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  • il y a 8 heures
Mardi 27 janvier à 21h, BFMTV propose une nouvelle édition de l'émission « LE QUARTIER GÉNÉRAL : Iran: menacer ou frapper? » présentée par Maxime Switek. Dans un contexte d’instabilité internationale grandissant et face aux menaces de Donald Trump envers l’Iran, BFMTV donne la parole à des spécialistes pour comparer les différents scénarios envisageables.

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Transcription
00:00Tous mes camarades lèvent la main pour vous poser des questions.
00:03Ce soir, Dominique de Villepin, on va commencer avec Elsa Vidal, Elsa.
00:05Bonsoir, Dominique de Villepin.
00:07Seriez-vous favorable, justement, pour poser un cadre légal à une future intervention,
00:12à un vote à l'Assemblée Générale de l'ONU, puisque le Conseil de sécurité sera bloqué par la Russie ?
00:18C'est demandé par de nombreux militants et chercheurs iraniens,
00:21de manière à ce qu'il y ait une condamnation formelle du régime iranien.
00:25Les décisions de l'Assemblée Générale ont été importantes dans l'histoire des Nations Unies.
00:28Donc je pense qu'un vote de l'Assemblée Générale, mettant sur la table un certain nombre d'options,
00:33serait en effet une bonne chose.
00:35Entre un vote des Nations Unies et une stratégie d'intervention, on sait tous qu'il y a un fossé.
00:40Donc je ne suis pas sûr qu'on puisse translater en action.
00:43Mais que l'Assemblée Générale, que les Nations Unies puissent se prononcer dans une crise de cette importance,
00:48cela me paraît tout à fait souhaitable, en effet.
00:51Patrick, oui, je reste quand même, je vois bien le diplomate passionné que vous êtes resté, Dominique de Villepin.
00:57Mais le fait est qu'on a vu aussi, même si Donald Trump se heurte au réel,
01:03le réel et les miettes de ces interventions, ce sont toujours les Européens qui arrivent derrière.
01:08On parle des garanties de sécurité.
01:10On sait que les Européens, si une action de Donald Trump tombe du bon côté en Iran,
01:15ce seront eux qui vont aider à la démocratie, qui vont mettre des fonds sur la culture.
01:19Est-ce qu'on n'est pas condamné à justement ce type d'action en voiture balai, j'ai envie de dire, de l'Amérique ?
01:26Oui, je vois votre souci de saisir l'opportunité, si je puis dire.
01:30On peut effectivement avoir envie d'être malin.
01:32Le problème, c'est que dans ces interventions-là, les choses ne sont jamais tombées du bon côté.
01:38Ni en Irak, ni en Afghanistan, ni en Libye, ni nulle part.
01:41Et donc, je pense qu'on ne joue pas avec l'histoire et on ne joue pas avec les peuples.
01:45Vous savez, moi, je suis déchiré parce que je vois bien l'attente du peuple iranien.
01:50Je vois bien à quel point le peuple iranien aimerait être libéré de cette tutelle de ce régime théocratique.
01:58Mais a-t-on le droit de se lancer dans une aventure dont, malheureusement, on connaît pour l'essentiel l'issue
02:04et qui aurait de telles conséquences quand on n'est pas celui qui paye l'addition ?
02:10Est-ce qu'on peut jouer avec l'avenir d'un peuple ?
02:12C'est dire que le peuple iranien, il a dans ses mains cet avenir-là,
02:17face à un régime que nous, par contre, nous devons tout faire pour affaiblir.
02:21Mais c'est ce que fait Trump, il ne paye pas l'addition.
02:23Il arrive, il renverse le restaurant.
02:25Mais c'est pour cela que je dis, nous, Européens, avec Donald Trump,
02:29s'il y avait une stratégie active à défendre, et je le souhaite,
02:32ce serait de tout faire pour affaiblir ce régime, de façon à précipiter sa chute,
02:38mais ne pas rentrer dans une opération militaire, j'allais dire à cœur ouvert,
02:42qui est susceptible d'obtenir l'effet inverse de celui que nous souhaitons.
02:46– Ulysse Gosset.
02:47– Oui, Dominique de Villepin, j'ai d'abord une remarque.
02:51Est-ce que je me trompe en disant que j'ai entendu un discours présidentiel,
02:57ou en tout cas de candidat à la présidence pour justement faire bouger les choses ?
