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  • il y a 2 jours
Ce jeudi 5 février, Antoine Larigaudrie a reçu Barbara Thomas-David, notaire à Paris, François-Xavier Sœur, gestionnaire de Patrimoine chez Terrae Patrimoine, et Joachim Savigny, président de Cheval Blanc Patrimoine, dans l'émission Tout pour investir sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Allez, on a changé le cadre majeur, on passe à 3, mais ça reste la Dream Team.
00:09Maître Barbara, Thomas David, notaire, bonjour.
00:12Merci d'être avec nous et vous nous accompagnez tous les mois quasiment sur TPI,
00:19deux fois par mois pour vraiment décortiquer toutes les nouveautés
00:23en matière de lois de régulation autour de votre patrimoine.
00:27François-Xavier Sœur de Terrae, bonjour, et Joachim Savigny, cheval blanc patrimoine.
00:33Bonjour.
00:34Des pros de la gestion du métier pour nous aider à décortiquer un petit peu tout ce dont on vient de parler.
00:40Il y a une modification qui inclut cette loi budgétaire 2026 sur vos finances personnelles,
00:45sur votre patrimoine, sur votre capital.
00:47On va peut-être commencer avec vous, Maître Barbara, Thomas, David.
00:51J'allais dire, est-ce que tout ce bataille autour du budget, autour des conséquences que ça va avoir,
00:57ça provoque des afflux de clients chez vous en disant, qu'est-ce que je fais ?
01:01On y est depuis quasiment un an et demi.
01:08Est-ce que ça continue de défiler dans le bureau en disant, bon, qu'est-ce que je fais ?
01:12Moi j'ai ça, qu'est-ce qui va m'arriver ?
01:14Est-ce que vous sentez en tant que pro que l'inquiétude continue à être un petit peu latente
01:19chez les épargnants, chez les investisseurs ?
01:21Alors oui, parce que si vous voulez, à partir du moment où vous avez un patrimoine,
01:25qu'il soit un patrimoine immobilier ou mobilier, vous avez une incertitude qui fait que l'incertitude,
01:32ça fait quoi ? Ça fait comment est-ce que je vais transmettre mon patrimoine, tout de suite ou à terme ?
01:38Et comme l'anticipation, et donc on a des CGP qui sont là, ils ne vont pas dire le contraire,
01:42l'anticipation, c'est le maître mot en matière de transmission, de fléchage de ces revenus,
01:48et bien oui, on a beaucoup de gens qui s'interrogent.
01:51En plus de ça, la loi de finances qui a finalement abouti,
01:55et bien elle n'a pas fait des modifications extrêmement importantes,
02:00mais quand même, il y a une évolution, on va dire, psychologique très importante
02:05en matière des deux investissements phares qui sont pointés du doigt depuis maintenant 6, 8 mois
02:12et qui ont fait l'objet de débats parlementaires importants,
02:15c'est le Dutreuil d'une part et la holding familiale d'autre part.
02:19Ce qu'il faut retenir en la matière, me semble-t-il, c'est que les deux principes,
02:25la philosophie, c'est qu'ils ne sont pas remis en cause dans leurs principes légitimes et vertueux.
02:30C'est légitime pour le Dutreuil parce que transmettre au profit de ses enfants,
02:36en donation ou en succession, à partir du moment où c'est vertueux,
02:40c'est pour la pérennité de l'entreprise et c'est l'objectif final du Dutreuil.
02:45Si c'est là, le gouvernement a dit on maintient.
02:49Pareil pour les holdings, les holdings familiales,
02:52si le but final c'est que finalement cette holding soit pérenne
02:57et elle fasse vivre des entreprises françaises, très bien.
03:00Par contre, ce qui a été pointé du doigt, c'est ce qu'on appelle les actifs somptuaires,
03:05c'est ce que j'appelle les actifs passifs, c'est-à-dire les biens
03:09qui n'ont pas lieu d'être dans la holding ou dans le pacte Dutreuil.
03:14Et là, ça fait mal parce que dans les holdings, c'est une taxation à 20%
03:19et dans le Dutreuil, il va falloir changer.
03:22Et là, vous avez une taxation de 75%.
03:24Donc, ce n'est pas facile.
03:25Et l'idée, c'est que nous notaires, on est là aussi un peu pour arbitrer.
03:31Et dire, attention, là vous allez faire un Dutreuil, super,
03:36mais ce bien-là, cette résidence secondaire, cette voiture de luxe, ceci, ceci, cela,
03:40on l'enlève.
03:41Pareil pour les holdings familiales.
