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  • il y a 4 mois
Ce mercredi 1er octobre, Grégoire Kounowski, conseiller en stratégie d'investissement chez Norman K, et Pierre Bismuth, directeur général et responsable des gestions chez Myria AM, ont échangé leurs points de vue sur l'impact du shutdown américain sur les marchés, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Le face-à-face pour commenter la situation des marchés avec un CAC 40 qui est à 7883 points en recul de 0,15%
00:11mais un CAC 40 qui a touché les 7900 points à l'ouverture.
00:15On commente la situation des marchés avec notre invité en plateau.
00:18Bonjour Pierre Bismuth.
00:19Bonjour Nicolas.
00:20Vous êtes directeur général et responsable des gestions chez Myria AM
00:23mais on commente également avec notre invité au téléphone Grégoire Kounowski.
00:26Bonjour Grégoire Kounowski.
00:28Bonjour.
00:28Merci d'être avec nous.
00:29Vous êtes conseiller en stratégie d'investissement chez Norman K.
00:32Un mot peut-être d'introduction avec vous Grégoire Kounowski.
00:35Shutdown aux Etats-Unis.
00:37Ça n'inquiétait pas les marchés jusqu'à hier, jusqu'à la clôture de Wall Street.
00:41On voit les futurs réagir sur les indices américains.
00:45Est-ce que c'est un facteur d'inquiétude pour le marché au-delà de ces chiffres de l'emploi
00:49que l'on ne pourra pas avoir dans les temps vendredi Grégoire Kounowski ?
00:54Je pense que ce n'est pas tout de suite un facteur d'inquiétude.
00:56Le marché part de très haut. Effectivement, tout le monde pensait, comme d'habitude,
00:59qu'ils allaient faire un nil à la minute. Ils ne l'ont pas fait.
01:02Il y a l'équation Trump qui n'arrange pas tout ça.
01:05Ça baisse un peu sur les futurs. Moi, je les vois à moins 0,9.
01:07Ça, aux Etats-Unis, c'est dans le Nasdaq.
01:09En Europe, c'est quasiment un dollar parce que vous avez les pharmas qui montent bien
01:12sur l'accord de Pfizer avec le gouvernement Trump hier.
01:15Donc, pour l'instant, il n'y a pas grande inquiétude.
01:18Maintenant, il va falloir voir comment ça se matérialise dans les prochains jours,
01:21prochaines semaines. Il ne faudrait pas que ça dure trop longtemps non plus.
01:24Et la vraie, vraie inconnue qu'on va avoir, et c'est peut-être ça,
01:27ce qui, au bout d'un moment, va faire un peu plus paniquer les gens,
01:29c'est qu'il va faire Trump. Qu'est-ce qui va virer beaucoup de gens ?
01:32Est-ce qu'il va servir de ça ? C'est la vraie inconnue.
01:35Mais pour l'instant, non, c'est un début de journée qui n'est pas du tout sous le signe de la panique.
01:40– C'est effectivement la menace, Pierre Bismuth, Donald Trump,
01:44qui brandissait cette menace de licenciement massif, si shutdown il y avait.
01:49Moi, j'aimerais comprendre un petit peu ce qui se joue sur les marchés
01:51en lien avec ce shutdown aux États-Unis, puisqu'on parle de marronniers,
01:57les marchés ne s'inquiétaient pas plus que ça.
01:59Là, c'est effectivement arrivé.
02:02Il y a deux jours, la presse financière disait qu'on allait trouver un accord in extremis,
02:05comme en mars dernier, où on avait déjà vécu le sujet.
02:08Vous regardez en tout cas beaucoup ce qui se passe aux États-Unis.
02:11Pierre Bismuth, est-ce que c'est de nature à inquiéter un investisseur européen
02:14qui doit investir sur les marchés américains ?
02:18– Alors, je ne pense pas du tout.
02:20Non, pas du tout. Je pense que ce n'est même pas un événement.
02:23De toute façon, ce n'est plus un risque.
02:24– Donc, c'est un non-événement, disons-le.
02:26– Non, mais complètement, parce que ce n'est même plus un risque,
02:27puisque le risque, il faudrait qu'il y ait une épée de Damoclès,
02:31mais là, on est en shutdown.
02:33Donc, ça s'est déjà produit.
02:36– En vrai, le problème du marché qui est complètement en équilibre à l'heure actuelle,
02:40c'est qu'il faudrait des nouveaux risques,
02:43quelque chose pour que ça bouge véritablement.
