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  • il y a 2 jours
Dette record, banques centrales piégées, croissance sous perfusion, marchés sous tension… À quoi faut-il vraiment s’attendre en 2026 ?

Dans ce nouvel épisode de "Politique & Eco", Philippe Béchade, rédacteur en chef de "La Chronique Agora" et de "La Lettre des Affranchis, analyse sans langue de bois les déséquilibres économiques et financiers qui s’accumulent.

👉 Au programme :

- Les grandes tendances mondiales qui vont peser sur l’économie en 2026

- Les signaux faibles que les marchés commencent à envoyer

- Le rôle réel des banques centrales face à une dette devenue structurelle

- Inflation : stabilisation durable ou simple répit ?

- Les États-Unis peuvent-ils rester le moteur mondial malgré les tensions ?

- L’Europe est-elle en train de décrocher durablement ?

- France : dette, immobilier, élections locales… quels impacts économiques ?

- Intelligence artificielle : levier de productivité ou nouvelle bulle ?

- Quelles stratégies de protection et d’investissement dans un monde incertain ?

🎯 Une émission dense, analytique et volontairement provocatrice, pour ceux qui veulent comprendre ce qui se joue avant que les marchés ne l’imposent.

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Transcription
00:00Bonjour à tous, ravi de vous retrouver pour ce nouveau numéro de Politique et éco et pour le premier numéro de 2026.
00:28Je vous souhaite évidemment une bonne année, qu'elle soit la meilleure possible et pour ce premier numéro, nous allons parler avec notre invité Philippe Béchade des grandes tendances qui nous attendent pour l'année 2026.
00:42Philippe Béchade, bonjour.
00:43Bonjour, j'en profite pour présenter effectivement mes voeux à tous vos auditeurs et effectivement, je leur souhaite beaucoup de bonnes choses.
00:51Philippe Béchade, rédacteur en chef de la chronique Agora et de la lettre des affranchis, comme d'habitude, je vous conseille avant de commencer notre entretien.
01:00Vous pouvez liker tout de suite en cliquant sur le pouce en l'air en bas de cet écran et évidemment laisser vos commentaires en nombre pour aider le référencement de TV Liberté sur Internet.
01:13Alors Philippe Béchade, est-ce que si vous pouviez nous dresser un panorama général des grandes tendances économiques pour 2026,
01:24nous donner les facteurs qui seront selon vous les principaux facteurs qui vont orienter la conjoncture mondiale pour cette année 2026 ?
01:33Bon, on va commencer par ce qui est pour moi le fait générateur, le grand attracteur universel, c'est-à-dire les anticipations d'inflation reflétées par les marchés obligataires.
01:51Et 2025 a marqué une rupture puisqu'on a le sentiment que les banques centrales ont perdu le contrôle de la courbe des taux.
02:04C'est-à-dire qu'aujourd'hui, la partie longue reflète les anticipations du marché et non plus l'action quotidienne, mensuelle des banques centrales.
02:17Alors qu'est-ce que ça veut dire ?
02:19Alors on va prendre un exemple, parce que c'est beaucoup plus parlant si on prend l'exemple japonais.
02:24On est dans un pays qui a combattu pendant 33 ans la déflation.
02:29Puis l'inflation est revenue 2021, 2022, 2023 et depuis elle est devenue, comme on dit, collante.
02:36Les taux longs japonais ont longtemps été nuls ou négatifs.
02:44Jusqu'en début 2022, on avait encore des taux à zéro sur le 10 ans.
02:52On est aujourd'hui à 95, 2%.
02:56Le 20 ans est au-delà des 2,70.
03:01Et sur des maturités, et celle de 30 ans est très importante pour l'économie japonaise, on est maintenant autour de 3,40.
03:09Ça, ça ne reflète pas évidemment le niveau des taux japonais, qui est à 0,50.
03:13Ils ont été augmentés en décembre, c'est la deuxième fois en l'espace de deux ans, on est à 0,50.
03:19Et on a des taux longs, si on fait la moyenne du 30 et du 40 ans, à 3,5%.
03:23Ça reflète quoi ?
03:25Les anticipations d'inflation.
03:27Aux États-Unis, malgré la troisième baisse survenue le 10 décembre 2025,
03:33on a toujours des taux longs, à 4,10, 4,20 sur le 10 ans, et 4,70 sur le 30 ans.
03:44Ça ne reflète pas du tout le taux directeur américain qui est de 3,50, 3,75.
03:51Ça reflète bien, là encore, les anticipations d'inflation.
03:56Alors maintenant, qu'est-ce que c'est que l'inflation ?
03:59Ce n'est pas seulement des prix qui montent parce que le pétrole est plus cher,
04:04parce que les matières premières augmentent,
04:07qu'on est en pénurie d'argent physique, de cuivre physique, de cobalt physique.
04:14Ce que reflète l'inflation, c'est également une hypothèse de dégradation de la valeur de la monnaie,
04:22de toutes les monnaies principales, dollars, euros, yens, livres, sterling.
04:26Donc, l'inflation, ça veut dire aussi qu'on anticipe une dépréciation des monnaies à 2 ans, 5 ans, 10 ans.
04:36Et encore, on est quand même relativement soft parce que, moi je vous fais tous les paris,
04:42que d'ici fin 2026, le dollar, l'euro auront certainement perdu plus de 4% de leur valeur.
04:48Donc, la rémunération des dettes et la rémunération de la monnaie,
04:58aujourd'hui, reflètent des anticipations et qui, à mon avis, ne sont pas suffisamment audacieuses
05:05pour que celui qui investit dans du dollar, dans des petits bonds américains,
05:09dans de l'euro, dans de l'OAT, dans du boon, dans du BTP italien,
05:12je pense que d'ici 12 à 18 mois, on aura perdu beaucoup plus
05:20que la rémunération offerte par l'euro et par le dollar.
05:25Voilà, donc ça, c'est des choses absolument fondamentales
05:26parce que les marchés en général, on parle, quand on parle de marché,
05:29on pense surtout à Wall Street, tout ça est drivé par le sentiment
05:34que les taux baissent, comme ils baissent depuis 1981,
05:39on a pris des habitudes.
