Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Jeudi 12 février 2026, retrouvez Stanislas de Bailliencourt (Deputy CIO, Sycomore AM) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:10Le dernier quart d'heure de Smartbourg, chaque soir, c'est le quart d'heure thématique.
00:13Le thème ce soir, c'est celui du crédit stratégie Fixed Income pour naviguer en 2026.
00:18Nous en parlons avec Stanislas de Baliancourt, qui est le directeur adjoint des investissements de Sycomore Asset Management.
00:23Bonsoir Stanislas.
00:24Bonsoir Grégoire.
00:25Merci beaucoup d'évoquer avec nous les perspectives 2026 pour cet univers du crédit.
00:29Je reviens juste quelques épisodes en arrière.
00:332023-2024, le crédit sort des performances exceptionnelles.
00:37Je crois que c'était même imbattable en termes de performances rapportées à la volatilité.
00:422025 a été encore une très bonne année pour le crédit, donc 3 à la suite,
00:47avec toujours ce phénomène de compression de spread, des écarts de primes de risque
00:51qui ont atteint peut-être des niveaux historiquement bas au terme de l'année 2025.
00:55La question étant, comment est-ce qu'on gère dans un univers crédit en 2026,
01:00qui s'est quand même considérablement renchéri depuis 3 ans ?
01:03C'est une très bonne question.
01:05C'est vrai qu'on a passé, même si on prend un peu plus de recul,
01:0810 ans la décennie 2012-2022 avec des taux extrêmement bas, voire même des négatifs,
01:13qui ont terminé en 2022 par cette explosion à la hausse des taux et des spreads de crédit.
01:18Ce qui fait que ça a fait une opportunité extraordinaire.
01:21D'une génération, comme on a dit.
01:22Oh, je ne sais pas.
01:23Le point d'entrée d'une génération.
01:25D'une dizaine, j'espère pas d'une génération.
01:27D'accord, d'une décennie.
01:28D'une décennie.
01:29Voilà, début 2023.
01:31Et je pense que depuis 3 ans, ça a tout à fait bénéficié aux performances.
01:35Et d'ailleurs, les investisseurs sont largement revenus dans le crédit.
01:37Nous, on l'a vu chez Sycomore, au travers soit de nos fonds historiques,
01:40soit des fonds datés Syco-Hild qu'on a refaits entre-temps.
01:44La bonne nouvelle, c'est que ce n'était pas seulement une opportunité qui est née en 2023
01:48et qui aurait duré 3 ans.
01:50Il y a un certain nombre d'éléments qui, aujourd'hui, restent très porteurs,
01:54très favorables au fixed income et en particulier au crédit.
01:57On a à la fois de la pente dans la courbe des taux,
01:59puisque les taux courts se sont fortement rétractés avec les banques centrales.
02:03La BCE a coupé les taux de 4% à 2%.
02:06En revanche, les taux longs, avec la défiance sur les obligations d'État,
02:10et en particulier au-delà de 10 ans, sont restés relativement élevés.
02:13Donc cette pente, structurellement, elle rend le marché obligataire plutôt attractif,
02:18notamment pour les maturités intermédiaires,
02:20ce qui permet de bénéficier à la fois du portage et d'un effet de roll-down.
02:24C'est-à-dire, chaque année, on se rapproche, on se monétarise,
02:26donc on a un petit effet de baisse des taux qui vient améliorer la performance.
02:31Donc ça, structurellement, c'est positif.
02:33En revanche, c'est vrai qu'il y a quand même l'énorme challenge,
02:35notamment sur les obligations d'État.
02:37Et on voit bien qu'aujourd'hui, on a des situations budgétaires
02:41qui, à peu près partout dans le monde, sont plutôt dégradées,
02:44et qui ont fait aussi l'appétit ou le succès pour les obligations d'entreprise,
02:49qui, elles, depuis plusieurs années, ont plutôt eu un environnement économique,
02:52on va dire, correct,
02:53qui ont eu des performances en termes de résultats micros tout à fait satisfaisants,
02:58ce qui fait qu'on a eu des taux de défauts assez bas.
03:00On a également, mais ça, c'est un peu, ça regarde vers l'arrière,
03:02mais si on regarde vers l'avant,
03:03on a aujourd'hui un ratio d'entreprise un petit peu stressé qui est très faible.
03:07En fait, c'est finalement ce qui est un indicateur des défauts futurs.
03:11Et donc, certes, on a des spreads de crédit
03:13qui se sont plutôt resserrés au cours des trois dernières années,
03:16mais en fait, ça a uniquement reflété cet environnement,
03:19tout à fait amélioré pour les entreprises.
03:22Ça coïncide avec des fondamentaux réels, si je puis dire.
