Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 9 heures
Ce vendredi 6 février, Audrey Maubert a reçu Antoine Allard, directeur général d'AAllard, et Katia Kulawick-Assante, journaliste Icon France, dans l'émission Iconic Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission le mardi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Générique
00:00Iconic Business, le luxe by BFM Business, Audrey Maubert
00:11Et dans Iconic Business, aujourd'hui, une histoire pas comme les autres 100 ans d'histoire.
00:15D'ailleurs, une maison familiale qui aurait pu se déployer à l'international,
00:20faire entrer un grand groupe à son capital, mais est restée une pépite de Meugev.
00:24Alors, c'est une bulle dans la bulle et c'est une histoire de famille,
00:28une leçon d'exclusivité, de transmission et de savoir-faire.
00:32Antoine Allard, la troisième génération, est aujourd'hui dans Iconic Business.
00:36Dans l'Iconic Capsule, nos phénomènes et nos tendances, cette semaine avec Icon France,
00:41les nouvelles tendances au ski, justement, restera à la montagne,
00:44loin de la traditionnelle descente de piste.
00:48C'est Iconic Business, bienvenue.
00:53Antoine Allard, je le disais, troisième génération de la maison du même nom,
00:57c'est une institution du luxe à Meugev. Bonjour.
01:01Bonjour, Audrey.
01:01Depuis 100 ans. Et oui, donc là, on peut bien parler d'institution.
01:05Et tout commence avec un grand-père tailleur à Meugev.
01:08Toute l'histoire commence avec lui ?
01:10Exactement. En fait, mon grand-père était d'origine paysanne.
01:14Et ses parents ne pouvaient pas le faire travailler au champ
01:17parce qu'il avait la poliomyélite, il était handicapé.
01:20Donc, il a d'abord appris la couture avec sa grand-mère.
01:23Et puis ensuite, il a travaillé avec son oncle Antoine,
01:25qui était le tailleur du village.
01:26Donc, c'était déjà à Allard.
01:28Et en 1926, il a ouvert son propre atelier
01:32dans la maison dans laquelle nous sommes toujours encore,
01:34aujourd'hui, au centre de Meugev.
01:36Exactement. C'est une bulle dans la bulle.
01:38C'est un bout d'histoire.
01:40C'est le patrimoine de Meugev également.
01:43Et puis, il y a un marqueur.
01:44Il y a cette invention du fuseau.
01:47Alors que le ski se développe,
01:48il y a eu un tournant pour cette famille et pour cette maison.
01:50Alors, effectivement, Émile Allais, le champion de ski,
01:54le grand champion de tous les temps du ski français,
01:57est un jour venu voir mon grand-père en 1930
01:59et lui a dit, ben voilà, écoute, Armand, j'ai un problème
02:02pour skier, on skie avec un pantalon large
02:05qui ressemble un petit peu au pantalon golf
02:06comme le pantalon de Tintin.
02:08Et mon grand-père a eu l'idée de faire rentrer le pantalon
02:11dans la chaussure et de mettre un alastique sous le pied
02:13pour le maintenir.
02:14Et c'est ainsi qu'est né le fuseau en 1930.
02:16Et donc, il avait développé cette technicité
02:18et avait trouvé la matière, le matériau
02:22pour répondre à ce besoin sportif, à ce besoin technique.
02:26Alors, à l'origine, les fuseaux étaient en draps de bonne val.
02:28Donc, vous savez, c'est cette laine un petit peu bouillie
02:30qui ressemble aujourd'hui au tissu arpe.
02:32Et ensuite, dans les années 40,
02:35et surtout après la Seconde Guerre mondiale,
02:36mon grand-père a participé au développement
02:39des premiers tissus élastices,
02:41des tissus stretch qui étaient développés par Sporez.
02:44Et j'ai retrouvé, justement, en recherchant dans les archives,
02:47en fêtant les 100 ans de la maison,
02:49j'ai retrouvé dans les archives des courriers
02:51où ils discutent, ils échangent avec les fabricants de tissus
02:54pour développer ces matières élastices et extensibles.
02:58Une leçon véritablement d'exclusivité
03:00et déjà de personnalisation à l'époque.
03:03Parce qu'il va à la rencontre de ses clients hors saison à Paris.
03:08Pourquoi ? Pour prendre les mesures et créer les pièces.
03:10Déjà, il y avait ce service ultra premium.
03:12Alors, à l'origine, le ski, dans les années 30
03:16et surtout tout après la Seconde Guerre mondiale,
03:19c'était effectivement un sport qui était réservé à une élite.
03:23Bien sûr.
03:24Les parisiens, les gens de la ville qui venaient skier à Meugev,
03:26c'était vraiment des gens qui avaient beaucoup de chance.
03:28Ça l'est toujours, ceci.
03:29Oui, surtout à Meugev.
03:30Mon grand-père avait pour habitude de monter à Paris
03:34au mois de septembre ou d'octobre
03:36avec ses mâles chargés de tissus.
03:38Il faisait choisir aux clients des tissus.
03:40Il prenait les mesures.
03:42Et quand les clients arrivaient pour skier,
03:43en janvier, février, les fuseaux étaient prêts.
03:46Mais en bon mégevant et en bon savoyard,
03:49ils commençaient à développer des lignes de près d'avance,
03:52des vêtements qui étaient prêts,
03:53fabriqués à Meugev, qu'il concevait lui-même.
03:55Et ça lui permettait de faire des ventes,
03:57en plus des fuseaux quand les clients venaient chercher leurs fuseaux.
04:00Mais il avait déjà cette appétence aussi esthétique, artistique ?
04:05Alors, tout à fait.
04:06L'artistique et le côté style étaient très importants pour mon grand-père.
04:10Vous avez montré quelques photos.
04:12On voit l'élégance qu'il avait.
04:13Meugev, c'était un petit village.
04:16Ce qu'il faut être conscient, c'est que Meugev,
04:18avant d'être une station de ski,
04:19était un village où il n'y a qu'à voir la taille de l'église
04:22qui a été fabriquée en 1800.
04:23Et mon grand-père, son métier, c'était de fabriquer les habits du dimanche,
04:27les habits de mariage, des choses comme ça.
04:29Donc, cette photo est magnifique où il est très, très élégant.
04:32Et oui, il avait déjà beaucoup une appétence pour l'élégance.
04:36Et c'est ça qui est transmis, en plus du reste, dans les années 60.
04:39Votre père, alors que le textile s'industrialise, développe l'entreprise.
04:43Et là, développe aussi des collections, encore des collections.
04:47Et on a cette récurrence comme une maison de mode classique
04:51avec des collections qui sont propres à la maison.
04:54Alors, effectivement, mon père a souhaité, quand il a repris en 1964,
04:57son père est mort en 62.
04:58Mon père n'avait que 21 ans, donc il était très jeune.
05:00Donc, il a été propulsé, justement, à la tête de la maison ?
05:02Il a été propulsé à la tête de la maison.
05:04Il a travaillé avec sa maman.
05:05Et son choix était de conserver notre culture tailleur
05:08en gardant un atelier où on était capable de retoucher les produits
05:11pour les mettre à la taille des clients, aux mesures des clients,
05:15pour le confort.
05:16Mais il a décidé de faire fabriquer les produits en France et en Italie
05:21et ses propres collections.
05:22Et mon père était un des premiers Français à traverser les Alpes,
05:27à aller en Italie, pour faire fabriquer aussi en Italie.
05:30Alors que maintenant, ça représente en fait les deux jambes du savoir-faire
05:35et du sourcing, finalement, toujours avec des matières de haute qualité.
05:39Ça, c'était l'objectif, c'était le cahier des charges.
05:41Un savoir-faire toujours développé sur place, fabriqué en France ou en Italie ?
05:47Toujours.
05:47Tous nos produits, tous les produits qu'on fabrique encore aujourd'hui,
05:50tous les produits qu'on présente dans nos collections
05:52sont des produits qui sont fabriqués dans un rayon de 1000 km de Meugev.
05:56Le choix est simple, il est dicté par le fait que j'aime visiter les ateliers
05:59dans lesquels on fabrique nos produits.
06:01On a la chance d'être au contact à la fois des clients
06:04et à la fois des personnes qui les fabriquent,
06:06parce que dans un rayon de 1000 km, ça nous permet d'y aller en gros en une journée
06:09s'il faut y aller pour finir les collections, pour voir les détails.
06:13Et c'est vrai que je le disais, c'est une chance pour moi
06:15d'être à la fois au contact du client, de voir ce qu'il apprécie,
06:18ce qu'il lui fait choisir les clients, les produits,
06:22et ce que l'on peut aussi améliorer, parce qu'on peut toujours s'améliorer,
06:24on est toujours en quête de faire encore mieux,
06:27et ensuite d'être au contact des personnes qui vont fabriquer ces produits,
06:31de les connaître.
06:32Et de mettre cette relation, et de mettre aussi le contact de mes équipes
06:36avec les personnes qui fabriquent, c'est une très très grande rouchesse
06:39qui nous permet aujourd'hui de proposer des produits différents,
06:42exclusifs, qu'on trouve qu'à Meugev.
06:43Vous n'avez pas eu de difficulté à garder les fabricants,
06:48à trouver toujours des matières de haute qualité,
06:51d'aller vous servir sans doute auprès des mêmes fabricants
06:54que d'autres maisons de luxe,
06:57mais au fil des décennies, d'avoir toujours un savoir-faire,
07:01et toujours ce sourcing en Italie et en France ?
07:04Alors, ça a été une difficulté il y a quelques années,
07:07effectivement, où en France on a eu un déclin,
07:09et de plus en plus je retrouve des fabricants français.
07:11Et moi je suis très optimiste sur l'avenir de la France,
07:14parce que justement il y a un retour à ce souhait de vouloir faire les choses
07:18bien et avec des finitions et avec des matières de haute qualité.
07:23Et non, aujourd'hui, acheter des belles matières,
07:26c'est vrai qu'il faut savoir les choisir,
07:28et j'ai la chance de pouvoir m'appuyer aussi sur des fabricants
07:32avec qui nous avons une grande fidélité.
07:34Les fabricants qui travaillent avec nous aiment travailler avec nous
07:37parce qu'on va les challenger,
07:38on va leur demander des finitions,
07:40telles que les faisait mon grand-père,
07:41on va leur demander des méthodes de fabrication
07:44qui nous permettent de retoucher les produits,
07:47on va être intransigeant sur les qualités,
07:49leur demander des choses,
07:50parfois des petits détails qui peuvent paraître pas grand-chose
07:52mais qui pour nous sont très importantes.
07:54Et c'est vrai que pour eux, c'est un petit peu un challenge
07:56qu'ensuite ils peuvent aussi revendre aux grandes maisons du luxe
08:01en montrant voilà ce qu'on sait faire.
08:02Alors, le ski, la mode autour du ski a évolué,
08:07le fuseau est devenu une pièce dans le dressing
08:13mais beaucoup moins portée, utilisée.
08:16Qu'est-ce que c'est à l'art, la maison à l'art aujourd'hui ?
08:19Vous avez poursuivi l'aventure vous en 2004
08:22et vous portez quoi ?
08:24Alors, le fuseau effectivement c'est une pièce qui est un petit peu moins portée
08:27et quoi que, aujourd'hui on a des évolutions techniques
08:30qui nous permettent de revenir au fuseau.
08:32Et on a travaillé notamment avec une autre maison familiale
08:36qui est à Annecy, qui s'appelle Jonathan Fletcher
08:37et on a redéveloppé un fuseau pour le ski
08:40grâce aux nouvelles matières extrancibles
08:42qui sont respirantes et qui sont étanches et chaudes.
08:45Et on arrive à remettre le pantalon à l'intérieur de la chaussure
08:48grâce à des produits sans couture, des choses comme ça.
08:53Et c'est vrai que le fuseau, il garde depuis toujours son élégance
08:56puisqu'il affine la silhouette, le pantalon est tendu.
08:59Rappelons-le, un fuseau c'est un pantalon qui est tendu
09:01et qui rentre à l'intérieur de la chaussure.
09:03C'est pas un legging, c'est pas un moulant.
09:05Et bien, ça c'est très important et ça donne une élégance.
09:08Et au contraire, on a des clientes qui parfois ont des formes
09:10qui disent voilà, j'ai plus le jeune âge que j'avais
09:12et qui viennent chercher du fuseau
09:14parce que ça redonne cette élégance
09:15et c'est très très chic sur les pistes.
09:17Alors, en 2004 vous arrivez,
09:20il y a le choix aussi de rester une maison signature
09:22et de ne vendre qu'à Meugev.
09:26Vous avez sans doute été approchée par de grands groupes,
09:29vous côtoyez une clientèle internationale,
09:34vous avez fait le choix de rester à tout prix intemporel
09:36et de rester cette maison indépendante.
09:40Alors, je vais rebondir là-dessus,
09:41non, on n'a jamais été approchée par les grands groupes
09:45parce qu'ils savent qu'il n'y a pas moyen.
09:47Que le capital est 100% familial et qu'il le restera.
09:51Et qu'il le restera.
09:52Vous n'avez pas eu des envies de grandeur ?
09:54Alors, moi, quand je suis arrivé à l'origine en 2004,
09:57que j'ai rejoint l'entreprise familiale,
09:59je m'étais dit que ce serait ma mission.
10:01Mon grand-père avait créé, mon père a développé
10:04et que c'était à moi de développer.
10:06Et puis, j'ai travaillé 2-3 ans avec mon père
10:08qui m'a dit écoute, faites ton expérience et on verra.
10:11Et en fait, je m'aperçois que c'est notre richesse,
10:13justement, cette proximité dont je vous parlais
10:15avec les fabricants, avec les clients,
10:17mais aussi avec le village de Meugev.
10:19Et c'est surtout ce que l'on aime faire.
10:21Mais aussi parce que vous êtes à Meugev.
10:23Parce que la clientèle internationale,
10:25la clientèle aisée, elle vient déjà à vous.
10:27Mais que parce qu'on est à Meugev, bien évidemment.
10:30L'emplacement.
10:31C'est l'emplacement qui vous a permis de vous déployer
10:34à tout prix de rester indépendant,
10:35de toucher le Graal, de garder un style intemporel.
10:38Hommes, femmes, de la même manière,
10:39vous développez des collections,
10:40parfois quelques exemplaires seulement.
10:42Ça reste équilibré en termes de vente,
10:46hommes, femmes.
10:47Et j'imagine qu'il y a des best-sellers.
10:49Alors, il y a des best-sellers dans la maison,
10:51mais surtout, on a des collections
10:52qui sont intemporelles.
10:54Donc, un produit d'une année sur l'autre
10:56ne devient pas démodé.
10:57On cherche à faire des produits
10:59qui sont, entre guillemets, classiques,
11:01mais qui s'inspirent de la mode.
11:03On va garder les détails,
11:04les finitions pour nous à l'intérieur.
11:05Parfois, elles sont discrètes.
11:07Et effectivement, on fait des pièces numérotées.
11:08Il nous arrive de faire des collections
11:10où on a trois pièces.
11:12Et vous avez développé quand même
11:13une clientèle fidèle.
11:15C'est la même clientèle qui revient ?
11:17C'est une clientèle parfois locale, régionale
11:21où, d'une année à l'autre,
11:22la clientèle internationale revient ?
11:25Alors, on a une énorme fidélité
11:26de la part de nos clients.
11:27Et aujourd'hui, j'ai la chance
11:29d'habiller les petits-enfants
11:30des clients de mon grand-père.
11:31La transmission se fait aussi
11:34par les clients.
11:36Et bien évidemment,
11:37on a la chance aussi de séduire
11:38les gens qui découvrent Mojef,
11:40qui viennent,
11:40qui découvrent notre bâtiment
11:41sur la place de l'église,
11:42qui découvrent nos collections,
11:44qui rentrent en visiteurs
11:45et on apprend à les séduire.
11:46Et on fidélise
11:48par la qualité du service
11:49qu'on a porté,
11:50par le conseil
11:50et puis par le côté exclusif
11:52de nos produits aussi.
11:54Parce que c'est vrai
11:54que les clients, aujourd'hui,
11:56ils aiment bien trouver
11:56quelque chose de différent,
11:57ne pas se retrouver dans une soirée,
11:59être à trois,
11:59avoir la même veste,
12:00le même manteau,
12:01le même pull.
12:02Et quand on propose,
12:03par exemple,
12:03une collection de chemises
12:04qui sont les pièces
12:05les plus importantes
12:05qu'on fait en série,
12:07ça va être une quinzaine de pièces.
12:09Donc, acheter une chemise à l'art,
12:11ce n'est pas acheter
12:12n'importe quelle chemise.
12:12On sait qu'on va être
12:13le seul à l'avoir.
12:14Donc, c'est ça.
12:15Est-ce qu'il y a des expériences,
12:17des services en plus
12:18qui sont proposés
12:19pour marquer cette personnalisation,
12:22pour marquer davantage,
12:23marteler cette exclusivité
12:25ou le fait d'avoir
12:27des pièces peu nombreuses,
12:29des petites collections,
12:31ça fait la différence
12:32et d'une grande qualité ?
12:33Ce qu'il va apporter,
12:34c'est aussi le service
12:35qu'on va pouvoir apporter
12:35grâce à notre atelier.
12:37On a deux personnes
12:37qui sont modélistes
12:39et tailleurs,
12:40sur place,
12:40au deuxième étage
12:41et qui sont capables
12:42d'apporter les modifications
12:44aux produits
12:45pour apporter du confort
12:46aux clients.
12:46Et ça,
12:47c'est quelque chose
12:47d'extrêmement important.
12:49Et on va aussi apporter
12:50un service aux clients
12:51qui ont un produit,
12:52qui reviennent
12:53en disant
12:53« Tiens, mon pantalon
12:54est un peu rétréci. »
12:55Ce n'est pas forcément
12:55le pantalon qui est rétréci.
12:56Mais où on a duré large,
12:58on va pouvoir réajuster
12:59le produit
13:00et le faire perdurer
13:01dans le temps.
13:02C'est aussi quelque chose
13:02qui est très apprécié
13:04de nos clients,
13:04c'est le service permanent
13:05qu'on va pouvoir leur apporter
13:07même sur des pièces
13:07qui ont deux,
13:09trois ans sans souci.
13:10Comme les maisons de vues,
13:11souvent on regarde
13:12la pièce la plus représentative,
13:15le best-seller.
13:16Est-ce que l'accessoire
13:17est parfois le produit d'entrée,
13:20le produit le plus accessible ?
13:22Quel est le best-seller
13:23chez vous ?
13:24Il n'y a pas de best-seller
13:25puisqu'on fait évoluer
13:25les collections sans arrêt
13:27et qu'on fait des petites séries.
13:28Vous avez forcément
13:29des modèles qui reviennent ?
13:30Je vais vous citer un produit
13:31qui a la boutique d'accessoires
13:33puisque mon père a ouvert
13:34une deuxième boutique
13:35en 1990
13:36qui est la boutique d'accessoires.
13:37Il y a un produit emblématique
13:39que l'on trouve à Meugev
13:40quasiment partout.
13:40Votre iconique ?
13:41L'iconique produit,
13:43c'est le chausson en mouton.
13:44D'accord.
13:45C'est un chausson en mouton
13:46avec à l'intérieur
13:48la laine
13:49qui est très confortable
13:50et qui a un must à avoir
13:52quand on a un chalet à Meugev
13:53ou ailleurs
13:54parce qu'on a beaucoup de clients
13:55qui les ramènent partout
13:56et qui les emmènent partout.
13:58Et là,
13:58complètement fabriqués en France ?
14:00Fabriqués en France,
14:01tout à fait.
14:023 millions d'euros
14:04de chiffre d'affaires,
14:05est-ce que c'est toujours
14:06en progression ?
14:07Non,
14:08on stabilise.
14:09Notre objectif,
14:10c'est de stabiliser,
14:10c'est de maintenir le chiffre
14:13et de garder le volume.
14:15Aujourd'hui,
14:15on a une coquille,
14:17on ne peut pas
14:17la faire développer.
14:19On souhaite garder
14:20notre niveau de service
14:21donc on fait évoluer
14:23bien sûr nos produits
14:24mais notre but,
14:25c'est de rester dans la stabilité.
14:26Est-ce qu'en termes de personnel,
14:27la maison à l'art,
14:28ça représente combien de personnes
14:29aujourd'hui pour faire tourner tout ça ?
14:30Alors,
14:30on a une grosse variation
14:31entre la période
14:33des très fortes saisons
14:34comme maintenant en hiver
14:35où bien évidemment
14:36on est complet
14:37donc on arrive à 15-18 personnes
14:39et en intersaison,
14:41je dirais à l'année,
14:42on a 6 à 8 personnes.
14:44Mais attention,
14:45dans le personnel saisonnier
14:46qu'on a,
14:47on a des personnes
14:47qui viennent depuis 23 ans
14:48à la saison
14:49et la moyenne d'âge
14:51je crois de nos employés
14:52de 10 ou 12 ans.
14:54Donc,
14:54comme on a une fidélisation
14:55de nos équipes,
14:56ça nous permet aussi
14:57de fidéliser nos clients.
14:59Alors,
14:59on parlait justement
15:00des tentations au départ
15:01de se développer,
15:02de se déployer.
15:03Il y a quand même
15:03une évolution
15:04obligatoire.
15:07La boutique en ligne
15:08comme une vitrine
15:09mais il n'y a pas
15:10d'autre stratégie
15:11d'expansion finalement ?
15:12Alors,
15:13en fait,
15:13la boutique en ligne
15:14elle a été créée
15:15en 3 semaines.
15:17C'est une boutique
15:18qu'on a faite
15:18pour le Covid.
15:19Bien sûr.
15:20Dans le deuxième confinement,
15:21je me suis retrouvé
15:22avec tout notre stock
15:23avec le souci
15:24de me dire
15:25qu'est-ce qui va se passer
15:26à Noël ?
15:26Est-ce qu'on va pouvoir
15:27servir nos clients ?
15:28Et est-ce qu'on ne va pas
15:29créer une frustration
15:29aussi chez nos clients ?
15:30Et maintenir le lien
15:31avec la clientèle ?
15:32Exactement.
15:34Et donc,
15:34avec une collaboratrice,
15:36on s'est lancé le défi
15:37et on a ouvert une boutique
15:38en ligne
15:38en 3 semaines.
15:39Donc,
15:40on avait déjà un outil informatique
15:41qui nous permettait
15:42d'avoir les stocks,
15:43de pouvoir faire un lien
15:45entre notre stock
15:47et la boutique.
15:47Mais par contre,
15:48il a fallu croquer
15:49la coquille
15:49et puis mettre en lien
15:51tout ça.
15:51On l'a fait en 3 semaines
15:52puisque de mémoire,
15:54c'était un confinement
15:54vers le 20 octobre
15:55et on a ouvert la boutique
15:56pour le 15 novembre.
15:58Et aujourd'hui,
15:59est-ce que ça reste
15:59un pourcentage intéressant ?
16:01Un point d'entrée
16:02pour une clientèle
16:03en dehors de Meugev
16:04ou ça reste vraiment ?
16:06Je vais vous l'avouer
16:06très sincèrement,
16:07pour moi,
16:08ce n'est pas un business
16:09qui m'intéresse.
16:10Parce que notre contact
16:11avec le client
16:12est pour moi primordial
16:13pour pouvoir lui apporter
16:14le conseil,
16:15pour pouvoir voir
16:15comment le produit va
16:16et, comme je vous l'ai dit,
16:18pour pouvoir avoir
16:18notre atelier
16:19qui puisse intervenir
16:20sur les produits.
16:21Et à l'origine,
16:21je m'étais dit
16:22on va la fermer la boutique
16:23après le Covid.
16:24En tout cas,
16:25je m'aperçois
16:26qu'il y a beaucoup de gens
16:26aujourd'hui qui arrivent
16:27en disant
16:27on a vu sur votre boutique
16:29en ligne,
16:30mais on vient voir
16:30la pièce en vrai
16:31pour voir ce que c'est,
16:32pour comprendre.
16:33Pour vivre l'expérience.
16:35Et puis,
16:36soit pour la carrière,
16:37soit pour la découvrir aussi.
16:38Ça nous a permis
16:39d'ouvrir la boutique
16:40à des gens
16:40qui n'osent pas rentrer.
16:41Et j'en profite
16:42pour inviter les gens
16:43à rentrer dans nos boutiques
16:44pour découvrir,
16:45pour voir,
16:46même si on n'est pas client.
16:47Bon, c'est toujours mieux
16:48si on peut l'être.
16:49Mais,
16:50entrer dans le magasin
16:50pour découvrir.
16:52En tous les cas,
16:52c'est une institution
16:54à Meugev,
16:55une institution du luxe
16:56à Meugev.
16:57Antoine Allard,
16:57vous êtes la troisième génération
16:59de la maison
17:00du même nom.
17:01Merci Antoine Allard
17:02d'avoir été
17:02dans Iconic Business.
17:03Merci beaucoup
17:04de m'avoir reçu.
17:04Tout de suite,
17:05l'iconique capsule
17:06avec Icon France.
17:07On reste à la montagne
17:09dans un instant
17:09avec des tendances.
17:11Bon,
17:11on est loin
17:12de la simple descente
17:13de pistes de ski.
17:14On voit ça
17:15dans un instant.
17:19On a quitté Meugev,
17:20certes,
17:21mais on reste à la montagne
17:22avec Katia Kulavik-Assante.
17:23Bonjour.
17:24Bonjour Audrey.
17:25Journaliste pour Icon France
17:26et Icon qui nous accompagne
17:28justement
17:28et débute ce jour.
17:30Et c'est un rendez-vous,
17:31les Jeux Olympiques d'hiver.
17:32C'est à Milan,
17:34ce n'est pas anodin.
17:35Il y a tout un environnement
17:36justement pour vivre
17:37un peu différemment
17:38les vacances à la montagne.
17:40Oui,
17:40c'est vrai,
17:40c'est Milan,
17:41l'ouverture,
17:42la cérémonie des Jeux.
17:43C'est toute l'Italie du Nord
17:45en réalité pour les Jeux
17:46et c'est en particulier
17:47Cortina d'Ampezzo
17:49qui est dans les Dolomites,
17:52qui est à la frontière
17:53autrichienne
17:55sur les sommets.
17:57C'est une station
17:58de ski iconique,
18:00si on peut l'appeler ainsi.
18:03Et la grande nouveauté,
18:04évidemment,
18:05il y a beaucoup
18:05d'ouvertures hôtelières
18:06cette saison,
18:08beaucoup de réouvertures
18:09et notamment
18:10celle que nous,
18:11nous avons repérée
18:12chez Icon,
18:13c'est
18:14Ancora Cortina,
18:17pour dire avec l'accent,
18:19c'est Renzo Rosso
18:20qui est
18:21quelqu'un
18:22qu'on connaît bien
18:23dans l'univers
18:24de la mode,
18:25qui est le fondateur
18:25de Diesel,
18:26qui est propriétaire
18:27aujourd'hui
18:28de Margiela,
18:29de Marnie
18:29et de Gilles Sander
18:31notamment,
18:32qui se lancent
18:33dans l'hôtellerie.
18:34C'est le passage obligé,
18:35il faut se diversifier,
18:36il faut mettre sa patte
18:37justement dans un hôtel,
18:38c'est obligatoire.
18:39Donc on découvre
18:40les images,
18:41si vous nous suivez
18:42à la télévision,
18:43les images
18:44de cet hôtel
18:45et puis surtout
18:45qu'en fait,
18:46s'il ne fallait pas
18:46pour tout un secteur,
18:48il ne faut pas louper
18:48une ouverture
18:49et une opportunité
18:50comme les JO.
18:51C'est le rendez-vous
18:53absolu évidemment.
18:54Cortina a déjà eu
18:55deux fois les JO
18:56dans l'histoire
18:58du XXe siècle,
19:001932-1956.
19:02L'hôtel date
19:03lui-même
19:04de 1826.
19:05Donc déjà,
19:05c'est une institution
19:07dans la station.
19:08Il a été entièrement
19:09rénové
19:10par quelqu'un
19:11qui n'est pas
19:11une inconnue non plus.
19:12Enfin,
19:13on connaît moins son nom,
19:13c'est Vicky Charles,
19:14mais elle a travaillé
19:15pour Soho Farmhouse
19:16notamment.
19:17Soho qui a été
19:17une grande révolution
19:18dans l'industrie hôtelière,
19:20dans le fait
19:21d'approcher
19:21l'hôtel
19:24plutôt comme un club
19:25que comme une adresse.
19:27Donc on a ce côté
19:28très cocooning,
19:30très riche,
19:32on va dire.
19:33Oui,
19:33puis on oublie un peu,
19:34on met un peu de côté
19:35le chalet.
19:36Ah oui,
19:37alors là le chalet,
19:37on est quand même
19:38près de l'Autriche.
19:39Donc on a quand même
19:39cette...
19:40Il y a le style autrichien
19:41à l'extérieur,
19:42mais à l'intérieur
19:44on est vraiment
19:45dans des codes de luxe
19:45de l'hôtellerie.
19:46C'est très contemporain,
19:48c'est très moderne,
19:50ça pourrait être,
19:50d'ailleurs aujourd'hui
19:51les hôtels de montagne
19:52pourraient souvent
19:53être des hôtels de ville.
19:55Oui,
19:55oui,
19:55tout à fait,
19:55très urbanisés
19:56avec ces codes.
19:58Bon,
19:58évidemment,
19:59les JO c'est une chose,
20:01les vacances à la montagne
20:02c'en sont une autre.
20:03Il n'y a pas que le ski
20:04en fait,
20:04loin de là à présent,
20:05on est vraiment
20:06une recherche
20:07de toute autre chose.
20:08Complètement,
20:09c'est vrai que
20:09toutes les stations de ski
20:10aujourd'hui se tournent
20:11vers de nouvelles solutions
20:12pour évidemment pérenniser
20:14aussi,
20:15sauver
20:16ce qu'on peut
20:18de la nature
20:19et de la montagne.
20:20L'absence de neige
20:21à venir,
20:21etc.
20:22Exactement,
20:23donc il y a un côté
20:23très green aussi,
20:24donc tout le monde
20:25cherche des solutions
20:26pour trouver
20:27d'autres activités.
20:29Alors nous,
20:29ce qu'on a déniché
20:30dans le dernier numéro
20:32d'Icon,
20:33c'est à la fois,
20:37donc je parlais
20:38de l'hôtel des Horlogers
20:39par exemple,
20:40qui est en Suisse,
20:41qui est dans la vallée
20:42de Joux
20:42et qui est loin
20:44des pistes de ski,
20:46il y a du ski de fond
20:46autour,
20:47il y a 220 kilomètres
20:48de pistes autour,
20:49donc il y a de quoi faire.
20:51Mais évidemment,
20:52on est en Suisse,
20:52donc il y a un lien
20:53avec l'horlogerie aussi,
20:54il y a les ateliers
20:56Audemars Piguet
20:56qui sont tout à côté
20:59et on peut par exemple
21:00aller faire des ateliers
21:01horlogerie,
21:03découvrir les mécanismes,
21:05les secrets.
21:05Il y a tout un développement
21:07d'expérience autour
21:09qui, vraiment,
21:10pour aller chercher
21:11des savoir-faire,
21:14du voyage culturel
21:16en même temps
21:17que d'être à la montagne.
21:19Exactement,
21:20et on a déniché aussi
21:21un autre exemple
21:22qui est toujours en Suisse,
21:23cette fois près de Saint-Maurice,
21:25c'est le Kronenhof.
21:26Et on peut y jouer,
21:31par exemple,
21:31sur le plus ancien...
21:34Pardon.
21:36La plus ancienne piste de bowling.
21:39Exactement,
21:40on peut jouer
21:40sur la plus ancienne piste
21:41de bowling.
21:42On voit là les images.
21:44Ça date du début
21:46du XXe siècle,
21:47à l'époque où
21:48l'aristocratie anglaise
21:50venait dans la vallée
21:51d'Angadine.
21:53Il fallait s'occuper.
21:54On n'était pas encore au ski,
21:57donc voilà, bowling.
21:58Exactement,
21:58aujourd'hui d'expérientiel,
21:59clairement,
22:00il faut se démarquer.
22:02L'offre hôtelière
22:03est de toute façon
22:03tellement dingue
22:04et ultra-concurrente.
22:06Donc, il faut aller
22:06trouver autre chose.
22:07Plus généralement,
22:08Katia,
22:09la tendance voyage
22:10s'inscrit dans une envie
22:10d'être reculée
22:12de la civilisation,
22:13d'être complètement seule
22:14au monde.
22:15Et oui,
22:15on voit bien
22:15comment c'est compliqué
22:17de gérer parfois
22:20le nombre d'informations
22:23et les tensions
22:25du monde.
22:27Donc, l'hôtellerie
22:28se recentre vraiment
22:29sur être seule au monde,
22:32être loin de tout,
22:33être en tout cas
22:33loin du quotidien
22:35et s'immerger complètement
22:37dans des nouvelles expériences,
22:39dans des nouveaux lieux,
22:41dans des endroits
22:41où on n'a même pas besoin
22:42de sortir finalement
22:44pour s'occuper,
22:45pour passer un grand week-end
22:46ou une semaine.
22:47Jusqu'à l'envie
22:48d'être dans une cabane
22:49complètement isolée.
22:51Exactement,
22:51la cabane isolée.
22:52Alors ça,
22:53on a vu les images,
22:54on les adore.
22:55On a juste envie
22:56de se poser
22:56dans cette petite cabane,
22:58dans ce petit pouf.
22:59Petite,
22:59il y a plusieurs niveaux
23:00quand même
23:00pour cette cabane.
23:01Il y a plusieurs niveaux.
23:05Voilà,
23:05petit jacuzzi
23:06sur la terrasse,
23:08baie vitrée
23:09également au sol
23:10pour pouvoir regarder
23:11la faune et la flore,
23:13prendre un livre
23:14et regarder
23:14l'horizon lointain
23:16et tout ça fait du bien.
23:17On se repose.
23:18Le luxe,
23:18c'est l'espace.
23:19Dans tous les cas,
23:19il y a toutes ces nouvelles
23:20expériences qui se développent
23:22et à découvrir,
23:24redécouvrir
23:24dans le numéro
23:26d'Icon France
23:27à l'heure actuelle
23:28avec vous
23:29et tout ce que vous avez
23:30déniché justement.
23:31Katia Kulavik,
23:32assente journaliste
23:33pour Icon.
23:33Merci d'avoir été
23:34dans Iconic Business.
23:36Le luxe par BFM Business
23:38en podcast,
23:39en replay.
23:39Vous retrouverez d'ailleurs
23:40l'interview d'Antoine Allard,
23:42une institution
23:43de Meugev
23:44en replay et podcast.
23:45C'est vraiment
23:45à découvrir
23:47cette institution
23:48restée 100% indépendante.
23:50Quant à nous,
23:50on se retrouve
23:50dès la semaine prochaine,
23:52vendredi 21h.
23:54Iconic Business,
23:56le luxe
23:56by BFM Business.
Commentaires

Recommandations