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  • il y a 9 mois
Ce lundi 5 janvier, Antoine Larigaudrie vous présente le placement à suivre dans l'émission Tout pour investir sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Tout pour investir, le placement à suivre.
00:05Julien Nebenzal-Ditoro est avec nous. Bonjour Julien.
00:09Bonjour Antoine.
00:10Très bonne année 2026 à vous aussi, tous nos voeux.
00:15A chaque fois, vous arrivez à un moment capital.
00:19Là, on se retrouve encore avec une année 2026 qui commence par une crise géopolitique
00:24qui, si on tire le fil, risque d'en entraîner d'autres.
00:27Avec les Etats-Unis et le Venezuela.
00:31Quand la géopolitique s'emballe, on a l'impression que de plus en plus,
00:34les marchés n'en ont rien à faire.
00:36C'est ce que nous disait Wilfried Galland ce matin.
00:38Mais ce calme, il est trompeur et il induit des mouvements de marché qu'il faut surveiller.
00:45Il y a ce qu'on appelle du côté des marchés américains le knee-jerk,
00:48l'emballement du genou à cause d'un mauvais réflexe.
00:52Et ça, il faut suivre ça avec attention parce que ça peut
00:54véritablement nous faire prendre de mauvaises décisions.
00:58Et c'est peut-être important de commencer par sonder ce qui se passe dans nos esprits
01:03au moment d'un événement précis comme celui qui est arrivé ce week-end.
01:05Oui, alors, c'est balisé.
01:10On a beaucoup d'informations sur les marchés depuis 30-40 ans quand il y a ce type d'événement.
01:16C'est une opération militaire qui ne peut pas avoir de conséquences positives en soi.
01:20En soi, il ne peut pas y avoir une issue heureuse.
01:24Donc, en fait, les biais de comportement qu'on trouve traditionnellement,
01:27c'est d'abord le biais très connu.
01:30On en a déjà parlé plusieurs fois.
01:31Le biais d'aversion-perte, c'est-à-dire ce que Cadman et Tchersky ont montré il y a maintenant 25 ans,
01:36on est beaucoup plus sensible à un risque de perte qu'à une espérance de gain,
01:40ce qui aboutit à des surréactions et à des effets de troupeau.
01:42C'est ça qui a expliqué à plusieurs reprises des mouvements de marché très négatifs
01:46quand il y a ce type d'événement.
01:48Après, il y a un deuxième aspect qu'on peut rappeler,
01:50c'est ce qu'on appelle le biais d'informations disponibles.
01:52On en a déjà parlé.
01:53C'est-à-dire comprendre ce qui se passe en regardant uniquement les risques immédiats
01:59et puis avoir, en regardant ces risques immédiats, une sorte d'illusion de contrôle.
02:03C'est-à-dire, finalement, si je vends, je vais me prémunir de ces risques immédiats.
02:08Donc, ça, c'est ce qui est à l'œuvre en général quand on a ce type d'événement.
02:13Maintenant, il y a une réalité financière.
02:16Et la réalité financière, elle peut parfois l'emporter un petit peu sur le biais comportemental.
02:19Ça a été le cas, je pense, ce matin.
02:22C'est-à-dire que la réalité financière, on la connaît.
02:25Je pense que tous vos intervenants l'ont déjà décrite.
02:28Le Venezuela, c'est un peu une non-économie qui, grosso modo, produit peu de pétrole.
02:33Quand Chevron a été autorisé à reproduire du pétrole au Venezuela,
02:37c'était il y a un peu plus d'un an, le prix du pétrole n'a pas bougé
02:39parce que, de toute façon, les infrastructures ne sont pas prêtes.
02:42Tout ça prend énormément de temps.
02:44Et quand on regarde dans l'autre sens l'importance de la politique budgétaire américaine
02:48et des politiques monétaires en Occident, aux États-Unis, en Europe, évidemment,
02:53ça a énormément plus d'impact sur l'économie.
02:56Là où ce serait différent, je crois que quelqu'un en a parlé tout à l'heure,
02:59la réaction serait différente sur les marchés, c'est si le sujet avait concerné Taïwan.
03:03Parce que là, on a une zone de production d'éléments relativement importants
03:08au système du commerce mondial.
03:10Maintenant, une fois qu'on a dit ça, le fond du sujet,
03:12c'est aussi un point qu'on avait abordé l'an dernier.
03:15C'est ce qu'on peut appeler la déconstruction de l'ordre mondial.
03:19Ça fait partie d'un cycle que j'ai exposé, le cycle géopolitique,
03:22qui dure environ 110 ans.
03:23Et la partie du cycle dans laquelle on est, elle a commencé il y a 15 ans,
03:26c'est celle d'un monde multipolaire
03:29et qu'on commence à nommer depuis un an, je pense,
03:32comme le nouveau régime des empires.
03:35C'est-à-dire, on a la Russie, on a la Chine, on a les USA.
03:38Et puis, d'ailleurs, on se demande comment l'Europe,
03:40à l'intérieur de ça, va s'en sortir.
03:43Et la réalité, alors là aussi, on a beaucoup d'historique là-dessus,
03:47la réalité, c'est que le capitalisme, il a toujours été très plastique.
03:51C'est même, d'une certaine manière, sa définition.
03:53Quand les conditions changent, les capitaux vont d'un investissement,
03:57d'une zone d'investissement à une autre,
03:58qu'il s'agit de géographie ou de secteur.
04:01Ça se fait relativement rapidement.
04:03Donc, ce type de grand mouvement géopolitique qu'on voit
04:06ne porte pas en soi des risques, par exemple,
04:10d'effondrement des marchés financiers.
04:11C'est beaucoup plus les parties monétaires qui emportent ces grands risques.