03:26Et sur les aspects plus techniques,
03:27une demande assez importante des investisseurs,
03:29parce qu'on a un report un petit peu progressif,
03:32un peu moins d'obligations d'État,
03:34un petit peu plus d'investment grade,
03:35et puis même un peu plus de crossover ou de high yield,
03:37en descendant dans les notations
03:39pour venir chercher un petit peu plus de rendement.
03:41Le risque a changé de camp.
03:44L'obligation la moins risquée, parfois,
03:47est perçue comme étant l'obligation de l'entreprise
03:49que l'obligation d'État.
03:50Le sans risque se questionne aujourd'hui.
03:54C'est intéressant aussi.
03:56On a pu expliquer...
03:58Alors, il faut rentrer dans la mécanique de construction des indices,
04:01mais il y a une amélioration aussi de la qualité des indices crédits.
04:06C'est toujours important de regarder les indices.
04:09Les gestions sont souvent benchmarkées,
04:10même quand elles ne le sont pas.
04:12On regarde quand même l'indice de comparaison.
04:13En effet, c'est un point qui est très intéressant.
04:15Les indices de crédit,
04:16ils n'ont pas la même construction que les indices actions.
04:18Déjà, pour commencer,
04:20c'est les sociétés les plus endettées
04:21qui ont les poids les plus importants.
04:23Ce n'est pas forcément celles
04:24qu'on a le plus envie de détenir.
04:26Et donc, c'est aussi pour ça qu'en fixed income
04:28ou en gestion ambiataire,
04:29on va dire au sens large,
04:30la gestion active enregistre encore de très bonnes performances.
04:34Et donc, le challenge des ETF et de la gestion passive
04:37est beaucoup moins présent.
04:39Et les gérants actifs continuent à battre les benchmarks,
04:42à présenter une vraie valeur ajoutée pour les investisseurs.
04:45Et on n'a pas du tout aujourd'hui
04:46vraiment la lame de fond qu'on retrouve sur la gestion action
04:49avec les gestions ETF, benchmarkées, low cost.
04:52Donc là, on arrive vraiment à faire quelque chose en gestion active.
04:54Le deuxième point, c'est que souvent,
04:56la question, elle est plutôt au travers des spreads de crédit.
04:59On dit aujourd'hui, on est plus bas que les moyennes historiques
05:01sur 10 ans ou sur 15 ans ou sur 20 ans,
05:03notamment en yield.
05:04Donc, les notations en dessous de BBB à partir de W+.
05:08Ce qui est vrai, mais la seule chose,
05:09c'est que si on regarde en 2009, 2010, 2011,
05:12on avait uniquement 40% du yield qui était WB.
05:16Aujourd'hui, c'est 67%.
05:18Donc, on voit bien qu'au sein de l'indice,
05:21on va dire la qualité...
05:21La meilleure qualité du yield.
05:23La qualité moyenne intrinsèque dans ces marchés-là
05:26a plutôt monté.
05:27Et le deuxième point, c'est qu'on a depuis 5 ans,
05:29chaque année, plus de ce qu'on appelle les rising stars,
05:32c'est les entreprises qui passent de high yield à investment grade,
05:34que de fallen angel dans l'autre sens.
05:36Donc, ça montre aussi que,
05:37dans un environnement économique quand même assez difficile,
05:41on va dire, pour les entreprises,
05:43on a une certaine prudence.
05:44Et donc, on va plutôt venir, tendanciellement,
05:47améliorer un petit peu les bilans
05:48et prendre un petit peu moins de risques.
05:51Il y a une discipline financière qui s'est installée,
05:53effectivement, dans ce monde de polycrise,
05:56comme on dit.
05:58Qu'est-ce que l'IA peut amener comme bouleversement
06:01dans ces marchés de crédit ?
06:02Puisque l'IA devient un sujet crédit,
06:04un sujet de dette pour les entreprises qui financent
06:08et qui participent à la construction de l'IA.
06:09Tout à fait.
06:10Je pense qu'il y a un point...
06:11Enfin, ce n'est pas l'IA en tant que gestion,
06:12le sujet.
06:13Le sujet, c'est les énormes capex
06:15qui sont nécessités pour faire les data centers,
06:18l'IA, tous ces hyperscalers.
06:21Et ce qu'on voit aujourd'hui,
06:23c'est que jusqu'en 2025,
06:25jusqu'à mi-2025 environ,
06:27tous ces énormes capex
06:27étaient fundés par les free cash flow
06:29générés par les entreprises.
06:31Depuis, les besoins sont tellement importants
06:33qu'elles commencent à s'endetter.
06:34Comme c'est des entreprises très rentables
06:36et peu s'endettées,
06:37elles ont globalement,
06:38c'est des entreprises américaines,
06:39des ratings élevés.
06:40En revanche, les montants de dette émises
06:42sont très importants aujourd'hui.
