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  • il y a 20 heures
La dette publique française dépasse désormais les 3 600 milliards d'euros. Alors que les taux d'intérêt restent sous pression, que la croissance ralentit, que les guerres menacent l'économie mondiale et que les crises se multiplient, la France est-elle encore capable d'y faire face ? Pour Charles Sannat, ces difficultés révèlent aussi une crise plus profonde : celle d'un pays qui ne serait plus préparé à affronter le retour du réel.
Dans cet entretien, Charles Sannat (https://legrenierdeleco.com/), entrepreneur, analyste économique et animateur de la chaîne YouTube Le Grenier de l'éco (https://www.youtube.com/@INSOLENTIAETV/featured) , analyse les risques qui pèsent sur l'économie française.
- Incendies, crises sanitaires, tensions internationales : la France est-elle encore capable d'anticiper les crises ou n'est-elle plus gouvernée ?
- Guerres en Ukraine et au Moyen-Orient : faut-il craindre un nouveau choc énergétique et une accélération de l'inflation ?
- La dette française peut-elle encore être maîtrisée alors que le risque obligataire revient au premier plan ?
- Récession, pouvoir d'achat, énergie : quelles conséquences concrètes pour les Français dans les prochains mois ?
- Christine Lagarde pourrait-elle devenir le recours du système pour 2027 face à une crise économique majeure ?
Un entretien sans concession sur la dette, les guerres, la BCE, le déclin de la capacité de décision politique française et le scénario qui pourrait accompagner la prochaine crise.

A la suite de "Politique & Eco", retrouvez la chronique financière de Philippe Béchade intitulée : "France : le double mur de l’emploi et de la dette".
Téléchargez gratuitement le rapport spécial de Philippe Béchade : "Votre épargne face au spectre d’une nouvelle guerre mondiale" :
https://signups.lachroniqueagora.com/2512576

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Transcription
00:00:00On vous avait dit qu'il ne voulait pas que TV Liberté parle à des millions de Français
00:00:05à quelques mois de l'élection présidentielle.
00:00:07Alors, un rapport présenté au Sénat par Laurent Laffont, macroniste, Agnès Évren,
00:00:12Les Républicains et une socialiste, propose de lutter non seulement contre les ingérences étrangères,
00:00:18mais aussi contre une nouvelle notion, l'ingérence intérieure.
00:00:21Et ce glissement est criminel.
00:00:24A défaut de convaincre les Français, le Bloc central et les restes de la Macronie
00:00:28imposent la suspicion envers ceux qui contestent sa politique délétère.
00:00:33Demain, les médias alternatifs, TV Liberté en tête, des associations, des intellectuels ou des opposants
00:00:39pourront être soupçonnés d'influencer le débat public.
00:00:43Or, dans une démocratie, influencer les citoyens par les idées est un droit, pas un délit.
00:00:49Sous couvert de lutter contre la désinformation,
00:00:52certains veulent mettre en place un dispositif de surveillance,
00:00:54de contrôle idéologique et menace le pluralisme et la liberté d'expression.
00:01:00Va-t-on les laisser faire ? Vont-ils réussir leurs coups de force ?
00:01:03Le soutien à TV Liberté est aujourd'hui, aujourd'hui, plus crucial que jamais.
00:01:08Parce que défendre TV Liberté, c'est défendre le droit de chacun à une information libre
00:01:13et au débat démocratique.
00:01:14Il ne vous reste que quelques jours, quelques jours seulement,
00:01:17pour que TVL soit au rendez-vous de 2027, parce que c'est cela l'enjeu.
00:01:50Bonjour à tous, bienvenue à tous.
00:01:51Bienvenue dans Politique et Éco, ravi de vous retrouver comme d'habitude au programme.
00:01:56Aujourd'hui, la France peut-elle encore faire face aux crises qui s'annoncent ?
00:02:02Entre tensions géopolitiques, dettes abyssales, risques obligataires et pouvoir d'achat sous pression,
00:02:07les prochains mois seront décisifs.
00:02:10Le retour du réel a-t-il commencé ?
00:02:13Pour en parler, nous recevons Charles Sanna.
00:02:15Bonjour, monsieur.
00:02:16Bonjour à vous, bonjour à tous.
00:02:18Charles Sanna, vous êtes entrepreneur, analyste économique,
00:02:21et vous animez votre chaîne YouTube, le grenier de l'écho.
00:02:25Avant de commencer cet entretien, je rappelle à nos téléspectateurs qu'il est essentiel
00:02:28de booster un maximum TV Liberté sur Internet en nous donnant ce coup de pouce en bas de l'écran,
00:02:35en vous abonnant à notre chaîne, en commentant et en partageant un maximum nos vidéos.
00:02:40Merci à tous.
00:02:40Le message est passé, Charles Sanna, en préparant cette émission.
00:02:45Vous me disiez être consterné par l'impréparation totale de nos dirigeants face aux incendies
00:02:51qui ravagent une partie de notre territoire, notamment dans la Drôme, les Périnées-Orientales.
00:02:56Pour vous, cette capacité à anticiper dépasse largement cette question de feu de forêt.
00:03:03Quel problème beaucoup plus profond est-ce que cela révèle dans la manière dont la France est gouvernée ?
00:03:08C'est que la France n'est plus gouvernée, en réalité.
00:03:12Les Français sont emmerdés, mais ils ne sont plus gouvernés.
00:03:16Et vous voyez bien qu'aujourd'hui, l'action publique…
00:03:19Et alors, ça atteint son paroxysme avec ces dix années de macronisme, en réalité.
00:03:23Mais vous voyez bien que l'objectif désormais de la loi, de la puissance publique,
00:03:32c'est la règle, c'est la contrainte, c'est l'interdiction.
00:03:36C'est-à-dire, mon gamin, à qui on a fermé l'école, a été arrêté par une patrouille de
00:03:42trois gendarmes
00:03:43parce qu'il avait les pieds dans 20 cm d'eau et que c'était interdit de se baigner dans
00:03:48les rivières
00:03:49et de se rafraîchir dans les rivières pendant la canicule parce qu'on risquait de se noyer.
00:03:54Donc là, vous aviez de la police, vous aviez de la force de l'ordre.
00:03:59Vous avez été très gentils, ce n'est pas le sujet, mais ils ne sont pas arrivés avec les matraques
00:04:04et les menottes sur un gamin de 13 ans.
00:04:05Mais, si vous voulez, c'est juste pour illustrer exactement la dérive qui est en train d'avoir lieu dans
00:04:12ce pays
00:04:13où désormais tout est devenu interdit, tout est interdit.
00:04:17Vous savez que dans notre Constitution et dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen héritée de
00:04:241789,
00:04:26l'interdiction est le régime d'exception.
00:04:29L'interdiction est l'exception.
00:04:30La liberté est le régime de base.
00:04:32Ça a été totalement inversé, notamment ces dix dernières années.
00:04:36Et j'invite tous nos spectateurs à réfléchir.
00:04:39S'ils veulent nettoyer leur voiture devant chez eux, dans la rue, ce n'est pas possible.
00:04:44S'ils veulent la nettoyer chez eux, c'est certainement interdit parce qu'il y a un arrêté préfectoral de
00:04:48restriction d'eau.
00:04:49S'ils veulent remplir leur piscine, c'est pareil.
00:04:51S'ils veulent poser un vélux, il leur faut une autorisation ou une déclaration de travaux.
00:04:55Si jamais ils veulent se baigner les pieds, c'est interdit.
00:04:58S'ils ont des vitres fumées sur leur voiture, elles sont trop fumées, c'est interdit.
00:05:02Et je peux vous multiplier les exemples à l'infini.
00:05:05Quoi que vous souhaitiez faire aujourd'hui, c'est interdit.
00:05:10Soit c'est interdit, soit au mieux c'est autorisé, sous réserve de remplir les bons serfas
00:05:17et de demander la bonne autorisation à la bonne autorité, et parfois à plusieurs autorités.
00:05:23Et parfois, elles ne vont pas être d'accord entre elles, ce qui va rendre kafkaïen votre demande d'autorisation,
00:05:29surtout si vous êtes dans une zone située dans des classements de monuments historiques
00:05:35ou à proximité de monuments classés, où là, vous allez avoir les pires difficultés.
00:05:41À côté de ça, les forêts brûlent, les méchants sont dans la rue,
00:05:46les violeurs violent, les bandits bandits et les brigands brigandes.
00:05:49– Mais on nous vend une démonstration de force pour le défilé du 14 juillet à Paris sur les Champs
00:05:55-Elysées.
00:05:56– Oui, alors on a sorti nos beaux jouets et les beaux jouets du Président,
00:06:01ils ont défilé, c'était merveilleux, c'était extrêmement beau.
00:06:05Alors ça, vous voyez, c'est exactement le fait de vivre en théorie.
00:06:09Voilà, quand on vit en théorie, on fait ça.
00:06:12Quand on vit dans la pratique, aujourd'hui, quel est le récit national ?
00:06:16Quel est le patriotisme ? On va éviter le mot de nationalisme,
00:06:20mais quel est le patriotisme qui ferait que vous alliez vous faire trouer la peau
00:06:26pour l'État français ?
00:06:28Au nom de quoi ?
00:06:30Pour l'État européen qui n'existe pas ?
00:06:32Puisqu'il faut faire ça en européen, la guerre, il faut la faire en européen.
00:06:35– C'était plus une fête fédérale d'ailleurs qu'une fête nationale, semble-t-il.
00:06:38– Tout à fait, mais ça, ça fait partie du récit et de l'histoire portée par M. Macron
00:06:43et portée au-delà de M. Macron et du Président de la République
00:06:47par tout ce que j'appelle les européistes, pour ne pas dire les europathes,
00:06:52qui ont décidé de détruire les États-nations qui, avant, structuraient l'Europe.
00:06:59Est-ce que vous voyez dans cette incapacité du gouvernement français
00:07:03à diriger, à gouverner le pays et à faire face à des feux de forêt ?
00:07:08– C'est exactement la conséquence de la destruction des États-nations.
00:07:13C'est-à-dire, nous détruisons les États-nations
00:07:15pour faire émerger l'Europe fédérale, l'Europe État, l'Europe puissance.
00:07:22Mais là, nous sommes dans une espèce de clair-obscur
00:07:25où les États-nations n'ont pas complètement disparu
00:07:27et où l'Europe fédérale n'est absolument pas née.
00:07:30Et donc, nous n'avons pas de flotte européenne de Canadair.
00:07:34Alors, on vous dit, on ne commande pas de Canadair parce qu'on va le faire en européen.
00:07:38On va mourir en européen, faire en européen.
00:07:40Vous avez le tic de langage, c'est en européen.
00:07:44Et comme si c'était une vertu absolue.
00:07:47Et donc, nous ne sommes plus gouvernés.
