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  • il y a 32 minutes
« Les Experts sans frontières », c’est le rendez-vous qui nous fait sortir de notre bulle. Chaque vendredi de 21h30 à 22h30 sur BFM Business, des experts étrangers installés en France analysent les grands débats de la semaine avec un œil neuf, détaché des prismes franco-français. Finances publiques, réformes, réarmement de l’Europe, choix politiques, international… Leur regard extérieur éclaire, questionne et parfois secoue. Un décryptage sans frontières pour mieux comprendre les grands enjeux du moment.

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00:00BFM Business présente
00:05Les experts sans frontières
00:09Mathieu Jolivet
00:11Bonjour et bienvenue, très heureux de vous retrouver dans les experts sans frontières.
00:15Aujourd'hui, ils nous viennent du Canada, de Russie, des Etats-Unis et de Hongrie.
00:20Vladimir Poutine a besoin d'hommes et de pétrole.
00:23Derrière le pétrole, il y a entre autres le débouché arctique.
00:27On va le découvrir. Il a l'avantage d'être à l'abri des drones ukrainiens
00:31et pourrait peut-être devenir un des principaux relais de croissance russe.
00:35Et puis, derrière les hommes, il y a cette armée russe que Poutine essaye de gonfler
00:39sans avoir encore recours à une nouvelle mobilisation.
00:42Mais à ce stade, la dynamique semble dramatique.
00:45Les plus de 15 000 nouveaux soldats ne viennent même pas compenser
00:48les pertes mensuelles sur le front ukrainien des hommes, du pétrole,
00:52mais aussi une menace de plus en plus forte qui pèse sur l'OTAN.
00:56Plus que jamais, on a besoin de nos experts sans frontières
00:59pour prendre le pouls de cette menace russe.
01:01C'est parti.
01:05Ils sont autour de moi, ces experts sans frontières.
01:08Sandrine Veïs, journaliste franco-hongroise, spécialiste du commerce international
01:11et de la diplomatie économique.
01:13Bonjour et bienvenue, Sandrine.
01:14Bonjour, merci.
01:15Miko Blujon-Méred, chercheur au Canada, à l'Université du Québec, à Trois-Rivières,
01:20spécialiste de l'Arctique et de la géopolitique des pôles.
01:22J'allais dire, là, on vous a mis un drapeau canadien,
01:25mais on aurait pu mettre la planète Terre.
01:27Vous êtes un peu partout.
01:28Vous êtes en Inde, en Chine, au Groenland, à nuque,
01:30qui n'a aucun secret pour vous.
01:31Ce n'est pas faux.
01:32Et là, je reviens du Labo au Canada, effectivement.
01:34Et vous arrivez juste du Canada.
01:35Bienvenue, vous êtes ici chez vous.
01:37Et puis, Sergei Jirnov, qu'on a le plaisir d'accueillir aussi pour la première fois.
01:40Bienvenue, Sergei, ancien officier du KGB.
01:44Vous êtes russe, vivant en France, avec le statut de réfugié.
01:48Steven Ekovitch, aussi un ami des experts sans frontières.
01:50Vous êtes le bienvenu. Bonjour, Steven, professeur de sciences politiques
01:53et d'histoire à l'Université américaine de Paris.
01:57J'aimerais commencer avec ce débouché arctique,
02:00peut-être avec vous, qui est peut-être un des plus grands spécialistes mondiaux
02:04de ces questions arctiques, du Groenland.
02:07Miko, vous revenez là du Canada.
02:09Moi, j'ai découvert, il n'y a pas longtemps,
02:11ce gisement de Vostok Oil en Sibérie.
02:15Et ce gisement est colossal et peut-être une pièce maîtresse pour Vladimir Poutine,
02:22si j'ai bien compris.
02:23Mais vous avez parfaitement compris, Mathieu,
02:24parce qu'ici, avec Vostok Oil, on est sur un projet de pétrole dans l'Arctique russe.
02:29On est à quelques centaines de kilomètres de la côte de l'Arctique russe.
02:33Mais il n'y a qu'un dépouché possible, c'est effectivement par cet océan arctique.
02:37Pourquoi ? Parce qu'en réalité, on voit que sur 60% du territoire de la Russie,
02:41eh bien, le permafrost, ce sol gelé fond.
02:45C'est très difficile aujourd'hui pour la Russie d'envisager mettre,
02:47par exemple, des oléoducs ou des gazoducs nouveaux,
02:50par exemple, depuis cette zone où il y a ce fameux gisement de Vostok Oil
02:54jusqu'en Chine, par exemple.
02:55C'est très instable et effectivement, ça pourrait protéger,
02:58ça pourrait, pardon, au contraire, justement,
03:00rendre très difficile de protéger environnementalement ces zones-là
03:03parce qu'il pourrait y avoir des marées noires, des fuites,
03:05tout ce que vous voulez.
03:06Donc, ce qui est en train d'être envisagé,
03:08c'est une exportation par la voie maritime.
03:10Et Vostok Oil, pour donner l'échelle, la magnitude de ce projet
03:13qui a commencé à produire cette année,
03:15à terme, c'est-à-dire à fin 2028-2029,
03:17s'il se passe bien, comme les Russes le souhaitent,
03:20la totalité du développement du projet,
03:22c'est 2 millions, ce sera 2 millions de barils par jour
03:25qui seraient extraits de ce gisement uniquement.
03:27Et pour donner un ordre de grandeur,
03:28c'est la moitié des Émirats arabes unis total
03:31qui font 4 millions de barils par jour aujourd'hui.
03:33C'est-à-dire que Vostok Oil, on parle de 2...
03:35Si on l'exploite à fond,
03:36ou en tout cas, si Vladimir Poutine arrive à vraiment exploiter
03:42l'ambition chiffrée qu'il a,
03:43on parle de 2% de l'offre mondiale de pétrole,
03:46juste sur ce gisement de Vostok Oil.
03:49Sergei Gironov, je disais aussi,
03:50l'avantage stratégique pour Vladimir Poutine
03:53d'arriver à exploiter un tel gisement,
03:55c'est que géographiquement,
03:57il est aussi très loin en Sibérie
03:59et peut-être à l'abri des drones ukrainiens.
04:02En tout cas, pas à la portée.
04:04Pour le moment, mais vous souvenez,
04:08le réseau ukrainien qui a amené les camions
04:11et donc qui a frappé les aérodromes stratégiques
04:14avec les bombardiers stratégiques,
04:15avec les petits drones,
04:17parce qu'en fait, ils ont réussi
04:18à mettre ces drones à la portée
04:20de ces avions.
04:22En plus, l'Ukraine se développe,
04:24elle a de plus en plus de missiles,
04:26mais il y a autre chose.
04:27En fait, pour la Russie,
04:29la distance, c'est un atout,
04:32mais c'est aussi un malheur,
04:34parce que les conditions,
04:36vous imaginez les conditions d'extraction.
04:38Les Saoudiens, ils poussent un doigt
04:41dans le sable et ça jette.
04:44En fait, ça ne coûte rien
04:45au niveau d'exploitation.
04:47Leur coût de revient d'un baril,
04:50c'est quelques copecs,
04:54tandis que les Russes,
04:55c'est tout de suite 10 fois,
04:57voire même 20 fois plus
04:58que les Saoudiens.
04:59En plus, les Russes ne savent pas produire
05:03la technologie d'extraction,
05:05donc ils ne construisent pas eux-mêmes
05:07le matériel pour extraire.
05:11Donc ils sont obligés
05:12d'avoir des partenaires étrangers,
05:13ne serait-ce que pour pouvoir
05:15exploiter ce pétrole.
05:17Et en plus, ça va se passer
05:19dans les conditions abominables,
05:21par les moins 40,
05:23par le froid,
05:25par les glaces,
05:27par la mer,
05:28par l'océan Arctique,
05:29qui est l'océan le moins accueillant
05:32sur Terre,
05:33si on oublie son pendant
05:36sur le pôle Sud.
05:37Donc la question n'est pas gagnée non plus.
05:39Alors ce qui est intéressant
05:40dans ce que vous nous dites,
05:41Sandrine Weiss vous fait réagir,
05:42c'est que, si je comprends bien,
05:44il est obligé pour exploiter pleinement
05:46ce formidable débouché
05:48de Vostok Oil,
05:49de s'appuyer sur des partenaires étrangers.
05:51Là, on est peut-être
05:51sur un point de vulnérabilité,
05:53Sandrine Weiss,
05:53ce qui dit partenaires étrangers,
05:54dit des points potentiellement
05:57à porter des sanctions occidentales.
05:59Exactement,
06:00puisque la Russie est touchée
06:02par des sanctions
06:02qui ont pour but,
06:03justement,
06:04d'amoindrir l'effort de guerre
06:06et qui visent souvent
06:07les infrastructures
06:09liées à l'énergie.
06:11Et là, en l'occurrence,
06:12comme le disait effectivement Sergué,
06:13les technologies nécessaires
06:16pour exploiter ce pétrole
06:20ne sont pas à la disposition
06:22de la Russie.
06:23Alors, jusque-là,
06:24les sanctions européennes
06:25et au-delà de l'Europe,
06:26puisqu'il y a une cinquantaine
06:27de pays signataires
06:28de ces sanctions,
06:29avaient été assez moindres
06:30puisqu'elles étaient
06:31ou bien détournées,
06:32c'est-à-dire qu'on s'apercevait
06:33que les entreprises exportaient
06:36vers la Turquie
06:37ou vers d'autres plateformes,
06:39notamment en Asie centrale,
06:41et qu'ensuite,
06:41c'était réexporté vers la Russie.
06:42Là, ça va être
06:43beaucoup plus visible.
06:43C'est-à-dire qu'on peut tricher
06:46pour exporter, par exemple,
06:47de l'électroménager.
06:48Ça a été le cas dans le passé
06:49qui transitait
06:50par des pays d'Asie centrale.
06:52Là, ça va être plus compliqué.
06:53Il y aura une plus grande visibilité.
06:55Voilà, ça va être plus compliqué.
06:56Et puis, l'autre chose,
06:58c'est que dans ces sanctions,
07:00souvent, la Russie
07:00réussissait très rapidement
07:01à développer des entreprises
07:04de substitution.
07:05Par exemple,
07:06certains grands groupes
07:07dans le domaine
07:08de la grande distribution
07:09se sont retirés de Russie.
07:11Et là, la Russie
07:11avait les moyens
07:12de remettre en place
07:13effectivement
07:14des canaux
07:15de grande distribution.
