Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Ce mercredi 7 janvier, Étienne Gorgeon, responsable gestion obligataire chez Sanso, et Pierre Alexis Dumont, directeur des investissements chez Sycomore Asset Management, ont échangé leur point de vue sur les répercussions des conflits géopolitiques sur les marchés dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Et tout de suite le face-à-face pour décrypter les actualités, les drivers des marchés en ce début d'année
00:08avec des marchés européens qui ouvrent en ordre dispersé.
00:11On a un CAC 40 qui recule légèrement, moins 0,11% à 8228 points.
00:17Un DAX qui de son côté repasse au-dessus du seuil symbolique des 25 000 points, 25 021 points
00:23exactement à l'heure où on se parle, en progression de 0,5%.
00:27Pour commenter l'actualité des marchés financiers, nous avons le plaisir d'avoir été rejoint par Étienne Gorgon tout d'abord.
00:32Bonjour Étienne Gorgon.
00:33Bonjour.
00:34Merci d'être avec nous, vous êtes responsable de gestion obligataire chez Sanso Longchamp Asset Management.
00:38Nous avons le plaisir d'avoir été rejoint également par Pierre-Alexis Dumont.
00:41Bonjour Pierre-Alexis Dumont.
00:42Bonjour.
00:43Merci d'être avec nous, directeur des investissements chez Sycomore Asset Management.
00:48On va peut-être commencer avec vous, Étienne Gorgon.
00:52Très rapidement, on en a déjà beaucoup parlé.
00:54On a parlé de l'intervention des États-Unis au Venezuela.
01:00On voit qu'il n'y a pas de réaction globale des marchés.
01:02En revanche, ça vient presque accélérer des thématiques qui étaient déjà présentes dans les marchés
01:06autour des sujets énergétiques ou sujets souveraineté.
01:10Est-ce que ça vient renforcer quelque part ces thématiques pour le début d'année ?
01:12On va directement dans une question marché, Étienne Gorgon.
01:15Question marché.
01:16Alors sur l'obligataire, c'est un sujet un peu moins prégnant.
01:18Et ce que je vois, c'est que ça a des effets latéraux, moins sur…
01:22Quand je vois la réaction de Chevron en bourse qui est revenue quasiment à son niveau
01:25pré-annexion du Venezuela, si on peut utiliser cette expression, j'ai l'impression que pour
01:31l'instant, le marché cherche un petit peu à la direction.
01:35Moi, ce qui m'étonne, c'est depuis le début de l'année, le superbe début des métaux.
01:40Le nickel, l'argent.
01:43Donc, il y a clairement…
01:44Le cuivre aussi, qui est le jeu de vos records.
01:46Effectivement.
01:47Et donc, effectivement, vous avez raison, il y avait des thématiques qui étaient assez
01:50porteuses l'année dernière, qui sont en train d'accélérer en début d'année, dans
01:55un contexte géopolitique qui crée probablement quelques interrogations, sur lesquelles je
01:59pense que je ne tirerai pas trop de traits tout de suite, parce qu'on est en train d'essayer
02:02de bien comprendre tout ce qui se passe.
02:03On est en train d'essayer de bien comprendre tout ce qui se passe, donc ça veut dire que les
02:05marchés sont un petit peu perdus sur la situation géopolitique actuelle, Pierre-Alexis Dumont ?
02:09Oui, alors, je pense qu'ils se font une raison, c'est-à-dire que depuis maintenant
02:15plusieurs années, la situation géopolitique qui a été relativement stable et lisible
02:22pendant une dizaine d'années est beaucoup plus complexe.
02:27Ça a commencé avec le conflit ukrainien maintenant, donc ça fait un certain temps.
02:31Et là, aujourd'hui, ce qu'on observe, c'est que sur les marchés, ça ne touche que
02:35des segments très spécifiques des marchés, souvent sur des moments relativement éphémères.
