- il y a 9 mois
Ce mercredi 21 janvier, dans sa chronique USA Today, John Plassard, associé, responsable de la stratégie d'investissement de Cité Gestion, et Alexandre Baradez, chef analyste chez IG, se sont penchés sur la réaction des marchés avec le discours de Donald Trump à Davos, le bilan économique américaine, la détention d'obligation de la dette américaine par le Danemark, les taux américains sous pression, et les résultats mitigés de Netflix. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer sur BFM Business.
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00:00Et les Etats-Unis sans plus attendre, c'est la priorité au direct et notre promesse quotidienne à l'ouverture de BFM Bourse.
00:07Wall Street qui est en train d'ouvrir, vous venez d'entendre la cloche retentir.
00:10On va décortiquer le discours de Donald Trump et voir comment Wall Street à son tour réagit alors que l'Europe vient de se retourner légèrement à la hausse.
00:18Il est avec nous comme chaque jour, John Plassab pour Cité Gestion. Bonjour John, ravi de vous retrouver.
00:22Bonjour Guillaume.
00:23C'est vraiment un USA Today spécial consacré à ce discours de Donald Trump avec Alexandre Baradez aussi qui va nous accompagner tout au long de cette demi-heure.
00:30Bonjour Alexandre.
00:31Bonjour Guillaume, bonjour Antoine.
00:32Alexandre Baradez pour IG et Antoine.
00:33Oui, il est là pour effectivement suivre ces événements de marché.
00:37Bien sûr Antoine, l'ouverture de Wall Street et la façon dont les marchés européens réagissent au discours du président américain.
00:44Comment ça se passe aux Etats-Unis ?
00:45Alors on est clairement dans le vert pour l'ouverture Wall Street, plus 0,3% pour le Nasdaq, plus 0,34% pour le Dow Jones
00:51et le S&P 500, plus 0,4%.
00:54La volatilité recule un petit peu à 18,50%.
00:57Ce n'est pas un franc ballon d'oxygène sur les marchés.
01:00Et pareil en Europe puisque le CAC 40 était en légère baisse avant le discours de Donald Trump.
01:05Là on est sur une légère hausse de 0,05%.
01:07Symboliquement on sent que la tendance s'inverse un petit peu.
01:11Mais ce n'est pas non plus franchement un retournement très très positif.
01:15Pour l'instant on sent encore une certaine forme de pesanteur.
01:19L'Euronextech Leaders lui gagne 0,17%.
01:22Mais regardez, le DAX à Francfort est toujours en baisse.
01:24Moins 0,82% doit y avoir aussi le secteur de la défense qui pèse un petit peu plus particulièrement.
01:29Et moins 0,5% pour l'Eurostock 50%.
01:32Effectivement, dialogue avec un tyrannosaure.
01:34Ce n'est pas le titre d'un film, c'est bien ce qui est en train de se produire à Davos.
01:37Donald Trump qui dialoguera tout au long de l'après-midi avec des chefs d'entreprise sur place, des patrons
01:40et qui est en train de poursuivre son discours.
01:43Vous l'avez suivi Alexandre, John, ce discours de Donald Trump.
01:46John, est-ce qu'il y a un mini-taco quand même sur le Groenland ?
01:49Il continue de revendiquer le Groenland, mais il explique, Donald Trump, qu'il n'est pas question de recourir à la force.
01:54Ce qui est assez différent de ce qu'il a expliqué ces derniers jours pour le coup.
01:56– Tout à fait. Alors, il a un peu lissé, je dirais, les bords.
02:01Bon, il a quand même noté que le peuple danois, il a donné, j'ai failli le dire,
02:07mais il a donné certains noms d'oiseaux au peuple danois.
02:10Il dit qu'on aurait dû les remercier, qu'ils étaient passés en main allemande
02:14durant la Deuxième Guerre mondiale en 7 heures ou 3 heures, je ne sais plus ce qu'il a raconté.
02:19Mais bon, en tout cas, ce qu'on peut dire, en allant un peu plus de manière générale,
02:24c'est qu'il a vraiment placé le Groenland au cœur de son intervention,
02:30en disant et en mettant en avant ses arguments pour la sécurité nationale américaine,
02:36mais aussi la sécurité du monde et notamment aussi la sécurité du Canada.
02:40Et ça, c'est un peu nouveau parce qu'on a l'impression,
02:42à travers ses mots assez violents et virulents, qu'il a peut-être tendu une espèce de main.
02:50Alors, ce serait peut-être un trop grand terme, mais il a peut-être fait un clin d'œil au Canada
02:54parce qu'on sait qu'il a rencontré le Premier ministre canadien hier,
02:58que ça s'est assez mal passé apparemment, selon ce que dit Donald Trump.
03:03Et ce qui est aussi assez intéressant, c'est qu'au-delà de tout ce qu'on peut dire
03:09sur le Groenland et sa dernière lubie, il faut quand même rappeler,
03:13on en avait parlé en début de semaine et ce qu'on oublie souvent,
03:16c'est que Donald Trump n'est pas le premier président à vouloir acquérir,
03:22et c'est le terme, le Groenland.
03:25On se souvient qu'en 1948, vous aviez Harry Truman
03:28qui avait offert 100 millions de dollars en or au Danemark pour reprendre le Groenland.
03:35Avant ça, on avait eu Andrew Johnson et puis après, on avait eu Eisenhower
03:40qui, lui, n'avait pas voulu acheter le Groenland,
03:42mais mettre des bases militaires au Groenland.
03:46Qu'est-ce que ça veut dire très concrètement ?
03:48Ça veut dire qu'on pourrait peut-être se retrouver dans une situation
03:51où, bien évidemment, les pays de l'OTAN et surtout le Danemark
03:55vont refuser, c'est évident, de vendre une partie de la principauté du Danemark,
04:02mais d'un autre côté, on pourrait tomber sur un espèce d'accord
04:07qui satisferait peut-être un peu tout le monde
04:10où les États-Unis auraient le droit de rajouter des bases militaires au Groenland.
