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  • il y a 7 heures
Ce mardi 27 janvier, Clémence Richard, fondatrice de Seed.up Community, Joanne Deval et Jean-Christophe Lalanne, membres du collectif Seed.up, se sont penchés sur les manières dont on replace les DSI au cœur de la décision en entreprise, notamment à l'heure de l'IA, dans l'émission Tech&Co Business présentée par Frédéric Simottel. Tech&Co Business est à voir ou écouter le mardi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Business présente Tech & Co Business, le magazine de l'accélération digitale. Frédéric Simotel.
00:12Allez, on va parler de comment replacer les DSI au cœur des décisions en entreprise. Bon,
00:17ils y sont quand même, mais voilà, il y a quand même beaucoup de choses qui changent avec l'IA,
00:20et ils ont souvent besoin d'accompagnement ces DSI. On va en parler avec un collectif qui s'est
00:25créé, on va les appeler des sparring partners, pour accompagner ces leaders IT, pour leur donner un
00:30peu plus de prise de recul, pour justement jouer un partage intergénérationnel, travailler aussi le
00:36leadership, ce n'est pas forcément évident pour tout le monde, surtout en ces temps où l'innovation va
00:40tellement vite. Et pour en parler avec nous, Clémence Richard, bonjour. Bonjour Frédéric. Clémence,
00:44merci d'être avec nous, vous êtes présidente et fondatrice de CIDUP, qui est donc ce collectif,
00:49et deux des membres sont ici, alors on les a déjà croisés dans d'autres vies. Jean-Christophe Lalanne,
00:54bonjour Jean-Christophe. Bonjour Frédéric. Donc membre du collectif CIDUP et ancien DSI du groupe,
00:59Air France Calem, et Johanne Deval, bonjour, bonjour Johanne, merci d'être avec nous, membre du
01:05collectif CIDUP et ancienne DSI, Groupe Elior, Air Liquide, voilà, vous avez une solide expérience,
01:09tous les deux, tous les trois, même dans cet univers de DSI. Pourquoi la création de ce collectif Clémence ? Parce
01:18qu'on le voit, il y a beaucoup de DSI souvent qui, voilà, une fois qu'ils ont quitté leur carrière,
01:23alors soit ils intègrent des cabinets, mais ils viennent accompagner les DSI. Vous vous êtes dit,
01:26il fallait un autre accompagnement pour ces DSI ? Alors les DSI, en effet, qui font partie du
01:33collectif, et puis surtout, le métier de DSI c'est un métier compliqué, je dirais que c'est un métier,
01:38depuis pas mal d'années, oui. C'est un métier passionnant, mais je dirais incroyablement exigeant.
01:42Vous avez des arbitrages qui sont permanents, vous prenez un peu des coups, vous avez pas mal de
01:47pression, et puis une certaine solitude, je trouve qui est évidente. Et donc, bon, vous pouvez toujours,
01:53voilà, pour parler de vos interrogations, vos doutes, à qui vous pouvez en parler ? Alors vous pouvez
01:57toujours en parler une IA, mais je suis pas certaine qu'elles comprennent vos enjeux. Je suis pas
02:01convaincue, on va dire. Et donc je pense qu'ils avaient besoin, mon premier constat, c'est qu'ils avaient
02:05besoin d'un espace de réflexion, d'un regard peut-être extérieur, expérimenté, neutre et indépendant. Donc ça,
02:12c'est mon premier constat. Deuxième constat, c'est que vous avez beaucoup d'hommes et de femmes qui
02:17arrivent à des postes de dirigeants sans véritable accompagnement. Et donc, alors, bien évidemment,
02:22ils sont à la fois... Oui, ils ont gravi des échelons, ils ont... Exactement. Puis souvent, c'est vrai, enfin moi,
02:26pour en avoir discuté avec plusieurs, on se dit une formation management, on dit, attendez, ça fait 20 ans que
02:30je suis là, j'ai vu comment j'ai géré des équipes projets et tout ça, je vais m'en sortir, et puis oui,
02:35c'est pas aussi facile que ça. En fait, la réalité, c'est qu'on apprend, oui, on va offrir un coaching,
02:39c'est super, c'est très précieux, on va offrir une formation en leadership. Par contre, apprendre son
02:44vrai métier, c'est-à-dire exposer une feuille de route, la communiquer avec impact, arbitrer avec
02:51discernement, comment je vais marketer ma DSI en interne, en externe, comment je vais apprendre à
02:57parler avec un comex quand j'y arrive, comment je vais faire ma stratégie financière, élaborer mon budget,
03:03tout ça, je pense que ça s'apprend, et puis surtout, ça se perfectionne. Donc, et donc avec des anciens,
03:08parce qu'on en a deux présents ici, mais voilà, il y en a plusieurs, on va tous les citer, mais il y en a
03:12plusieurs qui sont présents dans ce collectif. Il y en a combien ? 25. 25, voilà, dans ce collectif.
