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  • il y a 7 mois
La bascule du système monétaire international est déjà en marche depuis plusieurs années. Entre tensions géopolitiques, montée en puissance des BRICS et perte de confiance dans le dollar et l’euro, de nombreux signaux faibles annoncent une recomposition profonde de l’économie mondiale.
Dans cette émission de Politique & Eco, nous recevons Bernard Monot, économiste politique, vice-président du Cercle national des économistes et ancien député européen.
Il analyse les transformations en cours : dédollarisation progressive, retour de l’or dans les échanges internationaux, fragilités des dettes occidentales et stratégies économiques de long terme des grandes puissances.
👉 Les BRICS peuvent-ils réellement contourner le dollar ?
👉 L’or redevient-il un actif stratégique central ?
👉 L’Europe et la France sont-elles préparées à un choc monétaire majeur ?
Une émission de décryptage économique pour comprendre les rapports de force réels qui structurent le monde de demain.

A la suite de "Politique & Eco", retrouvez la chronique financière de Philippe Béchade intitulée :"En 2026, la valeur des monnaies devrait chuter fortement".

Philippe Béchade est rédacteur en chef de La Chronique Agora et La Lettre des Affranchis aux @Publications Agora :
https://www.youtube.com/channel/UCGEU07FoKKAqLSg4PpMj0kQ

Pour télécharger gratuitement le dernier rapport de Philippe Béchade :
https://signups.lachroniqueagora.com/X9905A09

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Transcription
00:00Générique
00:02...
00:03Bonjour à tous et bienvenue dans Politique et éco.
00:22Notre invité va nous dévoiler dans un instant
00:25les dessous de ce qu'il appelle la troisième guerre mondiale monétaire.
00:30Il est économiste politique, vice-président du Cercle National des Économistes,
00:35ancien député au Parlement européen.
00:37Il se qualifie de patriote français pro-Eurasie.
00:41Son dernier ouvrage, l'Eurovision pour les peuples,
00:45de l'Europe fédérale à l'Europe des patries,
00:48le patriotisme ou la banqueroute,
00:50chez Muller Édition, Bernard Monod.
00:52Bonjour.
00:53Bonjour.
00:53J'en profite pour vous souhaiter la bonne année.
00:56Je pense qu'on va en avoir besoin avec tout ce qu'on va évoquer.
00:58et puis surtout la paix et la santé,
01:02comme disent les Corses, patché et saluté.
01:04– Merci Bernard, bonne année à vous aussi.
01:06– Et pour vos éditeurs aussi.
01:07– Évidemment.
01:08Alors ce coup de force de Donald Trump,
01:10Bernard Monod au Venezuela,
01:12a mis encore un peu plus en lumière
01:14la rivalité entre les États-Unis et la Chine,
01:17partenaire économique de Nicolas Maduro.
01:21Vous voyez ici une illustration,
01:24je le disais tout à l'heure,
01:25de ce que vous appelez la troisième guerre mondiale monétaire
01:28qui couve, vous l'expliquez dans vos travaux,
01:31depuis quatre ans,
01:32une guerre entre les BRICS et l'Occident,
01:35les États-Unis en particulier,
01:37puisque dans le reste de l'Occident,
01:38il n'y a plus grand-chose.
01:39Pourquoi la monnaie est-elle au centre du jeu ?
01:42– Il s'est passé beaucoup d'événements depuis 2020
01:46qui convergent aujourd'hui vers un choc systémique,
01:52probablement pour 2026,
01:54que personnellement j'annonce depuis longtemps,
01:56notamment dans le livre que vous avez cité,
01:58le patriotisme ou la banqueroute.
02:00Et donc il y a un élément qu'il faut avoir bien en tête
02:03pour vos auditeurs et pour la compréhension générale,
02:07c'est que nous avons perdu 33% par an
02:10de valeur de l'euro par rapport à l'or.
02:1433% c'est un chiffre assez important
02:17et voire un peu fatidique,
02:18c'est-à-dire que c'est l'hyperinflation,
02:21c'est la définition de l'hyperinflation,
02:23c'est 33% d'inflation par an pendant trois ans.
02:27Et c'est exactement ce qui s'est passé
02:29puisque depuis les trois dernières années,
02:31l'euro par rapport à l'or a perdu 97%,
02:34à la date où je vous parle aujourd'hui,
02:37c'est environ 97%.
02:38Donc on est dans cette définition de l'hyperinflation.
02:42Ça, il faut bien l'avoir en tête.
02:44Donc les explications sont assez nombreuses.
02:50Eh bien le bouclier national,
02:53pour éviter la banqueroute de l'Occident,
02:58eh bien c'est qu'on a constaté un effondrement silencieux
03:01du dollar et de l'euro,
03:04le pétrodollar qui agonise,
03:06l'or survit tant bien que mal,
03:08mais vous avez vu, enfin je vous ai donné les chiffres,
03:11la démolition de la France est orchestrée par l'Union Européenne
03:14qui est vassalisée par rapport aux Etats-Unis,
03:17et puis la Chine l'emporte face aux USA,
03:20sur l'échiquier international.
03:21Donc voilà un petit peu la configuration générale
03:25et les constats qui sont faits.
03:27Les causes principales de cette situation,
03:29eh bien c'est le sur-endettement qui est chronique en fait
03:33des Etats-Unis et de l'Occident de manière générale,
03:36qui se fait accompagner par une inflation
03:39qui détruit la valeur réelle des devises dont on vient de parler.
03:42Et puis il y a la perte de confiance totale dans le dollar,
03:45notamment, vous avez évoqué le bloc des BRICS,
03:47rappelons Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud,
03:51et puis des autres pays alignés,
03:53dont l'Arabie Saoudite, l'Éthiopie, l'Égypte, l'Iran, etc.
03:59Et donc qui subissent des sanctions,
04:02notamment la Russie a subi des sanctions occidentales
04:05et en particulier américaines,
04:07et lorsque les avoirs en dollars à l'étranger,
04:14hors Russie, ont été gelés,
04:18ça a été fatal pour les Etats-Unis,
04:21parce que ça a envoyé un signal à l'ensemble des pays du monde
04:23en disant, si nous avons des excédents de change en dollars,
04:28tôt ou tard, si on n'est pas aligné sur les Etats-Unis,
04:30on sera sanctionné également.
04:32Donc c'est une répression financière.
04:34– Vous dites que cette troisième guerre mondiale monétaire
04:37couvre depuis quatre ans.
04:39Qu'est-ce qui s'est passé à l'origine ?
04:40– Eh bien c'est le déclenchement, ce que je vous dis là,
04:45avec les sanctions qui ont été liées notamment depuis 2022
04:50avec la guerre en Ukraine.
04:52Donc ça a été un prétexte pour les Etats-Unis d'imposer,
04:56et puis l'Union Européenne alignée sur les Etats-Unis,
04:58d'imposer ces sanctions.
05:00Et ça, ça a été, comme je vous le disais,
05:01ça a été fatal pour l'avenir du dollar.
05:04Alors il y a également autre chose,
05:07c'est que la balance commerciale des Etats-Unis
05:10est de plus en plus déficitaire.
05:13Et donc Trump a pris les dernières mesures
05:15que vous avez connues en 2025.
05:20La première, c'est la hausse unilatérale des droits de douane.
05:23– 14,5.
05:24– Voilà, qui finissent à peu près à 14,5
05:25après les négociations, etc., en moyenne,
05:28pour l'ensemble des pays.
05:30Et puis la baisse volontaire du taux de change du dollar,
05:32environ 13% par rapport à l'euro depuis l'année dernière.
05:35Donc un dollar faible permet d'exporter plus
05:38et donc de rééquilibrer la balance commerciale.
05:40– Donc tout cela mènerait, selon vous,
05:42vous l'expliquez, à un choc systémique dès cette année.
05:46– Il a déjà commencé.
