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  • il y a 1 heure
L’Europe est-elle prête à encaisser une guerre commerciale avec Donald Trump ? Entre menaces de droits de douane, tensions sur les marchés et enjeux stratégiques autour du Groenland, l’économie européenne se retrouve sous pression comme jamais. Quels secteurs risquent de souffrir ? Quels sont les vrais risques pour les citoyens et les entreprises ? L’Europe peut-elle limiter les dégâts et préserver sa souveraineté ?

Pour répondre à ces questions, Politique & Eco reçoit Sylvain Tiger, fondateur d’Ultrabourse et cofondateur de la lettre économique Les Incorruptibles. Une émission de décryptage complète pour comprendre les choix cruciaux, les stratégies possibles et ce que cette guerre commerciale signifie vraiment pour l’Europe… et pour vous. (Emission enregistrée le mercredi 21 janvier, avant la levée des menaces douanières de Trump)


A la suite de "Politique & Eco", retrouvez la chronique financière de Philippe Béchade intitulée :"Quand Trump parle, a-t-il raison ?".

Philippe Béchade est rédacteur en chef de La Chronique Agora et La Lettre des Affranchis aux @Publications Agora.

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Transcription
00:00Générique
00:01Bonjour à tous et bienvenue dans Politique et éco, au programme cette semaine, la guerre commerciale.
00:26L'Europe et Emmanuel Macron semblent aujourd'hui engagés dans un bras de fer surréaliste avec Donald Trump en toile de fond, un projet explosif,
00:35l'annexion du Groenland par les États-Unis et en réponse une escalade économique qui pourrait coûter très cher aux pays européens, notamment à la France.
00:44L'Union européenne a-t-elle réellement les moyens d'affronter la première puissance mondiale ?
00:49Est-elle prête à encaisser une guerre commerciale alors qu'elle dépend des États-Unis pour son énergie, sa finance et sa sécurité ?
00:57Pour décrypter cette situation inédite, ses conséquences économiques et financières, nous recevons aujourd'hui Sylvain Tiger, fondateur d'Ultrabourse
01:07et cofondateur, avec Olivier Delamarche, de la lettre économique, les incorruptibles. Sylvain, bonjour.
01:14Bonjour Pierre.
01:15Sylvain, on va parler d'Emmanuel Macron tout de suite avec vous pour commencer cette émission.
01:22Il était au Forum économique de Davos et a dénoncé en anglais et avec des lunettes de soleil sur le nez,
01:31une concurrence américaine qui vise à affaiblir et subordonner l'Europe. Qu'est-ce que vous dites de ça ?
01:37Écoutez Pierre, les bras m'ont tombent. Jamais je n'aurais pensé que le but des États-Unis était d'asservir l'Europe
01:45et de l'utiliser comme un vassal pour servir ses intérêts. Vous m'apprenez quelque chose.
01:50Je pense que nous faisons une découverte, nous et tous nos auditeurs, substantielle aujourd'hui.
01:55C'est bien évidemment ironique et ça reflète en fait, si vous voulez, le niveau un petit peu de notre classe politique.
02:01Ça fait des années que vous faites des émissions, que je fais des émissions, qu'un bon nombre de mes amis,
02:07Olivier Delamare, Charles Gave, Philippe Béchade, faisons justement du contenu pour expliquer que l'Europe
02:13et aujourd'hui le dindon de la farce est en fait, si vous voulez, le vassal des États-Unis.
02:20Et notre cher ami Macron, après plusieurs années à servir les intérêts américains, se réveille un beau jour
02:25et puis se dit, tiens, je vais mettre des lunettes, des Ray-Bans bleus et puis je vais aller faire le kéké sur la scène internationale
02:31et je vais dire que je veux des investissements directs chinois.
02:34Alors que je vous le rappelle, Pierre, il y a quelques mois, les Chinois étaient le grand ennemi de l'Europe.
02:38Je vous rappelle, les Américains étaient nos grands amis, puis les Chinois étaient nos ennemis.
02:42Maintenant, les Chinois sont nos amis, les Américains sont nos ennemis.
02:45J'ai un peu de mal à suivre.
02:48Alors, cette guerre commerciale qui semble s'annoncer que vaut l'Union Européenne face aux États-Unis aujourd'hui.
02:54Alors, il y a, si vous voulez, il y a un grand sujet pour analyser ce dossier.
03:00Je répondrai à votre question en deux temps.
03:01Le premier temps, c'est, il y a un concept extrêmement intéressant de l'amiral Loïc Finas, un amiral français,
03:07qui a remis au goût du jour ce qu'il appelle le dialogue mélien.
03:11Le dialogue mélien qui vient de la Grèce antique, c'était le principe selon lequel il ne peut y avoir, si vous voulez,
03:17de justice qu'entre deux puissances égales.
03:20C'est impossible aujourd'hui d'avoir un rapport de force équilibré ou en tout cas une discussion équilibrée entre deux puissances qui sont inégales.
03:29Et aujourd'hui, si on répond à la question du commerce international et du rapport de force entre les États-Unis et la France,
03:37c'est totalement déséquilibré.
03:39Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, l'économie européenne ne peut pas rivaliser avec l'économie américaine.
03:43Donc, pour plusieurs raisons structurelles, c'est qu'en Europe, vous avez justement une énergie qui coûte extrêmement cher.
03:49Je vous le rappelle, suite aux sanctions que nous avons mises sur le pétrole et le gaz russe,
03:53nous devons aujourd'hui importer cette même énergie, soit en passant par des pays tampons.
03:57Donc, typiquement, le pétrole russe qui passe par l'Inde ou par d'autres pays intermédiaires,
04:02qui prennent une marge au passage de 10 ou 20%, je ne sais pas combien, pour ensuite nous le revendre,
04:06ou acheter directement chez les Américains du pétrole ou du gaz de schiste.
04:10Donc, l'économie européenne est structurellement déficiente.
04:14Les Américains, à contrario, bénéficient d'une énergie bon marché.
04:18Puis, je vous rappelle qu'en un coup de fil, ils ont été au Venezuela récupérer le pays
04:24qui a les plus grandes réserves de pétrole enregistrées au monde.
04:27Donc, le pays qui fournit du pétrole aux Chinois et qui, d'ailleurs, posait problème aux Américains
04:32car ce pétrole vénézuélien vendu à la Chine était réglé en Yuan.
04:37Et c'était là le vrai enjeu pour les États-Unis.
04:40C'était de se dire, le dollar qui est la monnaie que tout le monde utilise,
04:43le fameux pétrodollar qui permet aux États-Unis de vivre au-dessus de leurs moyens,
04:47était attaqué parce que les Chinois commençaient, avec l'Arabie Saoudite, avec le Venezuela,
04:52à échanger du pétrole en Yuan.
04:55Et ça, c'était problématique.
04:56On est sur deux puissances qui sont inégales.
04:58Et bien évidemment, c'est, à mon avis, un rapport de force qui est déséquilibré,
05:01très bien pour les Américains, très mauvais pour les Européens.
05:04Donc, je pense que c'est une vaste mascarade.
05:07– Lors de ce discours à Davos, on a entendu le président Macron nous dire
05:12qu'on a un marché avec un pouvoir d'achat fort et une électricité compétitive.
05:19Vous partagez le même bilan que lui ?
05:21– Alors, je partage son bilan si, effectivement, son année de référence,
05:25c'est la France des années 60-70, bien évidemment.
05:28S'il nous parle de la France de 2026,
05:30je pense que notre ami Macron a, effectivement, des problèmes de vision,
05:34auquel cas le port des lunettes est fortement recommandé.
05:38Aujourd'hui, l'électricité en France n'est plus bon marché,
05:40non pas parce que nous n'avons pas les capacités technologiques
05:43d'avoir une énergie bon marché,
05:45mais car nous avons fait le choix de rentrer dans le système européen
05:49de l'électricité qui fait que nous ne produisons pas cher
05:52et nous rachetons notre propre électricité plus chère.
05:54Donc, pour des raisons structurelles, ça n'est pas le cas, c'est totalement faux.
06:00Et en ce qui concerne le pouvoir d'achat des Européens,
06:04l'euro est une devise qui tient, mais je tiens à vous rappeler
06:07que le pouvoir d'achat réel du consommateur aujourd'hui en Europe est en baisse.
06:11Le pouvoir d'achat des ménages est en baisse.
06:13On a un véritable problème de consommation qui est double.
06:17Déjà, un, démographiquement, la population européenne est de plus en plus vieillissante.
06:22Et vous le savez, Pierre, quand une population vieillit,
06:25elle consomme de moins en moins, le pic de consommation,
06:27c'est autour de 40 ans, entre 40 et 50 ans.
06:30Donc, déjà, les pays européens ont une démographie
06:32qui est comprise entre 40 et 55 ans.
06:36On va, si vous voulez, vers la droite de l'échec.
06:40Donc, on a un problème structurel là-dessus.
06:42Et de l'autre, tout simplement, les revenus.
06:45Les revenus des travailleurs et des épargnants européens
06:47sont en stagnation depuis plusieurs années.
06:50Donc, pour moi, c'est un faux argument.
06:54– Quand on entend le ministre du budget, Amélie de Montchalin,
06:58nous expliquer qu'économiquement, l'Europe n'est pas faible,
07:01c'est quoi les atouts européens ?
07:04– Alors, j'aimerais à ce moment-là qu'elle nous explique
07:06quels sont justement ces fameux atouts européens.
07:09Je vais vous donner un chiffre qui est très simple, mon cher Pierre.
07:12Combien pensez-vous que la France produise d'ingénieurs chaque année ?
07:17– Aucune idée.
07:18– Aucune idée ? 50 000.
07:20D'accord ? Combien pensez-vous que la Chine produit d'ingénieurs chaque année ?
07:24– Dix fois plus.
07:25– Même beaucoup plus, c'est 2 millions par an.
07:28La Chine produit 2 millions d'ingénieurs par an, la France 48 000, on va en dire à 50 000.
07:33La France a un déficit structurel d'ingénieurs qui est estimé entre 15 000 à 20 000 par an.
07:37Il nous manque 15 000 à 20 000 ingénieurs par an en France
07:39pour justement faire face au sujet de transition énergétique et dans l'industrie.
07:45La force de l'Europe et la force de la France a très longtemps été son vivier intellectuel.
07:51D'accord ? On disait souvent qu'en France, on n'a pas de matière première,
07:53mais on a de la matière grise.
07:54Donc, on est un pôle d'innovation, on est un pôle intellectuel.
07:57Aujourd'hui, c'est faux.
07:58C'est-à-dire que des pays comme la Chine produisent 2 millions d'ingénieurs par an.
08:02Les mauvaises langues vous diront, oui, mais les ingénieurs chinois ne valent pas les ingénieurs français.
08:05Très bien.
08:06Imaginons qu'un ingénieur français sur deux soit excellent, soit un génie.
08:09Un ingénieur français sur deux ait un niveau correct.
08:12Ça nous donne 25 000 ingénieurs produits par an qui sont d'un niveau exceptionnel.
08:16La Chine, avec ses 2 millions d'ingénieurs, si elle n'en a qu'un pour cent qui sont exceptionnels,
08:20ça fait déjà 20 000 ingénieurs.
08:21Si elle a 3 % d'ingénieurs exceptionnels sur son volume, ça fait 3 fois de 6, 60 000 ingénieurs,
08:263 fois plus qu'en France.
08:27Vous voyez la quantité du nombre.
08:28Donc le pôle aujourd'hui d'innovation technologique dans le monde et le pôle d'innovation intellectuelle
08:32se trouve désormais en Chine.
08:34En Chine qui est le pays, je vous le rappelle, qui aujourd'hui dépose le plus de brevets
08:38en termes de propriété intellectuelle dans le monde devant nos chers amis américains
08:43qui produisent 2 à 300 000 ingénieurs par an.
08:46D'accord ?
08:46Les Américains 200 000, les Chinois 2 millions et les Chinois déposent plus de brevets
08:51aujourd'hui dans le monde que les Américains.
08:52C'était le mercredi 20 janvier.
08:54Le Parlement européen a décidé de suspendre le processus de ratification de l'accord
09:00commercial entre l'Union européenne et les États-Unis qui avait été conclu en juillet
09:06dernier.
09:07Je rappelle qu'on avait conclu avec les États-Unis des droits de douane sur nos exportations
09:12de 15% et en contrepartie acheté 750 milliards de dollars de produits énergétiques, du matériel
09:17américain, 40 milliards de dollars de puces électroniques et l'investissement de 600
09:23milliards de dollars dans les secteurs stratégiques américains.
09:27Si on refuse de ratifier cet accord comme le Parlement européen vient de le décider,
09:35à quoi est-ce qu'on peut s'attendre en retour de la part de Donald Trump ?
09:38– Trump, de toute façon, c'est ce que je disais en préambule de cette émission.
09:43Le dialogue mêlien est un dialogue où, justement, la justice ne peut exister qu'entre
09:48deux puissances égales, d'accord ? Donc là, en gros, la discussion précédente, c'était
09:53les Américains qui disaient aux Européens, c'est très simple, je mets 15% de droits de
09:56douane sur vos produits, puis en échange, vous allez acheter des produits chez moi.
09:59On était doublement perdants.
10:00– Les Européens disent, écoutez, non, nous ne ratifierons pas ça, on ne vous donnera
10:05pas d'argent pour ensuite nous prendre également des droits de douane.
10:08Il mettra les droits de douane à 25%, 30%, 40%.
10:11Que ferons-nous ? Nous avons mis des sanctions sur l'énergie pas chère qu'on pouvait choper
10:16de Russie, d'accord ? Donc on rachète cette même énergie avec un premium, un premium,
10:20c'est-à-dire une prime en français.
10:21La seule alternative qu'on a, c'est de se fournir auprès des Américains.
10:27Si on se fâche avec les Américains et qu'on est fâché avec les Russes, qu'est-ce
10:29qu'on fait ? On ne fait pas grand-chose.
10:31Et deuxièmement, je vous rappelle que tout le matériel militaire européen aujourd'hui
10:36a été commandé aux États-Unis.
10:37Donc on ne peut pas faire décoller un avion, d'accord, en Europe, sans avoir l'aval de
10:43Washington.
10:43Les avions ne décolleront pas.
10:44On veut faire décoller les jets.
10:47Tic, tic, ah, bah tiens, on est sur la piste de décollage, ça ne marche pas parce
10:50qu'on a acheté du matériel américain, c'est Washington qui doit lever la protection.
10:53Donc, si vous voulez, on est bloqué.
10:56Militairement, nous sommes bloqués.
10:57Et quand militairement nous sommes bloqués, on en revient au principe du dialogue mélien
11:00de l'amiral Loïc Finas, on ne peut pas négocier correctement.
11:04On se prendra des droits de douane, on ne pourra pas faire valoir notre puissance militaire.
11:11Auquel cas, la seule issue, la seule sortie de l'Europe aujourd'hui, c'est de venir,
11:14si vous voulez, quémander l'arme nucléaire française.
11:17Mais encore une fois, c'est une situation très paradoxale parce que la France,
11:24effectivement, dispose d'une dissuasion nucléaire, mais la France est également
11:27en situation de faillite économique.
11:28Donc, toujours pareil, c'est une fausse bonne idée.
11:32Je pense que ça se terminera par une compromission, justement, de nos élites,
11:36tant que nous n'avons pas d'alternative à nos partenaires américains.
11:40Et aujourd'hui, on voit qu'il y a une tentative de se rapprocher des Chinois,
11:43mais encore une fois, est-ce que les Chinois peuvent tout nous donner ?
11:46– Emmanuel Macron aime rappeler qu'il compte sur l'indépendance de la France,
11:50sur la souveraineté des États.
11:53Est-ce que, Sylvain Tigueur, vous pouvez nous rappeler
11:56si la France est indépendante vis-à-vis des États-Unis ?
12:00– Vous le savez très bien, mon cher Pierre,
12:03la France n'est bien évidemment pas indépendante vis-à-vis des États-Unis.
12:07Si vous voulez, ça, c'est la vision gaulliste de la France.
12:11Elle n'est plus, d'accord ?
12:12La France, aujourd'hui, fait partie de l'OTAN, discute avec tous les autres pays.
12:17Et puis, la France ne fonctionne pas comme un franc-tireur, d'accord ?
12:21Elle ne fonctionne pas comme quelqu'un qui s'inscrit hors d'un système
12:25et d'une gouvernance établie par les États-Unis,
12:28comme ça pourrait être le cas pour d'autres pays, d'accord ?