03:16Alors justement, Joanne, qu'est-ce qui vous a poussé à rejoindre ce collectif ? Je rappelle, vous avez
03:22dirigé des DSI, Groupe Elior, Air Liquide, donc des grosses DSI, donc vous avez été confronté aussi à
03:27tout ça, construire une feuille de route. Moi, c'est toujours l'arbitrage, parce que construire la feuille de route,
03:31je pense qu'on peut y arriver, mais c'est les arbitrages, c'est toujours plus compliqué.
03:35Vous avez raison de souligner l'arbitrage. Il y a le côté humain, le côté technologique,
03:38le côté métier, process. La conception, réfléchir, on peut réfléchir seul ou avec des gens,
03:44mais on n'a pas cette pression, effectivement, de prendre des décisions qui vont impacter
03:48le quotidien de vos collaborateurs, de vos pairs et de votre management. Moi, je suis arrivé à un
03:53moment, je crois, de ma carrière où j'avais envie de transmettre, tout bêtement, entre guillemets,
03:57passer un peu en dehors de l'arène opérationnelle, venir amener ce que j'avais appris,
04:03ce que j'avais vécu, ce qui avait marché, ce qui avait moins bien marché. Et comme beaucoup
04:08de choses, on comprend mieux après coup ce qui s'est passé.
04:11Et vous pensez que les recettes, là, non plus hyper anciennes, on ne va pas remonter
04:15dans le temps, mais vous pensez que les recettes que vous avez appliquées tout au long d'une
04:21partie de votre carrière, aujourd'hui, avec l'IA, avec tout ce qui est en train de nous
04:25arriver dans la figure, ça peut continuer à marcher ?
04:28Je pense qu'il y a énormément de questions sur le positionnement du DSI, sur sa capacité
04:33à traduire, quelque part, la valeur de la technologie pour le business de l'entreprise.
04:37Les questions restent les mêmes. Les réponses et notamment le type de solution, la manière
04:42de s'organiser, l'usage de l'IA et l'interaction avec les gens vont dépendre des gens.
04:47Et donc, moi, ce qui m'intéresse beaucoup, c'est cette relation métier-IT. J'ai fait
04:50du métier et j'ai fait de l'IT. J'ai vu ce que j'étais comme mauvais sponsor avant
04:54et j'ai essayé de montrer qu'il y a une autre manière d'aller chercher le sponsor qu'on
04:58mérite et la relation de positionnement dans l'entreprise en s'appuyant sur, évidemment,
05:03tout ce que la roadmap technologique amène et, en ce moment, effectivement, c'est particulièrement
05:06riche.
05:08Jean-Christophe Lalanne, évidemment, ancien DSI du groupe Air France-KLM, voilà, c'est
05:11entre la logistique, l'expérience client, la technologie, enfin, il fallait faire tourner
05:16pas mal de choses. Il y a des fondamentaux, dans les conseils que l'accompagnement que vous
05:20allez apporter aujourd'hui à des DSI, il y a des fondamentaux qui ne bougent pas ?
05:24D'abord, moi, j'ai fait 20 ans de conseils, 20 ans de DSI et finalement...
05:28C'est vrai que j'ai oublié la partie...
05:29Et du coup, j'ai envie de revenir un peu au conseil, mais plus dans la transmission
05:34à un moment où, je pense, pour les DSI, les défis n'ont jamais été aussi nombreux
05:38et probablement parfois antinomiques, contradictoires. Alors aujourd'hui, par exemple, la question
05:44des coûts, on n'en parle pas trop, mais c'est une question récurrente, les coûts de
05:47run. La question de la contestation même de ce que le DSI peut faire parce que l'IA,
05:54va toucher profondément ses propres activités. Pendant des années, le DSI était le promoteur
06:00des technos pour les autres. Là, c'est les technos pour lui. Et ça remet en question
06:03le rôle du développeur, les équipes de développement.
06:07Et on voit qu'il y a beaucoup de doutes. Moi, j'en ai parlé avec plusieurs DSI.
06:09Beaucoup de doutes dans ce domaine.
06:10Il y a des questions également sur, et pas plus tard qu'aujourd'hui, tout à l'heure,
06:15sur la souveraineté, qui sont récentes en fait. Des questions qu'on ne se posait pas
06:20il y a 3-4 ans. Donc c'est ça qui m'intéresse et qui nous intéresse dans le collectif.
06:24C'est d'abord ensemble, entre nous, d'en parler. Et ensuite, essayer d'amener une écoute.
06:30Parce que c'est ça d'abord, une écoute des DSI qu'on va rencontrer, qu'ils aient un
06:34sparring partner, qui va les challenger aussi, pour pouvoir les aider à construire les bonnes
06:38réponses face à des défis qui sont, de mon point de vue, vraiment compliqués.
06:43Oui, parce qu'en plus, je parle de cette relation DSI-métiers. On a tellement eu,
06:47enfin, moi ça fait aussi pareil, une trentaine d'années que je couvre tous ces métiers.
06:50On a commencé à parler de DSI au début des années 2000, avant on parlait du directeur
06:55informatique, on a commencé à parler du directeur des systèmes d'information, c'est ça.
06:58La première fois que j'étais chez Zéro Informatique, on avait lancé cette élection
07:04du DSI de l'année, c'était Jean-Pierre Cornu, qui à l'époque devait être chez
07:08ArcelorMittal, passé chez Renault. C'était le premier où on donnait ce nom de DSI.
07:13Et déjà à l'époque, on disait, oui, il faut que je sois plus au contact des métiers.
07:18On voit que, selon le DG, souvent, soit il est vraiment au contact des métiers, soit
07:23on lui dit, non, non, toi, tu dois faire tourner l'usine informatique, il faut que nos
07:26applications fonctionnent. Donc c'est ça aussi, c'est de montrer que...
07:30C'est de montrer que, oui, pour moi, il y a une relation de pilote-copilote qui est
07:34fondamentale, comme dans un rallye automobile. On ne peut pas... Il y a une course à atteindre,
07:41il y a un objectif qui dépend énormément, il y a un contexte, il y a des événements
07:43que vous ne maîtrisez pas sur la météo, la route, etc. Votre DSI, il est là en tant
07:48que DG, pour vous aider à préparer la voiture, préparer la stratégie de course et réagir
07:52en temps réel. Et là, on retrouve cette question du run, parce que, voilà, vous avez...
07:56Oui, il faut que ça délivre.
07:58Et il y a des impondérables, les concurrents ne font pas pareil, mais il y a aussi un décryptage
08:02et une compréhension de je te mets la voiture et les configurations et la manière de conduire
08:08qui vont nous faire gagner ensemble.
08:11Clémence Richard, ce collectif, il existe depuis...
08:142025.
08:14Voilà, donc il est tout récent. J'imagine que ce qui vous a aussi interpellé, c'est
08:20qu'aujourd'hui, bon, les entreprises ont toujours plusieurs rythmes, mais là, je trouve
08:25qu'il y a... Je le disais tout à l'heure avec Yves Thierode qui était ici, le patron
08:29de digital et paiement de BPCE, c'est qu'on doit à la fois gérer du moyen terme, du long
08:32terme, donc au rythme de l'entreprise. Et puis, en même temps, quand on gère cette
08:37technologie, tous les 15 jours, il en sort une nouvelle, on se demande si on a pris
08:41la bonne voie, c'est un nouvel acteur qui arrive, et puis on a un ancien oracle,
08:44sur lequel on pariait plus, mais qui revient. Enfin voilà, j'imagine, c'est là où vous
08:49dites, mais oui, ils vont se poser encore plus des questions.
08:50Exactement. On parlait d'arbitrage, on parlait de discernement. Je crois qu'aujourd'hui,
08:54ils ont besoin de discernement. Nous, ce qu'on revendique au sein de CIDAP, c'est que justement,
08:58on parlait de collectif, c'est-à-dire que nos sparring partners, grâce à leur vécu
09:02et leur réseau, très divers, ils viennent d'horizons hyper différents, aussi bien de
09:07sociétés du CAC 40, du retail de l'industrie, et puis aussi de TI et de PME, c'est-à-dire qu'on soit
09:13capables aussi d'accompagner ces structures de cette taille-là, toutes structures, et donc
09:19naturellement, ils ont tous des problématiques, j'ai envie de dire, différentes, et l'idée,
09:23c'est la richesse de l'ensemble du collectif, et de savoir s'entraider, et d'apporter le
09:26réseau pour pouvoir y répondre.
09:28Très concrètement, ça se passe comment ? Parce qu'on sait qu'il y a ce métier du DSI
09:31de transition, parfois, qui vient à l'entreprise.
09:33Comment ? Et puis, évidemment, il y a des cabinets de conseil aussi, des DSI font appel
09:38à des cabinets de conseil, vous en avez certainement été les instigateurs aussi.
09:45Comment ça se passe ? Comment on voit arriver un Jean-Christophe Lalanne, un Joanne Neval
09:49aujourd'hui chez soi ?
09:51Déjà, on va élever la main, et on peut venir nous voir de manière très discrète,
09:55donc ça, c'est un premier point qui est important, parce que ce n'est pas toujours facile,
09:59je trouve, pour les dirigeants de savoir lever la main et de dire, j'ai besoin de monter
10:02en puissance dans ce domaine-là, j'ai besoin d'aide.
10:05Donc, ce qu'il faut savoir, c'est que ça peut être fait en toute discrétion, on peut
10:07intervenir dans l'ombre, ou au contraire, être visible auprès de son DSI et de son
10:12collier.
10:13L'idée, c'est de m'appeler, et puis on va discuter ensemble pour comprendre un peu
10:17qui est la personne, de quoi elle a besoin.
10:21Et puis après, je reprends ma casquette d'aimer faire les rencontres, et puis de trouver
10:24ensuite la bonne personne avec qui ça va marcher.
10:27Ça fonctionne, juste pour comprendre le fonctionnement, ça fonctionne en duo, c'est-à-dire
10:32je suis DSI de BFM, je me pose des questions, je vous dis un petit peu quels sont mes besoins,
10:37vous allez me dire, voilà, un peu, j'en rencontre 4-5, et puis je dis, je vais plutôt continuer
10:41avec Jean-Christophe, c'est pour ça que ça se passe.
10:42Exactement, je vous en propose, voilà, 2-3, mais 5 si vous voulez, et puis après, c'est
10:47à vous de vous choisir, en fait, et puis de se dire, on se fait confiance, parce qu'oublions
10:51pas, on est quand même dans une relation, comme vous dites, de one-to-one, de confiance,
10:53on va pouvoir tout se dire, en toute confidentialité.
10:56Et donc l'idée, après, c'est de s'adapter à l'agenda, surtout du DSI, puisqu'ils ont
11:01des agendas souvent assez denses, donc c'est de trouver le bon rythme.
11:04Nous, on imagine entre 6 et 12 jours par an, on a imaginé d'intervenir à des moments
11:08clés qui sont la prise de poste, on pense que c'est très important, donc c'est d'intervenir
11:11pendant les 6 premiers mois.
11:13À raison de 6 à 12 jours, encore une fois, le DSI, le leader, il choisit le rythme
11:18qui lui l'intéresse.
11:19Ensuite, c'est l'effet miroir, à des moments clés de turbulence forte, de gestion de crise,
11:24où on sait que ça va un peu tanguer et qu'on a besoin d'aide.
11:26Et puis, troisièmement, c'est faire grandir.
11:28Là, on a identifié des potentiels dans son orga, et on se dit, tiens, si on les faisait
11:32grandir, et on allait les faire monter en puissance, c'est surtout les fidéliser.
11:36Joanne, si vous aviez un exemple qui vous vient en tête au long de votre carrière, à
11:40un moment, vous vous dites, j'aurais bien aimé avoir, j'en ai peut-être parlé, parce
11:43qu'on sait qu'il y a des structures, le CIGREF que l'on connaît bien, c'est 130 entreprises,
11:48avec les 130 décis qui sont présents là, donc on peut aussi, voilà, c'est pas un...
11:53150.
11:53150, c'est vrai, 150, sinon Henri Daguin va me reprendre.
11:57En plus, c'est pas l'endroit où chacun essaie de se challenger, il y a quand même une confiance
12:01qui s'est instaurée, donc ça peut être un moment de parler, mais là, en gros, ce
12:05que je comprends, c'est que voilà, vous structurez justement cet accompagnement.