03:44François-Xavier Sœur, je le disais en cours de semaine, c'est peut-être un peu exagéré,
03:49mais en gros, le gouvernement veut s'en prendre à la dernière Bugatti Veyron immatriculée en France,
03:55alors que 90% sont immatriculés au Luxembourg,
03:58et le dernier yacht de luxe qui ne soit pas immatriculé au Bahamas.
04:02En gros, c'est ça.
04:03Il est question de signal.
04:05Mais c'est ça, mais sans être trop de scoléniniste révolutionnaire,
04:07honnêtement, ce qu'a fait le gouvernement sur ces dispositifs-là,
04:11ce n'est pas si mal.
04:12C'est très symbolique, mais ce n'est pas si mal,
04:14et ça permet de remettre l'esprit de la loi dans le sens de ce qu'on veut faire,
04:19et dans le sens des entrepreneurs.
04:20De dire, si vous avez une holding, si vous faites un Dutreuil,
04:24c'est les actifs pros.
04:26Si jamais vous voulez vous amuser à mettre du perso dedans,
04:29ça n'a rien à y faire.
04:30Et en soi-même, ce n'est pas si mal.
04:32Alors, l'impact budgétaire est hyper limité.
04:35Franchement, ce n'est pas avec ça qu'on va sauver les 6% de déficit qu'on a,
04:41très clairement.
04:43C'est plutôt ça, moi.
04:44C'est plutôt dans l'état d'esprit.
04:46Il n'est pas si mauvais que ça sur ces mesures-là.
04:48Moi, ce qui m'embête un peu plus,
04:49c'est qu'aujourd'hui, effectivement, on a 6% de déficit,
04:51qu'on nous dit à chaque fois qu'on va régler ces 6% de déficit
04:54par 75% d'économie et 25% d'impôts,
04:56et qu'on fait systématiquement l'inverse.
04:58Moi, c'est plutôt ça qui, aujourd'hui, me pose souci
05:00au niveau de l'état d'esprit qu'on peut avoir.
05:03Mais sur la holding, sur le Dutreil,
05:05ça enlève des doutes.
05:07Et si on enlève des doutes, on enlève de la défiance
05:08et on pérennise ces dispositifs qui sont positifs.
05:11Il ne faut pas oublier qu'il y a une société sur deux
05:12qui ne survit pas à son créateur.
05:15Le Dutreil, c'est ça l'objectif.
05:16In fine, ça préserve de l'emploi.
05:18Donc, in fine, le Dutreil, c'est social.
05:20Il faudrait juste l'expliquer à ceux qui le remettent en cause.
05:23Joachim Savigny, même question.
05:25Est-ce que vous sentez une inquiétude de fond
05:28chez les clients qui viennent vous voir ?
05:30Est-ce que vous sentez qu'il y a eu un signal
05:32qui était peut-être pas bon,
05:34mais que le reste de ces réformes
05:37et de ces modifications réglementaires
05:39peuvent apporter un petit peu de visibilité ?
05:42Moi, je ne suis pas tout à fait d'accord
05:43avec ce qu'on vient de se dire.
05:44Pourtant, on a des avis qui se rejoignent
05:46sur pas mal de choses.
05:48La réalité, c'est que moi, je pense
05:51que le gouvernement, ils sont allés trop loin.
05:52Encore une fois, ils avaient promis pas de hausse,
05:54pas de taxes, etc.
05:56Et les clients qui viennent chez nous,
05:58dans un gros 95 %,
06:00à part ceux qui sont prêts à des sacrifices
06:04pour leur prochain, on va dire,
06:07c'est un ras-le-bol général
06:09qui est un cri qui est unanime.
06:12On reste là-dessus, c'est-à-dire qu'il n'y a plus de...
06:15Bon, allez, ça y est, on a le cadre, on avance.
06:17C'est terminé.
06:17C'est terminé même pour nous,
06:19quand on prend un petit peu de hauteur.
06:20Moi, je suis tout le temps à essayer de me dire
06:22qu'est-ce qu'on peut faire de notre mieux.
06:24En plus, je viens d'une famille
06:25qui était modeste, on va dire,
06:29et dans laquelle j'ai aussi eu la chance
06:31d'avoir le système qui m'a aidé à m'élever.
06:34Et aujourd'hui, quand je regarde,
06:36je ne peux pas dire à mes clients,
06:37non, vous avez tort,
06:38parce qu'on a tout un tas de textes, de lois.
06:41On ne devait pas avoir d'augmentation d'impôts,
06:43on ne devait pas avoir d'augmentation de taxes.
06:44Enfin, le coût des prélèvements sociaux,
06:45c'est quand même super violent.
06:46On passe de quelque chose qui était provisoire
06:48il y a 25 ans à 18,6 % aujourd'hui.
06:52Je ne sais pas si vous imaginez,
06:53c'est ce qui représente le plus d'argent, d'ailleurs.
06:56On passe, je ne sais pas, sur des petites mesures.
06:57Si je veux donner aujourd'hui des actions à mes clients,
07:00des BSPCE, à mes collaborateurs, pardon,
07:02c'est quelque chose que je pense faire tous les ans,
07:06mais c'est hyper décourageant.
07:07Je me dis, je vais leur donner des BSPCE.
07:10Dès qu'ils vont les exercer,
07:11ils vont avoir, je ne sais pas,
07:12admettons qu'ils soient à 30 % imposés ou à 41 %,
07:15plus les prélèvements sociaux sur la plus valide d'acquisition,
07:17ils vont avoir 60 % payables tout de suite, maintenant.
07:20C'est quand même, on veut décourager.
07:23Et le message qui est un cri du cœur,
07:26et qui est aussi dans toutes les analyses qu'on peut voir,
07:29c'est qu'il n'y a jamais une économie
07:31qui s'est relevée ou redressée
07:33en augmentant ses impôts.
07:35Ce qui a permis aux États-Unis
07:36de tout écraser sur leur passage il y a quelques années,
07:39c'est quand même le choc fiscal.
07:39Mais après, on n'aime pas Donald Trump,
07:41je ne suis pas forcément fan dans son ensemble.
07:44En revanche, le choc fiscal a permis aux États-Unis
07:46de devenir une terre ultra compétitive.
07:48Et là, on perd de la compétitivité,
07:50ça fait peur à nos clients.
07:51Les chefs d'entreprise, ils font quoi ?
07:53Ils s'en vont, je continue de le dire,
07:54mes amis avocats fiscalistes,
07:56aujourd'hui, si on va en rendez-vous
07:58pour aller se mettre en Grèce, en Italie,
08:00au Portugal, à Dubaï,
08:02il faut faire la queue,
08:03parce qu'ils n'ont pas le temps, en fait.
08:04Donc, on en est à ce point-là.
08:06Et donc, moi, je suis pressé de voir
08:07ce que va donner le rapport annuel
08:09de flux de millionnaires
08:12qu'il y a tous les ans, qui sort.
08:13Et on va regarder, l'année dernière,
08:15c'était les Anglais qui étaient en tête,
08:16et je pense que la France
08:17ne sera pas très loin cette année.
08:18Bon, on va regarder ça avec attention.
08:20Enfin, bon, le signal est quand même
08:22assez négatif.
08:25François-Xavier Sœur,
08:26le problème aussi,
08:27quand on lance une réforme comme ça,
08:29qu'on essaie de bouger les curseurs
08:31sans trop hérisser le poil
08:33de qui que ce soit,
08:35c'est que finalement,
08:35on ne fait pas grand-chose.
08:36Maintenant, au milieu de tout ça,
08:37on a mis, au milieu de cette soupe,
08:39on a mis les croutons.
08:40Et les croutons, c'était des mots-valises
08:41qui nous ont un peu déséquilibré les idées.
08:44Tax holding,
08:45et puis hausse de la CSG.
08:48Donc, d'un coup,
08:49on a l'impression que les mesures
08:50qui ont été prises
08:50arbitrent négativement
08:53les décisions de ceux
08:54qui en ont finalement le plus besoin,
08:56et n'ont pas d'impact
08:57sur ceux qu'on voudrait impacter
08:59un peu plus.
09:00Je suis d'accord que si on était
09:02un pays qui...
09:03Enfin, si le bonheur d'un pays
09:06se mesurait à son taux de prélèvement,
09:07on serait le pays le plus heureux du monde.
09:09Ce n'est pas le cas aujourd'hui,
09:11très clairement.
09:12Est-ce que le souci,
09:13c'est le montant du prélèvement,
09:14et où, c'est surtout le et où,
09:16l'utilisation qu'on en fait ?
09:17Parce qu'aujourd'hui,
09:18on a peut-être l'impression
09:18de ne pas avoir le service public
09:20à la hauteur des impôts
09:21qu'on paye au quotidien,
09:22et la protection aussi des plus modestes
09:24à la hauteur de ce que l'on paye aujourd'hui.
09:26Donc, c'est peut-être là-dessus
09:28qu'aujourd'hui,
09:28il y a cet arbitrage.
09:29Et c'est le souci,
09:30c'est qu'aujourd'hui,
09:30on n'a pas de majorité.