02:46– D'accord. Il n'y a pas de risque dans les marchés à l'heure actuelle ?
02:48– En tout cas, c'est très compliqué de le voir,
02:51parce qu'on voit que c'est extrêmement résilient,
02:52et c'est résilient parce que tout le monde voit des poudres des banques centrales.
02:56Donc là, très honnêtement, j'ai l'impression que le shutdown
02:58est vraiment un non-événement total.
03:01– Et alors, au-delà du shutdown, vous, ce que vous dites,
03:03ce que vous constatez à l'heure actuelle sur les marchés,
03:05en fait, la question que vous posez, c'est où est le risque sur les marchés ?
03:08Quand on doit investir sur des actifs risqués comme les actions,
03:10on aime bien quand il y a un peu de volatilité.
03:12Là, je regardais avant le début de l'émission,
03:14on avait un VIX qui, quand même, depuis mai 2025,
03:17donc après l'annonce des droits de douane et le Liberation Day aux États-Unis,
03:21et la digestion par le marché,
03:22là, on est dans un range entre 14 et 22 points.
03:26Il n'y a pas de risque sur les marchés à l'heure actuelle ?
03:27– En tout cas, le marché, effectivement, tous les marchés sont à l'équilibre.
03:30Alors, vous avez des marchés qui ne fonctionnent pas de la même manière.
03:33Quand vous regardez le marché des matières premières,
03:36le marché des devises et le marché des taux,
03:38vous voyez qu'il y a un peu des conflits.
03:40Mais en fait, j'ai l'impression que tout ça se neutralise.
03:43– D'accord.
03:43– Et effectivement, il y a une prime aux actifs risqués
03:46qui date, moi, je pense que ça date de 2023 et du sauvetage de SVB.
03:51Et depuis deux ans, c'est vrai que le marché s'en remet essentiellement
03:55aux banques centrales et savent qu'on n'aura pas de catastrophes financières.
03:59– Quoi qu'il arrive, les gouvernements, les banques centrales interviendront,
04:02donc pas de risque majeur.
04:03– Les banques centrales.
04:04– Les banques centrales, oui, pas les gouvernements,
04:06ils sont un peu contraints, comme vous le savez.
04:08– Bien sûr.
04:09– Mais les banques centrales, oui.
04:10– Non, parce que vous citez SVB, on peut citer Crédifice,
04:11là, pour le coup, effectivement, il y avait une intervention gouvernementale aussi.
04:14– Exactement, mais vous avez vu que ça a été réglé en un week-end.
04:16Et en fait, avec une banque centrale qui a remis de la liquidité.
04:20Donc, on est SVB, on a eu une liquidité abondante de la part de la Fed.
04:26Et c'est vrai que, dès qu'il y a un incendie, c'est éteint sous des tombeaux de dollars.
04:30Et je pense que les crises financières, en tout cas, pour un élément prévisible,
04:36c'est très compliqué à avoir.
04:37C'est pour ça que je pense que les marchés sont parfaitement à l'équilibre.
04:39– Et c'est une mauvaise chose qu'il n'y ait pas de risque sur les marchés financiers,
04:43alors qu'on voit effectivement des indices américains qui vont de record en record.
04:48sur un CAC 40 qui a touché les 7900 points ce matin,
04:51on pourrait se féliciter du coup de l'absence de risque sur les marchés ?
04:55– On s'en félicite.
04:56En fait, moi, je pense que les marchés ont toujours raison à l'instant T.
05:00Et en fait, vous pouvez avoir des phénomènes de bulles,
05:03mais c'est vrai que l'indice qui touche un record,
05:07le CAC, on est très loin de record,
05:09mais quand on regarde le Nasdaq ou le S&P,
05:12en fait, il y a beaucoup de choses qui se passent à l'intérieur de l'indice.
05:14Et c'est juste une résultante d'une moyenne pondérée par les capitalisations boursières
05:19qui donne le prix d'un indice.
05:21Et c'est vrai que quand vous regardez la croissance américaine,
05:23on a eu des chiffres de croissance la semaine dernière
05:25qui étaient encore très étonnants,
05:28avec autant de problèmes sur l'emploi
05:32et avec un gouvernement qui est quand même assez rock'n'roll.
05:36C'est vrai que la stabilité, ou en tout cas la force de la croissance américaine,
05:40fait que les indices sont au plus haut.
05:42Et effectivement, c'est un risque de ne pas être investi.
05:46On peut aussi avoir des risques positifs.
05:48Grégoire Kounowski, même question.
05:49Où est le risque sur les marchés financiers ?
05:52Est-ce que vous faites le même constat que Pierre Bismuth ?
05:56Je prendrais un exemple.
05:58Le plus gros risque sur les marchés constaté cette année,
06:00ça a été effectivement le Liberation Day,
06:02et cette annonce de droits de douane par le président Donald Trump aux États-Unis
06:05que personne n'avait anticipé.
06:07Des droits de douane, il y en a encore eu qui ont été annoncés hier ou avant-hier.
06:10Le marché ne bouge plus et on se demande qui arrive encore à suivre.
06:13Est-ce qu'il y a encore, selon vous, du risque sur les marchés actions, Grégoire Kounowski ?
06:19Non, mais je pense qu'aujourd'hui, la séquence, il y a des risques partout.
06:22Il y a des risques géopolitiques, des risques politiques, des risques de bulles sur l'IA.
06:25Il y en a un peu partout.
06:26Après, il y a effectivement un risque de ne pas être investi parce que le train est parti
06:29et les gens qui n'ont pas monté dedans à la dernière gare, pour l'instant, ils s'en bordent le doigt.
06:33Mais je veux juste revenir un peu en arrière par rapport à ce qu'on a dit au début sur la séquence,
06:36parce qu'en filigrame, là, de ce qui se passe, je pense qu'on est assez d'accord pour dire
06:40que le shutdown, pour l'instant, c'est un non-event.
06:42Mais par contre, le vrai event, c'est la guerre entre Trump et la Banque centrale américaine,
06:47donc Jerome Powell, avec un point d'orgue en mai 2026 quand il va partir.
06:52Et nous, on pense à Norman Kaye que si le shutdown doit durer, en fait, c'est juste une arme de plus pour Trump
06:57pour mettre la pression à la Banque centrale pour qu'elle baisse ses taux plus vite.
07:01Parce que si, vendredi, il n'y a pas les chiffres de l'emploi, parce qu'il ne peut pas les publier,
07:05ça va mettre du doute et, en fait, il va s'en servir comme une arme pour dire, vous voyez, j'ai raison,
07:09c'est un stade, baisser les taux.
07:11Et pour avoir aussi l'opinion à déclu.
07:13Donc, en fait, c'est vraiment ça qui se joue pour nous.
07:15D'accord. Donc, il y a quand même un risque sur ce shutdown, si je comprends bien.
07:17Un non-événement aujourd'hui, si jamais ça venait à durer,
07:20si ça devenait un argument de négociation pour Donald Trump vis-à-vis d'une pression du côté de la Fed,
07:25là, pour le coup, ça devient un vrai risque.
07:27Risque, oui, non. Ça va être un risque à terme.
07:29Parce que si la Fed fait une erreur en disant, je baisse trop fort mes taux,
07:33il y a un peu d'inflation, au bout d'un moment, ça va se payer.
07:36Mais par contre, à court terme, moi, je ne serais pas surpris que le marché pour l'instant américain,
07:39s'il ouvre maintenant, il a moins de 0,9, je ne suis pas surpris que dans les prochains jours,
07:42il soit forcément en hausse, parce que le marché va commencer à pricer,
07:44que si ça dure, la Fed va baisser ses taux, ça va ramener de la liquidité,
07:47et en fait, ça va repartir encore plus sur les techs.
07:50Et je pense que c'est ça qui joue en filigrame.
07:52Mais encore une fois, pour revenir à votre question,
07:55je pense qu'il faut faire quand même très attention pour les investisseurs européens,
07:58c'est sur le risque de change.
07:59Les gens qui ont acheté des trackers, des ETF monnégés sur le risque dollar,
08:03je pense que le dollar peut être la principale victime de la séquence, là encore.
08:06En tout cas, à court terme.
08:08Et ça, ce n'est pas un dollar dans les portefeuilles pour certains.
08:10Alors effectivement, parce que là, on parlait surtout de l'investissement en actions.
08:15Peut-être, on reste encore une seconde sur les marchés actions.
08:21Grégoire Kounowski, à quoi réagissent ces marchés,
08:24si ce n'est qu'aux annonces et aux anticipations de baisse de taux de la Fed ?
08:29Si je comprends bien, c'est l'argument et le risque principal.
08:33C'est la seule chose qui fait bouger les marchés aujourd'hui ?
08:37Je pense que le marché est assez convaincu que Trump va arriver à ses fins.