12:09Mais Joanne, par exemple, vous êtes à retourner, je pose la même question à Jean-Claude,
12:12tiens, quelle situation, vous dites, tiens, j'aurais bien aimé, à un moment, avoir un
12:17des scènes un peu extérieurs, qui visent pas mon poste, ou quelque chose comme ça,
12:21à qui je peux, voilà, me confier un peu plus.
12:24Je pense que quand je suis devenue DSI Groupe d'Air Liquide, avec, un peu comme vous l'avez
12:29évoqué tout à l'heure, j'ai déjà eu des formations, j'ai déjà eu des accompagnements,
12:33ça va le faire, on va y arriver, je connais l'environnement, je connais la boîte,
12:38j'ai des alliés...
12:39C'est un management plutôt stable, cher Liquide, je crois que c'est 4 patrons en 100 ans.
12:42Pourquoi aurais-je besoin d'accompagnement ? Je pense que j'aurais probablement manœuvré
12:49différemment, pris de meilleures décisions et mieux dormi.
12:53Alors Christophe ?
12:54Moi, clairement, c'est la fusion Air France-KLM.
12:57Des scénarios compliqués, et évidemment, de l'intérieur, on peut se faire aider,
13:02y compris par des membres du comité exécutif.
13:04Mais il faut une certaine indépendance, il faut une neutralité, il faut avoir le temps.
13:11Moi, j'aurais beaucoup aimé, effectivement, avec quelqu'un qui n'a pas des tonnes de consultants
13:16à me vendre derrière, simplement qui prend du cul et qui me bouscule un peu, qui me dit
13:20« mais c'est sûr de ton truc, là t'en es sûr ? » et qui m'aide à construire la storyline.
13:24Ça, je pense que c'était, pour moi, c'était vraiment...
13:26Et un deuxième sujet, qui est un sujet d'actualité, vous en avez parlé, c'est la relation
13:30avec le business.
13:30À un moment donné, jusqu'où il faut aller dans la délégation, finalement, de l'outil
13:35informatique et de sa conception dans le business, sachant par ailleurs qu'on est
13:39les gardiens du temple.
13:40Cet équilibre, il est extrêmement délicat.
13:43Moi, ça m'aurait intéressé d'écouter ce qui se passe ailleurs, comment je peux
13:46présenter l'histoire, quels sont les contre-arguments à ce que je peux avoir en tête.
13:50Et puis, peut-être un dernier point, mais je pense que Clément s'en parlera, on parle
13:53des DSI, mais à leurs équipes.
13:54Donc, de temps en temps, j'aurais bien aimé avoir quelqu'un pour m'aider à faire
13:58passer les messages dans les équipes.
14:00Oui, ça sent extrêmement tranquille, neutre, mais voilà.
14:04Trouver les relais sans que...
14:06Après, voilà, tous ceux qui nous écoutent, manage les équipes, ça vient que c'est toujours
14:09compliqué de trouver les bons relais, de trouver les bonnes personnes qui vont suivre
14:12ça.
14:13Et c'est ça aussi, parce qu'on l'a dit, trouver du soutien auprès du Comex, construire
14:16la ferie de route, ouvrir son réseau de partenaires, c'est ça, de partenaires
14:20ou de lien dans l'entreprise, de contact dans l'entreprise.
14:24Voilà, dans les accompagnements qu'on a en cours, c'est souvent ça, c'est comment
14:27t'as besoin de travailler sur ce sujet-là, tiens, j'ai déjà travaillé, ou je connais
14:32un sparring partner qui connaît cette personne-là.
14:34Et l'idée, c'est d'enrichir, en fait, aussi des uns et des autres et de pouvoir apporter
14:38une visibilité.
14:40Puis d'aider aussi, je crois, dans la construction de la vision.
14:43Je crois qu'aujourd'hui, d'avoir une vision pour une DSI à 4, 5, déjà, je pense
14:49à 2-3, on est déjà pas mal, mais déjà, rien que de la construire à 2-3, je pense
14:53que d'avoir quelqu'un un peu d'extérieur et qui va...
14:55Moi, ce que j'appelle sparring partner, c'est que je l'ai utilisé ça aussi, parce
14:58que ça vient du sport, parce qu'il y a un côté un peu, tu parlais, muscler son
15:01jeu, se renforcer, renvoyer la balle, éviter les coups, savoir le faire...
15:06Et puis peut-être aussi, j'imagine, surtout dans des grands groupes comme les vôtres,
15:11c'est l'acceptation du partage des rôles aussi, de trouver ses partenaires,
15:15mais voilà, très vite, oui, il faut savoir se constituer.
15:20Je pense toujours, là, on vit une actualité avec, comment dirais-je, le Tour du Monde
15:25en moins, alors, beaucoup moins de 80 jours, en 40 jours.
15:30Non, mais si vous regardez bien l'histoire de Thomas Coville, il n'a pas pris des copains,
15:33il y a des gens, ils se connaissaient très mal, il a pris chacun des bonnes compétences,
15:37il a regardé, il a dit, oui, quelqu'un savait qu'il serait un peu fragile, mais dans
15:40le collectif, il sera très bien, et ça aussi, je pense que lui, alors, en termes de management,
15:45il sera intéressant à aller chercher, parce qu'il est allé prendre des gens de la course
15:48au large, des gens de la course olympique, voilà, chacun...
15:51Il faut savoir aller chercher les regards différents des siens, en fait, sinon on s'auto-conforte
15:55dans ce qu'on sait déjà, et c'est les angles morts qu'on rate.
15:58Est-ce qu'il faut être accompagné aussi pour choisir son successeur ?
16:03Évidemment, vous avez en tête, toujours deux, trois profils, mais...
16:07Ah oui, oui, moi je pense que ça fait partie du rôle du sparring partner.
16:11Alors, son successeur, et également son équipe rapprochée, parce que je pense qu'un
16:15DSI, la solitude est un vrai sujet, comme le dirigeant, mais quand on a une équipe
16:20costaud, la vie est quand même plus simple, et comme par ailleurs, mais je pense qu'on
16:24y reviendra, le DSI n'est pas spontanément prêt à faire ce type de démarche.
16:29On a une espèce de pudeur, pour vivre heureux, vivre en cachet, comme disait un de mes
16:33anciens à l'informatique, le silence est un compliment, enfin, il y a tout ce monde-là,
16:37c'était Yves Le Gellard, et on est un peu comme ça, donc je crois que c'est très
16:42très important que ce collectif...
16:43Pour Yves, il y avait une...
16:44Oui, il y a une belle personnalité.
16:47Mais je pense que c'est ça, l'idée de ce collectif, c'est d'essayer de dire, vous
16:51savez, tous vos collègues au comité exécutif, ils ont probablement des sparring partners.
16:54Oui, c'est ça.
16:55Alors vous aussi, prenez-en un, faites le choix vous-même, et effectivement, il peut vous
17:00aider à préparer le futur, évaluer vos équipes, trouver les storylines.
17:04Et puis c'est un moment où tu baisses la garde, parce que vis-à-vis de votre équipe,
17:09il y a quand même une posture à avoir, vis-à-vis de ses pairs, il y a une posture à avoir,
17:13vis-à-vis de son management, il y a toujours une posture à avoir.
17:16Vis-à-vis de vos fournisseurs, vous pouvez bien vous entendre avec eux, mais il y a une
17:19posture à avoir, là on lâche.
17:21Selon les métiers, j'imagine que ce soit Air Liquide, évidemment, le monde de la chimie,
17:25tout ça, ça bouge beaucoup, alors le monde du transport aussi, mais je trouve que quand
17:29même dans la texte, on prend l'exemple en ce moment, tous les 15 jours,
17:34nous on se posait la question un jour, est-ce qu'on ne va pas parler de ChatGPT tous
17:38les soirs, ou d'OpenAI tous les soirs, on en parle pratiquement tous les jours d'OpenAI,
17:41donc voilà, je ne connais pas beaucoup de secteurs où pratiquement tous les jours,
17:45il y a une nouvelle innovation, transformant en plus pour l'entreprise, donc j'imagine
17:48ça c'est...
17:48Il faut trouver des moments de pause, je pense que plus, enfin, je pense qu'il y en a d'autres
17:51qui l'ont dit avant moi, mais plus le monde va vite, plus il faut savoir ralentir
17:54à certains moments, et être un peu en suspension.
17:57Je suis toujours un peu désolé quand il y a des gens qui me disent, j'ai juste pas le temps,
18:00mais ne pas avoir le temps de se poser, juste de parler, de reformuler à quelqu'un
18:04qui vous comprend ce que vous dites, c'est déjà une première étape, et à fortiori
18:07d'entendre des remarques différentes, c'est perdre l'occasion d'investir pour aller
18:11plus vite derrière, c'est offrir cet espace-là.
18:13Et je pense qu'il ne faut pas oublier, enfin, les DSI doivent se rappeler, nous sommes
18:18les gardiens du Temple, ça bouge, ça va vite, il y a des creux, enfin, tu parlais
18:23de la course, le trophée Jules Verne, il faut quand même quelqu'un qui ait cette lucidité,
18:29ce recul de dire, bon, où va-t-on, est-ce qu'on va dans la bonne direction ? C'est ça
18:33qu'il y a attendu au comité exécutif.
18:34D'ailleurs, bien souvent au comité exécutif, il n'y a pas des dizaines de gens qui veulent
18:38prendre notre place, ça c'est sûr.
18:40Donc c'est que ça ne doit pas être si simple. Moi je dirais dans le message peut-être
18:44qu'on peut partager ensemble, c'est qu'il faut vraiment que les DSI n'hésitent pas
18:47à nous solliciter, on est là pour ça, on est là pour les aider à partager un peu
18:53ce fardeau, sachant qu'on a, encore une fois, nous derrière, on n'a pas des...
18:57Oui, oui, c'est ça, c'est vrai que c'est important de rappeler ça, bon, même si faire appel
19:01et des cabinets de consultance, ça amène aussi son lot d'avantages, de bénéfices,
19:07objectifs. Mais c'est vrai que, voilà, il y a un effet, il y a un contrat qui est passé,
19:11bien entendu, mais il y a moins cet effet de dire, tiens, je vais vous mettre un consultant
19:15pour cette partie-là, pour cette partie production, etc.
19:21Aujourd'hui, oui, on peut être, dans les collectifs, on peut être accompagné par
19:25quelqu'un qui est d'un secteur complètement différent, c'est ça qui peut être riche.
19:28Si on le souhaite, après, c'est encore une fois, c'est une question, je crois, de match
19:31entre deux personnes qui ont envie de se faire confiance, et puis, voilà, pour s'ouvrir.
19:36Plus la personnalité. Là, vous en suivez en ce moment, là, vous êtes déjà lancés
19:40tous les deux ?
19:41Alors, pas moi directement, avec SIDUP, mais dans le cadre d'autres missions, effectivement.
19:45Moi, pareil.
19:46Et Jean-Christophe aussi, même chose. Voilà. En tout cas, on suivra, donc...
19:50Et deux secteurs très différents de ce que j'ai fait, mais les fondamentaux de l'IT restent.
19:53Oui, les fondamentaux, puis les fondamentaux même du management, puis des relations humaines,
19:57on le voit bien aujourd'hui. Et puis, on voit... Enfin, moi, je trouve que c'est tellement
20:01attaché à la personnalité humaine. Enfin, vous en connaissez encore plus que moi, mais
20:05de tous les DSI qu'on a pu voir, voilà, on a vu ce pour qui ça marchait, on a un peu
20:10compris ce pour qui ça ne marchait pas, et on voit que c'est souvent la personnalité,
20:13puis cette relation aussi avec son DG qui n'est pas souvent évidente. Et puis, ces parcours,
20:19je pensais justement au successeur direct de Jean-Christophe et à France-KLM.
20:23Hop, il est reparti dans les métiers. Voilà.
20:25Ça, c'est aussi...
20:26Et son successeur était très proche de moi.
20:28Oui, c'est... Non, mais je trouve que c'est une des richesses de ce métier,
20:31c'est de voir des gens... Alors, parfois, je pense qu'il y a beaucoup qui n'ont pas osé
20:34aller un jour dans une direction, mais... Voilà.
20:37Merci beaucoup, en tout cas, à tous les trois, d'être venus nous parler de tout ça.
20:41Clémence Richard, président de ce collectif Seed Up.
20:44Donc, voilà, vous pouvez retrouver... C'est S-E-E-D, et puis plus loin, Up,
20:49pour ceux qui nous écoutent en radio.
20:51Et puis, voilà, avoir accès à 25 profils.
20:54Il y en aura d'autres, certainement, pour partager un peu votre vie compliquée,
20:58souvent, de patron du digital, de patron informatique.
21:01Merci d'être venus nous parler de tout ça.
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