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Regardez L'esprit de l'info avec Natacha Polony avec Thomas Sotto du 15 janvier 2026.

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Transcription
00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:02Il est 9h16, l'esprit de l'info et ce matin notre grand témoin c'est donc vous Natacha Polony,
00:07directrice de la nouvelle revue indépendante L'Audace, dont le premier numéro est en kiosque et en librairie.
00:11Comment la France et l'Europe se sont sabordés et comment les relever ?
00:14Bah tiens c'est une bonne question.
00:16Et comment réagir face à la situation au Groenland, aux envies expansionnistes de Donald Trump ?
00:21On sait qu'en ce moment même se tient à l'Elysée autour d'Emmanuel Macron, du ministre de la Défense
00:25et des responsables militaires et du Premier ministre un conseil de défense.
00:29Pour parler notamment du Groenland, est-ce que vous faites partie de ceux qui disent
00:34de toute façon Trump aura ce qu'il veut ?
00:37Alors ce qui est sûr c'est que je suis très étonnée du temps qu'il a fallu aux Européens,
00:43aux dirigeants pour comprendre que tout cela était sérieux.
00:46Ce qui prouve une méconnaissance totale, c'est-à-dire qu'on se berce d'illusions,
00:50Trump est fou, Trump dit n'importe quoi.
00:52Les visées des Etats-Unis sur le Groenland, c'est déjà dans un document de 1948.
00:58Et en fait, la doctrine n'a pas changé depuis.
01:01Il considère que c'est un verrou, il considère que c'est extrêmement important.
01:04Et surtout quand on sait quelles sont les motivations de Donald Trump,
01:09au-delà de son côté erratique, brutal, c'est extrêmement clair.
01:14Donald Trump est entré dans une guerre pour les matières premières et les ressources,
01:19pour empêcher l'impérialisme chinois de dépasser l'impérialisme américain.
01:22Donc ça se passe complètement au-dessus de nos têtes en fait.
01:24Les intérêts ou les inquiétudes ou tout ce qui concerne l'Europe, ils s'en moquent.
01:29Alors, eux, ils s'en moquent.
01:31La question c'est de savoir si nous, Européens, nous Français,
01:35avons décidé que ça se passe au-dessus de nos têtes
01:37ou est-ce que nous voulons encore compter et décider de notre destin.
01:40Là sur le Groenland, quand même, ça s'est un peu accéléré ces dernières heures.
01:44On a des troupes qui sont parties là-bas, des troupes européennes.
01:47C'est symbolique, on est d'accord ?
01:49A priori, on n'est pas à la veille du déclenchement d'une guerre entre l'Europe et les Etats-Unis ?
01:52Ça ne se fera certainement pas comme ça.
01:54Et puis surtout, vous imaginez une guerre entre l'Europe et les Etats-Unis ?
01:58Non, ça n'existera pas pour une raison très simple.
02:00C'est qu'à part la France, tous nos alliés européens,
02:03et c'est bien le cœur du problème, sont équipés de matériel militaire américain.
02:07Il faut juste préciser que l'aviation danoise, ce sont des F-35.
02:11Ils en ont encore racheté l'an dernier pour essayer d'amadouer Donald Trump.
02:15CF-35 ne décolle pas si le Pentagone n'a pas fourni la clé électronique,
02:21ce qui est renouvelé toutes les 48 heures.
02:23Ça, c'est hyper important ce que vous dites.
02:24Quand on achète un avion américain, quand on veut s'en servir,
02:27même si on est en guerre, on doit demander le feu vert de là-bas.
02:31Exactement.
02:31Si on n'a pas le feu vert, l'avion reste au sol.
02:33Il existe une norme, la norme ITAR, qui est une norme.
02:36Si vous avez un composant américain dans des armes,
02:39les Américains ont un droit de regard.
02:42Les Français...
02:42Il paraît qu'on les rafale ou pas ?
02:44Justement, non. Les rafales ne sont pas sous norme ITAR.
02:47Les armes françaises sont fabriquées de façon à ne pas être sous norme ITAR,
02:52ce qui est extrêmement important.
02:54Le problème, c'est que tous nos alliés européens continuent à acheter américains.
02:58L'an dernier, Rheinmetall, fabricant allemand d'armes, a signé des accords avec Andrew Hill et avec Lockheed Martin
03:07pour fabriquer, certes sur le sol européen, mais sous licence commune, donc totalement dépendante des Etats-Unis.
03:12Ça veut dire qu'on est un FEOD militairement aux Etats-Unis ?
03:15Ça veut dire que notre indépendance, notre armée, en fait, c'est si Washington veut ?
03:20Le problème, c'est que nos alliés européens ont conçu leur défense de cette manière-là depuis 1945.
03:28Nous, Français, sous l'égide du général de Gaulle, nous avons décidé d'être indépendants.
03:33Et nous avons maintenu cette indépendance.
03:35Le problème que nous avons aujourd'hui, c'est que de plus en plus, nous nous concevons comme étant soumis à la dépendance des autres Européens.