09:32On n'a pas quelqu'un
09:33qui peut prendre des mesures fortes
09:34et un parti qui peut prendre
09:35des mesures fortes
09:36qui permettraient d'aller
09:36dans une direction.
09:38C'est ce qui manque.
09:38Quand vous avez une société,
09:40n'importe quelle entreprise
09:41qui est dans un monde concurrentiel,
09:44où c'est le bazar
09:44au niveau de la direction
09:45d'un conseil d'administration,
09:47vous allez le voir en bourse,
09:48elle va se casser la figure.
09:49C'est un peu la même chose
09:50avec la France aujourd'hui.
09:51On n'a pas de majorité,
09:52ça part un peu dans tous les sens,
09:53on ne sait pas où on va.
09:55Voilà, vivement les prochaines élections
09:56pour essayer d'avoir un cap
09:57en espérant qu'on ait un cap
09:59et un cap budgétaire
10:00et puis un cap sur plusieurs années.
10:01Les chefs d'entreprise,
10:02ils veulent toujours,
10:03c'est normal,
10:03moi aussi,
10:04qu'on baisse la fiscalité.
10:05Mais ce qu'on voudrait,
10:06c'est un cap de la stabilité.
10:07Parce que quand on fait
10:08un plan d'investissement,
10:09on a besoin de savoir
10:10où on investit
10:11pour les prochaines années.
10:12Quand on nous change
10:12la fiscalité tous les ans,
10:14mais ça s'applique
10:14au niveau des sociétés,
10:16ça s'applique au niveau
10:16du patrimoine,
10:17mais ça s'applique au niveau,
10:18pour prendre un cap pratique,
10:19au niveau de l'immobilier.
10:20L'immobilier,
10:22ça change tous les deux ans.
10:23Au bout d'un moment,
10:24et puis surtout,
10:25on apprend la fiscalité
10:26sur l'année,
10:28hyper tard.
10:28On est quand même en février.
10:30On est en train de faire
10:31une spéciale budget
10:31sur les revenus de 2025.
10:34C'est complètement ça.
10:35C'est du délire.
10:36Maître Barbara Thomas-David,
10:37est-ce que,
10:39justement,
10:39au milieu de tout ça,
10:41les considérations de l'immobilier,
10:42en plus,
10:42un immobilier qui,
10:43tendanciellement,
10:44est en train
10:44d'un petit peu repartir.
10:46Est-ce que vous pensez
10:47que ça,
10:47c'est de nature
10:49à mettre du round-up
10:50sur la toute petite herbe
10:51qui était en train de pousser ?
10:54Et est-ce que vous avez senti
10:55dans les différentes mesures
10:56qu'on a largement commentées
10:58en première partie d'émission,
10:59est-ce que vous avez vu
11:00une mesure sortir du chapeau
11:01en vous disant
11:02« Non, mais ça,
11:02c'est vraiment la pire idée
11:04qu'ils aient eue ».
11:05Est-ce que ça vous a traversé
11:07l'esprit ?
11:08Alors, non.
11:09Je ne me suis pas dit ça.
11:11En fait,
11:12ce que je dirais,
11:13c'est qu'il y a eu
11:13des petites touches
11:15et des mesurettes,
11:15mais comme il n'y a pas
11:16de véritable cap,
11:17comme tout le monde le dit,
11:19ça a été un petit peu
11:21des petites touches
11:22ça et là.
11:23Je ne reviens pas
11:24sur ce dont on parlait
11:25tout à l'heure
11:26sur le maintien
11:28des régimes
11:29du trail
11:30et holding
11:31parce que je trouve
11:32que c'est néanmoins vertueux,
11:34mais je voudrais faire
11:35un focus
11:35sur l'immobilier.
11:37Et c'est vrai
11:37que cet immobilier,
11:39les mesures fiscales
11:41attractives
11:41qui devraient
11:42accompagner l'immobilier,
11:44à mon avis,
11:44elles ne sont pas forcément là
11:45et je trouve ça dommage.
11:47L'immobilier repart un peu,
11:48mais je voudrais,
11:50je sais,
11:50tout le monde a entendu
11:51parler autour de la table
11:52de la baisse de natalité
11:54qui est extrêmement importante
11:56en France.
11:56On a beaucoup parlé
11:57pour la retraite,
11:58mais voilà.
11:59C'est quoi la cause,
12:00le frein
12:01au troisième enfant,
12:02au deuxième enfant,
12:03même au premier enfant ?
12:04C'est quoi ?
12:04C'est le logement
12:06parce que je n'ai pas
12:07la chambre suffisante
12:08pour loger mon logement
12:09et mon enfant.
