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  • il y a 2 jours
Le 15 juillet, alors que l’Assemblée nationale s’appretait à adopter l’euthanasie et le suicide assisté, Jean-Frédéric Poisson évoquait la pauvreté du débat parlementaire passé. Il revient sur les enjeux qui doivent être mis sur la table lors de la présidentielle de 2017 : y aura-t-il des élargissements ? L’euthanasie est-elle la porte ouverte au trafic d’organes ? La gestation pour autrui, autre sujet cher aux élites progressistes, sera-t-elle évoquée ?

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Transcription
00:03Générique
00:12Chers députateurs, bonjour.
00:14Notre nouveau Zoom d'été sur la bioéthique,
00:18sujet qui évidemment est déjà d'actualité avant même la campagne présidentielle
00:22avec les débats au cours des dernières semaines.
00:24Nous en parlons avec Jean-Frédéric Poisson.
00:26Jean-Frédéric Poisson, bonjour.
00:27Bonjour, merci de votre invitation.
00:28Jean-Frédéric Poisson, vous êtes le président du parti VIA.
00:31Vous avez été député quelques années.
00:33Vous avez aussi été à l'Assemblée nationale vice-président de la commission des lois.
00:37Alors évidemment, à l'Assemblée nationale se joue en ce moment un terrible débat.
00:42Nous enregistrons cet entretien le 15 juillet,
00:45c'est-à-dire quelques heures avant le vote solennel de la loi
00:49dite entre guillemets et de très grands guillemets
00:52« aide à mourir », le suicide assisté et l'euthanasie.
00:58Peut-on dire que pendant ces dernières semaines,
01:01les débats ont été à la hauteur d'un sujet aussi grave qu'il s'agit de vie humaine ?
01:06– C'est-à-dire, j'ai la même impression que lorsque le Parlement a été saisi,
01:10il y a plus de 30 ans, pour savoir si on pouvait protéger l'embryon humain par le droit
01:14et comment il fallait le faire.
01:16C'est-à-dire que le Parlement, en se saisissant,
01:20puisque c'est une proposition de loi,
01:22ce n'est même pas le gouvernement qui a demandé au Parlement de légiférer,
01:24c'est une auto-saisine d'une certaine manière.
01:26C'est-à-dire, la proposition de loi de mon collègue Falorni,
01:30qui est en train de poursuivre son trajet,
01:33est en fait une auto-saisine par le Parlement d'un sujet
01:35dont il ne devrait pas avoir à débattre dans un monde normal.
01:37C'est-à-dire que dans un monde normal,
01:40on accepterait la vie humaine comme un donné, intouchable,
01:44qu'on n'a pas le droit de manipuler, ni de sacrifier, ni de supprimer,
01:48ou de maltraiter, et on s'en tiendrait là.
01:51Et puis le reste, voilà, le cadre dans lequel on évoluerait,
01:53tout le reste pourrait être décidé à cette aune.
01:55C'est d'ailleurs ce que dit le Code pénal jusqu'à aujourd'hui.
02:00Jusqu'à aujourd'hui, il est interdit de tuer son prochain,
02:04sauf situation de légitime défense.
02:05Alors, j'ai bien conscience que l'avortement est entré dans la Constitution,
02:10que je ne veux pas rentrer dans ce débat-là,
02:11mais pour le commun des mortels, pas pour moi,
02:15mais pour le commun des mortels, l'embryon n'est pas une personne humaine.
02:18Le malade, en fin de vie, est une personne humaine.
02:19Tuer les embryons dans le ventre de leur maman, ça n'est pas un problème.
02:22Je répète que pour moi, c'en est un.
02:24Et plus que ça, alors que tuer une personne humaine sur son lit de mort,
02:26ça, c'est quand même problématique, parce que ça, c'est une vraie personne, entre guillemets.
02:29– En tout cas, aussi, de façon communément admise.
02:31– Voilà, c'est ça, et pas plus que ça.
02:33Mais néanmoins, c'est ce qui fait le cœur du débat public également.
02:35Or, sur cette affaire-là, sur le fait de pouvoir attenter
02:39à une vie humaine, d'une personne humaine,
02:42sans commettre une infraction,
02:45c'était impossible jusque-là.
02:46Le consensus était établi.
02:47Il est interdit de tuer.
02:49Et si on commence à intégrer dans le droit des exceptions à cet interdit de tuer,
02:56on met en danger la société tout entière.
02:58Ce qui répond d'ailleurs, pour conclure sur cette question,
03:02à un argument qu'on entend souvent de la part des promoteurs de l'euthanasie,
03:06qui disent « mais ça ne retire rien à personne ».
03:07Si, si, ça franchitise tout le monde.
03:10Parce qu'en réalité, l'interdit de tuer protège l'intégrité physique
03:13de chacun et chacune d'entre nous, sans exception,
03:16sans condition et sans restriction.
03:18À partir du moment où vous faites entrer une exception dans ce droit,
03:21alors, la vocation des exceptions, ce n'est pas de se réduire,
03:23c'est de s'étendre.
03:24Donc, petit à petit, on fragilise l'ensemble du corps social.
03:27Donc, même si je ne suis pas partisan de l'euthanasie,
03:30le ciel m'entend, je ne l'utiliserai jamais,
03:33ni pour moi, ni pour mes proches.
03:34En attendant, je suis quand même moins fragilisé,
03:36même si ça ne me concerne pas.
03:37– Oui, ce sont des points qui ont été évoqués lors des débats au Parlement.
03:42Ça peut être une pression insidieuse sur des personnes fragiles,
03:46un désespoir aussi par manque d'accès aux soins,
03:48manque d'accès aux soins palliatifs,
03:50et puis aussi avec un terrible langage sémantique,
03:52parce que dans ces débats autour de la bioéthique,
03:55l'usage sémantique est une arme redoutable.
03:57On parle de dignité, on parle de mort dans la dignité.
04:00On laisse passer un message, même implicite,
04:02qu'une personne qui pourrait être gravement malade serait indigne.
04:07– Dans tous ces débats, il y a un point commun, il y en a beaucoup,
04:09mais il y en a un en particulier qui est la volonté des promoteurs
04:13de ces idées, entre guillemets, nouvelles, de subvertir le langage.
04:20Quand on évoque la question de l'avortement,
04:22question extrêmement douloureuse, j'y reviens,
04:23mais c'est au cœur des débats bioéthiques,
04:26ces partisans parlent d'une interruption volontaire de grossesse.
04:28Mais une interruption, on interrompt quelque chose,
04:29qui a vocation à repartir.
04:32Il faudrait dire arrêt, mais ce n'est pas une interruption.
04:36Sauf si c'est centré sur la mère.
04:39Parce que la mère, elle peut, évidemment, connaître d'autres grossesses ultérieures.
04:42Donc vu la grossesse enviagée comme un état, parmi l'autre, du corps de la mère,
04:46effectivement, cette grossesse, elle s'interrompt.
04:48C'est-à-dire la grossesse pour cette personne s'interrompt, ça reprendra plus tard.
04:50Le point de vue de l'embryon, ici, n'est pas traité.
04:53On parle de gestation pour autrui au lieu de mère porteuse.
04:56C'est joli, gestation pour autrui.
04:57Comment voulez-vous être contre quelque chose qui est pour autrui ?
04:59C'est un service.
05:00Vous ne pouvez pas être contre un service.
05:02On parle d'aide à mourir.
05:03Pas d'euthanasie ni de suicide assisté.
05:05Donc à chaque fois, il faut camoufler la réalité parce qu'elle est crue,
05:08elle est brutale, elle est violente, elle est inacceptable dans une large mesure.
05:11Il faut camoufler cette réalité derrière une opération de subversion du langage.
05:17Parce qu'il y a là, comment dire, derrière tous ces textes, une forme de violence telle que, si vous
05:24dites les choses crûment sur les plateaux de télé et de radio, dans les journaux,
05:28ce que d'ailleurs on a commencé à faire, eh bien l'opinion publique finit par se rendre compte de
05:32la réalité.
05:33Et petit à petit, quand elle se rend compte de la réalité, elle prend conscience que ce n'est pas
05:37possible.
05:38Et d'ailleurs l'évolution des enquêtes, en particulier le point très important donné par la Fondapol et Dominique Rény,
05:44et l'enquête qu'il a faite avec, je crois, les AFC, les associations familiales catholiques, il y a quelques
05:49mois maintenant,
05:51a manifesté que dès qu'on dit à l'opinion ce dont il s'agit pour de vrai, les Français
05:56sont contre.
05:57Ce qui veut dire qu'il reste quand même un fond de bon sens assez partagé dans notre peuple.
06:02Pardon.
06:03Effectivement, vous parlez de bon sens, et c'est juste de le rappeler parce qu'il y a une sorte
06:08de piège,
06:08là aussi une arme redoutable, souvent utilisée par les promoteurs progressistes de l'euthanasie, l'avortement, l'AGPA, etc.
06:15C'est qu'une technique visant à confessionnaliser ces questions, comme si en fait vous êtes croyant,
06:20c'est naturel que vous soyez contre l'euthanasie, mais si vous n'êtes pas croyant,
06:24vous n'avez pas de raison particulière d'être opposé à l'euthanasie.
06:28C'est un piège très redoutable.
06:29Bien entendu, il y en a des milliers, comment dire, d'être opposé même quand on n'est pas croyant.
06:35Je me permets de redire aux auditeurs, moi, je suis, moi, catholique pratiquant,
06:39ce n'est pas un secret pour personne.
06:41Je préside un parti qui s'appelle le Parti Chrétien-Démocrate,
06:44même s'il y a beaucoup de personnes qui ne sont pas chrétiennes que parmi nos alérans.
06:49Le contenu de la foi catholique, c'est que Jésus-Christ est le Fils de Dieu,
06:54il est ressuscité et on peut aller au paradis en passant par lui.
06:58Il n'est pas ce qu'il nous faut. Voilà, ça c'est le contenu de la foi.
07:02Il n'y a pas marqué dans le credo qu'il est interdit d'euthanasier.
07:06Il y a quelque part dans la loi de Mosaïque,
07:08les tables de la loi que Moïse reçoit des mains de Yahvé,
07:12il y a un commandement qui dit tu ne tueras point.
07:16Alors son origine, en tout cas du point de vue hébraïque,
07:20elle est religieuse puisque c'est Dieu qui donne sa loi aux hommes.
07:25Mais enfin, il n'est pas nécessaire d'être croyant pour considérer que tu ne tueras point,
07:28c'est une mesure de sagesse, comment dire, assez pratique, assez commode finalement,
07:33on s'y fait assez volontiers.
07:35Donc du point de vue de la raison naturelle, il n'y a que deux écoles possibles.
07:39Soit vous acceptez l'idée que tous les êtres humains sont strictement égaux en dignité
07:43et que de ce fait, il est interdit d'attenter à la vie d'un être humain
07:47de la part d'un autre être humain, je mets de côté les cas de légitime défense.
07:51Soit vous êtes dans cette école-là et au nom de l'égale dignité de tous,
07:55il est interdit d'attenter à la vie de son prochain.
07:58Ça, ce n'est pas une donnée religieuse, c'est une donnée philosophique
08:00qui peut être établie par la raison naturelle.
08:02Ou alors, l'école inverse, il y a des catégories dans les êtres humains,
08:07c'est-à-dire qu'il n'y en a qu'en droit, comment dire, de domination
08:13ou de prescription, parfois de vie et de mort, sur d'autres.
08:15Et donc, nous sommes dans un régime d'inégale dignité.
08:19Là encore, tout ça sont des choses qui sont accessibles, je mets des guillemets,
08:22par la raison naturelle.
08:23La religion, elle entre là-dedans comme une forme de confortation,
08:27comme une forme soit de socle, soit d'aspiration, soit les deux d'ailleurs,
08:29c'est comme vous voulez.
08:30Mais du strict point de vue de la raison naturelle,
08:33la dignité humaine est une notion qui est parfaitement approchée
08:36par les philosophes, sans pour autant recourir,
08:39et beaucoup, beaucoup, beaucoup de philosophes,
08:41sans recourir à des arguments d'ordre théologique.
08:43– Voilà, pas d'ordre théologique, ni d'ordre de politique politicienne,
08:47parce que ce qu'il faut noter, là encore, dans ces débats sur l'éthanasie,
08:50c'est qu'il y a eu un groupe parlementaire,
08:54précise ma question, c'est-à-dire qu'on a souvent pensé
08:56que les conservateurs seraient de droite, les progressistes seraient de gauche,
08:59ce qui est vrai à une certaine majorité.
09:01– C'est souvent vrai, oui.
09:02– Mais notons tout de même que, mis à part l'Union des droites pour la République,
09:06l'UDR, dont le groupe parlementaire a voté à l'unanimité contre l'euthanasie,
09:08tous les autres groupes de députés ont eu moins un opposant à l'euthanasie.
09:12– Absolument.
09:13– Communistes, LFI, écologistes, ils ont tous eu moins un opposant.
09:17La biothique dépasse donc les clivages de droite et de gauche.
09:20– Depuis longtemps, il faut se souvenir que lors des premières lectures
09:24des lois dites de bioéthique à la française,
09:26c'est-à-dire celles dans lesquelles on organisait les grèves d'organes,
09:32les dons d'organes, les dons d'ovocytes, le statut de l'embryon, etc.
09:36Donc c'est la loi de 1994, 1994.
09:40Les communistes étaient très remontés contre ces lois
09:43parce qu'elles y voyaient aussi une forme d'instrumentation, d'abord de la femme,
09:49et deuxièmement, une logique financière qui s'invitait d'une certaine manière
09:55dans des questions fondamentales liées à la vie.
09:57Et la version à l'époque des communistes à l'égard du capitalisme dominant
10:01était bien plus prononcée qu'aujourd'hui.
10:04Donc les communistes militaient volontiers contre,
10:07et d'ailleurs il y avait chez tous les observateurs,
10:10beaucoup d'observateurs de gauche, des juristes, des psychanalystes
10:12qui ont milité contre ces lois pour ces différents motifs.
10:16Évidemment que la bioéthique est un, et heureusement d'une certaine manière
10:19qu'elle est un sujet transpartisan parce que, comme vous l'avez dit,
10:23elle touche à la nature humaine.
10:26Pas à l'homme comme créature, ça c'est un point de vue de croyant.
10:29Alors vous avez le droit d'être croyant et politicien,
10:30j'en suis un exemple et il y en a bien d'autres, Dieu merci.
10:34Mais encore une fois, simplement du strict point de vue de la raison naturelle,
10:38il y a l'idée que finalement, un être humain c'est intouchable.
10:45Encore heureux que cette conviction traverse les groupes politiques
10:47et les partis politiques.