03:01– Ulysse Gosset, vous avez le sens de l'humour si nous n'étions pas sur un plateau.
03:06– Non, non, ce n'est pas de l'humour, c'est sérieux.
03:07– Mais je vais vous dire la vérité, je n'ai jamais cessé de penser les relations internationales
03:16avec la gravité de celui qui même, quand il n'a aucun pouvoir, aucune fonction,
03:23s'oblige à penser en responsabilité.
03:26Et ça c'est une obligation, si je puis dire, professionnelle,
03:30quand on a exercé la responsabilité diplomatique,
03:33eh bien oui, on doit se mettre à la place de celui qui doit prendre la décision suprême.
03:39Donc on ne joue pas, ce serait facile pour gagner quelques points dans les sondages
03:43avec démagogie de présenter telle ou telle option, je ne joue pas avec ça,
03:47je ne cherche pas à présenter des options faciles,
03:51je cherche au contraire à ce que demain nous ne nous réveillons pas
03:55avec véritablement des chocs douloureux.
03:59– Alors ma question sérieuse cette fois, est-ce que l'embargo sur le pétrole iranien,
04:06le blocus avec l'armada américaine de Donald Trump,
04:09est une bonne solution pour vous qui éviterait l'intervention directe ?
04:13Est-ce que c'est un scénario qui vous semble possible ?
04:17– Le blocus, l'embargo, toutes ces options-là supposent un travail diplomatique
04:23et ça fait partie des options qui pourraient considérablement affaiblir le régime.
04:26Mais je pense que dans ce contexte-là, il serait particulièrement nécessaire
04:31d'aller avec courage prendre son bâton et son chapeau, comme dirait Jacques Chirac,
04:37et aller voir M. Poutine et aller voir M. Xi Jinping,
04:40qui évidemment sont intéressés par le pétrole iranien pour l'un,
04:44par les armements de l'Iran pour l'autre,
04:46et leur dire, il y a aujourd'hui une situation que nous ne pouvons pas accepter
04:50tant toute la population souffre,
04:52et nous ne pouvons pas rester aujourd'hui sans rien faire.
04:55Et mettre sur la table le fait qu'il faut arriver à faire avancer.
05:00Et vous savez, même avec des régimes avec lesquels on partage peu de choses,
05:05dans certains cas, dans certaines situations,
05:07quand la détermination est là,
05:10on arrive à trouver des accommodements
05:12qui permettent d'éviter des confrontations
05:15qui pourraient être très douloureuses et difficiles dans cette région.
05:17– Dominique de Villepin, qui doit aller voir Poutine et Xi Jinping pour leur dire ça ?
05:21– Qui ? – C'est la responsabilité de la diplomatie.
05:24La diplomatie américaine, si elle s'engage,
05:26les Européens, aujourd'hui, les Européens assistent en chaîne faïence,
05:31assis à Bruxelles ou dans leur capitale,
05:34mais une diplomatie, elle doit aller au combat.
05:37La diplomatie, ce n'est pas juste des bonnes paroles en haut d'une tribune.
05:40Il y a tout un travail, je vous reprends l'exemple,
05:442003, à peine l'opération américaine de frappe sur l'Irak a tel lieu
05:49que nous prenons notre canne et notre chapeau
05:51et nous allons avec les Allemands et les Anglais à Téhéran
05:55rencontrer le régime des Mola
05:57pour mettre sur la table un accord de limitation en matière nucléaire.
06:04Mais c'est l'action diplomatique, c'est les risques qu'il faut prendre.
06:08Et là, il s'agit d'aller parler avec eux de choses sérieuses
06:11qui ont des conséquences sur le monde.
06:13À partir de ce moment-là, vous savez, les Russes et les Chinois,
06:15ils auront compris que le risque d'une véritable intervention
06:18de la part de Donald Trump, d'où nous savons qu'il ne prend pas
06:21toujours ses décisions avec beaucoup de rationalité,
06:24eh bien que ça fait partie du possible
06:25et que nous souhaitons, nous, à partir de là,
06:28eh bien essayer d'encadrer l'avenir du peuple iranien,
06:32d'encadrer l'aide au peuple iranien
06:34avec le plus grand nombre de garanties possibles.
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