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  • il y a 11 mois
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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00:00Suite de notre édition spéciale consacrée au jour d'après.
00:03Le jour d'après, c'est le lendemain de la déclaration de politique générale
00:06et c'est le premier jour du reste de la vie de Sébastien Lecornu.
00:10On verra caler la durée de vie du Premier ministre.
00:12On va aller à l'Assemblée nationale tout de suite retrouver Naouf El-Kawafi en direct pour BFMTV
00:16parce qu'on a le calendrier. On sait donc que tout va se passer en novembre sur le budget.
00:21Absolument. C'était le baptême du feu aujourd'hui pour Sébastien Lecornu
00:24avec cette première QAG face aux députés.
00:27Première mise au point, notamment concernant le véhicule législatif
00:32pour aboutir à la suspension de cette fameuse réforme des retraites.
00:36Sébastien Lecornu l'a expliqué.
00:37Ça se fera via un amendement sur le projet de loi Finance, Sécurité et Sociales.
00:42Alors c'est très technique. Concrètement, ça veut dire quoi ?
00:44Ça veut dire que pour aboutir à cette suspension de la réforme des retraites,
00:47il va falloir obligatoirement, avant le 31 décembre prochain, faire voter le budget.
00:52Écoutez le Premier ministre tout à l'heure face aux députés.
00:54Si on veut aller le plus vite possible avec des délais qui sont tenus
01:02et un débat de qualité et loyal, je pense qu'il faut que le gouvernement
01:07dépose un amendement au projet de loi de Finance pour la Sécurité Sociale
01:10dès le mois de novembre.
01:11Dès le début de la discussion du PLFSS, comme chaque année depuis des décennies.
01:16La deuxième est en commission.
01:21Les Françaises et les Français qui nous regardent, je crois, en ce moment,
01:23sur les chaînes info peuvent voir que le débat a déjà démarré.
01:27Si le gouvernement dépose cet amendement, je l'ai suffisamment dit hier
01:31pendant la déclaration de politique générale, ça sera au Parlement de le décider.
01:35Reste à savoir maintenant si les députés du Parti Socialiste étaient au courant de ce véhicule législatif.
01:40Parce que le Parti Socialiste, incontestablement, tient entre ses mains le sort du gouvernement Lecornu.
01:47On sait que trois députés ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils allaient appuyer sur le bouton rouge,
01:51tout comme le Rassemblement National, la France Insoumise, les écologistes ou encore les communistes.
01:56Quelques potentiels frondeurs également parmi les Républicains.
01:58On a sorti la calculatrice. Quand on fait les comptes, on se rend compte qu'il pourrait y avoir entre 271 et 276 députés
02:06qui voteraient la censure. Pour rappel, il en faut 289 pour faire chuter le gouvernement Lecornu.
02:12Autant vous dire que ça risque de se jouer dans un mouchoir de poche.
02:15Voilà, Naofel Kawafi avec Dominique Le Picard, en direct de l'Assemblée Nationale.
02:21On va écouter maintenant Roland Lescure, c'est le ministre de l'économie,
02:24parce que là, il prévient les Français sur ce qui va être les prélèvements.
02:28J'entre en mêlée, pour prendre une expression rubistique, à 4,7%.
02:34Donc c'est l'objectif ?
02:35Mais bien sûr que c'est l'objectif. Il y a une partie qui va se faire par des hausses de prélèvements obligatoires.
02:40Il y a des centaines de niches fiscales en France, on va les travailler.
02:4314 milliards, dit le Figaro, sur les hausses d'impôts, c'est vrai ou pas ?
02:45Oui, je le reprends.
02:4614 milliards de hausses d'impôts ?
02:47C'est l'ordre grandeur de ce qu'on appelle la hausse des prélèvements obligatoires.
02:50Et face à ça, il y a des économies de dépenses.
02:54Donc au total, on va faire à peu près 25 milliards d'économies.
02:5725 milliards d'économies au total ?
02:5825 milliards d'économies, 8 milliards de charges de la dette, ça c'est incompressible,
03:03et 14 milliards de hausses d'impôts.
03:05Alors on va regarder qui peuvent être les gagnants et les perdants avant de partir en discussion.
03:10Et ça c'est avec François Gapillon. Bonsoir François.
