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Mercredi 4 février 2026, retrouvez Roland Kaloyan (Responsable de la stratégie actions européennes, Société Générale CIB) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:00Générique
00:00Le dernier quart d'heure de Smartbourse chaque soir, c'est le quart d'heure thématique.
00:12Le thème ce soir, c'est celui des actions européennes.
00:15Nous en parlons avec le responsable de la stratégie Action Européenne de Société Générale CIB,
00:19Roland Calloyan, qui est à mes côtés en plateau.
00:21Bonsoir Roland.
00:22Bonsoir Roland.
00:22Merci beaucoup d'être avec nous.
00:23On va essayer de regarder un peu les perspectives 2026,
00:26effectivement, pour cet univers des actions européennes.
00:28Un commentaire quand même sur cette séance d'hier.
00:31On en a débattu juste avant avec les invités précédents.
00:34Donc ce Sass-Mageddon ou ce Sass-Pocalypse qui vient finir l'histoire de 2025,
00:41mais en tout cas qui s'inscrit dans une tendance qu'on a vue tout au long de 2025,
00:47au cours de laquelle les boîtes de logiciels partout dans le monde n'ont cessé de dire réalité
00:54avec des cours de bourse qui ont parfois été divisés par deux pour des très grands noms.
00:57Et je pense en Europe à des SAP, des Capgemini, on a pas mal de boîtes au UK aussi, plus ou moins spécialisées,
01:03des Relix, Volter's Kluver, souvent cités également à Amsterdam, aux Pays-Bas.
01:08Toutes ces boîtes-là ont déjà perdu entre 40 et 50% en 2025.
01:11Et hier, nouveau plongeon avec l'arrivée d'une nouvelle fonctionnalité de Claude,
01:16le modèle IA d'Enthropic dédié visiblement aux services juridiques.
01:20C'est une peur-panique ou il y a une vraie conviction dans le marché que ces boîtes-là vont peut-être disparaître à un moment, Roland ?
01:29Alors le marché, comme d'habitude, quand il y a une rupture technologique,
01:32quand il y a une nouvelle technologie, des disrupteurs qui arrivent, la première chose c'est de vendre.
01:37Ça c'est systématique.
01:39J'ai envie de dire que tous les investisseurs ont peur de l'effet passe jaune.
01:42Pour les plus anciens, ils se souviennent qu'on avait besoin d'un plombier, d'un électricien.
01:48Qu'est-ce qu'on faisait à l'époque avant Internet ?
01:50On regardait dans les passes jaunes.
01:52Et on n'a plus les passes jaunes.
01:55Avec l'arrivée d'Internet, quand on cherche aujourd'hui un électricien en plombier,
01:58on va directement et on trouve les coordonnées.
02:00Donc tout le monde a un petit peu peur de posséder dans ses portefeuilles le futur passe jaune
02:05parce qu'on va finalement avoir une entreprise qui va avoir des pressions sur les marges d'année.
02:09Le point que vous mettez en avant, c'est qu'effectivement, ce n'est pas une histoire nouvelle.
02:14Ça fait déjà plus d'un an qu'on en parle.
02:17On dit effectivement que sur la partie software, il va y avoir des risques,
02:21il va y avoir des valeurs qui ne vont pas réussir à...
02:23qui vont en tout cas avoir face à eux des valeurs qui vont venir de l'IA,
02:28qui ne vont pas forcément bénéficier.
02:29Une nouvelle concurrence.
02:30Tout à fait.
02:31Et qui vont se faire disrupter, comme on dit en anglais.
02:33Mais le point, c'est que ce sont souvent des valeurs, les valeurs que vous avez citées,
02:36qui se traitaient quand même avec des profils de croissance
02:38et des niveaux de valorisation très, très élevés.
02:40C'était quand même des valeurs qui ont eu un très bel parcours boursier
02:43sur les 5, 10 dernières années.
02:47Et donc, ce qu'on voit aujourd'hui, c'est aussi un peu un de-rating de ces valeurs-là
02:52qui reviennent quand on regarde les multiples de valorisation
02:54sur des niveaux un peu plus corrects.
02:59Je ne dirais pas du tout qu'on est dans le deep value encore.
03:02Je comprends.
03:02Mais il y a une forme de correction d'excès du passé aussi.
03:06Enfin, d'excès du passé.
03:07Disons que ces valorisations tenaient dans un monde sans concurrence.
03:10Oui.
03:10Et aujourd'hui, avec la concurrence, on est obligé de revenir à des niveaux de valorisation.