07:16Là, quand on parle
07:17d'industrie plus lourde,
07:19c'est impossible
07:19pour un pays comme la Russie
07:21de mettre sur place
07:23très rapidement
07:23une industrie elle-même.
07:25C'est ça.
07:25Mico, vous voulez réagir ?
07:26Oui, parce qu'il y a deux choses
07:27qui ont évolué
07:27ces dernières années.
07:28Et quand je dis
07:29ces dernières années,
07:29c'est véritablement
07:30depuis dix ans.
07:31C'est-à-dire depuis
07:31les premiers trains de sanctions
07:33liés d'abord
07:34à la question de la Crimée
07:35à partir de 2014.
07:36C'est qu'on l'a vu
07:37sur le gaz naturel liquéfié.
07:39On l'a vu maintenant,
07:40notamment avec Vostok Oil,
07:42la société russe
07:42qui développe ça,
07:43donc Rosneft,
07:44qui est le numéro un russe
07:46du pétrole aujourd'hui,
07:47Rosneft a développé
07:49justement depuis 2021,
07:5022, 23,
07:51les capacités,
07:52les technologies nécessaires
07:54pour justement
07:55dépendre le moins possible
07:57des Occidentaux
07:57et dépendre aussi
07:58le moins possible
07:59des Chinois.
08:00Donc aujourd'hui,
08:01un projet comme Vostok Oil
08:02qui a été donc contraint
08:04parce qu'il a été
08:05imaginé,
08:06designé,
08:07construit
08:07dans un cadre,
08:09un schéma
08:09où les sanctions
08:10étaient déjà présentes.
08:11Le projet qui a pris
08:12d'ailleurs beaucoup de retard
08:13à cause des sanctions
08:14occidentales,
08:15si j'ai bien précisé.
08:16Absolument, à la base,
08:17Vostok Oil devait sortir
08:18de terre en 2022,
08:19puis en 2024,
08:20maintenant en 2026
08:21puisqu'il a commencé
08:22donc à produire
08:22avec le premier bateau
08:24qui a exporté la marchandise.
08:24Donc là, on essaie
08:24d'être un peu indépendant.
08:26Le 6 septembre 2026,
08:27donc dernier.
08:28L'enjeu, il est clair ici,
08:29c'est que Rosneft a,
08:31comme Gazprom l'a fait ailleurs
08:32ou comme Novatec
08:32dans le gaz naturel
08:33l'ont fait ailleurs,
08:34ils essayent,
08:35ils ont réussi,
08:39donc c'est-à-dire
08:40tout ce qui est véritablement
08:41de la production de ce pétrole,
08:43du conditionnement
08:44de ce pétrole
08:45et effectivement,
08:46ils se sont basés
08:47sur des technologies chinoises
08:48pour pouvoir faire ce pont
08:50entre ce qu'ils utilisaient
08:51avant Occidental
08:52et ce qu'ils ont maintenant
08:53et très clairement,
08:54aujourd'hui,
08:55ce projet-là,
08:56c'est un projet
08:56qui est à majorité
08:58technologie russe.
09:00Ces sanctions,
09:01j'en profite,
09:02je reste avec vous
09:02parce que vous connaissez
09:03très bien aussi cette région
09:04mais je crois
09:05qu'un autre point
09:07de vulnérabilité
09:08qui a été repéré
09:09par les Occidentaux
09:10que j'ai vu
09:11à travers des think tanks
09:12de défense américains,
09:13ce sont la petite flotte
09:15de brise-glace nucléaire russe.
09:17Là-dessus,
09:18il n'y a pas la technologie
09:19effectivement,
09:19là-dessus,
09:20il y a besoin
09:20d'une aide étrangère
09:21effectivement.
09:22Autant la Russie
09:23est capable d'explorer,
09:26d'exploiter du pétrole
09:27dans des zones plus faciles,
09:28là,
09:29c'est plus compliqué.
09:30Oui,
09:30c'est ça
09:31parce que ces brise-glace
09:32nucléaire russes,
09:33si j'ai bien compris aussi,
09:3640% des composants
09:38de ces brise-glace nucléaires
09:39sont étrangers.
09:40Donc là encore,
09:41on a peut-être,
09:42et ces brise-glace,
09:42on en a besoin
09:43pour tracer la route,
09:45casser la banquise
09:46pour amener
09:47le pétrole
09:48jusqu'à des plateformes
09:50de transbordement.
09:51Disons,
09:51ce n'est pas condamné
09:53parce qu'en fait,
09:54il y a un malheur
09:55qui inquiète la Terre,
09:57ça veut dire
09:57le réchauffement climatique,
09:58et bien là,
09:59il joue en faveur
09:59de la Russie,
10:00des Etats-Unis,
10:01du Canada,
10:02de tous les pays
10:03en Arctique
10:03parce qu'il y a l'Arctique
10:04qui fond.
10:05Bon, après,
10:06ça se discute
10:06parce qu'en fait,
10:07il y a la faune
10:08et la flore
10:09qui changent,
10:10donc en fait,
10:11ça peut dramatiquement
10:12changer en fait
10:13les conditions,
10:14mais du coup,
10:15en fait,
10:15les voies maritimes
10:16au moins se dégagent.
10:17Et donc,
10:18à un moment donné,
10:18peut-être,
10:20dans l'espace
10:21de 10 ans,
10:2115 ans,
10:2220 ans,
10:23peut-être,
10:23il y aura une partie
10:24de l'océan Arctique
10:25qui sera navigable
10:27toute l'année
10:27sans les brise-glaces
10:29parce que c'est quand,
10:30en France,
10:31on aura 40 degrés
10:32en permanence
10:33et il y aura déjà
10:34des déserts
10:35qui vont se désigner.
10:38Donc,
10:38vous voyez...
10:39Je crois qu'il y a
10:40une voie arctique
10:41qui longe les côtes russes
10:42et qui maintenant
10:43est accessible
10:44quasiment 10 mois
10:45sur 12.
10:46C'est ça.
10:47Alors qu'elle ne l'était
10:48il y a 15 ou 20 ans,
10:49c'était juste
10:49deux mois par an,
10:50etc.
10:52Effectivement.
10:53Et les Russes...
10:54Vous m'arrêtez
10:55si je dis de bêtises
10:55parce que c'est le...
10:56Non,
10:56vous ne dites pas de bêtises,
10:57mais c'est exactement ça.
10:59Et les Russes,
11:00malgré les restrictions,
11:02ils ont quand même
11:03développé cette flotte
11:05des briques
11:07nucléaires,
11:08atomiques.
11:09Donc,
11:09en fait,
11:09ils ont construit
11:10pas mal de flottes
11:13dans ce sens.
11:14Après,
11:15c'est vrai que les composants...
11:16Vous savez,
11:17c'est même pour les missiles
11:19actuels.
11:19En fait,
11:20dans les missiles,
11:20les composants,
11:21soit les Chinois,
11:22soit Américains,
11:23soit Japonais
11:23ou Coréens du Sud.
11:25La Russie ne possède
11:26pas l'électronique.
11:27La Russie,
11:28malgré le fait,
11:29même Mikko a dit,
11:30ce projet est quasiment russe
11:32ou à 80% russe,
11:33en fait,
11:34c'est sur le papier
11:35parce qu'ils vont créer
11:36une entreprise russe
11:37qui participe à ce projet,
11:39mais cette entreprise russe,
11:40elle va détourner
11:41la technologie américaine
11:43et elle va fournir
11:43les composants américains
11:45ou les machines allemandes
11:47pour ce truc-là.
11:48Et donc,
11:48en fait,
11:49sur le papier,
11:49ce sera russe,
11:50mais en réalité,
11:51c'est la technologie occidentale.
11:53Vous savez,
11:54il y a un autre truc.
11:55Il y a, par exemple,
11:56un jugement de GPL
11:58russe en Arctique
11:59qui a été construit
12:01avec l'aide des Chinois
12:02et les Chinois
12:03ont obtenu 10%
12:0510 années
12:06d'annulation de taxes.
12:10Ça veut dire
12:10que l'État russe
12:11ne va gagner
12:11pendant 10 ans
12:12rien sur ce gisement.
12:15Il y a le gaz liquéfié
12:16qui part en Chine
12:17avec beaucoup de difficultés
12:19d'ailleurs,
12:19mais l'État russe
12:22ne gagne rien.
12:23Et donc,
12:23en fait,
12:24les Russes,
12:25c'est souvent ça aussi.
12:27Ça,
12:27c'est le prix de la dépendance
12:28à l'investisseur chinois,
12:29forcément,
12:30le Mico.
12:31Alors,
12:31déjà,
12:31deux choses.
12:33Le GPL,
12:34c'est un distillat
12:34du pétrole brut.
12:35Donc,
12:36là,
12:36ici,
12:36les projets dont Sergei parle,
12:38en fait,
12:38c'est des projets de GNL,
12:39c'est-à-dire
12:39de gaz naturel liquéfié
12:40et pas de GPL.
12:41Oui, c'est ça.
12:42Donc,
12:42ça,
12:43c'est deux choses différentes.
12:44Donc,
12:44c'est le GNL
12:45dont vous parlez ici.
12:47Très clairement,
12:47il y a deux éléments
12:48qui sont importants.
12:49Un,
12:49c'est que la question
12:50de l'indigénisation
12:52des technologies,
12:53c'est-à-dire le fait
12:53que les technologies
12:54soient maintenant
12:55véritablement russes,
12:56c'est avéré
12:57et c'est prouvé.
12:58Et c'est justement
12:59le fait qu'il y ait
13:00ces sanctions
13:00qui ont accéléré
13:02la recherche
13:03et le développement
13:03chez toutes les grandes
13:04sociétés russes,
13:05pétrolières,
13:05gazières,
13:06etc.
13:06Les ingénieurs russes
13:07turbines pour rattraper
13:08le retard.
13:09Mais c'est exactement ça.
13:09Elle ne plus dépend
13:10des sociétés occidentales.
13:11Là, sur le cas
13:12de Vostok Oil spécifiquement,
13:13donc dans la péninsule
13:14du Taïmire,
13:15là, ce sont donc
13:16des technologies
13:18indigènes russes
13:19sur la base
13:20de la connaissance
13:21qu'ils avaient
13:21de technologies occidentales
13:22mais qu'ils ont donc adaptées
13:23et qu'ils ont fait
13:25manufacturer en Chine
13:26et en Inde essentiellement
13:27en plus évidemment
13:28de la Russie.
13:29Donc ici,
13:29vous voyez un axe
13:30qui se dégage.
13:31Ça, c'est le premier point.