08:40Et ses fins, là en l'occurrence, c'est faire pression sur la Fed pour qu'elle baisse ses taux.
08:44Donc c'est quand même positif pour les actifs risqués, en tout cas à court terme.
08:47C'est pour ça que le marché ne bouge pas trop sur la séquence et va continuer de monter.
08:51Maintenant, ça va se jouer sur les tas d'entreprises et notamment les boîtes tech et les boîtes liées à l'IA.
08:57Il ne faudrait pas qu'elles douchent les espoirs des investisseurs en publiant des choses qui sont un peu moins bonnes que prévu.
09:03Pour l'instant, ce n'est pas ce qu'on voit.
09:05Maintenant, le risque, pour parler de ça, c'est que c'est un peu un entre-soi.
09:08Quand nous, on a vu NVIDIA qui investit 100 milliards d'OpenEI pour qu'OpenEI achète des puces à NVIDIA,
09:15ça nous rappelle des très mauvais souvenirs de la bulle Internet.
09:18Grosso modo, vous aviez un écosystème qui était clos et les gens se faisaient business ensemble.
09:23Ça, ce n'est pas forcément très bon signe.
09:24À terme, maintenant, encore une fois, vous savez le principe de la bulle, si l'il y a, on ne sait jamais quand elle implose.
09:30C'est toujours très facile de dire, il y en a une, mais c'est toujours très difficile de l'anticiper.
09:34Mais il ne faudra qu'on ne se fasse pas une très bidigeante dans les prochaines publications par rapport à tout ça.
09:37Donc, risque, il y a sur ça.
09:39C'est vraiment ce qu'on appelle plutôt un risque de concentration.
09:41Les indices sont quand même ultra concentrés aujourd'hui, notamment aux États-Unis, sur les valeurs de l'IA.
09:47Au bout d'un moment, la musique va devoir ralentir ou peut-être s'arrêter.
09:51Et c'est vrai qu'il peut y avoir des coups de semoche derrière.
09:54Donc, c'est plutôt ça, le point de vigilance.
09:55Pierre Bismuth, des annonces toujours plus pharaoniques d'investissement dans l'intelligence artificielle par des techs qui tirent la tendance des indices américains.
10:06Et cette impression, effectivement, que ça investit en vase clos.
10:09Effectivement, Nvidia investit dans OpenAI.
10:12Oracle bondit parce qu'il y a potentiellement des commandes sur plusieurs années avec OpenAI.
10:22Comment est-ce qu'on comprend cette tendance d'intelligence artificielle ?
10:25On a de plus en plus d'experts qui nous disent un peu le même message quand même, qui délivrent un peu le même message,
10:29qui nous disent, oui, bulle peut-être, mais il vaut mieux être dans le marché qu'hors du marché à l'heure actuelle.
10:35Oui, parce que le marché est extrêmement momentum.
10:37Alors, il y a une manière de circonscrire ces risques, c'est bien évidemment, et je vais enfoncer une porte ouverte, la diversification.
10:44Mais quand vous êtes sur un indice, en fait, ce qu'on décrit, c'est des risques sectoriels.
10:50D'accord.
10:50Mais si vous voulez essayer de mitiguer les risques sectoriels, en fait, rien ne vaut la diversification.
10:56Et un indice, c'est véritablement diversifié.
10:59Donc, vous avez aussi d'autres secteurs qui montrent.
11:02Vous avez un secteur, en Europe, on a parlé de la défense, on sait que la défense a beaucoup monté.
11:07Mais les banques sont en extrêmement bonne forme et caracolent en tête des indices, ont doublé, voire triplé sur trois ans.
11:15Et donc, est-ce qu'il y a un risque de bulle sur les banques ?
11:17Je ne pense pas quand vous regardez les PE.
11:19Et c'est pareil aux États-Unis.
11:21Donc, en fait, pour réussir à finalement être équilibré et être toujours investi dans le marché,
11:27je pense que la diversification est vraiment clé.
11:30Et si vous ne voulez pas, effectivement, il y a un risque sectoriel possible sur l'IA.
11:35C'est impossible de ne pas être investi parce que vous allez perdre très vite du terrain par rapport à vos indices.
11:43C'est peut-être en vase clos.
11:44Oui.
11:44Mais en fait, c'est des investissements qui sont pour un horizon de temps, on va dire, qui se comptent en décennies.
11:53Et c'est vrai que, bien sûr, on peut avoir des contre-coups.