02:43Et après, on revient sur des logiques plus économiques.
02:46Avec une idée que c'est la nouvelle normalité, qu'on va aller regarder quel est l'impact
02:50économique et on va s'arrêter là quelque part.
02:51Exactement. Et donc, par exemple, sur l'Ukraine, l'effet durable, ça a été la défense.
02:57Sur le reste, ça a eu assez peu d'effet, en toute honnêteté.
03:00Et sur la partie Venezuela, évidemment, ça renforce la thématique souveraineté.
03:07On parle derrière du Groenland, on parle de Taïwan.
03:11Voilà, donc là, derrière, on renforce le contexte de multipolarité avec le fait que
03:18dans ces fonds multipolaires, il faut pouvoir se défendre des agressions externes.
03:25Donc ça, c'est évident.
03:26Après, sur la partie énergétique, c'est beaucoup plus, en effet, mitigé, comme vous
03:31le disiez.
03:32C'est-à-dire que c'est d'ailleurs assez amusant.
03:34Ce qui manque aujourd'hui, c'est plutôt les métaux.
03:37Et ce dont on a trop, c'est le pétrole.
03:39Et il va chercher du pétrole.
03:40Donc voilà, c'est un point...
03:43Oui, mais c'est vrai que c'est quelque chose d'assez particulier.
03:46Aujourd'hui, la problématique, elle est en effet sur la partie énergétique en tant
03:50que telle, elle est sur l'électrification.
03:52Elle n'est pas tellement sur le côté pétrolifère pour l'instant, où on est plutôt en excès
03:56d'offres aujourd'hui.
04:00Et donc, ça veut dire quoi ?
04:01Il est clair que, si vous regardez un peu les visions des spécialistes sur le Venezuela,
04:05c'est en plus un pétrole sur le gros des réserves, qui est un pétrole bitumineux,
04:10qui est assez cher aujourd'hui à extraire, et donc qui, pour l'instant, n'est pas économique
04:16avec ses niveaux de prix.
04:18Donc voilà, sur la rationalité économique, pour l'instant, de l'intervention, c'est
04:23vrai que là, on attend de voir.
04:25Et puis le dernier point qui est clair, c'est qu'on a vraiment des risques d'exécution.
04:28C'est-à-dire que les interventions externes dans des pays, le moins qu'on puisse dire,
04:34c'est que les résultats ont été extrêmement mitigés sur les 10 ou 15 dernières années.
04:40Et là, on peut clairement se retrouver dans des situations relativement compliquées pour
04:45les États-Unis.
04:45C'est un très grand pays, avec une jungle, avec des montagnes, donc on peut avoir des
04:51guériades dans tous les sens, avec des armes partout.
04:54Je pense que c'est clairement une capacité d'avoir des problématiques d'exécution
05:00très importantes sur ce pays, c'est évident.
05:01Etienne Gorgeon, c'est intéressant parce que ça sort un petit peu du narratif officiel
05:06où que les marchés donnent l'impression d'avoir envie d'acheter cette idée que ça a été
05:10réglé en 48 heures, qu'il n'y a pas d'impact, effectivement, juste peut-être des craintes
05:14sur une petite surabondance de pétrole à court terme.
05:18Ce n'est pas ce que nous dit Pierre-Alexis Dumont, où ça peut être beaucoup plus compliqué,
05:21et surtout cette question, pourquoi être allé chercher du pétrole là où tout le monde
05:23cherche des métaux aujourd'hui ?
05:24Mais je pense qu'en fait, il y a un vrai rationnel à faire ce qu'il a fait, déjà
05:27parce qu'en fait, ce pétrole-là, qui est effectivement un peu plus compliqué à raffiner,
05:31en fait, il se trouve que les raffineries, notamment texanes, sont particulièrement
05:34adaptées à ce pétrole.
05:35La deuxième chose, c'est qu'il a un énorme problème, monsieur Trump, c'est l'inflation.