03:13Bonsoir, bonsoir à tous avec le gel du barème de l'impôt sur le revenu.
03:18200 000 nouveaux foyers pourraient devenir imposables, en l'occurrence ceux qui gagnent entre 11 500 et 29 000 euros par an.
03:26Ils seront alors taxés à hauteur de 11%.
03:29Le projet de budget présenté hier prévoit aussi le gel des prestations sociales.
03:33Les minima sociaux ne seront pas réévalués, c'est ce qu'on appelle l'année blanche.
03:37Ça concerne les allocations familiales, l'allocation adulte handicapé ou encore les APL.
03:41Le gouvernement qui veut aussi raboter, on l'entendait à l'instant dans la voix du ministre de l'économie,
03:46une vingtaine de niches fiscales, notamment l'avantage accordé aux biocarburants
03:50pour les transporteurs routiers et ferroviaires, les agriculteurs,
03:53mais aussi plus d'un million d'automobilistes actuellement.
03:55Ils seraient soumis alors à une hausse de 45 à 50 centimes par litre.
03:59Menacer également l'avantage fiscal pour frais de scolarité qui peut aller jusqu'à 183 euros.
04:044,5 millions de personnes sont actuellement concernées.
04:07Et puis, les salariés en affection longue durée avec une maladie chronique,
04:11ils ne pourront plus bénéficier d'exonérations fiscales au titre de leurs indemnités journalières.
04:16Pendant un arrêt, ça choque énormément de monde déjà.
04:19La sécurité sociale devrait également se serrer la ceinture avec pas loin de 7 milliards d'euros d'économies.
04:25Entre l'augmentation du reste à charge sur les médicaments,
04:27les consultations médicales, la limitation de la durée des arrêts de travail,
04:31les mutuelles qui vont devoir mettre la main à la poche avec une taxe exceptionnelle de 2% sur les cotisations.
04:37Ce sont forcément les adhérents derrière qui vont trinquer.
04:39Bref, ça va concerner quasiment tous les patients.
04:42Enfin, les entreprises, elles vont subir une hausse des charges sur les avantages en nature
04:47qu'elles octroient aux salariés type titre restaurant, chèque vacances ou encore chèque cadeau.
04:52J'ajoute que la copie du gouvernement propose de rehausser le taux de charge
04:54sur les indemnités de rupture conventionnelles et ce pour éviter les abus.
04:59Merci François Gapillan.
05:00Je regardais Gaëtan de Sainte-Marie prendre des notes avec son stylo
05:04puisque vous représentez en tant que vice-président de la CPME,
05:07les petites et moyennes entreprises,
05:0914 milliards d'impôts supplémentaires dans le pays le plus imposé d'Europe.
05:15Quelle est votre réaction ?
05:18On parle d'un objectif de 30 milliards et donc ça veut dire que finalement,
05:21on ne fait que la moitié des économies et le reste, on va ponctionner ceux qui sont toujours ponctionnés,
05:27c'est-à-dire grosso modo les entreprises, les PME.
05:29Et finalement, si on schématise aujourd'hui, qui perd dans cette histoire ?
05:33D'abord, c'est nos enfants parce que les retraites, c'est eux qui vont les payer.
05:37On a planqué les problèmes sous le tapis, mais du coup, c'est eux qui vont les payer demain.
05:40Ensuite, qui paye ? Qui va payer pour ce budget ?
05:46C'est les salariés des TPE et des PME parce que quand on alourdit la taxe sur les titres de restaurant,
05:53au final, 80% des gens qui utilisent des titres de restaurant, c'est des salariés de TPE et de PME.
05:59C'est des entreprises qui n'ont pas de cantine.
06:00Donc, en fait, c'est eux qui vont payer.
06:02Donc, en fait, on taxe le déjeuner des salariés des TPE et des PME.
06:05Super.
06:06Et puis, c'est les PME en général, parce que quand on voit ce qu'on a entendu hier,
06:11c'est pour ça que je prenais des notes, c'est que est-ce qu'on a gagné en stabilité ?
06:15Non.
06:15Est-ce qu'on a gagné en visibilité ?
06:18Non.
06:18Est-ce qu'on a gagné en simplicité ?
06:20Non.
06:21Est-ce qu'on a gagné en pouvoir d'achat pour les salariés de nos entreprises ?