13:32Et le deuxième point
13:32sur la question
13:33des navires.
13:34En fait,
13:34l'Arctique n'est pas
13:35forcément ouvert
13:36uniquement juste
13:37à cause du réchauffement
13:38climatique.
13:38Ce qui fait la différence
13:39entre les deux mois
13:40d'ouverture avant
13:40et les dix mois
13:41d'ouverture aujourd'hui,
13:42c'est à la fois
13:43la fonte de certaines parties
13:44de l'Arctique côté russe
13:46et c'est aussi
13:47l'augmentation technologique.
13:48C'est-à-dire que là,
13:49aujourd'hui,
13:49les Russes ont actuellement
13:50neuf brise-glaces nucléaires.
13:53Si je prends
13:53tous les brise-glaces
13:54de la Russie,
13:55il y en a plus de 70,
13:56mais donc neuf brise-glaces
13:57nucléaires actuellement
13:58plus quatre actuellement
13:59en construction.
14:00Des brise-glaces
14:00qui peuvent effectivement
14:01ouvrir la voie
14:02jusqu'à dix mois par an
14:04et on a les deux mois
14:05d'été aujourd'hui
14:07qui sont libres de glace
14:08avec des navires chinois
14:09ou coréens
14:09qui n'ont pas de renforcement
14:10de glace
14:11et qui passent
14:11des portes-containers,
14:12par exemple.
14:12On en a vu plusieurs
14:13cet été
14:14ou depuis trois ans,
14:14par exemple.
14:15Donc, cette situation
14:16aujourd'hui,
14:17elle change complètement
14:18la donne
14:18et elle change la donne
14:20également parce que
14:20la Russie,
14:21à cause du réchauffement
14:22climatique,
14:22peut de moins en moins
14:24compter sur les exportations
14:25de la terre à la terre
14:26parce que,
14:27comme je vous l'ai dit
14:27tout à l'heure,
14:28la terre est de plus en plus
14:29meubles,
14:29donc difficile à bâtir.
14:30Et c'est pour ça
14:31que je voulais partir
14:32de Vostok Hall
14:32parce que si on élargit
14:33la focale,
14:34ça nous raconte
14:35énormément de choses
14:36qui se passent aujourd'hui,
14:37notamment Steven Ekovich,
14:38l'activité stratégique
14:42américaine
14:42dans cette région arctique
14:43qui est énorme.
14:44Et pour rester sur
14:45les brise-glaces,
14:46il y a un peu plus d'un an,
14:48Donald Trump
14:48signait un décret
14:49en urgence
14:50pour lancer
14:51la construction
14:52de plusieurs brise-glaces
14:53nucléaires américains.
14:54Alors, ça va arriver,
14:55je ne sais pas,
14:55ce sera peut-être
14:56pour les calendres grecs,
14:57je ne sais pas,
14:58mais ça montre bien
14:58en tout cas
14:59une volonté stratégique
15:00américaine
15:01de surveiller
15:02ce qui se passe
15:03de l'activité chinoise
15:05et russe
15:05dans cette région.
15:07Oui, c'est clair,
15:09mais toujours
15:10avec les propos
15:11de Donald Trump,
15:12on peut se demander
15:13quelle échéance
15:14on va vraiment voir
15:16ses investissements
15:17et ses brise-glaces.
15:19Donc, puisque Donald Trump
15:20fonctionne toujours
15:21sur les annonces,
15:23les effets d'annonce,
15:24on peut toujours se demander
15:26dans quelle mesure
15:27matériellement
15:28on va voir
15:30ses engins.
15:31Et ici, il faut faire
15:32la distinction
15:32entre ce que les Américains
15:33appellent les brise-glaces
15:34et ce qu'ils appellent
15:35les cutters.
15:36Donc là, ce que vous voyez ici,
15:37ce dont on parle,
15:38ce sont des security cutters.
15:40Donc en fait,
15:40ce sont des brise-glaces
15:41de capacité moyenne
15:42et ce sont des brise-glaces
15:43qui sont essentiellement utiles
15:44pour du garde-côte.
15:46Donc, c'est-à-dire
15:46pour désenclaver,
15:47si vous voulez,
15:48la côte nord de l'Alaska
15:49et faire en sorte
15:50qu'il y ait une présence
15:51américaine.
15:52Mais ce n'est pas non plus
15:53les brise-glaces lourds
15:54comme on le voit
15:54avec les brise-glaces nucléaires
15:55russes,
15:56où là, on est dans
15:57une autre dimension complète.
15:58Typiquement,
15:59ces Arctic security cutters
16:00dont on parle ici
16:01ne pourraient pas forcément
16:02aller jusqu'au pôle nord.
16:03Là où des brise-glaces lourds,
16:06eux,
16:06et les Américains aujourd'hui
16:07en ont un seul
16:07en opération,
16:09eux,
16:09peuvent aller jusqu'au pôle nord.
16:11C'est ça,
16:11ça devient un élément
16:12assez stratégique.
16:13J'aimerais revenir
16:14sur l'impact économique
16:15des frappes
16:16de drones ukrainiens
16:18sur les sites énergétiques russes.
16:20Sergei Girneuf,
16:21il y a un chiffre, moi,
16:21qui m'a assez impressionné
16:22qui est tombé cette semaine,
16:25qui était relayé
16:25par un média
16:26qui citait des sources
16:27à Moscou
16:28qui disait que
16:29la production pétrolière russe
16:33allait chuter
16:34à son plus bas niveau
16:35depuis plus de 17 ans
16:37cette année.
16:38Et donc,
16:39Moscou dit sobrement,
16:40l'explique sobrement
16:41en disant
16:42c'est dû
16:43à des maintenances imprévues.
16:45En fait,
16:46il faut séparer
16:47deux questions
16:48parce que
16:49la post-production
16:51pétrolière
16:52en fait
16:52qui est concernée
16:53par ces frappes
16:54n'influe pas
16:55forcément directement
16:56sur la production
16:57de pétrole.
16:58Mais, en fait,
16:59le problème,
16:59il est là.
17:00C'est que
17:01si vous avez
17:01des usines
17:03qui traitent
17:05le pétrole brut
17:06et si vous avez
17:07ces usines
17:08qui disparaissent
17:09ou qui tombent
17:09en panne
17:10ou qui sont détruites,
17:12en fait,
17:12se pose la question
17:13pour les Russes
17:14qu'est-ce qu'on fait
17:15de pétrole brut
17:16qui est extrait
17:17parce que, en fait,
17:18l'exploitation
17:19est limitée.
17:21Donc, soit
17:21il faut exporter
17:22plus de pétrole,
17:23ce qui est le cas.
17:24Pour le faire
17:25raffiner ailleurs.
17:26Parce que le faire
17:27raffiner à l'étranger
17:28ou le proposer
17:29tout simplement
17:29vendre le brut
17:30et puis après,
17:31les autres pays
17:33se débrouillent.
17:35Ça contredit d'ailleurs
17:35la théorie de Trump
17:37comme quoi
17:37les frappes ukrainiennes
17:38influent sur le coût
17:40de diesel
17:41parce qu'en réalité,
17:42les Russes,
17:43quand leurs usines
17:44de raffinage
17:45sont détruites,
17:46en fait,
17:47ils exportent plus
17:48donc, en fait,
17:49la proposition,
17:50l'offre de pétrole mondiale
17:51augmente.
17:52Et donc, du coup,
17:53ça joue à l'inverse
17:55de tout ça.
17:56En plus,
17:57Trump,
17:57vous imaginez
17:58qu'il a parlé de ça
17:59parce que les États-Unis,
18:01c'est le plus grand
18:01producteur du pétrole,
18:02c'est le plus grand
18:03exportateur de pétrole,
18:05ils auraient pu,
18:06enfin,
18:06ils auraient pu faire,
18:08prendre des mesures
18:09comme Poutine.
18:10Poutine interdit
18:11l'exportation
18:11d'essence
18:12et de diesel.
18:14Et donc,
18:14du coup,
18:15pour laisser ça
18:16à l'intérieur du pays,
18:17Trump aurait pu faire ça,
18:18mais bon,
18:19c'est un pays libre,
18:20les libertaires,
18:21donc c'est un peu plus compliqué.
18:22Il est tenté,
18:22il est tenté.
18:23Mais,
18:24disons,
18:24en fait,
18:25c'est un problème majeur,
18:27mais il y a un autre problème.
18:29Et là,
18:29on retrouve aussi
18:30le problème
18:31à long terme
18:31de technologie,
18:32parce que les technologies
18:34d'extraction
18:35de pétrole russe
18:36sont les technologies
18:38soviétiques
18:39qui sont désuètes
18:41maintenant
18:41et les technologies
18:43occidentales
18:44qui ne sont plus
18:44maintenues
18:45par les entreprises
18:46qui les ont livrées.
18:47Et en plus,
18:49la Russie,
18:51les gisements russes
18:52sont en train
18:53de se vider
18:56de pétrole
18:57facilement extractable.
18:59Et en plus,
19:00bien évidemment,
19:00quand vous faites extraire
19:03le pétrole
19:03dans les conditions
19:04sibériennes,
19:05c'est un problème
19:06technique énorme
19:07parce qu'il faut
19:08le réchauffer
19:09pour le rendre
19:13plus liquide
19:14et plus transportable
19:17dans l'audio.
19:19J'aimerais juste
19:20ouvrir une petite parenthèse
19:21puisqu'on a Stephen
19:23avec nous,
19:24la voix américaine
19:25peut-être
19:25autour de cette table
19:27aussi.
19:28Cet impact énergétique
19:30là,
19:30on voit bien sûr
19:31sur la Russie,
19:32mais aux Etats-Unis,
19:33ça devient un élément
19:34majeur pour Donald Trump.
19:35Alors,
19:35est-ce qu'aujourd'hui,
19:36cette crise pétrolière,
19:38cette crise des prix
19:39sur l'essence,
19:39est-ce qu'aujourd'hui,
19:41à la Maison-Blanche,
19:42qui on accuse ?
19:43Est-ce qu'on essaye
19:44de braquer le projecteur
19:48sur la Russie
19:51ou est-ce que
19:52bien loin d'Hormuz ?
19:54C'est quoi le récit
19:56qu'on entend
19:56aux Etats-Unis
19:57en ce moment ?
19:57La crise centrale
19:58aux Etats-Unis,
19:58la crise à l'intérieur
20:00des Etats-Unis,
20:00c'est le flamber
20:01du prix du diesel
20:02qui est une ramification
20:04sur toute l'économie
20:05et bien évidemment,
20:07ça plombe aussi
20:08les sondages,
20:09pas seulement de Donald Trump
20:10mais du Parti républicain
20:12qui sont en face
20:13semble-t-il,
20:14si les sondages
20:17sont fiables
20:18jusqu'à novembre,
20:19à un échec cuisant
20:21du Parti républicain
20:22lors des midterms elections.