11:56On a vu au début de la bulle Internet.
11:58Mais en tout cas, en tout état de cause, ces boîtes font des bénéfices.
12:01Il y a du chiffre d'affaires.
12:02On n'est plus du tout comme il y a 25 ans lors de l'éclatement de la bulle Internet.
12:07On a vraiment des leaders mondiaux.
12:09Vous avez vu que tout le monde a été écrémé.
12:12Et vous avez des leaders mondiaux, notamment américains, malheureusement, qui font la course en tête.
12:18OpenAI qui a annoncé il y a deux jours qu'on pourrait réaliser des achats.
12:21Les consommateurs américains peuvent déjà réaliser des achats sur ChatGPT.
12:27Ça, ça montre qu'il y a peut-être plus de potentiel que ce qu'on pouvait l'imaginer.
12:30Il y a effectivement vendre des solutions d'intelligence artificielle aux autres entreprises.
12:34Mais peut-être aussi réinventer des services quand on est soi-même un éditeur de solutions d'intelligence artificielle ?
12:41C'est clair.
12:41De toute façon, Google a déjà fait une révolution en offrant des services gratuits.
12:48En fait, c'est une agence de pub.
12:49On a du mal à anticiper que ChatGPT ou autres services d'intelligence artificielle
12:58n'arrivent pas à monétiser d'une manière ou d'une autre.
13:01Grégoire Kounowski, un mot également du pétrole dans l'actualité.
13:04Ce matin, cela fait plusieurs jours que le pétrole recule avec cette anticipation
13:10d'une éventuelle hausse de la production de l'OPEP sur le mois de novembre.
13:17On parle d'un triplement de cette hausse.
13:19Bon, ça a été démenti ce matin par l'OPEP elle-même via un communiqué.
13:23Et on a, que ce soit pour le WTI ou le Brent, des cours du pétrole qui oscillent à 62 dollars le baril pour le WTI
13:31ou 66 dollars le baril pour le Brent.
13:34Qu'est-ce que ça nous enseigne de la géopolitique mondiale ?
13:37Et qu'est-ce que ça nous dit des prévisions de croissance, Grégoire Kounowski ?
13:42Je pense que c'est quand même plutôt baissier sur le pétrole quand vous regardez les graphiques.
13:46Il y avait un premium géopolitique qui est en train tranquillement de se résure quasiment à zéro avec tout ce qui se passe.
13:53Vous avez l'OPEP qui était de regagner des parts de marché en augmentant son offre.
13:58Dans un monde où la demande, on va dire, elle ne baisse pas mais elle reste constante.
14:02Donc c'est juste négatif sur les prix.
14:04Ça ne nous apprend pas grand-chose sur la croissance, si ce n'est que ça tourne.
14:08Il n'y a pas de récession qui pointe sonner pour l'instant.
14:10Mais il n'y a en tout cas pas d'augmentation très forte de la demande.
14:13Les Américains, ils puissent comme jamais.
14:16L'OPEP essaie de regagner des parts de marché.
14:18Donc il n'y a rien de très nouveau, si ce n'est qu'effectivement, techniquement parlant,
14:22ça devrait continuer de gentiment baisser sur le pétrole.
14:25Maintenant, quid du premium géopolitique ?
14:27Est-ce qu'il va revenir ? C'est possible.
14:29Est-ce qu'il va revenir fort ? C'est possible.
14:31Mais pour l'instant, il n'est pas là.
14:33Pierre Bismuth, même question.
14:35Quand on voit le recul des cours du pétrole,
14:36qu'est-ce que ça nous enseigne sur une potentielle croissance future par exemple ?
14:40En fait, le pétrole est plutôt stable depuis X mois.
14:46Et c'est vrai que c'est symbolique d'une croissance molle.
14:49On a une croissance mondiale qui est assez molle,
14:51mais finalement, elle est positive.
14:53Et donc, ce que ça nous enseigne, c'est encore une fois un signe
14:55que les marchés sont à l'équilibre.
14:57Et effectivement, l'équilibre, il est vraiment stable.
14:59Donc l'équilibre est partout, si je comprends.
15:00Sauf peut-être sur l'or éventuellement.
15:02Mais sinon, l'équilibre est partout.
15:04Franchement, c'est quand même très compliqué
15:06de voir des marchés en déséquilibre.
15:08Vous avez un VIX au tapis,
15:09vous avez des marchés qui sont plutôt hauts avec une volatilité.