06:44Et on voit parfois que sur le crédit,
06:46ou pour le coup,
06:46quand on prête à Oracle
06:48à 7, 10 ou 15 ans,
06:50c'est vraiment un investissement
06:51sur le long terme.
06:51Et on voit qu'il y a un traitement
06:53un petit peu différencié
06:54en fonction d'entreprise
06:55entre la partie action
06:55et la partie crédit.
06:56Parfois, la partie crédit
06:58est plus prudente.
06:58Donc ça, c'est un point
06:59qui est toujours intéressant
07:00à noter dans l'analyse.
07:01Le deuxième point,
07:02c'est que quand on voit
07:03les capex annoncés,
07:05et on l'a vu avec Google
07:06cette semaine,
07:07ce méga deal notamment,
07:08il y a eu une tranche petite,
07:10mais à 100 ans
07:11en livre sterling.
07:13Donc c'est toujours
07:13assez intéressant.
07:14Peut-être que ça donne
07:15la vue de Google
07:16à 100 ans
07:16sur la valeur de la livre.
07:18Oui, c'est ça !
07:18À l'avenir,
07:19ce n'est pas forcément
07:20très positif.
07:21Mais le point qui est intéressant,
07:23c'est de dire,
07:23voilà, si tous réalisent
07:25peut-être la moitié des capex
07:26par financement de dette,
07:28on va avoir énormément
07:29d'émissions sur le secteur.
07:30Certes, investment grade,
07:32mais ça peut techniquement
07:33amener un peu
07:33d'écartement de spread.
07:34Aujourd'hui,
07:35c'est principalement
07:36aux Etats-Unis,
07:36mais on pourra avoir
07:37des émissions de type
07:38reverse-yanky,
07:39c'est-à-dire en fait
07:40des entreprises américaines
07:41qui viennent sourcer
07:42en partie dans l'épargne
07:44européenne pour ces deals-là.
07:46Et ça, pour nous,
07:47ce n'est pas forcément
07:47un risque de marché,
07:48c'est plutôt un risque
07:49de liquidité
07:50et surtout de flux
07:52de papier très important
07:53qui amènerait
07:54à une forme
07:54d'écartement technique
07:56des spreads
07:56par une sur-offre
07:58temporelle dans le secteur.
07:59Et il y a un deuxième point,
08:00c'est que si l'une d'entre elles,
08:02mais on parle à 5 ou à 10 ans,
08:04parce qu'il y en aura,
08:05on le sait très bien,
08:05des accidents,
08:06venait aussi sur ces tailles
08:08d'émissions
08:08à sortir de l'investment grade
08:10pour redescendre de la île,
08:11là, en fait,
08:12on arrive sur des tailles
08:13d'émissions
08:14qui sont quasiment
08:15comme quand les souverains
08:17font leur programme d'émissions.
08:19Ils appellent de marcher
08:20correspondant à des États.
08:21Exactement.
08:21Donc, il faut être...
08:22Je pense qu'aujourd'hui,
08:23ce n'est pas un risque
08:24ni pour 2026
08:25ni pour 2027,
08:25mais il faut faire assez attention,
08:27surtout sur les tailles
08:28qu'ils vont être mieux.
08:29Et donc, il faut regarder ça
08:30avec beaucoup de discernement.
08:32En tout cas,
08:33pour l'instant,
08:33la demande est là.
08:34Alors, c'est du Google,
08:35c'est une qualité incroyable
08:36et ça vaut les États,
08:39j'ai envie de dire,
08:39mais c'est vrai que
08:40le premier trimestre
08:41va être, j'imagine,
08:42très dynamique
08:43en matière d'émissions primaires,
08:45souverains et corporels confondus.
08:47Janvier a été un mois
08:49très élevé
08:50parce que les spreads
08:51étaient bas,
08:51la liquidité était là,
08:52il n'y avait pas d'accident
08:53de marché.
08:54Personne n'a envie
08:54trop d'attendre non plus
08:56pour émettre
08:56quand on a ces conditions-là.
08:58Pour toute la partie
09:00hyperscaler
09:01et capex,
09:03ça va se faire
09:03tout au long de l'année
09:04et ça va même se faire
09:05sur plusieurs années.
09:06Donc là,
09:06il y a toujours un peu
09:07un effet calendaire
09:08en janvier
09:09où tout le monde veut
09:09placer ses villes
09:10en début d'année
09:10quand la liquidité est là,
09:12mais ça va se prolonger
09:13tout au long de l'année
09:14et même dans les années à venir.
09:16Stratégie,
09:16si je reviens
09:17à la question de départ,
09:18effectivement,
09:19comment on aborde 2026,
09:20avec quelle ligne stratégique
09:22en tête
09:23pour conduire
09:24des fonds
09:25ou des portefeuilles
09:26de crédit ?