12:30La France n'est pas la Corée du Nord.
12:32Donc, bien que les mesures liberticides qu'on a connues depuis 2020
12:37peuvent nous laisser planer quelques doutes.
12:41Aujourd'hui, c'est totalement faux.
12:42C'est une déclaration de communication de notre cher président sortant.
12:46Et comme d'habitude, si vous voulez, ce sont des choses
12:48qui sont absolument fallacieuses et il faut savoir lire entre les lignes.
12:53– L'énergie, la finance, tous nos moyens de paiement,
12:58qui assure tout cela ?
12:59– Alors, l'énergie aujourd'hui, c'est très simple,
13:02américain et historiquement les Russes, d'accord ?
13:06Donc, on continuera d'acheter l'énergie chez ces personnes-là.
13:10Le système financier aujourd'hui français,
13:12c'est un système financier qui fait partie du système américain,
13:15qui est globalisé.
13:16Donc, les flux financiers étant mondiaux,
13:19ça, on peut assez facilement dire que nous faisons partie d'un grand tout
13:22et ce grand tout est aujourd'hui administré par les Américains aux États-Unis.
13:27Et vous me disiez sur le dernier point, donc énergie, finance et…
13:31– Et puis, tout ce qui est nos moyens de paiement,
13:34SWIFT, qui gère tout ça ?
13:36– Tout ça, c'est la même chose, c'est le réseau américain.
13:38De toute façon, nous faisons partie,
13:39nous sommes pieds et points liés en Occident avec les Américains.
13:44Moi, je n'ai rien contre les Américains, je le dis juste qu'on est aujourd'hui
13:48dans une situation où le rapport de force est déséquilibré,
13:50ça fait des années que ça dure, ça n'est pas aujourd'hui qu'il faut se réveiller,
13:54c'était il y a 20 ans qu'il fallait se réveiller.
13:57Aujourd'hui, on peut essayer de gesticuler,
13:59mais avons-nous les moyens de gesticuler aujourd'hui ?
14:02C'est pour ça qu'il fallait le faire il y a 20 ans.
14:04Il y a 20 ans, la France avait une situation géopolitique radicalement différente,
14:08c'était une puissance économique, c'était une puissance diplomatique.
14:10Aujourd'hui, elle n'est ni puissance économique et diplomatiquement parlant,
14:13nous perdons notre superbe année après année, c'est pour ça.
14:16Nous ne sommes pas dans les conditions idéales pour aller,
14:19si vous voulez, pour aller dire à Washington quoi faire.
14:21C'est ça qui me dérange dans le timing de la négociation.
14:25C'est comme si on allait négocier la vente d'un appartement
14:28alors qu'on est en plein deuil, d'accord ?
14:30Moralement, ça ne va pas.
14:32C'est exactement le cas aujourd'hui pour la France.
14:33Nous sommes en deuil, en deuil culturel, économique et financier
14:36et on doit aller se battre au pire moment pour nous.
14:38– La Russie a réussi à se relever à partir de 2014
14:43malgré les sanctions occidentales qui avaient été imposées contre elle.
14:47Est-ce que l'Europe pourra faire de même ?
14:49– Le cas russe est assez spécial,
14:52il faut savoir remettre les choses dans leur contexte.
14:54C'est un pays qui dispose en fait de matières premières,
14:57d'un réservoir de matières premières gigantesques.
15:00Donc quand on a ce type de configuration,
15:02c'est totalement différent, c'est radicalement différent.
15:04En Europe de l'Ouest, vous le savez, nous n'avons pas de gisements
15:08de matières premières illimitées avec du pétrole et du gaz en abondance.
15:11Donc notre économie est intrinsèquement liée
15:14et fut intrinsèquement liée à la transformation.
15:17Je prends les matières premières d'un pays,
15:19je les transforme en Europe dans des usines,
15:21je crée une valeur ajoutée absolument monstre.
15:23La matière première coûte 1 euro, je la transforme
15:25et ce produit transformé, je le vends 10, d'accord ?
15:28Et la transformation, les 9 euros, c'est pour moi en Europe, dans l'industrie.
15:31Cette transformation, elle n'existe plus aujourd'hui en Europe.
15:34Pourquoi ? Parce que l'industrie, ça coûte trop cher en France.
15:37Enfin, en France et en Europe.
15:38L'énergie est trop chère, le droit du travail,
15:40pour toutes les raisons que vous connaissez,
15:42la transformation, on ne peut plus la faire en Europe.
15:44Et elle se fait où ?
15:45Elle se fait dans des dark factories en Chine
15:46ou dans les pays qui étaient dits sous-développés,
15:48qui sont en train de devenir des pays développés.
15:51Donc la valeur ajoutée que nous avions, la transformation,
15:53cet avantage, nous le perdons.
15:55Il faut qu'on se réinvente radicalement.
15:56– On va parler du Groenland dans un instant,
15:59mais Sylvain Tigger, j'aimerais vous entendre
16:01sur ce qu'il serait bon de faire aujourd'hui
16:04pour sortir de l'ornière, dans l'état dans lequel nous sommes.
16:08– Alors, il y a un sujet dont personne ne parle,
16:10mais je pense que c'est un sujet qu'il faut radicalement envisager.
16:14C'est que, étant donné que l'industrie est morte en France,
16:18ou en tout cas en Europe,
16:19il faut qu'on analyse notre siècle de la bonne façon.
16:23Quels sont les grands enjeux de ce XXIe siècle ?
16:26C'est l'infrastructure pour l'intelligence artificielle.
16:29C'est construire des centres de données immenses
16:31qui permettent aux grosses sociétés comme Microsoft, Google,
16:35de louer de l'espace de stockage
16:36pour pouvoir faire tourner leur modèle d'algorithme
16:38et nous prendre un loyer sur le flux de volume
16:42entrant et sortant de ces centres de données.
16:44Ils construisent des centres de données absolument fous aux États-Unis.
16:49Ils en font quelques-uns en Europe du Nord,
16:51mais pas assez à mon goût.
16:52Et je pense qu'en fait, on devrait se positionner
16:54sur l'infrastructure pour l'intelligence artificielle
16:56en donnant un cadre juridique très fort, d'accord ?
16:59Et en utilisant l'économie bon marché,
17:01on avait le nucléaire, il faudrait qu'on utilise le nucléaire
17:03pour justement fournir cette infrastructure numérique à ces sociétés.
17:07Et donc, on retomberait dans l'industrialisation,
17:10mais pas classique, matière première, machin, numérique, d'accord ?
17:14La donnée numérique, c'est de la donnée,
17:16c'est une matière première brute.
17:17Nous, centres de données, on permet de la transformer,
17:19de la stocker, de la diffuser, d'accord ?
17:21Ça, ça serait un truc intelligent.
17:22Est-ce qu'on le fera ?
17:24Vous le savez très bien.
17:25– À son retour, il y a un an à la Maison-Blanche,
17:28Donald Trump avait déjà montré son intérêt pour le Groenland.
17:33Il recommence un an après avoir mis la main sur le pétrole vénézuélien
17:37« Pourquoi veut-il annexer le Groenland alors qu'il a des bases militaires au Groenland,
17:44alors qu'il pourrait demander des concessions minières ?
17:46Pourquoi veut-il en être le propriétaire ? »
17:49– Alors, excellente question.
17:51J'en discutais avec un ami gestionnaire de fonds, justement, en Suisse.
17:55Il y a trois grands facteurs qui font que le Groenland
18:00est extrêmement intéressant pour Trump.
18:01Un, avec justement la fonte des glaces.
18:05Les routes de l'Arctique s'ouvrent.
18:07Et en fait, de façon militaire, c'est une zone clé pour contrôler, justement,
18:11les flux entre la Russie et la Chine.
18:13D'accord ?
18:14Donc, d'un point de vue militaire, c'est extrêmement intéressant pour les Américains d'être là
18:17car ça leur permet d'être au milieu, de voir ce qui se passe entre la Russie et la Chine
18:22et puis, en fait, de pouvoir intervenir dans cette zone-là.
18:24Donc, d'un point de vue militaire, c'est extrêmement intéressant.
18:26D'un point de vue économique, ça permet aux États-Unis d'accéder à des terres rares.
18:33– Au gaz, au pétrole, à l'uranium groenlandais.
18:36– Exactement.
18:36Tout ce qu'ils ont besoin aujourd'hui et qui sont contrôlés en majorité par nos amis chinois.
18:41D'accord ?
18:42Donc, il y a des matières premières, mais il y a aussi des terres rares, d'accord ?
18:44dont les Américains ont aujourd'hui besoin de façon critique pour leur industrie.
18:49Donc, ça, c'est les deux premiers points.
18:52Et puis, le dernier point, effectivement, c'est d'un point de vue strictement économique.
18:56Comme vous l'aviez dit, il y a du pétrole, il y a du gaz.
18:59Et donc, ça paraît, c'est très bon pour les États-Unis.
19:01Donc, militaire, terres rares, matières premières.
19:03– 38 000 milliards de dollars de dette, c'est la dette américaine.
19:10Comment on fait pour acheter une île comme ça, comme le Groenland,
19:14avec une telle dette ?
19:15– Écoutez, l'avantage des Américains, c'est qu'ils ont effectivement
19:18un stock de dette aussi énorme que l'égo de Macron.
19:25En revanche, les Américains disposent de quelque chose
19:28dont Macron, malheureusement, n'a pas l'usage et la disposition.
19:32Ça s'appelle des B-17, d'accord ?
19:34C'est-à-dire que quand je me fâche avec l'Iran,
19:36en une après-midi, j'envoie des B-17, ils traversent le monde,
19:38ils vont bombarder l'Iran.
19:39Et puis, une fois qu'ils ont bombardé Téhéran, ils reviennent, d'accord ?
19:42Ça, c'est l'avantage des États-Unis.
19:4438 000 milliards de dettes, mais des porte-avions, des B-17,
19:47un contrôle de la plus grande armée du monde, de la plus puissante.
19:50Et donc, effectivement, vous êtes un pays surendetté,
19:52mais vous êtes, paradoxalement, le pays qui peut mettre à terre
19:55absolument tout le monde.
19:56Et personne ne peut rien dire en face.
19:59C'est ça l'avantage compétitif absolument,
20:02ce qu'on appelle l'unfair advantage en anglais,
20:05donc l'avantage compétitif des États-Unis.
20:07C'est leur armée, c'est leur puissance, en fait, militaire.
20:09Face au projet de Donald Trump d'annexer le Groenland,
20:14les dirigeants européens ont envoyé quelques soldats sur l'île.
20:18Donald Trump a alors menacé huit pays européens,
20:22dont la France, d'imposer des droits de douane,
20:25allant jusqu'à 25%, voire 200% pour nos vins et champagne.
20:31Mais donc, huit pays européens,
20:34sachant que l'Union européenne est un marché unique,
20:37comment est-ce que ces droits de douane
20:39pourraient fonctionner avec que huit pays sur 27 ?
20:44– Écoutez, en fait, en réalité, c'est un tour de force géopolitique.
20:48L'idée, c'est de dire à Emmanuel Macron,
20:51si tu n'es pas content, je taxe le vin et le champagne.
20:53Donc, LVMH qui est aujourd'hui le premier employeur de France,
20:56la plus belle société française,
20:58celle qui paye le plus d'impôts en France,
20:59c'est l'entreprise qui paye techniquement
21:01le plus d'impôts sur les sociétés en France.
21:04LVMH va toquer à la porte de l'Élysée en disant
21:07bonjour à mes amis, si ça continue, on va peut-être partir
21:10et ça aura des conséquences catastrophiques sur votre budget.
21:13Donc, c'est une prise d'otage, c'est une prise d'otage
21:15en disant aux dirigeants européens, vous la fermez,
21:19je fais ce que je veux et si vous n'êtes pas content,
21:20voici les sanctions.
21:22Encore une fois, Pierre, on en revient au même concept,
21:24le dialogue mêlien, il ne peut y avoir de justice
21:27qu'entre puissances égales, malheureusement,
21:29le rapport de force est aujourd'hui inégal entre la France,
21:32entre l'Europe et les États-Unis et je vais vous apporter une solution.
21:35Il y a une façon clé de redevenir puissant en Europe,
21:39c'est un travail à faire déjà sur les 20 prochaines années,
21:43ça va prendre du temps, c'est de reconstruire une économie forte
21:46et une économie forte, comment est-ce que les Chinois l'ont fait ?
21:48Ils se sont placés comme les petites mains du monde
21:51pendant 10-15 ans, puis ensuite les mains moyennes
21:54et aujourd'hui les mains, le cerveau du monde, d'accord ?
21:57Quand vous avez un centre d'innovation tel que la Chine aujourd'hui,
22:00je suis l'usine du monde, je suis la classe moyenne du monde
22:03et aujourd'hui je suis le cerveau.
22:04Nous on doit refaire le chemin inverse, d'accord ?
22:06Mais les dirigeants européens, ce n'est pas du tout leur volonté
22:09de faire ce travail-là, il n'y a aucun projet de réindustrialisation,
22:13de relocalisation si on reste dans l'Union européenne.
22:16Je pense que le premier gros chantier que la population va avoir
22:22parce qu'il s'agit en réalité d'un chantier et d'un travail individuel,
22:26ça va être de faire du nettoyage dans notre classe politique
22:30et je le dis sérieusement, il faut aujourd'hui que nous fassions le ménage
22:35au sommet de l'État et que nous n'ayons plus une élite aussi corrompue
22:38car sans une gouvernance avec un minimum d'éthique
22:42et avec un minimum de vision sur le temps long,
22:44on ne s'en sortira jamais malheureusement.
22:46Donc première étape, réformer notre système de gouvernance
22:50et trouver une vraie solution pour avoir un pouvoir stable dans le temps
22:55et qui puisse nous permettre de nous projeter sur le temps long.
22:57Donc, des menaces de droit de douane de Donald Trump
23:01à hauteur de 25% en juin.
23:05Face à cela, Emmanuel Macron, lors de son discours à Davos,
23:10a estimé que l'UE devait recourir aux outils très puissants
23:13dont elle dispose en pensant à l'instrument anti-coercition.
23:19On nous parle dans les médias de bazooka économique.
23:22Comment ça fonctionne, ça ?
23:23Si vous voulez, c'est le fameux, Pierre, c'est le fameux bazooka économique
23:28qui était censé mettre la Russie à genoux et qui, au final, n'a absolument pas fonctionné.
23:33Ils vont essayer de faire les mêmes déclarations chocs qu'ils l'ont fait avec la Russie.
23:37Ils vont menacer les États-Unis de bazooka économique, de les mettre à genoux.
23:43Je vous annonce déjà d'ores et déjà la couleur.
23:45Nous finirons à genoux avec des incompétents pareils au pouvoir.
23:49Toutes les mesures économiques qui seront éventuellement annoncées par notre direction,
23:55c'est-à-dire par la ligne Macron, von der Leyen et toutes ces personnes-là,
24:00seront des stratégies qui seront in fine perdantes pour l'Europe et la France,
24:05gagnantes très probablement pour les États-Unis,
24:07qui sont le pays le plus puissant du monde.
24:09Je n'ai aucun doute là-dessus.
24:10– On nous parle quand même de droits de douane supplémentaires,
24:13de gel de l'accès au marché public européen,
24:16le blocage de certains investissements,
24:18suspension des droits de propriété intellectuelle.
24:21Tout cela n'aura aucun effet sur l'économie américaine dans la tête de Donald Trump.
24:26– Vous avez vu ce qui s'est passé quand on a essayé de mettre des taxes sur les GAFAM.
24:30En Europe, nous avons essayé de mettre des taxes sur Facebook, Google, etc.
24:36pour les montages fiscaux qu'ils avaient faits en Irlande.
24:39Trump et les États-Unis ont rappliqué, nous ont tordu la main,
24:42l'amende a été minorée et puis ils ont même dit que si on s'attaquait encore
24:45à leurs entreprises technologiques américaines, ça allait barder pour nous.
24:48On a gentiment rebroussé chemin, d'accord ?
24:51C'est la même chose.
24:52Il ne peut y avoir de justice qu'entre puissance égale.
24:57C'est une déclaration de nos dirigeants, il va taper encore plus fort,
25:00nous n'aurons pas les moyens de répliquer et nous rentrerons dans le rang
25:02comme ça a été le cas dans toutes les négociations qu'on a eues avec les États-Unis
25:05sur les 15 à 20 dernières années, d'accord ?
25:08Donc si vous voulez, on peut se rassurer, mais dans les faits,
25:12il faut s'attendre à ce qu'il y ait une compromission totale de nos élites
25:15avec les Américains.
25:16La seule, éventuellement, la seule issue que peuvent avoir les dirigeants européens
25:21pour créer un contre-pouvoir aux États-Unis,
25:23c'est d'arrêter de se fâcher avec les Russes et les Chinois,
25:25de faire alliance avec le triangle Delhi-Pékin-Moscou,
25:29et en fait de devenir les meilleurs amis des BRICS
25:35et d'essayer de créer un contre-pouvoir,
25:37c'est les États-Unis tout seuls contre le reste du monde.
25:40Éventuellement, ça peut être une solution,
25:42mais enfin bon, j'ai quand même peu d'espoir,
25:43parce que si tout le matériel militaire européen est contrôlé par les Américains,
25:48je ne vois pas comment on peut renverser la situation à très court terme,
25:52en tout cas, de façon pragmatique.
25:54– L'Europe est dans une situation inédite, extrêmement périlleuse,
26:00est-ce que ce n'est pas le moment qu'attendent les dirigeants européens,
26:03justement pour faire comprendre aux populations des États européens
26:07que le moment est venu de sauter le pas fédéraliste
26:11pour faire de l'Europe un État à part entière ?
26:14– Exactement, c'est une des thèses que je défendais ardemment et violemment
26:18en 2021-2022 sur toutes les vidéos que je produisais,
26:22je disais, attention, ils vont finir par créer une armée européenne,
26:25ils veulent créer un État européen, parce que quand on crée une armée européenne,
26:28si on a la même armée, on a le même pays, assez logiquement.
26:31Et votre réflexion est tout à fait juste,
26:34je pense que c'est le cheval de Troie idéal,
26:36désigner un grand méchant, un jour c'était la Russie,
26:39aujourd'hui c'est les États-Unis, demain ça sera un autre pays,
26:42et avoir, si vous voulez, cette espèce de sentiment ultra-national,
26:48la France n'est plus que la province de l'Ouest de ce grand État européen,
26:53l'Espagne c'est la province du Sud-Ouest, l'Italie c'est le Sud,
26:58on va transformer ces pays en régions,
27:00et effectivement créer cet espace de grand État fédéral,
27:03c'est confortable pour eux, c'est le projet des Allemands.
27:06Les Allemands en 39, 45, 14, 18, qu'est-ce qu'ils voulaient ?
27:08Ils voulaient avoir toute une Europe pour eux ?
27:10Bon, aujourd'hui, qui est-ce qui dirige l'Union européenne ?
27:12C'est von der Leyen, c'est les Allemands, d'accord ?
27:14Ils dirigent notre armée, ils dirigent la stratégie de négociation,
27:16ils dirigent tout. Bon, j'ai envie de vous dire,
27:19c'est un petit peu le projet vers lequel ils ont mis tous leurs efforts
27:25sur ces 20 dernières années, et ce qui est assez paradoxal,
27:28c'est que, en fait, la France a financé son propre échec,
27:32puisqu'on a mis à disposition nos ressources économiques,
27:34nos ressources militaires, et potentiellement notre dissuasion militaire,
27:37aux mains des Allemands.
27:40On a des taux d'impôts très différents d'un pays à l'autre,
27:43est-ce qu'une harmonisation fiscale à l'échelle européenne est dans leur esprit ?
27:49– C'est un petit peu comme aux États-Unis, chaque État a son niveau d'imposition,
27:53vous avez le niveau de l'imposition au niveau municipal,
27:56le niveau de l'État et au niveau fédéral, d'accord ?
27:59En Suisse, par exemple, vous payez des impôts à différents niveaux,
28:02je pense qu'ils pourraient tout à fait mettre un système assez similaire en place en Europe,
28:07à savoir un taux régional, la France étant une région,
28:10peut-être dans le monde de demain, il y aura une taxe régionale en France,
28:14une taxe fédérale qui ira toute l'Europe, une taxe communale pour la commune.
28:18Et c'est juste que la région France sera une région qui sera inintéressante fiscalement,
28:21et puis les gens arbitreront entre les différentes régions.
28:24C'est quelque chose d'assez fou, parce que quand on fait un État fédéral,
28:26souvent on a la même langue, on peut avoir une culture différente,
28:29mais on a un socle de culture qui est plus ou moins commun.
28:32Dans le cas de l'Union européenne, ce qui va être très compliqué,
28:35c'est qu'il y a des langues différentes, il y a des socles culturels extrêmement différents,
28:39certains pays sont…
28:40– Des intérêts différents, des besoins différents.
28:42– Des intérêts différents, des besoins différents,
28:44certains pays sont catholiques, d'autres protestants, d'autres sont calvinistes,
28:48d'autres sont orthodoxes.
28:49Honnêtement, ça va être très dur, ça va être très dur d'harmoniser tout ça,
28:52mais enfin, après, c'est des choses qu'on a déjà vues dans l'histoire,
28:54il y a des pays comme par exemple en Inde ou en Chine,
28:56il y a des religions différentes, les gens arrivent à…
28:58Mais il faut un État très fort quand vous avez ce genre de choses-là.
29:00Donc, on écrit peut-être l'histoire, mais je ne vois pas forcément ça d'un très bon œil,
29:07pour être tout à fait franc avec vous.
29:08– Les bourses européennes ont ouvert dans le rouge,
29:10après les menaces douanières de Donald Trump.
29:13Comment cela évolue ces derniers jours ?
29:16– Alors, au niveau des valorisations des entreprises en bourse,
29:18ce qui est assez paradoxal, c'est qu'effectivement,
29:20elles ont évolué légèrement à la baisse,
29:21mais les bourses restent globalement déconnectées
29:25et décorrélées de la valeur réelle des actifs.
29:28Aujourd'hui, ce qu'on appelle en anglais les PER,
29:32les Price Earning Ratio sont extrêmement élevés,
29:35ce qui veut tout simplement dire que les investisseurs aujourd'hui,
29:39en Europe, sont prêts à payer énormément d'années de résultats,
29:42des PER supérieurs à 15,
29:45ça veut dire que je paye plus de 15 fois les bénéfices,
29:47les résultats d'une entreprise sur le marché européen,
29:50ce qui n'a théoriquement aucun sens,
29:53dans la mesure où les entreprises européennes,
29:55fondamentalement aujourd'hui, sont à risque.
29:57Le droit de propriété a été violé en Europe à plusieurs reprises,
30:01avec l'exemple des actifs qu'on a gelés,
30:02puis des actifs qu'on a saisis.
30:04Aujourd'hui, on parle potentiellement,
30:05et vous en avez parlé tout à l'heure lors de notre interview,
30:08de saisir certains actifs américains.
30:11C'est un viol du droit de la propriété,
30:13les investisseurs ne l'ont pas encore pricé, selon moi, en bourse.
30:16Ça, c'est un risque géopolitique qu'on a dans des pays
30:19comme sur le continent africain,
30:22et ça fait qu'on paye des valorisations beaucoup moins élevées.
30:25Aujourd'hui, je pense que les investisseurs ont sous-estimé
30:28le risque juridique,
30:29qui est la détention d'actions et de titres européens.
30:33Selon une note de la Deutsche Bank,
30:35l'Europe détient 8 milliards de dollars d'obligations et actions américaines
30:39et 1300 milliards de dettes américaines.
30:43Qu'est-ce qu'on peut faire avec tout ça ?
30:45Est-ce que ça peut être un moyen de rétorsion contre les États-Unis ?
30:48Alors, comme vous l'avez dit, ils ont 38 000 milliards de dettes,
30:50donc 1 000 milliards, effectivement, ça reste une goutte d'eau dans l'océan.
30:54Le vrai, enfin, le seul et unique vrai moyen de rétorsion,
30:59ça serait de faire un bloc et de s'allier,
31:02et de s'allier même totalement avec les BRICS, en fait.
31:05C'est le seul moyen géopolitique d'avoir une espèce de place à la table de discussion,
31:13c'est-à-dire qu'il faudrait créer un État fédéraliste européen,
31:15être 100% aligné avec les BRICS, Inde, Russie, Chine,
31:18et partir sur une stratégie, c'est le monde entier contre les États-Unis.
31:23Là, il peut se passer quelque chose, mais ça demande énormément de choses.
31:26Ça demande déjà de fédérer toute une Europe,
31:29donc une Union européenne qui est très disparate.
31:31Ça demande de créer un système de gouvernance pour toute cette Europe.
31:33Ça demande ensuite de s'allier avec des gens qu'on a décriés.
31:37Les Chinois, on disait, tous les gens, c'est les grands méchants,
31:39on met une taxe sur les colités mou, enfin, il faut renverser tout ça.
31:43Ça demande de peut-être aussi se réconcilier avec les voisins russes
31:45qu'on a traités comme des méchants.
31:48C'est quand même un gros effort, vous voyez,
31:50ce n'est pas quelque chose qui peut se faire en un claquement de doigts.
31:54C'est une des stratégies envisageables maintenant dans la réalisation de cette stratégie.
31:57Ça risque d'être assez rock'n'roll, si vous voulez, mon avis, Pierre.
32:01– Le prix de l'or, le prix de l'once d'or a augmenté en trois jours
32:07en prenant plus de 22 dollars.
32:09Comment vous expliquez cet envolet ?
32:11– C'est très simple.
32:12Les investisseurs aujourd'hui sont en train, si vous voulez,
32:14de pricer le coût de la dévaluation du dollar.
32:17D'accord ?
32:17Jérôme Powell va être sorti de la Fed et en fait,
32:21Donald Trump veut une politique de Toba pour faire de la planche à billets,
32:25racheter, donc refinancer la dette américaine en émettant du dollar
32:29et donc en dévaluant son dollar, ce qu'il fera assez rapidement.
32:33Et quand il le fera, les Européens vont faire de même.
32:36Les Européens n'attendent qu'une chose, mon cher Pierre,
32:39c'est de pouvoir faire tourner la planche à billets
32:41pour racheter de la dette souveraine et continuer à vivre au-dessus de leurs moyens.
32:45Sauf qu'ils ne peuvent pas activer la planche à billets si les Américains ne le font pas.
32:48Sinon, de façon compétitive, ils se tirent une balle dans le pied.
32:52Et donc, si les Américains le font, ça va être open bar.
32:55D'accord ?
32:55Les Américains vont dévaluer le dollar, les Européens vont dévaluer l'euro
32:59et la France va en profiter.
33:01Si on commence à faire un programme de quantitative easing,
33:03on va racheter de la dette française.
33:05Ça va nous permettre de continuer à vivre au-dessus de nos moyens
33:09et on va boucler notre budget grâce à la Banque Centrale Européenne
33:12au détriment de l'épargnant européen.
33:14D'accord ?
33:15Ça, c'est ce qui va se passer, à mon avis, dans les mois à venir.
33:19Les banques centrales qui vont imprimer, le dollar et l'euro qui vont se dévaluer
33:23et donc, paradoxalement, votre or n'a pas une valeur qui monte.
33:26C'est la valeur des monnaies qui diminue.
33:28Lui, il a toujours la même valeur dans le temps l'or.
33:30Il vaut un certain stock de valeur.
33:32Mais les monnaies diminuent.
33:33Donc, sa valeur, contre ces monnaies qui perdent de la puissance, monte.
33:38– La France vit au-dessus de ses moyens depuis des années
33:42en étant dépendante des marchés financiers anglo-américains.
33:46On est justement en pleine discussion sur le budget.
33:51Le Premier ministre a finalement décidé de passer en force avec l'article 49.3.
33:57Qu'est-ce qu'il faut retenir de ce budget ?
34:00On nous parle de relance socialiste.
34:01– Alors, ce budget est absolument catastrophique
34:05et c'est quelque chose qui, profondément, si vous voulez,
34:08pire matrice, pour une raison qui est très simple.
34:10Ce budget n'a résolu aucun des problèmes structurels auxquels nous faisons face.
34:15Aujourd'hui, en France, on a un grand problème.
34:17C'est ce système de retraite par répartition.
34:20Je vous rappelle que ce système de retraite par répartition
34:22a été créé sur trois données qui sont aujourd'hui absolument erronées.
34:26La première donnée, c'est la France des années 60-70
34:29qui avait 4 à 5% de croissance annuelle.
34:32Un pays qui a de la croissance, c'est un pays sur lequel on peut se projeter.
34:35Deuxième donnée, le ratio travailleurs-nombre d'actifs.
34:38Trois travailleurs pour un retraité.
34:40Et troisième donnée, l'espérance de vie.
34:42Quelle était l'espérance de vie dans les années 60-70
34:44pour un adulte en bonne santé, Pierre ?
34:47– Dites-moi.
34:48– 65 ans.
34:49Et quel était l'âge de la retraite à l'époque où ils l'ont créé ?
34:5265 ans.
34:53Qu'est-ce que ça veut dire ?
34:54L'esprit de la retraite, quand cette mesure sociale a été créée
34:58dans les années 60-70,
34:59c'était de donner une indemnité de fin de vie
35:02aux personnes qui ont travaillé toute leur vie
35:04en disant, vous êtes une personne âgée,
35:06vous avez donné vos meilleures années de vie à la société,
35:10on ne vous laisse pas mourir dans la rue,
35:12voici une indemnité de fin de vie.
35:13Aujourd'hui, l'espérance de vie en bonne santé,
35:16d'un adulte français, tant mieux, c'est 75-80 ans.
35:19L'âge de départ à la retraite, ça n'est plus 65, c'est 62.
35:22La France n'a plus 5% de croissance,
35:24on est plutôt sur une récession,
35:251, 2 ou 0 pour les plus optimistes.
35:28Et nous n'avons plus un ratio de travailleurs pour retraités
35:31de 3 pour 1, on est peut-être un 1 pour 1,
35:33voilà, d'accord, un travailleur, un retraité.
35:36Et donc, ces données étant erronées,
35:37de façon assez logique,
35:39à ce système ne devraient plus exister, d'accord ?
35:42Et pourtant, ce système-là n'est pas réformé
35:45et il n'est aucunement mention de réformer ce système
35:49dans le projet de loi finance 2026,
35:53donc on n'apporte aucune nouveauté de ce côté-là
35:55et voire même, mon cher Pierre,
35:57pour clôturer l'analyse de ce budget 2026,
36:00on augmente la CSG,
36:02donc on augmente les cotisations sociales générales
36:04et donc, en fait, on ne réduit pas les dépenses,
36:07on augmente les impôts, voilà.
36:09C'est à l'image de notre pays.
36:11Aucun courage politique,
36:12une rustine sur une roue qui est trouée
36:17et l'addition, de toute façon,
36:19c'est nos enfants et nos petits-enfants qui la paieront,
36:22on verra après.
36:23– Vous avez une préconisation radicale
36:26pour ceux qui nous écoutent,
36:28c'est quitter la France.
36:30Quitter la France pour aller où ?
36:31– Alors, c'est une, encore une fois,
36:33je vous le dis, j'aime la France,
36:35j'aime l'histoire de France.
36:37Ce qui m'attriste aujourd'hui,
36:38c'est la cinquième République française,
36:41telle qu'elle est gouvernée par notre caste politique,
36:43qui est aujourd'hui absolument corrompue.
36:45Donc, pour moi, l'esprit français,
36:47aujourd'hui, va survivre,
36:48mais va survivre et va s'expatrier.
36:50Je vois autour de moi,
36:52de plus en plus de jeunes qui ont entre 30 et 50 ans,
36:54donc pour moi, 50 ans, ça reste jeune,
36:56des chefs d'entreprise qui vendent leur société
36:58et qui utilisent le produit de cession pour s'expatrier,
37:01des jeunes entrepreneurs qui délocalisent leurs entreprises
37:04et des salariés qui, aujourd'hui, vont travailler à l'étranger.
37:07Je vous donne un chiffre, mon cher Pierre,
37:09un salarié en France, un ingénieur en France sorti d'école
37:12va gagner entre 38 000 à 45 000 euros par an.
37:16Aux États-Unis, selon les États,
37:17c'est entre 80 000 à 110 000 dollars par an.
37:21Donc, quand on est jeune et qu'on a 30 ans
37:23et qu'on veut créer une famille,
37:24c'est quand même, même si les soins, j'entends,
37:26même si tout ce que vous voulez coûte plus cher là-bas,
37:27bon, quand on gagne 110 000 balles versus 38,
37:30il ne faut pas déconner non plus.