20:24Donc évidemment,
20:24Trump veut porter
20:26sur le dos
20:26des Ukrainiens
20:28cette flambée
20:29du prix du diesel
20:30aux Etats-Unis
20:31pour faire oublier
20:32que c'était sa guerre
20:33dans le Gulf
20:34arabe au Persique
20:36qui est en fait
20:37fondamentalement
20:38de nos jours
20:39responsable
20:39pour ce problème.
20:41C'est-à-dire que
20:41la guerre en Ukraine
20:42a bon dos,
20:43pour le coup.
20:44Regardez-la
20:45et pas ici.
20:47Il y a un chiffre
20:48qui m'a sidéré
20:49il y a quelques semaines,
20:50c'était une note
20:50de l'Atlantic Council
20:52qui disait
20:53que pour prendre,
20:55qui marque les esprits,
20:56pour prendre conscience
20:57du diesel aux Etats-Unis,
20:58les camions
20:58qui roulent au diesel
21:00aux Etats-Unis
21:01roulent plusieurs centaines
21:03de milliards
21:03de kilomètres par an.
21:04Et là on parle
21:07de...
21:07Et donc les camions
21:08aux Etats-Unis
21:09c'est eux
21:10qui déposent
21:11les marchandises,
21:12ça irrigue,
21:13c'est les veines
21:14dans le corps.
21:16Donc là on réalise
21:17l'impact
21:18que ça peut avoir
21:19au quotidien
21:19pour les Américains.
21:20Si vous avez récemment
21:21voyagé
21:22sur une autoroute
21:23américaine,
21:25les autoroutes
21:25ce sont des chemins
21:26de fer de nos jours.
21:28Il y a camion
21:28après camion
21:29après camion.
21:30D'ailleurs c'est très pénible
21:31de conduire maintenant
21:33sur une autoroute américaine.
21:34Il faut plutôt
21:35prendre des petites routes
21:36pour arriver à temps.
21:38Donc évidemment
21:39il y a camions
21:42qui pas seulement
21:43qui distribuent
21:45le pétrole
21:46mais tous les produits
21:48de consommation
21:49aux Etats-Unis.
21:50C'est un très grand
21:51marché de consommation
21:52intérieure.
21:53La consommation
21:54des ménages
21:54c'est 19 milliards
21:55de dollars,
21:56c'est énorme.
21:57Je dis souvent
21:57le PIB
21:59des Etats-Unis
22:00c'est 24%
22:01du PIB mondial
22:02mais dans les échanges
22:02c'est que 13%.
22:03ça veut dire
22:04qu'il y a énormément
22:05de produits
22:07fabriqués sur place
22:07et donc le diesel
22:09c'est de la nitroglycérine.
22:12Il faut les expédier
22:13au consommateur final.
22:14Voilà ce qui se passe
22:15quand vous n'investissez pas
22:16dans vos infrastructures
22:17ferroviaires
22:17et que vous n'avez pas
22:18les moyens
22:19de substituer
22:20la route
22:21par le rail.
22:22Ça vous donne
22:22une situation
22:23comme celle-là.
22:23Effectivement Donald Trump
22:24comme vous l'avez très bien dit
22:25essaye de cacher
22:26sa responsabilité
22:27en mettant l'accent
22:28sur les Ukrainiens
22:29mais la réalité des chiffres
22:30elle est évidente.
22:31c'est-à-dire que le Golfe
22:32dans son ensemble
22:33c'est 1,5 million
22:34de barils jour
22:35de diesel
22:36donc je parle bien
22:36que du diesel
22:37exporté dans le monde entier.
22:39La Russie
22:39c'est 1,2 million
22:41de barils jour
22:42avant la guerre.
22:43Je vous donne
22:43les chiffres 2022
22:44et là
22:45au mois d'août 2026
22:46on est tombé
22:47à respectivement
22:48un peu moins de 400 000
22:49barils jour
22:50pour le Golfe
22:51le Moyen-Orient
22:51dans son ensemble
22:52et on est tombé
22:52à à peine
22:53moins de 200 000
22:54barils jour
22:55pour la Russie.
22:56Et de fait
22:57on a aujourd'hui
22:5875%
22:59de cet apport-là
23:01qui est donc
23:01disparu
23:03du Golfe
23:04et de la Russie
23:04mais le principal
23:05élément ici
23:06vous l'avez bien compris
23:06c'est la disparition
23:07du Golfe.
23:08Donc de fait
23:09la Russie
23:09a un impact
23:10qui est évident
23:11mais effectivement
23:12Donald Trump
23:13met la focale
23:14sur les Ukrainiens
23:15pour surtout
23:15ne pas avoir
23:16à reconnaître
23:17sa responsabilité
23:18dans la situation
23:19évidemment
23:19liée au Golfe.
23:21C'est ça
23:21et j'imagine
23:22qu'il met d'autant plus
23:22la focale
23:23que là
23:23on arrive
23:24à l'échéance
23:25du 3 novembre
23:26on est dans la dernière
23:28ligne droite
23:28des mid-terms
23:29tous les signaux
23:30sont au rouge
23:31pour les républicains
23:33oui oui oui
23:34quand je dis
23:35on c'est Donald Trump
23:36mais je ne me mets pas dedans
23:37mais voilà
23:38et donc là
23:39il est quand même
23:41en position
23:42très très délicate
23:43là
23:43évidemment
23:44dans quelle mesure
23:46il se rend compte
23:47ça c'est une bonne question
23:48pour tous les
23:49politologues américains
23:50et les journalistes aussi
23:52vraisemblablement
23:52il y en a qui disent
23:53qu'il commence
23:54à paniquer
23:55mais je ne sais pas
23:55si Donald Trump
23:56est en mesure
23:57de paniquer
23:57mais de toute façon
23:58son parti
23:59pour l'instant
24:00va dans une impasse
24:01électorale
24:02et ça peut être
24:03une impasse
24:05électorale
24:05cuisant
24:05et aujourd'hui au Canada
24:07c'est quelque chose
24:07qu'on voit très fort
24:08c'est à dire que
24:08dans le cadre
24:09de la guerre commerciale
24:10entre les Etats-Unis
24:10et le Canada
24:11initié
24:11là encore
24:12par l'administration Trump
24:13Mark Carney
24:14le Premier ministre canadien
24:14dit très clairement
24:15bon on va jouer
24:16justement sur cet aspect
24:18énergétique
24:18parce qu'aujourd'hui
24:1960% des importations
24:21de pétrole brut
24:22des Etats-Unis
24:23viennent du Canada
24:24donc si vous voulez
24:25essayer de bâtir
24:26une infrastructure
24:26de raffinage
24:27vers le diesel
24:28le gazole non routier
24:30etc
24:30ce qui soit
24:31la plus résistante
24:32possible
24:33la plus robuste possible
24:34il va falloir
24:35que vous ménagiez
24:36du point de vue américain
24:37il va falloir que vous ménagiez
24:37les Canadiens
24:38donc les Canadiens
24:38savent très bien
24:39aujourd'hui
24:39faire effet de levier
24:40sur ça
24:41quand Donald Trump
24:41parle du Canada
24:42du 51ème Etat
24:43en fait ce qui l'intéresse
24:44c'est l'Alberta
24:45c'est l'Alberta
24:45exactement
24:46c'est l'Alberta
24:46le Britannique
24:47le Saskatchewan
24:48mais surtout l'Alberta
24:49qui est la principale
24:50effectivement province pétrolière
24:51et du coup
24:52de capacité de raffinage
24:53évidemment
24:54de produits distillés
24:55pour les Etats-Unis aussi
24:56Sergei
24:57il faudra juste préciser
24:58pour nos téléspectateurs
25:00qui ont entendu
25:01que les Etats-Unis
25:01sont le plus grand
25:02producteur de pétrole
25:03comment ça se fait
25:04qu'ils importent le pétrole
25:05parce que les Etats-Unis
25:06en fait ne produisent pas
25:07le pétrole lourd
25:11vénézuélien
25:11donc Venezuela
25:12qui était sous les sanctions
25:13la Russie
25:14qui est sous les sanctions
25:15du coup il y a le Canada
25:16qui devient le principal
25:18producteur de ce pétrole
25:19qui sert aux bétumes
25:20aux asphaltes
25:22je crois qu'au Venezuela
25:23c'est quoi
25:24c'est la ceinture
25:24de Lorénoc
25:26mais qui a un pétrole
25:28très lourd
25:28je crois
25:29c'est un pétrole
25:30extra lourd celui-là
25:31du coup
25:31Trump
25:32il n'a pas fait
25:33que des conneries
25:34excusez-moi
25:35mais effectivement
25:36quand il a
25:37extrait Maduro
25:38cette année
25:39là quand même
25:40il a fait le jackpot
25:42sur le pétrole vénézuélien
25:44oui
25:44ici ce qui compte
25:45c'est une métrique
25:46qui n'est pas très connue
25:47mais c'est la gravité API
25:49c'est-à-dire que la gravité API
25:50c'est justement
25:51est-ce que votre pétrole
25:52il est visqueux ou pas
25:53est-ce qu'il est lourd ou pas
25:54et dans ce contexte-là
25:55au Venezuela
25:55on va avoir une gravité API
25:56qui va être en dessous
25:57de 15 degrés
25:58et plus vous montez
25:59dans les degrés
26:00plus c'est du pétrole
26:01effectivement léger
26:02et aux Etats-Unis
26:02aujourd'hui
26:03avec le pétrole de schiste
26:04avec les nouveaux pétroles
26:05qui sont développés
26:06on est sur des pétroles
26:07qui sont au-delà
26:07de 30, 35, 40 degrés
26:09de gravité API
26:10donc des pétroles
26:11qui sont très légers
26:12or
26:12toutes les infrastructures
26:14de raffinage
26:14de la grande ceinture du sud
26:16du Texas
26:16de Louisiane
26:17des Etats-Unis
26:18du fameux golfe du Mexique
26:20maintenant
26:20au renové golfe de l'Amérique
26:21par Donald Trump
26:22elles sont basées
26:23ces infrastructures
26:23sur du pétrole lourd
26:24parce qu'à l'époque
26:25c'est ça
26:26que l'Amérique
26:26utilisait
26:27et produisait
26:28ça veut dire
26:29qu'il faut réadapter
26:30toutes ces infrastructures
26:31ou est-ce qu'on va faire ?