00:07:50Résultat des courses, et c'est très intéressant,
00:07:52tous les Français ont pu voir les agriculteurs approvisionnés en eau,
00:07:57des pompiers qui n'étaient même pas ravitaillés en nourriture par les services de l'État.
00:08:03Et donc, ce sont les gens qui, entre gens, ont fait en sorte de régler le problème.
00:08:09Pendant que l'État disait, on va transformer un A400M avec une citerne, machin, etc.
00:08:15Peut-être dans 15 jours, il pourra voler.
00:08:17Dans 15 jours, les incendies seront déjà éteints par les vrais gens.
00:08:21Ces vrais gens étant des pompiers, des vrais pompiers, payés le SMIC,
00:08:26aidés par des agriculteurs, souvent payés au SMIC,
00:08:29amenant des citernes d'eau 24 heures sur 24 pour remplir des camions, etc., etc.,
00:08:34et donnant à manger les uns aux autres.
00:08:36La symbolique est extrêmement forte.
00:08:39C'est-à-dire qu'en réalité, les feux de forêt ont été vaincus à Fontainebleau,
00:08:44non pas par le gouvernement et par l'État, mais par les gens, et par les gens d'en bas.
00:08:51La conclusion est très claire.
00:08:52Nous n'avons plus besoin d'eux.
00:08:56Nous n'avons plus besoin de ceux qui pensent qu'ils dirigent.
00:08:59Nous n'avons plus besoin d'eux.
00:09:01Et nous n'avons plus besoin d'eux parce qu'ils ne sont plus capables d'assurer la sécurité.
00:09:06Nous n'avons plus besoin d'eux parce qu'ils ne sont plus capables d'éteindre les incendies.
00:09:09Nous n'avons plus besoin d'eux parce qu'en réalité, ils étouffent complètement tout le pays,
00:09:14et au-delà du pays, l'économie en particulier, mais le pays en général,
00:09:19par des séries d'interdictions qui, depuis dix ans, rendent tout impossible, tout étouffant
00:09:26et qui expliquent aussi de manière significative la crise de croissance
00:09:31qui touche structurellement notre pays.
00:09:33À tout rendre compliqué, vous étouffez la croissance.
00:09:35La crise de notre bureaucratie, alors, évidemment, on l'a constaté,
00:09:41les hostilités ont repris au Moyen-Orient et l'OTAN, qui s'est réunie en sommet à Ankara il y
00:09:46a peu,
00:09:46est déterminée à poursuivre une aide militaire à l'Ukraine contre Moscou.
00:09:52Les marchés semblent pourtant sereins face à ces événements.
00:09:56Ont-ils raison ?
00:09:58Ils ont raison jusqu'au moment où ils vont avoir tort.
00:10:02Et le moment où ils auront tort, je ne peux pas vous le donner en termes de temps.
00:10:08– Non, mais je peux vous le définir en termes intellectuels.
00:10:12C'est-à-dire que tant que nous restons sur une guerre qui est évidemment confinée à l'Ukraine,
00:10:23pour les marchés, c'est devenu le nouveau standard et la nouvelle normalité.
00:10:27La guerre est confinée à l'Ukraine, il n'y a pas d'extension,
00:10:29on n'est pas en Troisième Guerre mondiale, la Russie n'envahit pas la Pologne,
00:10:32il n'y a pas de bombe atomique, tout va très bien, Madame la Marquise.
00:10:36Continuons à faire notre business comme d'habitude.
00:10:40Le jour où la Russie éventuellement voudra…
00:10:47En fait, le choix qui se pose à la Russie, c'est que tout le monde a bien compris,
00:10:52sauf ceux qui ne veulent pas voir, que la Russie patine en Ukraine,
00:10:57c'est le moins qu'on puisse dire.
00:10:58On ne va pas rentrer dans les pertes et dans la guerre de chiffres
00:11:02sur les pertes des uns des autres.
00:11:04La guerre en Ukraine, ce qui est sûr, c'est qu'elle est une effroyable boucherie,
00:11:08et du côté ukrainien, et du côté russe, et que les pertes sont très importantes.
00:11:13Mais la Russie n'avance pas.
00:11:15Alors, peu importe qu'on dise qu'elle avance avec méthode, par petits pas,
00:11:18elle n'avance pas, d'accord ?
00:11:20Et donc, comme elle n'avance pas, le coût de la guerre,
00:11:24chaque mois qui passe, augmente significativement pour la Russie.
00:11:28Et le coût économique, et le coût en homme, et le coût politique.
00:11:32Et le coût également géopolitique dont on parle moins.
00:11:36La question qui se pose, c'est quels sont les choix
00:11:40et les possibilités de sortie pour la Russie ?
00:11:44Y a-t-il la possibilité d'un accord négocié ?
00:11:47Aujourd'hui, on a vu que l'Ukraine le refusait.
00:11:50Les négociations de paix que Trump a démarrées
00:11:53dès qu'il est rentré à la Maison-Blanche, n'ont pas abouti.
00:11:56Donc l'Ukraine ne veut pas la paix,
00:11:58puisque l'Ukraine est de toute façon suffisamment aidée
00:12:00pour pouvoir embourber la Russie.
00:12:03Donc, à ce stade, l'Ukraine n'a aucun intérêt à la paix.
00:12:05– Je crois que l'Ukraine avait même fait passer une loi
00:12:07lui interdisant de commencer des pourparlers avec la Russie.
00:12:11– Mais ce qui est hyper logique d'un point de vue militaire,
00:12:13et par rapport à l'aide dont elle bénéficie, si on y réfléchit.
00:12:15– Du côté de la Russie, la situation est beaucoup plus complexe
00:12:21et beaucoup plus compliquée en réalité.
00:12:23C'est-à-dire que la Russie, à partir du moment où on lui refuse un accord,
00:12:28elle a le choix entre cesser la guerre,
00:12:31et donc s'avouer vaincu, ce qui est impossible,
00:12:35ou alors accélérer dans la guerre.
00:12:38Ce qui, pour le moment, n'est pas le chemin que la Russie a choisi,
00:12:41mais qui est le chemin qu'elle pourrait prendre d'ici 12 à 24 mois.
00:12:46– Comment les conséquences vont évoluer pour les Français
00:12:51avec cette reprise de la guerre au niveau de l'inflation,
00:12:55de l'énergie, du pouvoir d'achat des Français ?
00:12:57– Alors là, on est sur le volet iranien.
00:13:01Le volet iranien et Moyen-Oriental, en réalité, la guerre,
00:13:04alors c'est intéressant, le mot que vous venez d'utiliser, c'est reprise.
00:13:07– Alors, je me permets de partager avec tous ceux qui nous écoutent
00:13:14un point de vue qui n'est pas du tout majoritaire,
00:13:18voire qui est très peu évoqué,
00:13:19mais qui, à mon sens, va alimenter utilement la réflexion de chacun.
00:13:25Moi, je ne pense pas que ce soit une reprise.
00:13:27Je pense que c'est la continuité de la guerre
00:13:31qui a démarré avec l'opération Rising Lion en 2025.
00:13:35Et cette guerre des 12 jours, on a appelé la guerre des 12 jours,
00:13:38ne s'est jamais terminée.
00:13:40Et donc, je pense que nous sommes confrontés,
00:13:42ou en tout cas, qu'il y a une probabilité non négligeable,
00:13:44que nous soyons confrontés à un nouveau type de guerre,
00:13:46qui est la guerre itérative et la guerre par étapes.
00:13:49Et donc, ce n'est pas une grande offensive,
00:13:53éternelle et ininterrompue.
00:13:54À la limite, la guerre en Ukraine est extrêmement classique
00:13:57sur cet aspect-là.
00:13:58La Russie est intervenue, elle a envahi l'Ukraine,
00:14:02l'Ukraine a repoussé la Russie, il y a des lignes de front.
00:14:06Mais la guerre ne s'est jamais arrêtée.
00:14:09Et toutes les guerres, d'ailleurs, sont sur cette dynamique-là,
00:14:11historiquement.
00:14:12Ce sont des guerres qui commencent et qui, un jour, s'arrêtent.
00:14:15Alors, elles sont courtes, elles sont longues,
00:14:17mais elles sont continues pendant toute leur durée.
00:14:20Là, aujourd'hui, sur ce qui se passe au Moyen-Orient contre l'Iran,
00:14:24on est sur, clairement, différentes phases stratégiques
00:14:28qui, à chaque fois, permettent à la coalition israélo-américaine
00:14:36de reconstituer ses forces, d'adapter sa stratégie.
00:14:38Donc, pour moi, on est vraiment dans une guerre itérative
00:14:40qui se fait par étapes.
00:14:42Reconstituer ses stocks, réapprovisionner ses missiles antimissiles,
00:14:47améliorer ses défenses antiaériennes.
00:14:50Donc, on est dans des phases.
00:14:51Et chaque moment de pause, en réalité, a été décidé
00:14:56par les israélo-américains.
00:14:59Je vais aller plus loin.
00:15:01Les marchés sont complètement gérés.
00:15:05Je ne vais pas dire manipulés.
00:15:08Gérés, administrés par une communication de main de maître
00:15:12réalisée par la Maison-Blanche.
00:15:14On aime Trump, on n'aime pas Trump, ce n'est pas le sujet.
00:15:16Vous avez bien vu qu'à chaque fois que les marchés
00:15:19montrent des signes de fébrilité,
00:15:20il arrive quelque chose de la Maison-Blanche,
00:15:23des informations de la Maison-Blanche,
00:15:26des fuites de la Maison-Blanche,
00:15:28une information officielle de la Maison-Blanche,
00:15:30un tweet de Donald Trump,
00:15:32quelle que soit l'heure du jour et de la nuit,
00:15:34qui va complètement calmer et permettre de prendre à contre-pied
00:15:38tous ceux qui, à un moment donné,
00:15:40commençaient à douter ou être un petit peu fébrile.
00:15:43C'est assez remarquable.
00:15:45On est sur le worst-case scénario,
00:15:46c'est-à-dire le scénario du pire.
00:15:48Pour l'économie mondiale, le détroit d'Ormuz est bloqué,
00:15:5120% du pétrole mondial manque,
00:15:54le gaz, c'est compliqué,
00:15:56les engrais, c'est 40% en moins,
00:15:58et pourtant, alors que ça a été modélisé mille fois,
00:16:03alors que tout devrait s'effondrer,
00:16:05non seulement tout tient,
00:16:06mais tout continue à aller de l'avant.
00:16:08C'est remarquablement bien piloté,
00:16:10aussi bien d'un point de vue de communication vis-à-vis des marchés
00:16:13que d'un point de vue militaire,
00:16:16avec des stop-and-go qui sont, à mon sens,
00:16:20absolument pas le fruit du hasard.