37:31D'accord ?
37:32Donc, pour moi, ces jeunes vont partir.
37:34Vers quel pays ?
37:35Encore une fois, je n'ai pas de solution clé en main pour tout le monde.
37:38Je vous inviterai, et c'est un travail individuel,
37:40à vous poser les questions suivantes.
37:42Quelles sont les cultures que vous trouvez compatibles
37:45avec vos valeurs ?
37:45Quelles sont les langues que vous parlez ?
37:47Quelles sont, tout simplement, les compétences
37:49dont vous disposez ?
37:51Et à partir de ces questions-là,
37:52il sera assez naturellement…
37:54Enfin, la réponse viendra assez naturellement.
37:55Si je dis une bêtise, vous êtes un ingénieur,
37:58que vous parlez français,
37:59que vous êtes catholique, libéral, conservateur,
38:01la Suisse, c'est un pays qui va vous convenir.
38:04Après, est-ce que la Suisse vous acceptera ?
38:06C'est à vous de faire vos demandes de visa.
38:08Mais voilà.
38:08Et si vous êtes, par exemple, un financier international
38:10avec une mentalité anglo-saxonne,
38:12vous pouvez très bien aller, comme moi, à l'île Maurice.
38:14Vous pouvez très bien aller à Singapour, à Dubaï, à Hong Kong.
38:17C'est des pays qui seront faits pour vous.
38:18Et si vous êtes plutôt quelqu'un de radicalement innovant,
38:23un inventeur, quelqu'un qui avait plein d'idées
38:26et puis qui avait besoin de capitaux,
38:28les États-Unis.
38:28Marché de capitaux le plus élevé au monde,
38:30une tolérance aux risques absolument élevée.
38:32Et puis, c'est une terre où ils adorent l'innovation.
38:34Donc, créer une start-up, c'est très facile.
38:37Les barrières juridiques sont très faibles.
38:39Chacun doit faire avec ses compétences.
38:40Mais on est à un peu plus d'un an de la prochaine présidentielle.
38:43Vous ne croyez pas à une alternance politique ?
38:46Alors, ça peut paraître cynique de ma part.
38:48Je vais donner de l'espoir aux gens,
38:49mais je vais en retirer sur cette partie-là.
38:51Je pense profondément, Pierre,
38:53qu'on peut voter à droite comme à gauche.
38:55Aujourd'hui, le système est fondamentalement gangréné de l'intérieur
38:59pour une raison qui est très simple.
39:01C'est ce que je dis à mes clients.
39:02C'est ce que je dis à mes partenaires.
39:03Messieurs, dames, vous qui habitez en France,
39:05si vous regardez cette vidéo,
39:06vous êtes très probablement salarié,
39:08chef d'entreprise ou retraité qui avait travaillé toute votre vie.
39:12Nous sommes la cible de prédateurs.
39:13Les prédateurs d'en haut et les prédateurs d'en bas.
39:16Les prédateurs d'en haut sont les politiciens
39:19qui dépensent 1200 millions d'euros,
39:21donc 1,2 milliard d'euros pour assainir la scène,
39:25qui deux semaines plus tard redevient tout aussi dégueulasse,
39:28et sur lequel il n'y a aucun contrôle, aucune sanction.
39:32Je dépense 1,2 milliard d'euros, 1200 millions d'euros,
39:36je jette ça littéralement dans les toilettes.
39:38Personne ne me demande des comptes, aucune sanction.
39:41J'achète avec de l'argent public des vestes Dior Chanel,
39:43aucune sanction, personne ne me demande aucun compte.
39:47Je vends le fleuron industriel de la France,
39:49les joyaux de la couronne, Alstom, Technib, tout ce que vous voulez.
39:53Je vends ça à des Américains, à n'importe qui,
39:55à la société étrangère, aucun problème.
39:58Arnaud Montebourg, qui passait sur les médias récemment,
40:00disait une trahison en France d'un haut fonctionnaire,
40:02ça coûte entre 10 à 15 millions d'euros.
40:04– Ça ne coûte pas cher de trahir la France des étudiants.
40:06– Ça veut dire que nos élites, aujourd'hui,
40:08pour 10 à 15 millions d'euros, une entreprise étrangère
40:10peut leur donner un parachute de ray de 10 à 15 millions,
40:14et ces gens-là vont venir trahir les intérêts de la France.
40:16Ça, c'est la France d'en haut qui vous fait les poches,
40:18à vous, chers travailleurs, chefs chefs d'entreprise,
40:21et chers retraités qui regardent cette vidéo.
40:23Mais il y a aussi la France d'en bas.
40:24Ceux qui font de l'optimisation, non pas fiscale,
40:26mais de l'optimisation sociale.
40:28Ceux qui cumulent toutes les aides, d'accord ?
40:30RSA, CME, machin, tous les machins,
40:34tous les acronymes que vous connaissez,
40:36puis en même temps qui, du coup, travaillent au black,
40:38donc ils font de l'argent qui n'est pas imposé,
40:41ils tapent des aides, ils vivent correctement,
40:43puis vous, vous travaillez sur votre salaire pour gagner 2 000 euros,
40:45ça coûte 4 000 à l'empereur, et sur les 2 000 euros,
40:47après l'impôt sur le revenu, il reste 1 800,
40:49et vous payez 20% de TVA, il reste 1 400 euros de pouvoir d'achat.
40:52On en a marre.
40:53Donc, vous votez à droite, vous votez à gauche,
40:56vous serez volés soit par la France d'en haut,
40:58soit par la France d'en bas, vous serez volés quoi qu'il arrive.
41:00Et donc, ma réponse s'inscrit dans une réponse radicalement différente au système.
41:05Je me suis dit, quitte à aller à l'abattoir,
41:07ça sera ni gauche ni droite, je sors de ce chemin,
41:10et je ne vais pas à l'abattoir.
41:11C'est mon choix individuel.
41:12Si les gens qui nous regardent se reconnaissent dans ce message,
41:14tant mieux, faites ce chemin,
41:16et je serais ravi de répondre à vos questions si vous en avez.
41:19Mais pour moi, c'est la réponse pragmatique.
41:22Vous ne croyez plus dans le collectif ?
41:23Le problème du collectif, c'est que les gens,
41:25aujourd'hui en France,
41:26exemple concret pourquoi j'ai perdu espoir,
41:31notre ami Emmanuel Macron a fait 1200 milliards d'euros
41:34de dettes supplémentaires à la France.
41:36Il a tué la France sur les 30 prochaines années,
41:39sur la prochaine génération.
41:42Hier, quand il est passé sur le World Economic Forum,
41:45qu'il a mis ses lunettes, éban bleu,
41:46tout le monde l'a acclamé en héros.
41:47Tous les dissidents sur les plateaux
41:50qui passaient leur temps à crier
41:51quand Emmanuel Macron, sur leur compte Twitter,
41:53il est super, notre président,
41:55Cocorico, l'opposition contrôlée
41:58dans toute sa splendeur.
42:00Les parangons de dissidents
42:02qui s'inscrivaient en Jean Moulin
42:05sont devenus les pires objets de cour,
42:09les pires courtisans de Macron
42:10parce qu'il a juste mis des lunettes
42:12et parce qu'il a fait le malin.
42:13Je ne crois plus en ce système, mon cher Pierre.
42:15Donc, pour moi, les citoyens français
42:17sont suffisamment intelligents.
42:19Et les français, ça vient du mot franc.
42:21Le franc, ça veut dire peuple libre.
42:23Le peuple franc, c'est un peuple libre.
42:25Donc, je crois que dans l'ADN du français,
42:27du français de souche,
42:28il a cette volonté farouche d'être libre.
42:31Et c'est les valeurs que moi,
42:32j'ai apprises en vivant en France.
42:34Je suis né en France.
42:35C'est ce que je retiens de la France.
42:36Et donc, je suis persuadé que le français,
42:38à titre individuel, est intelligent.
42:40Il est capable de s'en sortir
42:41et de s'en sortir en s'inscrivant
42:43dans un système peut-être différent,
42:44en sortant de ce système-là.
42:46Et pour ceux qui aiment le système moutonnier,
42:49eh bien, écoutez,
42:51bonne chance avec les Ray-Ban bleus.
42:53– Le message est passé, Sylvain Tigueur.