12:10Et ça,
12:10ce n'est pas uniquement
12:11l'immobilier parisien
12:12et faire du parisianisme,
12:14c'est France entière.
12:15Et c'est vrai qu'on a
12:15le coutume de dire
12:16quand l'immobilier va,
12:17tout va.
12:18Et aussi bien
12:19pour un investissement locatif
12:21que pour une résidence principale
12:22que pour une résidence secondaire,
12:24regardez,
12:25il y a eu l'année dernière
12:25l'augmentation
12:26des droits de mutation
12:27à titre néreux.
12:28On est passé à 5%
12:29dans les départements.
12:31Bon,
12:31la loi là-dessus
12:33a été confortée.
12:35Je ne suis pas certaine
12:36qu'il n'aurait pas fallu
12:38rebaisser un petit peu,
12:39mettre un souffle.
12:40Alors,
12:40il y a eu effectivement
12:41relance logement,
12:42c'est très bien.
12:43Mais c'est une mesure
12:44qui est vertueuse.
12:45C'est la petite sœur du Pinel.
12:47On va pouvoir
12:48commencer à redéduire
12:52de ses revenus locatifs
12:53un amortissement.
12:55Et c'est très bien.
12:55Mais je pense que
12:57cette mesure,
12:59elle aurait dû être appliquée
13:00à beaucoup plus
13:01d'actifs immobiliers
13:04pour relancer
13:05le logement,
13:07même si effectivement
13:07il y a un petit démarrage,
13:10il est léger,
13:11mais une vraie politique
13:13de fiscalité immobilière
13:15me semble-t-il
13:16aurait été
13:16un signal fort.
13:18Je suis Hakim Savigny,
13:19Cheval Blanc Patrimoine.
13:21Vous aussi,
13:22vous pensez
13:22que l'immobilier
13:23est aussi
13:23au cœur
13:24finalement
13:25de ces changements
13:26structurels ?
13:27Totalement.
13:28Il y a beaucoup
13:29de causes aussi.
13:30Il y a l'éclatement
13:31des ménages,
13:31un couple sur deux divorces,
13:32etc.
13:33Donc ça veut dire
13:33qu'il faut plus de logements.
13:35Et là,
13:35on a moins de logements,
13:35on a un déficit structurel
13:36de logements
13:37qui est hyper important.
13:38Et aujourd'hui,
13:39on a fait tout l'inverse.
13:40C'est-à-dire que déjà,
13:42les locataires,
13:42ça ne bouge plus.
13:43À Paris,
13:44vous avez un studio à louer,
13:45il y a 60 demandes
13:46dans l'heure.
13:47Pourquoi ?
13:47Parce que le plafonnement
13:48des loyers,
13:49parce que plein de choses
13:50qui permettent
13:50de ne pas fluidifier
13:52en tout cas
13:53les logements.
13:54Et la construction
13:55a été à des plus bas niveaux
13:57depuis des décennies.
13:59Il me semble qu'on est arrivé
14:00sur des niveaux
14:01qui sont extrêmement faibles.
14:02Je crois qu'il n'y avait eu
14:02même pas 50 000
14:04mises en chantier
14:04des promoteurs
14:05l'année dernière,
14:05ce qui était complètement
14:06trop bas comme chiffre.
14:10Il y avait un projet de loi
14:13l'année dernière
14:13qui, il me semble,
14:14c'était Cosses et Besson
14:15qui était génial
14:16et qui était,
14:17on va dire,
14:17les prémices
14:18de ce qu'est aujourd'hui
14:19la loi Jean-Brun,
14:19mais en moins avantageux.
14:22C'est vrai que quand on regarde
14:23la loi Jean-Brun,
14:24c'est un bon dispositif
14:25avec les amortissements,
14:26etc.
14:27En revanche,
14:27c'est vrai que c'est plafonné
14:28et que ça va permettre,
14:30encore une fois,
14:31qu'à une partie de la population
14:32d'investir dans l'immobilier locatif
14:33et ce n'est pas ça
14:34qui va redonner
14:35un coup de souffle
14:36à l'économie.
14:37Et l'immobilier,
14:38c'est quand même
14:38un des poumons forts
14:39et je pense qu'il va falloir
14:40qu'on trouve avec un électrochoc
14:42quelque chose
14:43pour relancer l'immobilier,
14:44pas que l'immobilier.
14:45La création d'entreprises,
14:47aujourd'hui,
14:48quand on voit les jeunes
14:49qui viennent nous voir,
14:50je trouve ça un peu effrayant
14:52parce qu'ils nous disent
14:53« Oui, voilà,
14:53je veux aller à Dubaï,
14:55aux Émirats en ce moment,
14:55à Abu Dhabi.
14:56Pourquoi à Abu Dhabi ? »
14:57En Grèce,
14:58à Bali,
14:59en Indonésie,
15:00en Thaïlande,
15:00enfin partout,
15:01sauf en France.
15:02Puis vraiment loin.
15:03Oui, vraiment loin.
15:04Ils se disent
15:04avec le monde
15:05qui s'est dématérialisé
15:08où on a une digitalisation extrême,
15:10ils peuvent être là-bas
15:11et payer moins d'impôts.
15:12Et c'est vrai
15:12qu'ils attendent quand même
15:13d'avoir le prix
15:16de leur prélèvement
15:17et de leur taxe
15:18pour le service public.
15:20Mais ce n'est pas que ça.
15:21C'est au-delà de ça.
15:21Il faut que ça baisse
15:22à un moment donné.
15:23Il faut qu'on arrête
15:24d'être le pays
15:24le plus taxé du monde
15:26en moyenne.
15:27Puisque même si on a
15:28un service public
15:29qui était irréprochable,
15:30on ne devrait pas être
15:30le plus taxé du monde.
15:32Il y a un vrai problème
15:32par rapport à ça.
15:33Il y a un vrai ras-le-bol.
15:34Ce qu'on peut faire
15:35pour ces finances,
15:36c'est continuer
15:38d'essayer d'investir
15:40le maigre euro
15:41qui nous reste net
15:41de fiscalité à la fin
15:42pour le faire grossir.
15:43Mais si on le retaxe
15:44à la fin
15:45ou qu'on reoblige
15:46pour aussi la porcession
15:48tous ces sujets
15:49qui permettaient
15:50un petit peu
15:50de préserver du capital
15:52et de réinvestir,
15:53si on nous contraint
15:54encore plus,
15:55à la fin,
15:56on est dans une petite prison
15:57quand même
15:57dans laquelle on n'arrive
15:58plus trop à bouger.
15:59Et même en étant créatif,
16:01on ne s'en sort pas
16:02si bien que ça aujourd'hui.
16:04François-Xavier Sœur.
16:05Il n'y a pas de crise
16:05de l'immobilier en France.
16:07Il y a une crise
16:07de l'immobilier locatif.
16:09Ce qui n'est pas pareil.
16:10On a eu des pays
16:11dans le monde
16:12où il y a eu des baisses
16:13de valorisation très fortes,
16:14beaucoup plus fortes
16:15qu'en France,
16:16où on a eu un arrêt
16:17beaucoup plus fort
16:17des transactions.
16:18Le marché de la résidence
16:21principale
16:21reste actif.
16:23Et il n'y a pas eu,
16:24comme dans les pays
16:25anglo-saxons
16:26ou même dans les pays
16:27du nord de l'Europe,
16:28des baisses
16:29extrêmement importantes.
16:30Ce qui est en crise
16:31aujourd'hui,
16:31c'est l'accès
16:32au premier logement,
16:34donc l'immobilier neuf
16:35qui est en crise profonde.
16:37Et là,
16:37il faudrait trouver
16:38une béquille.
16:39Et l'immobilier locatif.
16:40Et en fait,
16:40je n'étais pas un grand fanat
16:42du Pinel
16:42et de tous ces dispositifs-là.
16:43Vous avez remarqué
16:44que le dernier dispositif
16:45ne porte pas
16:46de nom de ministre
16:47parce qu'ils se sont
16:47tellement plantés.
16:48On l'a retiré
16:49au pire des moments.
16:50On l'a retiré
16:51au début de la crise.
16:52Oui, oui, c'est ça.
16:52Et en fait,
16:53là au moins,
16:53on remet un dispositif
16:54dans la crise.
16:55Donc on va dire
16:55qu'au moins le signal,
16:56même si ce n'est pas parfait,
16:57le signal est au moins
16:58dans la bonne direction.
17:00Bon,
17:00on va terminer
17:01cette émission.
17:02Je vais vous poser
17:03une question simple.
17:04Tiens,
17:04François,
17:04Xavier et Soeur,
17:05en fonction de tout
17:06ce qui a été
17:06annoncé
17:09et voté
17:10en termes
17:11de lois budgétaires
17:12qui vont avoir
17:13une influence
17:13concrète
17:14sur votre patrimoine.
17:16Qu'est-ce que vous diriez
17:16à un client
17:18qui veut réorganiser
17:19un petit peu
17:19ses finances
17:20en fonction de ça ?
17:21Est-ce qu'il y a
17:21des arbitrages
17:22qu'il va devoir
17:23faire plus vite ?
17:25Est-ce qu'il a
17:26des arbitrages
17:27à faire différemment ?
17:28Qu'est-ce que vous diriez ?
17:29Alors,
17:30déjà,
17:30pas d'urgence
17:31parce qu'en soi-même,
17:33il faut attendre
17:33que les lois,
17:34les décrets
17:35soient promulgués,
17:36etc.
17:36Il faut attendre
17:37encore un peu.
17:38On l'a presque fait
17:39un peu tôt
17:39cette spéciale budgétaire.
17:40Il faudrait peut-être
17:40atteindre encore
17:4110-15 jours.
17:42On en fera une deuxième
17:43avec plaisir,
17:43je reviens dans 15 jours.
17:45Mais en tout cas,
17:46l'idée,
17:47c'est vraiment ça.
17:47Déjà,
17:48pas d'urgence.
17:48En gestion de patrimoine,
17:49il faut éviter toujours
17:50de mettre des grands coups de barre
17:51à droite ou à gauche
17:52parce que ça coûte cher.
17:55Il y a les...
17:55En immobilier,
17:56tout de suite,
17:56il y a les droits de mutation.
17:57Et l'impact est long.
17:58L'impact est long.
17:59Donc,
18:00si jamais on se met
18:01à réagir
18:01à chaque rumeur,
18:05ça peut coûter très cher,
18:06ça peut faire prendre
18:06des mauvaises décisions.
18:07Il y a des clients
18:08qui nous appelaient
18:09en fin d'année.
18:09Je pense que Joaquim
18:10a eu la même chose
18:10en disant
18:11« Ouh là là,
18:12il va y avoir l'impôt
18:12sur la fortune improductive.
18:13Il faut vendre
18:14tout le fonds euro
18:14et passer sur autre chose. »
18:16La première des choses
18:17qu'on nous a dites,
18:18c'est « Attendez.
18:19Au pire,
18:19vous le paierez un an.
18:20Mais attendez
18:21parce que vous allez vous perdre.
18:22De toute façon,
18:22toute la participation
18:23aux bénéfices différés
18:23de l'année
18:24ou une grande partie.
18:25Donc,
18:25méfiez-vous de ça.
18:26Donc,
18:27les grands coups de barre,
18:28il faut éviter.
18:28Donc,
18:28évitez les grands coups de barre.
18:30Attendez.
18:30Ce n'est pas parce qu'il y a
18:311,4 de plus
18:32de CSG,
18:33CRDS
18:33qu'il faut arrêter
18:35de faire du compte-titre
18:36ou qu'il faut arrêter de faire…
18:37Voilà.
18:38C'est plutôt des cas
18:38très particuliers.
18:39Les holdings,
18:40effectivement,
18:40vous avez des biens
18:41qui sont taxés à 20%.
18:43Sortez-les.
18:44Commencez à les sortir
18:45parce que ça va coûter
18:46très très cher
18:46et c'est l'idée de l'État.
18:47C'est de le remettre
18:48sur des choses
18:50qui vont être taxées
18:50dans d'autres dispositifs
18:51que dans des holdings.
18:52Mais pour moi,
18:53ça ne remet pas en cause
18:54les apports cessions.
18:55Ça ne remet pas en cause tout ça.
18:56Il faut prendre la fiscalité.
18:58Il y aura un peu plus
18:58de fiscalité
18:59mais il n'y a pas de raison
18:59pour moi de donner
19:00de grands coups de barre.
19:01Faites juste attention
19:02à ceux qui ont des versements
19:03mensuels programmés
19:04sur les contrats retraites,
19:07sur les PER.
19:08Les médecins, par exemple,
19:09qui ont des PER
19:09qui continuent à travailler,
19:10qui ont plus de 70 ans,
19:11ne pourront plus déduire.
19:13Sauf si c'est des vieux.
19:14Et c'est une vraie problématique.
19:16Contrats, voilà.
19:16Apparemment,
19:17Madeleine, Perp
19:17ne sont pas concernés
19:18mais faites attention
19:19juste aux PER.
19:20C'est vraiment peut-être
19:21la chose à faire
19:21en ce début d'année.
19:22Plus de 70 ans,
19:23épargne-retraite,
19:24PER1, PERCO,
19:25faites attention.
19:26Voilà, c'est peut-être
19:26le seul rapide à faire là maintenant.
19:28Le reste, attendez un peu.
19:29Et allez voir votre notaire.
19:31Je passe mon temps
19:31à envoyer du monde
19:32chez le notaire en ce moment
19:33parce que la fiscalité
19:34est successorale,
19:35je pense qu'elle peut évoluer
19:35très fortement.
19:36Faites vos donations.
19:37Et le notaire,
19:38on va l'interroger,
19:38Maître Barbara Thomas-David.
19:40Là, sur les prochaines semaines,
19:42sur les prochains mois,
19:43est-ce que vous pensez
19:43qu'il y a quand même
19:44quelques arbitrages,
19:45quelques ajustements à faire
19:46et quelques vérifications à faire
19:48pour celui qui a un petit peu
19:50de patrimoine
19:50vis-à-vis de tout ce qui vient
19:51d'être décidé ?
19:52Alors, oui,
19:53pour rebondir sur ce que vous dites,
19:54là, la fiscalité patrimoniale
19:56des droits de succession
19:57et des droits de donation,
19:59elle n'a pas bougé cette année.
20:00Mais il se peut
20:01qu'elle rebouge
20:03et pas qu'elle bouge
20:04dans le bon sens.
20:05Donc, effectivement,
20:06attendons les décrets
20:08d'application
20:08des différents articles
20:11de lois fiscaux
20:12qui viennent d'être votés.
20:15Et il faut effectivement
20:15faire, à mon avis,
20:16des arbitrages
20:17sur le Dutreil
20:19et sur la holding familiale,
20:21vite,
20:21une fois que les décrets
20:22seront appliqués,
20:23parce que là,
20:23on est rentré dans une brèche
20:25qui distingue
20:26l'actif professionnel
20:28de l'actif somptuaire
20:29ou passif.
20:30Et je pense que cette brèche,
20:32elle va être
20:32de plus en plus drastique.
20:34C'est-à-dire qu'un jour,
20:35il y aura une liste
20:36de biens,
20:37quels qu'ils soient,
20:38qui devront être exclus.
20:39Aujourd'hui,
20:40on est encore,
20:41je pense qu'on a encore
20:41une année ou deux
20:42où, certes,
20:44les décrets d'application
20:44vont arriver,
20:45mais on a encore
20:47une petite fenêtre de tir
20:48pour arbitrer.
20:49Après,
20:50il sera trop tard.
20:50Mais effectivement,
20:51la bonne idée,
20:52c'est d'aller voir son notaire,
20:53de faire un bilan patrimonial,
20:56de faire des simulations aussi
20:57des actifs mobiliers
20:59avec son CGP.
21:00C'est vrai que moi,
21:01j'aime bien aussi
21:01faire des réunions à plusieurs
21:04avec le CGP,
21:05avec l'expert comptable,
21:06avec l'avocat.
21:07Et effectivement,
21:09ensemble,
21:10trouver des solutions.
21:11des fois,
21:11il est urgent de faire
21:12et d'autres fois,
21:12il est urgent de ne pas faire.
21:14Le mot de la fin,
21:15Joachim Savigny,
21:1630 secondes,
21:16votre conseil ?
21:18Le premier conseil,
21:18c'est de performer
21:19parce que pour être taxé,
21:20il faut performer.
21:21On est toujours taxé
21:22sur de la plus-value,
21:22de la performance
21:23ou de la création de valeur.
21:25Donc,
21:25à partir du moment
21:25où déjà,
21:26on ne performe pas,
21:28ça ne sert à rien
21:28de fulminer
21:30sur la loi de finances.
21:31Donc,
21:31la première des choses,
21:32c'est d'aller créer
21:32de la valeur.
21:33Pour ça,
21:33c'est quelque chose
21:34qu'on sait faire
21:35et qu'on sait bien faire.
21:36On va dire
21:37que la première étape,
21:38c'est celle-ci.
21:38La deuxième,
21:39c'est d'anticiper.
21:40Quand on est bien préparé,
21:42on arrive toujours
21:43à trouver des parades
21:44pour avoir une fiscalité
21:45qui n'est pas...
21:46Il ne faut pas l'optimiser,
21:46il faut la payer sa fiscalité,
21:48mais il faut la rendre supportable,
21:49la maîtriser
21:50et la doucir au maximum.
21:52À partir du moment
21:53où on crée plus de valeur,
21:54on est heureux.
21:55Et donc,
21:55pour ça,
21:55il faut diversifier
21:56et bien s'organiser.
21:58François-Xavier Seur
21:58de Terrae,
21:59Joachim Savigny,
22:00Chevelle Blanc Patrimoine
22:01et Maître Barbara.
22:02Thomas,
22:02David,
22:03merci infiniment
22:04d'avoir été présent
22:05et aussi productif
22:07pour cette édition spéciale
22:10Budget,
22:11vos finances.
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