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  • il y a 16 heures
Ce jeudi 15 janvier, Olivier De Royère, gérant actions chez Montpensier Arbevel, s'est penché sur les mesures paradoxales de D. Trump contre l'inflation US, et le recul de Richemont malgré ses résultats supérieurs aux attentes, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Il vient de nous rejoindre, 15h44, Olivier Droyer pour Montpensier Arbevel.
00:03Bonjour Olivier.
00:04Bonjour Guillaume.
00:05Vous allez rendre votre verdict face au marché dans un instant,
00:07ce moment qu'on va vivre, ce verdict que vous allez livrer.
00:10Est-ce que vous l'assumez Olivier ?
00:11Oui, je l'assume.
00:12On vous écoute.
00:14Alors, Donald Trump, il veut que la fête baisse ses taux par tous les moyens,
00:17mais en même temps, lui fait tout ce qu'il peut pour faire monter l'inflation.
00:20Oh !
00:22Donald Trump, meilleur ennemi de lui-même,
00:24il veut que la fête baisse ses taux, mais il fait monter l'inflation.
00:26Vous trouvez vraiment qu'elle remonte l'inflation ?
00:28Alors, non, pas sur les derniers chiffres.
00:30J'ai dit, il fait tout ce qu'il peut.
00:31Je n'ai pas dit qu'il y a le remonte.
00:33Sur les derniers chiffres, effectivement, on était plutôt un peu rassurés.
00:36On se dit, les droits de douane commencent à être digérés.
00:38On a vu une inflation cœur aux États-Unis à 2,6.
00:41Ça commence à se modérer un peu.
00:42Donc, on se dit, soulagement, les banques sont en train de pouvoir baisser les taux,
00:45petit à petit, etc.
00:47Enfin, l'on a déjà fait un peu d'ailleurs.
00:47Mais sauf que derrière, qu'est-ce que fait Donald Trump ?
00:50Finalement, il commence à dénoncer potentiellement l'accord avec le Mexique et le Canada,
00:56l'USMCA,
00:56qui permet finalement, notamment aux constructeurs automobiles,
01:00de s'affranchir des droits de douane.
01:02Donc, premier point qui est quand même un peu inflationniste.
01:04Il parle avec l'Iran de remettre des droits de douane supplémentaires
01:07sur ceux qui commercent avec l'Iran.
01:09Alors, évidemment, au premier visé, la Chine.
01:11Donc, effectivement, droits de douane supplémentaires.
01:14Et puis, il se remet à dépenser de l'argent.
01:16Alors, ce n'est toujours pas très clair,
01:18mais il y a toujours ce sujet des 2 000 dollars par ménage américain
01:21qu'il avait promis.
01:22Évidemment, il est en campagne.
01:23Mais enfin, 2 000 dollars par ménage américain, petite estimation rapide,
01:26ça fait quand même 300 milliards de dollars.
01:28Bon, donc 300 milliards de dollars, ça creuse un peu le déficit.
01:31C'est plus que ce que rapportent les droits de douane.
01:32Voilà.
01:33Et puis, par ailleurs,
01:35alors il y a peut-être des exceptions,
01:36et puis par ailleurs,
01:36il nous remet une couche sur le budget militaire,
01:38alors qu'on pensait qu'il allait transférer un peu du budget aux Européens.
01:42Il nous remet une couche de 500 milliards, potentiellement,
01:44de budget militaire.
01:45Donc, on arriverait à 1 500 milliards de dollars.
01:47C'est complètement délirant.
01:49Et donc, évidemment, tout ça, c'est un plan de relance supplémentaire.
01:52Donc, c'est de la demande supplémentaire.
01:54C'est inflationniste.
01:55Donc, sur le fond, en fait, sur le fond,
01:57moi, je trouve qu'il a assez raison.
01:58Les taux longs aux États-Unis, aujourd'hui, pénalisent l'économie américaine.
02:01C'est-à-dire qu'en réalité, l'économie américaine tient sur deux pieds, deux piliers.
02:05Le premier, c'est les investissements géants dans la tech.
02:08Et le deuxième, c'est la consommation,
02:09notamment des trois premiers déciles de consommation les plus riches,
02:12et qui tient aussi parce que les actions tech ont monté
02:14et que les Américains sont devenus très riches.
02:15Donc, tout ça est quand même relativement fragile.
02:18Et beaucoup de secteurs, comme la construction,
02:20l'immobilier, qui posent des problèmes aux Américains,
02:22l'industrie, sont des secteurs qui auraient besoin de taux longs
02:24qui soient plutôt à 360, 360 qu'à 4,20.
02:28Mais le problème, c'est qu'avec toutes les mesures qu'il fait,
02:29en fait, c'est peu probable.
02:30Et donc, même s'il prend le contrôle de la Fed,
02:33et c'est probablement ce qu'il va peut-être graduellement réussir à faire
02:36avec un nouveau patron de la Fed,
02:38avec aussi des membres votants qui vont être changés petit à petit,
02:40c'est peut-être quand même les marchés obligataires,
02:41à un moment donné, qui vont siffler la fin de la récré
02:43avec des taux longs un peu tendus.
02:45Et donc, tout ça est un peu contre-productive.
02:47C'est vrai. Alors, peut-être qu'il y aura un QI,
02:48ne sait-on jamais ?
02:48La Fed a commencé à racheter des obligations du Trésor.
02:51Bon, ce n'est pas un QI techniquement,
02:53enfin, ça y ressemble quand même.
02:53Mais il se trouve que le Trésor lui-même rachète sa propre dette.
02:56On apprend qu'en début de semaine,
02:57le Trésor a racheté pour 2 milliards de dollars de dette américaine.
03:00Là, c'est un QI fait pas par la Fed,
03:01mais par le gouvernement fédéral lui-même.
03:03Oui, mais le problème, c'est que si on arrive,
03:04effectivement, s'il fait tout ce qu'il dit
03:05et qu'on arrive à 7% de déficit public,
03:07à un moment donné, il faut en faire du QI.
03:09C'est-à-dire qu'il y a attention quand même
03:10à la défiance des marchés et aux bons de vigilance.
03:12Donc, c'est vrai que tout ça part d'un constat
03:15qui peut se défendre,
03:15mais je ne suis pas sûr que la méthode soit optimale.
03:17Et donc, Wall Street ou l'Europe ?
03:18Je le disais il y a un instant,
03:20depuis le 1er janvier,
03:21l'Europe met une raclée à Wall Street.
03:23Mais vraiment, l'Eurostock 50 gagne 4%,
03:24le S&P progresse 4 fois moins, seulement d'un pour cent.
03:28Oui, alors je ne sais pas si on va faire un 4,
03:29mais l'Europe, plutôt l'Europe,
03:30parce que quand même,
03:32des questions quand même sur la tech, sur l'IA.
03:34On voit bien que finalement,
03:36le S&P a fait des nouveaux plus hauts,
03:39mais pas Nvidia.
03:40On voit qu'Oracle finalement ne rebondit pas,
03:43après la claque énorme reçue
03:45sur le sujet du financement des investissements massifs dans l'IA.
03:49Je rappelle, Oracle divisé par deux en deux mois.
03:52Et puis finalement, ça reprend peut-être 5% sur le plus bas.
03:55C'est très poussif tout ça.
03:56Donc quand même, évidemment,
03:58cette révolution de l'IA, elle est incontournable.
04:01Mais comme toujours, dans les révolutions technologiques,
04:03il y a des phases où les marchés en attendent peut-être un peu trop.
04:05Donc plus l'Europe.
04:07Oui, et plus l'Europe,
04:08même si l'Europe économiquement avance comme une tortue au sprint.
04:11Vous avez vu le PIB allemand,
04:12la croissance allemand l'an dernier, plus 0,2%.
04:14Déjà, on est revenu dans le vert au quatrième trimestre.
04:17Donc on va déjà se contenter de ça.
04:19C'est vrai qu'il y a le plan de relance quand même
04:21qui arrive, accompagné de beaucoup de doutes.
04:23On ne peut pas dire que ça se fasse dans l'euphorie.
04:25Le climat en Allemagne n'est pas très bon.
04:27Bon, alors on estime globalement,
04:30les estimations de la plupart des brokers,
04:32des grandes banques,
04:34c'est autour de 0,6% d'impact à peu près
04:36sur le PIB allemand sur 2026.
04:39Au niveau de la zone euro, c'est plus modeste.
04:41On parle de 0,15, 0,20% dans le meilleur des cas.
04:45Mais c'est quand même pas nul.
04:47On a quand même une désinflation en Europe
04:49qui n'est pas forcément le cas partout ailleurs.
04:52Qui redonne un petit peu de pouvoir d'achat aux consommateurs.
04:54Donc c'est clair que ça ne se fait pas dans l'euphorie,
04:55mais plutôt l'Europe quand même.
04:56Pour ceux qui hésitent entre l'Europe et Wall Street,
04:58ils peuvent atterrir entre les deux au Royaume-Uni.
05:01Est-ce que le marché britannique offre une opportunité cette année ?
05:04C'est l'avis des experts de Société Générale,
05:06eux misent vraiment sur le marché britannique.
05:07Ils nous expliquent, les experts de Société Générale,
05:10que 1. le Royaume-Uni offre une prime de stabilité
05:12par rapport à la France désormais.
05:14Prime de stabilité politique par rapport à la France.
05:17Deux, des rachats d'actions massifs au Royaume-Uni.
05:19Trois, la Bourse de Londres est très bien positionnée
05:22sur le secteur minier et sur le secteur bancaire.
05:25Deux secteurs amenés à bien progresser cette année.
05:27Est-ce que Londres est parmi vos favoris ?
05:29Pas vraiment.
05:30Le seul argument que j'achèterais vraiment,
05:32c'est le troisième.
05:33Parce qu'effectivement, le mix des indices,
05:36là, ce n'est pas tellement un problème de géographie,
05:37c'est des sociétés internationales,
05:39mais c'est sûr que c'est des secteurs
05:40qui sont plutôt portés en ce moment.
05:42Et là, la Bourse de Londres en a beaucoup et de qualité.
05:45Pour le reste, la prime économique,
05:47ça ne se voit pas quand même dans les taux,
05:48puisque le taux anglais, le 10 ans anglais,
05:51il est à 4,40 et le 10 ans français, il est à 3,50.
05:53Donc la France, c'est un peu le passage égé clandestin,
05:55quelque part, sans doute, de la zone euro
05:57et bénéficie du coût de financement plus bas.
06:00Mais sinon, pour le reste, le déficit public, la dette,
06:04tout ça est très proche entre l'Angleterre et la France.
06:08Stabilité politique, oui,
06:09mais avec un gouvernement qui n'est pas forcément
06:11avec un vent en poupe extraordinaire non plus.
06:13Donc, pas sûr de tout ce qui est domestique.
06:15Donc, c'est l'exposition sectorielle de Londres
06:16qui lui apporte un avantage.
06:18Peut-être les flux de capitaux aussi
06:19qui sortaient systématiquement de Londres
06:21depuis 2016 avec le Brexit
06:22et qui commencent à s'inverser manifestement.
06:24Voilà, les investisseurs.
06:25C'est toujours un peu...
06:26Les flux des domestiques, c'est certainement pas le cas.
06:28Au contraire, ils sont très sortants.
06:30Par contre, effectivement,
06:31après, il peut y avoir des mouvements de réallocation
06:32d'actifs, d'investissements internationaux,
06:34mais c'est sûr pareil, ça vient.
06:35Donc, on ne sait pas forcément...
06:37C'est pas forcément quelque chose de durable.
06:39Alors, réallocation, justement, c'est le mot.
06:42On a vu quand même la fin de l'année dernière
06:43qui s'était soldée par pas mal de rotations sectorielles.
06:47On a l'impression qu'on commence l'année
06:48par des sortes de rotations
06:50à l'intérieur même des secteurs.
06:53Oui, oui, oui.
06:53Il y a comme souvent au début d'année
06:55un appétit pour les valeurs moyennes,
06:58les small mid-cap.
07:00C'est vrai qu'elles ont fait une année
07:01qui est correcte l'an dernier,
07:03mais quand même pas stellaire non plus.
07:04C'est-à-dire que ça a fait à peu près pareil
07:05que les grandes valeurs.
07:07Donc, on conserve une décote
07:08de l'ordre de 20-25 %.
07:09Et c'est vrai que ça s'est concentré
07:11sur quelques secteurs,
07:12la finance, défense, etc.
07:15Mais beaucoup d'autres secteurs
07:16plus classiques sont restés
07:18en dehors du mouvement.
07:19Et donc, on a quand même
07:19beaucoup de sociétés aujourd'hui
07:21qui sont sur des multiples de valorations
07:23qui sont particulièrement attractives
07:24dans le domaine des valeurs moyennes.
07:27Et puis, c'est vrai que souvent,
07:27au début d'année,
07:28on a envie de reprendre un peu de risques
07:29et on va chercher ça.
07:31D'autant qu'elles sont un peu décorrélantes
07:33par rapport à la tech et l'IA américaine
07:35et qu'elles sont plus domestiques
07:37et donc moins soumises
07:38aux conflits internationaux,
07:39même si certaines, évidemment, le sont.
07:42Oui.
07:43Et notamment, effectivement,
07:45toutes ces valeurs qu'on décrit
07:46jour après jour.
07:47Et cette tendance sur les marchés,
07:49on parlera du luxe dans une poignée de secondes,
07:50parce que Richemont a annoncé ses ventes
07:51du dernier trimestre.
07:52Super heureuse attente,
07:53mais le secteur du luxe recule.
07:54Vous allez nous expliquer pourquoi.
07:55Votre lecture sur ce qu'annonce Richemont.
07:57Mais le CAC 40, là, recule de 0,27 %.
07:59Vous voyez, c'est la quatrième baisse d'affilée
08:01quand même pour le CAC 40,
08:02même s'il reste proche de ses records
08:03et toujours au-dessus des 8 300 points.
08:05Donc cette baisse plombée,
08:07expliquée largement due au secteur du luxe,
08:10Kering et l'anterne rouge du CAC,
08:11moins 3,7 %.
08:12On a LVMH aussi en repli,
08:13moins 1,3 %.
08:14Richemont a publié ses résultats.
08:16En tout cas, son chiffre d'affaires,
08:17ses ventes, supérieures aux attentes
08:19pour le dernier trimestre,
08:19mais Richemont aussi est emporté
08:21et recule en ce moment de 2 %.
08:22Pourquoi ?
08:23Alors, effectivement,
08:24il semblerait à 11 % de croissance organique
08:26par rapport à l'attente à 7,
08:27c'est mieux.
08:28Et même, c'est bien,
08:29parce que le secteur du luxe
08:30nous a un peu habitué
08:31à une croissance molassonne
08:32depuis un an maintenant.
08:33Avant, on avait des chiffres,
08:34évidemment, assez stratosphériques.
08:35Donc 11 %, c'est bien.
08:37Mais il y a un message sur les marges
08:39qui est un peu ambigu,
08:41avec le sujet d'échange qui joue,
08:44avec le sujet des droits de douane
08:45qui joue un peu.
08:47Et puis, là, on parle d'une valeur
08:48qui est très spécialisée sur la joaillerie.
08:50Et donc, l'explosion des cours de l'or
08:52et de l'argent, quand même,
08:53a des impacts.
08:54Alors, difficile de savoir exactement
08:56si ça a des impacts tout de suite,
08:57s'il y a un peu de décalage.
08:59Mais dans tous les cas de figure,
09:00c'est soit un peu de pression sur les marges,
09:02soit c'est de la demande future
09:03qui va être un peu reniée.
09:04On est quand même sur des hausses
09:05qui sont très, très spectaculaires.
09:07Donc, c'est évidemment des acteurs du luxe
09:08qui ont un pricing power.
09:10Mais bon, ça peut avoir quand même
09:11ses limites à court terme.
09:12Après, c'est vrai que globalement,
09:13ça donne un message
09:14qui est raisonnablement positif
09:16sur la saison de résultats
09:17à venir dans le luxe,
09:18puisque on voit bien
09:20qu'avec la bourse américaine au plus haut,
09:21la clientèle américaine aujourd'hui
09:23est très à l'aise pour dépenser.
09:24Et c'est quand même le point le plus positif.
09:26Autant sur la Chine,
09:26c'est assez moyen
09:27dans la clientèle chinoise,
09:29mais les ventes de richemont
09:30auprès de la clientèle américaine
09:31sont très bonnes.
09:32Et ça, c'est vrai que c'est quand même
09:33globalement positif
09:34pour les publications du secteur du luxe.
09:36Un secteur où globalement,
09:37les attentes sont assez faibles sur 2026.
09:39Donc, on devrait avoir
09:40des mouvements de révision en hausse
09:41pendant la saison de résultats.
09:43Bémol quand même,
09:44c'est que c'est assez cher.
09:46On est sur un secteur
09:46qui est au-dessus de ses valeurs.
09:48Enfin, vraiment,
09:48dans son haut de range
09:50de valorisation historique.
09:52Et donc, effectivement,
09:53on va être confiant
09:54sur les publications,
09:55mais vigilant.
09:56C'est-à-dire que c'est quand même
09:57sans doute très sensible
09:58à la bonne tenue
09:58des marchés actions,
09:59notamment américains.
10:00Olivier Deroyer
10:01pour Montpensier Arbevel.
10:02Vous vous demandiez tout à l'heure
10:03si Donald Trump
10:04pourrait délivrer
10:05les chèques de 2000 dollars
10:06qu'il a promis par Américains.
10:07C'était il y a deux jours
10:07dans une conférence de presse.
10:08Un journaliste lui a demandé
10:09vous aviez parlé
10:10de chèques de 2000 dollars
10:11à venir cette année.
10:12Vous savez ce qu'il a répondu
10:12Donald Trump ?
10:13Ah bon ?
10:13Mais quand est-ce que
10:14j'ai fait cette proposition,
10:15je ne m'en souviens pas.
10:16C'était fou encore.
10:17Voilà, c'est oui.
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