05:40Et les chiffres ne corroborent pas ce que les citoyens américains ressentent, et il
05:46est extrêmement défavorablement jugé sur sa politique monétaire, et en particulier
05:51sur l'inflation.
05:52Donc il y a l'inflation que les Américains subissent, et vous avez le CPI qui n'est
05:55pas obligatoirement le panier que les Américains achètent.
06:00Et donc ça pose un problème.
06:01Donc vous faites baisser les prix du pétrole, donc les prix des matières premières, et les
06:04prix au final, c'est ça ?
06:06Exactement, c'est exactement ça.
06:07Et ce qui est intéressant, c'est que je pense que pour l'instant, les marchés
06:10s'interrogent, parce qu'en fait, il est assez clair, il l'avait dit, il avait dit
06:14qu'il allait le faire.
06:15Et non seulement il l'avait dit, mais en plus, on a vu les différentes étapes, c'est
06:18qu'il commence par envoyer des bateaux, il commence par attaquer des bateaux vénézuéliens,
06:23il commence à fermer l'espace aérien.
06:25Si vous voulez, il y avait quand même, enfin, je ne pense pas qu'on était totalement
06:29surpris, alors peut-être un petit peu surpris du fait qu'il arrive avec autant
06:33de succès embarqué.
06:34Est-ce qu'on est surpris du fait qu'il a fait ce qu'il a dit qu'il allait faire ?
06:37Exactement, et moi, je ne pense pas, puisqu'il est parti dans une logique assez claire,
06:43et c'est vrai que du coup, sur le Groenland, il y a des interrogations qui se posent, mais
06:47de fait, sur les marchés, on ne voit pas encore totalement, à part les thématiques
06:50effectivement défense, on ne voit pas encore exactement quel ordre nouveau, quel impact
06:55cet ordre nouveau va avoir sur les marchés à court terme.
06:59À moyen terme, on a des intuitions, à court terme, c'est un peu compliqué.
07:02Et des intuitions qui sont plutôt dans le sens positif pour les marchés ?
07:06Moi, je ne pense pas.
07:07Je pense qu'à moyen long terme, on s'embarque vers des marchés un peu compliqués, déjà
07:10parce qu'on est à des niveaux de valorisation qui me semblent un peu pêchus, et donc à
07:14moyen long terme, c'est souvent des rendements un peu moins enthousiasmants, premièrement.
07:18Deuxièmement, cette fragmentation de l'ordre mondial, rapatriation des intérêts, c'est
07:24plutôt en général assez inflationniste.
07:25Dans un environnement où vous avez énormément de dettes à droite à gauche, donc à moyen
07:29long terme, je suis un peu circonspect, ce qui jure particulièrement avec ma vision
07:35de court terme, qui est plutôt assez boule au passage.
07:38Pierre-Alexis Dumont, si on regarde plus précisément l'économie américaine, alors
07:42on attend des chiffres pour l'emploi ce vendredi.
07:45Avant ça, on peut quand même se poser la question effectivement de l'impact de la baisse
07:49du prix du baril de pétrole, de l'ISM manufacturier qui ressort en recul pour le dixième mois
07:54consécutif.
07:55Alors, on avait une analyse en début d'émission qui nous disait, oui, mais en fait, c'est
07:59tout simplement parce qu'on a une économie américaine à deux vitesses, c'est les services
08:01qui vont nous intéresser plutôt cet après-midi.
08:03Mais vous, quel est votre scénario sur cette économie américaine en ce début d'année ?
08:08Non, nous, on anticipe qu'elle réaccélère, mais on est sur un chemin de crête, soyons
08:14très clairs.
08:15Aujourd'hui, à court terme, ce qu'on voit, c'est que les marchés saluent, ou en tout
08:20cas jusqu'à un certain point, le fait que l'économie ralentit, puisque
08:24ça valide le scénario d'assouplissement.