05:47Quand je vous dis que l'euro a perdu 97%
05:51par rapport à l'or depuis trois ans.
05:53– Oui, mais ça, c'est depuis trois ans.
05:54– Le cheminement, le cheminement.
05:55– On peut s'attendre à quelque chose,
05:56une déflagration cette année ?
05:58– Alors, avant ça, je voudrais parler
06:01de la montée en puissance des BRICS.
06:03Les BRICS ont un poids économique
06:05qui est de plus en plus important
06:06et la bascule s'est faite en 2022-2023,
06:10avec un poids économique qui est supérieur maintenant
06:13à celui de l'Occident.
06:14Et puis la population mondiale,
06:17qui aujourd'hui est majoritaire
06:19donc dans les pays des BRICS,
06:22où le poumon du monde aujourd'hui
06:24se situe en Asie-Pacifique,
06:26avec une influence,
06:28une zone d'influence très importante économique.
06:30– Est-ce que vous pouvez nous expliquer,
06:32ça c'est très important ?
06:32– Bernard Monod, pourquoi le projet mondialiste
06:35s'est finalement retourné contre l'Occident ?
06:37– Parce qu'il y a eu trop d'excès, en fait, américain,
06:42trop de surendettement, comme je vous le disais.
06:45Les États-Unis, aujourd'hui, c'est 38 000 milliards de dollars
06:47de dettes publiques et privées,
06:49avec la Réserve fédérale américaine
06:53qui pilote, en fait, le dollar
06:54et puis les taux d'intérêt des obligataires,
07:00eh bien, ils sont en train de perdre le contrôle.
07:02Donc, les taux sont en train de remonter,
07:05c'est bien pour ça que Trump demande à Powell,
07:07le président de la Réserve fédérale américaine,
07:10de diminuer les taux directeurs
07:12pour faire baisser, effectivement, les taux obligataires.
07:15Parce que la tendance, maintenant,
07:16ils sont à 4,5, on va dire, à 10 ans,
07:18la tendance est de passer à 5, 5,5, 6, voire 7 %,
07:21et là, c'est une rupture totale,
07:24c'est le mur de la dette.
07:26Et le mur de la dette, il est très important à comprendre
07:30que la partie est terminée, en fait, pour eux.
07:33Et ils le savent, c'est bien pour ça
07:34qu'ils commencent à remontrer les dents
07:36au niveau de leur expansion.
07:39Vous voyez bien que Trump,
07:41étant à une peur panique, maintenant, de la Chine,
07:44et puis du pouvoir des BRICS,
07:46et qu'il a pris conscience que les terres rares,
07:49donc les matières premières,
07:51les richesses naturelles,
07:53sont capitales pour garder ce monopole.
07:57– Revenons un petit peu à ce qui s'est passé
07:59il y a quelques jours en Amérique latine.
08:02Vous comparez le coup de force de Trump au Venezuela
08:05à l'Irak, à la Libye.
08:08Quel parallèle économique est-ce que vous voyez
08:10entre ces trois situations ?
08:12– Le dénominateur commun, c'est toujours le pétrole.
08:14Il y a toujours un bon prétexte pour les États-Unis
08:17qui a adossé, il faut quand même rappeler la technique,
08:21depuis 1971-73,
08:24les États-Unis ont adossé leur monnaie, le dollar,
08:28sur le pétrole.
08:29Donc c'est du pétro-dollar.
08:30– Non plus à l'or, mais au pétrole.
08:32– L'or c'était entre Bretton 1, Bretton Wood 1,
08:36donc 1944-1971.
08:391971 c'est Bretton Wood 2,
08:43avec la fin de la convertibilité du dollar en or.
08:46Et donc depuis 50 ans,
08:49nous sommes dans cet étalon pétro-dollar en fait,
08:53et qui est en fait l'arme absolue pour les États-Unis.
08:56Donc pour avoir du collatéral pétrole,
09:00il faut aller en chercher.
09:00– Mais justement, Donald Trump maîtrise la monnaie
09:05avec le dollar,
09:08on sait que la majorité du commerce pétrolier se fait en dollars.
09:12Pourquoi a-t-il besoin en plus d'aller contrôler les matières premières,
09:16alors qu'il a déjà le contrôle de la monnaie ?
09:17– Mais justement, il est en train de perdre le contrôle,
09:20puisque les BRICS, que ce soit la Russie,
09:22que ce soit les autres pays comme le Brésil,
09:26comme la Chine également,
09:28ont des quantités de matières premières
09:31et de richesses naturelles très importantes.
09:35Et puis, ils ont une capacité maintenant de drainer vers eux,
09:41notamment l'Australie,
09:43puis qu'ils ont passé des contrats pour les minerais de fer en yuan.
09:47Donc ça, c'est un pavé dans la mare des États-Unis,
09:51c'est-à-dire que le dollar n'a plus la suprématie
09:55dans les échanges commerciaux mondiaux,
09:57donc c'est d'ailleurs en train de baisser.
09:59Idem dans les réserves,
10:01les réserves de change dollars sont en train de diminuer,
10:04avec un seuil dangereux de 50%,
10:07si ça passe en dessous de 50%,
10:08il y a une rupture définitive du pétrodollar,
10:12et ça, les Américains le savent.
10:14– Vous le voyez vraiment condamné, le pétrodollar, in fine ?
10:17– Ah ben, il est déjà à l'agonie.
10:19Toutes les manifestations,
10:21les gesticulations de Trump aujourd'hui
10:23sont une manifestation de la troisième guerre mondiale monétaire
10:27dont je vous parle,
10:29avec les sous-jacents qui sont le pétrole en premier,
10:32et puis toutes les autres matières premières,
10:34le cobalt, le platine, l'argent,
10:39le lithium, etc., la cuivre,
10:42ils en ont besoin pour maintenir leur suprématie
10:45et leur hégémonie du dollar.
10:47– Mais à quoi conduirait une perte de confiance totale
10:50dans le pétrodollar au niveau de l'économie américaine ?
10:54– Ils perdent le monopole, la suprématie auprès de tout l'Occident,
10:59et voire même par rapport aux BRICS eux-mêmes.
11:03C'est bien pour ça que les BRICS,
11:04depuis, je vous l'ai dit tout à l'heure,
11:06le gel des avoirs en dollars de la Russie,
11:10eh bien ça a été un séisme,
11:14un coup de tonnerre en fait dans le monde entier,
11:17dans tous les pays de l'ONU.
11:20Il y a quand même 193 pays avec énormément de gens
11:23qui commercent en dollars,
11:25et ça c'est rédhibitoire en fait.
11:27Donc ils se sont tirés une balle dans le pied,
11:30et donc aujourd'hui les BRICS se sont organisées,
11:34mais il y a bien longtemps,
11:35c'est depuis 2009 que les BRICS ont commencé à acheter de l'or sur le marché occidental,
11:42en silence, discrètement,
11:44et puis ils l'ont mis de côté,
11:46et maintenant ils sont en phase de pouvoir révolutionner le système monétaire international,
11:54et les Américains le savent,
11:55c'est bien pour ça qu'ils sont en mode belliqueux,
11:58et que depuis le 1er janvier, vous voyez ce qui se passe,
12:01Venezuela, alors je ne sais pas si j'ai répondu à votre question,
12:03mais en fait, oui, le Venezuela contient plus de 300 milliards de barils.
12:10– Oui, c'est la plus grande réserve, oui.
12:13– Prouver, hein, prouver.
12:13– Oui, prouver, entre guillemets,
12:15il y a des gens qui contestent justement le fait
12:17qu'il y ait autant de pétrole dans le souterrain.
12:21– Moi j'ai un graphique qui a été fait il y a déjà pas mal de temps
12:24qui atteste en fait de ça,
12:27c'est un gisement très important,
12:29et ce qui les a inquiétés,
12:30c'est les relations entre le Venezuela, la Chine et la Russie,
12:34depuis déjà plusieurs années,
12:36car la Chine a déjà investi 67 milliards d'euros en fait de développement
12:43pour pouvoir avoir en contrepartie justement les matières premières,
12:47les richesses naturelles, etc., dont le pétrole,
12:50et justement les sanctions contre le Venezuela de la part des États-Unis
12:54ont essayé d'enrayer ce phénomène de coopération commerciale
13:01et diplomatique avec le Venezuela.
13:04D'où le kidnapping de Maduro, enfin la méthode…
13:08Enfin c'est des pirates, c'est des méthodes de pirates.
13:10Donc, alors où est la souveraineté des nations dans tout ça ?
13:15Bon, voilà.
13:16Donc, voilà la situation,
13:19donc les Chinois ne vont pas laisser faire,
13:20parce qu'en contrepartie, ils ont dans leur zone d'influence Taïwan,
13:25et Taïwan est le pays qui produit environ presque 62% environ
13:31des puces, les fameux semi-conducteurs.
13:35C'est la production mondiale,
13:36c'est à peu près de deux tiers de ces ressources
13:41qui sont très importantes pour toute la technologie américaine,
13:44pour toutes les grandes entreprises du numérique et technologique américaine,
13:50Apple, etc., etc.
13:53Donc, s'il vous plaît, l'enjeu est majeur,
13:55et en fait c'est là que les Chinois tiennent les États-Unis.
13:59Je pense que sur l'échiquier international,
14:02je pense que les États-Unis ont déjà perdu.
14:05Son action sur le Venezuela est un fiasco,
14:08de mon point de vue, la Véran-Bruns vous le dira.
14:11Parce que, je vous dis, d'après nos informations,
14:17la Chine aurait fait un ultimatum jusqu'à avant janvier,
14:24qui leur demandait de cesser les sanctions contre le Venezuela,
14:28parce que du coup, les livraisons de matières premières
14:32ne se font pas auprès de la Chine et de la Russie,
14:35et donc ils ont réagi.
14:36Et donc, le deal, c'est attention,
14:39si tu continues à mettre des sanctions sur le Venezuela,
14:44nous, nous allons commencer à annexer Taïwan
14:48et à bloquer, à faire un blocus sur les semi-conducteurs.
14:51Et ça, c'est fatal.
14:52– Vous l'évoquiez un petit peu tout à l'heure, Bernard Monod,
14:55cette stratégie de Trump,
14:58on le voit parler du Groenland,
15:01de l'Iran, avec certaines menaces sur le régime de Téhéran.
15:06C'est quoi sa stratégie économique, au fond, à Donald Trump ?
15:10– C'est la piraterie internationale
15:13pour maintenir la suprématie
15:15et le monopole du dollar,
15:18annexer, en fait, le maximum de ressources pétrolières,
15:22puisque, encore une fois, le pétrole est adossé,
15:25enfin, le dollar est adossé au pétrole,
15:28et ça, c'est vital pour eux,
15:29c'est un étalon, en fait, monétaire,
15:31qui leur donne leur suprématie et leur puissance.
15:35Et maintenant, ils sont obligés d'en passer aux menaces militaires
15:39pour pouvoir maintenir cette suprématie.
15:41Donc, c'est un acte de faiblesse, en quelque sorte.
15:44– Oui, c'est une fuite en avant.
15:46– Oui, à mon avis, c'est une faiblesse
15:51qui cache, en fait, l'effondrement réel des États-Unis,
15:56quoi qu'on en dise, d'après les statistiques officielles, etc.,
15:59de croissance.
16:00Toute la croissance de l'Occident est achetée
16:02par l'endettement, le sur-endettement, etc.
16:05Ce n'est pas pour rien qu'en France,
16:06nous allons dépasser les 3 500 milliards d'euros de dettes en fin d'année.
16:11Les déficits, n'en parlons pas, déficits budgétaires, commerciaux,
16:16enfin, on est dans le rouge partout.
16:18Donc, tout ça est artificiel, c'est un château de cartes
16:20– Oui, on entendait le président Trump, fin 2025,
16:23nous dire qu'il était un génie,
16:24parce que, finalement, la croissance américaine
16:27était plus importante que ce qu'on avait imaginé auparavant.
16:31– Achetée par le dollar, le pétrodollar,
16:34et financée par le monde entier,
16:36grâce à leur arme suprême, qui est le dollar.
16:39Donc, en fait, c'est central.
16:42Notre arme, à nous, ça pourrait devenir l'or,
16:45comme le fait le Bix aujourd'hui.
16:46– Alors, on va y venir, justement,
16:48puisque vous êtes un spécialiste de l'or, Bernard Monod,
16:52mais avant 2025, pour vous, à marquer sur ce que représentent
16:57les BRICS, cette organisation internationale,
16:59avec le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud,
17:03et d'autres qui s'ajoutent, cette année 2025,
17:06à constituer un point de rupture.
17:09Alors, expliquez-nous pourquoi.
17:10– La rupture, elle est tectonique, on va dire.
17:15Quand vous représentez plus de la moitié de la démographie mondiale,
17:21donc les dix pays des BRICS,
17:24avec une trentaine de pays qui demandent à rentrer
17:29et à s'aligner sur l'organisation des BRICS,
17:33vous représentez un poids économique,
17:34un poids démographique qui est considérable.
17:37Donc, le seul point faible, c'est qu'ils ont des monnaies,
17:41je dirais, nationales,
17:43qui fait qu'ils sont obligés de commercer entre eux
17:46dans leur monnaie nationale.
17:47Donc, ils sont en train de trouver un système.
17:49Je vous en parlerai, si vous voulez, dans un moment.
17:52Et donc, la rupture, elle est déjà faite
17:57parce que les États-Unis, encore une fois, ont perdu la partie.
18:01La stratégie ne marche plus.
18:04Ils se sont organisés sans nous.
18:05Et l'accélération et les provocations contre la Russie,
18:09qui datent depuis 25 ans, ce n'est pas nouveau.
18:13On sait bien qu'aux frontières de la Russie,
18:16dans les pays de l'Est,
18:18il y a une multitude de bases de l'OTAN et américaines.
18:22On l'apprend d'ailleurs qu'il y a aussi une base au Groenland.
18:26Donc, ils ont déjà pillé là-bas.
18:28Mais ce qu'ils veulent, c'est l'acquérir, être propriétaire,
18:30pour pouvoir exploiter l'ensemble des richesses naturelles.
18:34Donc, je crois qu'il y a un ras-le-bol général, maintenant,
18:38des États-Unis, contre les États-Unis, de la part de l'ensemble du monde.
18:44Et que ça risque de nous amener à une escalade.
18:48Si Trump ne fait pas profil bas, dans un certain moment,
18:55enfin, d'ici la fin de 2026,
18:58je pense qu'il peut y avoir une escalade militaire importante avec la Chine.
19:02Sachant qu'ils ont une flotte extrêmement puissante,
19:04peut-être même la première...
19:05– Oui, et qui reste inférieure à celle des États-Unis pour le moment.
19:08– Oui, mais en tout cas, ils ont une armée de fantassins
19:09qui est, elle, la première du monde.
19:11Donc, je pense qu'il a pris bien entraîné.
19:15– Oui, on nous parle de la prise de Taïwan par la Chine
19:19qui s'intéresse à ses semi-conducteurs.
19:21On en parle depuis des années.
19:23– C'est déjà fait.
19:24– Pourquoi ? Dites-nous, expliquez-nous pourquoi.
19:26– Écoutez, quand vous avez un blocus de centaines de navires autour de Taïwan,
19:31que vous bloquez le détroit entre Taïwan et la Chine,
19:35que vous contrôlez la mer de Chine, y compris les flux maritimes
19:40entre l'Atlantique, enfin le Pacifique et l'Atlantique,
19:45donc vous contrôlez un point névralgique.