10:48Ce qui est malheureux, c'est qu'elle ne fasse pas l'unanimité
10:50au point qu'on refuse de débattre d'une loi pareille.
10:53Et vous savez, je cite ça souvent parce que c'est très emblématique
10:56de la modernité en ces matières.
10:58Je vais prendre une minute pour expliquer ça si vous voulez bien.
11:01Avant la lecture des lois de bioéthique en 1994,
11:03c'est la seconde lecture à l'Assemblée nationale,
11:06Jean-François Matéi, qui est à l'époque député,
11:08Matéi a été ministre de la Santé une dizaine d'années plus tard
11:11avec Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin,
11:13c'est un très grand généticien d'hôpital de la Timone à Marseille,
11:17publie un rapport qui remet au Premier ministre de l'époque,
11:18Édouard Balladur.
11:19Ce rapport, il est censé préparer les débats parlementaires
11:22du printemps suivant, dès en novembre 1993,
11:24les débats s'ouvriront en avril 1994 à l'Assemblée.
11:27Ce rapport s'appelle « La vie en question ».
11:28Nos auditeurs peuvent le trouver sur le site
11:30de la Documentation française.
11:32La vie en question, évidemment.
11:34Au pluriel, puisque maintenant, pour être sérieux,
11:36il faut parler au pluriel, paraît-il.
11:38Et dans l'introduction de ce rapport, il y a cette phrase
11:42qui dit tout, et que je cite entre guillemets mot pour mot.
11:46Il appartient désormais au corps social de fixer lui-même
11:49les limites au-delà desquelles il ne reconnaît plus
11:52la forme de l'humaine condition.
11:54Fin de citation.
11:56Donc quand vous êtes dans cet état d'esprit,
11:58vous ne dites plus comme l'humanité l'a fait pendant des siècles.
12:04Pour ne pas dire des millénaires,
12:06j'ai en face de moi un être humain, il est intouchable.
12:08Je n'ai pas le droit de lui faire du mal.
12:10Et si je lui fais du mal, petitement ou grandement,
12:12je serais puni, petitement ou grandement.
12:14Maintenant, le corps social dit, ça c'est un homme,
12:16ça c'est pas un homme, en parlant d'êtres humains.
12:19D'autres philosophes avaient dit quelques années auparavant,
12:21ça c'est un humain, c'est pas une personne,
12:22ça c'est un humain, c'est une personne.
12:24C'est la même chose.
12:25Nous sommes dans une logique,
12:27c'est le sens de la loi de bioéthique,
12:28qui est une logique de tri entre les êtres humains,
12:30un tri sélectif, comme on dirait,
12:32en voulant faire un mauvais jeu de mots.
12:33Il y a ceux qui ont le droit de trier et ceux qui sont triés.
12:36Ceux qui ont le droit de trier sont protégés par le droit.
12:38Ceux qui sont triés sont ou pas protégés par le droit,
12:41selon la bonne volonté de ceux qui trient.
12:43Voilà le monde dans lequel nous entrons,
12:45qui est radicalement contraire,
12:48contraire à toute l'œuvre de civilisation
12:50que le judéo-christianisme,
12:51avec les apports des Grecs, des Romains et d'autres,
12:54ont instauré dans le monde occidental et dans le monde entier.
12:56– Alors, tout ceci déconstruit la faible
12:59qu'on entend couramment sur la liberté
13:02qui n'est enlevée à personne.
13:04En fait, c'est la liberté d'être reconnu comme un être humain
13:07qui peut être supprimé.
13:08– Oui, c'est même sa forme la plus ultime,
13:12sa forme suprême,
13:15puisque dès lors que j'ai la certitude
13:19que personne ne peut attenter à ma vie,
13:21c'est-à-dire supprimer mon existence,
13:24d'une certaine manière, je peux vivre tranquille,
13:26ça ne veut pas dire que je vis facilement,
13:28sans contraintes, sans difficultés, sans souffrances.
13:30Non, mais en tout cas, du point de vue de mon maintien dans l'existence,
13:33tant que je ne me mets pas moi-même en danger,
13:34personne ne peut me faire du mal.
13:36Volontairement, sans temps, je mets de côté les accidents, etc.
13:38En tout cas, c'est interdit.
13:40Mais dès lors que c'est permis dans une circonstance,
13:42qu'est-ce qui empêche qu'ensuite il y ait une deuxième,
13:44puis une troisième, puis une quatrième, puis une cinquième circonstance ?
13:46C'est exactement ce qui se passe dans les pays qui ont légalisé l'euthanasie
13:49il y a plus ou moins longtemps.
13:53Les pays du Benelux, le Canada,
13:55certains d'autres pays, en tout cas,
13:58et dans lesquels on constate de manière absolument constante
14:02une dérive en termes d'assouplissement des critères d'éligibilité,
14:05comme on dit, qui permettent aux gens de bénéficier,
14:08je mets des guillemets, ce sont les termes de la loi de l'euthanasie.
14:12Encore une subversion formidable du langage.
