00:00Et d'abord à 15h45, Amandine Gérard nous rejoint au président de la financière de l'ARC.
00:03Bonjour Amandine.
00:04Bonjour messieurs.
00:05Vous allez rendre votre verdict face au marché.
00:07Ce verdict, cet instant qu'on va vivre, ce moment, est-ce que vous l'assumez ?
00:12Je l'assume comme toujours.
00:13On vous écoute.
00:15Donc de Thanksgiving à Santa, le rallye est là ou le rallye sera là,
00:19puisqu'aujourd'hui ce n'est pas encore le cas.
00:23Mais vous y croyez à ce rallye.
00:24C'est votre message aujourd'hui au marché, le rallye est bel et bien là,
00:27même si aujourd'hui ça corrige un petit peu.
00:29Il n'est pas un peu tôt pour compter les points du rallye justement ?
00:32Alors statistiquement, en termes de probabilité,
00:35on n'a eu que trois mauvais mois de décembre sur une longue période.
00:40Et ces trois mauvais mois de décembre sont 2015, 2018 et 2022.
00:44Le point commun est qu'on avait une politique monétaire restrictive.
00:49Donc là on est plutôt dans le sens contraire.
00:52De plus le mois de novembre a été un mois moyen historiquement pour les marchés.
00:56Donc ces deux arguments militent en faveur d'un rallye.
01:01La troisième chose, c'est qu'il y a eu quand même des relèvements,
01:04pas mal de relèvements de prévisions à la hausse du côté des sociétés américaines
01:08suite au résultat du troisième trimestre.
01:11Donc a priori, il n'y a pas de raison qu'on ait un mauvais mois de décembre.
01:14Pour vous, ce sera quoi ?
01:15Ce serait quoi le principal moteur cette année d'un rallye au mois de décembre ?
01:19Après c'est vrai, un mois de novembre un peu moyen,
01:21mais enfin septième mois de hausse d'affilée quand même aux Etats-Unis
01:23et cinquième sur l'Eurosoc 600.
01:25Mais c'est vrai que ça s'est joué à pas grand-chose.
01:27Le principal moteur reste la réserve fédérale et la réunion du 10 décembre
01:32avec bien entendu une baisse des taux de 25 points de base qui est anticipée par les marchés.
01:36Les commentaires seront importants, notamment sur le chômage et le chômage des jeunes
01:41puisque c'est justement les premiers impacts de l'IA qu'on voit sur le chômage des jeunes
01:45avec un chômage des jeunes qui est de plus de 8% déjà aujourd'hui.
01:50Donc ça, ça fait partie des choses que l'on va regarder.
01:54Le chômage des jeunes aux Etats-Unis sur un an a signé sa plus forte progression
01:57hors période de récession.
01:59Jamais on l'a vu autant progresser en un an hors période de récession.
02:02Et ça, ça alerte énormément et c'est vrai que beaucoup d'experts se disent
02:04c'est les premiers impacts de l'IA.
02:06Vous savez, ces jobs pour rentrer dans les boîtes, les premiers jobs,
02:08l'IA les remplace, ces premiers jobs.
02:10Mais c'est peut-être ce qui explique cette formule du taux de chômage.
02:12Donc, la baisse des taux de la Fed, vous misez dessus.
02:15On verra aussi qui Donald Trump annoncera pour succéder à Jerome Powell.
02:18Ce sera l'un des autres enjeux de ce mois de décembre.
02:21Tout à fait.
02:22Alors là, le sujet, on sait que certains candidats sont pressentis bien plus que d'autres.
02:28Mais ce qui est d'ailleurs Madame Lagarde s'exprimait à ce sujet,
02:31ce n'est pas tant le successeur, c'est l'indépendance de ce successeur
02:35vis-à-vis du gouvernement américain.
02:38Sur ce sujet, c'est compliqué de se prononcer parce que je pense qu'effectivement,
02:43bien entendu que Donald Trump va choisir une personne qui l'apprécie,
02:48après, tant qu'on n'est pas en poste, et donc ce sera pour le mois de mai,
02:52je pense qu'on ne peut pas se positionner en tant que président de la Réserve fédérale
02:57et avoir une indépendance jusque-là.
02:59Bon, du côté des marchés, on a mal commencé la semaine.
03:02C'est vrai qu'il y avait cette espèce de petite secousse du côté du marché japonais ce matin
03:07et qui a mis un petit peu le feu aux poudres, notamment sur le marché obligataire.
03:12On pressent que la Banque du Japon va devoir relever ses taux.
03:15On voit le Yen qui a atteint ce qu'on appelle un seuil d'intervention,
03:18c'est-à-dire un seuil sur lequel la Banque du Japon travaille pour protéger sa devise
03:23en cas de trop forte baisse.
03:25Est-ce que vous pensez que ça peut être une hypothèque un peu sérieuse en ce moment sur le marché ?
03:29On a vu il y a un an et demi, en plein été, que ce qui se passait au Japon
03:32avait quand même pas mal d'importance pour les autres marchés,
03:35tant le Japon est un investisseur important.
03:39Le Japon est un investisseur important et comme nous le savons tous,
03:41la devise permet effectivement de créer du levier de manière là aussi très importante.
03:48En revanche, sur les positions ouvertes aujourd'hui par rapport à il y a 18 mois,
03:53je n'ai pas les chiffres en tête, mais elles sont peut-être un peu moins importantes
03:56et puis les taux américains ont aussi commencé à baisser.
04:02Donc oui, bien entendu que ça impacterait l'hypothèse du rallye de fin d'année
04:05s'il y avait un gros mouvement sur le Yen et les taux d'intérêt.
04:10Mais rappelez-vous aussi que lorsqu'on a eu cette forte baisse du Nikkei 1,
04:15on était au mois d'août, faible liquidité.
04:17Donc je ne pense pas qu'on ait une baisse de la même ampleur.
04:19Et puis on avait assez rapidement récupéré cette correction dans les trois semaines qui suivaient.
04:25Moi, je trouve qu'il y a un alignement de planètes un peu bizarre à venir fin décembre,
04:28justement parce que la décision de la Banque du Japon,
04:30elle interviendra le 19 décembre.
04:32On sera au début des fêtes de fin d'année.
04:34Les volumes ne seront pas très importants non plus, comme au mois d'août.
04:38Le point est de dire que ce rallye n'ira peut-être pas jusqu'à la fin de l'année.
04:42Mais là, vraiment, on se positionne, malheureusement,
04:46on doit se positionner aussi de manière de plus en plus court-termiste.
04:49Donc entre le 1er et le 15, on va dire.
04:52Au-delà de ça, je conseillerais aux auditeurs,
04:55si effectivement ce rallye se réalise,
04:57de prendre ses bénéfices en tous les cas
04:59durant la trêve des confiseurs,
05:02parce que très peu de volume et très peu des choses.
05:04Et ça resterait fragile, on verra de quoi 2026,
05:06de quel bois 2026 se chauffera,
05:08de quoi il sera fait cet exercice 2026.
05:10Vous vous préparez à quoi, en termes de secteur
05:12ou d'allocations géographiques pour l'année prochaine en bourse ?
05:15Alors l'idée, c'est d'avoir une allocation géographique
05:17beaucoup plus diversifiée,
05:19avec des US peut-être moins prépondérants.
05:23Restez présents sur l'IA,
05:25mais toutefois, en prenant là aussi une partie des bénéfices,
05:29on a sélectionné, et on est en train de sélectionner
05:31notamment quelques valeurs suisses,
05:33donc pour avoir un marché quelque peu décorrélé
05:37des marchés européens et des marchés américains,
05:41et également un retour sur les émergents
05:44qui est un peu plus...
05:45On a une diversification aujourd'hui,
05:47et très certainement que l'Asie émergente
05:50sera plus présente au sein de nos portefeuilles
05:52à partir du printemps,
05:53et de ce renouvellement de la Fed.
05:55Oui, voilà, intéressant, un peu de stratégie
05:57pour tous ceux qui nous suivent, nous regardent,
05:58et puis une valeur qui se distingue,
05:59hélas, à la baisse aujourd'hui, c'est Airbus.
06:02Il y a une heure et demie, Airbus perd les mêmes 10%.
06:04Là, on est à moins 5,5 avec ces logiciels
06:06qui ont été un petit peu dégradés
06:08par les rayonnements solaires sur la famille A320,
06:106 000 avions, la moitié de la flotte mondiale d'A320
06:13a été rappelée, enfin pas rappelée,
06:14en tout cas a dû subir des mises à jour de logiciels.
06:18Est-ce que c'est carrément le fuselage des avions
06:20qui est mis en cause ?
06:21Le fait que le marché doute,
06:22alors que les mises à jour se sont très bien passées,
06:23elles se sont faites en moins de deux heures,
06:25le trafic aérien n'a quasiment pas été perturbé par tout cela.
06:27Mais c'est quoi la question que pose aujourd'hui le marché
06:28avec cette sanction à moins 5,5 pour Airbus, d'après vous ?
06:31Alors, somme toute, c'est relatif,
06:32puisque souvenez-vous que lorsqu'il y a eu des problèmes chez Boeing,
06:36le titre avait perdu plus de 20% sur une séance.
06:39Donc, c'est aussi l'excuse à une prise de profit, peut-être.
06:43Et puis, le secteur de la défense et l'aéronautique
06:45baisse dans son ensemble aujourd'hui.
06:47Donc, on a une plus forte baisse d'Airbus.
06:49Mais il n'y a rien d'alarmant à ce stade.
06:51Et effectivement, vous le mentionnez, Guillaume,
06:53ça a été très bien géré par la compagnie
06:55et par les aéroports concernés,
06:57puisque le trafic a été assez peu impacté.
07:00Donc, à ce stade, pas besoin d'être alarmiste.
07:03Ça a ralenti la surperformance d'Airbus ces dernières semaines.
07:08Oui, on a Reuters qui nous rapporte
07:09que d'après plusieurs sources industrielles,
07:11Airbus aurait découvert, je parle vraiment conditionnel,
07:14un problème de qualité industrielle
07:15affectant les panneaux de fuselage
07:17de plusieurs dizaines d'A320.
07:19Ce défaut retarderait certaines livraisons,
07:22mais rien n'indique dans l'immédiat
07:23qu'il est atteint des avions en service.
07:25Voilà ce que nous dit aujourd'hui.
07:26L'agence Reuters, Airbus perd 5,5%.
07:29Vous gardez ce titre en portefeuille, pas de souci.
07:31Vous avez même envie de le renforcer
07:32avec la baisse du jour ou pas ?
07:33Elle n'est pas suffisante pour le renforcer.
07:36Et justement, l'impact du décalage
07:39de nouvelles livraisons, pour le coup,
07:40serait beaucoup plus important,
07:41puisque en entrée de cash, on aurait un retard.
07:44Et c'est là-dessus qu'on modélise la valorisation.
07:47Mais attendons que la compagnie
07:49se prononce sur le sujet.
07:50Amandine Gérard, merci beaucoup.
07:52Elle préside la financière de L'Arc.
07:53Elle nous accompagne régulièrement.
07:54Bon retour, Amandine.
07:55Merci.
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