05:40Or là, ce n'est pas du tout ce qui se passe depuis maintenant deux ans.
05:44Il y a un krach rampant qu'on ne veut pas voir.
05:46Surtout au Japon, des taux passés de moins 0,25 à 2%,
05:51des taux passés de 0 sur du 30 ans à 3,40,
05:57c'est une véritable révolution de la façon dont le système financier fonctionne.
06:04Pendant 33 ans, tous les marchés, tous les opérateurs
06:09d'une certaine surface financière, là je parle de plus de 100 millions de dollars,
06:13avaient accès à un marché qui est le marché des dettes souveraines,
06:20notamment japonaises, et accès au mécanisme du carry trade.
06:26Le carry trade permettait de se fournir en liquidité gratuite,
06:31puisque c'était ça, des taux 0 au Japon,
06:33c'était la liquidité gratuite.
06:35Vous vous empruntez en Yen à 0,
06:37et vous vous placez ensuite sur de l'OAT à 3,50,
06:44vous vous placez sur du type monde américain à 4,5,
06:49et vous encaissez la différence.
06:50C'est extraordinaire.
06:52Ça gagne à tous les coups.
06:54Et ça pouvait même gagner doublement,
06:56parce que comme la Banque centrale du Japon n'arrêtait pas
06:59des maîtres de nouveaux Yen, ça flingue la valeur du Yen.
07:06Donc vous vous empruntez à 0, et vous allez en plus de ça rembourser
07:10dans une monnaie qui va perdre de sa valeur.
07:13Parce que l'endettement du Japon, 230, 240, 250 %,
07:17le Yen, évidemment, il ne résiste pas.
07:22Et là, dans ce coup, tout s'inverse.
07:24Le Yen risque de remonter,
07:25en tout cas avec une rémunération à 3,5.
07:29Fatalement, il y a des gens qui vont avoir envie d'en détenir.
07:34Et l'argent gratuit a disparu.
07:37Donc ça veut dire que tout ne repose plus maintenant
07:38que sur le bon vouloir de la Fed et de la BCE d'imprimer de l'argent.
07:43Mais ça ne sera pas de l'argent à 0%.
07:45Ça sera de l'argent à 3,25, 3,50,
07:49si tout va bien aux États-Unis, au premier trimestre.
07:52Peut-être aura-t-on une nouvelle baisse de taux en mars.
07:55Sait-on jamais.
07:57Mais l'argent ne descendra pas très en dessous de 3%.
08:02Entre 3% et 0 au Japon,
08:06tout le paysage est en train de changer.
08:09Et là, pour l'instant, on fait comme si ça n'avait pas bougé.
08:11Donc, hausse des taux, dépréciation des monnaies,
08:15dite occidentale, vous nous parlez du Japon,
08:17le livre sterling, le dollar, l'euro.
08:19Mais qu'en sera-t-il dans les pays dits des BRICS ?
08:23Eh bien là, pour les pays des BRICS, je pense qu'on doit s'y intéresser.
08:29On doit s'y intéresser.
08:30La croissance, elle est là.
08:33Nous, nous avons les déficits.
08:35Eux, ils ont des moteurs économiques
08:40qui, pour l'instant, tournent encore à plein régime.
08:42– Le désendettement et les matières premières.
08:45En tout cas pour la Russie.
08:46– La Russie, bien sûr.
08:48L'Inde.
08:50L'Inde, parce qu'il y a le coup de boost de la démographie.
08:57Et la Chine est au contraire en train de vieillir très vite.
09:03Même syndrome que le Japon, dans les années 90.
09:08Et vous avez pas mal de pays émergents.
09:10Asie du Sud-Est, qui deviennent également des usines du monde.
09:13où il y a vraiment de la croissance à capter.
09:18Et ces pays-là, finalement, la baisse du dollar leur va très très bien.
09:22Parce que souvent, ils empruntent sur les marchés internationaux.
09:24Ils empruntent plus volontiers en dollars.
09:27Pourquoi ? Parce que le dollar est très accessible.
09:28Parce que le dollar est disponible.
09:31Si demain, le dollar baisse, ça leur fait moins d'argent à rembourser
09:37dans leur monnaie locale.
09:39Et ils ont de la croissance.
09:41Donc ils génèrent des cash flows.
09:43Donc leur monnaie se renforce.
09:45C'est gagnant-gagnant, maintenant, pour des pays émergents.
09:49Donc cette hausse des taux, cette dépréciation des monnaies,
09:53est-ce que c'est le signe avant-coureur, le détonateur
09:57de ce que certains analystes redoutent depuis des années,
10:01à savoir un krach global ?
10:03L'inversion du carry trade, vous avez vu que je l'ai dit
10:07de façon très calme, très pondérée,
10:11quand je dis que ça change complètement la règle du jeu,
10:15ça change effectivement le fonctionnement des marchés
10:18depuis plus de 33, voire 35 ans.
10:22Pour l'instant, on ne veut pas voir que l'argent va coûter plus cher.
10:27Et que du coup, le rendement de l'argent placé avec des effets de levier,
10:30avec toute la spéculation qu'on peut imaginer,
10:32tout ça va se retrouver à risque.
10:33Pourquoi ? Parce que là, aujourd'hui, il y a encore des gens
10:36qui ont emprunté à 0,25 au Japon,
10:41et là, quand ils vont devoir rouler leur position,
10:44essayer de maintenir leur portefeuille,
10:47l'argent ne va pas leur coûter 0,25,
10:49il va leur coûter 2,75, 3.
10:52Ils vont réduire leur position, ils vont réduire leur levier.
10:56Ça va se traduire par quoi ?
10:58Évidemment, par une possible très forte correction des marchés.
11:04Et à partir du moment où les leviers repartent en arrière,
11:08il y a un effet domino qui peut être dévastateur.
11:12Parce que tout n'a reposé, depuis 2009,
11:16et les quantitatives easing,
11:17tout n'a reposé sur le fait que l'on pouvait augmenter indéfiniment
11:21la taille des positions spéculatives,
11:24parce qu'on pouvait toujours les refinancer à pas cher.
11:28Alors, si maintenant, il n'y a plus de liquidités pas chères
11:30et que c'est la BCE et la Fed qui impriment,
11:35il va se passer quoi ?
11:37On va faire exploser l'inflation.
11:40Et l'inflation, quelque part,
11:42c'est quand même un petit peu l'ennemi des marchés.
11:44Alors, pas quand ils sont sur, on va dire,
11:48l'idée que les banques centrales vont reprendre la main à moyen terme
11:53et que finalement, on peut faire confiance aux banques centrales,
11:55elles sont toutes puissantes, omnipotentes, infaillibles,
12:01ben là, l'infaillibilité, elle n'existe plus.
12:03Je vous l'ai dit déjà, elle ne contrôle plus les anticipations d'inflation.
12:07Le jour où on commence à douter de l'infaillibilité
12:10et de la toute puissance des banques centrales,
12:15cette prise de conscience peut avoir des effets catastrophiques pour les marchés.
12:19Alors, ça ne sera pas le cas pour les matières premières,
12:22ça ne sera pas le cas pour le pétrole, évidemment,
12:24parce que quand, d'un seul coup,
12:26des constructions spéculatives commencent à s'effondrer,
12:30on quitte le monde enchanté du virtuel,
12:34où on va construire 100 data centers de 1 gigawatt
12:38et on va assister à la révolution de l'intelligence artificielle,
12:45ben, quand, d'un seul coup, le rêve bleu se dissipe,
12:48on revient sur du fondamental,
12:51c'est-à-dire des matières premières dont on a besoin pour la transition énergétique,
12:54du cuivre, parce qu'il faut recabler les États-Unis,
12:57il faut recabler l'Europe,
12:59il faut rajouter des gigawatts, etc.
13:01Ça se fait encore avec des bobines de cuivre,
13:03il va falloir énormément de cuivre,
13:05il va falloir de l'aluminium pour les data centers,
13:07on va revenir aux choses concrètes.
13:09Pour l'instant, on est encore dans le narratif de l'IA,
13:16c'est une révolution, et cette fois, c'est différent.
13:19– On va en parler dans un instant de l'IA avec vous, Philippe Béchade,
13:22mais quand vous parlez de correction,
13:25quel scénario est-ce qu'on peut imaginer
13:28d'où pourrait venir cette correction,
13:31Japon, Europe, États-Unis ?
13:33Quel scénario est le plus plausible ?
13:36– Je vais rester très terre-à-terre.
13:39Au Japon, aujourd'hui,
13:41la Banque centrale perd des centaines de milliards
13:46sur son encours de bons du Trésor japonais,
13:49puisque c'est elle qui achète tout.
13:51On sait que le Japon monétise sa dette.
13:54Ce n'est pas les étrangers qui achètent la dette japonaise,
13:56c'est la Banque centrale.
13:57Elle rachète ce qu'elle met sur le marché.
14:00– Très bien.
14:02Tant que les taux restaient à 0,025, 0,50,
14:06elle ne perdait pas vraiment d'argent sur son encours.
14:09Là, avec des taux à 3,5 sur les échéances longues,
14:13les maturités longues,
14:14elle commence à perdre des centaines de milliards.
14:16Alors, c'était compensé également par son encours d'actions
14:21et d'ETF de valeur japonaise.
14:24La Banque centrale du Japon, c'est un énorme hedge fund
14:28qui détient, comme n'importe quel spéculateur,
14:32des positions sur le marché japonais, les positions actions.
14:36Là, aujourd'hui, les plus-values latentes sur le portefeuille d'actions,
14:41bientôt, ça ne couvrira plus les pertes sur le marché obligataire.
14:46– En 2008, les États avaient pu couvrir les pertes des banques
14:51parce qu'ils avaient encore des marges de manœuvre.
14:53Là, il n'en serait plus question aujourd'hui en Occident
14:56avec une dette au Japon qui s'élève à combien de pourcents, rappelez-moi ?
15:01– 255% en ce début de l'année 2026.
15:04– Donc un tsunami, possiblement, venant du Japon
15:07qui couvrirait le monde entier ?
15:10– Ah oui, oui, parce que là, je le répète,
15:15c'est peu connu du grand public,
15:18mais le Japon a été la corne d'abondance des marchés pendant 30 ans.
15:23Et Shinzo Abe, qui est à la base de l'expression les abénomics,
15:30c'est-à-dire une politique molétaire extrêmement agressive,
15:33extrêmement expansionniste, on maintient les taux artificiellement bas,
15:37on imprime beaucoup d'argent, on baisse les impôts.
15:40On a l'impression que c'est presque du Trump.
15:44Ça, ça a fonctionné jusqu'en 2022,
15:49parce que ça a commencé en 2019, de mémoire.
15:53Donc il y a eu trois années magiques
15:54où le Japon vraiment entraînait les marchés.
15:59Là, aujourd'hui, le marché japonais est en train d'être entraîné vers les abysses.
16:05– Voilà, et ce que ça veut dire, c'est que,
16:10outre le fait qu'il n'y a plus d'argent gratuit pour la planète,
16:14les japonais, avec tout ce qu'ils perdent sur leur portefeuille bilataire,
16:19du coup, ils n'ont plus de marge de manœuvre pour aller acheter
16:21des bons du trésor américain ou des émissions en euros.
16:26Et c'est même arrivé à un tel point,
16:29leur situation pourrait devenir tellement grave,
16:31qu'ils pourraient se trouver obligés de vendre des petits bons américains,
16:34de vendre des émissions obligataires européennes.
16:39Et alors là, c'est, comme on dit, le tsunami.
16:43Les États-Unis émettent des bons du trésor à raison de 1 000 milliards par semestre,
16:502 000 milliards par an.
16:52Ce chiffre, ça rappelait quelque chose.
16:55C'est ce qu'on a mis sur la table en 2020 et 2021,
16:58en pleine crise Covid, quand on avait arrêté les économies.
17:00Donc, la Banque centrale permettait de filer des chèques fédéraux.
17:06Là, il n'y a plus de Covid, il n'y a pas de crise.
17:10Et on est sur un rythme d'émissions de 2 000 milliards.
17:12Mais c'est fou.
17:14Et couvrir ces émissions, il faut qu'il y ait de l'épargne mondiale.
17:19Et le principal épargnant, c'était le retraité japonais
17:25qui achetait des petits bons américains,
17:27qui rapportaient 4,5,
17:30alors que ces bons du trésor japonais rapportaient 0.
17:35Dans le carry trade, il concerne aussi les Japonais.
17:37Expliquez-nous concrètement, Philippe Echad,
17:39si les Japonais se mettaient à vendre
17:42tout ce qu'ils ont aux États-Unis et ce qu'ils ont en Europe,
17:46qu'est-ce qui se passerait concrètement en Europe, en France ?
17:48Là, c'est le scénario de l'apocalypse.
17:51Ça veut dire qu'à ce moment-là, il faut que la Fed se mette à imprimer,
17:54alors qu'elle fasse comme la Banque centrale du Japon.
17:57Puisque ce n'est plus le Japon qui achète,
17:59et qu'il n'y a plus d'épargne mondiale disponible,
18:02il faut que la Fed se mette à imprimer.
18:04Et la BCE, de même.
18:07Et là, si on se met à imprimer,
18:09l'inflation dont je vous parlais,
18:11je disais, les hypothèses, c'est 3,5, 4 %,
18:14on va passer à 8, 10, très vite.
18:18Si on imprime tous les dollars
18:19pour se substituer à l'acheteur japonais qui n'est plus là,
18:23qui en plus de ça même vient vendre,
18:25et l'Europe, pareil, qui est étranglée par les déficits,
18:28la France en est un exemple,
18:30là, la planche à billets se met à tourner,
18:33et les monnaies sont détruites.
18:35– C'est-à-dire que vous imaginez la ménagère française partir chercher sa baguette
18:42avec la brouette, comme dans les années 30, à Berlin ?
18:46– Non, on n'arrivera pas à un pain pour un milliard de Reichsmark,
18:51mais on risque d'avoir effectivement une inflation qui va beaucoup plus vite
18:57que toute hausse possible des salaires.
19:03On n'est passé pas loin de la correctionnelle,
19:05il faut se rappeler, enfin, 2021,
19:07on était à pas loin de 10% d'inflation dans certains pays européens.
19:13On a même passé la barre des 10, je pense, dans les Pays-Baltes, par exemple.
19:17– Ça peut aller très très vite.
19:20Et là, évidemment, ceux qui aujourd'hui se sentent confortables,
19:24ce sont ceux qui ont acheté des actions,
19:26parce que les actions protègent contre l'inflation,
19:30mais une inflation mesurée.
19:33Mais si du jour au lendemain, l'inflation devient délirante,
19:36les actions ne vont plus protéger grand-chose.
19:39Pourquoi ?
19:40Parce que c'est le pouvoir d'achat de ceux qui font marcher l'économie,
19:45ce pouvoir d'achat qui va être inexistant
19:49et les entreprises ne vont plus gagner d'argent.
19:52Elles vont vendre à qui ?
19:53Si la monnaie est détruite et que les gens n'ont plus d'argent dans leur poche,
19:57qu'est-ce qui va faire tourner l'économie ?
20:00Voilà, on arrive à une sorte de game over.
20:03Donc, qu'est-ce qui se passe dans ces moments-là ?
20:04Il faut refonder le système financier,
20:07il faut refonder le système monétaire.
20:09On va y arriver un jour.
20:12Pour l'instant, on arrive à repousser l'échéance
20:14et encore, et encore, et encore.
20:15On a un euro dysfonctionnel depuis 25 ans,
20:19un euro qui a avantagé l'Allemagne,
20:22désavantagé la France, en partie l'Italie.
20:26Il y a un moment où ça ne tiendra plus non plus.
20:2925 ans de monnaie inadaptée,
20:33il y a un moment où il faudra prendre des mesures aussi.
20:35– On a vu quand même aux États-Unis ces dernières années
20:39une grande résilience dans l'économie.
20:43Est-ce que le pari de Trump de relocaliser son industrie
20:47peut être tenu ?
20:48– Il n'est pas gagné.
20:52Il n'est pas gagné parce que les États-Unis ne sont pas capables
20:57d'avoir une productivité et de sortir des produits compétitifs
21:03par rapport au Mexique.
21:04Je parle pour le voisin le plus proche, pour l'automobile.
21:06– On voit un ralentissement de l'emploi aux États-Unis ces derniers mois.
21:11– Un grand pessimisme des Américains.
21:15Alors quand vous écoutez Wall Street,
21:16quand vous avez mis une chaîne de délits américaines,
21:19vous tombez sur CNBC, Bloomberg.
21:23Je rappelle qu'on battait encore des records
21:25à 10 jours de Noël fin 2025.
21:29Voilà, c'était vraiment, effectivement, c'était la fête.
21:31C'était la fête.
21:33Et on voyait en parallèle des chiffres,
21:36des licenciements, du temps pour retrouver un job
21:39qui s'allongeait, qui s'allongeait, qui s'allongeait.
21:41Ce qui n'avait aucun impact sur la bourse.
21:44– Pourquoi on nous annonce une hausse de la croissance
21:48l'année prochaine aux États-Unis ?
21:49On passerait de 2 cette année à 2,2 l'an prochain.
21:53– Je peux même vous annoncer 3 si vous voulez.
21:55– 7 !
21:55– Si vraiment, je vais vous faire sourire.
21:577 comme l'Inde, je peux dire ce que je veux.
22:01Après, le réel corrigera.
22:03Mais pour l'instant, tant que vous avez un Wall Street
22:06qui est convaincu qu'on peut effectivement avoir une croissance
22:08non plus de 1,9 mais de 2,4 ou 2,5 et une inflation à 2,5
22:13alors que les marchés, on voit bien leur anticipation est au-delà de 3,5 voire 4,
22:18tant que vous avez des investisseurs qui ont ça comme dans leur logiciel.
22:24croissance 2,5, inflation 2,5, mais tout est merveilleux.
22:29C'est l'équilibre parfait, c'est Goldilocks.
22:32Non, c'est Alice au pays des merveilles.
22:33Ça n'existe pas.
22:35Mais tant que vous avez des gens qui fonctionnent avec ce genre d'hypothèse,
22:38le marché y tient parce que tout est merveilleux.
22:42– L'Union européenne, en tout cas de son côté,
22:44semble confronter un ralentissement plus marqué, pour le dire très gentiment.
22:49Est-ce que l'Europe va décrocher encore plus l'année prochaine
22:54par rapport aux États-Unis et à l'Asie ?
22:56– Alors là, ça dépend de pas mal de facteurs.
23:00D'abord, si le coût de l'énergie remonte, comme je l'anticipe…
23:03– Le pétrole, vous le utilisez.
23:04– Le pétrole et le gaz suivra probablement.
23:07Le GNL aussi, ça a complètement plombé l'industrie allemande.
23:13– Et avec la fin de cette guerre en Ukraine,
23:15est-ce qu'une reprise des accords commerciaux avec la Russie
23:19n'est pas envisageable ?
23:21– L'Europe veut pas.
23:24L'Europe veut pas revenir sur son narratif.
23:29C'est ça, on s'est mis dans le corner tout seul.
23:33On est tenu par les mensonges qui ont été répétés, matraqués pendant trois ans.
23:39– On voit actuellement un Victor Orban qui se déplace en Turquie,
23:43aux États-Unis pour multiplier les débouchés énergétiques.
23:46– Mais vous avez Trump qui annonce qu'il veut revoir la Russie dans le G8.
23:50Imaginez la Russie dans le G8 alors qu'on dit qu'on va arrêter Poutine
23:54si jamais il atterrit en France, en Angleterre, etc.
23:58Enfin, vous voyez où on en est.
24:01Et aux États-Unis, au contraire.
24:03On voit bien qu'ils continuent de commercer, les États-Unis et la Russie.
24:08C'est nous qui avons décidé, c'était fin novembre ou début décembre 2025,
24:13d'arrêter totalement les importations de gaz, de pétrole russe.
24:18Alors que les Américains, en fait, en douce, ils en achètent de plus en plus.
24:23Et ils achètent de l'uranium.
24:25Enfin, c'est extraordinaire la duplicité américaine
24:28qui pousse les faucons de Bruxelles à confisquer les avoirs russes,
24:34sachant que ça va mettre les russes dans une colère noire
24:37et que les russes vont certainement confisquer les actifs européens,
24:41pendant qu'eux font du commerce et sont déjà en train de se partager le monde,
24:46en tout cas l'Ukraine, de l'après-guerre,
24:49avec, oui, BlackRock va se manger la part du lion,
24:53mais on va essayer d'en laisser un petit peu aussi à la Russie.
24:57Je pense qu'il y a beaucoup plus d'intérêt à commercer maintenant
25:01qu'à se faire la guerre, d'abord parce qu'il n'y a plus d'argent.
25:04Donc les marchands de canons américains n'ont plus d'argent à gagner.
25:08C'est pour ça que l'Europe veut continuer, mais avec quel argent ?
25:11Et là, la reconstruction de l'Ukraine, c'est quelque chose
25:14qui va encore enrichir les entreprises américaines,
25:18pas les entreprises européennes.
25:20Donc la paix en Ukraine, est-ce que ça va nous bénéficier ?
25:23Pas sûr.
25:24Et en plus de ça, si on s'obstine à dire,
25:26les paquets de sanctions, les 20 paquets, ils restent en place,
25:29je ne sais pas pourquoi, mais simplement parce que, oui,
25:32on l'a mauvaise, donc il faut punir Poutine, etc.
25:37On est dans quelque chose de totalement puéril.
25:41– Mais l'objectif…
25:42– On n'entend pas du tout une inflexion du discours
25:45en disant on va redonner raisonnable.
25:46– L'objectif qu'a affiché Ursula von der Leyen il y a quelques mois
25:51de relancer la production industrielle d'armement en Europe,
25:56est-ce que cela ne permettrait pas de relancer quelque part l'économie en Europe ?
26:02– Bien sûr que si.
26:03C'était même ce que préconisait Mario Draghi.
26:07Alors lui, il disait, il ne désignait pas spécifiquement l'armement.
26:11Oui, il pensait qu'il fallait effectivement faire du keynésianisme,
26:14imprimer de l'argent, relancer l'économie européenne.
26:17Bon, si c'est en fabriquant des drones, des canons, pourquoi pas ?
26:22Ça fait surtout les affaires de l'Allemagne, plus que les nôtres.
26:27Mais une arme, c'est fait pour être fabriquée, être stockée,
26:33éventuellement un jour servir.
26:35On ne voudrait surtout pas qu'elle serve, ça voudrait dire qu'on est en guerre.
26:39Donc ça veut dire quoi ?
26:40Ça veut dire que nous, notre argent, on va l'employer,
26:42oui, pour sortir de nouveaux automoteurs, des tanks, des drones,
26:48tout ce qu'on veut.
26:49Ça va être stockée.
26:50Une fois qu'on les a fabriquées, c'est fini, il n'y a plus de récurrents.
26:54Alors que les Américains, eux, tout ce qu'ils ont mis en place
26:57avec les GAFAM, l'IA, etc., c'est évolutif.
27:01Les Chinois, pareil, sont dans une logique complètement évolutive.
27:04Ils ne fabriquent pas des trucs pour faire de l'activité.
27:07Et ensuite, une fois qu'ils sont dans les entrepôts, dans les souterrains,
27:11c'est fini, ça ne sert plus à rien.
27:14Nous, d'accord, ça va nous relancer pendant, je ne sais pas, un an, deux ans.
27:18Mais c'est ce qu'on appelle un one-shot.
27:20Une fois qu'on aura reconstitué notre arsenal, avec quoi on gagne notre vie ?
27:25Les Américains, les Chinois, les Indiens…
27:28On sera comme l'Union soviétique avec des missiles atomiques,
27:31mais avec des gens qui crèvent la dalle dans la rue.
27:34En gros, c'est un peu ça.
27:35Quand on voit déjà les filles d'étudiants à Paris
27:37qui attendent pour un repas gratuit, c'est une honte.
27:42Voilà ce qu'est la France aujourd'hui.
27:45Alors, vous évoquiez à l'instant, Philippe Béchade, l'intelligence artificielle.
27:49C'est probablement en 2026 que les choses vont vraiment s'accélérer.
27:55Cette IA, elle bouleverse déjà la productivité, le travail, les modèles d'affaires.
28:00Quel secteur économique, selon vous, en 2026, est plus transformé, voire disloqué ?
28:07On va faire court.
28:10Il y a tellement de métiers qui vont être disruptés, impactés.
28:16J'entendais 25% d'emplois disparaissants d'ici 2027.
28:21Ouais, c'est un peu les projections.
28:24Finalement, qu'est-ce qui ne va pas être impacté ?
28:27Alors, votre dentiste, votre plombier, votre électricien, celui qui vient réparer votre ascenseur,
28:34si je mets dans un immeuble, voilà, il y a des choses qui ne se délocalisent pas.
28:40Mais l'intelligence, effectivement, là, il y a du souci à se faire.
28:44On voit d'ailleurs bien que les cabinets conseils,
28:49qui vivent en vendant des heures d'ingénieurs, etc., de consultants,
28:53aujourd'hui, vous appuyez sur un bouton Gemini 3, Grog 2 et Eclos de version 4,
29:01et ça vous pond un PowerPoint de, vous pouvez mettre ce que vous voulez, 10, 30, 40 pages,
29:07et avec, à la fin, des préconisations qui sont totalement optimisées.
29:12Et c'est pourquoi vous voyez les cabinets conseils, les Big Five,
29:16qui commencent à licencier des ingénieurs.
29:18Est-ce qu'on peut imaginer l'État français licencier des fonctionnaires
29:21parce qu'on aura une intelligence, je vous vois sourire déjà,
29:26liquidation de la fonction publique ?
29:28Est-ce que ça coûtera moins cher de payer un ordinateur
29:31qui nous fera tous les calculs, qui enverra les courriers, etc. ?
29:35C'est là le mal français.
29:36On s'en est déjà parlé dans un précédent départ.
29:40Il est hors de question pour les élus de la République
29:42ou pour ceux qui gravitent à Bercy, l'Élysée et Matignon…
29:46De taper dans le mammouth.
29:47De taper dans le mammouth.
29:49Et c'est de piquer les pantoufles dorées du copain.
29:53Et réciproquement, le copain, il ne va pas venir dire
29:55« Ouais, mais là, peut-être qu'on gaspille un peu d'argent. »
29:58Et ça veut dire qu'on va supprimer telle agence,
30:02on va supprimer les dotations à telle ONG,
30:05on va supprimer tel comité d'experts.
30:08Non, parce que c'est le copain qui va se retrouver en difficulté.
30:13Donc, financer des trucs complètement inutiles
30:16et qui sont le fait du prince,
30:18ça, c'est quelque chose sur lequel la France ne va pas revenir.
30:22C'est une véritable tare ontologique de ce pays aujourd'hui.
30:27– Et d'un point de vue économique, où en est la France
30:29dans le développement de ces intelligences artificielles ?
30:33– Alors, on avait Mistral, maintenant c'est parti en Suisse,
30:37c'est parti aux États-Unis.
30:38On n'est pas fichus de garder sur notre sol
30:41quelque chose qui a de l'avenir.
30:43On n'a pas été capables de garder les cartes à puces.
30:47Il faut se rappeler que j'aime plus, j'aime alto,
30:49tout ça, ça a été racheté par les Américains.
30:50Et aujourd'hui, regardez, la puce, c'est aujourd'hui
30:54la poule aux odeurs, des Broadcom, des AMD,
31:00Applied Materials et TSMC à Taïwan.
31:05Et maintenant, Samsung en Corée du Sud et Huawei en Chine.
31:11Huawei qui va devenir, je le dis, je l'affirme déjà
31:14en ce début d'année 2026, c'est un de mes pronostics,
31:16on va découvrir que NVIDIA n'a plus le monopole
31:20de systèmes d'exploitation de l'IA performants.
31:24Alors pour l'instant-ci, au niveau de l'architecture,
31:26ils sont devant, mais aujourd'hui, vous pouvez mettre en face
31:29des serveurs Huawei qui font le même taf,
31:33en prenant peut-être plus de place,
31:35en prenant peut-être de plus de refroidissement.
31:38Mais il y a une nouvelle génération qui va arriver,
31:41qui vient de Chine, avec de nouvelles technologies d'impression,
31:44des puces et de nouvelles architectures.
31:46Et NVIDIA qui a été un des moteurs, si ce n'est le moteur
31:50de Wall Street 2024 et 2025, pourrait très très bien,
31:54de ce coup, découvrir qu'à l'image de Nokia,
31:57dans les années 2000, on disait, il n'y a rien au-dessus de Nokia
31:59et rien ne viendra supplanter Nokia.
32:02Trois ans ou quatre ans plus tard, il y avait BlackBerry.
32:05Six ans plus tard, il y avait Apple.
32:07Et Nokia n'existe quasiment plus.
32:10Donc, l'idée qu'on a un leader indéboudonnable,
32:17et en récurrence, on parle toujours de NVIDIA,
32:20je pense que c'est une des idées fausses,
32:22et c'est aussi une de ces idées qui pourrait voler en éclats en 2026,
32:26avec des implications sur l'évolution de Wall Street très très importantes.
32:30Parce qu'une boîte à 5 000 milliards,
32:32avec derrière un Broadcom qui est à maintenant 2 000 milliards de capitalisation,
32:38enfin, vous voyez ces boîtes qui ne vivent que d'un statut supposé de leadership mondial,
32:46et on découvre que du jour au lendemain, ils ne le sont plus,
32:48et qu'on a formulé des hypothèses de gains astronomiques sur des hypothèses fausses.
32:55Quand vous avez 4 ou 5 boîtes qui pèsent 13, 14 000 milliards,
33:00c'est-à-dire 35, 40% du poids à Wall Street,
33:03et que celles-là se mettent à corriger,
33:04je peux vous assurer qu'il n'y a rien en face qui va pouvoir contrebalancer.
33:09– Les dettes des États, les dettes publiques vont évidemment rester
33:13une des préoccupations majeures de l'année 2026.
33:17Tous les États occidentaux sont surendettés,
33:19certains parmi les BRICS le sont aussi, c'est notamment le cas de la Chine.
33:25Est-ce que la soutenabilité de cette dette est réellement menacée pour l'année qui arrive ?
33:31– Alors, en Chine, puisque vous le citez, oui, effectivement,
33:34l'endettement est devenu massif, mais bon, ce n'est pas une économie ouverte.
33:41Donc, la Chine, elle fait ce qu'elle veut.
33:45Si elle décide qu'il faut imprimer, enfin, il faut avoir de l'argent gratuit,
33:48ils auront de l'argent gratuit, autant qu'il en faut.
33:52Bon, ils tordent, évidemment, le bras des lois du marché,
33:57mais ils s'en fichent, ils sont chez eux, ils font ce qu'ils veulent.
34:00Nous, le problème, c'est que nous, on est dans une économie ouverte
34:02et on est tous maintenant en concurrence, États-Unis, Europe, Japon,
34:06pour trouver les moyens de refinancer notre dette.
34:10Et l'épargne mondiale, elle n'est pas extensible à l'infini.
34:13Les problèmes chinois, ça veut dire que les Chinois consacrent leurs ressources
34:20à soutenir leur propre économie.
34:23Donc, ils ne viennent plus, effectivement, acheter des tibons américains.
34:26Ils ne viendront plus non plus acheter des OAT, des boons.
34:30Et à plus forte raison, si l'Europe commettait cette folie de confisquer les avoirs russes.
34:36À ce moment-là, plus personne ne laissera d'argent en Europe,
34:39ou juste le minimum pour que ça fonctionne.
34:41mais on ne placera plus ses réserves dans une zone
34:46où, d'un seul coup, on peut décider que l'argent le confisque.
34:51Donc, ça, ça peut être aussi une erreur monumentale, voire mortelle pour l'Europe.
34:58Parce que là, qui va vouloir nous refinancer ?
35:01Si c'est pour dire demain, les dettes que vous nous avez achetées,
35:05aujourd'hui, on décide que, pom, elles sont gelées.
35:08Voilà, on ne vous verse plus les coupons, on ne vous verse plus les identes.
35:13On les confisque.
35:15– Vous évoquiez un effondrement des monnaies tout à l'heure, Philippe Béchade.
35:20Quelle stratégie d'investissement est-elle encore possible aujourd'hui ?
35:24Vous êtes un spécialiste en la matière.
35:26avec votre média, la chronique Agora, la lettre des affranchis.
35:32Quel conseil est-il possible encore de donner ?
35:35– Je veux dire que ça ne va pas…
35:38Je ne vais pas faire preuve d'une originalité folle.
35:41Originalité folle.
35:42Je vais renouveler les conseils que je donne depuis 2024.
35:44D'abord, qu'est-ce que font ceux qui ont des réserves de devises énormes ?
35:52Là, je parle d'échelle à 1 000 milliards.
35:55Donc là, on est Japon, Chine, Royaume-Uni,
36:00quelques paradis fiscaux aussi qui détiennent des milliers de milliards
36:03de types en Américain.
36:05Qu'est-ce qu'ils font ?
36:06Ils réduisent leur exposition.
36:08Alors, dans les paradis fiscaux, on vend les échéances,
36:12les maturités ongues, on commence à revenir que sur les maturités courtes
36:16parce qu'on peut rentrer-sortir facile.
36:19Et les BRICS achètent, évidemment, je ne vous apprends rien, de l'or.
36:24– Le prix a encore augmenté fin décembre.
36:27– Voilà.
36:28– 25% de plus.
36:29– 4 250, ça fait une année à 66%.
36:34Que dire de l'argent, 120% de hausse quand même en 2025.
36:39On a atteint, dépassé 62,5%.
36:41– Est-ce qu'il est trop tard pour le particulier qui nous regarde
36:45de se lancer dans un achat d'or d'argent ?
36:47– Non, c'est ce que je viens de dire, je ne vais pas être original.
36:50Ce conseil était valable jusqu'à fin 2025.
36:54Il le reste en ce début d'année 2026
36:57parce que les États-Unis sont encore sur un rythme
37:01de 1 000 milliards d'impressions de dollars par an.
37:05– Qu'est-ce que vous nous dites concrètement,
37:06Philippe Béchade, à nos téléspectateurs de TV Liberté,
37:09couraient acheter de l'or et de l'argent à Paris
37:11dans les officines qui en vendent, c'est ça ?
37:14– Non, ce n'est vraiment pas ce que j'ai dit.
37:16C'est bien d'avoir un petit peu de physique
37:18parce que ça se met, on met quelques pièces dans une poche.
37:20Si les choses se gâtent, on peut partir à l'étranger
37:22et avoir quelque chose qui se négocie
37:25et qui vaut exactement le même prix
37:26que ce soit en Terre de Feu, en Tasmanie, au Japon.
37:31Voilà.
37:31Donc, avoir un petit peu de physique, oui.
37:35Avoir, à mon avis, des mines.
37:38C'est-à-dire les gens qui extraient l'or,
37:40qui extraient l'argent.
37:42Et puis, soyons concrets,
37:45les data centers, les hyperscalers,
37:47ne peuvent pas fonctionner sans gigawatts.
37:50Il n'existe pas, ces gigawatts, aujourd'hui,
37:53ceux nécessaires pour que fonctionne
37:56tout ce qu'on a déjà prévu.
37:59On s'est engagé sur des sommes folles,
38:01sur des 300, des 500 milliards.
38:04Je crois qu'il y a un projet avec Oracle
38:07et le chat GPT qui était de cet ordre-là.
38:10Un demi-millier de milliards de dollars.
38:14Mais avec quelle énergie vont fonctionner
38:17ces data centers s'ils sont construits
38:192026, 2027, 2028 ?
38:22Il n'y a pas.
38:24Les gigawatts n'existent pas.
38:26Donc, qu'est-ce qu'on va faire ?
38:27Ou alors, on les partage.
38:28Donc, on arrête les usines automobiles.
38:31On arrête Alcoa.
38:32On demande aux gens de ne plus charger
38:34leur voiture la nuit parce qu'il n'y a plus
38:36de l'électricité.
38:37Ou alors, il va falloir qu'on construise
38:39des capacités de production énergétique.
38:44Une centrale atomique, c'est 6-7 ans,
38:46si tout se passe bien, à la chinoise.
38:49Une centrale au gaz, c'est 3 ans.
38:50Un champ d'éoliennes, c'est pareil,
38:52c'est 3-4 ans.
38:54Ça, c'est intermittent.
38:55Donc, qu'est-ce qui va se passer ?
38:57C'est qu'on va avoir besoin, là, aux États-Unis,
38:59de remettre en route des centrales au fioul,
39:00des centrales au gaz, pourquoi pas, même au charbon.
39:05Il y a des exemples plus près de nous.
39:08L'Allemagne, la Pologne.
39:09L'hiver, quand les éoliennes sont à l'arrêt,
39:11c'est du charbon.
39:12Donc, ce que je veux dire par là,
39:15c'est que ce dont on est certain, sûr et certain d'avoir besoin,
39:19c'est de kilowatts, de gigawatts supplémentaires.
39:22Il va falloir des millions de lignes
39:24pour transporter le courant vers les data centers,
39:28vers les hyperscalers.
39:31Ça, c'est une certitude.
39:32Par contre, je n'ai pas du tout la certitude
39:34que Oracle, que Meta ou Amazon
39:40aient pu développer des nouveaux data centers
39:46par manque d'énergie, tout simplement.
39:50C'est très, très, très concret.
39:52Donc, qu'est-ce qui est vraiment la nécessité ?
39:56C'est de l'ajout de capacités de production d'énergie.
40:02Et là, le plus rapide, ça ne peut être que le carboné.
40:07Donc, pour moi, le pétrole,
40:09qui est tombé très bas fin 2025,
40:13il faut se rappeler, à mi-décembre,
40:15on était à 60-61 dollars sur le Brent,
40:2057 sur le WTI.
40:22C'était des niveaux d'intervention historiques.
40:26Pour conclure cet entretien, Philippe Béchade,
40:28est-ce que vous pouvez, en deux mots,
40:29nous décrire l'année 2026
40:31pour nos compatriotes français ?
40:35Alors, il y a des échéances électorales, évidemment.
40:38Les municipales.
40:39Les municipales.
40:40Voilà, on va bien voir.
40:42Je pense qu'on va avoir un énorme coup de balai
40:46parmi toutes les formations
40:48qui ont conduit à l'adoption du budget 2026.
40:53On peut appeler ça un budget.
40:55Voilà.
40:55Donc là, opération coup de balai.
40:59D'un seul coup,
41:01la photographie des rapports de force politique change.
41:06Je ne sais pas si après
41:07peuvent se développer des mouvements sociaux
41:10qui reflèteraient le non-consentement
41:13ou le ras-le-bol total de la fiscalité
41:17et de l'absence d'efforts
41:18pour rétablir les finances du pays
41:21en faisant des économies là où elles doivent être faites.
41:24Mais globalement,
41:25parce que ceux qui nous écoutent
41:26sont d'abord des investisseurs
41:27où ils ont de l'épargne,
41:29attention,
41:30la dépréciation des monnaies en 2026,
41:33elle va se poursuivre.
41:35Jusqu'à fin 2025,
41:38les actions paraissent
41:38une excellente alternative.
41:41Parce que dans beaucoup de pays
41:42où il y a de l'inflation,
41:43on voit que les actions ont quand même
41:45un caractère de protection.
41:47sauf que là,
41:49avec les taux
41:50tels qu'on les observe,
41:53les actions qui montent tout le temps,
41:54quand les taux sont bas,
41:55ça passe.
41:56Mais quand les taux se mettent à grimper,
41:59là, ça ne passe plus.
42:00Et on est sur des multiples
42:01complètement déguirants.
42:04Sur le S&P,
42:04on est à 30 fois les bénéfices.
42:06Et sur les 50 dernières années,
42:09tous ceux qui ont investi
42:10quand les PER étaient à 30
42:12sur le S&P
42:13ou 40 sur le Nasdaq,
42:14ces gens-là ont dû attendre 10 ans
42:16pour gagner de l'argent.
42:17Et systématiquement,
42:19c'était ce que j'appelle, moi,
42:20l'investissement concret,
42:23énergie-matière-première,
42:24qui a permis de sauver la mise
42:26dans ces périodes compliquées,
42:29préinflationnistes
42:30et de correction des marchés boursiers.
42:33Philippe Béchade,
42:33merci d'avoir accepté
42:35notre invitation.
42:36Je rappelle que vous êtes
42:37le rédacteur en chef
42:38de la chronique Agora
42:39et de la lettre des Affranchis.
42:41Merci pour ce numéro,
42:43cette prospective
42:45de l'année 2026.
42:48Quant à nous,
42:48on se retrouve
42:49la semaine prochaine.
42:51À bientôt.
42:51Salut.
42:51Sous-titrage Société Radio-Canada
42:58Sous-titrage Société Radio-Canada
42:59Sous-titrage Société Radio-Canada
43:02Sous-titrage Société Radio-Canada
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