14:14Comment pouvez-vous prétendre bénéficier d'une euthanasie,
14:17c'est-à-dire bénéficier de quelque chose dont vous n'aurez pas les fruits ?
14:22Comment c'est possible, ça ?
14:24Encore une preuve d'amodiation et d'arrangement du vocabulaire.
14:29Dans tous ces pays, Canada, Benelux, enfin Belgique,
14:31Pays-Bas particulièrement,
14:34on constate qu'au début, on ne pouvait pas euthanasier limineur,
14:36maintenant on peut, on ne pouvait pas euthanasier dépressif,
14:39maintenant on peut.
14:40Il y a un cas récent au Canada qui s'est déroulé
14:44où effectivement un homme de 45 ans qui était dépressif,
14:50comment dire, et qui avait une maladie,
14:51mais qui n'était pas spécialement mortel,
14:55a plus ou moins long terme,
14:56mais qui était devenu intolérable pour lui.
14:58Il a vu son médecin, il a demandé à être euthanasier,
15:01ça a pris un quart d'heure et sa famille a été prévenue par SMS.
15:03Donc voilà le genre de dérive auxquelles on aboutit.
15:06C'est inéluctable.
15:09Les logiciens disent qu'il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée.
15:13Quand elle est entrebâillée, elle est ouverte.
15:16Et quand elle est entrebâillée, il suffit de la pousser un petit peu
15:18pour qu'elle se trouve de plus en plus grande.
15:20Donc en fait, ce qui est supprimé aujourd'hui,
15:22l'interdit de tuer qui me protège,
15:24comme un autre interdit me protège par définition,
15:28c'est un interdit de principe dans une large mesure,
15:29celui qui conditionne tous les autres.
15:31Si celui d'assaut, tout le reste est fragilisé,
15:33donc je suis moi aussi fragilisé.
15:34– Oui, parce que la porte étant entrebâillée,
15:37oui, c'est même assumé par certains promoteurs de l'euthanasie,
15:40comme l'ancien député Jean-Luc Touraine,
15:42qui parlait du pied dans la porte,
15:43il faudra revenir chaque année une fois que l'euthanasie sera légalisée.
15:46Alors justement, parlons de la campagne présidentielle à venir.
15:51Peut-on espérer que si, ce qui est probable,
15:53l'euthanasie et je suis assisté sont adoptés dans les semaines à venir,
15:57ça deviendra un thème de campagne présidentielle ?
15:59– Ça m'étonnerait, ça m'étonnerait beaucoup.
16:03J'ai entendu le rapporteur général, Philippe Ligier, je le connais bien,
16:05c'est un, on va dire, c'est un vieux copain.
16:09On a mené quelques bagarres ensemble au Parlement,
16:12pendant nos mandats respectifs.
16:14C'était mon voisin géographiquement,
16:16puisqu'il est de l'Eau-et-Loire et moi du sud des Yvines,
16:18donc on a mené quelques dossiers ensemble.
16:20C'est un homme, comment dire, tout à fait intègre,
16:24moderne au mauvais sens du terme, malheureusement.
16:26Il est devenu le rapporteur général de cette loi.
16:28Et l'autre jour, au 4 colonnes, à la salle des 4 colonnes,
16:29à l'Assemblée nationale, il a dit, mais vous savez,
16:32c'est comme toutes les lois sociétales,
16:34personne ne reviendra dessus.
16:39Alors, je me suis dit, mais en fait,
16:42pourquoi est-ce qu'il dit ça ?
16:44Il dit ça parce que d'un point de vue progressiste,
16:46le fait que personne ne revienne dessus
16:48est une forme de justification de la légitimité de ces lois,
16:50malgré les oppositions.
16:52Et au fond, quand vous êtes progressiste,
16:54vous raisonnez comme Marx, c'est-à-dire,
16:56vous dites, les réactionnaires,
16:57ils ne peuvent pas faire autre chose que de la réaction,
16:58parce que comme ils sont nés dans le mauvais camp,
17:00il faut bien qu'ils fassent leur boulot,
17:01il faut bien que la dialectique entre,
17:04comment dire, les différentes classes
17:05puisse faire avancer l'histoire.
17:07Ça, c'est le point de vue de Marx.
17:08Donc, en réalité, le progrès, il est inéluctable
17:12et ce qui est des opposants n'est pas autre chose
17:15qu'une forme de légitimation de son existence
17:16et de sa vérité.
17:18Mais là, c'est pareil.
17:19Dans l'esprit du rapporteur général,
17:21le fait qu'on ne reviendra pas sur cette loi,
17:23pense-t-il, est la preuve du fait que c'est une bonne loi.
17:26Moi, je pense que c'est la preuve d'une forme de lâcheté
17:28des gens qui arrivent au pouvoir
17:29et qui devraient les supprimer,
17:30qui ne les suppriment pas.
17:31Pas autre chose que ça.
17:32J'ai vécu de l'intérieur la campagne présidentielle de 2002.