26:32En fait vous avez deux solutions
26:33soit vous réadaptez tout ça
26:34et ça coûte évidemment
26:35des dizaines
26:36et des centaines
26:36de milliards de dollars
26:37soit vous allez chercher
26:39vous allez préempter
26:40comme avec le Venezuela
26:41par la force
26:43les ressources
26:44qui sont les plus adaptées
26:45à ces capacités
26:46de raffinage là
26:46passionnant
26:47allez on va marquer
26:48une courte pause
26:48et ensuite on va
26:49filer à nouveau en Russie
26:51essayer de comprendre
26:51ce qui se passe
26:53notamment au niveau
26:54de l'effort de guerre
26:55et de cette menace
26:56de plus en plus forte
26:57sur l'OTAN
26:58on va tout de suite
26:58dans les experts sans frontières
27:00BFM Business
27:01présente
27:06Les experts sans frontières
27:09Mathieu Jolivet
27:12Bienvenue
27:13si vous nous retrouvez
27:14dans les experts sans frontières
27:15autour de moi
27:15Sandrine Weiss
27:16journaliste franco-hongroise
27:18Miko Blujan-Méred
27:19chercheur au Canada
27:21spécialiste de l'Arctique
27:23Sergei Girneuf
27:24ancien officier du KGB
27:26russe
27:27vivant en France
27:27avec le statut de réfugié
27:28et aussi économiste
27:30international
27:30on va rappeler aussi
27:31cette casquette
27:33Steven Ekovich
27:34professeur de sciences
27:35politiques et d'histoire
27:37à l'université américaine
27:38de Paris
27:39Sergei Girneuf
27:41là
27:42Vladimir Poutine
27:43augmente ses effectifs
27:45dans l'armée
27:45d'un peu plus de 15 000 soldats
27:48j'allais dire
27:49c'est presque une goutte d'eau
27:51et c'est moins
27:52de ce que j'ai compris
27:54c'est moins
27:54que les pertes mensuelles
27:55constatées en ce moment
27:56sur le front
27:58ma question c'est
27:59aujourd'hui
27:59est-ce que vous savez
28:01où en est
28:02la société russe
28:04est-ce qu'elle le soutient
28:06ou pas
28:06dans son
28:07dans cette guerre
28:09en Ukraine
28:09c'est très large
28:11les questions
28:12que vous avez posées
28:13donc déjà
28:14il ne faut pas confondre
28:15le chiffre officiel
28:17du ministère de la Défense
28:18le ministère de la Défense
28:19c'est 2,5 millions
28:20de personnel
28:22dont
28:221,6 millions
28:25de militaires
28:27actuellement
28:27ce chiffre
28:29de militaires
28:29de carrière
28:31au ministère de la Défense
28:32a été augmenté
28:32déjà 4 fois
28:33les quelques années
28:35et en fait
28:36cette année-là
28:37déjà Poutine
28:38a augmenté
28:38deux fois
28:39ce chiffre
28:40mais ce n'est pas
28:41le chiffre
28:42qui concerne
28:43le front en Ukraine
28:44parce que le front
28:45en Ukraine
28:46en Ukraine
28:46vous avez actuellement
28:48620 à peu près
28:491000 personnes
28:501000 militaires
28:51qui sont sur le terrain
28:53qui se composent
28:54les deux tiers
28:56même les trois quarts
28:57sont les contractuels
28:59donc ils ne rentrent pas
29:01dans le chiffre de nez
29:02ça n'a rien à voir
29:03c'est les gens
29:04qui ont été contractués
29:06donc avec les contrats
29:08ponctuels
29:09et ils ne rentrent pas
29:10dans le chiffre
29:11du ministère de la Défense
29:11et ils sont encadrés
29:13par les autres
29:14150 000
29:15qui les encadrent
29:16et qui sont sur les fronts
29:17eux
29:17ils font partie
29:18de ce chiffre
29:19ça veut dire
29:19qu'ailleurs
29:20sur la Russie
29:21vous avez
29:21un million
29:22qui est quelque part
29:23qui est en Sibérie
29:24qui est dans
29:25les deux
29:25circonceptions militaires
29:26que Poutine
29:28est en train
29:29de refaire
29:30donc face
29:31à la Finlande
29:32la circonception
29:33militaire
29:34de Saint-Pétersbourg
29:35et la circonception
29:36militaire
29:37de Moscou
29:37qui est face
29:38au Pays-Baltes
29:38et la Pologne
29:39et donc en fait
29:40vous savez
29:40c'est beaucoup plus
29:41complexe que ça
29:42le chiffre sur le front
29:44ne concerne pas ça
29:46parce que
29:46en fait
29:47les 15 000
29:48avec lesquels
29:49dont fait
29:50l'occasion
29:50de Poutine
29:51c'est pour renforcer
29:52ce chiffre
29:53à la frontière
29:53future
29:54avec le temps
29:54en fait
29:55c'est la partie
29:55émergée de l'iceberg
29:57en fait
29:57l'iceberg
29:58est complètement
30:00émergé
30:00on ne voit
30:01que très peu
30:02de choses
30:02sur ces choses
30:03mais Poutine
30:04actuellement
30:04il mène
30:05en même temps
30:06une guerre
30:07d'attrition
30:08une guerre globale
30:09contre l'Ukraine
30:10mais qu'il considère
30:11la guerre contre l'Otan
30:12et sur le front
30:13de cette guerre
30:14il lui faut
30:15chaque mois
30:1635 000 de personnes
30:17parce que les Ukrainiens
30:18en tuent 35 000
30:20ce mois-ci
30:20c'est même 46 000
30:21tués, blessés
30:22ou disparus
30:23tués, blessés
30:23ou disparus
30:24beaucoup de tués
30:26parce que d'habitude
30:27c'est un tué
30:28contre trois blessés
30:29là c'est beaucoup plus
30:31parce qu'en fait
30:31c'est les drones
30:32il y a une
30:34kill zone
30:35où
30:36no human
30:37est susceptible
30:39de survivre
30:40quasiment
30:41la vie sur le front
30:42d'un russe
30:43est actuellement
30:43par les sources américaines
30:47elle est estimée
30:49à 20 minutes
30:50ou une demi-heure
30:51tellement qu'il y a
30:53des robots
30:53tellement qu'il y a
30:54le drone
30:54etc
30:55et Poutine
30:56en fait
30:56donc il se pose
30:57la question pour lui
30:58comment il remplace
31:00ces hommes
31:01qui sont
31:01tous les mois
31:02liquidés par les Ukrainiens
31:03et donc se pose
31:04la question
31:05la fameuse question
31:05de mobilisation
31:08qui pose à Poutine
31:09un autre problème
31:10parce qu'en fait
31:11actuellement
31:11jusqu'à maintenant
31:12il y avait les Russes
31:13qui venaient
31:14faire la guerre
31:15aux Ukrainiens
31:15contre l'argent
31:16donc les familles
31:17gagnaient de l'argent
31:18beaucoup d'argent
31:19parce qu'en fait
31:20on vous recrutait
31:20déjà contre le paiement
31:21de 200 000 euros
31:23et on payait
31:24à la famille
31:25400 000 euros
31:26500 000 euros
31:27si on vous tue
31:28et donc il y avait
31:29beaucoup de familles
31:30qui poussaient
31:30leur fils
31:31et leur mari
31:32et leur père
31:33à aller gagner
31:34de l'argent
31:34et sortir des familles
31:35de la misère totale
31:37qui est souvent
31:38en Russie
31:39mais là
31:40s'il y a mobilisation
31:41en fait ce sont
31:42les volontaires
31:43en quelque sorte
31:44mais s'il y a mobilisation
31:46ça veut dire que
31:47Poutine à ce moment-là
31:48fait économie
31:49de ses paiements
31:50parce qu'il n'est plus
31:51obligé de payer
31:52ses sommes extraordinaires
31:53mais en même temps
31:54il oblige les gens
31:55qui ne veulent pas
31:56aller à la guerre
31:57et en même temps
31:58leur donner des armes
31:59qui peuvent être
32:00retournées contre le pouvoir
32:02la Russie a connu ça
32:03l'Empire russe
32:04a connu ça
32:05en 1916
32:05le résultat était
32:07la révolution de février
32:08et la révolution
32:09d'octobre de 1917
32:10d'où ma question
32:11sur le soutien
32:12aujourd'hui
32:13l'état d'esprit
32:13de la population russe
32:14est-ce qu'elle soutient
32:15aujourd'hui
32:18ce qu'il appelle
32:19encore l'opération spéciale
32:20la guerre en Ukraine
32:21la sociologie
32:22est très difficile
32:23à mesurer
32:24dans un camp
32:24de concentration
32:25et donc
32:26vous savez
32:27si vous faites
32:27un sondage
32:28dans un camp
32:28de concentration
32:29tout le monde
32:30va dire
32:30qu'on adore
32:30notre directeur
32:31de camp
32:32c'est ce qui se passe
32:33en Russie
32:34ça veut dire
32:34que la sociologie
32:35n'existe pas
32:36quasiment
32:36mais il y a
32:37les signaux faibles
32:41qui sont
32:42plutôt alarmistes
32:43pour le pouvoir
32:44parce que
32:44de plus en plus
32:45de personnes
32:45commencent à critiquer
32:47ouvertement Poutine
32:48y compris
32:49les ministres
32:49y compris
32:50les députés
32:51y compris
32:51des blogueurs
32:52y compris
32:53les blogueurs
32:54ce qu'on appelle
32:54les Z-blogueurs
32:55ça veut dire
32:56les blogueurs militaires
32:57qui accompagnent
32:59l'armée russe
33:00sur le terrain
33:01et en gros
33:02en fait
33:02la sociologie
33:03dit que
33:04la Russie
33:05n'est pas
33:06pour cette guerre
33:06mais le pouvoir
33:07fait comme si
33:08la Russie
33:09l'était
33:10et donc
33:10est-ce que Poutine
33:11est conscient
33:12qu'en réalité
33:13parce que
33:14si vous prenez
33:14la Russie
33:15140 millions
33:16d'habitants
33:16vous avez bien évidemment
33:17de 20 ou 30 millions
33:19de personnes
33:19qui vivent
33:20sur la guerre
33:21ce sont les familles
33:22enfin ce sont
33:23les militaires
33:23qui sont sur le front
33:24ce sont les familles
33:25de ces militaires
33:26qui en profitent
33:27vous avez l'industrie
33:28militaire
33:28qui produit
33:29toutes les choses
33:30l'économie russe
33:31actuellement
33:32c'est 40%
33:33du budget
33:33de l'état
33:34la chose militaire
33:36officielle
33:36ça veut dire
33:37non officielle
33:38c'est peut-être
33:3960%
33:40donc en fait
33:40la Russie
33:42est en économie
33:43de guerre
33:43en état
33:44de guerre
33:44mais c'est aussi
33:46sa faiblesse
33:47je voulais justement
33:48Sandrine
33:48vous faire réagir
33:49là-dessus
33:49parce que là
33:50on est quasiment
33:51au bout de 5 ans
33:53de guerre
33:53en Ukraine
33:54on a une économie
33:55russe
33:56qui repose
33:56essentiellement
33:57sur l'effort
33:58de guerre
33:58une économie
33:59de guerre
33:59ça c'est une économie
34:01qui est un peu
34:01en trompe-l'œil
34:02non ?
34:02oui mais c'est un pays
34:03qui peut tenir longtemps
34:04parce que pour plusieurs raisons
34:05d'abord
34:06il y a encore
34:06un fonds souverain
34:07un fonds souverain
34:08ce sont des réserves
34:09financières contrôlées
34:11par l'état
34:12le plus grand
34:13à titre d'exemple
34:13le plus grand
34:14fonds souverain au monde
34:14c'est le fonds souverain
34:16norvégien
34:172000 milliards de dollars
34:18et puis après
34:18vous avez les pays
34:19du Golfe évidemment
34:20la Russie a vu
34:22son fonds souverain
34:23réduire
34:24sans jeu de mots
34:24c'est pas le réchauffement
34:25climatique
34:26réduire de beaucoup
34:27mais il reste encore
34:28un fonds souverain
34:28donc ça ça permet aussi
34:29de financer l'effort de guerre
34:30et puis on ne le dit pas souvent
34:32mais c'est un pays
34:32qui est très peu endetté
34:33en France
34:34on parle beaucoup
34:35de la dette
34:35la dette en France
34:36elle dépasse 100%
34:37du PIB
34:38en Russie
34:39c'est 20%
34:39voilà
34:40de l'ordre de 20%
34:42donc ça veut dire
34:42qu'il y a une capacité
34:44d'endettement
34:44de la Russie
34:45donc ça fait aussi
34:46une possibilité
34:47de réserve financière
34:48que pourrait utiliser
34:49la Russie
34:49alors après
34:50je ne sais pas
34:50qui accepterait
34:51de prêter
34:52à la Russie
34:52c'est un autre sujet
34:54on se souvient
34:54des emprunts russes
34:55qui n'ont pas été
34:56remboursés
34:57le Japon est endetté
34:58à 295%
34:59après la Russie
35:02c'est un pays
35:02qui doit vivre
35:03dans une inflation
35:04très forte
35:04oui mais c'est un pays
35:05qui peut tenir
35:06qui a des réserves financières
35:07qui peut tenir
35:07encore quelques années
35:09oui malheureusement
35:10malheureusement
35:11un pays qui a l'air insolite
35:13et je voulais vous faire réagir
35:14Steven peut-être
35:14sur ce sujet
35:15j'ouvre encore une parenthèse
35:16mais l'effet miroir
35:18de comment une population
35:21peut soutenir son dirigeant
35:22dans une guerre
35:23qu'il est en train
35:23de mener
35:25aux Etats-Unis
35:26est-ce que les Américains
35:27soutiennent en ce moment
35:28Donald Trump
35:30dans la guerre
35:31qu'ils mènent en Iran
35:31ben non
35:32c'est lamentable
35:34mais je voulais juste ajouter
35:35quelque chose
35:36sur cette capacité russe
35:39par rapport à cette diplomatie
35:41par rapport aux Etats-Unis
35:42qui est chaotique d'ailleurs
35:44mais Poutine veut faire croire
35:47par exemple
35:48à Witkopf et Kouchner
35:49et d'autres
35:50que la victoire russe
35:51est inévitable
35:52donc ces propos
35:54ces chiffres
35:55vont dans ce sens
35:56de tenter de convaincre
35:58que de toute façon
35:59il faut mettre pression
36:00sur l'Ukraine pour céder
36:01parce que regardez
36:02on a toute cette résilience
36:04cette capacité
36:05et on va gagner
36:06donc cette discussion
36:07a fait
36:08sur les démarches
36:10politiques étrangères
36:12vis-à-vis des Etats-Unis
36:13je voudrais rebondir
36:14pardon du coup
36:15je voudrais rebondir
36:16par rapport à ça
36:17parce que vous savez
36:17ce qu'on dit
36:18ce qui s'est passé
36:19la dernière fois
36:19lorsque Witkopf
36:20et surtout
36:22Jared Kushner
36:22qui était en Russie
36:24et donc Poutine a dit ça
36:25il nous faut encore deux mois
36:26et on va écraser l'Ukraine
36:28et on dit que Kushner
36:29lui a répondu
36:30vous nous avez dit ça
36:32il y a un an
36:33et il fait du progrès
36:35alors
36:36Kushner
36:36voilà
36:36Miko
36:37ici ce qui est intéressant
36:38c'est qu'aujourd'hui
36:39la structure pyramidale
36:41de l'oligarchie russe
36:42fait que
36:43si la Russie
36:44n'exploite pas
36:45sa zone arctique
36:46l'économie russe
36:47ne pourra pas justement
36:48conserver cette profondeur
36:49industrielle et stratégique
36:50dont vous parliez
36:51à l'instant Sandrine
36:52parce que
36:52de fait c'est sur cette base là
36:54aujourd'hui
36:54l'Arctique représente
36:55déjà plus de 20%
36:56du PIB russe
36:57en temps de guerre
36:58c'est sur ça
36:59que se base
37:00le modèle économique
37:01et surtout le modèle
37:02du régime russe
37:03or
37:04on voit que les Ukrainiens
37:05à mesure
37:06qu'ils développent
37:07justement des drones
37:07de plus en plus puissants
37:09et surtout de plus en plus
37:10capables
37:10de pouvoir aller loin
37:12ils commencent
37:13à pouvoir toucher
37:13cette zone arctique
37:14on l'a vu l'année dernière
37:15avec des premiers
37:17bombardements
37:17sur la péninsule de Kola
37:18donc la partie la plus arctique
37:20à l'ouest
37:20du territoire russe
37:22frontal de la Norvège
37:23et de la Finlande
37:23là
37:24tout ce dont on a parlé
37:25tout à l'heure
37:25avec Vostok Oil
37:26le GNL
37:27dans la péninsule de Yamal
37:28la péninsule de Taïmir
37:29c'est encore un petit peu loin
37:30c'est au-delà
37:31des 3000-3200 kilomètres
37:32de rayons
37:33dont les Flamingos
37:34les FP5
37:35de chez Firepoint
37:37en Ukraine
37:37qu'ils sont capables
37:38d'aller toucher
37:39donc il y a besoin
37:40d'un effort extra
37:42côté ukrainien
37:43pour aller toucher
37:43ces infrastructures là
37:44et de fait
37:46c'est dans cette partie
37:47du sub-arctique
37:49à la frontière
37:49entre l'Arctique russe
37:50et ce qui n'est pas
37:50l'Arctique russe
37:51à la frontière
37:52entre la partie sibérienne
37:53et la partie véritablement
37:54Arctique occidental russe
37:55que peut se jouer
37:56une partie du destin
37:57de l'économie russe
37:59à ce stade
37:59et il y a un secteur
38:01qui va être clé
38:02parce que c'est le secteur
38:03qui ramène aujourd'hui
38:04le plus d'argent
38:05à la Russie
38:06de l'export
38:07c'est évidemment
38:07ce secteur énergétique
38:09et le secteur des minerais
38:10et en particulier
38:11on va en reparler
38:11le secteur du gaz naturel
38:13liquéfié
38:13là on va en arriver
38:15à cette question
38:16quand même toujours
38:18vertigineuse
38:19mais jusqu'où
38:22jusqu'où l'Occident
38:23peut aller taper
38:24ses points de vulnérabilité
38:26stratégique
38:27sachant que
38:28l'entourage
38:29de Poutine
38:31agite de plus en plus
38:33le spectre
38:33de l'hypothèse
38:34d'une frappe tactique
38:36de l'emploi
38:37d'une bombe tactique
38:38est-ce que ça c'est un
38:39c'est voilà
38:41personne n'a de boule
38:41de cristal
38:42mais selon vous
38:43et votre expérience
38:44est-ce que l'emploi
38:45d'une bombe tactique
38:46pour essayer de
38:47se sentant trop aculé
38:49essayer de siffler
38:50la fin de la récré
38:51c'est une hypothèse
38:52qu'il faut quand même
38:53garder dans un coin de la tête
38:55et prendre au sérieux
38:56ou pas ?
38:56C'est une question
38:57tout ce qui peut détruire
38:59la planète entière
39:00est à prendre au sérieux
39:01et entre la Russie
39:03possède 45%
39:04du potentiel nucléaire
39:05mondial
39:06les Etats-Unis
39:07les autres 40%
39:0947%
39:09il y a
39:10l'Institut de Stockholm
39:11qui vient de publier
39:12les chiffres
39:13de cette année
39:15et qui sont alarmants
39:16parce que
39:17dans le cadre
39:18de Start 3
39:19les Américains
39:20et les Russes
39:21avaient le plafonnement
39:22à 1550
39:24têtes nucléaires
39:26déployées
39:26sur les 700 vecteurs
39:29jusqu'à il y a deux ans
39:30actuellement
39:31le rapport
39:32est à
39:341796
39:34têtes nucléaires
39:35russes
39:36déployées
39:37ça veut dire
39:37prêtes à l'emploi
39:38à n'importe quel moment
39:39et 1770
39:40américaines
39:41ça augmente
39:43d'ailleurs
39:43chez les Chinois
39:44ça a augmenté
39:44aussi
39:44chez les
39:45chez les Coréens
39:46du Nord
39:46et ça a augmenté
39:47aussi
39:47chez les
39:49les Indiens
39:49Poutine a utilisé
39:51la question
39:51de nucléaire
39:52vous savez
39:52le 24
39:54février
39:552022
39:55j'étais sur le plateau
39:56d'une chaîne
39:57concurrente
39:57où j'ai pour la première
39:59fois parlé
40:00de l'arme
40:02tactique nucléaire
40:03on a ouvert les yeux
40:05en disant
40:06taisez-vous
40:06on ne prononce pas
40:07le mot nucléaire
40:08sur les plateaux
40:09depuis
40:10donc en fait
40:11j'ai publié deux livres
40:13sur la guerre
40:13en Ukraine
40:14où j'ai développé
40:15cette question
40:18et en fait
40:19Poutine
40:20utilise ça
40:20à chaque fois
40:21lorsqu'il est en mal
40:22sur le terrain
40:23de guerre conventionnelle
40:24lorsqu'il y a des sanctions
40:26qui sont programmées
40:27à chaque fois
40:28il sort
40:29cette menace nucléaire
40:30il vient de sortir
40:31hier
40:32dans le fameux
40:33discours
40:34sur le club
40:36think tank
40:37Valdaï
40:38qui n'est plus
40:39à Valdaï
40:40qui était à Soutchi
40:41maintenant c'est à Moscou
40:42d'ailleurs c'est assez marrant
40:43parce qu'en fait
40:44il a transporté de Soutchi
40:45à Moscou
40:45parce qu'il craignait
40:47les drones ukrainiens
40:48qui l'empêcheraient
40:49la tenue
40:50de ce club
40:51mais à chaque fois
40:52il nous fait peur
40:53et le problème
40:54c'est qu'en fait
40:54ils ont changé
40:55la doctrine militaire
40:56nucléaire russe
40:57la doctrine nucléaire
40:58a changé depuis 2010
41:00trois fois
41:01et en fait
41:03les armes nucléaires
41:04sont les armes
41:05d'emploi
41:06en Russie
41:07contrairement à tout
41:08ce qu'on raconte
41:08ça veut dire que
41:09la doctrine nucléaire russe
41:10prévoit
41:12que
41:12non seulement
41:13ces armes
41:14seront employées
41:15si jamais
41:16il y a une guerre
41:17avec un état nucléaire
41:18ce qui est la plupart
41:19du temps
41:19pour les autres pays
41:21mais aussi
41:22contre les états
41:23qui ne sont
41:24si
41:26en fait
41:26la Russie
41:27est menacée
41:28dans son existence
41:29donc si la question
41:30d'existence
41:30existentielle
41:31est posée
41:32et
41:33c'est une doctrine
41:34qui a été assouplie
41:35qui était très assouplie
41:36et dangereusement
41:38assouplie
41:38et donc
41:39Poutine en gros
41:40en fait
41:40dans son discours
41:41il disait
41:41que si vous nous menacez
41:43par exemple
41:43à Kaliningrad
41:44si vous bloquez
41:44ne serait-ce que
41:45la région de Kaliningrad
41:46en fait
41:47il nous menacait
41:48de nous mettre
41:49les armes nucléaires
41:50le problème pour Poutine
41:51c'est que
41:52je crois
41:53qu'il croit
41:54qu'il possède
41:55des armes
41:55qui lui permettront
41:56de gagner
41:57dans une guerre nucléaire
41:58et c'est une faute grave
41:59qui peut le pousser
42:01à des choses
42:01dangereuses
42:03et il y a quelque chose
42:05aussi
42:05c'est que
42:05en fait
42:06il met cette question
42:09en permanence
42:11comme si
42:12les autres pays
42:12n'allaient pas répondre
42:14d'ailleurs
42:14dans le
42:15on a quand même
42:18la France
42:20la Grande-Bretagne
42:21qui a fait
42:22des discours
42:23stratégiques
42:24qui sont quand même
42:24extrêmement rares
42:25et qui propose
42:26à d'autres pays alliés
42:27de se ranger
42:28sous le parapluie français
42:28et non seulement
42:29le discours
42:30la France
42:32et les Etats-Unis
42:33actuellement
42:33proposent le parapluie nucléaire
42:35à chacun
42:36de son côté
42:37c'est ça
42:38pour qu'on se la donne
42:39c'est pas exactement
42:39c'est une question
42:41attention
42:41la disposition nucléaire
42:42avance
42:42il y en a un
42:45qui a la décision finale
42:46c'est
42:47ça reste la France
42:48vous avez parlé
42:49de la doctrine
42:51qui est abstrait
42:51sur papier
42:53on parle de la
42:54possible
42:55où se trouve
42:57la fiabilité
42:59de l'arme nucléaire
43:00de la Russie
43:00parce qu'il y a
43:01discussion sur
43:02la possibilité
43:02que c'est une arme
43:04assez vétuste
43:05et on ne peut pas
43:05compter dessus
43:06qu'est-ce qu'on peut dire
43:07en fait
43:08on n'en sait rien
43:09si on sait
43:10on ne le dit pas
43:11parce que bien évidemment
43:12ça aussi
43:12c'est les questions
43:13stratégiques
43:14dans la question nucléaire
43:16c'est souvent aussi
43:17le non-dit
43:18qui compte
43:18beaucoup plus
43:19que les dits
43:20comme les docteings
43:21sur papier
43:22d'ailleurs
43:22il y a
43:23beaucoup de
43:24chercheurs
43:25qui disent
43:25que l'arme nucléaire
43:26est soviétique
43:27et donc
43:28les 5600
43:30têtes
43:30que la Russie
43:31possède
43:31en réalité
43:32ils sont tombés
43:33en dissuétude
43:34rien ne marche
43:35etc
43:36mais bon
43:36vous savez
43:37une seule tête
43:38c'est déjà quelque chose
43:39mais Poutine
43:40a perdu
43:40et ça c'est important
43:41a perdu le moment
43:42ça veut dire
43:43que s'il avait utilisé
43:44contre l'Ukraine
43:45une arme tactique
43:46en début de cette guerre
43:47ça aurait produit
43:48un effet absolument
43:49abominable
43:50et à mon avis
43:50on aurait pu
43:51ça nous aurait fixé
43:54le monde entier
43:55même si
43:56Poutine
43:56serait devenu
43:58aurait été devenu
44:00une personne
44:01infréquentable
44:02mais c'est le moment
44:02où les américains
44:03ont aussi menacé
44:04une frappe conventionnelle
44:05massive
44:06aussi
44:06et le temps
44:08mais je crois
44:09qu'actuellement
44:09il a perdu le moment
44:11j'aimerais quand même
44:12revenir sur cette question
44:13d'efforts de guerre
44:15d'économie de guerre
44:16russe
44:16on voit que
44:17Vladimir Poutine
44:18est au taquet
44:19pour essayer de muscler
44:20son armée
44:21et trouver des débouchés
44:22des relais de croissance
44:22est-ce que nous
44:23côté OTAN
44:24alliés européens
44:25est-ce qu'on est
44:27au rendez-vous
44:28si vous regardez
44:29l'Europe de la défense
44:30les industriels
44:31qui essayent
44:31de répliquer
44:33de faire de l'Europe
44:34une mosaïque
44:35de modèles ukrainiens
44:37industriels en tout cas
44:38est-ce qu'on est au rendez-vous
44:40je vais vous donner
44:40quelques exemples
44:41d'abord c'est vrai
44:42qu'il y a cette peur nucléaire
44:43mais il y a aussi en premier
44:44dans les pays de l'OTAN
44:44la peur d'une agression
44:45plus classique
44:47par exemple
44:47je suis allée
44:48depuis le déclenchement
44:50des hostilités
44:51on va dire en Ukraine
44:51je suis allée deux fois
44:52dans les pays baltes
44:53en Lettonie
44:54et en Lituanie
44:55pour étudier un projet
44:56dont on ne parle plus
44:57qui était gigantesque
44:58qui était un projet
44:59Rail Baltica
44:59c'était
45:01il a pris 10 ans de retard
45:02l'idée c'était
45:03de relier la Pologne
45:04aux pays baltes
45:05par des trains à grande vitesse
45:06ça devait être énorme
45:06bon là voilà
45:08première fois que je suis allée
45:09on me disait
45:09il n'y a pas de danger
45:10parce qu'on ne va pas être envahi
45:13la Russie
45:13s'enlise déjà
45:14sur le front ukrainien
45:15là la dernière fois
45:16que je suis retournée
45:17il y avait une vraie peur
45:17et donc ce projet
45:18comme d'autres projets
45:19sont passés un peu
45:20à la trappe
45:21et l'effort
45:22effectivement
45:23des puissances européennes
45:24par exemple
45:25de la Pologne
45:26par exemple
45:26de tous les pays
45:27qui sont proches
45:27de la Russie
45:28c'est d'augmenter
45:29le budget défense
45:30les budgets défense
45:30ils ont explosé
45:31ce qui n'est d'ailleurs
45:32pas forcément négatif
45:33pour notre économie française
45:34parce que la France
45:35c'est un grand
45:37mais évidemment
45:37ça explose
45:38ils sont tous rehaussés
45:39je n'ai pas les chiffres
45:39mais tous ces budgets défense
45:41traditionnels sont rehaussés
45:42dans tous les pays de l'Europe
45:42c'est un carréant
45:43pour l'économie
45:44oui Mico
45:45très très court
45:46parce que concernant
45:47Rail Baltica
45:47c'est un sujet
45:48que je suis notamment
45:49par rapport à la question
45:49de qu'est-ce que
45:50Rail Baltica peut permettre
45:51aussi de construire
45:52comme infrastructure énergétique
45:53et de fait
45:54ce qui est intéressant
45:55c'est de voir que
45:55Rail Baltica
45:56même s'il y a un glissement
45:57effectivement en termes
45:58de délai
45:59et on a déjà 40%
46:01de la ligne principale
46:02qui est construite
46:02donc aujourd'hui
46:03on a un cas assez particulier
46:05où il y a une construction
46:06qui avance
46:07il y a un projet
46:07qui est bien là
46:08qui continue
46:09mais pour autant
46:10la géopolitique
46:11est en train
46:12de rendre sa finalisation
46:15véritablement
46:15des difficiles
46:16mais pour le coup