04:15Donc on est dans une situation un peu où on essaye d'arrondir les angles
04:20et c'est pour ça que le marché aime beaucoup ce qu'il vient de dire,
04:23en tout cas pour l'instant.
04:24Oui, même si Donald Trump maintient que ce qui l'intéresse, lui,
04:27ce qu'il veut absolument, c'est le titre de propriété.
04:29Sur le Groenland, il expliquait dans ce discours que quand vous êtes attaqué,
04:32c'est bien sympathique d'avoir le droit d'exploiter,
04:33mais il faut aussi avoir le titre de propriété.
04:35Il l'a quand même répété, tout en disant qu'il n'était pas question
04:38de recourir à la violence, qui quand même change de ses propos de ces derniers jours.
04:42Qu'est-ce que vous retenez de ce discours, Alexandre,
04:44et que retient le marché, la façon dont il réagit ?
04:46Comment est-ce que vous, vous l'interprétez ?
04:47Alors, il a aussi ajouté qu'il réitérait sa demande d'activation du Groenland
04:52et que la réponse sera oui ou sera non.
04:54Et il a ajouté que si la réponse est non, on sera sans souvenir.
04:57Donc, effectivement, c'est du taco, mais léger, light qu'on a.
05:00Et d'ailleurs, la réaction des marchés est à ce degré-là.
05:03On regarde les baromètres tout de suite, quand Trump parle.
05:05Les baromètres, c'est quoi ?
05:06C'est le taux de 10 ans américain, qui s'est retendu depuis 3-4 jours.
05:09Il était monté à 4,30 hier.
05:10Après ce mini...
05:11Alors, effectivement, j'aime bien les propos de John,
05:13d'arrondir un peu les angles.
05:15Ça détend à peine le taux de 10 ans, qui est à 4,28.
05:18Donc, c'est infime.
05:19Et vous voyez également l'euro par rapport au dollar.
05:21C'est un marqueur important.
05:22Le dollar index a pas mal baissé depuis 3-4 jours par rapport au...
05:26Donc, le dollar par rapport aux autres devises a pas mal baissé.
05:28Ce qui a fait rebondir l'euro.
05:29Là, on voit que le dollar se renforce très, très légèrement.
05:3210-20 points de base.
05:34Enfin, 20 pips, donc, sur l'euro dollar, ce qui est très peu.
05:36Donc, le marché est quand même sur ses gardes.
05:39Parce qu'effectivement, on voit aussi autour de Davos,
05:41si on regarde Trump, c'est la pièce maîtresse.
05:45Mais depuis le début du forum, il y a quand même une forme de méfiance.
05:48Je ne dis pas d'hostilité, mais de vraie méfiance.
05:50Et d'un côté déçu, en fait, de la part des participants à Davos,
05:55de l'attitude américaine.
05:56Des intervenants ont été un petit peu chahutés, l'ethnique ou d'autres.
06:00On voit que les chers entreprises, certains disent pas forcément off,
06:03en gros, que leur exposition à l'économie américaine,
06:07leurs investissements, certains vont réfléchir à accroître ou pas ces investissements.
06:11On sent qu'il y a quand même une forme de méfiance, en fait,
06:13par rapport aux Etats-Unis.
06:15Et c'est ça, la question qu'on peut se poser avant cette intervention.
06:17C'est que même s'il y avait une forme de marche arrière,
06:21est-ce que cet événement du Groenland peut être effacé ?
06:25Imaginons qu'on passe à d'autres sujets dans l'immédiat.
06:27Est-ce que le marché va totalement effacer ce qui s'est passé ?
06:29Moi, je pense que non.
06:31Ce serait étonnant.
06:32Parce que le Groenland, c'est pas le Venezuela, c'est pas la même chose,
06:35c'est pas l'Iran non plus.
06:36Là, on parle, on parle entre alliés.
06:39Et les mots, et c'est pas seulement Trump aujourd'hui,
06:41je dirais que son secrétaire au Trésor, hier,
06:43a été d'une arrogance invraisemblable.
06:45Quand il dit aux Européens, respirez un bon coup,
06:48asseyez-vous, détendez-vous.
06:49À qui on parle ?
06:50On parle des enfants de 10 ans,
06:51ou on parle à une puissance économique qu'est la zone euro.
06:54Et c'est ça qui est extraordinairement désagréable.
06:56Et je pense que c'est pas seulement le grand public le perçoit comme ça.
06:59Là, je pense que les chefs d'entreprise, les décideurs européens,
07:02je parle économique, pas les politiques,
07:03le perçoivent également comme ça.
07:05À quel moment on parle comme ça à des alliés ?
07:08De manière extraordinairement arrogante.
07:10Donc, je pense que ça, ça déplait fortement.
07:12Et il me semble que, après cette intervention de Trump,
07:16je ne vois pas pourquoi le marché repartirait subitement.
07:18Je vais juste m'arrêter là-dessus.
07:19Parce qu'il y a aussi toujours, on en parlait ensemble au début d'année,
07:22des sujets domestiques avec les mi-termes.
07:24Il reparle, même à Davos,
07:25de la question du plafond des cartes de crédit.
07:27Il reparle des questions des logements
07:28pour interdire aux institutionnels d'acheter les logements.
07:31La question de la Fed, du successeur d'Appowell,
07:33c'est encore une question sur le feu.
07:35Donc, il y a tellement d'autres sujets
07:36qu'il a allumés depuis le début de l'année
07:38que je ne vois pas comment le marché,
07:40dans cet environnement très pâteux, très gluant,
07:42parviendrait à s'extraire des points bas
07:43et à repartir à l'heure au corps.
07:45Je serais très étonné.
07:45Effectivement, parce qu'il a tenu aussi un discours de campagne.