03:13Parce qu'on appelle les primes de risque.
03:14On met des primes de risque plus élevées sur les entreprises
03:16parce qu'on se pose la question, le marché se pose la question,
03:18les analystes se posent la question.
03:19« Combien je vais perdre de mon business ? »
03:23Alors là, on est en train de regarder, avec ce qui a été tendancé hier,
03:25sur telle valeur, par exemple, le segment juridique, ça représente combien ?
03:2810, 15, 20 % ?
03:30Est-ce que c'est 20 % qui est à risque du business ?
03:33Ces valeurs-là, elles ne vont pas partir du jour au lendemain.
03:34Ça, c'est sûr.
03:36Et elles ne sont pas assez value pour dire aujourd'hui…
03:40La valorisation n'est pas encore une force de rappel, vous dites, pour ces entreprises.
03:43Non.
03:44On n'y est pas encore.
03:45Et c'est pour ça qu'on a des mouvements, comme on a pu connaître hier.
03:48Alors attention, parce que ces primes de risque,
03:51elles peuvent bouger dans un sens comme dans l'autre.
03:52On peut très bien avoir dans les semaines, les mois qui viennent,
03:55des annonces de ces entreprises-là,
03:57qu'elles vont aussi utiliser l'IA pour contrer un petit peu ce risque
04:01et protéger leurs marges.
04:03Donc là, effectivement, on rentre dans une période
04:05où on risque de voir beaucoup de volatilité sur ces titres.
04:07Même si j'ai l'impression que ces messages autour de l'IA,
04:09je cite un publiciste, je crois qu'Arthur Sadoun annonce quand même
04:11quasiment 1 milliard, enfin 900 millions d'investissements à venir dans l'IA
04:15à travers des acquisitions.
04:16Bon, pour l'instant, le marché ne fait pas crédit à ce genre de messages,
04:21visiblement, venant en tout cas de ces entreprises.
04:24Bon, grosse secousse, et ça continue encore aujourd'hui sur le secteur des logiciels,
04:27mais comme vous le disiez, ça fait déjà un an que la tendance est bien installée.
04:30Il y a le trade long vers les fabricants de hardware, d'infrastructures IA,
04:38et la pâte short, effectivement, avec les logiciels,
04:40ce trade est déjà bien installé dans le marché depuis un an.
04:43Plus généralement, qu'est-ce qu'on attend, qu'est-ce que vous attendez
04:47des actions européennes en 2026, et quels peuvent être les moteurs
04:49de performance des actions européennes, sachant qu'on a laissé derrière nous
04:53peut-être trois années de croissance bénéficiaire quasiment nulle, Roland ?
04:58Et pourtant, les actions ont monté.
05:00Donc, des actions qui montent sans les bénéfices, c'est ce qu'on appelle une expansion de multiples,
05:04donc un re-rating, des valorisations qui montent.
05:08Alors, c'est vrai qu'on est parti aussi trois ans, ça correspond aussi à la crise énergétique,
05:12la guerre 2022, voilà, si on regarde sur cette période-là.
05:15Donc, on était aussi certainement aussi à des niveaux très bas en termes de multiples.
05:19Mais là, effectivement, on commence à avoir un marché qui est déjà bien valorisé,
05:23qui continue à bien faire, qui continue à monter.
05:25On n'est pas forcément surpris par ce bon début d'année, pour être honnête.
05:29Nous, on s'attendait effectivement qu'il y ait plutôt un bon début d'année
05:31et des questionnements qui vont arriver sur la deuxième partie de l'année.
05:34D'ailleurs, quand on regarde sur les trois dernières années,
05:36il y a une grosse part de la performance annuelle se fait en joli et février.
05:39Oui, oui, oui, tout à fait.
05:40Donc, ça, il ne faut pas le rater.
05:41Tout à fait, oui, oui.
05:42Et derrière, effectivement, un marché qui va un peu plus se chercher.
05:45Pourquoi ? Parce que, justement, on est au début de l'année nourri par deux choses.
05:49Un, c'est l'espoir qu'enfin, cette année, on va avoir une croissance bénéficiaire correcte.
05:54Depuis trois années, ça n'a pas été ça.
05:57Et deuxièmement, il y a aussi des réallocations.
06:01C'est-à-dire que depuis trois ans, on sait que les marchés américains font très bien.
06:06Et il y a la volonté de diversifier et de reprendre autre chose que le marché américain dans les portefeuilles.
06:11Et donc, l'Europe, ça peut être autre chose.
06:13Donc, le début de l'année est propice pour ces réallocations.
06:16Après, nous, ce qu'on attend, c'est une deuxième partie de l'année un petit peu plus compliquée,
06:20sans être forcément alarmiste.
06:22Je pense, effectivement, que les attentes de croissance sont un petit peu trop élevées.
06:26Là, on a des multiples qui sont quand même relativement aussi élevés.
06:29Le marché se traite, pour vous donner un ordre de grandeur, on est au-dessus de 15.
06:32En moyenne, on est plutôt autour, sur 20 ans, de 13.
06:35Donc, on est quand même au-dessus de la moyenne historique.
06:37Et les attentes sont à deux chiffres.
06:40Donc, on a 12% de croissance au niveau européen attendu par le consensus pour 2026,
06:46sachant qu'on n'a eu pas de croissance cette dernière année.
06:48Donc, cette croissance va venir d'où ?
06:49Parce que de l'inflation qui réaccélère, il n'y en a pas, donc ils ne vont pas monter les prix.
06:53Alors, ensuite, des volumes.
06:55Mais quand on regarde la croissance américaine attendue, elle va être bonne,
06:59mais elle ne va pas être non plus en réaccélération par rapport à 2025.
07:03Pareil en Chine, on va avoir une forte croissance, mais elle ne va pas être en réaccélération.
07:06Et puis, l'Europe, j'ai envie de dire, quand on rend un petit peu tout ce qui est attendu,
07:10on va avoir une croissance qui va rester à peu près autour des 1%.
07:14Oui, oui, oui.
07:14Le potentiel peut ou prouver pas une accélération non plus très importante.
07:18Donc, effectivement, pour réaliser ces 12% de croissance, ça va être assez compliqué.
07:24Est-ce qu'en termes de schéma de marché, je ne sais pas où on en est de l'écart entre cycliques et défensives,
07:32mais c'est vrai qu'on a sur le plan macro ce petit vent porteur pour la zone euro
07:37qui va nous élever jusqu'à 1% de croissance.
07:40L'Allemagne sort de 2-3 années très compliquée, là aussi de croissance nulle, etc.
07:43Donc, il y a ce vent porteur cyclique.
07:45Mais quand on regarde les valeurs cycliques en bourse, elles ont déjà pris beaucoup d'avance, j'ai l'impression, Roland.
07:50Oui, effectivement.
07:50Qu'est-ce que c'est encore un trend qui porte ?
07:55Est-ce qu'il faut rester avec ce tilt ou ce biais cyclique dans les portefeuilles ?
08:01Ou est-ce qu'un peu de rotation permettrait peut-être justement au marché de mieux performer ?
08:06Étant donné que j'ai envie un petit peu de… je suis très prudent sur la croissance attendue, je préfère être sur la défensive.
08:14Aujourd'hui, en gros, je vais caricaturer, mais il y a deux choses dans le marché.
08:19Il y a les défensives qui offrent peu de croissance, mais plutôt une bonne visibilité.
08:23Et vous avez les cycliques qui sont avec des attentes très, très élevées, entre 10 et 15% pour la plupart des secteurs.
08:30Mais on a une incertitude, parce que… et on l'a vu sur les résultats, il y en a qui sont arrivés avec des résultats encore plus… mieux qu'attendus.
08:37Et il y en a d'autres qui ont déçu.
08:39Donc, on voit bien qu'effectivement… et ce qui est intéressant, c'est de voir comment le marché se positionne.
08:43Et sur la période récente, elle est prête à aller chercher plus de croissance, même si c'est incertain.
08:48Donc, elle surpaye un petit peu cet espoir de croissance.
08:53Et il risque d'y avoir effectivement un peu de déception.
08:56Et un peu trop de déception pourrait ramener le marché peut-être vers une logique un peu plus défensive.
09:00Tout à fait.
09:00Qui sont délaissés, qui ne sont pas très chers, même en absolu, dans leur propre historique.
09:04Et donc, effectivement, c'est plutôt là que j'ai envie de me positionner.
09:07Bon, là, on retrouve dans les séances comme hier ou aujourd'hui, on retrouve quand même un peu de caractère défensif,
09:12une orange, des utilities, du air liquide, enfin, s'il parle de la Côte française, voilà.
09:16Retrouve tout de suite de l'intérêt dans des séances un peu mouvementées, comme on l'a depuis quelques jours.
09:21L'autre grande question, c'est… alors, les effets du plan de relance en Allemagne,
09:25mais ça, j'allais dire, il y a un vrai sujet macro, de multiplicateur, etc.
09:30D'un point de vue de marché, d'un point de vue action,
09:33comment s'expose de la bonne manière, selon vous, à ce thème de la relance et des dépenses d'infrastructures en Allemagne ?
09:40Alors, ça va au-delà du plan d'infrastructures et des dépenses publiques.
09:43Il y a un grand plan d'investissement en Allemagne,
09:47qui est en tout cas proposé par le gouvernement,
09:50en faisant des incitations au niveau fiscal.
09:53Donc, dès que vous investissez, vous pouvez amortir tout de suite 30% de la pièce.
09:56Très puissant, très puissant.
09:57C'est puissant en termes de cash flow.
09:59On a n'importe quel entrepreneur, s'il peut enlever 30% la première année, il sera très content.
10:05Donc, nous, ce qu'on a fait, ce qu'on pense, c'est que ça va être relativement ciblé en termes boursiers.
10:11Donc, ce n'est pas forcément avoir une exposition sur tout le DAX ou sur toutes les valeurs allemandes.
10:15Il y a mieux à faire.
10:16Il y a mieux à faire, effectivement.
10:18Par exemple, je ne pense pas que la consommation en Allemagne, c'est où il faut aller.
10:23Ensuite, quand on commence à regarder les valeurs allemandes,
10:25l'Allemagne est connue en tant que pays, mais aussi les grandes entreprises allemandes,
10:29comme étant des très grandes exportatrices.
10:30Donc, vous allez retrouver beaucoup de valeurs qui ont finalement une très faible exposition en Allemagne.
10:35Donc, elles vont certainement bénéficier, etc.
10:38Mais vous ne serez pas sur les valeurs qui vont avoir le plus d'impact.
10:41Donc, nous, ce qu'on propose, c'est d'aller plutôt sur les comportements liés au plan de relance.
10:48Donc, infrastructures, énergétiques, c'est très important.
10:51L'investissement énergétique en Allemagne, on en parle souvent en disant qu'ils payent très très cher ceux qui payent le plus cher l'énergie.
10:55Donc, ça, c'est un point où il y aura les investissements.
10:56On a la défense, évidemment.
10:57Et tout ce qui va être lié à l'investissement industriel, digital, dans les années à venir, de la part des entreprises allemandes.
11:05Et donc, pour aller chercher une exposition un peu plus domestique, peut-être descendre dans ce qu'on appelle les Midcap, en Allemagne,
11:11qui offrent une exposition beaucoup plus allemande.
11:13Est-ce que le facteur taille, d'ailleurs, c'est quelque chose qui peut générer de la performance globalement en Europe ?
11:19En Allemagne, je le comprends, mais est-ce qu'on a envie, est-ce que l'idée, d'ailleurs, je crois que les smalls et mids tiennent bien,
11:25et on retrouve un peu de surperformance, en tout cas un peu de rattrapage, est-ce que c'est une tendance qu'on a envie de prolonger ?
11:30Dans un monde où le dollar se dévalue, enfin, en tout cas, on est un trimestre, on est plutôt...
11:35Dans un monde où, à chaque fois qu'il se passe quelque chose, d'un point de vue géopolitique, il y a des tarifs...
11:40Qui arrivent.
11:41Voilà, qui arrivent.
11:41Effectivement, et puis on a un plan de relance qui est mis en place en Allemagne.
11:49Et puis, on a tout à l'heure parlé de la valorisation.
11:52Là, pour le coup, on a des valeurs...
11:54Enfin, l'effet style taille a fortement dirété ces dernières années.
12:00Et aujourd'hui, effectivement, il y a une décote dans le même secteur par rapport aux entreprises qui sont plus grosses.
12:06Donc oui, effectivement, c'est quelque chose qu'on favorise.
12:08Bon, on verra à l'arrivée de l'année 2026, ce qu'il en est.
12:13Ce sera revu entre-temps, j'espère, évidemment, Roland.
12:15Mais voilà, effectivement, il y a quand même des opportunités en Europe entre l'Allemagne, la cote Smolémide,
12:22avec une grande profondeur, une grande largeur très intéressante,
12:25qui peuvent, effectivement, attirer l'œil des investisseurs.
12:28Merci beaucoup, Roland.
12:29Roland Calloyan, le responsable de la stratégie Action Européenne de Société Générale CIB,
12:33qui était l'invité de ce dernier quart d'heure de Smart Pourses.
12:38Sous-titrage Société Générale CIB
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