19:49Donc, c'est déjà fait.
19:50Et ça, les Américains le savent très bien.
19:52Donc, c'est bien pour ça qu'ils restent dans leur couloir, je dirais.
19:57Le plan Trump, c'est First America, mais Nord et Sud,
20:01c'est-à-dire au-delà des États-Unis, c'est le Canada au Nord,
20:04le Groenland et au Sud, l'Amérique du Sud, dont le Venezuela.
20:09– Le Venezuela, justement, Bernard Monod exportait 80% de son pétrole vers la Chine.
20:16Ces exportations vont maintenant être remises en question avec ce qu'a fait Trump.
20:21Est-ce qu'on peut imaginer dès aujourd'hui ce que va être la réponse financière chinoise
20:26et plus largement d'ailleurs celle des BRICS dans leur contestation du pétrodollar ?
20:31– Ils ont une créance de 67 milliards d'euros.
20:33Ils sont, avec le Venezuela, en contrepartie de ce qu'on disait tout à l'heure,
20:38de contrats d'échange, de matières premières, etc.
20:41Donc, payables…
20:42Alors, surtout, ce qui a mis en colère, en fait, les États-Unis et Trump,
20:46c'est qu'en fait, le Venezuela ne commerçait plus en dollars, mais en yuan.
20:51Donc, ça, c'est le crime de la majesté.
20:54C'est une déclaration de guerre.
20:55– On en revient tout à l'heure…
20:57– Avec la Libye.
20:58– La Libye, l'Irak.
21:00– Le dinar or, oui.
21:01– Etc., etc.
21:02Et tous les autres pays.
21:03La Syrie, il n'y a pas si longtemps.
21:06– Saddam Hussein qui voulait faire du pétrole, vendre son pétrole en euros.
21:09– Absolument.
21:10Et puis, en tout cas, tout sauf le dollar, tout sauf le pétrodollar.
21:14Et puis, ça leur a coûté la vie, tant à Saddam Hussein qu'à Kadhafi.
21:20Voilà, donc, ils ne font pas de quartier.
21:22– Et sur la stratégie chinoise à l'égard des États-Unis,
21:25vous me disiez qu'en préparant cette émission,
21:28que les États-Unis avaient commencé à vendre la dette américaine.
21:32– Oui, c'est un des facteurs…
21:34– Que les Chinois avaient commencé à vendre la dette américaine.
21:38– C'est un des facteurs de rupture.
21:40C'est-à-dire qu'il y a un mouvement de dédolarisation générale qu'on évoque.
21:45Et un des éléments, c'est effectivement la vente de la dette américaine
21:49détenue par les Chinois depuis très longtemps,
21:53depuis une trentaine, une quarantaine d'années.
21:56Il y avait à peu près un stock de 1 200 milliards de dollars.
22:00Je crois que cette année, en 2025, ils en ont vendu 180 000.
22:03Il reste à peu près 590 000 milliards de dollars.
22:06Mais 2026, 2027, ils peuvent continuer jusqu'à shorter complètement
22:12l'ensemble de la dette américaine.
22:15Et donc ça, si vous voulez, ça veut dire que tout ce qui n'est pas détenu par d'autres
22:19doit être détenu par les États-Unis pour compenser.
22:21Donc il y a un problème de refinancement des États-Unis
22:23avec des taux qui vont être en augmentation.
22:26C'est pour ça que je vous parlais du mur de la dette tout à l'heure.
22:28Et avec des taux qui vont être à 5, 6, 7.
22:32Et là, c'est rupture avec un krach obligataire rampant
22:36qui va emporter tout l'Occident.
22:39– Ce krach obligataire, on en parlait avec Philippe Béchade.
22:42D'ailleurs, il m'expliquait que ce krach obligataire
22:45pourrait venir du Japon.
22:46Est-ce que vous partagez son opinion ?
22:48– Pourquoi le Japon ?
22:50– C'est un des facteurs, justement, de rupture là aussi.
22:54C'est que depuis 30 ans, le Japon était le souffre-douleur
22:59un petit peu occidental des marchés spéculatifs occidentaux.
23:03C'est-à-dire que comme ils avaient une dette
23:05avec des taux d'intérêt à zéro,
23:08chaque fois qu'ils émettaient de la dette,
23:10c'était acheté par notamment les États-Unis
23:12et les banques d'affaires américaines de Wall Street.
23:14Et ils faisaient ce qu'on appelle le carry trade.
23:16C'est-à-dire qu'ils empruntaient à zéro au Japon
23:22et puis ils le remettaient sur le marché aux États-Unis
23:27avec des taux à 3,50, 4%, etc.
23:31Donc ce qu'on appelle le spread, l'écart entre zéro et 3,5,
23:34eh bien il était au bénéfice des détenteurs de la dette.
23:39Voilà, donc c'est fini puisque le Japon a mis fin à ce mécanisme-là
23:45et puis que les taux en plus de ça remontent aussi au Japon.
23:48Donc voilà, c'est un des phénomènes financiers aggravant.
23:53Mais on est dans cette phase de dédolarisation
23:55où il va falloir qu'ils fassent tourner de plus en plus la planche à billets,
24:00ce qui va détruire la valeur du dollar.
24:02Et puis inéluctablement, les États-Unis vont perdre la main.
24:07– Je pense que c'est très important de comprendre, Bernard Monod avec vous,
24:12cette stratégie chinoise contre les États-Unis.
24:15On a vu une baisse du dollar ces derniers mois.
24:18Et en parallèle, des autorités chinoises qui veulent un yuan plus fort.
24:24Ce décalage, ce spread entre les deux monnaies,
24:28qu'est-ce que ça peut avoir comme conséquence, justement en faveur de la Chine ?
24:32– Là, c'est de la concurrence économique et monétaire sur les marchés d'échange.
24:38Donc, plus on baisse sa monnaie, plus on a une capacité d'export importante.
24:44Mais le problème de la Chine, ce n'est pas d'exporter, justement.
24:48C'est un modèle économique super producteur de manufacturier.
24:53Et ils ont une balance commerciale extrêmement excédentaire.
24:57Donc, leur problème, ce n'est pas ça.
24:58Leur problème, c'est d'avoir une monnaie d'échange dans la zone des BRICS,
25:04donc entre la Russie, l'Inde, la Chine, le Brésil et puis tous les autres pays,
25:10d'avoir une monnaie commune entre eux, dans laquelle ils puissent commercer hors dollar.
25:15Donc, ça fait partie du phénomène de dédolarisation générale,
25:19qui s'accélère de plus en plus, à la fois d'un point de vue obligataire,
25:23d'un point de vue du marché d'échange, vous l'évoquiez,
25:26entre le marché d'échange yuan et dollar.
25:29Mais aussi, il faut regarder la baisse du taux de change entre le dollar et l'euro.
25:36C'est là qu'on voit que l'euro se réapprécie.
25:39Mais enfin, ce sont deux monnaies qui sont en train de plonger, de toute façon.
25:45– Alors, vous êtes vice-président du Cercle national des économistes
25:49et vous dites à ce titre d'avoir découvert comment devrait se produire
25:53ce que vous appelez le grand reset financier de l'Occident.
25:56– Oui, alors le grand reset, c'est le forum économique mondial de Davos
26:04avec le fameux Klaus Schaub qui vantait la grande réalisation,
26:11enfin le grand reset.
26:13En fait, c'est une réalisation du système financier
26:17et qui est en train de se produire, notamment par deux phénomènes
26:22qui sont nouveaux, a priori, depuis 2025, 2026 et à venir.
26:27C'est le premier, c'est le séisme monétaire que lancent les BRICS.
26:33Ils sont en train de tester ce qu'ils appellent une monnaie synthétique,
26:38on va dire, qui s'appelle le unit.
26:40Le unit, c'est en fait un système de paiement entre eux,
26:43hors dollar, toujours, à préciser.
26:47Et à partir de là, si vous voulez, leur grande force,
26:52c'est que comme ils ont constitué des réserves d'or très importantes
26:55depuis, comme je vous le disais, depuis 2009, post-crise 2008,
27:00parce qu'ils ont tout compris à ce moment-là,
27:02eh bien, ils vont pouvoir mettre en place cette devise, on va dire,
27:10mais qui n'est pas concurrent au dollar,
27:11parce qu'ils ne veulent pas être une monnaie fiduciaire,
27:14ils ne veulent pas être une monnaie de réserve.
27:16C'est une unité de règlement.
27:17Une unité de règlement entre eux,
27:19donc basée à 40% sur un stock d'or physique d'or
27:23et également 60% d'un panier de devises,
27:29donc ce qu'on appelle les 5 R,
27:30donc le Riminbi, qui est en fait le Yuan,
27:33le Rande, le Rials, le Rouble et la Roupie.
27:38Donc, Inde, Brésil, Russie, Chine et, je ne sais pas qui joue,
27:45Afrique du Sud, voilà.
27:46Donc, les 5 R formeraient un panier,
27:49donc qui représentait 60% et de l'autre côté 40%.
27:52Voilà, et ça, si vous voulez, ça stabilise
27:56et ça donne une puissance, en fait, d'intervention
27:59au sein de leur zone d'influence.
28:03À ça, il faut rajouter le nouveau système
28:06que la Chine a développé, qui s'appelle le CIPS.
28:10C'est un système de paiement de règlement bancaire.
28:13– Alternatif à Swift.
28:14– Voilà, absolument, alternatif à Swift.
28:18Et puis, ils ont aussi un autre système pour le numérique,
28:21pour tout ce qui est numérique, qui s'appelle le BricsPay.
28:25Et donc, là aussi, ils ont prévu d'avoir des échanges
28:28de jetons numériques.
28:29Donc, si vous voulez, ils se sont organisés alternativement
28:33par rapport à l'Occident et ils n'ont plus besoin de nous.
28:36En réalité, c'est ça, en fait.
28:37Nous, on a besoin d'eux et de leurs ressources,
28:41mais l'inverse n'est pas vrai.
28:42– Alors, Bernard Monod, cette monnaie,
28:45enfin, cette nouvelle unité de règlement,
28:47plutôt appelée UNIT, a été lancée par les BRICS fin 2025.
28:52Vous expliquez dans vos travaux pourquoi elle a été conçue.
28:55– Alors, pour l'instant, c'est à l'étape de test.
28:59Mais les rumeurs vont vite.
29:01Et effectivement, les États-Unis doivent aussi avoir les renseignements
29:06que nous pouvons avoir également.
29:08Donc, en fait, tout repose sur l'or.
29:13C'est ça qui fait la puissance de ce nouveau système monétaire international.
29:17En quelque sorte, ils sont en train de réinventer le SMI 2.0,
29:23basé sur l'or, ce qu'avaient fait les États-Unis
29:27avec Bretton Woods en 1944,
29:30où ils avaient, en fait, adossé le dollar à l'or
29:34pour vendre au monde entier, en fait,
29:36que c'était du sérieux et que c'était crédible.
29:39Le seul problème, c'est qu'ils ont cassé leurs promesses en 1971
29:43avec le choc Nixon.
29:46Et que depuis, on est…
29:48Ça explique, entre parenthèses, en 1973,
29:50le choc pétrolier où, en fait, la valeur intrinsèque
29:54qui était figée dans l'or s'est translatée vers le pétrole.
29:59Et d'où l'étalon pétrole-dollar.
30:02Mais je pense que nous arrivons, comme je vous l'ai dit,
30:05le pétrole-dollar est à l'agonie.
30:06Nous arrivons à la fin de cette ère-là
30:09et qu'on est en train de passer dans un nouveau système monétaire international.
30:15– Vous dites le cycle pétro-or remplacera le pétrole-dollar.
30:19– Oui, c'est ça.
30:20Avec les solutions que proposent maintenant les BRICS,
30:23notamment le UNIT dont on vient de parler,
30:25eh bien, ce sera un pétrole-or où, en fait, les échanges…
30:31Alors, ça résume-tu…
30:32Quand on dit pétrole, ça résume aussi l'ensemble des matières premières,
30:36des fameuses terres rares, des ressources naturelles, etc.
30:40Il n'y a pas que le pétrole, mais c'est un étalon, en fait.
30:42– Mais est-ce qu'on ne peut pas imaginer les Européens et les Américains
30:47voyant ce que font les BRICS, à savoir acheter de l'or en masse,
30:52se dire « mais en fait, il faut en revenir à l'or ».
30:54Est-ce qu'on peut imaginer un dollar revenant à un adossement à l'or comme l'euro ?
31:00– Alors, votre remarque est juste parce qu'il se trouve que la BRI,
31:04la Banque des Règlements Internationaux,
31:06qui est en fait la banque centrale de l'ensemble des banques centrales,
31:10a lancé en fait une nouvelle règle à partir de 2026,
31:16c'est la règle BAL3, qui en fait remet au niveau d'un actif sans risque
31:24l'or qui était considéré depuis un siècle maintenant
31:27comme ce qu'on appelle en anglais le « community »,
31:30c'est-à-dire une matière première.
31:31En fait, c'est en train de reprendre son poids
31:34dans le bilan des banques occidentales,
31:39et donc d'être coté comme le cash, voilà.
31:43Et donc plus être coté à risque comme les actions, les obligations, etc.
31:48Donc ça, c'est un phénomène très important, structurant,
31:52qui va redonner les nets de noblesse à l'or.
31:56Et donc c'est un peu aussi une manière de revenir
31:59vers une réévaluation du prix de l'or de manière générale
32:02et peut-être même à terme à une réinstauration de l'étalent or.
32:06Ce qui sauverait probablement les États-Unis
32:08si on imaginait par exemple que le dollar
32:12qui est coté aujourd'hui à 42 dollars l'once
32:15officiellement passé au prix du marché,
32:19c'est-à-dire 4 600 dollars aujourd'hui,
32:21eh bien ça épurerait, ça éteindrait une bonne partie
32:24de leur dette publique.
32:25Et ça résoudrait, en tout cas dans la paix,
32:30de manière pacifique, l'épuration de leur dette
32:36qui est considérable, 38 000 milliards de dollars
32:39de dette publique, c'est plus contrôlable en fait aujourd'hui.
32:45Et donc…
32:45– Alors, vous avez lancé plusieurs idées
32:49pour sauver les meubles,
32:51pour sauver ce qui est encore sauvable en France.
32:54Vous préconisez en effet d'augmenter le stock d'or
32:59de la Banque de France pour servir de bouclier.
33:03Alors pourquoi ça nous éviterait une banqueroute
33:06de rajouter de l'or à notre stock d'or ?
33:09On en a 6 000 tonnes je crois, 3 000 tonnes en France ?
33:12– 3 486 tonnes de mémoire, officiellement.
33:18Et même si elles sont là physiquement,
33:19est-ce que ça n'a pas été donné en location à la Banque centrale,
33:23à des banques d'affaires américaines,
33:25ou en location, ou hypothéquées ?
33:28Donc on ne sait pas.
33:30Nous-mêmes, au Cercle national des économistes,
33:33nous avons écrit au gouvernement de la Banque de France en avril 2023.
33:38Nous avons écrit en mai dernier à l'Assemblée nationale,
33:42au Sénat et au président des commissions des finances
33:45du Sénat et de l'Assemblée nationale,
33:46et pour alerter sur ce concept-là,
33:50c'est-à-dire que l'or pourrait être un extincteur de dettes
33:54de manière douce,
33:56sans avoir à faire des politiques d'austérité,
33:59comme nous allons connaître à partir de 2026,
34:02à la demande notamment de Bruxelles, de l'Union Européenne.
34:06– Expliquez-nous.
34:06– Eh bien, ils n'ont pas répondu, aucune réaction.
34:10Ils ne comprennent pas les phénomènes fondamentaux,
34:13cette lame de fond de perte de richesse
34:16et de perte de contrôle et de puissance.
34:18Ils n'arrivent pas à trouver la solution.
34:20La solution, aujourd'hui, c'est de rehausser le stock d'or pour la France,
34:25pour éviter la banqueroute,
34:26car notre objectif, nous, au CNE,
34:28c'est d'éviter la guerre militaire
34:30et d'éviter la servitude des Français par rapport à la dette.
34:35Parce que sinon, on sera des esclaves par rapport à nos créanciers,
34:38que sont les grands fonds internationaux,
34:42Vanguard, BlackRock, Blackstone, etc.
34:45Donc, voilà, c'est éviter la servitude et la guerre.
34:49Donc, nous, ce que nous proposons, c'est se réapproprier,
34:53sanctuariser le stock d'or de la Banque de France.
34:55Et ça, c'est à la main du gouverneur de la Banque de France,
34:58qui s'appelle M. Villeroy de Gallo,
35:00qui nous a répondu poliment,
35:02mais qui n'a strictement rien fait depuis deux ans et demi.
35:05Et puis, les politiques ne comprennent pas,
35:09ils n'ont pas le niveau pour comprendre ce qu'il faut faire.
35:12Donc, nous, nous proposons ça.
35:14Et puis, il y a l'autre volet, c'est la paix.
35:17La paix et la prospérité.
35:19Et pour ça, ce que nous préconisons,
35:21c'est que la France, qui a un siège au Conseil de sécurité de l'ONU,
35:25annonce son statut d'État neutre et pacifique,
35:33autant bien diplomatiquement que militairement.
35:36Et puis, présente également sa candidature
35:39dans l'organisation des BRICS comme pays observateur.
35:42Ce qui permettrait d'avoir,
35:44que la France soit entre les deux blocs
35:46qui sont en train de s'affronter
35:47et de servir probablement d'arbitre,
35:49retrouver en fait la politique de De Gaulle des années 60.
35:52et d'être une puissance d'équilibre et indépendante surtout.
35:57Là, je peux vous dire que ce serait un séisme total politique.
36:01Mais aucun candidat à la présidentielle ne l'évoquera, vous verrez.
36:06– Oui, sur cette idée, Bernard Monod,
36:09d'extincteur de la dette que vous imaginez
36:12grâce au fait qu'on pourrait acheter de l'or
36:16et en remettre en stock dans les caves de la Banque de France.
36:20Expliquez-nous cette notion d'extincteur de dette.
36:22– Aujourd'hui, sur le marché international,
36:26l'or est exprimé en dollars,
36:30donc en ons et en dollars.
36:33Donc aujourd'hui, officiellement, c'est 42 dollars l'once.
36:38Imaginez que demain, ce soit la valeur du marché actuel
36:42qui est à 4 600 dollars l'once.
36:44Donc, le stock de la Banque de France qui est aujourd'hui,
36:50on l'a dit, 3 486 tonnes,
36:56qui on estime à peu près à 150 milliards,
36:58peut devenir 300, 500, 600, 700, 800 milliards en termes de valeur
37:04dans le bilan de la Banque de France,
37:06sachant que le stock d'or de la Banque de France appartient à l'État
37:10et donc appartient au peuple.
37:12C'est ça qui est très important à comprendre,
37:14c'est que c'est l'État qui a confié en dépôt à la Banque de France
37:19de conserver et de consigner cet or-là qui appartient à la France.
37:24C'est très important parce que c'est un moyen,
37:26un extincteur naturel de la dette publique
37:29sans avoir à faire des coupes sombres
37:31et une politique d'austérité réclamée par Bruxelles,
37:37comme je vous l'ai dit,
37:39comme ça a été le cas en Grèce, donc, il y a 15 ans maintenant.
37:43Et donc, ça éviterait, en fait, ce saccage social
37:46qu'ils sont en train de nous préparer
37:47et qui, depuis longtemps d'ailleurs, sur les retraites,
37:50sur l'assurance chômage, sur la sécurité sociale,
37:53la santé publique, etc.
37:54Donc, vous voyez, tous les enjeux,
37:56c'est géostratégique, en fait, d'augmenter son stock d'or.
38:00Nous, nous avons proposé au gouverneur de la Banque de France
38:03de revenir au niveau avant Sarkozy,
38:06qui est un super traître, c'est de la haute traite.
38:08– Qui avait vendu 600 tonnes d'or, je crois, aux États-Unis.
38:11– 600 tonnes, au total, sur les marchés.
38:13– Oui, au moment où l'or était assez bas.
38:16– Il était à 400 dollars l'once.
38:17Aujourd'hui, on est à 4 600 dollars l'once.
38:19Imaginez la perte de valeur, de moins-value latente,
38:23en fait, enregistrée sur ces 620 tonnes.
38:27Donc, c'est pour moi ce que j'appelle un crime économique
38:30qui relève de la haute trahison.
38:32Il n'y a pas eu que ça.
38:33Il y a eu la forfaiture avec le traité de Lisbonne,
38:36et puis il y a eu la réintégration de la France
38:38dans le commandement intégré de l'État.
38:39Enfin, c'est une succession de hautes trahisons
38:41qu'il a commises.
38:42– De l'OTAN, oui.
38:42– Voilà, mais moi, la plus importante,
38:45et ça date de 2004, où il n'était que ministre de l'Économie.
38:49Donc, il a fait l'inverse de ce que nous, nous voulons faire.
38:52Donc, revenir grosso modo à 3 100 tonnes,
38:54ça nous permettrait d'être encore plus forts
38:56et d'être une puissance qui compte, crédible,
39:00parce qu'il y a ce stock d'or très important.
39:03et ça, c'est fondamental, les brics l'ont compris.
39:07– Donc, de l'or dans les caves de la Banque de France
39:10pour, dites-vous, échapper à la banqueroute,
39:14mais vous dites aussi que si cette banqueroute advenait,
39:16elle aurait un effet salvateur pour la France.
39:19– Oui, parce que c'est un nombre de chocs, un électrochoc
39:24qui va faire changer la mentalité à la fois des politiciens…
39:30– Est-ce que vous en êtes bien sûr que ça puisse,
39:32les changer ?
39:34– À la fin de 1945, je pense que les gens avaient changé
39:38d'état d'esprit par rapport à 1940.
39:40Donc, peut-être qu'ils vont comprendre l'importance
39:43hyper stratégique de l'or comme acte politique.
39:48Vous savez, j'ai un slogan,
39:51« Comprends l'or et tu comprendras l'économie,
39:53la politique et l'histoire ».
39:55Voilà, ça c'est mon slogan.
39:57Et en fait, ça résume tout.
39:59Quand on a dit ça, ça résume tout.
40:01Ça veut dire que les gens ne connaissent pas leur histoire,
40:04ça veut dire qu'ils ne font de la mauvaise politique
40:06et ça veut dire qu'ils ne comprennent rien
40:08des fondements de l'économie.
40:09Voilà.
40:10Donc, la solution, c'est effectivement celle que propose
40:14le Cercle National des Économistes.
40:15Et la deuxième, mais qui est plutôt diplomatique et politique,
40:21c'est effectivement d'apparaître comme une nation,
40:25on va dire, non agressive, non belliqueuse,
40:29qui n'est pas alignée sur l'OTAN et les États-Unis
40:32et qui ne passe pas son temps à courir après tous les délires de Trump
40:36sur le Venezuela, sur l'Ukraine, sur le Groenland, etc.,
40:43l'Iran, etc.
40:44Vous êtes pour une France souveraine, on l'a bien compris,
40:47vous voulez faire de la France une force diplomatiquement neutre.
40:52Encore faudrait-il que la France récupère sa souveraineté.
40:56Est-ce que vous êtes pour le Frexit ?
40:58Pas du tout. J'ai basé tout mon livre sur, justement, le Bruxite.
41:04Moi, je propose une variante du Frexit,
41:07c'est-à-dire non pas sortir la France de l'Union européenne,
41:10mais sortir la Commission européenne de l'Europe.
41:15C'est elle qui fait un mal fou,
41:17c'est elle qui est aux ordres de l'ensemble des lobbies internationaux,
41:20dans tous les secteurs économiques.
41:23Et donc, l'objectif, pour moi, c'est de dégager Ursula von der Leyen,
41:29la Commission européenne,
41:31fermer le Parlement européen, qui ne sert strictement à rien.
41:34Pour avoir été député européen,
41:36je peux vous dire que je n'ai servi strictement à rien politiquement à mon pays.
41:40C'est bien pour ça que j'ai mis fin à mon mandat
41:43et que je suis retourné à mon métier.
41:46Et voilà, donc, une fois qu'on a compris ça,
41:49on peut faire beaucoup d'économies,
41:52parce que la France verse depuis 1992, quand même,
41:56des dizaines et des dizaines de milliards d'euros par an.
41:58On est à 28 milliards, je crois, en 2025, 2026,
42:02qui sont puisés, quand même, dans la production nationale
42:07et le PIB national pour pouvoir alimenter la Commission européenne.
42:10– On est contributeur net.
42:11– Contributeur net depuis l'origine.
42:13– Mais est-ce que vous imaginez complètement
42:16de sortir la Commission européenne de l'UE ?
42:20Il faudrait procéder à une épuration de tout le personnel,
42:23de tous les fonctionnaires européens.
42:25– Et alors ?
42:27– Vous pensez que ce choc systémique, justement,
42:29permettrait une prise de conscience
42:30qui ferait ce mouvement de dégagisme ?
42:33– C'est là que je prétends que la banqueroute sera salvatrice,
42:36parce que, moi, mon projet, il est prêt pour l'après-banqueroute.
42:39– Donc, le fameux Bruxite, c'est ce que j'appelle
42:42l'alliance eurasienne des nations, c'est le titre de mon projet,
42:47qui a été, entre parenthèses, repris par l'ERN,
42:50mais sans connaître les tenants et les aboutissants.
42:53Ils ne savent pas la mécanique qu'il faut mettre en place.
42:55Et donc, l'alliance eurasienne des nations
42:58comprend l'ensemble du continent boréal, dont la Russie.
43:02Donc, pour ça, il faut être en paix avec la Russie.
43:04– Et pouvoir bénéficier, ensuite, des échanges,
43:10remettre en place des coopérations, des échanges,
43:13leur acheter du pétrole, du gaz à des prix…
43:17– Défiant les prix des Américains, évidemment.
43:19– Largement, puisque le gaz, le GNL que l'on achète aux États-Unis,
43:24il est trois ou quatre fois le prix qui est sur le marché américain.
43:28Donc, bien entendu, qu'on surpaye tout, ce n'est pas pour rien,
43:30qu'on a de l'inflation, ce n'est pas pour rien
43:32que le chiffre que je vous ai donné tout à l'heure,
43:34pour commencer, c'est une inflation monétaire
43:37de 97% depuis trois ans de l'euro par rapport à l'or.
43:42– Mais une Union européenne sans la Commission européenne,
43:45à quoi cela ressemblerait ?
43:47Est-ce qu'on a connu dans le passé une organisation
43:51telle que celle que vous la décrivez ?
43:53– Bah oui, une collective.
43:55– C'était la CECA ?
43:57– Peut-être un peu plus évoluée que ça, quand même.
44:00Mais entre parenthèses, la CECA…
44:01– Vous voulez un comptoir commercial, en fait ?
44:03– Non, je veux une organisation qui pilote, en fait,
44:07la coopération entre l'ensemble des 27.
44:10Du coup, on pourrait voir revenir le Royaume-Uni parmi nous.
44:15Parce que si on leur vend un projet continental en paix, en prospérité,
44:20je pense que tous les peuples vont acheter ça.
44:22– Oui, mais enfin, ils ont cette attache économique avec les États-Unis
44:26qui les rend complètement indépendants.
44:29On connaît entre la CECA et Wall Street.
44:31– Vous savez, les ennemis d'hier peuvent devenir les ennemis de demain.
44:34On le voit d'ailleurs avec ce qui se passe entre les États-Unis
44:38et l'Union européenne aujourd'hui.
44:40ils font tout pour que l'Union européenne chute.
44:45Ils y arrivent très très bien d'ailleurs.
44:46Et puis, ils nous pillent toutes nos richesses.
44:49Moi, j'ai évalué dans mon bouquin, il y a six ans maintenant,
44:54250 milliards de richesses nationales qui fichent le camp tous les ans
44:58pour les fonds d'investissement américains, etc.
45:01– On est à un peu plus d'un an de la prochaine élection présidentielle en France
45:07et vous ne voyez personne dans le personnel politique
45:10susceptible aujourd'hui de sortir la France de l'ornière,
45:14même dans le camp souverainiste auquel vous appartenez.
45:18On l'a bien compris.
45:19Qu'est-ce qui leur manque selon vous ?
45:20C'est cette vision à la fois économique et politique
45:23et ce rapport à l'or fondamental pour vous ?
45:26– Souverainiste, patriote.
45:28Non, je ne vois personne.
45:29Objectivement, de temps en temps, je regarde ce que disent les uns,
45:32j'écoute ce que disent les uns et les autres, etc.
45:35Il n'y en a pas un qui parle des sujets dont je viens de vous parler
45:38qui sont fondamentaux, encore une fois.
45:41L'or et la paix et la position de la France dans le monde,
45:45à l'ONU notamment, personne n'aborde ces sujets-là,
45:49les deux mesures phares pour éviter la banqueroute.
45:53Donc, j'aimerais, on ne leur a écrit aucune réaction, aucune réponse.
45:57Donc, ils n'ont pas le niveau de compréhension des enjeux considérables
46:02auxquels nous nous faisons face.
46:03– Et de mesures, donc, augmenter la réserve d'or national
46:06et puis cette neutralité militaire et diplomatique.
46:09– C'est ça, c'est ça.
46:12Et donc, alors que faire maintenant au niveau des particuliers ?
46:16Parce qu'il y a l'État, mais au niveau des particuliers,
46:18je pense que, moi, je lance le dernier avertissement,
46:22acheter de l'or physique.
46:23C'est le seul moyen de vous éviter la ruine
46:26et puis la perte de votre niveau de vie que vous avez connu,
46:30mais que vous êtes en train de perdre.
46:32Donc, acheter de l'or physique, détenez-le hors de l'Union européenne,
46:36donc de la France.
46:38Il y a deux pays en Europe qui peuvent éventuellement faire de la conservation.
46:43C'est la Norvège et la Suisse.
46:44Moi, je préconise plutôt la Suisse parce qu'il y a une partie francophone
46:47et puis c'est à proximité de la France.
46:50Et surtout, ne détenez pas ça en France
46:53parce qu'on ne sait pas, ils peuvent passer des lois,
46:57comment dire, plus que liberticides,
46:59mais qui sont de la répression financière
47:03à venir spolier les gens qui détiendraient de l'or.
47:08Déjà qu'il y a des lois qui prévoient,
47:10donc la loi de l'Union bancaire européenne au niveau de l'Union européenne
47:14et la loi Sapin 2,
47:15qui prévoient de spolier en cas d'écroulement du système bancaire et financier,
47:21de spolier les particuliers et les entreprises d'ailleurs sur leurs dépôts
47:26comme ça s'est déjà produit à Chypre en 2013.
47:30Donc, tout est prêt.
47:31L'arsenal légal est prêt.
47:33J'en ai parlé dans mon livre.
47:34Je l'ai annoncé.
47:35Tout ce qui se produit à l'heure actuelle, je l'ai annoncé.
47:38Vox Clamentis in deserto.
47:40La voie dans le désert.
47:42Nul n'est prophète en son pays, pour en dire une autre.
47:46Mais moi, je ne suis pas inquiet de la banqueroute.
47:48Je pense qu'il y aura une prise de conscience générale
47:51et qu'ensuite, les patriotes, de manière générale,
47:55il peut y avoir des patriotes de gauche, du centre, de droite,
47:58peu importe, pour veut qu'ils soient dans la reconquête
48:03et pour rebâtir la France après l'effondrement.
48:06– Merci Bernard Monod d'avoir accepté notre invitation.
48:10Je répète à nos téléspectateurs le titre de votre ouvrage,
48:13« L'Eurovision pour les peuples de l'Europe fédérale
48:15à l'Europe des patries, le patriotisme ou la banqueroute ».
48:19Merci à vous tous de nous avoir suivis.
48:22Comme d'habitude, dans un instant, vous pourrez retrouver
48:25la chronique économique et financière de Philippe Béchade.
48:29Quant à nous, on se retrouve la semaine prochaine.
48:32Au revoir, salut.
48:32Bonjour et bienvenue pour ce rendez-vous de décryptage
48:58de l'actualité économique et géopolitique en mode affranchi.
49:01Je salue tous les abonnés de TV Liberté
49:04pour cet épisode que je vais intituler
49:07« On n'a plus d'eux, mais on a des bouchons attachés aux bouteilles ».
49:15La France s'enfonce chaque jour un peu plus dans le ridicule.
49:22Avant d'aborder la question des pénuries d'eux,
49:26j'aurais quand même signalé que la France reste un grand pays,
49:30puisque notre président a décidé d'envoyer des troupes au Groenland
49:37pour empêcher les Américains de s'en emparer.
49:41Oui, un contingent de 15 soldats français.
49:46De quoi faire tourner sur une patinoire une équipe de hockey avec ses remplaçants.
49:52On se demande bien ce qu'ils vont faire sur place,
49:55mais voilà, dans notre monde, tout est symbole.
50:01Le problème, c'est que ce qui symbolise véritablement la France,
50:04aujourd'hui, effectivement, c'est des pénuries d'eux.
50:08Alors surtout dans les magasins bio,
50:11il semblerait que ce soit vraiment compliqué aujourd'hui de produire des œufs.
50:16Mais même dans de nombreuses régions, les œufs commencent à manquer.
50:23C'était de la protéine pas chère,
50:26et c'est peut-être pour cela que la demande a un petit peu augmenté.
50:30Tandis que les poulaillers français ferment les uns après les autres,
50:35les producteurs étant découragés par la prolifération des normes
50:43et autres fantaisies administratives.
50:51C'est un peu inquiétant également pour l'industrie médicale,
50:56car oui, la plupart des vaccins sont fabriqués avec une mise en culture dans du blanc d'œuf.
51:04Et si la France manque d'eux,
51:07on pourrait aussi à un moment ne plus être en mesure
51:10de fabriquer autant de vaccins que nécessaires.
51:15Et que je le disais dans le titre,
51:17heureusement, nous avons cette avancée technologique majeure,
51:21des bouchons qui restent attachés aux bouteilles.
51:25Autrement dit, ni l'Asie ni l'Amérique
51:28ne sont encore au niveau de développement technologique et écologique de l'Europe.
51:38Soyons-en donc très fiers.
51:41Bon, c'est vrai qu'on ne trouve plus les mots
51:44pour arriver à décrire ce que devient la France.
51:48Un pays dont le niveau de vie moyen est en train de chuter dans la seconde moitié basse.
51:57Bientôt, l'Italie sera devant la France,
52:01si ce n'est déjà le cas au moment où j'enregistre.
52:03Et la Pologne nous talonne également,
52:06alors non pas en termes de richesse exprimée en nombre d'euros
52:11distribués par citoyens français,
52:13mais en termes de parité de pouvoir d'achat.
52:17C'est-à-dire qu'avec un salaire,
52:20mettons, de 1 000 € en Pologne,
52:23vous vivez beaucoup mieux qu'en France.
52:25Vous avez beaucoup plus de facilité à payer le loyer,
52:28votre facture d'électricité,
52:30la nourriture, les études des enfants et la santé.
52:33Voilà ce que c'est que la parité de pouvoir d'achat.
52:36Et la France est en train de s'enfoncer.
52:39Car oui, vous l'avez observé, évidemment,
52:41les loyers ne baissent pas.
52:42Mais la facture d'électricité, encore moins.
52:47Et ce n'est pas les 6 € qu'on nous retire à l'abonnement
52:51qui vont y changer quoi que ce soit.
52:54En réalité, il y a beaucoup de Français aujourd'hui
52:56qui ne peuvent plus se chauffer,
52:58ou très mal, ou juste une pièce.
53:02Allez, viendra peut-être bientôt le moment
53:05où on ne sera même plus capable d'allumer une cuisinière.
53:09Bon, à ce moment-là, si on manque d'eux,
53:10ce n'est pas grave, on n'aura plus de quoi faire des œufs durs.
53:14La France s'enfonce, s'enfonce.
53:17Et on continue de prétendre que l'inflation est quasi inexistante
53:22et que la France a un des taux les plus faibles d'Europe.
53:26Oui, mais si c'est pour avoir l'inflation la plus faible d'Europe
53:28et un pouvoir d'achat qui se casse la figure,
53:32franchement, quel est le gain pour le citoyen ?
53:37Et si on voulait vraiment démontrer que le niveau d'inflation
53:42n'est pas celui qu'on nous présente,
53:44enfin celui que nous indique la fiction statistique,
53:48regardez un petit peu aujourd'hui où en sont les métaux précieux.
53:53Un nouveau record sur l'or à 4 650 dollars l'once.
53:58Un nouveau record sur l'once d'argent à 93.
54:01Allez, encore 3 ou 4 séances et on sera à 100 dollars.
54:08Ce que ça nous dit clairement,
54:11c'est que le pouvoir d'achat anticipé des monnaies
54:15va probablement chuter fortement au cours des prochaines années.
54:18Pourquoi ?
54:19Tout simplement parce que les États-Unis sont déjà à 38 500 milliards d'endettement
54:24et devraient atteindre les 40 000 milliards d'ici fin septembre de cette année.
54:29Et en Europe, on va s'endetter, s'endetter
54:32pour augmenter nos capacités de défense
54:36avec de l'argent que nous n'avons pas,
54:39de l'argent qu'on va donc sortir, extraire de l'air ambiant.
54:42On va l'imprimer aux États-Unis.
54:44500 milliards de budget, défense supplémentaire d'ici 2027,
54:48là encore, c'est de l'argent emprunté.
54:51Donc ceux qui détiennent du dollar, de l'euro ou du yens font leur calcul.
54:56Oui, c'est de la relance ou de la survie à crédit.
55:02De la relance au Japon, j'en termine par là,
55:05puisque la Première ministre veut convoquer des élections législatives anticipées.
55:11Elle est au plus haut dans les sondages.
55:13Des élections conforteraient sa majorité
55:16et lui permettraient de mettre en place son mégaplan de relance,
55:21une sorte d'Abenomics sous stéroïde,
55:25un pays, aujourd'hui le Japon,
55:27que les investisseurs adorent,
55:29parce que là, au moins, il y a des perspectives.
55:31Pour vous remercier de votre fidélité,
55:34vous pouvez télécharger gratuitement notre rapport spécial
55:37qui contient 6 recommandations ingénieuses
55:40pour profiter de l'essor, de l'argent et de l'or.
55:43Il vous suffit de cliquer sur le lien en description
55:46pour l'obtenir gratuitement.
55:49Merci et à bientôt !
55:51Sous-titrage Société Radio-Canada
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