08:28Mais clairement, comme vous le disiez, on a des niveaux de valorisation qui ne peuvent
08:34pas se permettre une croissance américaine proche de la récession, c'est évident.
08:40Là, on aurait une réaction des marchés financiers face à ça.
08:46Donc, on est sur un chemin de crête.
08:48Mais un chemin de crête qui tient pour le moment, depuis un petit moment quand même.
08:50Oui, qui tient, mais pour l'instant, il tient.
08:51Après, force est de constater qu'on n'a aujourd'hui pas eu de visibilité sur la partie
08:59des statistiques économiques.
09:00Et que là, on peut avoir en effet un petit peu de réajustement si ces chiffres économiques
09:06soient valides d'une accélération de l'inflation qui handicaperait évidemment la capacité
09:12d'assouplir de la Fed.
09:16Donc ça, c'est évident qu'on peut avoir aujourd'hui un peu de réajustement.
09:19Pour l'instant, il est clair que les marchés saluent cet assouplissement et quand même
09:26la bonne tenue en général de l'économie.
09:30C'est vrai, très basé aujourd'hui sur les services, sur l'IA, sur les infrastructures
09:35IA.
09:36Hors de l'IA, il faut savoir qu'on a eu une décroissance de l'investissement aux
09:40Etats-Unis en 2025.
09:42Donc, on a vraiment une décroissance de l'économie en cas, comme on le dit.
09:49souvent.
09:50Donc ça, c'est évident.
09:52Nous, notre anticipation, et je partage ce point d'une vision plutôt court terme
09:57optimiste, c'est qu'on devrait avoir un effet d'entraînement avec le développement
10:01de l'IA, avec les énormes montants d'infrastructures et le passage, disons, de l'IA, d'un stade
10:11exploratoire à une adoption en masse.
10:15Voilà, on aurait clairement des effets d'entraînement qui vont faire qu'on va avoir une économie
10:19qui va être un peu plus, disons, participative en termes de croissance, qui ne va pas uniquement
10:25se réduire à la sphère IA.
10:27Alors, parlons de l'IA, peut-être sur les marchés actions dans un premier temps, puis
10:30on regardera aussi du côté obligataire avec vous, Étienne Gorgon.
10:33Comment aborder cette thématique en ce début d'année ? Donc vous nous dites, effectivement,
10:36ça devrait sortir du simple, de la simple thématique des semi-conducteurs pour aller
10:40embrasser un petit peu plus largement les autres valeurs de la cote.
10:44On lit quand même régulièrement aussi que des fonds d'investissement se protègent de
10:47plus en plus, s'inquiètent ou se questionnent sur les valorisations de ces entreprises qui
10:54font l'IA aujourd'hui. Et on entend des experts dire qu'on n'aura plus de telles performances
11:02boursières que celles qu'on a connues en 2025 ou en 2024 sur des entreprises comme NVIDIA
11:06ou autres, parce que l'innovation a été poussée à son maximum et que maintenant l'idée
11:11c'est qu'il faut voir comment ça se diffuse dans l'économie. Est-ce que ça change la
11:13manière dont on appréhende la thématique, Pierre-Alexis Dumont ?
11:16Je pense que là on est à un tournant. Soit l'IA se diffuse, soit on va avoir un problème
11:23boursier. Il y a un moment, on l'a vu d'ailleurs dans la fin interne, on a une concentration
11:32externe sur un certain nombre d'acteurs, de la valeur ajoutée, d'une transition technologique
11:39qui sont les valeurs qui sont en avance. Aujourd'hui, maintenant, l'anticipation des
11:44marchés, un, c'est que ça va se transférer avec la mise en œuvre de toutes les infrastructures
11:51à la partie infra, donc on va pouvoir évidemment investir sur l'ensemble de la chaîne de valeur
11:56et ça, ça a déjà fonctionné depuis, et ça fonctionne d'ailleurs mieux maintenant
12:00que les Max 7.