07:47D'ailleurs, il a commencé son discours de Donald Trump
07:49en parlant du miracle économique américain.
07:51Il a dit, là, sur cette première année,
07:53on a vu des résultats absolument incroyables
07:55qu'on n'avait jamais vus auparavant dans l'histoire,
07:57a expliqué Donald Trump,
07:59qui, donc, se faisant l'avocat de son bilan,
08:02a expliqué qu'il n'y avait pas d'inflation aux États-Unis,
08:04que les droits de douane rapportaient énormément d'argent.
08:06Et évidemment, le but, c'est de parler à l'électeur américain,
08:09évidemment, qui, cet électeur américain, on imagine,
08:11était attentif au début du discours, peut-être pas au reste.
08:13Donc, dès le début, il a parlé de cela,
08:15du fait que 2 millions d'Américains, par exemple,
08:18étaient sortis des systèmes d'aide grâce à sa politique économique.
08:21Et il a ajouté, effectivement,
08:22que les acteurs des cartes de crédit
08:24devraient bel et bien plafonner les taux des cartes de crédit,
08:28que le prix des médicaments allait baisser.
08:31Il l'a redit.
08:32Il a aussi ajouté qu'effectivement, dans le secteur de la défense,
08:34par exemple, les rachats d'actions et les dividendes,
08:36c'était terminé.
08:37Donc, il a poursuivi ses propos, son discours de campagne,
08:39là, au cœur de son intervention à Davos.
08:42Oui, mais les chiffres qu'il prend,
08:43par exemple, pour dresser son bilan sur la croissance,
08:45évidemment qu'il ne prend pas les chiffres annuels.
08:47Il va prendre les chiffres sur un trimestre,
08:48donc des chiffres annualisés à 4-5%.
08:50Mais sur l'ensemble de l'année dernière,
08:52on devrait être à une croissance proche de 2% pour les États-Unis.
08:54Et les projections de croissance pour les États-Unis,
08:57pour l'année qui commence,
08:58sont de l'ordre de 2% aussi, aux alentours de 2%.
09:00Donc, ce n'est pas des rythmes de croissance.
09:01Il dit que c'est le meilleur niveau de croissance de l'histoire américaine,
09:03ce qui est complètement faux.
09:05Il dit que les Américains adorent son bilan.
09:07Ce n'est absolument pas ce qui ressort dans les enquêtes,
09:10à la fois en vue des mid-termes où les Républicains
09:11sont pour l'instant donné largement perdants,
09:13et pas seulement sur les enquêtes traditionnelles,
09:17les Républicains sont très en retard par rapport aux démocrates dans les sondages.
09:21Et puis, vous parliez, Guillaume, des consommateurs.
09:24Ils sont sondés, ces consommateurs,
09:25et on voit toujours cette fracture aux États-Unis
09:27entre les consommateurs les plus riches,
09:28pour qui il n'y a aucun souci,
09:30les 20% de la population qui consomment beaucoup,
09:32et puis toute la partie plus classe moyenne et plus pauvre
09:35qui consomme beaucoup moins.
09:38Des mesures vont arriver.
09:39Il y aura des chèques pour augmenter d'aide,
09:41il y aura les retours fiscaux d'impôts qui ont été payés
09:45qui vont être remboursés.
09:46Ça, ça va faire du bien.
09:47Mais dire qu'on est sur un rythme de croissance en surchauffe aux États-Unis
09:50et que c'est le meilleur bilan de l'histoire américaine,
09:52non.
09:52Si vous avez 2% de croissance en 2026,
09:54c'est une croissance, somme toute, assez moyenne pour les États-Unis.
09:58Effectivement.
09:59Alors Visa et Mastercard,
10:00d'après les propos du président américain,
10:01sont mitigés.
10:03De leur côté, les acteurs des terres rares aux États-Unis,
10:05oui, on les suit,
10:05parce que Donald Trump maintient que le Groenland
10:08est stratégique pour les terres rares
10:09et pour la sécurité américaine dans son ensemble.
10:12On a Energy Fuels qui est quasi stable
10:14et American Rare Earth qui gagne 7% supplémentaires
10:17encore aujourd'hui après ce discours de Donald Trump.
10:20John, à l'instant, Alexandre nous disait
10:21qu'ils sont quand même sacrément méprisants,
10:23les Américains, sur la forme de leur façon
10:24de s'adresser à leurs alliés, à nous, les Européens.
10:27Il se trouve que Scott Besant aussi s'exprime.
10:28Aujourd'hui, il n'y a pas que Donald Trump.
10:30Scott Besant a répondu à une interview
10:31auprès de la presse américaine,
10:32c'est il y a quelques minutes,
10:33et il a expliqué que le Danemark était insignifiant.
10:37Il a dit, voilà, la détention d'obligation
10:39de dette américaine par le Danemark est insignifiante.
10:41Les Danois peuvent bien vendre leur dette américaine.
10:44S'ils veulent faire pression sur nous,
10:45ça restera insignifiant, tout comme ce pays,
10:47le Danemark, l'est.
10:48Voilà ce qu'a dit Scott Besant il y a quelques minutes.
10:51Oui, tout à fait.
10:52Bon, il ne faut pas écouter, je dirais,
10:55la forme sur laquelle ils le disent,
10:58parce qu'on sait que c'est quelque chose
10:59d'extrêmement agressif qui a été mis en place.
11:03et puis démocratisé au sein du gouvernement
11:05par le président Trump.
11:08Il faut dire aussi hier qu'on a un fonds de pension,
11:12on en avait parlé d'ailleurs hier, Guillaume,
11:14il y a un fonds de pension d'Aloi
11:15qui avait vendu pour 100 millions de dettes américaines.
11:20Et après la panique qu'on a eue sur les marchés hier,
11:24Scott Besant, avant ses propos d'aujourd'hui,
11:27avait confirmé que la rumeur des ventes massives
11:29de trésuristes par l'Europe
11:31avait été fausse,
11:34ce qui avait été confirmé aussi par la Deutsche Bank.
