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  • il y a 10 heures
Ce mardi 27 janvier, François Sorel a reçu Frédéric Simottel, journaliste BFM Business, Didier Sanz, journaliste tech, et Frédéric Krebs, président de Krebs & Partners. Ils se sont penchés sur l'attaque de l'Europe à Google pour le forcer à ouvrir son IA et ses données à la concurrence depuis la mise en place du DMA, ainsi que Meta et YouTube devant la justice californienne pour un procès concernant la protection des mineurs, dans l'émission Tech & Co, la quotidienne, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.

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Transcription
00:00Avec ce soir pour débriefer l'actu, mesdames, messieurs, nous avons Frédéric Krebs qui est là, salut Fred.
00:11Oui, bonsoir François.
00:12Président de Krebs & Partners, voilà, notez-le, ça va être la boîte de l'année 2026, je le sens.
00:20A tes côtés Fred, c'est Didier Sens qui est là, salut Didier.
00:23Et bonsoir.
00:23Bonjour, journaliste tech, spécialiste de toute cette actualité qui nous entoure et que nous évoquons tous les soirs.
00:31Un grand merci d'être là Didier.
00:32C'est un plaisir.
00:33Et puis Frédéric Simotel, sans qui nous serons pas grand chose, on peut le dire quand même, en toute humilité.
00:40Merci Fred d'être là.
00:41Merci à vous, bonsoir à tous.
00:43Ça s'est bien passé hier Tech & Co, jeudi aussi.
00:45Écoute, on avait encore plein d'actu.
00:46Tout le monde a été sage.
00:47Tu vas pas me croire, on a parlé d'intelligence artificielle.
00:49Non, ça je te crois pas, c'est pas possible.
00:51J'ai un peu écouté quand même, donc je me suis rendu compte qu'on avait évoqué ce sujet-là.
00:56Frédéric Simotel qui est journaliste évidemment à BFM Business avec ce soir donc beaucoup d'actu.
01:02On va évoquer dans quelques minutes ce procès historique des big tech sur l'addiction aux réseaux sociaux qui commencent aux Etats-Unis.
01:11Eh bien voilà, les réseaux sociaux risquent gros.
01:12Alors pas tous parce que certains ont réussi à négocier avant le début du procès.
01:16Vous savez, ça se fait beaucoup aux Etats-Unis.
01:18On parlera aussi de cette volonté des services de méta de passer au premium,
01:24de nous pousser à payer pour avoir plus de services.
01:27On évoquera aussi tout à l'heure cet Internet par satellite.
01:30Alors là, mais giga hyper rapide que Jeff Bezos est en train de mettre en place.
01:36C'est un truc de dingue.
01:37On aurait des connexions en fait via satellite qui sera encore plus rapide que celle de la fibre.
01:44C'est assez fou.
01:45Mais pour débuter, j'aimerais qu'on revienne sur le petit warning qui est en train d'envoyer l'Europe à Google.
01:53Vous savez que depuis quelques mois maintenant, j'avais presque envie de dire quelques années, mais on n'en est pas loin.
01:58Enfin, le DMA est en place, ainsi que le DSA, il est là pour régir un petit peu, pour réguler tous ces géants de la tech américains et d'autres pays d'ailleurs.
02:10Ce n'est pas que les Américains qui sont visés, mais comme la plupart sont Américains, c'est eux qu'on voit en premier.
02:14Et c'est l'Europe qui essaie de réguler tout ça, avec un sujet qui est très intéressant.
02:20C'est l'Europe qui est en train de mettre en garde Google concernant l'intelligence artificielle qu'il y a dans les téléphones, et notamment les téléphones Android.
02:29Parce que c'est vrai qu'aujourd'hui, JimiNi est totalement, on va dire, imbriqué dans Android.
02:34Il va pomper toutes nos informations, nos mails, nos contacts, enfin, notre localisation, etc.
02:41Et l'Europe est en train de dire, attention, il va falloir que vous ouvriez cet écosystème au service d'intelligence artificielle concurrent.
02:50Alors, c'est Chagipiti, bien évidemment, ça peut être Claude, ça peut être aussi Mistral.
02:56Et je voulais avoir votre avis là-dessus, parce que là, mon avis, c'est du lourd qui est en train de se dessiner.