00:16:22On nous a expliqué que l'Occident,
00:16:26la plupart des pays concernés par ce choc,
00:16:28avaient puisé dans leurs réserves de pétrole,
00:16:31ceux de l'AIE notamment.
00:16:33Où en sommes-nous de ces réserves aujourd'hui ?
00:16:35– Alors, nous avons très peu d'informations,
00:16:39ce qui est une information en soi, d'ailleurs.
00:16:41J'irais même que l'information principale
00:16:44réside bien plus souvent, quand on est en guerre,
00:16:46dans ce qu'on ne nous dit pas,
00:16:47que par rapport à ce que l'on nous dit.
00:16:49Et ce que l'on nous dit doit toujours être pris avec des pincettes.
00:16:52Là, aujourd'hui, il n'y a pas de communication spécifique sur les réserves.
00:16:56Il n'y a pas de communication spécifique sur l'utilisation future
00:17:01des réserves toujours détenues et toujours disponibles.
00:17:04Ce que l'on sait, c'est qu'il y a eu des opérations américaines
00:17:11pour faire sortir un certain nombre de superpétroliers du Golfe
00:17:17et donc réapprovisionner et remplir à nouveau un certain nombre de réserves.
00:17:24Le détroit d'Hormuz est fermé officiellement,
00:17:27officieusement, en fait, ça passe.
00:17:29Les navires sont escortés par la marine américaine.
00:17:33Les transpondeurs sont éteints.
00:17:35Les bombardements qu'actuellement mènent les États-Unis
00:17:38visent à rendre aveugles les forces iraniennes
00:17:42capables de menacer, justement, la circulation dans le détroit d'Hormuz
00:17:46et de retirer de la main des Iraniens et du gouvernement iranien
00:17:50cette carte de chantage au trafic dans le détroit d'Hormuz
00:17:54et ce chantage économique.
00:17:56Donc, on est dans une situation, là aussi, extrêmement confuse
00:18:02où nous n'avons pas de vrais chiffres
00:18:04mais où nous pouvons penser que le pétrole passe.
00:18:07Des réserves ont été reconstituées.
00:18:09Ça n'a pas empêché les prix de repartir à la hausse.
00:18:13Vous voyez qu'on est plutôt aux alentours de 85 dollars le baril.
00:18:15On est loin des 120 dollars que nous avions atteints au tout début de la guerre.
00:18:19On est loin aussi des 150 à 180 dollars le baril
00:18:23que nous avait promis, que l'on redoutait
00:18:27en donnant la perspective d'un nouveau choc pétrolier
00:18:31comparable à celui de 73.
00:18:33Alors, ce chiffre, il est vrai, ce chiffre de 150 dollars le baril
00:18:37voire même 180 à 200 dollars le baril
00:18:40ce sont les chiffres que l'on obtient
00:18:42quand on modélise une baisse de 20%
00:18:47de la production mondiale
00:18:51et de l'accessibilité à cette production.
00:18:53Aujourd'hui, ça a été, encore une fois,
00:18:55compensé par des stocks,
00:18:56compensé par des opérations de libération
00:18:59sous protection militaire
00:19:00de quantités phénoménales
00:19:03qui étaient dans les superpétroliers bloquées là-bas.
00:19:07Le patron de Total, M. Pouyanné, a dit il y a quelques jours
00:19:12qu'effectivement, il était en discussion
00:19:16avec un certain nombre de compagnies maritimes
00:19:17pour pouvoir faire retourner des superpétroliers dans le Golfe
00:19:21refaire le plan.
00:19:22Donc, voilà, il y a beaucoup de choses qui se passent,
00:19:26très peu de choses qui transpirent,
00:19:29ce qui est évidemment logique.
00:19:30Nous n'allons pas donner notre stratégie aux Iraniens
00:19:34qui sont, dans cette affaire, nos ennemis directs
00:19:39et avec lesquels nous avons des intérêts,
00:19:42évidemment, totalement opposés.
00:19:44Est-ce que les Français doivent, cet été,
00:19:47redouter une nouvelle flambée des prix sur leur carburant ?
00:19:50Alors, elle a commencé, là, on repasse les 2 euros le litre
00:19:54pour le carburant.
00:19:55Donc, la hausse des prix sur les carburants commence à nouveau.
00:20:02De toute façon, nous allons connaître une volatilité importante
00:20:07sur les carburants avec des hausses et des baisses
00:20:10en fonction, vous le voyez très bien, de l'actualité,
00:20:14des tensions, repées, réaccords, pas réaccords, pas repées.
00:20:19En fait, encore une fois, nous sommes dans la même guerre itérative
00:20:22qui a démarré en 2025, cette guerre vise à annihiler
00:20:27les capacités militaires iraniennes.
00:20:31Elle vise également à supprimer le gouvernement iranien,
00:20:36la théocratie iranienne et la monarchie iranienne.
00:20:42Tant que ces 2 buts-là ne seront pas atteints,
00:20:45il est fort probable que nous poursuivions,
00:20:49dans ce que j'appelle cette guerre itérative,
00:20:52par étapes successives, encore une fois,
00:20:54qui sont des étapes profondément décidées
00:20:57et dictées par les besoins de la coalition américano-israélienne.
00:21:03– On a donc ces 2 fronts en Europe, au Moyen-Orient,
00:21:08ces marchés qui battent toujours des records,
00:21:11des États qui continuent de s'endetter,
00:21:13nos banques centrales, la BCE, on va en parler dans un instant,
00:21:16qui restent sous pression et pourtant tout semble calme.
00:21:19Est-ce que c'est le calme avant la tempête ?
00:21:21Et si oui, quelles tempêtes les marchés refusent-ils de voir ?
00:21:25– Alors là, je pense que la première tempête,
00:21:30grosse tempête géopolitique que les marchés refusent de voir,
00:21:34c'est effectivement la gravité de la situation militaire
00:21:38sur les 2 fronts que sont l'Ukraine d'un côté,
00:21:42avec des risques d'extension qui n'ont pas disparu.
00:21:45Il y a de véritables risques d'extension du conflit.
00:21:48Ça ne veut pas dire que la Russie fera le choix de la solution du pire.
00:21:54Ça ne veut pas dire non plus que la Russie ne fera pas ce choix-là.
00:21:57Sur l'histoire du Moyen-Orient, on voit bien les difficultés
00:22:04auxquelles sont confrontées les armées russes en Ukraine
00:22:08avec cette guerre des drones.
00:22:09et l'Ukraine qui aujourd'hui arrive à endiguer complètement l'avancée russe
00:22:14et à la faire patiner par un recours massif aux drones.
00:22:17On voit bien que la guerre a changé de nature.
00:22:19Cette guerre qui a changé de nature pour la Russie en Ukraine,
00:22:23elle change de nature également pour les États-Unis et les Israéliens en Iran.
00:22:29Et on voit bien que c'est difficile pour eux aussi aujourd'hui
00:22:34de vaincre l'Iran,
00:22:36de la même manière qu'il est difficile pour la Russie de vaincre l'Ukraine.
00:22:42On est donc aujourd'hui confrontés là aussi
00:22:47à des difficultés pour Israël et pour les États-Unis
00:22:52dans l'atteinte de leurs objectifs militaires contre l'Iran.
00:22:57Là aussi, on a des risques d'enlisement de conflits.
00:23:00On a des risques d'accroissement de ce conflit
00:23:04qui pourrait devenir régional et au-delà.
00:23:08On a bien évidemment la tentation pour la Russie et pour la Chine
00:23:13de faire une Ukraine à l'envers aux Américains et aux Israéliens
00:23:18et donc de les engluer dans ce conflit contre l'Iran
00:23:23comme la Russie est engluée dans le conflit en Ukraine.
00:23:26Donc ce risque géopolitique, les coûts humains, les coûts économiques,
00:23:33éventuellement les coûts possibles d'extension et d'aggravation de ces conflits
00:23:37ne sont pas pris en compte par les marchés.
00:23:40La deuxième chose qui n'est pas prise en compte par les marchés,
00:23:43toujours sur le côté géopolitique,
00:23:46c'est évidemment ce que moi j'appelle le Yalta 2.0,
00:23:49c'est-à-dire une partition du monde qui est en gestation
00:23:52mais qui n'est toujours pas réalisée entre évidemment
00:23:56les trois grandes puissances actuelles qui sont la Russie et les États-Unis
00:24:01qu'on trouvait au Yalta 1.0,
00:24:04mais l'Angleterre, le Royaume-Uni de Churchill
00:24:07est évidemment remplacé par la Chine de Xi Jinping, évidemment.
00:24:13Voilà, donc là on est, et les conflits que nous avons au Moyen-Orient
00:24:18comme en Ukraine sont clairement des guerres chaudes
00:24:21liées à cette négociation, à cette nouvelle partition du monde
00:24:26qui arrivera avec ce Yalta 2.0
00:24:30quand les grands de ce monde réussiront à se mettre d'accord
00:24:33et ils finiront par réussir à se mettre d'accord.
00:24:36La seule question à se poser, c'est après combien de morts ?
00:24:39Voilà, c'est combien de millions de morts il faudra ?
00:24:41Alors la dernière fois, c'était en 1945
00:24:45et vous voyez le nombre de morts qu'il y avait eues
00:24:47dans ce deuxième conflit mondial.
00:24:49On peut espérer que ce ne sera pas autant,
00:24:53on n'en prend pas forcément le chemin.
00:24:55Et enfin, il y a un risque économique qui n'est pas vu par les marchés
00:24:59et ce risque économique majeur, c'est celui avant tout
00:25:03de la dette des États et donc le risque obligataire.
00:25:06Et justement, ce risque obligataire, vous le dénoncez
00:25:08dans toutes vos publications, vos vidéos, Charles Sanna.
00:25:12Pourquoi est-ce là que pourrait naître la prochaine crise ?
00:25:15Parce que c'est le maillon faible, c'est le point faible.
00:25:18C'est le point faible dans le sens où on voit bien
00:25:22qu'aujourd'hui, tous les grands pays endettés
00:25:25ont un problème de croissance économique.
00:25:27Et donc, globalement, si vous regardez bien les chiffres,
00:25:32vous dépensez plus de dettes sur PIB
00:25:35que vous ne réalisez d'euros de croissance.
00:25:37Pour le résumer plus clairement, en France, aujourd'hui,
00:25:41notre déficit entre 5 et 6% du PIB,
00:25:46ça veut dire qu'à chaque fois qu'on crée 100 euros de richesse,
00:25:49on en a dépensé 5 à 6 en nouvelles dettes.
00:25:52Pour créer quoi ?
00:25:54Au mieux, un euro de croissance.
00:25:56Donc, aujourd'hui, la croissance française est maintenant attendue à 0,5%.
00:26:03Ça veut dire que 50 centimes d'euros de richesse sont créés
00:26:08contre 6 euros de nouvelles dettes.
00:26:11Autant vous dire que dépenser 6 pour gagner 50 centimes,
00:26:16même un enfant de 5 ans a bien compris que ce n'était pas une très bonne idée,
00:26:20ni économique, ni mathématique.
00:26:22Donc, on est dans cette situation-là.
00:26:24Alors, on est dans cette situation-là aux États-Unis,
00:26:26on est dans cette situation-là en Angleterre,
00:26:28on est dans cette situation-là en Allemagne.
00:26:31Bon, l'Allemagne, elle part de bien plus bas en termes d'endettement,
00:26:33donc elle a encore de la marge de progression.
00:26:36Mais pour les États-Unis, pour la France, c'est nettement plus compliqué.
00:26:40On a la BCE qui va se réunir cette semaine,
00:26:43les 22 et 23 juillet, après avoir déjà relevé ses taux.
00:26:47C'était le cas le mois dernier, en juin.
00:26:49Alors, entre le risque inflationniste, une croissance à taux,
00:26:54et l'endettement des États, est-ce qu'on doit s'attendre encore
00:26:57à une nouvelle hausse de taux de la part de la BCE ?
00:27:00– Sans doute.
00:27:03Ce qui n'est pas forcément une excellente idée, mais sans doute.
00:27:08La BCE a déclaré qu'elle ne ferait pas la même erreur qu'en 2022,
00:27:15qu'elle ne serait pas en retard sur l'inflation.
00:27:18Donc, la BCE va sans doute augmenter encore un petit peu ses taux,
00:27:23sans normalement les remonter aussi hauts que ce qu'elle avait pu faire
00:27:27dans le cycle de resserrement monétaire précédent.
00:27:33Néanmoins, je reste persuadé qu'elle ne peut pas le faire encore extrêmement longtemps,
00:27:39et qu'elle devra à un moment donné intervenir,
00:27:42parce que se pose évidemment, de manière extrêmement prégnante,
00:27:46ce problème d'endettement des États,
00:27:48et que la BCE ne pourra sans doute pas laisser faire
00:27:53des taux de marché à 4 ou 5% durablement,
00:27:58parce que ce n'est tout simplement pas supportable
00:28:00pour les États les plus endettés de la zone euro,
00:28:03à commencer par la France et l'Italie.
00:28:06– Et en cas de choc sur les dettes souveraines,
00:28:10ou sur les taux d'intérêt, est-ce que les banques privées européennes
00:28:13sont en capacité de résister à quelque chose
00:28:17qui viendrait les heurter dans les mois qui viennent ?
00:28:19– Non, pas du tout, tout ça est de toute manière à chaque fois
00:28:22complètement illusoire, de même que la garantie des dépôts
00:28:25est complètement illusoire.
00:28:26Bon, dans le FGDR, qui est le Fonds de garantie des dépôts
00:28:30et de résolution des faillites bancaires,
00:28:33vous avez quelques milliards d'euros
00:28:38qui sont eux-mêmes investis en obligations d'État.
00:28:41Donc, s'il y avait un gros problème sur les obligations d'État,
00:28:46le FGDR, la plupart de sa trésorerie
00:28:48ne seraient même pas immobilisables
00:28:50parce que, d'abord, elle est structurellement
00:28:54complètement insuffisante, on est de l'ordre de 1 pour 1 000,
00:28:57donc bon, c'est illusoire.
00:28:59Donc, tout ça, ce sont des outils qui sont là
00:29:02pour assurer simplement de la confiance.
00:29:08Si jamais tout devait aller mal,
00:29:10aucune banque privée ne pourra résister ni tenir.
00:29:14la seule manière que les choses tiennent,
00:29:18c'est évidemment une intervention massive de la banque centrale
00:29:22qui, par définition, n'a aucune limite.
00:29:25C'est-à-dire que la banque centrale,
00:29:27peu de n'importe quel pays,
00:29:29peut vous créer autant de monnaie qu'elle le souhaite.
00:29:32Donc, par définition,
00:29:34et c'est pour ça qu'on dit sur les marchés
00:29:36qu'on ne joue jamais contre une banque centrale,
00:29:38c'est qu'une banque centrale,
00:29:40c'est des pantalons sans fond dans les poches.
00:29:43Donc, c'est sans limite.
00:29:45Si demain, les banques centrales veulent sauver
00:29:48la totalité des banques,
00:29:50eh bien, elles sauveront la totalité des banques.
00:29:52Ce sera un choix politique
00:29:53et ce sera un choix de politique monétaire.
00:29:56Ce choix-là, il a déjà été fait.
00:29:58Il a été fait, souvenez-vous,
00:30:01Mario Draghi, à l'été 2011,
00:30:03au pire des craintes sur l'avenir de la zone euro,
00:30:06quand il arrive et qu'il siffle la fin de partie,
00:30:09mais littéralement.
00:30:10C'est-à-dire qu'on était en crise,
00:30:12il parle deux secondes après,
00:30:13la crise est terminée.
00:30:14Et il dit, l'euro est irréversible
00:30:18et whatever it takes,
00:30:20et quoi qu'il en coûte,
00:30:22ce sera irréversible
00:30:24et je ferai ce qu'il faut.
00:30:26Voilà.
00:30:26– Et une BCE a encore la liberté
00:30:28de sauver des banques comme ça
00:30:30en rachetant des dettes ?
00:30:31– Bien sûr, bien sûr.
00:30:33– Ce n'est pas ce qui s'était passé en 2007
00:30:36quand on a dû renflouer les banques privées
00:30:41avec de l'argent de l'État.
00:30:42– Bien sûr.
00:30:44On peut recommencer.
00:30:45– On peut recommencer à l'infini ?
00:30:47– On peut recommencer à l'infini,
00:30:49pas l'État, puisque…
00:30:50– Oui, maintenant, c'est fini.
00:30:51– Vous avez bien vu que l'État,
00:30:52là, ça allait être compliqué pour l'État français
00:30:54de donner des sous à ces banques
00:30:57si elles allaient mal.
00:30:59Donc, ce ne sera pas l'État français qui viendra,
00:31:01ce sera la banque centrale qui, en dernier recours,
00:31:04qui, en dernier ressort,
00:31:06qui, quand plus rien ne fonctionne,
00:31:09on appelle le capitaine Flamme.
00:31:10– Donc, on va vous dire,
00:31:11mais tout va bien, Madame la Marquise.
00:31:13Si la BCE peut arriver en dernier recours
00:31:16et sauver la situation,
00:31:17on peut se dire la Sainte BCE, quoi.
00:31:20– Mais pourquoi croyez-vous
00:31:21que les marchés ne réagissent pas ?
00:31:23– Parce que, justement,
00:31:24ils se disent, de toute manière,
00:31:26Sainte Fed et Sainte BCE
00:31:28et Sainte Bank of England, BOE,
00:31:33interviendront,
00:31:34la nouvelle trinité des marchés financiers
00:31:36qui sauvera la banque.
00:31:38Bien sûr, c'est là-dessus que les marchés…
00:31:40– Mais plus on injectera de liquidités dans l'économie,
00:31:43plus l'argent qu'on a dans les poches
00:31:45n'aura de valeur.
00:31:47– Évidemment, puisque si les injections
00:31:50ou la création monétaire
00:31:52sont par définition illimitées
00:31:54pour les banques centrales,
00:31:55elles sont sans limite,
00:31:56elles ne sont pas sans conséquence.
00:31:58Donc, il ne faut pas confondre,
00:32:00et votre remarque est excellente,
00:32:02il ne faut évidemment pas confondre
00:32:04le sans limite avec le sans conséquence.
00:32:07Le fait de créer de la monnaie
00:32:08va bien entendu venir dévaloriser
00:32:12la valeur de chaque unité monétaire.
00:32:15C'est l'inflation.
00:32:16Alors, vous savez,
00:32:16il y a deux manières de définir l'inflation.
00:32:19Pour les gens, l'inflation,
00:32:20c'est généralement
00:32:22la hausse généralisée du niveau des prix.
00:32:25Ça, c'est la première manière
00:32:27de voir l'inflation.
00:32:28Et puis, si on change d'angle de vue,
00:32:30la deuxième manière de voir l'inflation,
00:32:32c'est de dire simplement
00:32:33il faut plus de monnaie
00:32:34pour acheter la même chose.
00:32:36Donc, en fait,
00:32:37ce ne sont pas les prix qui augmentent,
00:32:38c'est la valeur de la monnaie
00:32:40qui diminue.
00:32:41Quand vous avez un choc pétrolier
00:32:43auquel nous sommes confrontés actuellement,
00:32:46vous êtes sur de l'inflation
00:32:47de hausse des prix.
00:32:50Mais quand vous voyez l'or
00:32:51qui augmente et qui passe
00:32:52de 300 dollars l'once,
00:32:54il y a 30 ans,
00:32:55moins de 300 dollars l'once
00:32:56au milieu des années 90,
00:32:59250 dollars l'once,
00:33:01à 5000 dollars l'once,
00:33:03ce n'est pas l'or qui a augmenté.
00:33:05– C'est la monnaie qui a baissé.
00:33:06– C'est la monnaie qui a baissé
00:33:07de manière structurelle
00:33:09pendant 35 ans.
00:33:10Et donc,
00:33:11c'est juste un étalon,
00:33:12un baromètre
00:33:12qui vous permet de quantifier
00:33:15la perte de valeur
00:33:16de votre monnaie
00:33:17qui est absolument considérable.
00:33:18Et quand les Français disent
00:33:19oh là là,
00:33:19avec l'euro,
00:33:20qu'est-ce que tout est devenu cher ?
00:33:22Contrairement à ce qu'ils pensent,
00:33:24contrairement à ce que pense
00:33:26la rue,
00:33:28oui,
00:33:29ils ont raison
00:33:30de dénoncer
00:33:31ce qu'ils vivent,
00:33:32c'est-à-dire
00:33:32un véritable appauvrissement,
00:33:34mais les raisons
00:33:35ne sont pas l'euro,
00:33:36la raison n'est pas l'euro,
00:33:38la raison,
00:33:39c'est l'inflation
00:33:41et le fait que les salaires,
00:33:43eux,
00:33:43n'ont pas du tout suivi
00:33:46la même progression
00:33:48que les prix.
00:33:49– Ce qui n'est pas le cas
00:33:50dans certains pays
00:33:50comme la Turquie,
00:33:51par exemple.
00:33:52– Ce qui n'est pas le cas
00:33:52en Turquie,
00:33:53mais ce qui n'est pas le cas
00:33:53non plus en Suisse.
00:33:55– Oui.
00:33:56– En Suisse…
00:33:57– Les salaires suivent l'inflation.
00:33:58– Les salaires,
00:33:59non seulement,
00:33:59suivent l'inflation,
00:34:01mais vous avez
00:34:01un véritable enrichissement
00:34:03de la population suisse,
00:34:06ce n'est pas le cas
00:34:06de la population européenne
00:34:07dans son ensemble,
00:34:08des pays du Nord
00:34:09aux pays du Sud.
00:34:10– On a donc aujourd'hui
00:34:11une dette publique
00:34:12qui a dépassé
00:34:13les 3 600 milliards d'euros.
00:34:16On nous a expliqué
00:34:17pendant des décennies,
00:34:19certains continuent à le faire,
00:34:20que cette dette publique
00:34:21n'avait aucune conséquence
00:34:23pour nous autres.
00:34:25Qu'est-ce qui a changé aujourd'hui ?
00:34:27– Mais ce qui a changé aujourd'hui,
00:34:29ce sont les taux.
00:34:30C'est-à-dire que quand,
00:34:30évidemment,
00:34:31vous empruntez à zéro,
00:34:33voire même à des taux négatifs,
00:34:34et que de gentils prêteurs
00:34:36sont prêts à vous donner
00:34:38de l'argent
00:34:38pour vous prêter de l'argent.
00:34:41– Des prêteurs
00:34:41dont on ignore tout d'ailleurs.
00:34:43– Ce qui est une aberration.
00:34:44Les prêteurs,
00:34:45on les connaît,
00:34:45c'était la Banque Centrale Européenne.
00:34:47Mais quand on est évidemment
00:34:49dans cette situation-là,
00:34:52nos hommes politiques,
00:34:53qui sont vraiment des gens
00:34:54avec une immense vista,
00:34:55si vous voulez,
00:34:56qui ne commandent pas les Canadaires.
00:34:58Quand ils commandent les Canadaires,
00:34:59après ils annulent
00:34:59les commandes de Canadaires
00:35:00pour économiser 90 millions d'euros,
00:35:05tout en vous disant
00:35:06que le réchauffement climatique est là,
00:35:08et donc il va y avoir des problèmes.
00:35:09Mais ils annulent les solutions
00:35:10aux problèmes
00:35:11qu'ils nous expliquent
00:35:12qu'ils vont quand même se passer.
00:35:14On est à un niveau
00:35:14de pathologie intellectuelle
00:35:16qui est quand même
00:35:16assez significatif.
00:35:20Ils s'empruntent.
00:35:22Quand ils ont des taux à zéro,
00:35:23ils se disent
00:35:24mais c'est génial,
00:35:25il faut s'endetter encore plus,
00:35:26c'est le moment.
00:35:27Alors bon,
00:35:28s'ils avaient eu l'intelligence
00:35:30de prendre des dettes
00:35:31à ce moment-là
00:35:31pour financer
00:35:33des centrales nucléaires,
00:35:34pour faire baisser
00:35:35le prix de l'énergie
00:35:35pour les entreprises,
00:35:36pour relocaliser massivement
00:35:38des sociétés de production.
00:35:39S'ils avaient eu l'intelligence
00:35:41de construire beaucoup de barrages
00:35:42pour gérer l'eau,
00:35:44avec même des pipelines,
00:35:45d'accord ?
00:35:46Mais pas des pipelines
00:35:46pour le pétrole,
00:35:47des pipelines pour l'eau
00:35:48et pour irriguer
00:35:49aussi bien le Portugal,
00:35:51l'Italie
00:35:52que même à des soyons fous
00:35:53puisqu'on a du gaz
00:35:54qui arrive par tuyaux d'Algérie,
00:35:56où on pourrait imaginer même
00:35:57de l'eau qui arrive de chez nous
00:36:00jusqu'au Maghreb
00:36:02et donc on pourrait commercer
00:36:04avec notre eau,
00:36:05qu'on pourrait dessaler,
00:36:07qu'on pourrait gérer les hivers.
00:36:10Alors vous avez remarqué quand même
00:36:11qu'on est passé au printemps
00:36:14d'une situation
00:36:15où nous étions en vigilance rouge
00:36:17pour les crus
00:36:18à une situation
00:36:19où nous sommes en vigilance rouge
00:36:21pour les incendies de forêt
00:36:22et de la sécheresse.
00:36:24– De crise en crise.
00:36:25– Et entre-temps,
00:36:26personne ne se dit
00:36:27que l'eau qui coule trop
00:36:29l'hiver et le printemps,
00:36:30ça serait bien de la garder
00:36:32pour quand il fait sec l'été.
00:36:33Et là, vous dites bassines,
00:36:34barrages,
00:36:35ah là là,
00:36:35les petites grenouilles,
00:36:36les oiseaux,
00:36:37les machins,
00:36:37bon, bref.
00:36:38Tout ça est un délire absolu.
00:36:41Mais ces gens-là
00:36:43nous ont endettés
00:36:44quand ce n'était pas cher.
00:36:45Et aujourd'hui,
00:36:46que les taux retrouvent
00:36:49tout simplement
00:36:49l'argent,
00:36:50on retrouve un prix.
00:36:52L'argent est en train
00:36:53de retrouver un prix.
00:36:53Je rappelle que le taux d'intérêt,
00:36:55c'est simplement
00:36:55le prix de l'argent,
00:36:57le prix du crédit,
00:36:58donc le prix de l'argent.
00:36:59Combien coûte l'argent ?
00:37:00Si je veux acheter de l'argent,
00:37:02c'est-à-dire emprunter de l'argent,
00:37:03combien ça coûte ?
00:37:04Eh bien aujourd'hui,
00:37:05on s'approche de 4 %,
00:37:06on a 3,90 ans,
00:37:07allez,
00:37:08mais arrondissons
00:37:09pour être plus simple
00:37:11en termes de calcul mental.
00:37:143 500 milliards d'euros
00:37:15de dettes à 4 %,
00:37:17ce n'est pas du tout
00:37:17le même service de la dette
00:37:19et les mêmes intérêts à payer
00:37:22que quand on est à zéro.
00:37:24Donc à 4 %,
00:37:25c'est assez simple,
00:37:26c'est 140 milliards d'euros.
00:37:28140 milliards d'euros,
00:37:29j'invite tous ceux
00:37:30qui nous écoutent
00:37:31à aller regarder
00:37:31sur le site de Bercy
00:37:34quel est le budget de l'État
00:37:35et quelles sont
00:37:35les recettes fiscales.
00:37:36Les recettes fiscales,
00:37:38c'est entre 350
00:37:39et 380 milliards d'euros.
00:37:40Donc ça représente
00:37:41la moitié quasiment
00:37:43des recettes de l'État.
00:37:45Ça représente
00:37:47presque deux fois
00:37:48le budget de l'éducation nationale
00:37:49avec tous les collèges,
00:37:50tous les lycées,
00:37:50toutes les écoles confondues
00:37:52et 1 million d'enseignants.
00:37:55Donc je vous laisse imaginer
00:37:57ce que c'est
00:37:58140 milliards d'euros
00:37:59d'intérêts à payer
00:38:00tout en sachant
00:38:01que chaque année,
00:38:02on continue avec un déficit
00:38:03qui dépasse les 5%.
00:38:05Donc 5% d'un PIB
00:38:07de 3 000,
00:38:08c'est encore
00:38:08200 milliards,
00:38:10150 et 200 milliards
00:38:11d'euros de dettes supplémentaires
00:38:13qu'il va falloir financer
00:38:14là encore à 4%.
00:38:16Bref,
00:38:17c'est ça qui a changé.
00:38:18C'est le prix de l'argent.
00:38:19Et donc ce prix de l'argent
00:38:21qui augmente,
00:38:22l'obligation à 10 ans
00:38:23qui est à 3,9
00:38:25et à 30 ans
00:38:26à 4,6,
00:38:27c'est taux.
00:38:28Quand on les analyse
00:38:29et quand on voit
00:38:31ceux qui ont précédé,
00:38:32on peut légitimement
00:38:34calculer
00:38:35le jour
00:38:36où on sera
00:38:36dans le mur.
00:38:38Oui.
00:38:40Où les marchés
00:38:41se diront
00:38:42on ne peut plus
00:38:43prêter à la France
00:38:44parce qu'elle ne pourra
00:38:45plus nous rembourser
00:38:46même les intérêts.
00:38:47Oui.
00:38:48On y est.
00:38:49On y est.
00:38:50On y est.
00:38:51On ne peut plus rembourser.
00:38:52Là, on va quand même
00:38:53pour...
00:38:54On rembourse
00:38:5470 milliards
00:38:58d'euros
00:38:58d'intérêts
00:38:59cette année.
00:39:00On ne rembourse pas.
00:39:01On ne rembourse pas.
00:39:02On emprunte.
00:39:03On paye.
00:39:03On emprunte pour rembourser.
00:39:05On paye 70 milliards
00:39:06d'intérêts
00:39:06puisqu'on ne rembourse pas
00:39:07le capital.
00:39:08Oui, on paye.
00:39:08Donc on paye 70 milliards
00:39:10d'intérêts.
00:39:11On ne rembourse pas
00:39:12les 3 500 milliards
00:39:13de dettes
00:39:14qui continuent de grossir
00:39:15du montant du déficit
00:39:16de chaque année en cours
00:39:175 à 6 %.
00:39:19Et pour payer tout ça,
00:39:21comme nous n'avons pas d'argent,
00:39:22nous empruntons
00:39:2370 milliards
00:39:25pour payer
00:39:2570 milliards d'intérêts.
00:39:27Donc évidemment,
00:39:28on y est.
00:39:29D'accord ?
00:39:30Dans le mur.
00:39:30Nous y sommes.
00:39:31C'est d'ailleurs
00:39:34un peu l'heure de vérité, là.
00:39:36La question qui se pose,
00:39:38c'est
00:39:39cette heure de vérité
00:39:40va-t-elle sonner
00:39:43lorsque nous allons faire…
00:39:44Et je vais partager
00:39:46avec vous
00:39:46et avec tous ceux
00:39:47qui nous écoutent
00:39:48un petit scénario.
00:39:50Un scénario
00:39:51qui vraiment,
00:39:52toute ressemblance
00:39:53avec des personnages
00:39:55existants et réels,
00:39:57serait purement…
00:39:58fortuites.
00:39:59Fortuites.
00:40:00Donc, imaginez,
00:40:02imaginez que
00:40:02une certaine Christine,
00:40:04elle,
00:40:05qui serait
00:40:07grande mamamouchette
00:40:08d'une grande banque centrale
00:40:10quelque part dans le monde,
00:40:12démissionne,
00:40:14quitte ses fonctions
00:40:16quelques semaines
00:40:18ou quelques mois
00:40:18avant une élection présidentielle
00:40:20dans un grand pays européen.
00:40:22On en parle.
00:40:24Et imaginons,
00:40:26imaginons
00:40:26que
00:40:28tout démarre
00:40:30à la rentrée,
00:40:32à l'automne
00:40:322026
00:40:33par une discussion
00:40:37budgétaire
00:40:37qui tourne
00:40:38au pugilat électoral
00:40:39et au psychodrame
00:40:41à l'Assemblée nationale.
00:40:43Parler de l'élaboration
00:40:45du budget 2027.
00:40:46Bien sûr.
00:40:47Qui va démarrer là,
00:40:48à la rentrée 2026.
00:40:48Qui aurait déjà dû démarrer,
00:40:50mais qui ne démarre pas d'ailleurs.
00:40:51Mais qui va falloir démarrer
00:40:52à un moment donné.
00:40:53Il va falloir qu'on vote
00:40:54un budget pour 2027.
00:40:56Alors là,
00:40:57il pourrait tout à fait
00:40:58y avoir
00:40:58un petit stress
00:40:59sur les marchés.
00:41:01Et ce stress
00:41:02sur les marchés
00:41:03serait l'occasion rêvée
00:41:06de lancer
00:41:08une candidature
00:41:08de la dernière chance
00:41:11qui mettra à peu près
00:41:12tout le monde d'accord
00:41:12à commencer par les élites
00:41:14et sans doute en partie
00:41:16une majorité
00:41:17du peuple français
00:41:18et je vous dirai pourquoi.
00:41:20Et donc,
00:41:21imaginons qu'il y ait
00:41:22une crise,
00:41:23qu'on commence
00:41:25à douter
00:41:26de la solvabilité
00:41:28de la France,
00:41:28que les agences
00:41:29de notation
00:41:30commencent à dégrader
00:41:31notre souveraine,
00:41:32que nos taux d'emprunt
00:41:34commencent à s'envoler
00:41:35et là,
00:41:36ce n'est pas le capitaine
00:41:37de flammes qui arrive.
00:41:38– C'est Christine L.
00:41:39– Christine L arrive
00:41:41et avant même
00:41:42les élections,
00:41:43par sa posture,
00:41:45son discours rassurant
00:41:47et sérieux,
00:41:49par sa compréhension
00:41:50des mécanismes,
00:41:52par son expérience
00:41:53pendant des années
00:41:55à la tête
00:41:56d'une grande banque centrale
00:41:57du monde,
00:41:58Christine L ramène
00:42:00le calme
00:42:01sur les marchés.
00:42:02– On a voulu
00:42:03nous faire le coup
00:42:04avec Jacques Delors
00:42:05en 1995,
00:42:07ça n'est pas arrivé,
00:42:08il revenait de la commission,
00:42:09pas de la BCE lui,
00:42:10mais…
00:42:10– Je pense que ça
00:42:11pourrait fonctionner
00:42:12cette fois-ci.
00:42:13Elle coche toutes les cases.
00:42:14Elle est une dame
00:42:16opposée à Mme Le Pen.
00:42:18– Mais elle est avocate.
00:42:20– Les Français voteront
00:42:21si on leur fait très peur
00:42:23et s'ils ont très peur,
00:42:25les Français voteront
00:42:26pour le candidat
00:42:27ou la candidate
00:42:28qui leur semblera capable
00:42:31de leur assurer
00:42:32la stabilité
00:42:34la plus importante.
00:42:35Et d'ailleurs,
00:42:37si nous faisons
00:42:38un retour en arrière,
00:42:40Christine Lagarde,
00:42:40lorsqu'elle est nommée…
00:42:41Oh zut,
00:42:42j'ai donné son nom.
00:42:43Christine Lagarde,
00:42:44Christine L, pardon,
00:42:45lorsqu'elle est nommée
00:42:46à la tête de la BCE,
00:42:47vous savez qu'elle vient
00:42:48du FMI.
00:42:49– Oui.
00:42:49– Et donc,
00:42:50entre le moment
00:42:51où elle quitte le FMI
00:42:52ou elle rentre…
00:42:53– Et avant de Bercy.
00:42:54– Et avant,
00:42:55elle était ministre
00:42:55de l'économie.
00:42:56Et entre ce moment-là
00:42:58où elle est plus au FMI
00:42:59où elle n'est pas encore
00:43:00à la BCE,
00:43:01elle donne une interview
00:43:03sur une chaîne radio
00:43:05dont je ne me souviens plus,
00:43:06peu importe.
00:43:08Et elle a ses propos
00:43:10qui sont extrêmement clairs.
00:43:12Et elle dit
00:43:13si les Français
00:43:14ont le choix
00:43:16entre leur épargne
00:43:17et leur salaire,
00:43:19ils choisiront leur salaire.
00:43:22les propos sont extrêmement clairs.
00:43:24– Donc,
00:43:25est-ce qu'il y a un risque
00:43:27de voir des mesures exceptionnelles
00:43:29prises sur l'épargne
00:43:31des Français
00:43:32si les finances publiques
00:43:34sont déjà dans le mur ?
00:43:36Alors qu'elles sont déjà
00:43:37dans le mur ?
00:43:37– La future présidente
00:43:38de la République
00:43:38y avait répondu très clairement.
00:43:40– Mais comment ça se fait ?
00:43:42Enfin, concrètement,
00:43:43on va prendre l'épargne
00:43:44des Français,
00:43:45sérieusement ?
00:43:45– On ne va pas prendre
00:43:47l'épargne des Français.
00:43:48– On va s'en servir.
00:43:49– Non, non, non, attendez.
00:43:50Nous sommes dans un pays libre.
00:43:52– Oui, un État de droit.
00:43:53– Démocratique.
00:43:54Un étoile de droit.
00:43:56– Voilà.
00:43:56– Pas un État illibéral.
00:43:59Nous avons un conseil constitutionnel.
00:44:01– Nous avons évidemment
00:44:02des contre-pouvoirs.
00:44:03– On est entre deux bonnes mains.
00:44:05– Donc, on ne prendra pas
00:44:06l'épargne des Français.
00:44:08Il y aura simplement
00:44:09un emprunt obligatoire.
00:44:11D'accord ?
00:44:12Donc, mais c'est très différent
00:44:13juridiquement.
00:44:14C'est-à-dire que vous forcez
00:44:16à me prêter de l'argent,
00:44:18c'est pas vous voler
00:44:19l'argent.
00:44:19En échange, je vous donne
00:44:20un titre de dette.
00:44:22– Qui a beaucoup de valeur.
00:44:23– Qui a beaucoup de valeur
00:44:24auxquelles tout le monde croit.
00:44:26D'accord ?
00:44:26Mais je ne vous ai pas spolié.
00:44:29Et si éventuellement
00:44:30les choses allaient mieux,
00:44:31éventuellement peut-être
00:44:32un jour, qui sais-je,
00:44:34pourrais-je peut-être
00:44:35vous rembourser ?
00:44:35Et puis, si je vous rembourse
00:44:37et que je ne peux pas le faire,
00:44:39rien ne m'empêchera
00:44:40de vous remettre
00:44:41un autre emprunt obligatoire
00:44:42dans cinq ans
00:44:44pour rembourser le premier.
00:44:45Donc, voilà.
00:44:46– Mais non, non,
00:44:47vous ne serez pas spolié.
00:44:51Vous serez simplement
00:44:53mis à contribution
00:44:54via un impôt,
00:44:57un emprunt obligatoire,
00:44:58une participation exceptionnelle,
00:45:00peu importe.
00:45:02Et sans doute,
00:45:03un petit peu de tout ça
00:45:04en même temps,
00:45:06ça ira de la baisse
00:45:07des pensions de retraite
00:45:08ou du gel
00:45:09de la réindexation
00:45:11de tous les minimas,
00:45:13de tous les minimas sociaux,
00:45:16des pensions de retraite,
00:45:18etc.,
00:45:19jusque très certainement,
00:45:20effectivement,
00:45:21à une participation
00:45:22via un emprunt obligatoire
00:45:23si la situation
00:45:26était vraiment hors de contrôle.
00:45:29Ce qui, je pense,
00:45:30ne sera pas le cas
00:45:31entre un certain nombre
00:45:34de réformes
00:45:36et de baisses de dépenses,
00:45:38entre un certain nombre
00:45:39de hausses,
00:45:41notamment soit d'impôts,
00:45:43de fiscalité,
00:45:44soit d'emprunts obligatoires
00:45:45et une assistance,
00:45:47évidemment,
00:45:48de la Banque centrale européenne
00:45:50pour assurer la liquidité
00:45:51sur le marché
00:45:52de la dette française
00:45:52et faire baisser
00:45:53les taux d'emprunt
00:45:55de la dette française.
00:45:55Donc, via des rachats
00:45:57de dettes françaises
00:45:58par la BCE,
00:45:59vous retournerez
00:46:01à une forme de stabilité.
00:46:04Mon petit doigt me dit
00:46:05que la tentation
00:46:07pourrait surtout être
00:46:07politiquement
00:46:08de profiter
00:46:10de cette situation
00:46:15pour obtenir un résultat
00:46:17aux élections présidentielles.
00:46:21– On nous a vendu,
00:46:24on va parler de croissance
00:46:25pour terminer avec vous,
00:46:27Charles Sanna,
00:46:27une croissance
00:46:28donc à 1,1%.
00:46:30Cette année,
00:46:31finalement,
00:46:32l'INSEE,
00:46:33la Banque de France,
00:46:34prévoit 0,5%.
00:46:37On le reçoit beaucoup
00:46:39sur TV Liberté,
00:46:40il s'agit de Jacques Sapir,
00:46:41il évoque plutôt
00:46:42une stagnation,
00:46:43voire même une récession,
00:46:44c'est-à-dire une croissance
00:46:45avec un moins devant.
00:46:47Quel est votre scénario
00:46:49à vous ?
00:46:49– Je pense que Jacques
00:46:50a parfaitement raison.
00:46:52– La récession
00:46:53qui nous attend,
00:46:53zéro ou moins quelque chose ?
00:46:55Et zéro ou moins quelque chose ?
00:46:57Donc là, vous avez vu…
00:46:58– Parce que l'année dernière,
00:47:00on nous avait prévu
00:47:00un mauvais taux
00:47:01et puis finalement,
00:47:02ça a été un petit peu relevé
00:47:03à la fin,
00:47:04à la toute fin,
00:47:05en nous disant,
00:47:06vous voyez,
00:47:06on a réussi quand même
00:47:07à redresser la barre.
00:47:09– Il y a quelque chose
00:47:10que les gens ne regardent pas,
00:47:11c'est le poids
00:47:13de la consommation énergétique
00:47:14dans le PIB.
00:47:16Vu les prix de l'énergie,
00:47:17on arrive à avoir
00:47:18une croissance
00:47:19qui correspond
00:47:19à notre dépense énergétique
00:47:21qui est en très forte augmentation.
00:47:23Donc en fait,
00:47:25on est sur une croissance
00:47:26qui est honnêtement
00:47:27complètement bidonnée,
00:47:28c'est-à-dire que
00:47:29non seulement l'énergie,
00:47:32elle est là
00:47:33pour 0,5% de croissance.
00:47:36Ensuite,
00:47:36vous avez l'endettement
00:47:38du PIB,
00:47:39d'accord ?
00:47:39Donc vous avez
00:47:40un taux d'endettement,
00:47:41c'était ce que je vous disais
00:47:42tout à l'heure,
00:47:42on emprunte 6
00:47:43pour faire 1 de croissance.
00:47:44La belle affaire,
00:47:45en réalité,
00:47:47vous n'avez fait que 0,5%
00:47:48quand vous faites 1 de croissance,
00:47:49si vous retirez
00:47:50le poids de l'énergie
00:47:51dans cette croissance,
00:47:52vous êtes à 0,5%
00:47:53au lieu de 1
00:47:54et de toute manière,
00:47:55vous avez emprunté 6.
00:47:56Donc en fait,
00:47:56vous êtes à moins 5,5%
00:47:58en croissance nette.
00:48:00Donc la France
00:48:01est structurellement
00:48:02en récession
00:48:03depuis des années
00:48:03et c'est ce qui fait
00:48:05que les Français
00:48:06ressentent d'ailleurs
00:48:07ce déclassement économique
00:48:08de manière significative.
00:48:10C'est juste
00:48:11de ressentir
00:48:12ce déclassement.
00:48:12C'est juste
00:48:13que les raisons
00:48:14qu'on leur donne
00:48:15ou les raisons
00:48:16qu'ils pensent être
00:48:18explicatives,
00:48:18pardon,
00:48:19de ce déclassement
00:48:21ne sont pas les bonnes.
00:48:23Donc là,
00:48:24nous avons eu
00:48:24d'abord
00:48:25le choc
00:48:26de la guerre
00:48:29au Moyen-Orient,
00:48:30le choc pétrolier.
00:48:33Nous venions
00:48:33d'avoir la canicule,
00:48:34vous avez vu,
00:48:35ils ont allongé
00:48:36les durées
00:48:37des soldes d'été
00:48:38parce que les gens
00:48:39ne sortaient pas
00:48:39tellement il fait chaud
00:48:40et il fait tellement chaud
00:48:41depuis tellement longtemps
00:48:42qu'en fait,
00:48:42les gens ne sortent pas.
00:48:44Ensuite,
00:48:45nous allons avoir
00:48:46la reprise de la guerre.
00:48:47Là,
00:48:48ça reprend
00:48:48avec les prix
00:48:50du pétrole
00:48:51qui réaugmentent
00:48:51et donc les prix
00:48:52de carburant
00:48:52qui réaugmentent.
00:48:53Ça vient faire une ponction
00:48:54dans le pouvoir
00:48:55d'achat des ménages.
00:48:56Et puis,
00:48:56nous allons avoir
00:48:57le psychodrame
00:48:58des discussions budgétaires
00:49:00de cet automne
00:49:01avec peut-être
00:49:02une crise financière
00:49:03soit à l'automne,
00:49:05soit pendant l'hiver,
00:49:08partie plutôt 2027,
00:49:11juste avant les élections,
00:49:13là,
00:49:13que le sauveur,
00:49:13que la sauveuse
00:49:14puisse avoir
00:49:17son rôle
00:49:19assuré.
00:49:20Dominique Strauss-Kahn,
00:49:21ça n'a pas pu fonctionner,
00:49:22donc on nous refourgue
00:49:23Christine L.
00:49:24Voilà,
00:49:25exactement.
00:49:26Donc bon,
00:49:27ça,
00:49:27ça devrait fonctionner,
00:49:28en tout cas,
00:49:29surtout s'il y a
00:49:29un petit stress
00:49:30des marchés.
00:49:31Donc voilà,
00:49:33la sauveuse apparaît,
00:49:34ça ne sera pas
00:49:35un homme providentiel
00:49:36mais une femme providentielle.
00:49:37et puis voilà,
00:49:41mais ça veut dire
00:49:42que vous aurez
00:49:42très certainement,
00:49:44côté économie,
00:49:45un calme plat
00:49:46de chez très très très plat
00:49:47et que personne
00:49:49ne va vouloir investir,
00:49:50personne ne va vouloir consommer.
00:49:51Le taux d'épargne
00:49:52des ménages
00:49:53qui est déjà au plus haut
00:49:53va sans doute
00:49:54continuer à augmenter
00:49:56parce que les gens
00:49:57comprennent bien
00:49:57qu'évidemment,
00:49:58la situation n'est pas bonne.
00:49:59Donc quand c'est ça,
00:50:01quand vous êtes un gouvernement
00:50:02et quand vous êtes
00:50:03un dirigeant français,
00:50:04vous faites n'importe quoi,
00:50:05mais enfin,
00:50:05quand vous êtes
00:50:06un citoyen français lambda
00:50:09et un gueux,
00:50:10vous ne faites pas n'importe quoi
00:50:11parce que vous n'avez pas
00:50:12le loisir de faire n'importe quoi.
00:50:14Donc évidemment,
00:50:14vous serrez les boulons
00:50:15et vous faites en sorte
00:50:17de mettre plus de côté
00:50:18parce que les temps
00:50:19deviennent plus incertains.
00:50:20Donc c'est extrêmement rationnel,
00:50:22c'est extrêmement logique,
00:50:23c'est extrêmement prudent
00:50:24et c'est tout à fait
00:50:25ce qu'il faut faire.
00:50:26Donc c'est sans doute
00:50:28ce qui va se passer,
00:50:30ce qui va s'amplifier
00:50:31et ce qui va peser
00:50:32sur la croissance
00:50:33en fin d'année
00:50:34et donc je pense
00:50:35que les prévisions
00:50:35de Jacques Sapir
00:50:36qui consistent à dire
00:50:37que la petite récessionnette
00:50:40à moins zéro quelque chose,
00:50:42elle n'est pas exclue.
00:50:43Moi,
00:50:44je suis exactement
00:50:44sur cette ligne-là.
00:50:45Je pense qu'on peut
00:50:46tout à fait avoir
00:50:46un taux de croissance
00:50:47entre zéro et moins un
00:50:50à la fin de l'année
00:50:51sans que ce soit
00:50:51une très très grosse surprise.
00:50:53On a donc des dirigeants
00:50:55qui, semble-t-il,
00:50:56vivent dans un monde
00:50:57qui n'existe pas.
00:50:58On a en face de ces gens-là
00:51:01un retour du réel
00:51:03qui se profile.
00:51:04C'est quoi votre scénario central
00:51:06pour les douze prochains mois ?
00:51:08On terminera là-dessus,
00:51:09Charles Sennard.
00:51:10Une crise de la dette,
00:51:12à minima.
00:51:15Et donc,
00:51:16la question qui se pose,
00:51:18c'est est-ce que le système
00:51:19a décidé de laisser
00:51:20les clés du camion
00:51:21au Rassemblement national
00:51:23pour régler le problème
00:51:25ou est-ce que le système
00:51:26ne voudra pas laisser
00:51:27la clé du camion
00:51:28au Rassemblement national
00:51:32et donc opterait,
00:51:33par exemple,
00:51:34pour une solution
00:51:35comme Christine Lagarde.
00:51:37Pour pousser une candidature
00:51:39de Christine Lagarde,
00:51:41il faudrait un petit stress
00:51:43et une petite crise de la dette
00:51:45sur la France
00:51:48lors de la campagne électorale.
00:51:50Donc, on va dire plutôt
00:51:51fin 2026, début 2027.
00:51:53Alors que si on laisse
00:51:54les clés du camion
00:51:55au Rassemblement national,
00:51:57il faudrait plutôt
00:51:58que le système
00:51:59obtienne une stabilité
00:52:00et donc une crise de la dette
00:52:02qui serait après
00:52:03les élections de 2027.
00:52:05Voilà, ma réflexion,
00:52:07elle tourne autour
00:52:07de ces deux solutions-là.
00:52:10Bon, alors,
00:52:11si évidemment on avait
00:52:12LFI et Jean-Luc Mélenchon,
00:52:14il est à peu près sûr
00:52:15que la crise de la dette,
00:52:16elle arrive le soir même
00:52:17de l'élection.
00:52:18Les taux français
00:52:19sont à 10%.
00:52:20La France est en faillite
00:52:21en 48 heures.
00:52:23Ça va être extrêmement rapide.
00:52:25Voilà.
00:52:25Donc, une Christine,
00:52:27elle, qui sera appelée
00:52:28en renfort pour éteindre
00:52:30le feu qui s'est déclenché
00:52:32dans les caisses de Versy
00:52:33depuis des années.
00:52:34Ça va être le peut-être,
00:52:37peut-être.
00:52:37Le feuilleton de la rentrée.
00:52:39Le duel des L,
00:52:40donc entre Christine L
00:52:42ou Marine L.
00:52:43Oui.
00:52:43Voilà.
00:52:45Merci à vous,
00:52:46Charles Sanna,
00:52:47d'avoir accepté
00:52:48notre invitation.
00:52:49C'est déjà la fin
00:52:50de cet entretien.
00:52:52Tout de suite après,
00:52:52vous pouvez retrouver
00:52:53la chronique
00:52:54de Philippe Béchade.
00:52:55Quant à nous,
00:52:56on se retrouve
00:52:56la semaine prochaine.
00:52:58À bientôt.
00:52:58Salut.
00:53:19Bonjour et bienvenue
00:53:21pour ce rendez-vous
00:53:22et demandaire
00:53:22de décryptage
00:53:23de l'actualité économique
00:53:24et géopolitique
00:53:25en mode affranchi.
00:53:26Je salue tous les abonnés
00:53:28de TV Liberté
00:53:29pour cet épisode
00:53:30que je vais intituler
00:53:31« Nous avons un double problème
00:53:34d'emploi et de dette ».
00:53:38Alors en ce qui concerne l'emploi,
00:53:42on espérait peut-être
00:53:43que le président
00:53:44en dirait deux mots
00:53:46lors du traditionnel discours
00:53:50du 14 juillet.
00:53:53Bon là, on a compris
00:53:54que ce n'était pas réellement
00:53:56un discours,
00:53:57mais que la presse
00:53:58allait recueillir
00:53:59des fortes paroles,
00:54:02des engagements.
00:54:03Et le seul
00:54:04que l'on ait pu répertorier,
00:54:07c'est l'engagement
00:54:08de la France
00:54:08auprès de l'Ukraine
00:54:10et la constitution
00:54:13d'une coalition
00:54:15pour aller contenir
00:54:17les ambitions territoriales
00:54:19de la Russie.
00:54:20Une Russie qui,
00:54:21je vous le rappelle,
00:54:22est complètement enlisée.
00:54:24On n'arrête pas
00:54:25de nous le répéter
00:54:26sur la rive est
00:54:28du Dnieper,
00:54:30à tel point d'ailleurs
00:54:31que les troupes ukrainiennes
00:54:34reprennent petit à petit
00:54:35du terrain.
00:54:39Donc, englués en Ukraine,
00:54:41en revanche,
00:54:42Poutine prépare
00:54:43la grande offensive
00:54:44contre l'Europe
00:54:45et avec notre président.
00:54:48Nous nous préparons
00:54:50à repousser
00:54:51les chars russes.
00:54:55C'est en tout cas
00:54:56une annonce
00:54:57qui fera certainement
00:54:58plaisir au secteur
00:55:00de l'armement
00:55:01parce qu'en ce moment,
00:55:02on manque un petit peu
00:55:03de munitions.
00:55:05Mais est-ce que
00:55:06le secteur de l'armement
00:55:07peut créer
00:55:08suffisamment d'emplois ?
00:55:10Car de l'emploi,
00:55:11eh bien,
00:55:11il n'en est jamais
00:55:13question dans les déclarations
00:55:16du président.
00:55:17Alors oui,
00:55:17il se vante que la France
00:55:18soit le quatrième pays
00:55:20en termes d'investissement
00:55:23de la part des étrangers,
00:55:25mais des investissements
00:55:26qui ne créent pas d'emplois.
00:55:29C'est quand même
00:55:29assez singulier.
00:55:31On nous annonce
00:55:3190 milliards
00:55:33investis en France
00:55:35pour 15 000 emplois.
00:55:37Oups !
00:55:38Ça fait 6 millions d'euros
00:55:41par emploi.
00:55:44Il y a peut-être
00:55:45moyen
00:55:46de faire mieux.
00:55:47En tout cas,
00:55:49le manque
00:55:50d'embauche
00:55:51aujourd'hui
00:55:52ne semble
00:55:53soucier personne.
00:55:54En tout cas,
00:55:55au gouvernement,
00:55:55c'est un tabou.
00:55:57Or,
00:55:58il y a un vrai problème
00:55:59d'embauche
00:56:00des jeunes diplômés.
00:56:02Que vous ayez
00:56:03Bac plus 2,
00:56:04Bac plus 3,
00:56:05Bac plus 5,
00:56:06aujourd'hui,
00:56:07les entreprises
00:56:08n'embauchent plus.
00:56:09Alors,
00:56:10c'est vrai que
00:56:10tout est bloqué
00:56:11en fait depuis
00:56:12le 28 février dernier.
00:56:13Les incertitudes géopolitiques
00:56:15paralysent un petit peu
00:56:17les entreprises.
00:56:18Et puis,
00:56:18maintenant,
00:56:19on commence déjà aussi
00:56:20à se montrer frileux
00:56:24par rapport à la campagne
00:56:26présidentielle de 2027.
00:56:28Et puis,
00:56:28on craint éventuellement
00:56:30une dissolution.
00:56:32on ne sait jamais
00:56:34quelle initiative
00:56:35pourrait être prise
00:56:37par le président
00:56:39pour essayer,
00:56:41on imagine,
00:56:42de rendre la tâche
00:56:44très difficile
00:56:45à un parti
00:56:48peut-être plus à droite
00:56:49que ce que nous avons eu
00:56:50au gouvernement
00:56:51depuis maintenant
00:56:53une vingtaine d'années.
00:56:55Bon,
00:56:56confier les rênes
00:56:57du pays
00:56:59aux Rennes,
00:57:00c'est en fait
00:57:02lui confier
00:57:03la bombe
00:57:04à retardement
00:57:06de la dette.
00:57:07Ben oui,
00:57:08évidemment,
00:57:09c'était dans le titre.
00:57:11Une dette
00:57:12qui va croître
00:57:13à nouveau
00:57:14de plus de 6%
00:57:15cette année
00:57:16parce que
00:57:17la croissance française
00:57:18est revue
00:57:19à la baisse.
00:57:21Si on a 0,5,
00:57:23on sera bien content.
00:57:24Mais 0,5,
00:57:25quand on a 3,5%
00:57:27d'inflation,
00:57:28ça veut dire
00:57:29en réalité
00:57:29que le PIB
00:57:30recule
00:57:32de 3%.
00:57:33Et le pouvoir
00:57:35d'achat
00:57:35des ménages,
00:57:36ce qui est
00:57:37la réalité
00:57:38de ce que
00:57:38les Français
00:57:39peuvent consacrer
00:57:40à leurs dépenses,
00:57:43eh bien,
00:57:43ce pouvoir d'achat
00:57:44est en berne.
00:57:45Alors évidemment,
00:57:46les statistiques
00:57:47officielles
00:57:48essayent de
00:57:49gommer
00:57:50cette réalité,
00:57:51mais on voit
00:57:52que les dépenses
00:57:54sont en train
00:57:55de se rapprocher
00:57:56de 0.
00:57:58Et ça,
00:58:00c'est évidemment
00:58:00un autre argument
00:58:02pour ne pas
00:58:03embaucher
00:58:04parce que si on comprend
00:58:05ou qu'on anticipe
00:58:06que les Français
00:58:07vont moins dépenser,
00:58:09eh bien,
00:58:10pourquoi accroîtrait-on
00:58:11la production
00:58:12et dans ces conditions,
00:58:14pourquoi embaucherait-on
00:58:15si l'on va
00:58:17vers un marché
00:58:18de plus en plus étroit
00:58:19et avec
00:58:21moins
00:58:22de débouchés ?
00:58:24Et puis la dette,
00:58:25ça aussi,
00:58:26un autre inconvénient,
00:58:27c'est qu'à un moment,
00:58:28les créanciers
00:58:29peuvent perdre
00:58:31patience,
00:58:32donc ça,
00:58:33généralement,
00:58:34c'est un coup de semence
00:58:35sur les taux d'intérêt,
00:58:36voire ils perdent confiance
00:58:37et là,
00:58:38alors,
00:58:39c'est le scénario
00:58:40à la grecque.
00:58:41Bon,
00:58:41je n'imagine pas
00:58:42un seul instant
00:58:43que cela puisse se passer
00:58:44en France
00:58:45parce que
00:58:45le scénario
00:58:47sera le scénario
00:58:48à l'italienne,
00:58:49une BCE
00:58:50devant sauver
00:58:51à tout prix
00:58:52l'euro
00:58:52et qui achètera
00:58:53les emprunts français
00:58:54à tire-larigot,
00:58:56donc c'est pas ça
00:58:57vraiment le problème,
00:58:58mais les taux
00:58:59pourraient continuer
00:58:59de monter
00:59:00et dans ces conditions,
00:59:02on peut dire
00:59:02que l'immobilier
00:59:03serait littéralement
00:59:04moribond.
00:59:05Alors,
00:59:06où sont les taux
00:59:07aujourd'hui ?
00:59:08Le disant français
00:59:09vient de flirter
00:59:11avec les 4%.
00:59:13On est monté
00:59:15jeudi dernier
00:59:16à 3,97%
00:59:19et quand on regarde
00:59:21la courbe,
00:59:21eh bien,
00:59:21elle progresse
00:59:22de façon inexorable,
00:59:25ce qui,
00:59:26évidemment,
00:59:26alourdit
00:59:27le coût
00:59:28de la dette,
00:59:29je pense qu'on doit
00:59:29être autour
00:59:30de 70 milliards,
00:59:32vous me direz,
00:59:33c'est presque
00:59:34anecdotique
00:59:35en regard
00:59:36des 1 400 milliards
00:59:38que coûte
00:59:40la dette
00:59:40aux États-Unis,
00:59:42c'est-à-dire
00:59:4220 fois plus,
00:59:44mais le problème,
00:59:45c'est qu'en France,
00:59:47on ne crée
00:59:48du déficit
00:59:49que pour faire
00:59:51de la redistribution
00:59:52sociale,
00:59:53alors qu'aux États-Unis,
00:59:54certes,
00:59:55ils s'enfoncent
00:59:56dans le déficit,
00:59:57enfin,
00:59:57regardez quand même
00:59:58en face,
00:59:58vous avez
00:59:59les leaders
01:00:00de la tech,
01:00:01vous avez
01:00:01les 7 magnifiques,
01:00:03vous avez
01:00:03tous les champions
01:00:05de l'IA
01:00:06et on peut dire
01:00:07également
01:00:08de l'aérospatial
01:00:10puisque avec
01:00:11SpaceX,
01:00:13les États-Unis
01:00:14sont passés
01:00:15maintenant devant
01:00:15tous les autres pays,
01:00:17de notre côté,
01:00:18Europe,
01:00:19ARIA ne volent
01:00:20quasiment plus,
01:00:22il n'y a plus
01:00:22que les Chinois
01:00:23qui peuvent
01:00:23à peu près
01:00:24soutenir
01:00:25la comparaison.
01:00:26Tiens,
01:00:27les Chinois,
01:00:28justement,
01:00:29on compte sur eux
01:00:30pour sauver
01:00:31notre industrie automobile
01:00:33que l'on a
01:00:34coulé
01:00:36sciemment
01:00:37avec toutes
01:00:38les réglementations
01:00:40écologiques
01:00:41et aujourd'hui,
01:00:44on a été
01:00:45incapable,
01:00:46évidemment,
01:00:46d'être concurrentiel
01:00:47sur les véhicules électriques,
01:00:49donc on demande
01:00:49aux Chinois
01:00:50de venir éventuellement
01:00:51les assembler
01:00:52chez nous,
01:00:53notamment à Rennes
01:00:54par exemple.
01:00:56Eh bien,
01:00:56vous voyez,
01:00:57là,
01:00:57on en revient toujours
01:00:58à ce problème
01:01:00d'emploi,
01:01:01c'est que
01:01:02l'industrie automobile
01:01:03risque de licencier
01:01:05des centaines
01:01:06de milliers
01:01:06de salariés,
01:01:07pas seulement en Europe,
01:01:09mais ça risque
01:01:11de faire un total
01:01:12impressionnant.
01:01:13Rappelez-vous
01:01:14de cette annonce
01:01:14de Volkswagen,
01:01:16100 000 salariés
01:01:17licenciés.
01:01:18Pour vous remercier
01:01:19de votre fidélité,
01:01:21nous vous invitons
01:01:22à télécharger gratuitement
01:01:23notre rapport spécial
01:01:25qui contient
01:01:26notre solution
01:01:26pour préserver
01:01:27votre épargne
01:01:28face à la montée
01:01:30des tensions géopolitiques
01:01:32et qui pourrait même
01:01:33déboucher
01:01:33sur une nouvelle
01:01:34guerre mondiale.
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