11:36Je veux juste revenir sur une chose,
11:37sur le Danemark, mais aussi sur les marchés financiers.
11:40Et ce qui est intéressant de regarder ici,
11:42c'est que Donald Trump,
11:44au-delà de tous ses discours
11:47sur la sécurité du pays
11:51et le besoin d'avoir le Groenland
11:54pour se défendre,
11:56eh bien, a quand même mis et a fait un lien direct
12:01entre l'évolution des bourses et le Groenland.
12:04Il a dit qu'à cause d'un endroit de glace,
12:10des terres de glace,
12:11eh bien, hier, les marchés s'étaient effondrés
12:14et qu'à cause du Groenland,
12:17eh bien, ils avaient perdu beaucoup d'argent.
12:19Et après, directement après,
12:21il a dit que sous sa présidence,
12:23eh bien, les marchés américains
12:25et les indices américains
12:27devraient tout simplement doubler très rapidement.
12:31Ce qui était absolument extraordinaire.
12:33Mais je mettrais juste un bémol.
12:35Et ici, on se rappelle,
12:37alors, c'est pas tout à fait la chose,
12:39mais on se rappelle qu'il n'y a pas très longtemps,
12:40Donald Trump avait dit acheter les marchés.
12:43Je ne sais pas si vous en souvenez.
12:44Et juste après qu'il avait dit ça,
12:47on a eu des informations assez positives sur les marchés.
12:50Et puis, on avait vu que les marchés avaient gagné
12:51en globalement plus de 2 %.
12:53Donc, on est dans une situation
12:54où tout est exactement relié à l'économie,
12:59à la géostratégie, etc.,
13:01mais aussi au S&P 500.
13:03Et ça, c'est très important
13:04parce que ça nous dit clairement
13:05que le président Trump veut à tout prix
13:09que le S&P 500 continue de monter.
13:12Vous savez, c'est une part de richesse des Américains
13:15continue de monter, en tout cas, jusqu'au mid-term.
13:17Et ça, c'est important.
13:18Pourquoi ?
13:19Parce que potentiellement,
13:21ça pourrait l'empêcher,
13:22alors faisons attention aux termes que j'utilise,
13:24mais ça pourrait l'empêcher
13:25d'être trop agressif
13:27pour ne pas qu'on puisse avoir
13:30un effondrement total des marchés
13:32parce qu'en se réveillant le matin,
13:34il se rase peut-être,
13:36mais il regarde l'évolution du S&P 500.
13:38Et ça, c'est très important pour les investisseurs.
13:40C'est important qu'il ait mentionné le S&P 500,
13:42dont il a une nouvelle fois dit aujourd'hui,
13:43c'est vrai, avec tout ce qui va arriver,
13:45c'est formidable,
13:45le S&P devrait rapidement doubler,
13:47a dit Donald Trump.
13:48Oui, ça montre qu'il y attache toujours de l'importance.
13:50C'est une forme de corde de rappel quand même,
13:52et c'est plutôt rassurant, Alexandre.
13:53Oui, c'est une forme de rappel,
13:54mais la dernière fois, effectivement,
13:55qu'il avait, en sorte, conseillé d'acheter le S&P 500,
13:58c'était notamment après une baisse
13:59qui était beaucoup plus marquée que celle-ci.
14:01Si je ne me trompe pas sur le timing,
14:03c'était à l'époque du Trouder,
14:04mars-avril, on avait lâché 20% quasiment en ligne droite,
14:06et là, effectivement,
14:07et d'ailleurs, à l'époque,
14:08et c'est pour ça que Scott Bessin,
14:09cette fois-ci,
14:10beaucoup voit une attitude très différente de l'époque,
14:12à l'époque, c'était l'adulte dans la pièce.
14:14C'est lui qui avait,
14:15lui et d'autres administrations,
14:16qui avaient commencé à dire à Trump,
14:18attention, le marché obligataire s'emballe,
14:19les devises, ça commence à bouger,
14:20les actions, ça devient dangereux,
14:22et ça avait poussé Donald Trump,
14:23et Trump lui-même a dit,
14:24il y a quelques jours,
14:25qu'il écoutait beaucoup Scott Bessin,
14:26donc c'est,
14:27d'un point de vue de l'investisseur et des analystes,
14:30c'est l'adulte dans la pièce,
14:32c'est celui qu'on écoute,
14:33c'est la voix de la raison dans cette administration.
14:35Et c'est pour ça que ça s'est perturbant.
14:36On pensait que Scott Bessin serait plus modéré qu'il ne l'est,
14:38mais bon, c'est quand même l'adulte entre tous.
14:40Oui, c'est ça qui perturbe depuis hier,
14:41c'est que, quand il dit qu'il faut prendre Trump au mot,
14:44en gros, il ne met pas d'eau dans son vin,
14:45il ne cherche pas à changer ou à modifier
14:47la teneur du message de Trump,
14:49et qu'il dit,
14:51je vous déconseille en gros aux Européens
14:52de prendre des mesures de rétorsion,
14:57et je dirais que c'est peut-être ça
14:59qui fait qu'aujourd'hui,
15:01les marchés ne sont pas non plus à se jeter,
15:02les investisseurs à se jeter sur les cours à nouveau,
15:05parce que peut-être qu'ils sentent
15:06qu'effectivement, Scott Bessin n'a pour l'instant
15:08pas envoyé les bons messages
15:10ou les messages de trop agressifs.
15:11Donc, oui, le SP500, effectivement,
15:13est un gros repère pour Trump,
15:15mais attention aussi,
15:16encore une fois, le marché a très peu baissé,
15:18on est sur une volatilité qui est à 20 à peu près.
15:21On rappelle que lors du stress des taxes douanières
15:24en mars-avril de l'année dernière,
15:26le VIX était monté au-delà de 50.
15:27Donc, on rappelle,
15:28les niveaux de panique, c'est 80,
15:29quand tout va bien, c'est 10.
15:31Donc, à 20 de volatilité,
15:32ce n'est pas encore du gros stress.
15:34Donc, je dirais que le marché n'est pas non plus...
15:36Le marché a vendu quelques actions,
15:38on l'a bien vu,
15:39mais on ne s'est pas précipité
15:40sur les contrats de couverture.
15:42Ce qui veut dire qu'il y a une phase d'observation actuellement,
15:44un peu le jeu du chat de la souris.
15:46S'il y a deux ou trois phrases un peu mal placées,
15:48on va racheter un peu plus de VIX
15:49et vendre plus ses actions.
15:51Mais disons qu'il y a deux façons de faire les choses.
15:52Soit on dit qu'il y a très peu de vols,
15:54tant mieux, le marché digère bien tout ça,
15:55c'est plutôt rassurant.
15:56Soit on peut se dire
15:57qu'il y a encore de la marge à la hausse sur la volatilité
15:59parce qu'elle n'est pas encore trop chère,
16:01elle reste encore accessible, cette volatilité.
16:02Ces contrats de couverture ne sont pas chers.
16:04Et donc, si on est stressé,
16:06dans les jours qui viennent,
16:07on va pouvoir en acheter un peu plus
16:08parce qu'elle a encore assez donné,
16:09cette couverture aujourd'hui.
16:10Wall Street a ouvert, c'était il y a 16 minutes.
16:12Il est 9h46 à New York.
16:13Première réaction des marchés américains
16:14au discours de Donald Trump à Davos.
16:16On est en hausse.
16:17Après, c'est vrai, une forte baisse hier.
16:18D'ailleurs, le S&P a effacé tous ses gains de l'année depuis hier.
16:21Le S&P, aujourd'hui, tente un rebond.
16:22Plus 0,4.
16:23Le Nasdaq, plus 0,2.
16:24Notre CAC aussi s'est retourné légèrement,
16:26très légèrement à la hausse.
16:27Antoine, plus 0,1% ce pour moi, la Bourse de Paris.
16:29Il y a quelque chose qui est très, très étonnant
16:30et je reprends les termes d'Alexandre
16:33pour expliquer cette réaction,
16:34mais alors extrêmement prudente des marchés,
16:37c'est que le trio de tête du CAC 40
16:39et le trio de queue
16:39n'ont pas bougé depuis ce matin.
16:42Il n'y a pas un changement.
16:44ArcelorMittal, toujours en tête.
16:45Danone, toujours en queue de peloton.
16:47Chacun pour des raisons fondamentales.
16:48Et l'ordre des titres n'a absolument pas bougé.
16:51Kering et LVMH en cinquième et sixième position
16:54avec les résultats de Burberry.
16:56On a exactement les mêmes niveaux que ce matin.
16:59Comme quoi, le discours de Trump
17:01était tellement attendu avec des pincettes
17:03qu'on n'ose rien bouger.
17:04C'est comme au Jenga.
17:05Et là, on attend de voir ce qui se passe.
17:08Et on est quand même rassuré
17:10par la tendance de Wall Street.
17:11Ensuite, on peut le regarder sur la courbe intraday.
17:13Le CAC 40 s'est quand même retourné
17:15en légère hausse, donc c'est assez net.
17:17Pendant Donald Trump, voilà.
17:18Mais enfin, légère hausse, effectivement.
17:20À peine plus 0,1% en ce moment.
17:21Parce que vous le disiez,
17:22cette question du Groenland,
17:23d'abord, il y tient toujours au Groenland.
17:24Et en plus, même s'il n'y tenait plus,
17:26ça laissera des traces sans doute durables.
17:28Les traces durables, elles sont déjà là.
17:29D'ailleurs, John, sur le front commercial,
17:31le Parlement européen a décidé
17:33de ne pas ratifier l'accord commercial
17:35noué l'été dernier avec Washington.
17:37Cet accord commercial qui devait
17:38nous consacrait 15% de droits de douane.
17:41Avant cet accord, Donald Trump disait
17:43« Ah ben, si ce n'est pas 15,
17:44s'il ne signe pas l'accord, ce sera 30. »
17:45Est-ce que du coup, on risque à nouveau
17:4630% de droits de douane,
17:47puisque le Parlement européen
17:48décide de ne pas ratifier cet accord ?
17:50– Écoutez, théoriquement, on en est à 25,
17:54puisque c'est 15% qu'il devait ratifier,
17:56plus les 10, théoriquement toujours,
17:59qui seront mis en place le 1er février.
18:03Mais vous savez, on voit qu'on est dans une phase,
18:05pour Donald Trump, pas pour l'Europe,
18:07mais il est dans une phase de négociation.
18:09Aujourd'hui, il se retrouve face à quelque chose
18:13de totalement différent qu'en avril dernier,
18:16lors du Liberation Day,
18:17où on n'était que dans une question commerciale.
18:21Là, on est dans une question de souveraineté.
18:23Et à l'époque, l'Europe, comme d'autres pays,
18:26avait craqué, avait signé un accord
18:29qui avait été voulu par le président américain.
18:32Mais là, c'est différent.
18:33On sait très bien que, sur cette question du Groenland,
18:36comme on a dit avant,
18:37eh bien, il n'y aura pas d'accord.
18:40Donc, où Donald Trump se retourne,
18:43à minima, en ayant plus de base,
18:46par exemple, comme je disais avant,
18:47au Groenland,
18:48où il va de front avec le reste des pays européens.
18:55Et là-dessus, on a un problème.
18:57Pourquoi ?
18:57Parce qu'en montant de 30 % les taxes,
19:00à un moment ou à un autre,
19:01on ne l'a pas eu l'année passée,
19:02mais à un moment ou à un autre,
19:04on va parler d'inflation importée.
19:07Et vous savez que,
19:08dans cette question des mid-term,
19:10sur lesquelles je reviens encore une fois,
19:12si l'inflation,
19:13qui n'est pas à zéro,
19:15comme le dit Donald Trump,
19:16parce que l'inflation officielle est à 2,7,
19:19elle n'est même pas au niveau du mandat
19:21de la Réserve fédérale américaine,
19:24mais si l'inflation devait repartir
19:26juste avant les élections de mi-mandat,
19:28eh bien, Donald Trump se tirerait une balle dans le pied.
19:32Donc, il est extrêmement compliqué,
19:34aujourd'hui,
19:36d'essayer de jouer sur cette corde,
19:38et surtout, je le répète,
19:40s'il s'agit de souveraineté,
19:42parce que là, l'Europe dira non
19:44jusqu'à son dernier souffle
19:46pour donner ou vendre
19:48une partie d'un pays européen.
19:50Effectivement, l'Europe qui peut très bien cibler
19:52les swing states,
19:53les états clés qui compteront
19:54pour le résultat des mid-term à venir
19:56sur des droits de douane,
19:57des droits de douane qui pourraient concerner,
19:59entend-on, lit-on,
20:0093 milliards de dollars de produits
20:01fabriqués dans les swing states,
20:03précisément en l'occurrence, Alexandre ?
20:04Oui, il y a ça,
20:05effectivement, on parle beaucoup
20:06des marchés financiers,
20:07on a évoqué,
20:08ce qui est une arme redoutable
20:09qui ne sera probablement pas employée,
20:12sauf en cas d'extrême urgence,
20:12à savoir la cession
20:13de certains actifs financiers américains,
20:15mais avant cela,
20:15avant cette espèce d'arme nucléaire
20:17que seraient les ventes
20:19d'actifs américains en Europe,
20:20il y a tout l'arsenal commercial,
20:22effectivement,
20:22par les députés européens
20:23qui ont voté la suspension
20:24de la ratification,
20:26il y a aussi, effectivement,
20:27plein de mesures potentielles,
20:29on sait qu'il y a une dépendance
20:30des Américains
20:31à une partie des médicaments
20:32produits en Europe,
20:33donc si on voulait être
20:34un peu plus agressif de notre côté,
20:36on pourrait aller chercher
20:37de ce côté-là,
20:38on sait qu'il y a certaines
20:39pièces d'ingénierie allemande,
20:40certains types de composants
20:41dont l'industrie américaine
20:43peut avoir besoin,
20:43l'aéronautique notamment,
20:44ou d'autres secteurs,
20:45on pourrait très bien
20:46mettre des processus plus lents,
20:47restreindre les exportations,
20:48etc.
20:48Donc, il y a tout un arsenal,
20:50c'est pour ça que ce qui est assez hérissant
20:52d'un point de vue d'Européen,
20:53je ne parle pas d'un point de vue
20:53de l'analyse de marché,
20:54en tant qu'Européen,
20:55entendre dire ce qui était dit
20:56par l'administration américaine,
20:58l'Europe,
20:58et c'est ce que de Bessin,
20:59l'Europe est faible
21:00et les Etats-Unis sont forts,
21:02cette espèce de mépris pour l'Europe,
21:04alors que d'un point de vue commercial,
21:05rappelons-le,
21:06on a une batterie de mesures potentielles
21:08de rétorsion absolument énorme,
21:10bien sûr que ça nous exposera
21:11des risques économiques,
21:12mais dire que l'Europe va se courber
21:15devant les Etats-Unis
21:16et accepter et boire toutes les paroles
21:18de l'administration américaine.
21:19Encore une fois,
21:20regardez bien le détail
21:21des mesures potentielles
21:22qu'on peut appliquer,
21:23ne serait-ce que commercialement parlant,
21:25c'est un sacré catalogue
21:26et donc on n'en est qu'au début finalement,
21:28donc l'Europe est très puissante
21:29en termes de capacité
21:30de mesure de rétorsion
21:31et ça, il faut bien le surveiller.
21:33– Sur l'Europe,
21:34Donald Trump dit
21:34qu'il veut retrouver l'Europe,
21:37nous voulons des alliés européens forts,
21:39nous voulons en général,
21:40dit-il, des alliés forts
21:41et pas faibles,
21:42mais l'Europe ne va pas
21:43dans la bonne direction.
21:44« Beaucoup d'arnaques
21:45dans les discours en Europe »,
21:46dit Donald Trump
21:47cet après-midi, Antoine.
21:48– C'est-à-dire que pour avoir des amis,
21:50la première chose,
21:51c'est d'éviter d'insulter les gens,
21:53ensuite éventuellement
21:54on peut discuter,
21:55mais bon, au-delà de ça,
21:56au-delà de l'attitude
21:57et ces mesures de rétorsion,
21:59moi, le premier truc,
22:00et ça me vient dans la tête
22:02depuis le début de la semaine,
22:03c'est qu'effectivement,
22:04avec ces mesures de rétorsion européennes
22:06qui sont à l'étude
22:07et en particulier l'exclusion
22:09des entreprises américaines
22:10des marchés publics,
22:12Amazon en Allemagne,
22:13dehors Microsoft et Google
22:15en Espagne, au Portugal,
22:17dehors, terminé.
22:18Et on se débrouillera,
22:20on se débrouillera forcément
22:21avec d'autres,
22:23mais c'est là, à mon avis,
22:25qu'on a peut-être quelque chose
22:26à mettre dans la balance
22:27pour peser un petit peu,
22:28c'est qu'on n'est pas
22:29que des fournisseurs,
22:30on est aussi un marché
22:31dont les Américains ont besoin.
22:33– Oui, mais qui pleurerait le plus ?
22:34John, on va vous la poser,
22:35cette question.
22:36Imaginons, donc l'Allemagne dit
22:37avec votre président trop compliqué,
22:39Donald Trump,
22:39finalement, nos amis Amazon,
22:40on ne va pas faire appel
22:42à vos data centers, finalement.
22:43– Pour construire notre cloud souverain.
22:45– Oubliez,
22:46pas la peine de venir construire
22:48les data centers ici en Allemagne.
22:49Imaginez si l'Allemagne dit ça à Amazon
22:50pour moins dépendre des Américains.
22:52Qui pleurerait le plus ?
22:53C'est Amazon ou c'est plutôt
22:54les Allemands qui ont quand même
22:55un peu besoin des GAFAM
22:57pour leur sécurité numérique ?
22:59– Oui, je dirais sécurité numérique,
23:02mais aussi tout simplement
23:03pour leur croissance.
23:05On sait que la productivité en Allemagne
23:07est catastrophique,
23:08on sait que l'état de leurs usines
23:10est catastrophique,
23:11on sait que le pays
23:13ne va quasiment pas connaître
23:15de croissance cette année,
23:17qu'elle a des problèmes politiques,
23:18qu'elle a lâché un tout petit peu
23:20le frein à l'endettement,
23:21ce qui était un fantasme
23:23depuis la Deuxième Guerre mondiale.
23:26L'année passée, mais pas assez,
23:28pas assez de plans de relance,
23:29des questions sur l'énergie,
23:31sur le nucléaire,
23:32et le Premier ministre allemand,
23:34le chancelier allemand,
23:35a dit hier qu'il regrettait
23:37qu'il n'ait pas fait assez
23:39pour le nucléaire.
23:40Donc vous voyez qu'on est
23:42dans une situation
23:42où effectivement l'Allemagne
23:44ne peut pas tellement pavoiser
23:46au niveau économique,
23:48au niveau de sa sécurité numérique,
23:50et globalement,
23:51elle est totalement
23:52pieds et points liés
23:54ou avec les États-Unis
23:56ou avec notamment la Chine,
23:58mais on sait que la Chine
23:59exporte notamment des voitures
24:01en allant de front
24:02avec l'Allemagne,
24:03des voitures électriques
24:04qui sont beaucoup moins chères
24:06que les véhicules allemands.
24:08Donc on est dans une situation
24:10où je pense,
24:11pour répondre à votre question,
24:13que malheureusement,
24:14eh bien,
24:15celui qui aurait le plus à perdre
24:17serait l'Allemagne
24:18plus que les GAFAM.
24:21Wall Street est en hausse
24:22aujourd'hui,
24:22donc à l'ouverture.
24:23On parlera à Netflix
24:24qui a publié ses résultats
24:25dans un instant, John,
24:25et on sera aussi à Davos.
24:26On va retrouver sur place à Davos,
24:28bien sûr,
24:28notre envoyé spécial,
24:29Laure Closier,
24:30dans quelques minutes
24:31pour débriefer le discours
24:32de Donald Trump.
24:34Alexandre,
24:36c'est quoi ?
24:37Enfin,
24:37pourquoi les taux américains
24:39montent-ils autant ?
24:39Ils sont sur des plus hauts de 4 mois
24:40alors qu'entre-temps,
24:41depuis 4 mois,
24:42la Fed a baissé ses taux.
24:43C'est dire à quel point
24:43il y a une vraie tension, là,
24:44sur le 10 ans américain,
24:45par exemple.
24:46C'est quoi la principale raison ?
24:47C'est, je ne sais pas,
24:47c'est le coût du Groenland ?
24:49C'est les taux japonais qui montent ?
24:50Ça met de la pression ?
24:51Ou c'est vraiment le conflit,
24:52la querelle avec l'Europe ?
24:53Je vois effectivement Antoine
24:54faire des gestes
24:55et j'allais arriver
24:56sur ce terrain-là aussi.
24:57Déjà, juste rappelez
24:58le niveau du taux de 10 ans,
24:59ce taux de référence.
25:01Rappelons-nous que
25:01quand l'inflation flambait
25:03post-Covid
25:03et que les taux US
25:04se redressaient
25:05parce que la Fed redevait les taux,
25:06on avait plafonné
25:07dans tout ce cycle-là récent
25:08à 5%.
25:09On a descendu
25:10brièvement sous 4%
25:12il y a encore quelques semaines,
25:13par exemple,
25:14et on remonte à nouveau
25:14à 4,30%.
25:15Donc, vous voyez,
25:15le 4,30 n'est pas très loin
25:16du tout du 5%,
25:17alors qu'à l'époque,
25:18on avait une inflation
25:19à 5-6%
25:20sur l'inflation sous-jacente
25:21aux Etats-Unis.
25:22Donc, c'est un mix
25:23entre une dette américaine
25:24qui reste élevée,
25:25une inflation
25:26qui n'est pas revenue encore,
25:27ce que disait John Passard
25:28tout à l'heure,
25:29pas encore sous contrôle.
25:292,7%,
25:30ce n'est pas encore
25:30une inflation totalement maîtrisée.
25:32Et puis, on l'a vu
25:33ces derniers jours,
25:34les questions
25:35de politique erratique américaine,
25:37ça déplait.
25:38On vend le dollar,
25:38on vend les obligations américaines
25:40et on vend aussi un peu
25:40les actions américaines.
25:42Et puis, effectivement,
25:43il y a le sujet japonais
25:44où les taux du Japon
25:45se tendent toujours.
25:46Et donc, c'est un bad timing
25:47pour l'épisode groenlandais
25:48parce que ça tend
25:49un taux américain
25:50au moment où les taux japonais
25:51continuent de se tendre.
25:52En fait, ce qui se passe
25:53sur le Japon,
25:54et c'est sans doute ça
25:56qui stresse un petit peu
25:57le marché
25:57et de manière un petit peu
26:00en coulisses,
26:01étant donné qu'on a tous
26:02les yeux rêvés sur Davos,
26:03évidemment,
26:04et sur Donald Trump,
26:05c'est qu'il y en avait
26:06Wilfrid Galland ce matin
26:07et Laurent Ganssen
26:08de Boursorama
26:09dans Tout pour investir,
26:11qui nous disaient
26:11qu'on est potentiellement
26:12à un moment listreuse
26:13pour le Japon.
26:14C'est-à-dire qu'on a
26:16la première ministre
26:17qui est en train
26:18d'organiser
26:18des législatives
26:20anticipées.
26:22Les encours du Japon
26:24en matière de dettes
26:25souveraines
26:25à travers le monde
26:27font que ça peut être
26:28un moment extrêmement
26:29important
26:29qui peut mettre
26:30en échec et mat
26:30l'ensemble
26:31des institutions
26:31financières du pays.
26:32Donc, c'est vraiment
26:33pas à relativiser
26:34cette affaire japonaise
26:35parce que structurellement,
26:37ça pourrait poser problème
26:37à l'ensemble
26:38des pays très endettés
26:39qui ont besoin
26:40que les Japonais
26:41achètent leurs dettes
26:42et ça pourrait être
26:43autrement plus compliqué
26:44que l'Europe
26:45qui vendent la dette américaine
26:46ou les Chinois
26:46qui menacent
26:47de faire de même.
26:48Et ça fait rebondir
26:49aussi un peu
26:49les taux en Europe.
26:49C'est important,
26:50on en parle un peu moins
26:50en ce moment,
26:51mais les taux en Europe
26:51ont rebondi
26:52dans ce parallèle-là.
26:53Un peu partout,
26:54les taux se redressent
26:55sur la planète.
26:56Effectivement,
26:56n'oubliez pas le Japon
26:57dans ce monde
26:58qui bouge de tous les côtés.
26:59N'oubliez pas,
26:59il y a en plus
27:00un archipel volcanique
27:01qui se réveille.
27:02Ça s'appelle le Japon.
27:03Les taux sont au plus haut
27:03et ça peut faire
27:04une pression globale,
27:05exercer une pression globale
27:06sur le marché obligataire mondial.
27:07C'est une vraie série Netflix.
27:08Tous les jours,
27:09un nouvel épisode.
27:09Alors,
27:10c'est l'occasion d'en parler.
27:11Tiens, John,
27:11Netflix,
27:12justement,
27:12ça tombe bien,
27:13ils ont présenté
27:13leurs résultats hier soir.
27:14Comment le titre
27:15réagit-il à Wall Street
27:16cette séance en direct ?
27:17Il est 9h57 à New York.
27:18Eh bien,
27:19Netflix est en train
27:19de reculer de quasiment 4%.
27:21Est-ce que ça vous semble sévère
27:23de la part du marché, John ?
27:25Oui,
27:26c'est sévère,
27:27mais alors,
27:28d'abord,
27:28on rappelle d'abord les chiffres.
27:30Netflix a franchi
27:31un cap historique
27:32avec un quatrième trimestre record
27:3412,1 milliards de dollars.
27:3612,1 milliards de dollars
27:38de chiffre d'affaires
27:39sur un trimestre.
27:42325 millions d'abonnés.
27:44C'est tiré
27:45par une fin d'année exceptionnelle.
27:48On a notamment
27:49la dernière,
27:50et je sais que vous adorez ça,
27:51Guillaume,
27:52la dernière saison
27:53de Stranger Things
27:54qui cumule
27:55avec 15 milliards de minutes
27:57vues en décembre.
27:5915 milliards de minutes.
28:00C'est la vraie,
28:01elle est absolument fou.
28:02Ça a aussi été renforcé
28:03par la diffusion
28:04de matchs de NFL
28:05aux États-Unis.
28:06mai,
28:07donc les résultats
28:08extraordinaires,
28:09les prévisions futures aussi,
28:11mai,
28:11mai,
28:11mai,
28:12mais il y a un mai,
28:13il y a un virage stratégique
28:14majeur du côté
28:15des fusions acquisitions.
28:17On en a parlé aussi
28:19ensemble
28:19ces dernières semaines.
28:20Netflix a lancé
28:21une offre
28:22de 82,7 milliards
28:24sur Warner Bros.
28:26Discovery.
28:27On ne sait pas encore
28:28qui va,
28:30ou s'ils vont remporter
28:31la mise.
28:32Vous savez que
28:32les prix n'ont pas
28:34arrêté de monter,
28:34donc cette interrogation
28:36ne plaît pas
28:37tellement au marché.
28:38Vous savez qu'en
28:39pré-marché,
28:40Netflix baissait
28:41de plus de 7%.
28:42On dirait que 4%,
28:43ce n'est pas énorme,
28:45mais on est dans
28:46une situation
28:47où depuis
28:48qu'on a eu
28:50ces rumeurs
28:51et ces annonces
28:52de volonté
28:53de prendre
28:54et d'acquérir
28:56Warner Bros.
28:56Discovery,
28:57le titre
28:58Netflix
28:58a perdu
28:59plus de 20%.
29:00John Plassard
29:01avec nous.
29:02Merci beaucoup John.
29:03Cité gestion,
29:03cette ouverture
29:04des marchés américains
29:05qui se passe tranquillement.
29:06Ce n'est pas du tout
29:07un sursaut,
29:07ce n'est pas un vrai rebond
29:08après la baisse
29:09des derniers jours,
29:09mais au moins
29:10on est en hausse,
29:10on stabilise les choses.
29:11Le S&P 500 gagne 0,7%
29:12comme le Nasdaq d'ailleurs,
29:13le CAC lui gagne 0,3%.
29:15Un grand merci
29:16Alexandre Baradez
29:17d'être passé nous voir
29:17en plateau
29:18pour IG
29:19et d'avoir débriefé.
29:20On va...