06:24Non plus.
06:25Et finalement, on n'a toujours pas de cap.
06:27Et nous, dans les PME, on crève de ne pas avoir de cap.
06:30Et quand je dis on crève, je ne sais pas si vous avez vu les chiffres de septembre,
06:33mais il y a quasiment 7 000 entreprises qui ont évolué le bilan.
06:35Ils sont terribles.
06:35C'est une catastrophe.
06:36Gaëtan Mélin, c'est vrai qu'on s'étonne.
06:39Finalement, on pensait que c'est l'État qui allait faire le plus d'efforts en baissant la dépense publique.
06:45On s'aperçoit quand même qu'on demande aussi beaucoup, et pas seulement aux ultra-riches,
06:49contrairement à ce qu'on peut nous faire croire.
06:52Je crois qu'ils sont à contribution de 2,5 milliards.
06:54Mais le reste, ce sont les Français, et notamment la classe moyenne.
06:57Oui, c'est un effort structurel qui a été revu à la baisse par rapport au budget de François Bayrou.
07:02Rappelez-vous, 44 milliards d'euros d'économie.
07:04Là, finalement, ça sera 30 milliards.
07:0617 milliards de dépenses en moins.
07:0813,7 milliards de recettes en plus.
07:11Et effectivement, vous avez parfaitement raison,
07:13on est en train de tirer un trait, finalement, sur le début de la période d'Emmanuel Macron,
07:19à savoir ne pas augmenter les impôts, ni des entreprises, ni des ménages.
07:24Et aujourd'hui, ce budget 2026, il fait tout simplement l'inverse.
07:29On revoit à la hausse les prélèvements sur les entreprises, mais également sur les ménages.
07:35On l'a bien vu avec François Gapillan et la liste des mesures qu'il a énoncées.
07:40Il y a une très forte progression des prélèvements obligatoires sur les ménages.
07:46Ça va ponctionner leur pouvoir d'achat qui, aujourd'hui, est déjà bien mis en péril.
07:52Il faut savoir, aujourd'hui, que la croissance française est à tonne,
07:56qu'il n'y a plus d'investissement à cause de l'instabilité.
07:590,7, la croissance.
08:00Exactement.
08:01Des entreprises n'investissent plus, n'embauchent plus, les ménages ne consomment plus.
08:06Forcément, le signal qui est envoyé aujourd'hui, il ne va pas dans le sens d'une reprise de la consommation.
08:12Il ne va pas inciter, justement, ces ménages à reprendre confiance.
08:17Ce qui, pourtant, est nécessaire, encore une fois, pour relancer la machine économique.
08:22Laurent Baumel, vous l'assumez, tout ça, là ?
08:24Parce que, maintenant, vous avez dealé avec le cornu.
08:27Je n'ai pas dealé sur le budget.
08:28Vous le laissez faire, en tout cas, puisque vous ne le censurez pas.
08:34On ne censure pas la déclaration de politique générale.
08:37On a obtenu une avancée qui ne plaît pas à tout le monde, mais ça, je le comprends.
08:40C'est le débat sur les retraites.
08:42On peut passer des mois et des mois à le refaire tous les jours.
08:44Mais là, on est sur le budget.
08:46Voilà, donc on est sur le budget.
08:47Sur le budget, on n'a pris aucun engagement.
08:49Mais de toute façon, si vous ne votez pas le budget, il n'y aura pas de suspension des retraites.
08:53On n'a ni pris l'engagement de le voter, le budget, ni pris l'engagement de renoncer à la censure.
08:58Donc, on va travailler sur tous les sujets qui viennent d'être évoqués.
09:01En fait, il y a trois questions, si je vais très vite.
09:03Il y a la question du niveau de réduction des déficits.
09:05Il faut réduire les déficits sans casser la croissance.
09:08Donc, il y a une question de dosage.
09:09Il y a une question de quelles dépenses on réduit.
09:13Et puis, il y a la question de quelles recettes fiscales on active.
09:17Et là, effectivement, si je prends ce dernier débat, rien que celui-là,
09:20la question de qui est matraqué fiscalement est une question importante.
09:25Donc là, vous entendez ce qu'a dit...
09:27Là, j'ai l'impression, en effet, que l'effort va être essentiellement mis sur les couches populaires et moyennes.