09:27Pour nous,
09:28il y a
09:29être très sélectif
09:30parce que les spreads
09:30sont quand même resserrés
09:31donc il faut faire
09:33très attention
09:33dans la sélection
09:35qu'on fait des obligations,
09:36des entreprises,
09:36des émetteurs
09:37qu'on choisit.
09:38La deuxième chose,
09:39c'est qu'avec la pente
09:39de la courbe,
09:40il y a un intérêt
09:41et une pertinence
09:42à prendre un petit peu
09:43plus de durations
09:44être plutôt sur 5-7 ans
09:45que sur 3-5 ans.
09:46C'est aussi pour ça
09:47qu'au bout de 3 ans,
09:49enfin à peu près
09:49de plus de 3 ans,
09:50notre fonds
09:51Seiko Yield
09:522026
09:52qui avait largement dépassé
09:54les rendements
09:55qu'on anticipait au départ,
09:56ce qui est quand même
09:56rare dans les fonds datés,
09:57on l'a mis en commun
09:58avec le fonds 2032
10:00en disant
10:00qu'on a obtenu
10:01cette performance.
10:01Aujourd'hui,
10:02avec des taux courts plus bas,
10:03il est quasi monétarisé
10:04avec du coup
10:05un rendement attendu
10:06pour ces derniers mois
10:06très faible.
10:07Et en revanche,
10:08avec cette pente,
10:09plus on se projette loin,
10:10plus on va avoir
10:11la possibilité
10:12d'avoir des rendements
10:13attractifs sur le futur.
10:14Et ça, pour nous...
10:15Donc la formule fonds datés,
10:16ça reste un schéma pertinent ?
10:18En fait,
10:18la formule fonds datés,
10:19elle donne une lisibilité
10:20sur ce qu'on peut attendre.
10:21C'est vrai que toute la partie
10:23des investisseurs institutionnels
10:25avec qui on travaille,
10:25on va davantage travailler
10:26sur nos fonds classiques,
10:28obligataires,
10:28non datés,
10:29puisqu'ils ont des benchmarks,
10:31il y a la recherche
10:32finalement d'un investissement
10:33permanent.
10:34En revanche,
10:35l'avantage des fonds datés,
10:36c'est la lisibilité
10:37et la clarté de la promesse
10:38et de ce qu'on peut attendre
10:39en termes de performance
10:41sur une échéance de temps
10:42qui soit visible,
10:44ça va être soit 2030,
10:45soit 2032,
10:46donc 3-4 ans
10:47ou 5-6 ans.
10:48Donc quelque chose
10:49qui, dans l'épargne,
10:50correspond bien
10:51à ce qui est recherché
10:52pour construire
10:53des portefeuilles.
10:53Et vous dites là,
10:54en allant chercher juste
10:55un peu de durations en plus
10:57dans l'univers
10:58crédit corporate,
11:00on trouve des performances
11:01qui sont encore intéressantes
11:02sur ces horizons-là.
11:02Avec la prendre de la courbe,
11:04en rallongeant de 2 ans
11:05de 30 à 32
11:06un type de portefeuille équivalent,
11:07on va gagner environ
11:080,5% de rendement en plus.
11:10D'accord.
11:10Mais on va aussi bénéficier
11:11d'un deuxième aspect
11:12assez positif pour nous,
11:13c'est le marché primaire.
11:14Aujourd'hui,
11:15quand les entreprises viennent,
11:16nous sommes en 2026,
11:17c'est du 5-7 ans,
11:18donc 5 ans,
11:18c'est 2031,
11:207 ans,
11:20c'est 2033,
11:21donc avec un fonds de 2032,
11:22on peut...
11:22Vous pouvez participer au primaire.
11:26et ça pour nous,
11:27c'est très attractif
11:28parce qu'aujourd'hui,
11:29souvent dans ces émissions,
11:30on va avoir une prime d'émission,
11:31donc une obligation
11:32un peu plus attractive
11:33que celle qui existe déjà
11:34pour amener les investisseurs dessus.
11:37Et donc,
11:37c'est aussi tout le jeu
11:38et je pense tout l'intérêt
11:39dans cette année de 2026
11:40pour ces fonds orientés sur 2032.
11:43Merci beaucoup, Stanislas.
11:45Merci beaucoup d'être venu nous éclairer
11:46sur la situation du crédit
11:49au démarrage de cette année 2026
11:51et les stratégies que vous proposez,
11:53que vous mettez en œuvre
11:53pour cet univers de fixed income,
11:56comme on dit.
11:56Stanislas de Baliancourt,
11:58directeur adjoint des investissements
11:59de Sycomore,
12:00Asset Management,
12:00était l'invité de ce dernier quart d'heure
12:02de Smart Bourse.
12:02Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations