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  • il y a 19 minutes
Ce mardi 10 février, le gain de la productivité de 2% depuis 2019, et l'augmentation du taux de chômage chez les jeunes, ont été abordés par Frédéric Farah, économiste et professeur à l'Université Paris 2, Rayan Nezzar, professeur en politique budgétaire à Sciences Po, et Rafik Smati, fondateur de Louxor.ai et président du groupe Aventers, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Allez, on est de retour pour la seconde partie de l'émission,
00:04ça débat réforme de l'éducation nationale pendant la publicité.
00:08C'est un débat absolument passionnant qu'on aura dans les experts.
00:12On va pouvoir en parler avec le chômage des jeunes qui augmente d'ailleurs.
00:15On est toujours avec Rafik Smati, Frédéric Farah et Ryan Nezard autour de la table
00:21pour parler compétitivité quand même.
00:25L'instruction, l'éducation rentrent aussi dans les questions de compétitivité hors coût du pays.
00:33Là, ce sont les chiffres de Rex & Code qui travaillent beaucoup sur le sujet
00:38auquel on va s'intéresser maintenant.
00:41La productivité française a gagné 2% depuis 2019 selon Rex & Code.
00:49Ça ne peut être qu'une bonne nouvelle, une progression de la compétitivité bien sûr.
00:53Est-ce que c'est une bonne performance ?
00:55Moi, 2% depuis 2019, ça me semble très peu, Ryan Nezard.
00:58Moi, vraiment, je ne crierai pas Cocorico.
01:00J'aime beaucoup le titre de l'étude de Rex & Code,
01:03qui est une France qu'on va laissant dans une Europe affaiblie.
01:05Je pense que ça dit tout.
01:06Si on regarde les parts de marché à l'exportation dans l'Union européenne de la France,
01:10elles se stabilisent entre 2024 et 2025,
01:13mais à un niveau qui reste inférieur d'un point au niveau d'avant Covid.
01:17Donc là, il n'y a pas de quoi créer Cocorico.
01:19Si on regarde la balance commerciale sur les biens,
01:22on passe de 79 milliards de déficit en 2024 à 73 milliards en 2025.
01:28Une amélioration de 6 milliards, là non plus, pas Cocorico,
01:30d'autant que cette amélioration est essentiellement liée à la facture énergétique
01:34sur laquelle on a peu de prise.
01:35En revanche, sur les produits manufacturés ou les produits agricoles,
01:39le déficit s'accroît, même sur les produits agricoles.
01:41Donc ce ne sont, de mon point de vue, pas de bonnes nouvelles.
01:44Ensuite, si on regarde dans l'étude le détail,
01:48ce qui est intéressant, c'est qu'ils disent quand même
01:50que l'ensemble des réformes menées depuis 2014,
01:52la politique de l'offre, a permis de stopper l'hémorragie
01:56qu'il y avait eu dans les années 2000 et au début des années 2010
01:58pour la compétitivité française.
02:00Donc ça, c'est un bon point.
02:02Mais néanmoins, stopper l'hémorragie, ça ne veut pas dire remonter la pente.
02:04Donc on est encore loin du compte.
02:06Je rappelle enfin que la France est aujourd'hui encore
02:09le seul grand pays de la zone euro à être en déficit
02:13si l'on regarde la balance commerciale sur les biens et sur les services.
02:17Tous les autres pays, l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie,
02:20je ne parle pas des Pays-Bas,
02:21tous les autres pays sont excédentaires grâce aux services,
02:23mais ils sont excédentaires.
02:25Et je rappelle enfin que malgré les réformes
02:27qui ont été conduites depuis 10 ans,
02:29qui sont néanmoins un peu à l'arrêt depuis 2 ans,
02:32mais malgré ça, si on regarde par exemple la fiscalité de production,
02:35il y a un graphe assez intéressant dans l'étude.
02:38On est encore deux fois plus élevé qu'un pays comme l'Italie
02:42et quasiment six fois plus élevé en France
02:44que des pays comme l'Allemagne ou l'Espagne.
02:47Donc globalement, moi vraiment, je serais très nuancé
02:52et je ne pense pas qu'on puisse se réjouir de l'ensemble de ces chiffres.
02:55Au mieux, on stoppe l'hémorragie et on est encore loin de remonter la pente.
02:59Et puis enfin, c'est l'ensemble de l'Union européenne qui est affaiblie.
03:02Ça, c'est aussi marquant.
03:03En 2025, l'Union européenne a perdu trois points de part de marché dans le monde
03:07du point de vue de ces déclarations.
03:09Notamment face au rouleau compresseur chinois dont on parlait.
03:11Exactement, on en revient au débat d'avant.
03:12Mais donc sur la compétitivité, je pense que le travail est loin d'être fini.
03:16Quels sont les moteurs de cette amélioration quand même, Frédéric Farrin ?
03:20Je vais répondre à votre question, je ne vais pas, parce que c'est important,
03:24mais juste une petite remarque parce que cette affaire est très mystérieuse, si vous voulez.
03:28Pourquoi cette affaire est mystérieuse ?
03:29Je vais prendre le cas qui m'intéresse beaucoup, que je connais bien, qui est le cas italien.
03:33Oui.
03:34Alors prenons le cas italien, c'est le quatrième exportateur dans le monde, je tiens à le dire.
03:37Ils sont passés devant les Japonais l'année dernière, effectivement.
03:40Donc si on regarde, par exemple, rapide, et ensuite je réponds à votre question,
03:44le tableau de l'économie italienne.
03:47Et là, on est saisi par des paradoxes incroyables.
03:49C'est-à-dire, c'est le quatrième exportateur du monde, et il y a plein de secteurs,
03:54et on célèbre, comment dire, le tissu industriel italien avec, effectivement, sa façon de s'organiser qui est très spécifique.
04:02Mais pourtant, quand on regarde la productivité italienne, il n'y a pas de quoi se réjouir.
04:08Quand on regarde l'hiver salarial dans lequel les Italiens sont, et particulièrement les jeunes Italiens,
04:13ils font qu'ils s'en vont, mais alors, déjà qu'il n'y en a pas beaucoup parce qu'ils ne font plus de gosses,
04:18mais ils s'en vont.
04:20Trois, comment dire, quand on voit les écarts entre le nord et le sud de l'Italie,
04:24qui devient de plus en plus, le sud de l'Italie, quelque chose de plus en plus préoccupant en termes de développement économique,
04:30on se dit, c'est très étrange.
04:32Si on prend d'un point de vue macro, bravo.
04:35Et la dette italienne, même si...
04:37Les comptes qui se redressent.
04:39Elle est stable, mais elle est très élevée.
04:41Elle est très élevée.
04:41Donc, on a un quatrième exportateur, avec une dette qu'ils contiennent, mais quand même qui reste très importante,
04:48une productivité qui fait l'objet de rapports en Italie et d'interrogations nombreuses en disant,
04:52mais où est passée la productivité italienne ?
04:54Les jeunes qui en ont marre de salaire absolument indécent s'en vont.
04:58On ne dit pas que c'est un signe de bonheur universel, le redressement de la compétitivité.
05:01Non, mais ce que je veux dire, c'est intéressant, c'est-à-dire qu'il y a toujours un angle mort,
05:04c'est-à-dire à la fois, je préférerais qu'on ait de bons chiffres,
05:08et contrairement à ce que vous venez de citer,
05:10mais dans le même temps, ça ne garantit pas la totale santé de l'économie.
05:13Absolument.
05:13C'est ça l'étrange paradoxe, et l'Italie, pour ça, nous en livre un de manière exceptionnelle.
05:19Et je le dis avec beaucoup d'affection, parce que j'aime ce pays éperdument.
05:22Et donc...
05:23Et vous n'êtes pas le seul.
05:24Je suis très attaché à ce pays pour mille raisons.
05:26Donc voilà.
05:27Donc c'est pour cela que c'est assez surprenant.
05:29Après, quant à nous, on fait mieux, évidemment, l'aéronautique, ce genre de choses.
05:36En fait, notre problème, c'est que pour pouvoir aussi retrouver de meilleures performances,
05:46on doit sortir d'une stratégie du low cost.
05:49C'est-à-dire qu'on a tout fait pour préserver les emplois peu qualifiés,
05:51on a fait des exonérations de cotisations sociales dans tous les sens,
05:54mais la montée en gamme, ou se situer dans ce qui est intermédiaire ou autre,
05:57il nous manque beaucoup de choses.
05:59Donc c'est-à-dire qu'il y a toute une réflexion à avoir,
06:02mais la question, est-ce que l'Europe recule ?
06:06Bien sûr, puisqu'effectivement, l'Inde, la Chine et les autres avancent,
06:09inévitablement, nous ne pouvons que reculer.
06:11La question est de savoir si on recule vite, ou moins vite.
06:16C'est quand même la question du déclassement vis-à-vis des deux autres grandes puissances,
06:20que sont les États-Unis et la Chine.
06:22Et la réaction qu'on peut avoir en Europe.
06:24Ce n'est pas toujours une bonne nouvelle, d'ailleurs.
06:26Je rebondis sur ce que vous disiez, Frédéric Farah,
06:28parce que l'amélioration de la compétitivité, c'est quoi ?
06:30C'est de la croissance et des emplois en moins, en réalité.
06:33C'est comme ça qu'on l'a mesuré en France, une croissance de 0,9 en 2025.
06:37On parle bien des chiffres de 2025 publiés par l'INSEE pour le chômage ce matin.