12:02Bien sûr.
12:02Voilà, donc ça c'est évident, donc ça on le voit. L'autre facteur de diversification,
12:08c'est qu'on a un concurrent aux Etats-Unis qui est l'Asie, sur l'IA, c'est un concurrent
12:11qui est très sérieux avec des avantages comparatifs qui sont clairs.
12:15L'IA qui porte d'ailleurs les valeurs de la Côte Asiatique depuis plusieurs semaines.
12:19C'est un deuxième vecteur de diversification qui me semble très intéressant parce qu'aujourd'hui,
12:23le point clé pour un investisseur, c'est la diversification.
12:26D'accord.
12:27On a vraiment, voilà, c'est un vrai sujet, la diversification dans ce nouveau contexte
12:33est beaucoup, beaucoup plus complexe qu'avant. Les taux et les actions ont moins d'anticorrélation,
12:38les taux jouent moins le rôle de valeur refuge qu'avant. Et donc ça, c'est un point clé.
12:45Et le troisième point qui est clé, c'est qu'on va avoir des gagnants de l'usage de l'IA.
12:50Donc quelles sont les entreprises qui, aujourd'hui, vont pouvoir mettre en œuvre l'IA et être
12:56de ce fait en avance par rapport à leurs concurrents. Donc ça, ça va avoir un impact sur l'ensemble
13:01des secteurs, en tout cas, qui vont être utilisateurs de l'IA dans leur business model.
13:07Pour l'instant, ceux qui investissent le plus en IA, ce sont les grandes entreprises
13:10technologiques américaines, Etienne Gorgeon, ce qu'on appelle les hyperscalers,
13:14qui ont commencé par financer sur fonds propres. Et puis, face à des volumes d'investissements
13:19si impressionnants, sont obligés de recourir à la dette. On avait, il y a un instant,
13:24Édouard Faure de chez Swiss Life AM France qui nous disait, on s'attend à tellement,
13:29à de tels besoins d'investissement qu'il va y avoir de nombreuses émissions primaires
13:32sur les marchés obligataires. Est-ce que c'est de nature aussi à adapter,
13:36faire évoluer un scénario d'investissement IA sur les marchés obligataires ?
13:40Ça peut être le cas, mais ça sera très américain, ça ne sera pas très européen.
13:43Pour l'instant, ce déluge, on le voit très peu en Europe, on le voit vraiment aux États-Unis.
13:47D'ailleurs, le marché, ce qui est assez intéressant, c'est que le marché,
13:51là où je suis un peu circonspect parfois, c'est qu'il y a des signaux de bulle
13:54en termes de valorisation, mais pas encore en termes de comportement,
13:57dans le sens où le marché du crédit, qui est souvent le canari dans la mine,
14:00donne des bonnes alertes. C'est-à-dire que les choses sont à peu près rationnelles.
14:03Vous voyez que ceux qui utilisent la dette comme Oracle, comme Meta,
14:06sous des différents formats de SPV, pour ne pas que trop ça pèse sur leur bilan,
14:10mais peu importe, sont plutôt sanctionnés en bourse.
14:13D'accord.
14:14Paré à ceux qui utilisent plutôt leurs fonds propres.
14:17Donc il y a une certaine rationalité pour l'instant de ce qui se passe sur le marché du crédit.
14:21On analyse mieux les valeurs qui sont passées par de la dette ?
14:24C'est-à-dire qu'on sanctionne celles qui utilisent plus la dette que les fonds propres
14:28pour financer ces dépenses d'investissement, qui posent des interrogations.
14:34Donc ça, c'est moi ce que j'observerais.
14:35Et encore une fois, c'est plus un problème pour l'instant américain qu'un problème européen.
14:39En Europe, ce qu'on peut dire, c'est que le marché du crédit, de manière générale,
14:43ne suit pas la demande.