15:12Alors là, pour le coup, plus implicite, mais réalisée, qui est très faible.
15:16Vous avez de la volatilité sur les taux,
15:18mais même là encore, ça s'est calmé.
15:20Vous voyez que, si vous regardez le spread France-Allemagne,
15:23il est complètement à l'équilibre depuis plusieurs mois
15:26et même depuis, on va dire, trois mois.
15:30Si vous regardez sur longue période depuis la dissolution,
15:32on a atteint un cap.
15:33Le cap, il est à 88 bips, on est à 83.
15:36Donc, effectivement, on a des marchés qui sont complètement évalués
15:41avec une absence de risque.
15:43Et là encore, le pétrole, ça ne peut pas flamber
15:45parce qu'on n'a pas une croissance démesurée
15:47et ça ne peut pas s'effondrer parce qu'on n'est pas du tout en récession.
15:50Donc, on a quelque chose qui flotte entre 60 et 70 dollars le baril.
15:54L'or est généralement évoqué comme valeur refuge.
16:02Quand on voit que l'or se paye maintenant 3 896 dollars l'once,
16:07est-ce que l'or devient une thématique d'investissement, Pierre Bismuth ?
16:09Je pense que c'est une thématique d'investissement depuis longtemps.
16:11Alors, nous, on n'est pas exposé sur l'or, pour être très honnête.
16:14C'est vrai que l'or a été un fantastique vecteur de performance.
16:20Et c'est là, en fait, l'énigme sur les marchés.
16:23C'est que vous avez l'or et le bitcoin qui fonctionnent un peu pareils.
16:26C'est vraiment des actifs anti-inflation.
16:28Alors que vous avez des inflations qui sont véritablement contrôlées
16:32et une banque centrale qui est plutôt à la réduction des taux.
16:36Donc, c'est là le grand énigme.
16:38C'est que vous avez d'un côté une partie du marché qui aurait peur de l'inflation.
16:43Et finalement, la réalité économique qui dit que l'inflation,
16:47elle est plutôt contrôlée.
16:48Donc là, qui a raison ?
16:49Je pense que c'est pour les banques centrales.
16:51Mais on ne peut pas empêcher les marchés des matières premières
16:55d'avoir leur propre dynamique.
16:57Grégoire Konowski, même question.
16:59On a parlé hier des records sur le cours de l'or.
17:02Alors là, effectivement, l'or stabilise un peu.
17:043 896 dollars l'once à l'heure où on se parle.
17:08Est-ce que l'or devient une thématique d'investissement ?
17:12Alors là, je rejoins mon frère.
17:14Ça l'a toujours été.
17:15Maintenant, les corrélations historiques sont plus celles d'aujourd'hui.
17:17Vous l'avez dit, l'or, historiquement, Active Refuge, ça monte quand le reste baisse et ça baisse quand le reste monte.
17:23Là, ça monte quand le reste monte.
17:24Donc, il a un peu dans son appart.
17:27Alors, c'est soutenu par les achats des banques centrales qui, effectivement, augmentent fortement leurs réserves.
17:31Je pense qu'il y a un vrai momentum très positif d'un point de vue graphique où les hauts appellent les hauts.
17:36Je pense que tout le monde doit aller chercher 4 000 sur l'once d'or.
17:40On va y aller gentiment.
17:42Maintenant, il n'y a pas que l'or.
17:42Il y a l'argent qui marche très, très bien aussi.
17:45Vous avez d'autres métaux un peu moins précieux.
17:46Oui, il y a tous les métaux précieux, quelque part, qui bénéficient de la hausse de l'or.
17:49Exactement, oui.
17:51Maintenant, effectivement, dans l'équation, je ne dirais pas que c'est énigmatique, mais je dirais que ça pose question quand même.
17:57Qu'est-ce qui va lâcher l'or ou les actions, au bout d'un moment, je suis incapable de le dire maintenant,
18:02mais je pense que ça a toute sa place dans un portefeuille et, effectivement, ça fait son job, comme on dit.
18:08Mais par contre, ce n'est plus du tout un actif refuge, en tout cas tel qu'il l'était historiquement,
18:11qu'on voit comment ça se comporte aujourd'hui.
18:14Merci Grégoire Kounowski de nous avoir accompagné dans le face-à-face de Good Morning Market.
18:17Je rappelle que vous êtes conseiller en stratégie d'investissement chez Norman Kay.
18:20Merci également Pierre Bismuth, directeur général et responsable des gestions chez Myria AM.
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