06:41Et un chômage qui augmente, qui augmente de 0,2 points au quatrième trimestre 2025.
06:48On est à 7,9% de chômage en fin d'année.
06:52Et notamment un chômage des jeunes qui augmente encore plus vite.
06:58Sur les 15-24 ans, on a une hausse de 2,4 points au quatrième trimestre 2025.
07:05Ce n'est pas une bonne nouvelle, tout ça, Rafik Smati.
07:08Donc, on a une amélioration de la compétitivité,
07:11mais c'est au prix d'un chômage qui monte.
07:13Oui, et d'ailleurs, c'est pour ça qu'il ne faut jamais ériger les statistiques en religion.
07:17Parce que derrière une statistique, vous avez souvent plein de choses.
07:20L'augmentation de la productivité était,
07:25ou plutôt la baisse récente de la productivité,
07:27paradoxalement, était liée à la baisse du chômage.
07:29Pourquoi ? Parce que vous avez un quasi plein emploi
07:31chez les salariés qui sont hautement qualifiés.
07:34et vous avez plus de chômage chez ceux qui sont moins qualifiés,
07:37chez ceux qui sont potentiellement moins productifs.
07:39Et donc, plus vous avez le chômage qui baisse,
07:41plus vous avez la productivité qui baisse.
07:42Et c'est ce qu'on a vu ces dernières années.
07:44Et là, les deux chiffres que vous mettez en parallèle,
07:46vous avez raison de les mettre en parallèle.
07:48Parce que le chômage augmente,
07:51ça veut dire que vous avez...
07:52Et le chômage, il n'augmente pas chez les plus qualifiés aujourd'hui.
07:54Alors, ça va changer avec l'IA,
07:55mais aujourd'hui, il n'augmente pas chez les plus qualifiés.
07:57Il augmente chez les moins qualifiés.
07:58Et donc, c'est ce qui peut justifier l'augmentation de la productivité.
08:01Mais là, moi, ce qui m'inquiète,
08:03et ce qui va faire, je pense,
08:06beaucoup réfléchir les économistes du présent
08:09et surtout ceux du futur,
08:11c'est que je pense que nous allons rentrer,
08:12pour la première fois depuis bien longtemps,
08:14dans un découplage entre deux notions fondamentales,
08:16qui est celle de la productivité et de la prospérité.
08:19Jusqu'à présent, la productivité était toujours,
08:22à moyen et long terme, source de prospérité.
08:25Pourquoi ?
08:26Parce que la productivité était basée sur le travail,
08:28sur le travail humain.
08:29Et aujourd'hui, l'augmentation future de la productivité,
08:33elle ne va pas dépendre nécessairement de nos bras,
08:36mais elle va dépendre de nos neurones.
08:37Et elle va dépendre de l'intelligence.
08:39Et donc, elle va dépendre beaucoup plus du capital que du travail.
08:42Et donc, il n'est pas dit,
08:44et je n'ai pas la réponse,
08:46je ne suis pas un prophète,
08:47mais il n'est pas dit que dans les prochaines décennies,
08:50plus de productivité égale plus de prospérité.
08:52Et je crois que tout l'enjeu des politiques économiques
08:56de ces prochaines années,
08:57encore faut-il avoir une vision,
08:58c'est d'être capable de mettre tout ça en perspective
09:01et de ne surtout plus réfléchir à périmètre constant.
09:04Accepter l'idée que nous sommes dans un monde en totale évolution,
09:08que l'économie, que les sciences, que les physiques
09:10de ces 50 prochaines années,
09:12et les médecines d'ailleurs,
09:13n'auront plus rien à voir avec ce qu'elles sont aujourd'hui.
09:15Donc, beaucoup d'humilité,
09:16mais aussi beaucoup de volontarisme
09:17pour accompagner tout ce changement.
09:19– Ça pose la question de la redéfinition du PIB
09:21qui a été posée déjà, je ne me souviens pas,
09:23sous Nicolas Sarkozy,
09:25chercher une nouvelle définition
09:26pour prendre davantage, élargir cette notion
09:29de prospérité commune, effectivement,
09:34et qui pose question.
09:36Une réaction sur ces chiffres du chômage ?
09:38– Oui, sur le chômage, avant d'élargir le débat,
09:42en fait, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle
09:43dans ces chiffres du chômage.
09:44Globalement, ce n'est évidemment pas une bonne nouvelle
09:46quand le chômage augmente,
09:47notamment pour les milliers de personnes
09:49qui sont concernées,
09:50mais il y a deux éléments
09:52qui expliquent cette statistique,
09:54et effectivement, derrière la statistique,
09:55il faut quand même comprendre
09:56ce que ça recouvre comme réalité économique et sociale.
09:59La première, c'est que,
10:00vous savez qu'il y a eu une réforme du RSA,
10:02que dorénavant, le bénéfice du RSA
10:05est couplé à un accompagnement
10:07et à un effort soit de formation,
10:10soit d'insertion.
10:11On a observé…
10:13– Minimum de 12-15 heures de travail hebdomadaire.
10:16– Non, justement, pas forcément de travail.
10:18D'accompagnement à la recherche du retour à l'emploi, absolument.
10:22– Ça peut prendre plusieurs formes.
10:24Mais cet effet-là fait que des allocataires du RSA
10:28qui ne cherchaient plus d'emploi
10:29se sont remis à chercher un emploi,
10:31sont rentrés dans la population active,
10:33et ça a, par un effet statistique,
10:35augmenté le taux de chômage.
10:36Mais ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle.
10:38Parce que si à l'avenir,
10:39encore faut-il que le marché de l'emploi
10:41permette de trouver un emploi,
10:42que les formations soient les bonnes, etc.
10:43– Ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle.
10:45– Ce sont des gens qui n'étaient plus,
10:45même plus rentrés dans les chiffres du chômage
10:47et qui n'étaient plus dans la flexion des actifs.
10:51– Exactement, qui n'étaient même plus
10:52dans la population active,
10:53puisque le chômage,
10:53c'est le nombre de demandeurs d'emploi,
10:55avec un certain nombre de critères,
10:56sur la population active,
10:57pas sur la population totale.
10:59Donc ça, c'est le premier élément.
11:00Ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle en soi.
11:02Le deuxième élément,
11:03qui est pour le coup franchement une mauvaise nouvelle,
11:05c'est sur le chômage des jeunes, en effet,
11:07avec notamment une augmentation
11:10de quasiment trois points du chômage des jeunes
11:11en un an.
11:12Et on revient, finalement,
11:14c'est comme si on effaçait
11:15tous les progrès qui avaient été faits
11:16ces dernières années,
11:18avec une explication centrale,
11:19qui est l'apprentissage.
11:20Le recul de 3 à 4 % en 2025
11:23du nombre de contrats d'apprentissage
11:25qui ont été conclus,
11:26que ce soit d'ailleurs par les entreprises dans le privé
11:28et même par les administrations dans le public,
11:30même si c'est majoritairement privé,
11:31et donc ce recul de l'apprentissage
11:33fait que le chômage des jeunes
11:35se remet à augmenter de manière importante.
11:37Et donc l'un dans l'autre,
11:38on voit bien que, là encore,
11:40le champ des réformes à mener
11:42dans les prochaines années
11:42reste vaste si on veut rebâtir
11:44une économie de prospérité pour tous.
11:47Avec des crédits à l'apprentissage
11:48qui ont été rabotés à nouveau
11:49dans le PLF 2026,
11:51dans le budget 2026.
11:52Juste deux remarques.
11:54En effet, effectivement,
11:57cette réforme du RSA
11:58s'est traduite par une modification
12:00des catégories de France Travail
12:04puisqu'on a élargé,
12:06on a rajouté deux catégories,
12:07on monte jusqu'à F.
12:08Puisqu'avant,
12:09donc on va de A à F.
12:11On a élargé l'alphabet.
12:12Ce qui n'était pas le cas
12:13puisqu'on a dû intégrer ces catégories.
12:15Donc, c'est le premier élément.
12:17Deuxièmement,
12:18une pensée pour ceux et celles
12:20qui travaillent pour France Travail
12:21parce que,
12:23tout comme à l'époque
12:24de la création du pôle emploi,
12:25les conditions dans lesquelles
12:26travaillent ces personnes
12:27sont de plus en plus difficiles.
12:29Elles disent combien elles ont du mal
12:30à réaliser cette mission
12:31de service public,
12:32c'est-à-dire d'encadrement
12:33de ces nouveaux publics.
12:35Et pour suivre cette affaire,
12:37effectivement,
12:38il y a un mal-être au travail
12:39chez France Travail.
12:40C'est le cas de le dire,
12:41il ne faut pas l'oublier.
12:42D'autre part,
12:43ce que vous nous disiez
12:44est très juste,
12:45c'est ce phénomène
12:46qui trouble toujours
12:46qu'on appelle la flexion des actifs.
12:48C'est-à-dire,
12:49la situation va mieux,
12:52je me réinscris,
12:53par exemple,
12:53autrefois à Pôle emploi,
12:54aujourd'hui à France Travail,
12:54donc je réapparais dans la statistique,
12:56donc que fait mécaniquement le chômage ?
12:58Il augmente.
12:59Je suis étudiant,
13:00j'avais fait un master supplémentaire
13:02pour me protéger
13:03et donc je sortais du chômage,
13:07je disparaissais de la statistique,
13:08je vois qu'il y a une embellie
13:09sur le marché,
13:10je me réinscris,
13:11j'abandonne cette formation,
13:12je me réinscris.
13:13Deuxième flexion des actifs,
13:14que fait le chômage ?
13:15Il repart à la hausse.
13:16Donc c'est pour ça que parfois
13:17on est surpris,
13:18on dit tiens,
13:18ça va mieux économiquement
13:19mais le chômage repart à la hausse.
13:20C'est le phénomène de flexion,
13:22donc c'est ce qui est un phénomène économique
13:24que la statistique renseigne.
13:27Donc ça c'est un élément essentiel.
13:29D'autre part,
13:30pour le chômage des jeunes,
13:32ce qui est très important
13:33concernant les jeunes,
13:34c'est qu'on sait très bien
13:35que le chômage,
13:37les populations ne sont pas exposées
13:39de la même manière.
13:40La plus forte employabilité
13:41se fait entre 25 et 49 ans,
13:42mais pas avant.
13:43Et d'autre part,
13:44ce qui est très important
13:45pour les jeunes,
13:47qu'on va appeler
13:47lorsqu'ils rentrent
13:48sur le marché du travail,
13:49le junior,
13:50le premier emploi
13:51est très important
13:52pour qu'il ait
13:53une capacité qualifiante,
13:55c'est-à-dire que ce ne soit pas juste
13:56un emploi pour un emploi,
13:57mais qu'on en retire des compétences
13:58qu'on peut faire valoir après.
14:00Donc le premier emploi
14:01est aussi quelque chose d'essentiel.
14:02Et ça pose aussi la question,
14:03je rappelle,
14:04le chiffre je n'ai plus en tête,
14:06mais je voudrais qu'on le vérifie,
14:07je crois que c'est 120 000,
14:08mais je n'en suis pas sûr,
14:09le nombre de jeunes,
14:10il faut vérifier,
14:12qui sortent par an
14:13du système scolaire.
14:15C'est moins,
14:15je crois qu'on est à 80 000,
14:16mais on a un peu baissé,
14:17mais ça reste trop élevé.
14:19Voilà, on est à peu près
14:19à 80 000,
14:20merci pour la précision.
14:21Donc 80 000 qui sortent du système
14:22tous les ans
14:23sans formation,
14:25donc ça les expose
14:26au risque du chômage.
14:27Et qui finissent sans emploi.
14:28Voilà, de manière
14:29encore plus élevée.
14:32Et ça, c'est aussi un problème
14:33qui est européen,
14:34parce que le chômage des jeunes
14:35en Europe reste important,
14:38et aussi dans un continent
14:39vieillissant.
14:41Et on ne fait pas
14:42les mêmes politiques économiques,
14:43quand on va fabriquer à l'avenir
14:45plus de maisons de retraite
14:46que de crèches.
14:47Et oui,
14:47préparez l'hépadisation
14:48de l'Europe.
14:50La démographie détermine
14:52la politique économique.
14:53Bon, c'est très intéressant,
14:55un très beau décryptage
14:55de ces chiffres de l'INSEE.
14:58Il nous reste,
14:59allez,
14:59une petite dizaine de minutes ensemble.
15:01Il est 10h49,
15:01vous êtes toujours en direct
15:02sur BFM Business.
15:04Je voulais qu'on parle
15:04pour terminer
15:05de cette étude étonnante,
15:08ce sondage
15:09Opinion Way
15:10pour,
15:12je retrouve
15:13leur nom,
15:14Jaurès,
15:14pour,
15:15pour,
15:15pour,
15:15alors c'est la Fondation
15:16Jean Jaurès,
15:16mais pour le collectif
15:18Sens du Service Public.
15:20Je suis allé voir sur le site
15:21tout à l'heure
15:21pour savoir
15:22qui composait ce collectif
15:24du service public
15:24et il n'y a aucun nom
15:26qui apparaisse.
15:27C'est assez étonnant.
15:27et donc la Fondation
15:30Jean Jaurès
15:30et la CASDEM,
15:31on va citer tout le monde
15:33et qui arrive à ce résultat
15:34assez surprenant,
15:36près de 4 Français
15:37sur 10
15:38seraient d'accord
15:39pour un retour
15:40de la taxe d'habitation
15:41en échange,
15:43évidemment,
15:43d'une amélioration
15:44des services publics locaux.
15:47Ce qui est un peu
15:47contre-intuitif
15:48ou contradictoire
15:50dans ce sondage,
15:52c'est que 70%
15:53des Français,
15:54en même temps,
15:55s'estiment satisfaits
15:56de la qualité
15:57de leurs services locaux.
16:00Mais allez,
16:01un petit dernier débat
16:02ensemble
16:03pour savoir
16:03fallait-il ou pas
16:04supprimer la taxe d'habitation.
16:06C'était la mesure
16:07de 2017
16:08d'Emmanuel Macron.
16:11Près de 20 milliards
16:12quand même
16:13de suppression d'impôts,
16:14ça n'est pas rien.
16:14Qu'est-ce qu'il en reste
16:159 ans plus tard ?
16:17Pas grand-chose,
16:18j'ai l'impression,
16:19Ryan Nezard.
16:19Est-ce qu'on peut d'abord
16:20revenir sur deux autres points
16:22du rapport
16:23et après arriver
16:23sur la taxe d'habitation
16:24parce qu'il y a deux choses
16:25qui m'ont marqué.
16:26La première,
16:27c'est le sentiment
16:28d'un manque de moyens
16:29pour les services publics locaux
16:31qui est très largement partagé
16:33par nos compatriotes
16:33et qui peut paraître paradoxal
16:35là encore
16:35quand on regarde
16:36les grands chiffres
16:37puisqu'on a 57%
16:38de la richesse nationale
16:39qui est consacrée
16:39aux dépenses publiques.
16:41En fait,
16:41ça s'explique assez bien,
16:43c'est que dans cette dépense publique,
16:45la part qui est consacrée
16:46aux services publics
16:48de production,
16:49si je puis dire,
16:49de services au public
16:50est de plus en plus faible
16:51tandis que la part
16:52qui est consacrée
16:53à la protection sociale
16:54au sens large
16:55et en particulier aux retraites
16:56augmente du fait
16:57du vieillissement démographique.
16:58Je prends simplement
16:59l'exemple des retraites,
17:00vous connaissez les chiffres,
17:011 euro sur 4
17:02de dépenses publiques
17:02est consacrée aux retraites.
17:04Et quand on regarde
17:05le budget de l'éducation nationale,
17:06on en parlait,
17:07sur 100 euros
17:07que dépense l'éducation nationale,
17:09vous avez 30 euros
17:10qui ne vont ni au salaire
17:12des professeurs,
17:13ni à l'achat
17:13de manuels scolaires,
17:14ni à la rénovation
17:16du bâti scolaire,
17:17mais qui vont au financement
17:18des retraites.
17:19Donc pour moi,
17:19c'est ce paradoxe-là
17:20qui explique
17:21ce sentiment de manque de moyens
17:23qui est justifié
17:24pour les services publics.
17:25La deuxième chose
17:26qui m'a marqué,
17:27c'est le besoin
17:28de retrouver de l'humain
17:29dans les services publics,
17:30notamment locaux.
17:32Absolument.
17:32Il y a la question
17:33pour les actifs,
17:33par exemple,
17:34de l'élargissement
17:35des horaires d'accueil,
17:36places en crèche,
17:37périscolaire, bibliothèque.
17:38Il y a la question
17:39pour les seniors
17:40d'avoir un humain face à soi
17:42quand on a des questions,
17:43quand on veut obtenir
17:44des réponses
17:45ou un accompagnement
17:45sur un service public.
17:48D'où d'ailleurs
17:48le succès
17:48des Maisons France Service,
17:50qui sont sans doute
17:50une des réponses
17:51qui ramènent
17:53et de la proximité
17:54et de l'humain
17:55à nos compatriotes.
17:57Néanmoins,
17:57il ne faut pas non plus
17:58tomber, je pense,
17:59dans la technophobie.
18:00Simplement,
18:00il faut mettre
18:01la technologie
18:01au bon endroit.
18:02Et le bon exemple,
18:03c'est peut-être
18:04d'avoir de l'humain
18:04face à soi
18:05et de l'IA,
18:06par exemple,
18:06en back office
18:07et pas l'inverse.
18:08Pour terminer
18:08sur la taxe d'habitation,
18:09alors là,
18:10un vrai et total désaccord
18:12sur cette idée
18:13qu'il faudrait restaurer
18:14la taxe d'habitation.
18:15Je rappelle quand même
18:16que ça a été
18:17un gain de pouvoir d'achat
18:18de 700 euros
18:19pour 24 millions de Français.
18:20C'était 20 milliards,
18:21enfin 18 milliards
18:22à l'époque.
18:24Donc,
18:24c'est quand même
18:25rétablir la taxe d'habitation,
18:26c'est concrètement
18:27augmenter les impôts
18:27de 700 euros
18:28par foyer.
18:29Je suis bouché à voler
18:30d'absoluble.
18:30Plus personne ne s'en souvient,
18:32je pense, aujourd'hui.
18:32Je ne suis pas sûr
18:32que ce soit une bonne idée
18:33et c'est le faire
18:34d'autant plus
18:35sur les classes moyennes
18:35puisqu'à l'époque,
18:36un Français sur quatre
18:37était exonéré
18:38de taxes d'habitation,
18:39un Français plutôt modeste.
18:41Et donc,
18:41tous les arguments
18:42qui visent à dire
18:43il faut très vite
18:48avoir de meilleurs
18:48services publics locaux,
18:50je pense que c'est assez triste
18:51parce que c'est vraiment
18:52l'argument qui consiste
18:52à dire une solution,
18:53une taxe.
18:54Il faut vraiment
18:54qu'on sorte de ce mécanisme.
18:55Et en même temps,
18:56la suppression
18:56de la taxe d'habitation
18:57a fait flamber
18:58la taxe foncière,
18:59donc ça veut dire
18:59une assiette
19:00qui s'est concentrée
19:01sur les propriétaires
19:02plutôt que payer...
19:03Ça a été un discours
19:04d'un certain nombre
19:05de communes,
19:06c'est vraiment pas
19:07ce qu'on a observé.
19:08En fait,
19:09il y a eu une compensation
19:10de la taxe d'habitation,
19:11il y a eu en parallèle
19:12des causes de taxes foncières
19:14décidées par les maires,
19:15mais en plus
19:16de ces ressources...
19:17Décidées par les maires,
19:18décidées par le Parlement,
19:20indexées sur les bases
19:22et rajoutées en plus
19:23par les maires
19:24parce qu'il faut bien
19:24un peu de ressources fiscales
19:25au niveau local quand même.
19:27Ils auraient pu faire
19:28des économies à la place.
19:30Plutôt, absolument.
19:31Mais fallait-il supprimer
19:33la taxe d'habitation ?
19:35Allez, Frédéric Farrat,
19:36Géraphix Maty,
19:37il nous reste 4 minutes.
19:38Je vais être rapide
19:39parce que je ne voudrais pas
19:40prendre toute la place.
19:42Bon, là,
19:42ce sondage ou autre,
19:44nous dit deux choses.
19:45Un, que les Français
19:47ont à la fois
19:47la mauvaise humeur fiscale
19:49mais en même temps
19:49un rapport à l'État
19:50« je t'aime, moi non plus ».
19:51Donc, c'est-à-dire
19:52que d'un côté...
19:53La complexité de l'âme humaine
19:54et de l'âme citoyenne.
19:55... nous écrase
19:57mais au moindre souci,
19:58on lui demande une loi,
19:59on lui demande une intervention,
20:00une subvention,
20:01une aide, un coup de mort.
20:02Donc, c'est
20:02« je t'aime, moi non plus »
20:03en permanence,
20:04la mauvaise humeur fiscale
20:05mais s'il te plaît,
20:06sois là, ne t'en vas pas.
20:06Bon, donc ça,
20:07c'est notre spécialité
20:14court depuis des certaines années,
20:15c'est que d'où peut venir
20:16le pouvoir d'achat
20:17d'un seul instrument,
20:18le fiscal.
20:19Et comme c'est
20:20un des derniers
20:20qui nous reste,
20:21vraiment sur lequel
20:22on peut agir,
20:23la politique commerciale,
20:24on l'a vu,
20:24elle n'est plus trop
20:25de notre sort,
20:25la politique budgétaire,
20:26n'en parlons pas,
20:27la politique monétaire,
20:28ce n'est plus notre affaire,
20:28la politique concurrence,
20:29ce n'est plus notre affaire.
20:30Donc, qu'est-ce qui nous reste
20:30comme joué ?
20:31Le fiscal et le social.
20:32Donc, forcément,
20:34on joue avec ce qui nous reste.
20:35Donc, c'est bien simple
20:37puisque le fiscal
20:38doit tout faire,
20:38doit nous redonner
20:39de la compétitivité,
20:40doit nous redonner
20:41du pouvoir d'achat,
20:42doit, comment dire,
20:43nous...
20:43Taxe comportement,
20:44nous expliquer
20:45comment on doit vivre,
20:46doit nous rendre
20:47de la justice sociale.
20:47Donc, la fiscalité fait tout,
20:49mais comme elle fait tout
20:50à la fin,
20:50elle le fait mal.
20:51Donc, inévitablement.
20:52Donc, aujourd'hui,
20:54et se pose aussi la question,
20:55il y a une problématique
20:56et je me tais,
20:57c'est aussi
20:58sur les finances publiques locales,
20:59c'est-à-dire
21:00les ressources
21:00des finances publiques locales.
21:02Il y a quand même
21:02une décorrélation
21:03entre les services
21:04qu'on peut vous apporter
21:04localement maintenant
21:05et les ressources possibles.
21:07C'est aussi un lien
21:08entre le maire
21:09et le contribuable.
21:10Historiquement,
21:11on avait créé un truc en France
21:12qu'on appelait
21:12le département Providence.
21:14C'est-à-dire,
21:14c'était le département
21:15qui jouait le rôle
21:16d'un État social.
21:16Qui aujourd'hui,
21:17en tout cas,
21:18distribue les dépenses sociales.
21:19Effectivement.
21:19Rafix Maty,
21:20fallait-il supprimer
21:21la taxe d'habitation ?
21:22Faut-il la rétablir ?
21:24Non.
21:25Et non.
21:26On va deux questions.
21:28Fallait-il la supprimer ?
21:30Non, pour deux raisons.
21:31D'abord, je pense important
21:32qu'il y ait
21:33un impôt direct
21:35si petit soit-il
21:37dans notre pays.
21:37Le fait que vous ayez
21:38aujourd'hui toute une partie
21:39de la population
21:40qui ne paye pas
21:42d'impôt direct.
21:43Je trouve ça
21:44philosophiquement
21:45malsain.
21:47Et deuxièmement,
21:47la suppression
21:48de la taxe d'habitation,
21:49ça a été un axe,
21:50on parle beaucoup
21:50de décentralisation,
21:52on se gargarise,
21:53on dit qu'il faut décentraliser.
21:54C'est un acte
21:54de centralisation
21:55par excellence.
21:56C'est-à-dire qu'on a
21:56enlevé de la souveraineté
21:57aux collectivités locales
21:59qui ne peuvent plus
22:00lever l'impôt.
22:01Donc, c'est doublement
22:02problématique.
22:03Maintenant,
22:04est-ce qu'il faut
22:04la rétablir ?
22:05Non, je crois qu'il faut
22:06arrêter dès qu'on a
22:07un problème,
22:08dès qu'on est en situation
22:09difficile de raisonner
22:10par l'impôt.
22:10C'est fait.
22:11Moi, je préfère
22:11qu'on dépense notre énergie
22:12à savoir comment on va
22:13construire la France
22:14du futur,
22:15l'Europe du futur,
22:15comment on va enlever
22:16des normes,
22:17comment on va permettre
22:18à nos entreprises
22:19d'innover,
22:19d'embaucher.
22:20Je préfère qu'on se concentre
22:21là-dessus plutôt qu'on essaye
22:22de sortir la boîte à idées
22:24des normes.
22:25Et on est des normes
22:26et des taxes.
22:26On est très fort en Europe
22:27pour le faire,
22:28mais il faut absolument
22:28se garder de cette grosse
22:30dérive comme on a l'habitude.
22:32Surtout le sujet
22:33de la taxe d'habitation,
22:34c'est que sa suppression
22:35n'a pas été financée
22:36intégralement.
22:37Les deux premières années,
22:372018-2019,
22:38les deux premières marches
22:39ont été financées.
22:40Puis ensuite,
22:41est venu le Covid,
22:42est venu,
22:42je ne sais pas si vous vous souvenez,
22:43mais initialement,
22:44l'engagement,
22:46c'était de supprimer
22:47pour 80% des Français.
22:48Ça a été élargi à 100%.
22:50Ces dernières marches
22:51n'ont pas été financées.
22:53Il est là, le problème.
22:54Je pense qu'il aurait fallu
22:55se dire qu'on réduit
22:58les impôts qui pèsent
22:58sur les entreprises
22:59comme sur les ménages
23:00en France
23:01parce qu'on est aujourd'hui
23:03champion d'Europe
23:04ou vice-champion d'Europe.
23:05Donc, il y a un intérêt
23:06économique et social
23:07à réduire,
23:08mais en parallèle,
23:09on fait des efforts
23:10de réforme,
23:11on fait des efforts
23:11d'économie,
23:12et pas qu'au niveau de l'État,
23:13aussi au niveau
23:14des collectivités territoriales
23:15pour que cette baisse d'impôts
23:17ne se traduise pas
23:17par du déficit.
23:19Et pour terminer,
23:20on se dit que le pouvoir d'achat
23:21ne se joue pas
23:21que par la feuille d'impôt.
23:22Ça se joue d'abord
23:23par la feuille de salaire.
23:24Bien sûr.
23:24Quand même le premier sujet,
23:25donc être plus productif,
23:26monter en gamme,
23:27avoir, effectivement,
23:29sortir de cette logique
23:29d'une France low cost
23:30si on veut avoir
23:32de meilleurs salaires
23:33et des progressions salariales.
23:34Et puis enfin,
23:34une politique de concurrence
23:35dont on ne parle plus
23:36et qui doit permettre
23:37sur certains secteurs
23:38de faire baisser les prix
23:39et d'être là aussi
23:40plus productif.
23:40Allez, merci.
23:41Ce sera le mot de la fin.
23:43Merci à tous les trois,
23:43Ryan Nezard,
23:45Frédéric Farah
23:46et Rafik Smati
23:47pour cette émission
23:48passionnante
23:49disponible en podcast
23:50et replay
23:50sur l'application
23:51BFM Business
23:52sur notre site.
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