03:43C'est-à-dire que nous ne nous pensons plus comme ce que nous sommes, une puissance nucléaire, parfaitement indépendante militairement.
03:51Nous n'agissons plus comme cela.
03:53Mais nous ne serions pas faibles si nous ne décidions pas de l'être.
03:56Moi, j'ai une question, parce que je sais que c'est un sujet qui vous tient à cœur.
04:00Même si j'ai peur de réveiller en vous, Natacha, le Raoul des tontons flingueurs qu'on peut connaître.
04:08Mais on parlait des armes.
04:10Bruxelles a décidé de financer 90 milliards, je parle sous votre contrôle, d'achats d'armes pour l'Ukraine.
04:17Et ça ne vous plaît pas ?
04:18Non, ce n'est pas ça.
04:19C'est 90 milliards d'emprunts collectifs.
04:23Sur ces 90 milliards, il y en aura 60 qui seront consacrées à des armes et 30 qui seront consacrées au soutien du budget de l'Ukraine.
04:32Donc on va prêter de l'argent aux Ukrainiens.
04:33Voilà, on va prêter de l'argent aux Ukrainiens.
04:35Sauf que ?
04:36Comme les Français sont contributeurs nets à l'Europe, ça veut dire que nous, c'est environ 20 milliards.
04:41Sauf que Ursula von der Leyen vient d'annoncer qu'on n'excluait pas d'acheter, avec cet argent, des armes américaines.
04:48Alors, les Français, il faut reconnaître que les Français se sont battus pour essayer d'éviter ça.
04:54On va prêter de l'argent aux Ukrainiens, on va leur dire, tiens, prends ton argent, tu peux l'acheter des armes américaines ?
04:59Mais bien sûr, alors, c'est encadré, on s'est un peu amélioré.
05:03Je vous rappelle que depuis 3 ou 4 ans, on ne regardait même pas.
05:07C'est-à-dire que la majorité des armes qui ont été achetées par les Européens pour l'Ukraine sont américaines.
05:14Elles nous sont d'ailleurs surfacturées par l'administration américaine.
05:18Et l'argent que nous donnons à l'Ukraine sert aussi à acheter des armes américaines.
05:23Donc, c'est dans les deux sens.
05:23Nous en achetons pour eux et eux en achètent avec notre argent.
05:26Donc là, on a un peu amélioré, il va y avoir un contrôle.
05:29Ce contrôle qui consiste à dire, on priorise d'abord des armes fabriquées en Europe.
05:34Les Pays-Bas, par exemple, se sont battus farouchement contre.
05:37Parce que nous avons en Europe des chevaux de Troie des industries américaines.
05:42Tout simplement parce qu'il sait tout le problème.
05:44Et c'est là où je veux en venir.
05:45Il y a en Europe des pays dont le business model est fondé sur l'acceptation d'importations venues des Etats-Unis.
05:54Donc, si nous, nous voulons préserver notre industrie de défense, qui est une de nos industries qui nous reste,
05:59eh bien, il faut se battre pied à pied.
06:02Alors, il faut reconnaître à se passer le cornu de l'avoir fait.
06:05Oui, on va à la guerre en tongs.
06:06Et surtout, on continue à forger la dépendance européenne.
06:11Donc, la France, de ce point de vue-là, que doit-elle faire ?
06:14Elle doit dire, eh bien, nous, on ne joue pas.
06:16C'est-à-dire que notre argent, l'argent des contribuables français, n'ira pas à autre chose que des armes fabriquées.
06:23Il faut flécher ces armes.
06:24Sur le sol européen, et hors normes étards, j'y insiste.
06:28On a le droit, par rapport aux normes, aux règles, aux lois ?
06:31Nous sommes contributeurs nets.
06:33Ça veut dire que si nous décidons, et nous sommes la France, c'est-à-dire une puissance en Europe,
06:39si nous décidons que c'est non, le général de Gaulle a pratiqué, à l'époque, ce qu'on appelait la politique de la chaise vide.
06:46C'est-à-dire que quand ça lui déplaisait, eh bien, il disait non.
06:50Nous avons oublié que nous pouvions dire non.
06:53Pourquoi ? Parce que nous sommes connus à Bruxelles pour être les plus fervents européens.
06:57C'est-à-dire que les fonctionnaires français à Bruxelles sont ceux qui, systématiquement,
07:02défendent l'intérêt collectif et pas l'intérêt français.
07:05Alors même que les Allemands envoient leurs meilleurs avocats à Bruxelles pour défendre les intérêts allemands.
07:12Eh bien, il y a un moment où ça doit cesser.
07:14C'est tout.
07:15C'est-à-dire que nous devons défendre les intérêts de notre industrie, de nos citoyens.
07:20Eh bien, voilà qui est clair, net et précis.
07:21Natacha Polony, dans l'esprit de l'info ce matin.
07:24Et je vous rappelle que vous pouvez, vous devez même acheter l'audace
07:27parce qu'il faut toujours soutenir la presse et les nouveaux titres.
07:29L'audace, comment la France et l'Europe se sont sabordés, comment les relever.
07:33Trimestriel qui est disponible en librairie et également dans l'équipe.
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