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  • il y a 2 jours
Regardez L'esprit de l'info avec Laetitia Strauch-Bonart avec Thomas Sotto du 08 janvier 2026.

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Transcription
00:00Modalité et magasin participant sur www.e.leclerc
00:03Thomas Soto, RTL Matin
00:05Il est 9h15, c'est l'esprit de l'info avec ce matin Laetitia Stronche-Bonard, essayiste et auteur.
00:10Bonjour et bon anniversaire.
00:13Merci beaucoup.
00:14C'est un anniversaire en fanfare dans les rues de Paris.
00:18Je ne sais pas si c'est pour vous, mais les agriculteurs se sont mobilisés.
00:20Il y a du monde, il y en a devant l'Arc de Triomphe, ils sont passés devant Roland-Garros,
00:24ils sont allés vers la Tour Eiffel, une vingtaine de tracteurs qui seraient dans Paris,
00:28d'autres qui sont dans les alentours, l'autoroute A13 qui est en partie coupée,
00:33qui l'a été en tout cas ce matin au premier an de la matinée.
00:36C'est une grosse mobilisation qui ne plaît pas du tout à la porte-parole du gouvernement, Maude Bréjon.
00:40Elle était ce matin chez nos confrères de France Info.
00:43La situation qu'on voit depuis cette nuit, depuis ce matin, n'est pas acceptable.
00:47Donc sur l'appel à manifester devant l'Assemblée Nationale,
00:50comme sur les tracteurs qui sont en ce moment même sur la place de l'Etoile à l'Arc de Triomphe,
00:54je n'ai qu'une chose à dire, tout ça est illégal, nous ne laissons pas faire
00:58et nous ne laisserons pas faire.
01:00Nous ne laisserons pas faire.
01:01Est-ce qu'ils dépassent les bornes, Laetitia, les agriculteurs,
01:04quelle que soit la légitimité de leur combat et de leurs revendications ?
01:07Alors à chaque fois qu'on commet une action illégale, on dépasse les bornes, par définition.
01:12Oui, mais les bornes sont parfois plus tolérantes pour les uns ou pour les autres.
01:16Alors il est vrai que là, la réponse du gouvernement est très ferme et très rapide aussi.
01:23Après, je trouve normal, chacun est dans son rôle.
01:26C'est normal que le gouvernement réagisse ainsi, surtout qu'il y a eu quand même un certain nombre d'actions brutales.
01:33Donc c'est normal.
01:36Après, comment dire ?
01:38Ça vous gêne, vous, de savoir qu'il y a des tracteurs qui veulent aller vers l'Assemblée Nationale ou pas ?
01:41Non, pas du tout.
01:43Écoutez, je ne pense pas que les agriculteurs aient des projets, disons, violents contre des personnes.
01:51Je pense qu'ils veulent simplement montrer qu'ils sont là, être vus, être entendus.
01:56Ils ne veulent pas qu'on les oublie.
01:57Enfin, c'est le principe d'une manifestation.
01:59Qu'on soit pour ou contre, il ne faut pas, je pense, dramatiser outre mesure.
02:06Sauf si, évidemment, ensuite, il se produit des violences.
02:09Là, ça devient inacceptable.
02:13Mais non, je ne crois pas qu'on doit être choqué.
02:15Et puis, vous savez, aujourd'hui, la France est un pays très urbain.
02:21On a un petit peu oublié à quoi ressemblait la France d'avant, qui était majoritairement paysanne.
02:27Et les gens étaient beaucoup plus habitués à avoir des tracteurs et des champs.
02:31Aujourd'hui, on les voit quand on part en vacances.
02:32On est un peu moins habitués à les voir sur les boulevards parisiens, ça c'est sûr.
02:35Oui, mais comment dire ?
02:36Je trouve que c'est peut-être incongru, mais ça nous rappelle aussi que nous dépendons
02:41aussi des gens qui produisent de l'alimentation que nous consommons.
02:45Et que sans eux, on ne se nourrit pas.
02:47Tout à fait.
02:47Bon, piqûre de rappel utile, donc selon vous, Laetitia, je trouve que Bonnard.
02:50Le mois de janvier, ce mois, c'est aussi celui de tous les dangers pour le budget.
02:53J'ai l'impression qu'on aurait pu se dire la même chose le mois dernier.
02:56Et puis, le mois d'avant, le projet de loi de finances qui revient une nouvelle fois.
03:00Alors, ça sera en commission des finances aujourd'hui, demain et samedi, avant de revenir dans l'hémicycle.
03:05Le gouvernement rêve et affirme qu'il aura un budget, que la France aura un budget avant la fin du mois.
03:11Ce matin, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a été l'invité d'RTL matin.
03:14Alors, 49.3 ou pas 49.3, il semblerait que la doctrine très fermée du gouvernement commence à s'entre-ouvrir.
03:23Mais je n'exclus rien.
03:24Vous n'excluz pas le 49.3 ?
03:25Moi, je n'exclus rien qu'il puisse donner un budget à la fin aux Français.
03:27Le Premier ministre est d'accord avec vous, vous en avez parlé avec lui ?
03:28Le Premier ministre a pris un engagement, c'est de donner d'abord tout le pouvoir au Parlement pour en définir le contenu.
03:34Mais in fine, s'il faut en passer par le 49.3, il n'est plus braqué.
03:38Mais in fine, il faudra qu'il y ait un budget pour la France.
03:40Bon, est-ce que ça n'a pas trop duré cette affaire ?
03:42Qu'est-ce que vous ferez ?
03:43Vous, Première ministre, puisque c'est votre anniversaire, tout est permis.
03:45Vous, Première ministre, qu'est-ce que vous feriez ?
03:47Je ferais tout différemment.
03:49Mais d'abord, j'essaierais d'être beaucoup plus claire.
03:53On ne peut plus vivre au-dessus de nos moyens comme nous le faisons en France aujourd'hui.
03:57Mais bon, si j'étais dans cette situation, déjà, je n'aurais pas dit que je n'utiliserais pas le 49.3.
04:01Parce qu'ils vont peut-être devoir l'utiliser.
04:04Et à nouveau, ils vont se dédire.
04:06Pour en finir avec ce chapitre-là, parce que ça parallèle tout le reste.
04:10Ça empêche les ministères d'avoir des crédits ?
04:13Honnêtement, je ne pense que ça ne changera rien.
04:16C'est-à-dire qu'il y ait 49.3 ou pas, ça passera.
04:18Ça peut passer grâce à un compromis avec le Parti Socialiste,
04:22en échange d'une énième hausse d'impôts.
04:26Puisque pour financer toutes les dépenses qu'on ne veut pas diminuer, on augmente les impôts.
04:32Ils trouveront bien un moyen d'y arriver.
04:33Ce qui me gêne plus, c'est qu'à nouveau, le gouvernement se dédie.
04:38Si à nouveau, on a entendu pendant des semaines que jamais, au grand jamais, le 49.3 ne serait utilisé.
04:45Et bien évidemment, quelques mois plus tard, il le sera.
04:47Ou en tout cas, le fait même que ce soit évoqué est un signe.
04:51Et c'était là.
04:51C'est quoi ce qui vous gêne le plus ? Presque par rapport au fond, c'est sur la forme, le non-respect de la parole publique ?
04:55Mais c'est quand même, disons, notre actualité constante.
05:02C'est que, rappelez-vous, la réforme des retraites.
05:05Le parti macroniste est revenu sur sa foi dans la nécessité d'une réforme des retraites.
05:12La différence, c'est que sur la réforme des retraites, il y a eu une dissolution, qu'il n'y avait plus de majorité et que c'était ça ou tombait.
05:17Oui, mais si vous êtes prêts à abandonner vos convictions simplement pour garder votre poste et votre place,
05:23c'est que vous n'avez pas votre place, à mon avis, en politique.
05:27Et d'ailleurs, les Français, aujourd'hui, en ont assez de cette façon de faire de la politique.
05:33Et aussi d'utiliser le langage à tort et à travers.
05:36C'est-à-dire qu'on a l'impression que le langage n'est plus là pour refléter la réalité ou pour décrire l'action qu'on va faire.
05:43Il est là pour gagner du temps, pour convaincre, pour séduire.
05:49Et ensuite, on passe à autre chose.
05:50La politique, t'as qu'à croire.
05:51C'est-à-dire qu'on vous dit un truc et nous, de l'autre côté, avec nos oreilles, on se dit bon, il dira le contraire dans trois semaines.
05:56On en est là aujourd'hui dans la perception des politiques.
05:58Mais bien sûr.
05:59Mais ça n'a pas toujours été le cas, en vrai.
06:00Vous savez que la CSG a été inventée pour deux ans à l'origine.
06:04Oui, c'est vrai.
06:04Mais c'est forcément accru dans une société où on a beaucoup plus accès aux paroles des uns et des autres.
06:11Donc, dans une société où la communication est très facile, avec la télévision, l'information en continu, Internet, évidemment, les réseaux sociaux, il y a beaucoup plus de paroles.
06:21Donc, quand il y a beaucoup plus de paroles, je pense qu'il y a beaucoup plus de chances.
06:24Il y a des preuves, des traces.
06:26Il y a aussi beaucoup plus de chances de ne pas faire ce qu'on a promis de faire.
06:29Parce qu'on parle trop.
06:30Il faudrait peut-être parler moins.
06:31Vous pouvez l'écouter, Amélie Manchalin, sur RTL ou pas ?
06:33Non, j'ai lu des extraits de son intervention.
06:36Je trouve d'ailleurs que la formulation qu'elle a utilisée n'est pas très claire.
06:40C'est que, je la lis, elle n'exclut rien qui puisse donner à la fin un budget aux Français.
06:46Je ne sais pas qui a bien compris sa phrase.
06:48En gros, ça veut dire qu'ils trouveront un moyen.
06:51Mais ils ne peuvent pas le dire encore.
06:52Mais c'est alambiqué.
06:52Vous voyez, même cette formulation-là, elle est un peu technocratique, un peu empoulée.
06:57Mais de toute façon, les gens comprennent bien qu'à la fin, le budget passera.
07:02Mais évidemment, ça n'est pas un budget pour les Français.
07:06Je ne vois pas en quoi ce budget sert la France.
07:08C'est un budget qui accompagne le déclin de la France qui est en cours depuis un certain temps.
07:14On sait qu'il ne se passera rien de fort politiquement avant 2027.
07:17Parce qu'on connaît la situation à l'Assemblée, l'absence de majorité, etc.
07:21Oui, et c'est le drame de la politique française.
07:23C'est qu'on attend le prochain président de la République pour faire quelque chose.
07:26Et rappelez-vous, on a...
07:27Il faudrait dissoudre alors ?
07:29Oui.
07:29Mais sérieusement, il faudrait dissoudre là ?
07:31Je pense qu'il faut une dissolution.
07:34Et qu'il faut arrêter de penser qu'un homme ou une femme providentielle vont nous sauver.
07:39Rappelez-vous, 2017.
07:41Tout le monde a pensé qu'Emmanuel Macron allait faire la révolution, allait changer la vie des gens.
07:46Il a même écrit un livre qui s'appelait Révolution.
07:47Oui, tout à fait.
07:49Il faudrait le relire aujourd'hui.
07:50Oui, ce serait amusant.
07:50Vous avez remarqué que Révolution, quand c'est une révolution, on fait un tour sur soi-même et qu'on revient au point de départ.
07:54C'est très juste.
07:54Eh bien, c'est tout à fait ce qu'il y a en train de se passer.
07:56Exactement.
07:57Merci beaucoup Laetitia Stronche-Bonard d'être venue ce soir.
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