04:16La plastique du capitalisme va permettre de, normalement,
04:20de recadrer les zones d'investissement, de rediriger les flux.
04:24Regardez ce qu'on fait, par exemple, en Europe avec la défense.
04:26C'est un exemple, vraiment, qui est sous nos yeux
04:28et qui va permettre d'atteigner tout ça.
04:30Donc, en fait, au final, de ce qu'on voit ce matin,
04:33qui me semble relativement, moi, intéressant,
04:36c'est que la réalité financière,
04:40elle est confrontée à la réalité de l'importance de l'événement.
04:43C'est-à-dire, l'importance de l'événement, c'est une agression militaire,
04:45un mouvement militaire imprévu.
04:47Et de l'autre côté, la réalité financière,
04:49elle n'est vraiment pas très importante.
04:52Donc, la conclusion, c'est quoi ?
04:54Et la conclusion, c'est un peu l'heuristique
04:56ou la simplification qu'on peut trouver.
04:58C'est-à-dire, finalement, les marchés financiers,
05:00quoi qu'il se passe, ils se tiennent très très bien.
05:03Même une agression militaire,
05:05dont on perd de vue qu'elle n'a pas d'impact, celle-ci,
05:08même une agression militaire,
05:09n'a pas de conséquences particulières.
05:13Et c'est de là qu'en fait, un mécanisme,
05:15et ça, je pense que c'est important à savoir ce matin,
05:17c'est de là qu'un mécanisme de complaisance,
05:19normalement, continue de se construire.
05:22Mais c'est là où je voulais vous retenir, justement.
05:26Cette accoutumance,
05:29ce que disait Wilfried Galland ce matin,
05:31les marchés s'en fichent,
05:33est-ce que cette accoutumance,
05:35oh, de toute manière, aucun intérêt,
05:37cette complaisance, on ne va pas la payer
05:39à un moment donné ?
05:40Est-ce qu'elle ne constitue pas, elle-même, un risque ?
05:44C'est-à-dire, si je reprends l'exemple de Taïwan,
05:48il n'y aura pas de complaisance à ce moment-là.
05:49Si ça se produit, ça pourrait se produire.
05:52Quand ça se produira, on va dire,
05:53il n'y aura pas de complaisance.
05:54Là, les conséquences sont immédiatement analysées,
05:57très rapidement,
05:58et il y aura une forme de révélation
06:00de la valeur des actifs dans le monde entier,
06:02s'il y a Taïwan.
06:03Là, on est dans un cas où il n'y a pas besoin
06:04de cette réévaluation.
06:06Et donc, il n'y a pas à dire
06:08qu'il y a une complaisance qui est mal tournée
06:10ou qui n'a pas lieu d'être.
06:12En revanche, ce qui me semble important,
06:13c'est de dire que ça participe
06:15à la construction de la complaisance.
06:16C'est-à-dire qu'on oublie le fait
06:18que la réalité financière est vraiment infime ici,
06:20et en fait, on commence à construire
06:23un marché qui est ultra robuste,
06:25ultra fort, qui n'a qu'un sens,
06:26qui est celui de la hausse.
06:28Alors, quand est-ce qu'on va le perdre ?
06:30Quand est-ce que cette complaisance
06:31va nous amener à des conséquences négatives
06:34sur les marchés actions ?
06:35Moi, je n'ai pas de boule de cristal,
06:37je ne le sais pas.
06:38Ce que je sais,
06:39c'est que quand il y aura des intrévues
06:41et plutôt du domaine financier, encore une fois,
06:43plutôt du côté monétaire,
06:44plutôt du côté de là
06:46où sont véritablement les enjeux,
06:47alors cette forte complaisance
06:50va aboutir à une fragilité des marchés.
06:53Donc, on participe en ce moment
06:55de la construction de cette complaisance
06:56et en ça, ce n'est pas une très bonne nouvelle,
06:59mais c'est ainsi que les marchés sont construits.
07:02Voilà, il ne faut pas prendre non plus
07:04la complaisance pour quelque chose
07:05de forcément négatif ou même positif
07:08dans un certain sens.
07:09C'est un paramètre de plus
07:10qu'il faut prendre en compte
07:12pour analyser les choses.
07:14Exactement, c'est un fait.
07:15La complaisance, c'est simplement un fait.
07:17C'est comme quand on parle des comportements,
07:18on pourrait se dire
07:19« Ah ben, je ne devrais pas avoir
07:21ce biais comportemental,
07:22mais on ne peut pas faire autrement. »
07:23Les biais comportementaux
07:24sont inhérents au genre humain.
07:26La notion de cycle est inhérente au genre humain.
07:28La complaisance au marché financier,
07:30au comportement des marchés financiers.
07:32En ce moment,
07:32on est en train de la construire.
07:34On est en train de la solidifier,
07:36cette complaisance,
07:36ce qui veut dire qu'on va être plus vulnérable
07:38à toute mauvaise nouvelle,
07:39à tout scénario surprise,
07:41encore une fois,
07:42du côté économique profond.
07:43Merci infiniment, Julien Ebbenzal.
07:46Toujours ces indications très précieuses
07:47concernant notre comportement
07:49vis-à-vis des marchés financiers.
07:52Marchés, encore une fois,
07:52qui gardent leur calme
07:53malgré l'agitation géopolitique.
07:56Un CAC 40 quasi inchangé.
07:58Une hausse en Europe.
07:59Le secteur de la défense
08:00qui est très entouré.
08:02Effectivement, réaction peut-être
08:03un peu épidermique des marchés.
08:04Puis le pétrole qui ne fait pas grand-chose.
08:06du côté des 60 dollars
08:09pour le baril de Brent
08:10de Mer du Nord.

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