03:03Je ne sais pas ce que vous en pensez, Fred, mais pour l'instant, il n'y a pas de condamnation.
03:07En tout cas, il n'y a pas d'amende, simplement une mise en garde de la part de l'Europe concernant Google sur ce sujet,
03:14avec une réponse exigée juillet prochain, donc dans six mois.
03:19Oui, mais en fait, ce n'est pas la première fois que la Commission européenne s'en prend, en tout cas, à Google.
03:27Ah non, ce n'est pas la première.
03:27On a déjà eu le cas en 2018, notamment par rapport au search, où on avait justement fait en sorte que chaque utilisateur puisse choisir son moteur de recherche, notamment dans Chrome.
03:45Là, c'est la même chose, on prend les mêmes et on recommence.
03:47L'idée, encore une fois, c'est de faire en sorte de prévenir tout abus de position dominante de la part de Google.
03:56Parce qu'il faut savoir quand même que c'est un cheval de troie extraordinaire, un fait d'avoir Android dans son terminal.
04:02Et là, aujourd'hui, ce qui est vraiment intéressant ici, c'est que la Commission européenne prévient Google.
04:09Attention, ne faites pas un environnement fermé, faites en sorte que n'importe quel autre acteur de l'AI puisse, en fait, être choisi par l'utilisateur.
04:20Et ça, c'est quelque chose qui est très bon, en tout cas, pour nous, utilisateurs finaux.
04:25Parce que l'idée, c'est qu'on ne soit pas enfermé avec un seul acteur AI.
04:29Et moi, je trouve ça plutôt très intéressant, très malin de la part de la Commission européenne.
04:34Parce que plutôt que d'agir, en fait, à posteriori, là, on anticipe un tout petit peu, en fait, le sujet.
04:40Oui, et on va dire qu'il y a presque de la bienveillance dans tout ça.
04:43Puisqu'en fait, Teresa Ribeira, qui est la commissaire européenne qui est chargée de la concurrence,
04:47dit ceci avec la procédure engagée aujourd'hui.
04:49Nous voulons aider Google en lui expliquant plus en détail comment elle doit se conformer à ses obligations
04:55en matière d'interopérabilité, de partage des données qu'on cherche en ligne, etc.
04:58Ce qu'on oublie de dire, c'est qu'il y a eu la même affaire il y a quelques mois aux États-Unis,
05:02où une cour de justice a imposé à Google, justement, d'ouvrir les résultats de ses searches
05:11et différentes datas qui étaient collectées par Google à la concurrence.
05:18Donc, la Commission européenne n'invente rien.
05:21Je veux dire, c'est une affaire qui a déjà été soumise.
05:25Google a l'habitude de ce type d'attaque, on va dire.
05:27On connaît la méthode de Google, on fait et on s'excuse après, on pratique un maximum.
05:35On voit jusqu'où on peut aller, puis après on cule un peu.
05:38C'est énorme, parce que moi, ce qui me titille sur cette affaire-là, c'est qu'on parle beaucoup de droit de la concurrence.
05:44On explique en gros à Google qu'il faut qu'il mette ses outils à la disposition de ses concurrents.
05:48On ne parle pas du tout du consommateur qui, lui, est complètement pied et poing lié au bon vouloir de Google
05:57et qui, neuf fois sur dix, ne sait absolument pas ce qui se passe avec ses données
06:01une fois qu'elle allume son téléphone Android qui part dans tous les sens.
06:06Quand c'est gratuit, c'est de nous le produire, on le sait bien.
06:08Les gens commencent à le comprendre, mais j'ai l'impression qu'il y a une espèce de fatalisme là-dessus.
06:12C'est-à-dire qu'on utilise tous les services Google, on sait qu'en échange, ils vont exploiter notre data et la vendre, la monétiser.
06:22Moi, il y a deux choses.
06:24La première, c'est que je me demande comment ils vont s'en sortir Google, parce qu'ils ne vont pas rester comme ça en disant
06:28« Merci, Thérésa. » C'est vrai qu'on n'y avait pas pensé, on était un peu trop dans notre truc, dans notre couloir.
06:34Promis, dans six mois, vous allez voir, on va vous faire un truc.
06:36Première chose, c'est comment ils vont faire ? Est-ce qu'ils ne vont pas nous dire
06:38« Tiens, vous voulez d'autres IA ? » Eh bien, cochez les cases.
