00:00Parce que c'est un vrai gentil dans le fond. Il découvre la méchanceté, la méchanceté des institutions, la méchanceté
00:05des éditeurs, la méchanceté des journalistes, la méchanceté de lecteurs qui n'ont pas lu, la méchanceté d'écrivains qui
00:10ne vendent rien, qui n'ont pas fait d'oeuvre.
00:12On a vu parfois que vous avez des auteurs qui vivent comme des auteurs sans rien vendre simplement parce que
00:17des avaloirs, c'est ce qu'on touche, un auteur touche la part de son éditeur avant d'avoir écrit
00:23le livre.
00:23La valoir, c'est qu'on va peut-être vendre 100 000 exemplaires de votre livre, donc on vous donne
00:27en avance l'argent que vous allez toucher.
00:30Vous ne le touchez pas, mais vous gardez quand même l'argent.
00:31C'est spécial quand même, comme coutume. C'est une avance sur salaire en fait, tout simplement.
00:35C'est l'avance sur un salaire supposé.
00:37Oui, fictif.
00:38Sur un salaire supposé, parce que si on vous dit le mois prochain vous allez gagner ça, mais je veux
00:41bien vous donner ce que vous allez gagner le mois prochain, il n'y a aucun problème.
00:44Mais là, si on vous dit vous pourriez gagner, si vous travailliez dans un endroit, vous auriez la possibilité de
00:49gagner, donc on vous donne parce que vous allez probablement gagner.
00:51Et vous ne gagnez pas. Personne ne rembourse les avaloirs.
00:54Et il est bien évident que quand vous avez une toiture à refaire, une maison à acheter, un prêt ou
00:58ceci ou cela, vous pouvez demander des avaloirs sur 3 ou 4 livres.
01:01Donc évidemment, vous êtes très attaché à votre éditeur.
01:03Et puis quand c'est une bastille, là encore, et que vous avez la possibilité de dire, eh bien on
01:09va rentrer dans la bastille, on va voir qui est payé, comment, qui vend des livres, quel est le salaire
01:14de l'éditeur, est-ce qu'il y a vraiment une rentabilité, etc.
01:17Là, on dit, mais qu'est-ce que c'est que cette façon inquisitoriale de se comporter, le fascisme, etc.
01:22Non, c'est juste dans une boîte, vous avez la possibilité de demander des comptes.
01:26Et donc, Boilem, il découvre la meute.
01:30Et c'est difficile quand vous avez la fatigue, l'âge, de vous en prendre plein la figure, comme ça.
01:36Donc vous pouvez dire, à un moment donné, quand vous avez une caméra sous le nez, dire, moi j'en
01:39ai marre, la France, je quitte, c'est terminé.
01:41Et puis, parce que vous avez un moment d'abattement.
01:43Et puis peut-être le soir même, juste après, vous dites, non, non, bien sûr, je vais rester.
01:47Sauf que ça tourne en boucle, j'ai l'impression que c'est une décision définitive.
01:50J'espère que Boilem va rester, il a beaucoup plus d'amis que quelques ennemis.
01:54Et puis, tous ces ennemis sont minoritaires, ils vocifèrent, ils font beaucoup de bruit.
02:00Mais globalement, les gens l'aiment, les gens l'apprécient.
02:03Sous-titrage Société Radio-Canada
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