14:45Il n'y a pas assez d'offres en Europe, sur la partie crédit, j'insiste,
14:49par rapport à la demande.
14:51C'est un marché qui est plutôt en train de se rétrécir quand on fait le seuil
14:54entre la masse d'émissions et les rachats.
14:58En fait, on s'aperçoit que c'est...
15:00Donc, ce n'est pas un problème européen, c'est plus un problème américain,
15:04au-delà du fait sur lequel il faudra ajouter la problématique dollar.
15:06C'est un autre sujet, mais c'est-à-dire que quand vous investissez sur du crédit aux États-Unis,
15:10il faut avoir une vue sur la direction du dollar.
15:12Autrement, votre investissement peut vous faire, en réalité, assez mal.
15:15Ce rapport offre-demande dont vous parlez sur le sol européen,
15:18il est concentré sur des valeurs tech ou équivalentes tech, ou il est plus global ?
15:23Non, nous, ce qu'on observe, c'est que le marché européen est un peu moins concentré
15:26sur la partie crédit.
15:28C'est les divergences naturelles qu'on voit entre les États-Unis et l'Europe.
15:32Il y a beaucoup moins de concentration sur la tech,
15:35des entreprises beaucoup plus industrielles.
15:37Et moi, ce que je peux vous dire, sur des boîtes qu'on aime bien financer,
15:40je vais penser par exemple à Eramet, avec le nickel qui flambe, etc.,
15:44c'est qu'on est dans des perspectives où on voit des résultats qui étaient OK.
15:47On entend que l'économie européenne serait en train de frémir,
15:52c'est-à-dire que le 1,5% n'est peut-être pas du tout atteignable,
15:54comme le pensent les économistes.
15:56Donc, on est plutôt dans un environnement où on voit des boîtes qui sont assez diversifiées,
16:00qui génèrent des rendements sur leurs dettes,
16:04qui s'échelonnent entre 2,5% et 5,5%.
16:08Ce qui est plus raisonnable.
16:10Et ce qui permet de générer des portefeuilles de rendement que je trouve assez attractifs,
16:14dans un environnement où nous, nos clients, nous demandent beaucoup de rendement.
16:17Si on reste sur le sol européen, on a eu des chiffres d'inflation,
16:19notamment en France ou en Allemagne,
16:21inflation en recul par rapport à ce qui est attendu.
16:25Comment est-ce qu'on analyse cela en ce début d'année 2026, Étienne Gorgon ?
16:30Moi, ce que je trouve, c'est que sur l'obligataire,
16:31il faut regarder évidemment ce qui se passe en Europe,
16:33mais il faut surtout regarder ce qui se passe aux États-Unis,
16:35puisque, encore une fois, grossièrement,
16:37pour 100 points de base d'évolution aux États-Unis, c'est 75% en Europe.
16:40Mais si on regarde en Europe, il peut se passer un trou d'air sur la partie inflation,
16:44effectivement, notamment dû à la baisse du prix des matières premières,
16:49qui va être probablement compensée par une croissance un tout petit peu plus robuste
16:55ou plus robuste que ce qui était anticipé.
16:56et probablement une banque centrale qui sera enclin à rester,
17:03moi, je pense, sur une certaine stabilité de taux.
17:05D'accord.
17:06Ça, c'est un peu notre scénario.
17:07Et au passage, on trouve que la zone euro offre beaucoup moins d'angles morts,
17:11donc plus de visibilité qu'aux États-Unis.
17:13Aux États-Unis, on a quand même deux énormes angles morts que sont l'inflation.
17:17Comment se fait-il que les chiffres ne soient pas si forts
17:20alors que les citoyens américains ont un vrai problème ?
17:23Et ils jugent très défavorablement Trump.
17:25Ils perdent les mi-termes sur l'Assemblée si les élections étaient demain.
17:30Donc, gros, énorme angle mort.