06:41Alors, vous voulez quoi ? Une IA pour vos photos ? Laquelle ?
06:43Cinq cases. Vous voulez une IA pour vos machins ? Cinq cases.
06:46Enfin, tu vois, mettre un truc, finalement, tu vas dire « Non mais attendez, moi, comme les cookies, là, oui, oui, et puis tu vas te retrouver ici. »
06:52Ça, c'est la première chose.
06:53Après, si tu le fais à la configuration de ton téléphone ?
06:56Oui, mais ils vont trouver le système où tu vas être obligé de cocher.
07:00Après, les geeks vont trouver le truc au moment, mais tout le reste va dire « Ah, flûte, il faut encore cocher. »
07:05Puis, ils vont peut-être voir un truc sur telle appli, sur tel site.
07:08« Tiens, vous voulez d'utiliser une IA sur ce site ? »
07:10Ça, c'est la première chose.
07:11La deuxième chose, à mon avis, et j'ai lu quelques commentaires sur les blogs d'analyse qui se disent
07:17« Et si ça faisait augmenter le prix des smartphones ? »
07:20Parce que qu'est-ce que peut faire Google ?
07:21C'est dire « Ok, vous voulez un Google Android ouvert et tout ça, maintenant, on paye. »
07:27Par contre, si vous prenez notre truc tout intégré et tout ça, notre truc propriétaire, là, ce sera beaucoup moins cher.
07:34Là, ça ne passera pas.
07:36Je n'y crois pas une seconde.
07:37Ça ne passera pas, Fred.
07:38Mais pourquoi ça ne passerait pas ?
07:39Regarde le problème qu'on a eu avec Meta.
07:42Mais s'ils disent « C'est mon produit à moi et tout ça, et qu'ils vont négocier avec des constructeurs », ça peut passer.
07:47Oui, mais quand les téléphones vont arriver en Europe et qu'il n'y aura que vu de Gemini dessus…
07:51Ils vont dire « Si vous voulez autre chose que Gemini, c'est ça, mais c'est plus cher. »
07:54Oui, ça me paraît bizarre.
07:57Moi, je vois bien un truc, un peu comme on l'a toujours connu, c'est-à-dire que tu vas allumer ton téléphone.
08:02On va dire « Voilà, vous êtes dans un univers Android. Est-ce que vous voulez avoir comme il y a Gemini ? »
08:07Ou « Chagipiti ? »
08:09Ou « Le chat ? »
08:10« Claude ou Mistrage ? »
08:11« Tu choisis ton truc. »
08:12Et puis après, voilà, Gemini sera toujours là, mais moins visible, on va dire.
08:17Ils vont tout faire pour que ce soit compliqué d'y accéder, t'inquiète, c'est comme avec Microsoft pendant des années.
08:26Avec les navigateurs.
08:27Oui, ils vont tout faire pour que ce soit compliqué.
08:30Ce qui est incroyable, c'est qu'ils ont le beurre et l'argent du beurre, Google, et ils sont derrière Android,
08:36qui est le premier système d'exploitation répandu sur des smartphones.
08:39Ils sont derrière Gemini, qui est l'application d'IA qui monte en puissance.
08:44Donc, ils collectent un maximum de données qui vont servir à développer, à alimenter leur intelligence artificielle.
08:53Cette intelligence artificielle devient du coup meilleure que les concurrents.
08:58Et comme elle est meilleure que les concurrents, le public va l'adopter massivement.
09:02Donc, il va donner encore plus de données qu'il va, etc.
09:04On arrive dans une espèce de course aux armements où, malheureusement, la concurrence est largement dépassée.
09:11Et l'autre argument que je pense que Google va mettre sur le tapis, c'est la confidentialité des données.
09:19C'est ce qu'ils disent déjà, oui.
09:20C'est ce qu'ils disent déjà, dans le sens où, avec moi, tout est intégré, on sait où ça va, et grosso modo...
09:27On sait que ça va directement aux publicitaires, donc ne vous inquiétez pas, on a l'autoroute directe.
09:32Exactement. Donc, en tout cas, on contrôle les données de A jusqu'à Z.
09:36Là, si je passe la main à OpenAI, si je passe la main à Anthropik ou Mistral,
09:42après, moi, je ne sais pas ce que ça va donner.