09:36Pour vous, ça n'a pas question de votre...
09:38Effectivement, je rejoins l'exemple des tickets restaurants, mais il y en a d'autres.
09:41Les franchises médicales, enfin, moi, etc.
09:42Plutôt que sur la partie la plus fortunée ou la plus riche de la société, il y a 2 milliards et demi.
09:48Mais franchement, on est très loin de ce que cette frange de la société peut offrir.
09:52Alors après, on va retomber dans le débat sur l'exil fiscal, etc., qu'on connaît par cœur aussi.
09:57Mais enfin, nous, on est porteurs, en tout cas, d'un autre équilibre sur la fiscalité.
10:00Il a annoncé la couleur ce matin, Roland Lescure, quand il a dit 14 milliards de prélèvements.
10:04Enfin, ça fait un peu tousser tout le monde, là.
10:07Oui, parce qu'on a été, durant quelques jours, avant le dévoilement de ce budget, un peu dans le sucré des mesures, si j'ose dire.
10:15Ça a démarré avant la re-renomination de Sébastien Lecornu par cette annonce.
10:20Vous savez, cette clarification sur la suppression de 2 jours fériés, c'était extrêmement impopulaire.
10:25Ensuite, il est allé, évidemment, dans ce que demandaient la gauche et le Parti Socialiste.
10:29Il y a eu tout ce débat autour de la taxe Zuckman.
10:31On a senti, du côté de Matignon, cette volonté de plus de justice fiscale,
10:36entendant aussi ce besoin français de peut-être taxer les plus riches et se déséquilibre face à l'impôt.
10:44Et là, c'est vrai que dans le détail de ce qu'est ce budget,
10:48quand on voit la démonstration de François Gapillan, est assez limpide.
10:53C'est-à-dire qu'effectivement, les petits ménages moyens vont devoir mettre la main à la poche.
10:59Après, Lecornu, il a quand même dit hier que c'était une copie de départ et que le Parlement avait la possibilité de la corriger,
11:05puisqu'il renonce au 49,3.
11:07On verra la différence.
11:09Déjà l'année dernière, en vérité...
11:09Avec un objectif de déficit.
11:10Il faut rester sous les 5%.
11:12C'est la barre.
11:14On peut revoir la copie, mais il faut rester en dessous de 5%.
11:16Je n'ai pas le sentiment que le débat sur la trajectoire soit complètement fermé non plus.
11:20Dans ce que j'ai entendu hier...
11:21Ça peut être plus de 5% ?
11:22Non, pas au-delà.
11:23Oui, c'est ce qu'on dit.
11:24Il faut que ça reste entre 4,7 et 5%.
11:26Oui, mais c'est 10 milliards.
11:27C'est quand même déjà 10 milliards.
11:28Bien sûr, 9 milliards.
11:29C'est pas négligeable.
11:309 milliards.
11:30Bon, donc ce débat, il existe aussi malgré tout.
11:32Cette marge manœuvre existe dans le débat parlementaire.
11:35Et vous verrez que...
11:36Déjà l'année dernière, en fait, on l'a complètement oublié.
11:38Parce que quand on vit dans le régime de 49,3, on ne retient que la copie finale.
11:41Mais l'année dernière, entre la copie initiale et la copie finale, il y a eu des bougies majeures dans l'hémicycle.
11:46Qui ont été annulées par le retour au texte initial, par l'utilisation du 49,3.
11:50Notamment sur les pensions de retraite.
11:51Sur les pensions, sur toute une série de sujets.
11:54Peut-être d'ailleurs excessifs, je reconnais.
11:56Je reconnais que quand on sait qu'il y a le 49,3 au bout, les députés sont finalement beaucoup plus libres de leur mouvement.
12:02Là, chacun sera responsable de ses dépenses nouvelles, de ses recettes nouvelles.
12:06Gaëtan de Sainte-Marie, je vous sens écartelé en quelque sorte.
12:10Parce que l'échelle d'entreprise voulait de la stabilité.
12:12Et s'il y avait eu censure, on verra demain.
12:14Enfin, a priori, il n'y aura pas censure.
12:15Bon, on rentrait dans une période une fois de plus d'instabilité.
12:18Mais en même temps, ce budget ne vous convient pas.
12:21Alors, qu'est-ce qu'il faut au mieux ?
12:23À quel prix la stabilité, finalement ?
12:24Oui, c'est la vraie question.
12:26Moi, le Premier ministre, il m'a fait un peu l'impression hier d'être un médecin qu'on va voir parce qu'on est très malade.
12:31Et qu'il vous donne quelques aspirines.
12:33Donc, ça vous soulage quelques heures.
12:35Mais ça ne règle pas le problème de fond.
12:36Et en fait, on a quand même surtout l'impression que tout ça est une énorme fuite en avant.
12:40Et moi, si je tire l'expérience de ce qui se passe dans nos entreprises,
12:44quand on commence à avoir une fuite en avant dans nos entreprises, en général, c'est le début de la fin.
12:47Donc, je suis, comme beaucoup de chefs d'entreprise, très inquiet.
12:51Et finalement, en fait, ce qui s'est passé hier, pour nous, dans les entreprises, ça ne change pas grand-chose, en fait.
12:57Sauf qu'on a compris qu'en plus, à la fin, on va se faire encore plus taxer.
12:59Donc, ça veut dire qu'aujourd'hui, on ne peut toujours pas se dire qu'on a un cadre clair dans lequel on peut investir.
13:05Et je vous jure que moi, ce que je ressens vraiment dans toutes les entreprises avec lesquelles je travaille toute la journée, etc.,
13:10mon entreprise est à Lyon, c'est que, autant encore au premier semestre, ça a fonctionné encore à peu près notre économie.
13:17Mais là, je sens que depuis juillet, en fait, c'est pire que ça, c'est que la machine se grippe.
13:23Et vous savez, une machine qui se grippe au fur et à mesure, pour la dégripper, pour la remettre en route, c'est très, très long.
13:28Oui, mais monsieur, si je peux me permettre, en fait, si on va au bout de votre raisonnement,
13:32en fait, ce que vous souhaiteriez, c'est un régime autoritaire, avec une majorité absolue, qui prend des décisions...
13:37La majorité absolue, c'était la Ve République, ça a bien fonctionné.
13:40Je vais mettre un retour à la Ve République, en fait, avec la présidente qui...
13:42Mais Jean-Luc Téli, ce n'est pas un régime autoritaire, si je peux me permettre.
13:46Oui, un régime très pyramidal, dans le cas où il a convenu aux socialistes pendant des années.
13:49Oui, bien sûr, bien sûr, bien sûr.
13:50Monsieur, moi, ce que je veux, c'est pouvoir travailler...
13:50Il n'a pas donné que du bonheur politique au pays, par ailleurs, si j'en juge les 20 ans qu'on vient de vivre.
13:55Moi, ce que je veux, monsieur, c'est pouvoir travailler dans un cadre clair.
13:58Et quand je dis ça, je parle au nom des patrons de PME, mais je parle aussi au nom des 10 millions de salariés des PME,
14:04qui ont besoin de ce cadre clair pour pouvoir s'exprimer.
14:06Et c'est dommage que dans cette France, il y a une telle énergie entrepreneuriale, on ne puisse pas l'exprimer.
14:11Très sérieusement, je vous dis ça sans polémique, parce que je visite aussi beaucoup de PME dans ma circonscription.
14:14J'essaie d'être attentif à cette question.
14:18Nous, en tant qu'acteurs politiques, on a besoin de savoir, du coup, quelle est la réalité de votre attente.
14:22Là, vous nous dites...
14:23Hier, on fait un compromis qui permet de passer ce cap, de stabiliser.
14:27Aujourd'hui, on est en plateau ensemble.
14:28Vous nous dites, ça n'a rien changé.
14:30On a toujours aussi peu de visibilité.
14:31Donc, je dois en conclure quoi ?
14:33Que vous auriez préféré qu'on censure, qu'on aille aux élections ?
14:36En fait, qu'est-ce que vous attendez du système politique pour avoir le sentiment de retrouver de la visibilité ?
14:41Moi, quand je vous entends dire tout à l'heure,
14:43« Mais attendez, sur le budget, on n'a pas dit qu'on n'allait pas censurer, etc. »
14:48Moi, ça veut dire qu'en fait, le budget, il n'y a pas de budget, c'est une feuille blanche.
14:53Et comment voulez-vous que je m'engage ?
14:54Comment voulez-vous que moi, ça me rassure ?
14:55Vous n'êtes pas d'accord, vous-même, avec ce budget ?
14:57Comment voulez-vous que moi, je m'engage à le voter ?
15:00Alors, un budget que vous-même, vous ne trouvez pas bon ?
15:03Moi, je ne suis pas un homme politique.
15:05Non, mais vous dites, ce budget n'est pas bon, mais vous dites, votez-le quand même,
15:08parce que sinon, il y a de l'instabilité.
15:10Ça ne marche pas, ça.
15:11Je vous renvoie aux propositions de la CPME,
15:13où nous proposons, notamment, de remettre le travail au cœur de notre société française.
15:17Parce que, dans un pays qui perd un fric monstrueux chaque jour,
15:21le seul moyen de s'en sortir, c'est de gagner de l'argent.
15:23Et pour gagner de l'argent, il faut produire et donc travailler plus.
15:25Donc, vous êtes comme tous les Français, vous voulez un compromis,
15:27mais sur vos positions.
15:28Or, un compromis, ce n'est pas un compromis sur les positions.
15:31Qu'est-ce qu'on fait de dire ça ?
15:32Parce que vous avez demandé à Lecornu de dire des mots précis
15:35sur la suspension d'affaires des retraites.
15:36Mais on ne lui a pas demandé de dénoncer le programme du NFP dans sa déclaration.
15:41Justement, puisque vous parlez du Premier ministre,
15:44je vous propose d'écouter ce qu'il vient de dire il y a quelques minutes.
15:47Quelques minutes à peine, c'était au Sénat,
15:49et vous allez pouvoir réagir, M. le député Boumel.
15:51Moi, je ne demande à personne de renier ces convictions.
15:56À personne.
15:57Il est évident que vous êtes un certain nombre
16:01à vous être manifestés, mobilisés
16:04pour une réforme des retraites que nous connaissons
16:07pendant que d'autres se sont mobilisés
16:10contre cette réforme des retraites.
16:12Bon, et c'est là où il faut qu'on soit précis.
16:15Il n'y a pas d'abandon de la réforme des retraites,
16:19comme je l'ai entendu.
16:20Mais non.
16:21Il faut qu'on rentre dans la technicité des débats.
16:24C'est bien pour ça qu'il y aura un amendement du gouvernement
16:26au projet de finance pour la sécurité sociale,
16:28pour être très direct et très précis.
16:31M. Boumel ?
16:33Moi, je suis d'accord.
16:35On ne peut pas, si vous voulez,
16:36dire tous autant qu'on est,
16:38il faut amener de l'apaisement,
16:40il faut trouver des compromis.
16:41– Il n'y a pas d'abandon, il l'a dit,
16:43de la réforme des retraites.
16:44Donc tout ça, ça va être en discussion.
16:47– Là, ça donne quand même raison aux insoumis
16:48en disant qu'il n'y a pas d'abandon de la réforme des retraites.
16:50– Il le dit.
16:51– Il y a suspension, mais on travaillait, quoi.
16:55– Dispension jusqu'à la présidentielle.
16:56Il l'a dit, on n'a pas nié qu'il avait dit ça
16:58et on ne prétend pas qu'il a dit autre chose.
17:00Non, mais il n'y a pas de débat sémantique.
17:04Il y a une réforme des retraites
17:05qui est suspendue jusqu'à l'élection présidentielle,
17:08grand rendez-vous démocratique,
17:09qui permettra de rediscuter de cette...
17:11– En attendant, pour les 3,5 millions de personnes
17:13qui sont concernées, elle est réellement suspendue.
17:15– Sur la tonalité de Sébastien Lecornu,
17:17il est au Sénat, devant les sénateurs,
17:19qui étaient ô combien aussi à cette mesure
17:21de suspension de la réforme des retraites.
17:23Certains l'ont dit, on s'est pris des tomates sur la tête
17:25pendant toute la réforme,
17:27sur nos circonscriptions, des sénateurs,
17:29des députés aussi.
17:30et ça passe mal quand même dans le bloc central.
17:34Donc il y a une volonté quand même
17:36d'apaiser un peu les choses et d'arrondir les angles.
17:38– Merci à tous.
17:39Bien sûr, cette discussion va continuer
17:41tout au long de nos deux heures d'émission.
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