17:36J'étais le directeur de la campagne de Mme Boutin.
17:39À l'époque, elle était la seule candidate
17:41qui a annoncé qu'elle voulait revenir absolument
17:43sur les 35 heures
17:45pour rétablir ton travail de manière à 39 heures.
17:47Vous ne pouvez pas imaginer tout ce qu'on a reçu
17:49en pleine figure,
17:49comme paquet d'eau de mer
17:50et autres joyeusetés de ce genre.
17:53Parce qu'il y a un moment,
17:55lorsque certains politiques ont l'impression
17:57que des idées s'installent de l'opinion publique,
17:59il ne faut plus y revenir,
18:00parce que finalement, l'opinion s'y fait
18:01et qu'elle finit par être d'accord.
18:02Ce n'est pas vrai.
18:04Il y a un exemple très célèbre
18:06d'une décision impopulaire,
18:08ou en tout cas,
18:10dont on savait que l'opinion publique
18:11n'était pas favorable,
18:12et qui a été prise quand même,
18:13c'est l'abolition de la peine de mort
18:14par François Mitterrand.
18:15Je ne dis pas...
18:15Oui, par François Mitterrand
18:16et le Parlement français.
18:18Je ne dis pas qu'ils ont bien fait,
18:19je dis qu'ils l'ont fait,
18:20en dépit du fait qu'on savait parfaitement
18:21à l'époque
18:22que l'opinion publique était défavorable.
18:24Donc on peut parfaitement aller
18:26contre ce qu'on compte être l'opinion publique
18:28ou ce qu'on pense être le progrès
18:29pour revenir sur une loi.
18:31Ce débat gêne tout le monde.
18:34Les saisines du Conseil constitutionnel
18:37par le président du Sénat et le Premier ministre
18:39sur la future loi euthanasie,
18:40si elle est votée cet après-midi même,
18:43sont le signe,
18:44non pas d'une volonté de la censurer,
18:46mais d'une gêne sur le thème
18:48pourvu que le Conseil constitutionnel
18:50censure les dispositions
18:51qui sont insupportables
18:52pour la rendre à peu près présentable,
18:54cette loi,
18:55et l'honneur sera sauf.
18:56Voilà ce que je pensais être plutôt la mentalité.
18:58Dans ce contexte,
18:59cette loi sera enterrée
19:01dès qu'elle a été votée
19:03et je suis persuadé que
19:05ça ne sera pas un thème présidentiel.
19:07– Personne ne pourra la mettre
19:08dans son programme présidentiel.
19:10Nous reviendrons sur l'État-le-Zi
19:11ou même,
19:11sans parler d'abolition,
19:13restreindre encore plus.
19:15– Il faudrait pourtant le faire
19:16parce qu'il y a une portée symbolique
19:19encore une fois dans cette loi.
19:20C'est-à-dire que comment pouvez-vous
19:22rassurer une société sur son avenir
19:24si dans le même temps vous lui dites
19:25mais vous pouvez mourir demain matin
19:26parce que cette loi est un véhicule formidable
19:29pour les patients tristes,
19:30vous l'évoquiez tout à l'heure.
19:32il y aura des pressions familiales internes,
19:34des patients,
19:35c'est déjà le cas d'ailleurs,
19:37qui disent
19:37je suis en trop,
19:38je suis une gêne pour les miens,
19:39je suis un poids, etc.
19:40Vivement que je m'en aille,
19:41vous ne pouvez pas m'aider docteur.
19:42Enfin, on entend ça
19:44de manière très fréquente.
19:46Donc, toute cette violence
19:47contenue aujourd'hui
19:48par l'interdit de tuer
19:50vont se libérer
19:50et propage à leur tour
19:55leurs propres mauvais fruits
19:57dans l'ensemble des relations sociales.
19:58Enfin, il y a un esprit
19:59qui plane dans notre pays
20:01sur le fait que la vie n'a pas de valeur
20:03puisqu'on inscrit l'avortement
20:04dans la Constitution,
20:05on légalise l'euthanasie,
20:08la liberté est souveraine
20:10par rapport aux choses
20:11qui pourraient la contenir.
20:12Enfin, tout ça est un ensemble
20:13de fragilités terribles
20:14qui sont des obstacles
20:16à la reconstruction du corps social
20:18et au redressement du pays.
20:19C'est pour ça que les politiques
20:19feraient bien de s'en saisir malgré tout.
20:21– Alors, un autre sujet
20:23toujours lié à l'euthanasie
20:25qui a été peu évoqué
20:27lors des débats parlementaires,
20:28c'est la question du trafic d'organes.
20:30Pensez-vous qu'il y a
20:30un véritable risque
20:32que cette euthanasie
20:34soit le déguisement
20:36d'un vaste trafic d'organes ?
20:38– Elle en sera en tout cas…
20:39– Un chantage au trafic d'organes.
20:40– Elle en sera en tout cas l'occasion.
20:43Ça, c'est certain.
20:45Trafic d'organes, certainement,
20:47parce que depuis qu'on s'est greffé
20:49des organes,
20:50c'est-à-dire qu'on sait les enlever,
20:51les prendre,
20:51entre les deux,
20:52il y a un mouvement.
20:52S'il y a un mouvement,
20:53il peut y avoir des détournements
20:55et de l'argent.
20:56Donc, tout ça existe depuis longtemps.
20:58Il y a des pressions déjà
20:59qui existent dans les hôpitaux.
21:00On explique qu'il va falloir
21:01débrancher le malade
21:02parce qu'il a un foie, un rein,
21:03je ne sais pas quoi,
21:03puis il y a quelqu'un qui en attend.
21:04Donc, soyons raisonnables
21:07dans le cadre de la loi actuelle.
21:09Ça existe déjà.
21:10Ça sera évidemment accentué
21:11par la légalisation de l'euthanasie
21:14puisque les modalités de fin de vie
21:21des patients
21:22et d'accélération de leur fin de vie
21:24sont beaucoup moins encadrées
21:25que dans le cas de la loi actuelle
21:26testéolithique
21:28qui était déjà,
21:29sous certains rapports,
21:31risqué.
21:32Donc, oui, évidemment,
21:34je ne dis pas que ça se passera partout
21:35parce que quand même,
21:36on n'en est pas à ce niveau de,
21:37je ne pense pas,
21:38de trafic généralisé
21:39même s'il y a des trafics d'organes
21:40et qui concerne également
21:41des hôpitaux français.
21:42Il y a des cadavres qui disparaissent.
21:43Il y a des enquêtes de police
21:44et des procédures judiciaires
21:45en cours sur des cas très célèbres.
21:48Dans ce domaine,
21:49on sait que j'avais été saisi,
21:50moi, comme parlementaire
21:51et Mme Boutin également.
21:52D'ailleurs, il y a déjà plus de 20 ans
21:53sur des cas à l'Hôtel Dieu
21:54ou je ne sais plus
21:55dans quel hôpital parisien
21:56qui était suspect.
21:57Enfin, il y a des familles
21:58qui ont des doutes.
21:58Tout ça existe depuis très longtemps.
22:01Des cadavres,
22:02des organes qui sont pris
22:03sur des cadavres
22:03sans l'autorisation des familles
22:04ou alors sans indication particulière.
22:06Enfin, tout ça était compliqué.
22:08C'est toujours difficile
22:10parce que c'est rare
22:11un organe qui fonctionne.
22:13Et il y a plus de demandeurs
22:14et de nécessiteux
22:15qu'il n'y a d'organes en question.
22:19Donc, évidemment que
22:20dans la mesure où ça facilitera
22:21l'accélération de la disparition
22:22des patients,
22:23par conséquent,
22:24ça aura une incidence
22:25sur des choses pas très belles
22:27en termes de transplantation
22:28et de trafic d'organes.
22:30– Alors, autre sujet
22:31qui pourrait être un thème de campagne
22:34de la présidentielle de 2027,
22:37c'est la gestation pour autrui,
22:39la GPA,
22:40d'autant plus que Gabriel Attal
22:43serait un amateur de GPA éthique.
22:46Déjà, quand on parle
22:48de GPA éthique, pour commencer.
22:50– Ça fait partie
22:51des subversions langagières,
22:54encore une fois.
22:55Quel est le problème de la GPA ?
22:56Moi, je ne parle pas d'ailleurs
22:58de gestation pour autrui,
22:59je parle de mères porteuses.
23:00Quel est le problème
23:01posé par la question
23:02des mères porteuses ?
23:02Ce n'est pas qu'on les paye,
23:04c'est qu'on leur demande,
23:06même si c'est gratuit.
23:08Enfin, quand j'entends,
23:09j'entends,
23:10j'entends,
23:11certaines responsables politiques,
23:12je ne vais pas les citer ici,
23:13parce que ça ne va pas leur faire,
23:15qu'ils disent,
23:15je porterai volontiers
23:16l'enfant de ma propre fille.
23:18C'est-à-dire quoi ?
23:19Tu vas être la mère
23:19de ta petite fille.
23:20Qu'est-ce que ça veut dire
23:21en termes de…
23:22Enfin, quel bouleversement,
23:23quel chamboulement
23:24ça produit dans l'arbre généalogique,
23:25qu'est-ce que ça raconte,
23:27cette affaire ?
23:28Il y a deux problèmes
23:29posés par les mères porteuses.
23:30Le premier,
23:31c'est que c'est une négation
23:34de la réalité biologique
23:35de la maternité,
23:36au sens où la biologie
23:37de la maternité,
23:38on le sait maintenant,
23:39a des conséquences.
23:40Sur le développement
23:41du psychisme de l'enfant,
23:42il se passe des tas de choses
23:43entre la mère et son enfant
23:44qui sont irremplaçables,
23:45qui sont uniques,
23:46qui ne se reproduiront pas,
23:47parce que cette période
23:48est limitée, évidemment,
23:49dans le temps,
23:51et qui construisent également
23:52l'enfant en question,
23:53s'il en est privé par la suite,
23:54on ne sait pas ce que ça fait,
23:56mais en tout cas,
23:56ce n'est pas prévu comme ça,
23:57donc ça ne va pas
23:59très très bien se passer.