09:44Donc, moi, je me défausse à travers ce jeu de la concurrence.
09:49Je me défausse en tout cas là-dessus.
09:51Bon, ça, ça va être aussi l'argument.
09:53Ceci dit, là où ça va être intéressant aussi, c'est que la Commission européenne a donné des délais très courts
09:58pour que Google puisse donner des réponses et donner la façon dont ils vont traiter le sujet.
10:05Puisqu'on parle de l'espace de trois mois à six mois pour la réponse de Google.
10:10Donc, on verra, on verra ce que ça va donner.
10:13Mais je suis curieux de voir, en tout cas, je suis quasiment sûr qu'on va aller vers quelque chose de très ouvert,
10:17puisque ça reste le sens de l'histoire.
10:21Ou un androïde à deux vitesses.
10:23Ou un androïde à deux vitesses.
10:24Et puis, il y a un problème financier derrière, c'est-à-dire que Google, Gemini,
10:29c'est aussi un moyen pour lui de montrer son avancée dans le domaine de l'intelligence artificielle,
10:34de commencer à conquérir de nouveaux marchés, des entreprises, etc.
10:38Là, on sait que ses revenus sont en baisse,
10:44enfin que de moins en moins de gens utilisent Google Search
10:48parce qu'ils font de la recherche directement à partir de Chagy, HyperXXI, etc.
10:53Donc, c'était un moyen pour eux aussi de combler un peu ce manque à gagner
10:59qui va s'accentuer sur le moteur de recherche proprement dit.
11:03Et là, en l'occurrence, ça risque de les contrarier un peu dans cette démarche.
11:08Moi, je vois l'histoire des prix, je les vois aller négocier.
11:13Ils avaient déjà essayé il y a quelques années,
11:14ils n'ont pas abandonné cette histoire de taxe Android,
11:17en disant, écoutez, moi, je les vois bien aller un Android à deux vitesses,
11:23aller négocier avec un autre, un OpenAI,
11:27et dire, OK, on va faire des téléphones Android et tout ça,
11:29mais tu vas me payer comme ils font avec les moteurs de recherche avec Apple.
11:33Enfin, tu vois ça.
11:33Mais finalement, est-ce que vous ne trouvez pas que c'est un peu le sens de l'histoire,
11:35ce qui est en train de se dessiner ?
11:37Parce que, regardez à l'époque, Microsoft avait la mainmise sur le navigateur Internet,
11:42c'était Internet Explorer.
11:43Il a fallu qu'ils payent des centaines de millions de dollars
11:45pour qu'au démarrage de Windows, on choisisse notre propre navigateur.
11:49À l'époque, il y en a plein qui ont découvert Firefox.
11:51Après, il y a Chrome qui est arrivé, etc.
11:53Ça a complètement bouleversé le marché des navigateurs.
11:56Les moteurs de recherche, ça a été pareil.
11:58Fred, tu prenais cet exemple-là.
11:59Est-ce que finalement, l'IA, qui est un outil pas similaire,
12:03qu'on peut peut-être comparer, finalement, à toutes ces autres commodités que nous avions,
12:08est-ce que demain, finalement, même sur mon iPhone,
12:11peut-être que demain, lorsque je configurerai mon iPhone,
12:14on me dit, tiens, François, qu'est-ce que tu veux comme IA ?
12:16Est-ce que tu as une IA préférée ?
12:17Est-ce que tu veux celle de Syrie ?
12:19Est-ce que tu préfères celle de Chagipiti ?
12:20Est-ce que tu préfères celle de Google ?
12:21C'est ce que tout le monde souhaite, c'est le principe de la concurrence,
12:23du libre choix de consommateur.
12:25Ce n'est pas délirant comme réflexion.
12:28Et si on suit le sens de l'histoire, on devrait arriver à ça, je pense.
12:32C'est assez intéressant.
12:33Parce qu'eux vont dire, nous, on a la plus performante,
12:35et si tu veux, tu payes.
12:37Ouais, on verra.
12:39Écoutez, je ne suis pas sûr que ce soit en 2026.
12:41J'attends vraiment de voir leur réponse,
12:43parce qu'en avis, ils ne vont pas se laisser...
12:44Alors, rappelons qu'ils ont jusqu'en juillet prochain pour réagir.
12:49Et rappelons que s'ils ne réagissent pas,
12:52évidemment, ça peut leur coûter beaucoup d'argent,
12:54puisque je crois que l'amende maximum, c'est 10%
12:57du chiffre d'affaires global annuel de la boîte en question.
13:01Donc, de Google, imaginez ce que ça représente, 10%.
13:05C'est plusieurs milliards, voire dizaines de milliards.
13:07C'est monstrueux.
13:08C'est Trump qui va être content.
13:11J'ai une petite question pour vous.
13:12Sincèrement, et j'aimerais que vous soyez le plus franc possible,
13:17est-ce que vous êtes addict aux réseaux sociaux ?
13:19Fred, est-ce que tu es addict aux réseaux sociaux ?
13:22Est-ce que le soir, après, Tech & Co, chez toi, tranquille,
13:24Oui, franchement, oui.
13:25Tu regardes ton Yellowstone,
13:27avec Kevin Costner et ses chevaux,
13:29et est-ce qu'après, tu t'endors avec Instagram ?
13:31Oui.
13:32Il fait les deux en même temps ?
13:33Oui, oui, oui, oui.
13:35Addict.
13:36Et Instagram, LinkedIn.
13:37For sure.
13:37Instagram et LinkedIn.
13:39Instagram et LinkedIn, ça va.
13:40Et LinkedIn tout le temps.
13:41Ça va, c'est bien.
13:42Oui, for sure.
13:44Instagram aussi ?
13:45Non, moi, c'est les shorts sur YouTube.
13:47Les shorts sur YouTube.
13:48Ah, YouTube aussi.
13:49Oui, il y a YouTube aussi, c'est pas mal.
13:51Didier ?
13:52Alors, pas du tout.
13:54J'utilise encore...
13:56Que TikTok.
13:58Que TikTok.
13:58C'est un réseau social ?
13:59La version américaine.
14:00J'utilise encore X et Blue Sky pour des informations,
14:03parce que je suis abonné à des lettres d'information sur la tech,
14:07à des gens qui communiquent sur la tech,
14:09mais on ne peut pas dire que ce soit de l'addiction,
14:11puisque moi, je regarde ça en général le matin au petit-déj,
14:14et un petit coup le soir avant de me coucher,
14:16mais ça ne dure jamais plus d'un quart d'heure, vingt minutes.
14:20D'accord, donc une petite addiction légère.
14:22Ce n'est pas l'addiction, c'est vraiment pour mon travail.
14:24Une nécessité pour mon travail, un outil.
14:27Je ne le fais pas par plaisir, voilà,
14:29parce que le problème de l'addiction, c'est que souvent...
14:30C'est vraiment pour t'informer, en fait.
14:32Parce que la question est la suivante,
14:34est-ce que les plateformes vont-elles être un jour condamnées
14:37pour avoir développé des applications addictives ?
14:39C'est ce qui est en train de couver...
14:41Pas seulement addictives.
14:42Dangereuses.
14:44Addictives et dangereuses.
14:44Voilà. Il y a un procès qui s'ouvre aujourd'hui en Californie.
14:48C'est une plaignante qui accuse les réseaux sociaux
14:50d'avoir provoqué chez elle des troubles mentaux, carrément.
14:54C'est la première fois qu'une affaire de ce type se tient.
14:56Pourtant, ce phénomène est une vraie déferlante.
14:58Rien qu'en Californie, on dénombre 3000 poursuites
15:01contre les plateformes.
15:03Erwan Morris nous explique tout cela.
15:05Et puis, bien sûr, après, on en débat avec nos experts.
15:08C'est le début d'un procès inédit.
15:11À Los Angeles, un jury va devoir se prononcer sur cette question.
15:15Les réseaux rendent-ils volontairement les enfants dépendants ?
15:18Avec ce risque pour les plateformes être reconnus coupables,
15:21alors que les lois américaines les écartaient jusque-là
15:23de toute responsabilité sur les contenus publiés.
15:26Sur le banc des plaignants, une jeune femme de 19 ans,
15:29atteinte de dysmorphie, de dépression et de pensée suicidaire
15:32pendant son adolescence, elle accuse Instagram, TikTok et YouTube
15:35d'avoir altéré sa santé mentale en la rendant volontairement dépendante.
15:39Pour sa défense, Meta tentera de démontrer
15:41que la sécurité des adolescents a toujours été privilégiée
15:44au chiffre d'affaires.
15:46YouTube brandira, lui, les mesures de protection
15:48qui ont été déployées.
15:50Ce procès pilote, qui devrait durer au moins six semaines,
15:53est le premier d'une longue série en Californie.
15:55Les verdicts, qui ne seront pas contraignants,
15:57devraient dans un premier temps encourager
15:59des règlements à l'amiable.
16:00En Europe aussi, des actions collectives ont été intentées
16:03par des familles contre Meta et TikTok,
16:05qu'ils accusent d'avoir nuit à leurs enfants.
16:07En Italie, une première audience se tiendra en février.
16:10Alors voilà, c'est quand même étonnant
16:14parce qu'on sait tous et toutes, des millions,
16:17des centaines de millions de gens savent que ces réseaux sociaux
16:20sont addictifs.
16:22On va voir ce que donne ce procès.
16:23J'imagine que là, on va dire, les big tech américaines
16:29qui sont au cœur de ce procès vont dépenser
16:32beaucoup, beaucoup d'argent en défense
16:35avec des avocats qui vont essayer de trouver
16:37les petites failles, etc.
16:39Qu'est-ce que ça peut donner, à ton avis, Fred,
16:41ce type de procès ?
16:42Et puis, si vous regardez un peu les news aujourd'hui,
16:44parce que moi, je me demandais si le procès
16:45démarrait vraiment aujourd'hui.
16:46Alors, il démarrait en effet.
16:47Mais ils sont en train de sélectionner le jury.
16:49Et c'est la première fois qu'on va peut-être voir
16:51des Mark Zuckerberg ou des patrons de grandes firmes
16:56témoigner devant des jurys populaires.
16:58Ils ont déjà témoigné, mais devant le Congrès
17:00pour les Cambridge Files, etc.
17:04Là, ils vont témoigner devant un jury géopopulaire.
17:07Donc, je pense qu'il y a cet aspect-là.
17:10On va...
17:12Ça va forcément dériver sur tous les aspects politiques.
17:15Enfin, je pense qu'il va vraiment y avoir quelque chose.
17:17En plus, souvenez-vous, Francesa Hogan,
17:19vous vous souvenez, c'est cette jeune femme
17:21qui travaillait chez Facebook
17:22et qui avait été un peu lanceuse d'alerte
17:24en dévoilant plein de choses.
17:26Et déjà, à l'époque, je regardais,
17:28elle affirmait que Meta avait des études
17:30dans sa possession prouvant le côté addictif
17:32des réseaux sociaux.
17:34Donc, il faut voir comment ils vont se défendre.
17:36Après, si on voulait être un peu comme Thérésa tout à l'heure,
17:39être dans le meilleur des mondes,
17:40mon souhait serait qu'ils se disent,
17:44allez, finalement, on va essayer de réorienter un peu
17:46nos réseaux vers davantage de connaissances,
17:50pousser davantage de...
17:51Alors, c'est vrai que selon où on va,
17:53quand on sélectionne, on peut avoir nous-mêmes,
17:55définir nous-mêmes un peu plus ces contenus de connaissances
17:57plus importants, enfin, voilà,
17:58qui nous ouvrent un peu l'esprit.
18:00J'aimerais bien qu'on arrive un peu à ça.
18:03Parce que le couvre-feu,
18:04le couvre-feu, ou limiter l'accès...
18:06Non, mais oublie ça,
18:07puisque tu sais très bien
18:08qu'une partie des modérateurs ont disparu, carrément.
18:11Alors, en Europe, ils reviennent,
18:13Facebook est obligé d'en remettre en Europe.
18:15Oui, bon, donc les contenus,
18:17il reste toujours des contenus très clivants,
18:19très déprimants, parfois,
18:22c'est ce que reproche cette plaignante.
18:28Mais ce qui est...
18:2819 ans, rappelons-le,
18:29elle était totalement addicte à quatre plateformes.
18:32Alors, je ne sais pas si on les connaît véritablement,
18:34mais elle affirme être devenue dépendante.
18:37Il y a au moins Facebook et Snap, je crois.
18:39Elle affirme surtout que ça a entretenu
18:43ses pulsions suicidaires.
18:45Meta, Snap, TikTok, YouTube, exactement.
18:47Mais ce qui est dingue, c'est qu'aux Etats-Unis,
18:49il y a une loi, un peu comme il y avait à une époque en France,
18:51qui exonère complètement la responsabilité du diffuseur.
18:56C'est-à-dire que Meta n'est pas responsable
18:58des contenus qui sont en ligne.
19:00Après tout, il n'est que, comment dirais-je, diffuseur.
19:05Excuse-moi, mais est-ce que les algorithmes
19:06qui, lui, qui sont faits par lui,
19:09ne sont pas beaucoup responsables
19:12du contenu qu'on voit s'afficher ?
19:15Tu vois, c'est ça où il y a quand même
19:16une espèce de mauvaise foi, finalement, dans tout ça.
19:20Mais il n'y a pas seulement de mauvaise foi,
19:22il y a une hypocrisie énorme.
19:23C'est-à-dire que ces boîtes-là investissent des milliards
19:24pour montrer, pour donner bonne conscience,
19:26pour soigner leur image en disant,
19:29regardez, on a des ateliers
19:30de sensibilisation au contenu dangereux,
19:34on a des outils de contrôle parental.
19:36Il y a des textes, vous regardez dans les textes,
19:38c'est marqué, attention, ça peut...
19:39Les conditions d'utilisation, on prévient les parents.
19:43Et alors, en général, c'est toujours ça.
19:45C'est, écoutez, nous, le contenu, c'est le contenu,
19:48c'est les enfants qui regardent,
19:50c'est aux parents de surveiller aussi.
19:51C'est un moyen de se déculpabiliser,
19:53mais qui est absolument honteux.
19:55Donc, elles ont un rôle énorme,
19:57ces plateformes, sur ces dérives,
19:59et malheureusement, elles ne jouent pas le jeu.
20:01Parce qu'encore une fois,
20:02les enjeux commerciaux sont énormes derrière.
20:04Justement, en fait, la grosse nouveauté
20:08de ce qui se passe là, aujourd'hui, à Los Angeles,
20:12c'est qu'on ne va pas juger, en fait, les contenus
20:15sur lesquels, en fait, toutes ces plateformes
20:17se sont défaussées, en fait, depuis 10 ans, 15 ans.
20:21Mais on va juger les algorithmes, justement,
20:24enfin, la coquille, à savoir, donc, les algorithmes,
20:27le design, en fait, des applications,
20:29et notamment, vous savez, le fameux Scroll Infini.
20:34Et je sais qu'hier soir,
20:35vous avez parlé de ce sujet-là,
20:37il y a ce fameux documentaire,
20:39derrière nos écrans de fumée,
20:40qui a été diffusé sur Netflix,
20:41où on voit, en fait, l'inventeur du Scroll Infini
20:44qui renie son invention en disant
20:46que c'était la pire chose qu'il a pu imaginer.
20:50Donc, c'est ça qui va être jugé, en fait,
20:52lors de ce procès.
20:53Et je pense que, pour la première fois,
20:56il y aura un fonds, enfin, il y aura un fonds juridique
20:58sur lequel, en fait, toutes les plateformes
21:01seront attaquables, ou en tout cas, redevables.
21:04D'accord ?
21:04À savoir, d'ailleurs, que Snapchat a déjà transigé
21:09il y a quelques semaines.
21:11Oui.
21:11A préféré verser de l'argent, je crois.
21:13A préféré verser de l'argent.
21:13Pour ne pas figurer à ce procès.
21:16Exactement.
21:16Parce que là, ce qui va se passer,
21:17je ne sais pas combien de temps va durer le procès,
21:19mais ça va créer une jurisprudence folle,
21:23enfin, qui peut être très folle,
21:25dans le sens où les plateformes pourraient être acculées
21:29à changer le design de leurs applications.
21:33Donc, est-ce que c'est la fin du scroll infini ?
21:35Est-ce qu'il y aura une limite, en fait,
21:37à ces scrolls infinis ?
21:38On trouvera autre chose.
21:38En built-in.
21:39Pas de problème.
21:40Mais, en tout cas, c'est ça le cœur de l'affaire.
21:43Et c'est pour ça que je suis très positif
21:48sur le fait qu'on arrive enfin à quelque chose.
21:52Et donc, d'un côté, on a ça qui est jugé.
21:53De l'autre côté, la France qui suit l'Australie
21:57sur le fait de responsabiliser,
22:00en tout cas un peu plus, les plateformes
22:02sur ce qui est montré aux mineurs,
22:08en tout cas aux moins de 15 ans.
22:09Je trouve que là, en ce moment,
22:11il y a le feu des critiques,
22:13il y a le « the heat », en tout cas,
22:15qui est sur la tête des dirigeants de ces plateformes.
22:19Parce qu'en gros, il y a deux types d'addiction.
22:21Il y a l'addiction de cette jeune fille de 19 ans
22:23qui affirme être devenue dépendante,
22:25anxiété, dépression, automutilation,
22:28tendance suicidaire.
22:28Il y a même eu, on le sait,
22:29des histoires dramatiques de suicide.
22:31Voilà, des adolescents qui se sont suicidés.
22:34Répétez qui dit rendez-vous de l'autre côté.
22:36Alors, si je puis me permettre,
22:38ça c'est une autre histoire.
22:39C'est que, si tu veux, tu as le suicide
22:40de des jeunes qui se font harceler
22:45sur les réseaux sociaux.
22:46Parce qu'ils sont trop gros,
22:49ou ils sont trop maigres,
22:50ou alors ils ne font pas comme les autres, etc.
22:52Et en fait, ça leur fait monter,
22:54si tu veux, une anxiété
22:55qui, pour certains, quand ils sont fragiles,
22:58peuvent aller jusqu'à...
22:59Oui, je crois que la discussion qu'il avait
23:00avec Chad GPT, c'est...
23:02Oui, bien sûr, exactement.
23:04Et puis, il y a un autre type d'addiction...
23:06C'est vrai que c'est différent.
23:07C'est un petit peu différent, voilà.
23:08Mais c'est quand même une machine
23:09qui te dit...
23:10Oui, oui, oui, c'est clair, c'est clair.
23:12Mais je ne pense pas qu'on jugera ça, là.
23:15Et puis après, il y a l'autre addiction,
23:17c'est celle que les milliards,
23:19enfin les milliards, oui,
23:20les millions, les centaines de millions
23:22d'adolescents et de jeunes
23:23qui deviennent addicts, en fait, tout simplement,
23:25et qui sont... deviennent...
23:28s'abrutissent devant ces écrans
23:29en restant des heures et des heures.
23:31Tout à l'heure, hors micro,
23:32c'est toute génération confondue.
23:34Mais le problème, c'est que s'ils désactivent
23:36ces écrans addictifs, c'est fini.
23:38Oui, mais tu vois, quand tu es retraité,
23:39que tu passes trois heures sur TikTok,
23:42ce n'est pas très gênant.
23:43Mais quand tu es ado,
23:43que tu as toute ta vie devant toi
23:45et que tu passes ton temps sur TikTok...
23:46Tu as tes devoirs à faire.
23:47Non, mais qu'est-ce que...
23:48Voilà, mais tu n'auras pas les moyens
23:51de faire 70 ans de TikTok comme ça,
23:53tu vois, toute ta vie, quoi.
23:54C'est ça qui est intéressant.
23:55Bon, en tout cas, on suivra
23:57les avancées de ce processus.
23:58Ce serait intéressant, d'ailleurs,
23:59quand on décortiquera ces algorithmes,
24:01de voir le rôle qu'ont joué
24:04des chercheurs mondialement connus
24:06en psychologie, en sociologie,
24:09qui ont aidé à mettre au point
24:10ces algorithmes pour maintenir l'attention
24:12le plus longtemps possible
24:13et continuer à susciter l'intérêt.
24:15Ce qu'ils appellent l'engagement,
24:17qui sont, en général,
24:18les sujets les plus clivants.
24:19Allez, on marque une petite pause.
24:22Il est bientôt 20h.
24:23Frédéric Screps, Didier Sens,
24:25Frédéric Simotel,
24:25pour commenter l'actu.
24:27Ce soir, vous restez là.
24:29Tiens, on va parler de TikTok,
24:30puisque vous le savez,
24:31la version américaine de TikTok
24:34a été visiblement enfantée,
24:37mais non sans douleur.
24:39On va en parler dans quelques instants.
24:40On va tout vous raconter.
24:41A tout de suite.
24:42Merci d'être là.
24:45Tech & Co, la quotidienne sur BFM Business.
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