00:00Il vient de nous rejoindre, 15h44, Olivier Droyer pour Montpensier Arbevel.
00:03Bonjour Olivier.
00:04Bonjour Guillaume.
00:05Vous allez rendre votre verdict face au marché dans un instant,
00:07ce moment qu'on va vivre, ce verdict que vous allez livrer.
00:10Est-ce que vous l'assumez Olivier ?
00:11Oui, je l'assume.
00:12On vous écoute.
00:14Alors, Donald Trump, il veut que la fête baisse ses taux par tous les moyens,
00:17mais en même temps, lui fait tout ce qu'il peut pour faire monter l'inflation.
00:20Oh !
00:22Donald Trump, meilleur ennemi de lui-même,
00:24il veut que la fête baisse ses taux, mais il fait monter l'inflation.
00:26Vous trouvez vraiment qu'elle remonte l'inflation ?
00:28Alors, non, pas sur les derniers chiffres.
00:30J'ai dit, il fait tout ce qu'il peut.
00:31Je n'ai pas dit qu'il y a le remonte.
00:33Sur les derniers chiffres, effectivement, on était plutôt un peu rassurés.
00:36On se dit, les droits de douane commencent à être digérés.
00:38On a vu une inflation cœur aux États-Unis à 2,6.
00:41Ça commence à se modérer un peu.
00:42Donc, on se dit, soulagement, les banques sont en train de pouvoir baisser les taux,
00:45petit à petit, etc.
00:47Enfin, l'on a déjà fait un peu d'ailleurs.
00:47Mais sauf que derrière, qu'est-ce que fait Donald Trump ?
00:50Finalement, il commence à dénoncer potentiellement l'accord avec le Mexique et le Canada,
00:56l'USMCA,
00:56qui permet finalement, notamment aux constructeurs automobiles,
01:00de s'affranchir des droits de douane.
01:02Donc, premier point qui est quand même un peu inflationniste.
01:04Il parle avec l'Iran de remettre des droits de douane supplémentaires
01:07sur ceux qui commercent avec l'Iran.
01:09Alors, évidemment, au premier visé, la Chine.
01:11Donc, effectivement, droits de douane supplémentaires.
01:14Et puis, il se remet à dépenser de l'argent.
01:16Alors, ce n'est toujours pas très clair,
01:18mais il y a toujours ce sujet des 2 000 dollars par ménage américain
01:21qu'il avait promis.
01:22Évidemment, il est en campagne.
01:23Mais enfin, 2 000 dollars par ménage américain, petite estimation rapide,
01:26ça fait quand même 300 milliards de dollars.
01:28Bon, donc 300 milliards de dollars, ça creuse un peu le déficit.
01:31C'est plus que ce que rapportent les droits de douane.
01:32Voilà.
01:33Et puis, par ailleurs,
01:35alors il y a peut-être des exceptions,
01:36et puis par ailleurs,
01:36il nous remet une couche sur le budget militaire,
01:38alors qu'on pensait qu'il allait transférer un peu du budget aux Européens.
01:42Il nous remet une couche de 500 milliards, potentiellement,
01:44de budget militaire.
01:45Donc, on arriverait à 1 500 milliards de dollars.
01:47C'est complètement délirant.
01:49Et donc, évidemment, tout ça, c'est un plan de relance supplémentaire.
01:52Donc, c'est de la demande supplémentaire.
01:54C'est inflationniste.
01:55Donc, sur le fond, en fait, sur le fond,
01:57moi, je trouve qu'il a assez raison.
01:58Les taux longs aux États-Unis, aujourd'hui, pénalisent l'économie américaine.
02:01C'est-à-dire qu'en réalité, l'économie américaine tient sur deux pieds, deux piliers.
02:05Le premier, c'est les investissements géants dans la tech.
02:08Et le deuxième, c'est la consommation,
02:09notamment des trois premiers déciles de consommation les plus riches,
02:12et qui tient aussi parce que les actions tech ont monté
02:14et que les Américains sont devenus très riches.
02:15Donc, tout ça est quand même relativement fragile.
02:18Et beaucoup de secteurs, comme la construction,
02:20l'immobilier, qui posent des problèmes aux Américains,
02:22l'industrie, sont des secteurs qui auraient besoin de taux longs
02:24qui soient plutôt à 360, 360 qu'à 4,20.
02:28Mais le problème, c'est qu'avec toutes les mesures qu'il fait,
02:29en fait, c'est peu probable.
