'année
17:11qui l'est moins
17:11le sujet de la Fed
17:12de la Banque centrale américaine
17:15mine de rien
17:15le marché obligataire
17:16c'est bien détendu
17:17on a un 10 ans américain
17:18qui est à 4,05
17:19on est sur des plus bas
17:20du mois de décembre
17:21les taux en Europe
17:22également le bound
17:23c'est bien détendu
17:24par rapport à ces niveaux
17:25d'il y a une quinzaine de jours
17:27comment vous anticipez vous
17:28les bises de taux
17:29ce marché obligataire
17:30il y a une fébrilité
17:31assez grande en effet
17:32sur ce que la Réserve fédérale
17:34va faire
17:34mais je pense qu'il y a peut-être
17:35une surinterprétation
17:36des chiffres d'inflation
17:37qui sont sortis
17:38on va regarder ce que donne
17:38le déflateur de la consommation
17:39des ménages
17:40il n'est pas dit
17:40qu'il soit aussi faible
17:42que ce que l'indice
17:43des prix à la consommation
17:44alors c'est un peu technique
17:45mais pour la Réserve fédérale
17:46la métrique privilégiée
17:47pour l'inflation
17:48c'est le déflateur
17:49de la consommation des ménages
17:50dans les comptes nationaux
17:51alors c'est un peu technique
17:52mais encore un élément
17:53pour dire attention
17:53du côté des services
17:54ça ne se détend pas autant
17:55et donc on peut être surpris
17:57par les derniers chiffres d'inflation
17:58deuxièmement oui
17:59on anticipe
18:00et on l'avait en tête
18:01déjà en fin d'année dernière
18:01encore deux baisses de taux
18:02du côté de la Réserve fédérale
18:03ce scénario se trouve conforté
18:05par les dernières données macroéconomiques
18:06avec une difficulté quand même
18:08pour la Réserve fédérale
18:08c'est que la croissance économique
18:09reste quand même assez solide
18:11et même si on a un reflux
18:12de l'inflation
18:12on n'est quand même pas loin de 3%
18:13donc on est quand même
18:14très au-dessus
18:15de la cible de la Réserve fédérale
18:16mais il y a un nouveau
18:17chairman de la Réserve fédérale
18:18et il est probable
18:19qu'il vaille faire plaisir
18:20à Donald Trump
18:21et donc ça m'y dit
18:22pour deux baisses de taux d'intérêt
18:23je ne crois pas
18:25davantage que deux baisses
18:25de taux d'intérêt cette année
18:26compte tenu des fondamentaux américains
18:28milieu d'année
18:28plutôt fin d'année
18:29aujourd'hui toute la question
18:30c'est est-ce que c'est
18:32une baisse de taux
18:32dès le printemps
18:33début de l'été
18:34je ne crois pas avant juin-juillet
18:35pas avant juin-juillet
18:36pour la première baisse des taux
18:38d'intérêt
18:38ce seraient les premières réunions
18:39de Kevin Warch
18:39oui dans les premières
18:41de toute façon
18:41il va falloir qu'il signe
18:43son début de mandat
18:44et il a quand même
18:45été mis en place
18:46et puis il est lui-même
18:47de toute façon
18:48par nature un peu plus
18:49de doviche
18:50que ses camarades
18:51à noter qu'il n'y aura pas
18:53de séance
18:54cet après-midi
18:54du côté de Wall Street
18:55puisque c'est le
18:56President's Day
18:57le marché obligataire
18:57est également fermé
18:58en ce lundi
18:59merci à tous les deux
19:00Didier Borowski
19:00donc responsable de la recherche
19:01sur les politiques macroéconomiques
19:03chez Amundi Investment Institute
19:04et Gérald Grand
19:06directeur délégué
19:06en charge
19:07de l'allocation d'actifs
19:08chez Fundesys
19:09merci à tous
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