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  • il y a 9 mois
Regardez L'esprit de l'info avec Roger-Pol Droit avec Thomas Sotto du 14 janvier 2026.

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Transcription
00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il est 9h17, nous sommes ensemble jusqu'à 9h30 et c'est l'esprit de l'info avec notre grand témoin du mercredi,
00:08celui qui nous ouvre les yeux, qui nous aide à réfléchir, c'est Roger Paul Droit, écrivain et philosophe.
00:11Bonjour Roger Paul.
00:12Bonjour Thomas.
00:13On va écouter quelques mots de ce que disait Jean-Noël Barraud, le ministre des Affaires étrangères,
00:16c'était ce matin sur RTL à propos de la situation en Iran.
00:20Ce que nous soupçonnons, c'est qu'il s'agit là de la répression la plus violente dans l'histoire contemporaine de l'Iran
00:26et qu'elle doit impérativement cesser.
00:28Une répression parmi les plus violentes qui doit cesser.
00:31Roger Paul, ce qui se passe là-bas, nous en apprend beaucoup sur nous.
00:35Oui, ça nous en apprend beaucoup sur l'Iran, évidemment, parce que ça rappelle le caractère effroyable de ce régime,
00:43mais ça nous en apprend aussi beaucoup sur nous, parce que, écoutez ce ministre qui dit nous soupçonnons,
00:48ah il faut que ça s'arrête, c'est curieux que le pays des droits de l'homme, de la révolution française,
00:55le pays qui a inventé liberté, égalité, fraternité, face à un peuple écrasé, assassiné,
01:05froidement, alors qu'il manifeste simplement sans armes dans les rues,
01:10on soupçonne et puis c'est...
01:12C'est de l'eau tiède ?
01:13Il y a quelque chose, oui, pour l'instant c'est de l'eau tiède et je trouve que c'est tout à fait dommage,
01:19mais je crois qu'il faut réfléchir sur la situation présente,
01:24avec ces manifestations colossales, avec une répression impitoyable, un bain de sang,
01:29qu'est-ce que ça nous apprend sur l'Iran, qu'est-ce que ça nous apprend sur nous,
01:33qui avons l'air finalement pour l'instant tout à fait placides, presque indifférents,
01:38en tout cas très peu solidaires.
01:40Et en tout cas impuissants.
01:41Et puis il faut peut-être rappeler, Roger Paul, qu'en Iran, c'est un régime effroyable qui tient les manettes.
01:47Oui, je crois qu'il faut dire effroyable, on le sait, mais il faut le rappeler.
01:51Il y a la réalité derrière ces mots, ces qualificatifs.
01:53Il faut expliquer pourquoi c'est une dictature religieuse, fanatique, sanglante,
02:00qui depuis 47 ans bientôt, depuis 1979, le 11 février, exactement dans quelques jours,
02:0847 ans où le peuple iranien est sous le joug de la terreur,
02:13et finalement qui emprisonne aujourd'hui, ou qui tue, tous ceux qui tentent simplement d'être libres.
02:21Alors pourquoi ça nous concerne ?
02:22Ça nous concerne, et qu'est-ce que ça a d'effroyable ?
02:25Le premier point, c'est que c'est un régime qui organise, qui est organisé tout entier, contre la liberté.
02:32Il n'y a pas de possibilité de s'exprimer, il n'y a pas de possibilité de vivre comme on veut, de s'habiller comme on veut.
02:39C'est la matrice du régime.
02:40Oui, d'écouter sa musique, les gens qui descendent dans la rue, pour des raisons politiques aujourd'hui.
02:48Ce n'est pas des raisons de famine, ce n'est pas des émeutes de la faim.
02:52Il y a une situation économique très mauvaise, mais les gens crient à Bar-Roméneil, il y a des incendies de mosquées.
03:01Et il y a surtout, depuis un demi-siècle, une police des mœurs qui s'est mise en place,
03:07un contrôle permanent des lectures, des trajectoires des gens.
03:13Et aujourd'hui, face à ces protestations, pour la cinquième fois,
03:16parce que ce n'est pas la première fois que le peuple iranien t'envoie.
03:19Oui, il y a plusieurs épisodes, ces dernières années.
03:20Bien sûr, et à chaque fois, il y a des bains de sang.
03:24Et là, l'Internet coupé et un massacre à huis clos,
03:29qui, finalement, ne semble pas, pour l'instant, ébranler,
03:34enfin, susciter une solidarité suffisamment forte.
03:37On n'est quand même pas complètement indifférent, peut-être impuissant.
03:40On est de moins en moins indifférent.
03:42On a l'impression qu'on se réveille, non ?
03:43C'est un... On se réveille, mais c'est lent.
03:45Vous prenez le mot indifférence, vous ?
03:47Oui, je crois qu'il y a...
03:48Si vous voulez, on est, je disais, face à ce régime sans liberté.
03:54Mais aussi, il ne faut pas oublier, il faut insister, excusez-moi,
03:57mais un régime contre l'égalité, organisé.
04:00Comme ça, les femmes sont voilées sous peine de sanctions.
04:03Elles n'ont pas le droit de chanter, même de chanter dans la rue.
04:06Elles sont mises à mort à coup de pierre, si elles sont adultères.
04:10Et ça, c'est le quotidien des Iraniennes, depuis presque une cinquantaine d'années.
04:15Et cet écrasement des femmes, cette domination barbare sur leur corps, sur leur vie,
04:21au nom de coutumes archaïques,
04:24c'est absolument l'opposé de tous les principes sur lesquels nos sociétés,
04:29nos existences, nos esprits sont bâtis.
04:31Je vous écoute et je suis effarée à l'idée qu'on puisse effectivement être qualifié d'indifférent.
04:35Qu'est-ce que ça signifie, en fait, cette indifférence relative ?
04:40Cette indifférence, mais ce serait une indifférence à un peu...
04:45C'est non-assistance à peuples en danger.
04:48Non-assistance à peuples en danger.
04:49Oui, c'est des médecins iraniens, dans une tribune qu'ils ont publiée hier,
04:54qui utilisent cette expression.
04:56Parce que, contre l'égalité, contre la liberté,
05:01c'est aussi un régime qui est organisé entièrement contre la fraternité.
05:05Et je ne parle pas seulement de la fraternité à l'intérieur de l'Iran,
05:09où, grosso modo, il y a à peu près 20% de la population dont il y a un soutien du régime.
05:15Ce n'est pas 20% contre 80% qui sont écrasés et dominés par cette minorité.
05:23Mais il n'y a pas seulement ça.
05:24Il y a aussi l'absence absolue de fraternité internationale,
05:29ou même humaine, dans le soutien que donne l'Iran,
05:33depuis des années et des années, à toutes les organisations terroristes,
05:37en particulier le Hamas, les Houthis, le Hezbollah, etc.
05:42Et donc, on devrait immédiatement avoir, non seulement une réprobation totale,
05:51mais un soutien total.
05:53Et la lutte...
05:54Mais qu'est-ce qu'on peut faire, nous ?
05:55À notre petite échelle, on peut être solidaire.
05:58On peut dire, on peut exprimer une solidarité.
06:00Ça sert à quelque chose pour être...
06:01Mais oui, c'est déjà pas rien.
06:03Je crois que c'est important que les Iraniens et les Iraniennes sachent
06:07qu'ils ne sont pas tout seuls,
06:09qu'on ne les laisse pas mourir en regardant ailleurs.
06:13Enfin, il y a quand même quelque chose d'extraordinaire
06:15dans le fait que notre pays,
06:19qui a, dans son ADN historique, si on peut dire,
06:22la révolution, les droits de l'homme,
06:25qui a au fronton de toutes ces mairies
06:27liberté, égalité, fraternité,
06:29face à un peuple
06:31où ces trois grandes dimensions
06:33sont aujourd'hui écrasées,
06:36et ce peuple qui se soulève,
06:38on ne dit rien.
06:40Alors, je crois qu'on ne doit pas,
06:42et on ne peut pas, les laisser seuls.
06:45Et ça veut dire que nous
06:46sommes en train d'oublier notre histoire,
06:48ou que nous sommes en train d'oublier
06:49qui nous sommes,
06:51ou que nous sommes en train d'oublier
06:52ce qu'est finalement l'identité française, si vous voulez.
06:56Ouvrons les yeux, c'est ce que vous nous dites ce matin,
06:58Roger Paul-Droit, ouvrons les yeux sur l'Iran,
07:00ne soyons pas indifférents,
07:01soyons solidaires.
07:02Merci beaucoup.
07:03Oui, parce que je termine,
07:04juste une dernière phrase,
07:06on ne voit pas beaucoup de monde, quand même,
07:08ni dans les rues,
07:09on n'entend pas beaucoup de cris de solidarité,
07:12et c'est aux citoyens, peut-être,
07:14aujourd'hui, en attendant que l'Europe,
07:16en attendant que la France,
07:17peut-être s'y mette sans fausse pudeur,
07:20puisse dire aux Iraniens
07:22qu'ils ne sont pas tout seuls.
07:23Merci de ces mots, Roger Paul-Droit,
07:26ce matin sur RTL, on vous retrouvera donc...
07:28Merci.
07:30Merci.
07:32Merci.

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