17:32On ne sait pas trop où est-ce qui se passait.
17:34La croissance est plutôt forte.
17:354% sort de 4%.
17:36Et puis, est-ce que la réserve fédérale va être politisée ?
17:40On n'a pas ces sujets-là en Europe.
17:41Donc, je trouve pas mal de visibilité.
17:43Au passage, je suis un des rares, dans le pire groupe obligataire,
17:46à trouver un intérêt sur la dette française.
17:48Je pense qu'entre 3,5 et 4 sur le 10 ans, enfin, ça se balade.
17:51On n'a pas été encore à 4, mais avec un peu plus de visibilité,
17:55peut-être un peu plus de croissance, ça fait des rendements qui commencent à être intéressants.
17:59Pierre-Alexis Dumont, même question sur les marchés européens.
18:04On aime bien, à chaque début d'année, c'est ce que me disait un invité hier,
18:07se demander si les marchés européens vont surperformer les marchés américains
18:11pour l'année qui vient.
18:12Est-ce que ça peut être un scénario pour cette année ?
18:15Alors, on vous l'a fait 10 fois, donc on va vous le faire 11 fois.
18:18À voir, c'est ça ?
18:20Non, je pense qu'il y a quand même 2, 3 points.
18:23Est-ce qu'il y a plus de visibilité qu'aux Etats-Unis, comme nous le dit Étienne Gorgon ?
18:25Moi, ça fait que 30 ans que je suis assez marché,
18:26ça fait 30 ans que j'attends un plan de relance allemand.
18:28Il arrive, et il a eu des effets pendant 3 à 4 mois sur les marchés financiers.
18:34Aujourd'hui, plus personne n'y croit, alors que concrètement, on voit des effets.
18:40Certaines entreprises allemandes vous disent,
18:43attention, les commandes publiques de mes clients publics sont en train de remonter.
18:48Donc, on va avoir des effets.
18:49Donc là, ce point-là, qui était un point qui a été identifié par le plan Draghi,
18:54il existe, c'est un plan de relance,
18:55et qui a toujours été considéré comme un catalyseur.
18:58majeur de potentiel intérêt sur la zone européenne.
19:01Donc, on l'a.
19:02On a en effet une certaine, disons, gouvernance politique,
19:10même si, bon, en France, c'est un peu plus compliqué,
19:12mais plus de stabilité politique en Europe.
19:17Et on a aussi, dernier point, dans cette phase d'usage de l'IA,
19:23des entreprises européennes,
19:24les grandes entreprises européennes,
19:26qui sont plutôt assez bien placées par rapport aux entreprises américaines.
19:29Donc, on a, pour nous, vraiment un phénomène
19:33où on pourrait avoir un retour d'intérêt sur beaucoup de segments.
19:38Alors, évidemment, il y a les segments classiques,
19:41qui est exportateur contre domestique.
19:45Donc, ça, ça va beaucoup dépendre du dollar.
19:48Donc, ça, c'est quelque chose sur lequel nous, on ne s'avance pas trop.
19:51D'accord.
19:51C'est évident.
19:53Mais par contre, on est plus intéressé par deux thématiques
19:56qui nous semblent intéressantes.
19:57La partie petite et moyenne valeur, voilà.
19:59Où là, on ne le sait pas, mais sur les trois dernières années,
20:03les petites et moyennes valeurs ont fait une croissance bénéficiaire
20:06supérieure aux grandes valeurs.
20:07Et pourtant, avec des performances qui n'ont pas été
20:10à la hauteur des grandes valeurs.
20:11Donc, on a, de ce fait, des primes de risque au plus haut
20:14entre les petites valeurs et les grandes valeurs.
20:17Et le deuxième point, c'est, en effet, toutes les sociétés,
20:20grandes sociétés qui vont pouvoir mettre en œuvre l'IA
20:23avec des gains de productivité derrière.
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations