00:00On a une affaire de pétroliers russes, vous savez, de la fameuse flotte fantôme
00:04qui a été arisonnée par la marine française.
00:06On va voir comment on réagit à Moscou dans un instant.
00:08On va aller du côté de Davos aussi en Suisse,
00:10parce que là, le président Trump a quitté la Suisse.
00:12On va voir où on en est dans les pourparlers de paix sur l'Ukraine.
00:15Mais quand même, Didier François, que s'est-il passé avec ce pétrolier russe
00:18intercepté par la marine française ?
00:20Alors on est entre le Maroc et l'Espagne, c'est ça ?
00:22Absolument, et en fait, on le suivait déjà depuis un bout de temps,
00:25avec les Hollandais, ils l'avaient déjà vu en train de batifoler au long de leur côte,
00:34puis les Britanniques, nous on l'a pris en relais.
00:37Et vous voyez le nom là, Grich, c'est le nom sous lequel ils se baladent.
00:42Sauf que...
00:42C'est un prêt de nom ?
00:43Voilà, exactement, ils nous prennent vraiment pour des jambons.
00:46Il y a quelques semaines, il s'appelait Le Karl,
00:50et effectivement, il est sur la liste des pétroliers fantômes qui sont...
00:54C'est quoi cette flotte fantôme ?
00:56C'est ainsi qu'on l'appelle, et d'ailleurs Emmanuel Macron, rappelons-le,
00:59c'est lui qui a annoncé le fait que la marine avait arraisonné ce navire.
01:03La flotte fantôme, c'est quoi ?
01:04Alors la flotte fantôme, ce sont ce genre de pétroliers
01:07qui sont sous pavillons, disons, exotiques.
01:10De complaisance.
01:11Oui, et plus de complaisance, c'est qu'en plus, ils changent de nom.
01:14Ils changent de pavillon en permanence pour essayer de...
01:17Enfin, vous savez, c'est les joueurs de Bento,
01:20c'est où est la boule, où est la boule.
01:22Mais en fait, ils n'ont qu'en général qu'un seul trajet,
01:26départ de Mourmansk, donc en Russie,
01:29où là, ils chargent les cuves à fond avec le pétrole russe sous embargo,
01:33et ensuite destination, les amis de la Russie
01:36qui achètent à bas prix le pétrole de Poutine pour lui financer sa guerre,
01:39donc l'Inde, la Turquie, la Chine, etc.
01:42Et donc évidemment, comme il y a un embargo
01:43qui est donné par les Occidentaux
01:46pour normalement interdire ce genre de transactions,
01:49et qu'en plus, ces bateaux dérogent aux règles internationales
01:52en changeant de nom et de pavillon,
01:53eh bien, maintenant, on a essayé de sévir,
01:55et régulièrement, on les intercepte,
01:57et c'est ce qui a été fait par les commandos marines,
01:58vous le voyez là, sur l'image derrière vous,
02:00avec une descente encore de lisse
02:02pour prendre le contrôle du navire,
02:05contrôler les papiers,
02:06les papiers n'étaient pas bons,
02:07hop, on déroute sur un de nos ports
02:09pour continuer les investigations.
02:10– Justement, comment pratiquement ça s'organise,
02:14le fait de dérouter un pétrolier ?
02:18Comment la marine organise des choses ?
02:20– Alors, il faut comprendre que ça répond
02:22à des règles juridiques extrêmement précises,
02:24parce que le bateau, il est dans les eaux internationales.
02:28Donc, c'est ce qu'on appelle l'action de l'État en mer,
02:30et c'est le préfet maritime qui…
02:33En fait, le préfet maritime est un amiral,
02:35mais il est en quelque sorte dans la chaîne,
02:37non pas militaire,
02:39mais dans la chaîne civile.
02:41Il a autorité sur tous les moyens,
02:43et donc, ce que disait Didier,
02:45le bateau, il a été suivi,
02:46on sait qu'il est en infraction
02:48et qu'il est sous la menace de sanctions,
02:50donc le préfet maritime donne l'ordre,
02:53là, à la marine nationale,
02:54à des moyens militaires,
02:55d'intercepter le bateau.
02:57– Et si l'équipage refuse ?
02:59– C'est assez rare, vu…
03:02– Quand les commandos le demandent,
03:03il mange, il ne refuse pas.
03:04– On voit bien sur la photo,
03:05alors ce type de bateau,
03:06donc c'est un bateau qui date de 2004,
03:08vous voyez, là où les commandos vont se poser,
03:10en fait, c'est une plateforme…
03:12– Ils se posent en hélicoptère, c'est ça ?
03:14– Alors, l'hélico, ouais,
03:15en corps de lisse,
03:16l'hélico ne va pas se poser
03:17pour des questions de sécurité,
03:19mais il y a un emplacement,
03:21sur ce type de bateau,
03:23il y a un grand H,
03:24en fait, pour pouvoir poser un hélico,
03:26donc les commandos marines,
03:28c'est leur quotidien,
03:29ils font ça en permanence,
03:30et là, il y a de la place.
03:32Donc vous voyez,
03:32et sur l'autre…
03:33– Donc en fait, ils ne se posent pas
03:34et c'est les hommes descendent ?
03:35– Les hommes descendent et puis ils vont…
03:36– Combien il y en a des hommes ?
03:37Combien d'hommes ?
03:38– Bah, il peut y avoir une petite dizaine.
03:40– C'est 12 en général.
03:41– Et en fait, on a déjà prévenu le bateau,
03:44donc la passerelle, le commandant,
03:47qu'il va être intercepté
03:49et qu'il faut normalement, par exemple,
03:50qu'il arrête les machines,
03:52il y a toute une…
03:54c'est pas un acte de piratage,
03:55bien au contraire.
03:56– Il va aller dans quel port ?
03:57– Alors après, en fonction du contrôle,
03:59il peut être…
04:00– Alors, il faut penser qu'à côté,
04:02il y a une frégate de la Marine nationale
04:04parce que les hélicos,
04:05ils ne sont pas venus depuis Toulon
04:06et le bateau, en fonction d'eux,
04:09ce que l'on va constater,
04:10il peut être dérouté vers un port
04:12et puis…
04:13– Il y a une enquête.
04:14– Voilà, il y a une enquête
04:15et l'objectif n'est pas tant
04:18d'intercepter le bateau en tant que tel,
04:19c'est de faire une pression sur la Russie.
04:22– Mais le bateau, après, on le relâche ?
04:24– Ah bah après, ça va dépendre.
04:24– Ça va dépendre de ce que l'on va trouver.
04:26– C'est le procureur qui décide.
04:27– Attendez, je voudrais qu'on aille…
04:29– Il y a deux hélicoptères.
04:29– Oui, il y a deux hélicoptères.
04:30– Je voudrais qu'on aille à Moscou,
04:32si vous le permettez.
04:32– Avec grand plaisir.
04:33– Je vais vous expliquer pourquoi,
04:35je vais vous raconter.
04:36Parce qu'il fait moins 17 là, à Moscou,
04:38et Paul Gogo est dehors,
04:42il nous attend en direct pour BFM.
04:43– Il y a l'habitude.
04:45– Que dit-on du côté de Moscou alors ?
04:52– Eh bien, du côté de Moscou,
04:53pour l'instant, on ne dit pas grand-chose
04:55et on se rappelle que déjà lors de le premier raisonnement
04:59de navire par la France,
05:00le Kremlin avait mis quelques temps
05:01avant de s'exprimer sur la question,
05:03avant de finalement qualifier les Français de pirates.
05:07Ce que l'on sait, c'est que Vladimir Poutine,
05:10qui va recevoir normalement dans quelques instants
05:12les deux émissaires américains,
05:14devrait notamment leur parler du fait
05:15qu'il a déjà des marins russes
05:17qui étaient sur un navire
05:18qui a été arraisonné par les États-Unis,
05:21qui n'ont pas encore été libérés.
05:23Et ça, ça le vexe beaucoup, Vladimir Poutine.
05:26Ce qu'on sait aussi, c'est que,
05:27parce que ça nous ramène en fait finalement
05:29un peu aux négociations sur l'Ukraine,
05:31dans les limites que le président russe peut se mettre,
05:33il n'y a pas forcément Donald Trump,
05:35les Européens, l'Ukraine.
05:37Vladimir Poutine, il veut la capitulation de l'Ukraine.
05:39Mais sa seule limite, ça peut peut-être être l'économie.
05:42Alors je sais que ça fait longtemps qu'on en parle,
05:44je ne vais pas vous dire ce soir, une nouvelle fois,
05:45que l'économie russe est à deux doigts de s'effondrer.
05:48Mais il y a quand même une réalité,
05:50c'est que la Russie commence l'année
05:51avec un budget compliqué,
05:53avec des dépenses énormes du côté militaire.
05:56Et puis de l'autre côté, un pétrole
05:57qui rapporte moins qu'avant en fait, tout simplement.
06:02Et si on ajoute à tout cela,
06:04toutes ces menaces qui commencent à apparaître
06:06sur cette fameuse flotte fantôme,
06:08eh bien on peut imaginer que Vladimir Poutine
06:10risque de se vexer,
06:11voire de se fâcher,
06:13voire de prendre des mesures toujours plus fortes
06:15pour pouvoir continuer à faire circuler
06:17ces navires dans le monde entier,
06:18en tout cas continuer à faire circuler
06:20son pétrole dans le monde entier.
06:22Paul Gogo, direct de Mossou.
06:23Cette flotte fantôme, c'est combien de navires ?
06:25C'est à peu près 1000...
06:26Oui, c'est assez difficile d'évaluer
06:29parce qu'il y a tout type de bateau.
06:30Là, sur la photo, ce que l'on voit,
06:32c'est que le bateau, il est chargé.
06:34Donc il est plein d'hydrocarbures.
06:36Donc effectivement, c'est un manque à gagner
06:37pour Vladimir Poutine.
06:38Qui achète le pétrole russe ?
06:40L'Inde, la Chine, plein de pays.
06:43Parce qu'en gros, il est bradé.
06:45Il y a un point qui est important,
06:46c'est que le bateau, il est sous le pavillon.
06:48Comment rien ?
06:49C'est-à-dire que Moscou ne peut pas réagir immédiatement
06:51parce que la ficelle est trop grosse.
06:53Mais c'est vraiment quelque chose de...
06:55Bon, ça fait mal à l'orgueil de Vladimir.
06:57En fait...
06:58Allez-y, dis...
07:00Mais non, en fait, c'est 70% des exportations de pétrole
07:04de la Russie.
07:05Or, le pétrole, c'est ça qui fait qu'aujourd'hui,
07:08Poutine peut continuer la guerre.
07:09Donc évidemment, taper à ce type de portefeuille,
07:11ça lui fait mal.
07:12Nous, c'est le deuxième qu'on attrape.
07:14Les Américains, là, depuis le début janvier,
07:15ils en ont fait 7.
07:16Oui.
07:17Mais juste, le pétrole, il devient quoi ?
07:19Alors, nous, pour l'instant, à chaque fois,
07:21on reste dans le cadre du droit,
07:22donc on ne confisque pas.
07:23Les Américains, eux, ils vendent.
07:25Ils vendent et ils les empochent.
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