02:30Et donc, même s'il prend le contrôle de la Fed,
02:33et c'est probablement ce qu'il va peut-être graduellement réussir à faire
02:36avec un nouveau patron de la Fed,
02:38avec aussi des membres votants qui vont être changés petit à petit,
02:40c'est peut-être quand même les marchés obligataires,
02:41à un moment donné, qui vont siffler la fin de la récré
02:43avec des taux longs un peu tendus.
02:45Et donc, tout ça est un peu contre-productive.
02:47C'est vrai. Alors, peut-être qu'il y aura un QI,
02:48ne sait-on jamais ?
02:48La Fed a commencé à racheter des obligations du Trésor.
02:51Bon, ce n'est pas un QI techniquement,
02:53enfin, ça y ressemble quand même.
02:53Mais il se trouve que le Trésor lui-même rachète sa propre dette.
02:56On apprend qu'en début de semaine,
02:57le Trésor a racheté pour 2 milliards de dollars de dette américaine.
03:00Là, c'est un QI fait pas par la Fed,
03:01mais par le gouvernement fédéral lui-même.
03:03Oui, mais le problème, c'est que si on arrive,
03:04effectivement, s'il fait tout ce qu'il dit
03:05et qu'on arrive à 7% de déficit public,
03:07à un moment donné, il faut en faire du QI.
03:09C'est-à-dire qu'il y a attention quand même
03:10à la défiance des marchés et aux bons de vigilance.
03:12Donc, c'est vrai que tout ça part d'un constat
03:15qui peut se défendre,
03:15mais je ne suis pas sûr que la méthode soit optimale.
03:17Et donc, Wall Street ou l'Europe ?
03:18Je le disais il y a un instant,
03:20depuis le 1er janvier,
03:21l'Europe met une raclée à Wall Street.
03:23Mais vraiment, l'Eurostock 50 gagne 4%,
03:24le S&P progresse 4 fois moins, seulement d'un pour cent.
03:28Oui, alors je ne sais pas si on va faire un 4,
03:29mais l'Europe, plutôt l'Europe,
03:30parce que quand même,
03:32des questions quand même sur la tech, sur l'IA.
03:34On voit bien que finalement,
03:36le S&P a fait des nouveaux plus hauts,
03:39mais pas Nvidia.
03:40On voit qu'Oracle finalement ne rebondit pas,
03:43après la claque énorme reçue
03:45sur le sujet du financement des investissements massifs dans l'IA.
03:49Je rappelle, Oracle divisé par deux en deux mois.
03:52Et puis finalement, ça reprend peut-être 5% sur le plus bas.
03:55C'est très poussif tout ça.
03:56Donc quand même, évidemment,
03:58cette révolution de l'IA, elle est incontournable.
04:01Mais comme toujours, dans les révolutions technologiques,
04:03il y a des phases où les marchés en attendent peut-être un peu trop.
04:05Donc plus l'Europe.
04:07Oui, et plus l'Europe,
04:08même si l'Europe économiquement avance comme une tortue au sprint.
04:11Vous avez vu le PIB allemand,
04:12la croissance allemand l'an dernier, plus 0,2%.
04:14Déjà, on est revenu dans le vert au quatrième trimestre.
04:17Donc on va déjà se contenter de ça.
04:19C'est vrai qu'il y a le plan de relance quand même
04:21qui arrive, accompagné de beaucoup de doutes.
04:23On ne peut pas dire que ça se fasse dans l'euphorie.
04:25Le climat en Allemagne n'est pas très bon.
04:27Bon, alors on estime globalement,
04:30les estimations de la plupart des brokers,
04:32des grandes banques,
04:34c'est autour de 0,6% d'impact à peu près
04:36sur le PIB allemand sur 2026.
04:39Au niveau de la zone euro, c'est plus modeste.
04:41On parle de 0,15, 0,20% dans le meilleur des cas.
04:45Mais c'est quand même pas nul.
04:47On a quand même une désinflation en Europe
04:49qui n'est pas forcément le cas partout ailleurs.
04:52Qui redonne un petit peu de pouvoir d'achat aux consommateurs.
04:54Donc c'est clair que ça ne se fait pas dans l'euphorie,
04:55mais plutôt l'Europe quand même.
04:56Pour ceux qui hésitent entre l'Europe et Wall Street,
04:58ils peuvent atterrir entre les deux au Royaume-Uni.
05:01Est-ce que le marché britannique offre une opportunité cette année ?
05:04C'est l'avis des experts de Société Générale,
05:06eux misent vraiment sur le marché britannique.
05:07Ils nous expliquent, les experts de Société Générale,
05:10que 1. le Royaume-Uni offre une prime de stabilité
05:12par rapport à la France désormais.
05:14Prime de stabilité politique par rapport à la France.
05:17Deux, des rachats d'actions massifs au Royaume-Uni.
05:19Trois, la Bourse de Londres est très bien positionnée
05:22sur le secteur minier et sur le secteur bancaire.
05:25Deux secteurs amenés à bien progresser cette année.
05:27Est-ce que Londres est parmi vos favoris ?
05:29Pas vraiment.
05:30Le seul argument que j'achèterais vraiment,
05:32c'est le troisième.
05:33Parce qu'effectivement, le mix des indices,
05:36là, ce n'est pas tellement un problème de géographie,
05:37c'est des sociétés internationales,
05:39mais c'est sûr que c'est des secteurs
05:40qui sont plutôt portés en ce moment.
05:42Et là, la Bourse de Londres en a beaucoup et de qualité.
05:45Pour le reste, la prime économique,
05:47ça ne se voit pas quand même dans les taux,
05:48puisque le taux anglais, le 10 ans anglais,
05:51il est à 4,40 et le 10 ans français, il est à 3,50.
05:53Donc la France, c'est un peu le passage égé clandestin,
05:55quelque part, sans doute, de la zone euro
05:57et bénéficie du coût de financement plus bas.
06:00Mais sinon, pour le reste, le déficit public, la dette,
06:04tout ça est très proche entre l'Angleterre et la France.
06:08Stabilité politique, oui,
06:09mais avec un gouvernement qui n'est pas forcément
06:11avec un vent en poupe extraordinaire non plus.
06:13Donc, pas sûr de tout ce qui est domestique.
06:15Donc, c'est l'exposition sectorielle de Londres
06:16qui lui apporte un avantage.
06:18Peut-être les flux de capitaux aussi
06:19qui sortaient systématiquement de Londres
06:21depuis 2016 avec le Brexit
06:22et qui commencent à s'inverser manifestement.
06:24Voilà, les investisseurs.
06:25C'est toujours un peu...
06:26Les flux des domestiques, c'est certainement pas le cas.
06:28Au contraire, ils sont très sortants.
06:30Par contre, effectivement,
06:31après, il peut y avoir des mouvements de réallocation
06:32d'actifs, d'investissements internationaux,
06:34mais c'est sûr pareil, ça vient.
06:35Donc, on ne sait pas forcément...
06:37C'est pas forcément quelque chose de durable.
06:39Alors, réallocation, justement, c'est le mot.
06:42On a vu quand même la fin de l'année dernière
06:43qui s'était soldée par pas mal de rotations sectorielles.
06:47On a l'impression qu'on commence l'année
06:48par des sortes de rotations
06:50à l'intérieur même des secteurs.
06:53Oui, oui, oui.
06:53Il y a comme souvent au début d'année
06:55un appétit pour les valeurs moyennes,
06:58les small mid-cap.
07:00C'est vrai qu'elles ont fait une année
07:01qui est correcte l'an dernier,
07:03mais quand même pas stellaire non plus.
07:04C'est-à-dire que ça a fait à peu près pareil
07:05que les grandes valeurs.
07:07Donc, on conserve une décote
07:08de l'ordre de 20-25 %.
07:09Et c'est vrai que ça s'est concentré
07:11sur quelques secteurs,
07:12la finance, défense, etc.
07:15Mais beaucoup d'autres secteurs
07:16plus classiques sont restés
07:18en dehors du mouvement.
07:19Et donc, on a quand même
07:19beaucoup de sociétés aujourd'hui
07:21qui sont sur des multiples de valorations
07:23qui sont particulièrement attractives
07:24dans le domaine des valeurs moyennes.
07:27Et puis, c'est vrai que souvent,
07:27au début d'année,
07:28on a envie de reprendre un peu de risques
07:29et on va chercher ça.
07:31D'autant qu'elles sont un peu décorrélantes
07:33par rapport à la tech et l'IA américaine
07:35et qu'elles sont plus domestiques
07:37et donc moins soumises
07:38aux conflits internationaux,
07:39même si certaines, évidemment, le sont.
07:42Oui.
07:43Et notamment, effectivement,
07:45toutes ces valeurs qu'on décrit
07:46jour après jour.
07:47Et cette tendance sur les marchés,
07:49on parlera du luxe dans une poignée de secondes,
07:50parce que Richemont a annoncé ses ventes
07:51du dernier trimestre.
07:52Super heureuse attente,
07:53mais le secteur du luxe recule.
07:54Vous allez nous expliquer pourquoi.
07:55Votre lecture sur ce qu'annonce Richemont.
07:57Mais le CAC 40, là, recule de 0,27 %.
07:59Vous voyez, c'est la quatrième baisse d'affilée
08:01quand même pour le CAC 40,
08:02même s'il reste proche de ses records
08:03et toujours au-dessus des 8 300 points.
08:05Donc cette baisse plombée,
08:07expliquée largement due au secteur du luxe,
08:10Kering et l'anterne rouge du CAC,
08:11moins 3,7 %.
08:12On a LVMH aussi en repli,
08:13moins 1,3 %.
08:14Richemont a publié ses résultats.
08:16En tout cas, son chiffre d'affaires,
08:17ses ventes, supérieures aux attentes
08:19pour le dernier trimestre,
08:19mais Richemont aussi est emporté
08:21et recule en ce moment de 2 %.
08:22Pourquoi ?
08:23Alors, effectivement,
08:24il semblerait à 11 % de croissance organique
08:26par rapport à l'attente à 7,
08:27c'est mieux.
08:28Et même, c'est bien,
08:29parce que le secteur du luxe
08:30nous a un peu habitué
08:31à une croissance molassonne
08:32depuis un an maintenant.
08:33Avant, on avait des chiffres,
08:34évidemment, assez stratosphériques.
08:35Donc 11 %, c'est bien.
08:37Mais il y a un message sur les marges
08:39qui est un peu ambigu,
08:41avec le sujet d'échange qui joue,
08:44avec le sujet des droits de douane
08:45qui joue un peu.
08:47Et puis, là, on parle d'une valeur
08:48qui est très spécialisée sur la joaillerie.
08:50Et donc, l'explosion des cours de l'or
08:52et de l'argent, quand même,
08:53a des impacts.
08:54Alors, difficile de savoir exactement
08:56si ça a des impacts tout de suite,
08:57s'il y a un peu de décalage.
08:59Mais dans tous les cas de figure,
09:00c'est soit un peu de pression sur les marges,
09:02soit c'est de la demande future
09:03qui va être un peu reniée.
09:04On est quand même sur des hausses
09:05qui sont très, très spectaculaires.
09:07Donc, c'est évidemment des acteurs du luxe
09:08qui ont un pricing power.
09:10Mais bon, ça peut avoir quand même
09:11ses limites à court terme.
09:12Après, c'est vrai que globalement,
09:13ça donne un message
09:14qui est raisonnablement positif
09:16sur la saison de résultats
09:17à venir dans le luxe,
09:18puisque on voit bien
09:20qu'avec la bourse américaine au plus haut,
09:21la clientèle américaine aujourd'hui
09:23est très à l'aise pour dépenser.
09:24Et c'est quand même le point le plus positif.
09:26Autant sur la Chine,
09:26c'est assez moyen
09:27dans la clientèle chinoise,
09:29mais les ventes de richemont
09:30auprès de la clientèle américaine
09:31sont très bonnes.
09:32Et ça, c'est vrai que c'est quand même
09:33globalement positif
09:34pour les publications du secteur du luxe.
09:36Un secteur où globalement,
09:37les attentes sont assez faibles sur 2026.
09:39Donc, on devrait avoir
09:40des mouvements de révision en hausse
09:41pendant la saison de résultats.
09:43Bémol quand même,
09:44c'est que c'est assez cher.
09:46On est sur un secteur
09:46qui est au-dessus de ses valeurs.
09:48Enfin, vraiment,
09:48dans son haut de range
09:50de valorisation historique.
09:52Et donc, effectivement,
09:53on va être confiant
09:54sur les publications,
09:55mais vigilant.
09:56C'est-à-dire que c'est quand même
09:57sans doute très sensible
09:58à la bonne tenue
09:58des marchés actions,
09:59notamment américains.
10:00Olivier Deroyer
10:01pour Montpensier Arbevel.
10:02Vous vous demandiez tout à l'heure
10:03si Donald Trump
10:04pourrait délivrer
10:05les chèques de 2000 dollars
10:06qu'il a promis par Américains.
10:07C'était il y a deux jours
10:07dans une conférence de presse.
10:08Un journaliste lui a demandé
10:09vous aviez parlé
10:10de chèques de 2000 dollars
10:11à venir cette année.
10:12Vous savez ce qu'il a répondu
10:12Donald Trump ?
10:13Ah bon ?
10:13Mais quand est-ce que
10:14j'ai fait cette proposition,
10:15je ne m'en souviens pas.
10:16C'était fou encore.
10:17Voilà, c'est oui.
Commentaires