42:56Je rappelle que vous êtes le fondateur d'Ultra Bourse.
42:58Merci à vous d'avoir accepté notre invitation.
43:01Dans un instant,
43:02la chronique économique et financière
43:04de Philippe Echad.
43:05Et quant à nous, on se retrouve la semaine prochaine.
43:07À bientôt. Salut.
43:08– Sous-titrage Société Radio-Canada
43:12Bonjour et bienvenue pour ce rendez-vous hebdomadaire
43:31de décryptage de l'actualité économique et géopolitique
43:34en mode affranchi.
43:36Je salue tous les abonnés de TV Liberté
43:40pour cette chronique que je vais intituler
43:43« Trump a-t-il raison ?
43:47L'Europe est-elle sur la mauvaise route ? »
43:51En réalité, ça fait 25 ans
43:53que l'Europe s'est engagée
43:55sur la route du déclin industriel.
44:00Alors par rapport à la Chine, évidemment,
44:03puisque nous avons pratiquement
44:04tout délocalisé là-bas.
44:08Et maintenant, on est en train également
44:09de perdre du terrain par rapport aux États-Unis
44:12qui ont bien compris que pour qu'une économie fonctionne,
44:16il faut un, de l'énergie pas chère,
44:19de, des capitaux abondants
44:23et des gens qui ont la culture de la prise de risque.
44:29Et puis il faut également que, globalement,
44:33le pays soit sur une logique de croissance,
44:38alors qu'en Europe, on est sur une logique normative,
44:43une hystérie normative
44:45et une sorte de système fiscal foutraque
44:52où chacun essaye de piquer
44:56les recettes fiscales de son voisin
44:59en jouant la moins-disance fiscale.
45:04Donc les États-Unis, aujourd'hui,
45:08misent sur l'énergie nucléaire,
45:11alors que l'Allemagne a littéralement enterré ce secteur.
45:17Et pour être certain qu'on ne succombe pas
45:20à la tentation de relancer une ou deux centrales,
45:25on a détruit les tours de refroidissement.
45:29Il faudrait effectivement des années pour les reconstruire.
45:32La remise en route d'une centrale,
45:34ça ne prendrait que quelques mois.
45:37Les États-Unis, néanmoins,
45:39sont coincés aujourd'hui
45:42par les besoins de l'intelligence artificielle.
45:45Alors certes, l'énergie est beaucoup moins chère qu'aux États-Unis,
45:49mais ça ne va peut-être pas rester le cas.
45:52En tout cas, l'énergie bon marché,
45:54c'est peut-être terminé
45:55parce qu'il y a des besoins absolument gigantesques
46:00pour faire tourner les data centers,
46:04ce qu'on appelle les hyperscalers,
46:06tels qu'ils ont été programmés
46:08par OpenAI, Microsoft, Amazon
46:12et autres géants du secteur,
46:18notamment faire tourner les modèles Gemini.
46:21Donc les États-Unis, pour l'instant,
46:24devancent l'Europe.
46:27On avait une carte à jouer avec le nucléaire.
46:32Cette carte, on a décidé de la jeter à la poubelle.
46:36Donc qu'est-ce qu'il nous reste aujourd'hui ?
46:39À part revendiquer une forme d'exemplarité
46:43sur les droits de l'homme,
46:47sur le respect du droit international,
46:50bon, on vient de découvrir
46:52que de la part de Donald Trump,
46:54ce respect n'existe pas
46:57et qu'effectivement,
46:59Trump nous met devant l'évidence
47:02que l'Europe est faible
47:05économiquement, industriellement,
47:08technologiquement
47:09et désormais géopolitiquement.
47:12Donc l'Europe, aujourd'hui,
47:17aura beau jouer les gros bras,
47:21elle n'impressionne pas les États-Unis
47:23et le dossier du Groenland
47:26va se régler par une espèce de cote mal taillée
47:30où la souveraineté américaine
47:35sera surtout une souveraineté stratégique
47:37sur le Groenland,
47:38tandis que le Danemark, lui,
47:40conserverait une souveraineté de façade.
47:43Mais ce sont les États-Unis qui,
47:45comme ils le font depuis la Seconde Guerre mondiale,
47:47continueront de protéger le Groenland
47:50et ce sont eux également
47:51qui feront ce que ni les Danois
47:53ni les Européens n'ont fait en un siècle,
47:56c'est-à-dire développer les richesses du Groenland.
47:59Alors finalement, si le Danemark
48:01en tire quelques royalties,
48:04la situation serait meilleure pour eux
48:06qu'elle ne l'était
48:07avant que Trump ne parle d'annexer le Groenland.
48:13Il y a quand même un précédent
48:15et qui a été un vrai succès,
48:17l'annexion du Texas.
48:18Bon, là, il faut dire que les Texans
48:20avaient voté effectivement
48:22pour être annexés par les États-Unis.
48:25En ce qui concerne le Groenland,
48:27on peut comprendre que les Inuits
48:29soient beaucoup plus réservés
48:30quand on voit le sort réservé
48:33aux Inuits au Canada
48:34et surtout aux Amérindiens aux États-Unis.
48:39L'affaire du Groenland
48:41a énormément mobilisé l'attention du public
48:45alors qu'en fait,
48:46ce qui est peut-être le plus grand danger
48:49pour les États-Unis et pour l'Europe,
48:52ce n'est pas du tout
48:53un éventuel conflit sur le Groenland.
48:55Non, c'est le krach obligataire
48:58qui vient de se dérouler
49:00en début de semaine au Japon
49:02avec des taux longs
49:04qui ont pris entre 40 et 45 points
49:06en 48 heures,
49:08sachant que depuis 30 ans,
49:10une année où les taux longs
49:12prenaient 30 ou 40 points,
49:13c'était déjà considéré
49:14comme une mauvaise année.
49:16Un trimestre où les taux
49:18auraient pris 30 points,
49:19un très mauvais trimestre.
49:21Là, mardi matin,
49:24les taux longs japonais
49:25se sont tendus de 30 points
49:28en une matinée.
49:30Voilà, pour vous situer les choses,
49:33les décalages,
49:34les écarts observés au Japon
49:37ont été supérieurs en une séance
49:40à ce qu'ils ont été
49:41pendant des décennies
49:43en l'espace d'une année.
49:45Ce sont donc des milliards
49:47d'équivalents dollars
49:49de valeurs
49:50d'épargne-retraite
49:52de bilans
49:54de la Banque centrale du Japon
49:55d'actifs gérés
49:58par les compagnies
50:00d'assurance japonaise
50:01qui sont partis en fumée.
50:03Qu'est-ce que cela signifie ?
50:05C'est que d'une part,
50:06un,
50:07ni la Banque centrale du Japon
50:08ni les fonds de retraite
50:09n'ont maintenant les moyens
50:10d'acheter des tibons d'Américains
50:11alors que le Japon
50:12était le principal acheteur,
50:13mais qu'en plus,
50:15avec une rémunération
50:17du 30 ans japonais
50:19passée en quelques semaines
50:22de 3 à 3,70%,
50:25le 40 ans est même monté
50:27à 3,91%,
50:29les emprunts longs européens
50:33n'ont plus aucun attrait,
50:35évidemment, pour les Japonais
50:36et même pas les tibons américains
50:40puisque l'écart de rendement
50:42entre le 30 ans US
50:43et le 30 ans japonais
50:45est aujourd'hui
50:46d'environ 50 points.
50:48Et cela signifie une chose,
50:51c'est que c'est la fin
50:52du carry trade,
50:54c'est la fin de la corne d'abondance
50:56pour le système financier.
50:59L'argent emprunté à zéro au Japon
51:02est placé à 2,53%, 4%, 5%
51:06sur des émissions étrangères.
51:09Cela donc vient de cesser brutalement.
51:12Mais surtout,
51:13quel va être le coût véritable
51:15pour le Japon
51:16de ce krach obligataire ?
51:18On commence tout juste
51:19à mesurer les conséquences.
51:22Pour vous remercier de votre fidélité,
51:25vous pouvez télécharger gratuitement
51:26notre rapport spécial
51:28qui contient 6 recommandations ingénieuses
51:31pour profiter de l'essor,
51:32de l'argent et de l'or.
51:34Il vous suffit de cliquer sur le lien
51:36en description
51:37pour l'obtenir gratuitement.
51:40Merci et à bientôt !
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