46:17la construction continue
46:18et ce sera un beau projet
46:19à terme
46:19parce que ça permettra
46:20d'acheminer du matériel
46:21de guerre plus haut
46:22ça permettra
46:23de désenclaver ces pays
46:24ça permettra
46:26de faire
46:27effectivement
46:27transiter l'énergie
46:28et peut-être de prendre
46:29le relais
46:29d'un énorme réseau
46:31d'oléoducs
46:32qui date de la guerre froide
46:33qui à l'époque
46:33la menace s'arrêtait
46:34en Allemagne
46:35et aujourd'hui
46:35l'idée c'est de continuer
46:36à ramener
46:38d'utiliser
46:39ces oléodiques
46:40là où s'est déplacée
46:42la menace
46:42quelques centaines
46:43de kilomètres
46:43plus à l'est
46:44sauf que
46:45l'endroit par lequel
46:46le rail passe
46:46c'est les souvalkis
46:48forcément
46:49parce que c'est
46:49les 100 kilomètres
46:51qui relient
46:51la Lituanie
46:52et la Pologne
46:52et si jamais
46:53les russes
46:54et les biélorusses
46:55frappent à cet endroit là
46:57le rail est fini
46:58et donc
47:00il y a quand même
47:01la fragilité
47:02aussi géopolitique
47:04et géostratégique
47:05de ce projet
47:06malheureusement
47:06voilà
47:07cette vulnérabilité
47:08enfin en tout cas
47:09ce corridor de souvalki
47:10que le monde découvre
47:12que vous vous connaissiez déjà
47:13depuis bien longtemps
47:14on va terminer
47:15avec vos cartes blanches
47:17respectives
47:17des articles
47:18des médias
47:18que chacun
47:19a choisi
47:20de son pays d'origine
47:21respectif
47:21je commence avec vous
47:22Sergueil
47:23vous avez choisi
47:24un article
47:25sur
47:26qui évoque
47:27l'état de lucidité
47:28des élites russes
47:30oui
47:30parce qu'on se pose
47:31la question
47:32est-ce que Poutine
47:32sait tout
47:33est-ce que les gens
47:34autour de lui
47:36connaissent la situation
47:37réelle en Russie
47:38et géopolitique
47:40et il y a une fuite
47:41qui est survenue
47:43ces jours-ci
47:44en fait il y a
47:45un groupe de hackers
47:46qui a volé
47:48le contenu
47:49de mail
47:50d'un certain
47:51monsieur Babich
47:52qui est un haut fonctionnaire
47:53de Russie
47:54et on a découvert
47:56en fait
47:56ils ont mis
47:57sur le réseau
47:59quelques échanges
48:00avec Dmitri Peskov
48:01qui est le porte-parole
48:02de Kremlin
48:02on ne garantit pas
48:03que c'est véridique
48:05mais en fait
48:06quand même
48:07quand on regarde
48:08on a quand même
48:10on a peu de doutes
48:12et donc
48:13en réalité
48:14ce qu'on constate
48:16c'est les échanges
48:17sur
48:20le push
48:21de Prigogine
48:22en 2023
48:23et la situation
48:24actuelle
48:25et en réalité
48:25quand on lit ça
48:26on comprend
48:27que Peskov
48:28approuve
48:28en fait
48:29les critiques
48:30qui sont au Poutine
48:31ça veut dire
48:31que l'élite
48:32autour de Poutine
48:33est consciente
48:34de la difficulté
48:35et des difficultés
48:36de la catastrophe
48:37économique
48:38que Poutine a créée
48:40mais
48:41l'interdition
48:42d'en parler publiquement
48:43et ça c'est très intéressant
48:45un article
48:46a retrouvé
48:47donc
48:47dans la
48:49plusieurs articles
48:50qui ont évoqué
48:51ce sujet
48:51suivant
48:52dans quelle langue
48:52vous lisez
48:53mais aussi
48:54sur Yahoo
48:54on peut lire
48:55en anglais
48:55Sandrine
48:56vous avez choisi
48:57alors c'est intéressant
48:58un poste
48:59que vous nous avez envoyé
49:00de l'ambassade de France
49:01qui commémore
49:02la révolution hongroise
49:04de 1956
49:04Exactement
49:05alors c'est
49:07le journal
49:07France Soir
49:08qui date
49:10d'octobre
49:111956
49:12un journal
49:12que les moins de 20 ans
49:13ne peuvent pas connaître
49:14et effectivement
49:15c'est un anniversaire
49:17funeste
49:18mais très important
49:18puisque
49:19octobre 1956
49:20c'était
49:21l'insurrection
49:23hongroise
49:24contre l'occupation russe
49:25qui a malheureusement
49:26été
49:27réprimée
49:28j'en profite
49:28pour dire que
49:29le 23 octobre
49:30c'est une des dates
49:31de fête nationale
49:32de la Hongrie
49:32c'est un pays
49:33qui a une particularité
49:34à souligner
49:36c'est un pays
49:36qui a trois dates
49:37de fête nationale
49:38il y a trois fêtes nationales
49:39en gris
49:39en octobre
49:40en mars
49:41et en août
49:42c'est celle de mars
49:43le plus souvent
49:44c'est celle de mars
49:45mais il y a une fête nationale
49:46le 23 octobre
49:47on pourrait essayer
49:48d'en rajouter deux
49:48en France
49:50Mico
49:50vous avez choisi
49:51un article
49:51de Juno Indépendant
49:53le journal local
49:53de Juno
49:54la capitale de l'Alaska
49:56on en a parlé
49:57sur BFM Business
49:58un investissement
49:59record
50:00annoncé par Trump
50:00cette semaine
50:01et oui
50:02un investissement
50:02dont on a beaucoup parlé
50:04trop
50:04mais en fait
50:05beaucoup trop
50:05effectivement
50:07la bulle a éclaté
50:08oui parce qu'en fait
50:09au Canada
50:10au Canada
50:10en Alaska
50:11il y a une forme
50:12de concurrence
50:12bien sûr
50:12sur la question
50:13du gaz naturel
50:14liquéfié
50:14et il y a un acteur
50:15qui est clé
50:15c'est la Corée du Sud
50:16la Corée du Sud
50:17c'est le troisième
50:18importateur mondial
50:19de gaz naturel liquéfié
50:20plus de 46 millions
50:21de tonnes par an
50:22et la Corée du Sud
50:23cherche à investir
50:24bien sûr
50:25dans des infrastructures
50:26de GNL
50:26sur la côte pacifique
50:27et là
50:28on a au Canada
50:29un grand investissement
50:30Canada LNG
50:31plus de 22 milliards
50:32de dollars
50:33d'un côté
50:33et Alaska LNG
50:34côté
50:35Alaskien
50:35donc évidemment
50:36sur la partie nord
50:37l'Arctique
50:38de l'Alaska
50:3843 milliards
50:40il y a quelques années
50:41maintenant on parle
50:42de 54 milliards
50:43Donald Trump a dit
50:44vous allez voir
50:44ce que vous allez voir
50:45dans le cadre
50:45de mes accords
50:46avec la Corée du Sud
50:46les Coréens vont mettre
50:47les 54 milliards
50:48en réalité
50:49les Coréens
50:50c'est-à-dire
50:50les ministères
50:51en l'occurrence
50:51ont corrigé
50:52Donald Trump
50:53quelques heures plus tard
50:53en disant très clairement
50:54attendez
50:55la géopolitique
50:56elle est très claire
50:56on est intéressé
50:57mais la bancabilité
50:59du projet
50:59elle est incertaine
51:00donc quand vous nous aurez
51:01prouvé
51:01la commerciabilité
51:02la viabilité
51:03la bancabilité
51:04de ce projet
51:04là on mettra
51:05peut-être
51:05les 54 milliards
51:06et encore
51:06c'est pas sûr
51:07je pense que c'est
51:08un élément
51:09à rajouter
51:09au 10 248
51:11ou je ne sais pas quoi
51:12allégation fausse
51:13que recense
51:14le Washington Post
51:14chez Donald Trump
51:15depuis son premier
51:18bordat
51:18et le Juno indépendant
51:20donc Juno
51:20c'est la capitale
51:21de Alaska
51:21donc regardez
51:22la presse locale
51:23aussi dans ces régions
51:24allez
51:24dernière carte blanche
51:25Steven Echowicz
51:26tu as un article
51:26du New York Times
51:27sur Trump
51:28qui lorgne le capital
51:29des géants
51:30de l'intelligence artificielle
51:32oui et pour les démocrates
51:33c'est une ironie délicieuse
51:35parce que Trump
51:35est constamment en train
51:37de fustiger les démocrates
51:38comme des communistes
51:39des socialistes
51:40des marxistes
51:41et c'est lui
51:42qui nationalise
51:43les entreprises privées
51:45américaines
51:45le dernier bilan
51:46de Forbes
51:47que votre public
51:48doit connaître très bien
51:49est qu'on est
51:50déjà une trentaine
51:51d'entreprises privées
51:53nationalisées
51:54par la maison blanche
51:55de Trump
51:56mais au-delà de ça
51:57ce sont souvent
51:59des entreprises
52:00de haute technologie
52:01les technologies
52:01les plus récentes
52:02et les plus prometteuses
52:05et donc je veux
52:06relier cet article
52:08américain
52:08à des propos
52:09d'un peuple
52:10américain
52:11parce que dans son
52:12encyclique récent
52:13il parle de cette
52:15conjugaison
52:16entre maîtrise
52:17de technologie
52:18et d'ailleurs
52:19démocratie
52:20c'est encyclique
52:21de points
52:22toutes nos valeurs
52:23d'ailleurs
52:23de démocratie
52:24libérale
52:25donc qu'est-ce qu'il dit
52:27il dit
52:27si les technologies
52:29sont en effet
52:29des incarnations
52:31de nos valeurs
52:32de nos désirs
52:33il faut que
52:34à la base
52:35que le public
52:36soit capable
52:38de discuter
52:40et d'agir
52:41en concertation
52:42avec toutes ces technologies
52:43il ne faut pas
52:44laisser ces décisions
52:45aux puissantes
52:45qui risquent
52:47d'encaisser
52:47d'empocher
52:48pas seulement
52:49des profits
52:50mais aussi
52:50des pouvoirs
52:51et ce que dit
52:52Léon XIV
52:52c'est
52:52il faut
52:53désarmer l'IA
52:54ça c'est aussi
52:55le maître mot
52:56désarmer les mots
52:58qui est au coeur
52:59de cet encyclique
53:01du pape américain
53:03merci beaucoup
53:03en tout cas
53:04à tous nos experts
53:04sans frontières
53:05Sandrine Weiss
53:06journaliste franco-hongroise
53:07spécialiste du commerce
53:08international
53:08Miko Blujon-Méret
53:10chercheur au Canada
53:11Sergei Djerneuf
53:12ancien officier du KGB
53:13russe vivant en France
53:14avec le statut
53:15de réfugié
53:16et puis Steven Ekovitch
53:17professeur de sciences
53:18politiques et d'histoire
53:19à l'université américaine
53:20de Paris
53:21très beau week-end
53:22à tous
53:22à la semaine prochaine
53:23sur BFM Business
53:23bien sûr
53:25les experts sans frontières
53:27sur BFM Business
53:28Sous-titrage Société Radio-Canada
53:30Sous-titrage Société Radio-Canada
53:31Sous-titrage Société Radio-Canada

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