24:00Et la deuxième chose,
24:02c'est de l'esclavage.
24:04C'est-à-dire,
24:04c'est au sens de...
24:07Pardon la définition
24:08que donnait Emmanuel Kant,
24:09ce n'est pas la meilleure
24:10ni la seule,
24:11mais elle est malgré tout juste,
24:14de la dignité humaine,
24:16qui consiste à ce que
24:17jamais aucun être humain
24:18ne soit utilisé
24:19comme un instrument,
24:20mais plutôt comme une fin,
24:23c'est-à-dire qu'on ne se serve
24:25pas des gens,
24:25mais qu'on les serve,
24:26si on traduit en français courant,
24:27ça veut dire ça,
24:30la pratique des mères porteuses,
24:31le recours à des mères porteuses
24:32est une attaque frontale
24:34monstrueuse
24:35contre la dignité de la femme,
24:36qu'on la paye ou non.
24:38Le problème,
24:39ce n'est pas que ça soit payant,
24:39le problème,
24:40c'est que ça existe
24:41et qu'on recourt
24:43à ce genre de pratique.
24:44Donc vous pouvez,
24:45c'est comme l'euthanasie,
24:46vous pouvez mettre
24:47toutes les modalités
24:47que vous voulez,
24:49c'est de la littérature,
24:50comme dirait Verlaine,
24:51tout le reste est littérature.
24:52Si l'article 1,
24:54il est légal
24:54de pratiquer l'euthanasie,
24:57etc.,
24:58et cette pratique
24:59n'est pas un acte
25:02comme dit le Code Pellin,
25:02c'est-à-dire qu'on ne consiste pas
25:03à tuer quelqu'un
25:03de manière répréhensible,
25:05parce que voilà ce que dit la loi,
25:06vous pouvez écrire
25:07tout ce que vous voulez,
25:08délai de réflexion,
25:09collégialité,
25:10la famille,
25:11les tuteurs,
25:11tout ce que vous voulez,
25:12n'importe quoi,
25:13ça existe ou ça n'existe pas,
25:15c'est binaire.
25:15On a le droit,
25:16on n'a pas le droit
25:16de supprimer la vie de quelqu'un.
25:17Les mères porteuses,
25:18c'est pareil.
25:19Une fois que vous acceptez
25:20le principe,
25:22vous pouvez toutes les modalités
25:23que vous voulez.
25:24Le problème,
25:25c'est le principe,
25:26ce n'est pas les modalités.
25:26Alors les modalités
25:27peuvent alourdir la gravité
25:29de ce qui est porté
25:30par le principe,
25:30mais ça y est,
25:31le mal est fait
25:31d'une certaine manière,
25:32donc il faut absolument
25:34éviter ça.
25:35J'espère bien que,
25:36là pour le coup,
25:41on puisse débattre
25:43de cette question
25:44des mères porteuses
25:44pour couper une fois pour toutes
25:46la tête à ce genre
25:47de pratiques esclavagistes
25:49d'un autre âge.
25:50– Qui normalement,
25:51d'ailleurs,
25:51devrait faire hurler
25:52toutes les féministes
25:53qui, bizarrement,
25:54sont très timorées
25:55sur ces questions.
25:55– Oui, oui,
25:56c'est tout à fait vrai.
25:57– Comme les gens de gauche,
25:58d'ailleurs,
25:58qui devraient s'offusquer
26:00contre…
26:00– Ça, c'est le progrès.
26:03Il y a deux versions du progrès.
26:05Il y a celui qui devrait
26:06respecter quand même
26:07la dignité humaine.
26:08Alors ça,
26:08c'est l'ancienne gauche.
26:11La nouvelle gauche,
26:12elle est moins à cheval
26:14sur ce principe-là.
26:15D'ailleurs,
26:15elle ne sait plus très bien
26:15ce que c'est que la dignité humaine.
26:16C'est peut-être pour ça,
26:17au fond.
26:19– J'espère que
26:20toutes ces questions
26:20reviennent sérieusement
26:22pour la prochaine présidentielle
26:23ou, en tout cas,
26:24on l'espère
26:24pour les années à venir.
26:26En tout cas,
26:26merci pour ces éclairages,
26:27Jean-François Poisson.
26:27– Merci à vous.
26:28– Chers télé-spectateurs,
26:29nous espérons que ce Zoom,
26:31bien sûr,
26:31vous a intéressé,
26:32surtout vu les questions graves
26:34qui sont évoquées.
26:35Et je vous souhaite
26:36une bonne continuation
26:38de votre été
26:38et à très bientôt.
26:39– Sous-titrage Société Radio-Canada
26:40– Sous-titrage Société Radio-Canada
26:42– Sous-titrage Société Radio-Canada
26:45– Sous-titrage Société Radio-Canada
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